Genséric

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Genséric
Genséric lors du sac de Rome en 455
Genséric lors du sac de Rome en 455
Titre
Roi des Vandales et des Alains
42724 janvier 477
Prédécesseur Gondéric
Successeur Hunéric
Biographie
Titre complet Roi des Vandales
Roi des Vandales et des Alains
Dynastie Hasdings
Date de naissance 399
Lieu de naissance Rives du lac Balaton
Date de décès 25 janvier 477
Lieu de décès Carthage, Afrique (actuelle Tunisie)
Père Godégisel,
Mère Habbra, une concubine d'origine alaine.
Résidence Carthage, Afrique, {en actuelle Tunisie}

Genséric (ou Geiseric) est né vers 399 sur les rives du lac Balaton et mort à Carthage le 25 janvier 477.

Genséric est roi des Vandales en 427, puis roi des Vandales et des Alains (Rex Wandalorum et Alanorum) de 428 à 477. Il est l’un des principaux personnages de la période qui voit la chute de l’empire romain d'Occident au Ve siècle.

Pendant son long règne de près d'un demi-siècle, il fait d’une tribu germanique relativement insignifiante, pourchassée sans cesse par les Huns et Goths, les maîtres d’une nouvelle Carthage. Après sa mort, le royaume vandale connaît un déclin rapide, puis s'effondre lors de la reconquête byzantine. L’aristocratie vandale et alaine se limitant aux familles princières, concentrée dans l'enceinte de Carthage, et ayant adopté les mœurs des vaincus, disparaît pratiquement et le peuple vandale se mélange aux Berbères, aux Byzantins, puis aux conquérants arabes.

Les historiens feront de lui le portrait le plus affreux[1], tant parce qu'il est arien que parce qu'il se rend maître de Rome et de Carthage (et possiblement aussi à cause de la mutilation de la fille de Théodoric), deux des plus célèbres villes du monde en ce temps-là, villes qu’il est supposé avoir détruites ce qui est en grande partie faux.

Origines[modifier | modifier le code]

Les peuples germains avant leurs migrations, vers 100 ap. J.-C. Les Vandales (en vert) vivent sur le territoire de l’actuelle Pologne.

Genséric est le fils illégitime de Godégisel (359-406), roi vandale de la tribu des Hasdings et d'une concubine. Procope de Césarée le nomme Gizerichus notus. L’Historia Gothorum, Wandalorum, Sueborum d'Isidore de Séville nous dit qu’un Gesericus frater Gunderici succède à son frère en 427, comme roi vandale d’Espagne.

Son père et sa tribu ont été chassés des bords de la mer Noire par les Goths. Son grand-père, Wisimar, est d'ailleurs tué dans une bataille par Gébéric, un roi tervinge (wisigoth) du IVe siècle. Ils partent se fixer en Pannonie, sur les rives du lac Balaton et du Danube. Son père, Godégisel, vit là une soixantaine d’années, et Genséric y naît vers 399.

En Pannonie, Constantin Ier leur donne des terres, mais ils sont chassés de la plaine du Danube par les Huns. Dans cette province, la fédération des tribus dites Vandales devient ainsi très large, et durant cette période adopte le christianisme comme religion. Toutefois, le christianisme embrassé par les Vandales est l'arianisme qui est en opposition avec la doctrine de la Trinité prônée par Rome.

Généalogie des Hasdings[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
Wisimar
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Godégisel
† 406
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Valentinien III
 
Gondoric
† 428
 
 
Genséric
v.389-477
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eudocie
 
Hunéric
† 484
 
 
 
Théudric
† v.480
 
 
 
Gento
† av.487
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hildéric
456/463-533
 
 
 
 
 
 
Godageis
† av.484
 
Gunthamund
† 496
 
Thrasamund
† 523
 
Amalafrida[2]
 
Geilarith
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Gélimer
† 553
 
Tzazon
† 533
 
Ammatas
† 536
 

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

En 401, Genséric a 2 ans. Des Vandales et des Alains envahissent les provinces de Rhétie et Norique. Après les avoir battus, Stilicon les installe en Italie du Nord et les incorpore dans son armée. Il n’y reste pas longtemps, et le 31 décembre 406, quatre groupes de « barbares » franchissent en masse le Rhin gelé : les Vandales Silings et Hasdings, les Suèves et les Alains.

Les Vandales, comme leurs alliés, se heurtent à la résistance des auxiliaires francs et d'autres peuplades germaniques occidentales fédérées au service de Rome. Ces derniers, d'abord vainqueurs des Vandales, sont encombrés par leurs familles, et ils perdent environ 20 000 hommes. Godégisel, est tué au combat. Les auxiliaires des Romains sont cependant battus, principalement grâce à l'intervention de la cavalerie lourde des Alains, les cataphractes.

Les Vandales participent ensuite à l'invasion de la Gaule qu'ils pillent durant près de deux ans, sous la direction du roi Gondoric (379-427), fils de Godégisel. Les Vandales atteignent la Loire en 408. Ils se dirigent d'abord vers la Provence et la Septimanie, après quoi ils migrent en compagnie des Alains et des Suèves vers les Pyrénées, pour éviter Constantin III et les légions romaines venues de Bretagne et d'Italie au secours des Gallo-Romains. Les Vandales sont peu nombreux et habitués à fuir pour ne pas être massacrés par un ennemi supérieur en nombre. Leur mobilité fait leur force. Genséric est toute son enfance un nomade dont le peuple est pourchassé par les Huns, les Wisigoths, les Francs, les Romains... Ils ne peuvent vivre que du pillage et sont parfois massacrés. Genséric est d’ailleurs très jeune estropié. Il boîte d’une jambe[3], mais cela ne va pas l’empêcher, comme d’ailleurs sa taille moyenne, de devenir très jeune un chef respecté par tous ses guerriers.

Les Vandales dans la péninsule ibérique (409)[modifier | modifier le code]

Les Vandales dans la péninsule ibérique au Ve siècle.

En octobre de l'an 409, les Vandales, les Suèves et une partie des Alains passent en Espagne. Les Vandales s’installent en Hispanie et ne font pas que la traverser : leur franchissement de la Méditerranée n’est alors en rien planifié. Genséric a 10 ans. Il va passer le reste de son enfance, son adolescence en Espagne et y être couronné roi des Vandales et des Alains à 29 ans. Ils laissent des traces de leur passage : le cap espagnol de l'ancienne Bétique d'où les Vandales passeront en Afrique sera pendant un temps appelé « cap des Vandales », puis « Ras-Al-Andalus » par les Arabes. Ce serait l'origine du nom d'Andalousie et désignera l'ensemble de l'Espagne musulmane, avant de se restreindre à sa région sud.

Les Vandales sont là pour fonder des royaumes. Les Romains les autorisent alors officiellement à s'installer en Ibérie. Toutefois, en 411, ce sont les envahisseurs qui choisissent leurs territoires. La Bétique (actuelle Andalousie) revient aux Vandales Sillings, la partie nord de la Galice aux Vandales Hasdings, la partie sud de la Galice aux Suèves. La Lusitanie (actuel Portugal) et la Carthaginoise sont pour les Alains.

En 417, les Wisigoths au service de l’Empire détruisent les royaumes des Alains et des Vandales Sillings. Les survivants se rallient aux Vandales Hasdings en Galice. La scission entre Hasdings et Sillings s'achève après la défaite contre les Wisigoths, qui les contraint à reprendre la route vers le sud. Les Alains vont eux aussi fusionner avec eux.

En 418, son armée devient fédérée de Rome et s'installe dans le Sud, en Bétique (Andalousie). Mais, en 422, une expédition romaine contre les Vandales du sud de l’Espagne s’achève en désastre. Ce sont les Vandales qui à leur tour construisent une flotte méditerranéenne et attaquent les Îles Baléares en 425.

Genséric roi des Vandales (427) et des Alains (428)[modifier | modifier le code]

Trajet des Alains, Suèves et Vandales de 409 à 415 dans la péninsule Ibérique, puis des Wisigoths qui les en chassent progressivement. Le royaume suève subsiste le dernier, et temporairement, à leur arrivée.

En 426 les alliés alains des Vandales se font massacrer au nord de la péninsule et leur roi Addac trouve la mort durant cette attaque. C'est alors que les Alains vont se réfugier au sud chez les Vandales hasdings en Wandalus. Ceux-ci construisent des navires et lancent dès 426 des raids pirates contre les Baléares et contre la Maurétanie.

En 427, Genséric devient le roi des Vandales Hasdings et des Sillings. Il a 28 ans. Genséric succède à son demi-frère Gondéric, qui meurt dans d'obscures conditions en 427. Les Vandales prétendent qu'il a été empalé par d'autres Germains. Il est plus probable que Genséric l'ait lui-même assassiné ou fait assassiner. Ce dernier fera d'ailleurs exécuter la femme de son frère. Elle sera jetée vivante dans le Rhummel, l'oued coulant à Constantine, une pierre autour du cou (après 430).

Genséric devient roi des Alains en 428 (Rex Wandalorum et Alanorum). Il vainc Herméric, roi des Suèves dans les plaines de Mérida[4].

Passage en Afrique (mai 429)[modifier | modifier le code]

Selon Procope de Césarée et Jordanès, écrivains du VIe siècle, les Romains perdent leurs provinces d'Afrique, du fait de leur gouverneur, le général Boniface[5].

L'impératrice Gallia Placida poussée par Aetius[6], suspend Boniface de ses fonctions et le rappelle à Rome mais, sur les conseils d'Aetius, celui-ci refuse de s'y rendre. À l'annonce d'une expédition contre lui, Boniface passe en Espagne et offre aux Vandales le partage de l'Afrique. Il convient avec Genséric que les Vandales prendront possession des trois Maurétanies (la Tingitane, la Césarienne et la Sétifienne). Lui gardera le reste des possessions. Ils se promettent assistance mutuelle contre toute agression.

Provinces de Maurétanie, de Numidie et de Proconsulaire[7].

Parti de Tarifa, Genséric débarque à Ceuta avec sa nation composée de 80 000 personnes, dont à peine 40 000 guerriers[réf. nécessaire], 80 bandes armées composés des Vandales, des Alains et de mercenaires de toutes origines. « Des aventuriers goths, attirés par l'espoir du pillage, accourent sous ses drapeaux, et des provinciaux ruinés et poussés au désespoir s'enrôlent, dans l'illusion de réparer leur fortune par les mêmes moyens qui la leur avaient enlevée[8]. » Cette multitude abandonnant définitivement leur province d’Andalousie-Vandalousie traverse le détroit de Gibraltar sur l’énorme flotte que Genséric a fait construire et sur des vaisseaux fournis par Boniface.

Guerrier Vandale. François-René de Chateaubriand écrit que « L'Afrique est épouvantée de cette race d'hommes, de géants demi nus, qui faisaient des peuples vaincus des espèces de bêtes de somme, les chassaient par troupeaux devant eux, et les égorgeaient quand ils en étaient las. »

Ses armées saccagent toute la côte de la Maurétanie, puis s'avancent lentement vers la Numidie. 40 000 guerriers[réf. nécessaire], conquièrent toute l’Afrique du Nord romaine. L'adresse du général et la faiblesse des Romains lui permettent d’enrôler une multitude d’Africains. « Les cantons de la Mauritanie qui bordent le grand désert et l'océan Atlantique fourmillent d'une race d'hommes hardis, dont le caractère sauvage avait été plus aigri que corrigé par la terreur des armes romaines[9]. »

Certains Berbères, parce que las de la servitude et de l'oppression romaine, d'autres parce qu'ils pensent que les troupes de Genséric les aideront à chasser les Romains de leurs terres, viennent en grand nombre grossir les rangs des Vandales. En effet, les Berbères des riches campagnes agricoles d'antan, qui se trouvent être à l'époque en pleine crise économique, laissent le passage libre à cette impressionnante armée vandale, qui semble à leurs yeux venger le fait que Rome avait déclaré hérétique, vingt ans auparavant, en 411 au concile de Carthage, le donatisme qui reste très présent hors des grands centres urbains.

Genséric concentre les attaques de ses guerriers sur les villes côtières sous emprise romaine. La complicité morale, voire le soutien matériel des populations berbères du nord de l'Algérie est pour beaucoup dans les victoires de Genséric[réf. nécessaire].

Boniface, réconcilié avec Rome, veut s'opposer à l'avancée des Vandales. Il est défait une première fois en 430 et se réfugie dans Hippone. Genséric met le siège devant la ville. Malgré les secours envoyés par l'empereur d'Orient, Théodose, Boniface est battu devant Hippone en 431, et Genséric prend la ville après quatorze mois de siège. L'évêque[10] saint Augustin meurt lors de ce siège. À la suite de cette seconde défaite, Boniface abandonne l'Afrique et se réfugie à Rome.

Les actions en Afrique de Genséric sont décrites dans L'histoire de la persécution vandale en Afrique de Victor de Vita contemporain des faits. Néanmoins certains considèrent caricaturaux ces récits de cette conquête. « Les Vandales se répandirent comme un torrent dans toute la province. Partout où ils trouvaient la moindre résistance, ils ne faisaient aucun quartier. La mort d'un seul des leurs était toujours vengée par la destruction du village ou de la ville devant laquelle il avait perdu la vie ; ils faisaient subir à leurs captifs, sans distinction de sexe, d'âge ni de rang, les plus cruelles tortures pour arracher d'eux les renseignements sur les trésors qu'ils prétendaient leur être cachés ; on vit, dit-on, maintes fois les Vandales, lorsqu'ils assiégeaient une ville, massacrer leurs prisonniers en masse au pied des murailles afin que l'infection produite par les cadavres portât la peste dans l'intérieur[11] ».

Saldae (435)[modifier | modifier le code]

Carte de la Numidie.

Les Vandales commencent ainsi à établir leur autorité sur toutes les villes du nord de l'Algérie. Les membres du clergé catholique sont soit exilés, soit tués et les monastères sont fermés. Certaines destructions et une partie des vols, des viols et des tueries sont le fait des circoncellions alliés aux donatistes, qui se vengent de plusieurs siècles d’oppression romaine[12].

Genséric finit par obtenir le 11 février 435[13] les avantages suivants :

  • Membre fédéré de l'Empire
  • Libre occupation des terres des trois Maurétanies et d'une partie de la Numidie jusqu'à Calama (Guelma)

En contrepartie, il doit verser un tribut annuel et envoyer des otages à la cour impériale, choisis parmi ses nobles et proches, dont son fils Hunéric. Toutefois leur victoire a d'importantes répercussions pour Rome qui se voit privée de sa principale source de ravitaillement en céréales et acculée à la famine.

Rome en 435 les autorise donc, une nouvelle fois, à s'établir officiellement sur un de ses territoires. Cette fois-ci, sur les restes de la Numidie. Genséric établit alors la capitale de son nouvel État à Saldae[14] qu'il a prise aux Romains, et où il fait accoster les navires qui ont servi à faire traverser le détroit de Gibraltar à son peuple. Genséric fait alors fortifier sa nouvelle capitale avant de se lancer dans d'autres projets d'expansion.

Ces accords ne sont qu'un répit pour Genséric : la possession de Carthage, et par elle la possession de la Méditerranée, demeure son objectif essentiel.

Carthage (439)[modifier | modifier le code]

Emplacement approximatif du royaume vandale.

Genséric défait ensuite Aspar, que l'empereur Théodose le jeune a envoyé contre lui[15]. Fort de leur nouvelle puissance, de leur domination des villes côtières, Genséric attaque Carthage, le 29 octobre 439, et la conquiert sans difficulté.

Tous les habitants sont obligés de livrer au vainqueur leur or, leur argent et tous leurs objets précieux. Aux nomades païens et aux paysans donatistes, il accorde l'entière liberté. Les villes où le catholicisme et les mœurs romaines sont les plus vivaces voient leurs murailles rasées. La classe dirigeante romaine est souvent exilée et l'épiscopat catholique subit des persécutions violentes. C'est ainsi qu'après le décès de l'évêque de Carthage Deogratias, en 456, il interdit l'élection d'un nouvel évêque et le siège restera vide pendant 24 ans jusqu'au règne de son successeur Hunéric. Périodiquement, Genséric déporte des ecclésiastiques au Sahara ou en Sardaigne comme ceux de Saldae, l’ancienne capitale de son royaume. Des tentatives sont même faites pour imposer l'arianisme aux Africains.

Ce qu'il reste d'intellectuels nourrit contre les Vandales une haine profonde : d'où leur très mauvaise réputation dans l'historiographie. Il est certain que « la plus riante contrée de l'univers, la plus fertile et la plus peuplée, va devenir un désert[16]. »

En 441, Valentinien fait la paix avec Genséric, à qui Rome « accorde plusieurs places en Afrique pour servir de barrière[17]. »

L’Empire romain d'Orient y réagit à peine, préoccupé par les problèmes en Europe. Il reconnaît à Genséric ses conquêtes dès 442. Le roi Genséric commence alors à construire le royaume des Vandales et des Alains (439-536).

Les Vandales prennent goût aux raffinements de la civilisation romaine, et même de la rhétorique. Les tablettes Albertini attesteront de la continuité de l'occupation et du statut du sol – en particulier la Lex Manciana vieille de quatre siècles – en Afrique du Nord, de la période romaine à la période vandale.

Copiant l’attitude des élites de l’Empire, les nobles vandales et alains se rebellent en vain contre leur roi en 442. Néanmoins, cette année-là, Genséric signe un traité de paix avec Valentinien III, avec l'approbation de Théodose II. Il rend la Sicile, récemment envahie, en échange de la Numidie et des deux provinces de Maurétanie[18]. Les Vandales reçoivent les pleins droits pour diriger la province romaine d'Afrique[19]. Après avoir souffert des incursions de Genséric, le territoire de Byzacène est officiellement annexé par les Vandales.

Genséric tire parti du port de Carthage. Il achète des vaisseaux, en construit de neufs, enrôle des matelots étrangers, exerce ses troupes aux opérations de la mer... En un mot, il crée en très peu de temps une marine formidable, et en état de porter au-delà des mers la terreur de ses armes[20]. En 445, pour faire cesser les raids de pillage des navires de Genséric, Aetius doit promettre de marier la fille de Valentinien III au fils aîné de Genséric, Hunéric. Une fille de Théodoric, roi des Wisigoths, avait été mariée à Huneric (en 429?). Genséric accusa donc la fille de Théodoric de planifier son assassinat, et en 444, la mutila — ses oreilles et le nez furent coupés — et la renvoya chez son père. Cette action provoqua une inimitié entre les Wisigoths et les Vandales.

François-René de Chateaubriand remarquera que « Genséric établit à Carthage le siège de son empire : il était digne de commander aux Barbares que Dieu lui avait soumis. C'était un prince sombre, sujet à des accès de la plus noire mélancolie, et qui paraissait grand dans le naufrage général du monde civilisé, parce qu'il était monté sur des débris[21]. »

Le sac de Rome (455)[modifier | modifier le code]

Pétrone Maxime, empereur romain d'Occident fait assassiner Valentinien III par un bucellaire d’Aetius, Accila, et par Trasila, beau-frère de l’empereur. Il force Eudoxie, la veuve de Valentinien, à l’épouser et confère le titre de César à son fils Palladius. Eudoxie, pour venger son mari, Valentinien III, appelle Genséric, qui débarque à Ostie et pille Rome pendant plus d’un mois (2 juin). Ce qui est appelé le sac de Rome se fait sans tuerie, ni incendie, grâce à l’intervention du pape Léon Ier. Les troupes de Genséric, surtout berbères, sont autorisés à 15 jours de pillage, du 2 juin au 16 juin 455 mais doivent limiter au maximum les massacres, viols, vandalismes et autres persécutions envers les chrétiens, pillages et destructions d'églises, incendies, etc. 45 ans après Alaric et les Wisigoths, les Vandales entrèrent donc dans la ville, sans y commettre de dégâts importants, mais amassent un butin considérable, rassemblé méthodiquement dans chaque quartier de la ville, explorés un à un. Les objets de valeurs qui avaient alors échappé aux Goths se retrouvent sur les navires vandales stationnés dans le port d'Ostie prêts à repartir pour Carthage. Les tuiles en or[22] du Capitole sont même volées. Enfin, la Menorah, fruit du pillage de Jérusalem par l'empereur Titus et qui avait été préservé du pillage d’août 410 est trouvé et également embarqué.

En orange, le royaume vandale (457-461).

Pétrone Maxime, est lapidé par le peuple pour avoir fui. Le roi Genséric retourne en Afrique avec un énorme butin et de nombreux otages dont la veuve, Eudoxie, les filles, Eudocia et Placidia[23], le fils d'Aetius, Gaudentius et le gendre de Valentinien III, Olybrius. Cette captivité n’est probablement pas très pénible, car Genséric sait apprécier les qualités d'Olybrius, au point qu'il le libère en 462. Olybrius et son épouse s'installent alors à Constantinople[24]. Des Romains sont enlevés pour leurs compétences, d'autres pour leur haut rang social comme la jeune princesse romaine Eudocia, qui reste 7 années prisonnière à Carthage et qui épousera son fils le prince Hunéric. Genséric utilise sa belle-fille Eudocie pour tourmenter les empereurs romains d'Orient et trouver des prétextes de guerre. Il accuse Léon Ier d'avoir confisqué les biens de Licinia Eudoxia revenant de droit à Eudoxie et donc à Hunéric. En vertu du principe que le bien de l’esclave est la chose du maître, il réclame aussi les propriétés d’Aétius au nom de Gaudentius, son captif[25].

La flotte de Genséric apporte à Carthage les richesses de Rome, comme la flotte de Scipion avoit apporté à Rome les richesses de Carthage... « Ces nouvelles calamités n'étonnèrent pas : Alaric avoit tué Rome ; Genseric ne fit que dépouiller le cadavre », écrira Chateaubriand[26].

Vers 455, les Vandales s’emparent de la Corse et de la Sardaigne. « Les Vandales étoient devenus des pirates habiles et audacieux ; ils avoient dévasté la Sicile, pillé Palerme, ravagé les côtes de la Lucanie et de la Grèce », écrira aussi Chateaubriand[27]. Le profit de leurs raids pirates est énorme et l'insécurité qu'ils font peser sur le trafic maritime, notamment sur le ravitaillement des capitales, est pour Genséric un moyen efficace de chantage politique. Devenu maître de la Méditerranée, à la suite de la conquête de la Tripolitaine, de la Corse, de la Sardaigne, de la Sicile, des Baléares et d'Ischia, Genséric s'impose aux empereurs d'Orient et d'Occident. D’ailleurs, en 459, quand Majorien passe en Gaule, à Lyon, puis en Espagne pour monter une expédition contre les Vandales en Maurétanie ; Genséric le devance et détruit la flotte romaine à Alicante.

Mais, Ricimer chasse les Vandales de Sicile. En 466, ils doivent aussi quitter la Sardaigne. Genséric craignant une révolte des Romains et des chrétiens fait abattre les murs de toutes les villes d'Afrique à l'exception de Carthage[28]. Ces reconquêtes romaines sont aussi éphémères que les peurs du roi des Vandales, même si, sur mer, Ricimer défait les Vandales qui infestaient toutes les côtes avec une flotte composée de soixante vaisseaux.

Les défaites de l’Empire romain d'Orient (468)[modifier | modifier le code]

Portrait de Basiliscus sur une pièce de monnaie

Le massacre de cinq cents citoyens nobles de Zante ou Zacynthiis, dont il fit jeter les corps mutilés dans la mer, le fera passer pour un criminel de guerre par bien des générations. Aucun prétexte n'autorise ces crimes odieux ; mais la guerre dont Genséric menace bientôt l'Empire a un motif raisonnable. Eudoxie est la femme d’Huneric, son fils, futur roi des Vandales. Genséric réclame aussitôt, bien naturellement, d'une manière impérieuse, qu'on mette son fils en possession de la part qui revient à sa femme dans le patrimoine impérial[29].

Donc, quand un jour en sortant du port de Carthage, le pilote lui demande de quel côté il doit cingler et que le roi lui répond : « Du côté des peuples que Dieu veut punir », il ne faut pas trop s’en étonner[20]. Genséric dirige alors des raids contre l’Illyrie, le Péloponnèse, la Grèce et dans plusieurs îles de l'Archipel, qu'il ruine entièrement. Ensuite, il prend Alexandrie[30]. L'empereur Marcien, ne se sentant pas assez fort pour lui résister, ne riposte pas.

Dans un premier temps, son successeur, Léon Ier envoie des troupes contre les Vandales ; et Genséric demande la paix, qu'on lui accorde.

Mais en 468, Léon choisit Basiliscus, frère de Vérine, sa femme, comme chef de la fameuse expédition contre Carthage, capitale du royaume vandale. Cette invasion est l’une des plus grandes entreprises militaires enregistrée dans les annales de l’histoire. C’est une opération amphibie qui comporte le déplacement de plus de dix mille navires et cent mille soldats. Le but de l’opération est la punition du roi vandale, Genséric pour le sac de Rome de 455.

Le plan est discuté entre l’empereur d’orient Léon, l’empereur d’Occident Anthémius et le général Marcellinus qui jouit d’une relative indépendance en Illyricum. Il est ordonnée à Basiliscus de voguer directement sur Carthage pendant que Marcellinus attaque la Sardaigne et qu’une troisième armée, commandée par Héraclius d'Édesse, débarque sur les côtes libyennes à l’est de Carthage, faisant de rapides progrès. Il semble que les forces combinées se rencontrent en Sicile, d’où les trois flottes sont parties à différentes périodes.

Le Cap Bon, au large de l’actuelle Tunisie, est le lieu où débarque la flotte byzantine menée par Basiliscus

Les historiens modernes et anciens donnent différentes estimations du nombre de bateaux et de troupes placées sous le commandement de Basiliscus, ainsi que sur le montant des dépenses engendrées par une telle expédition. Les deux sont énormes ; Nicéphore Grégoras parle de cent mille navires, Georgios Kedrenos, source plus fiable, écrit que la flotte qui attaque Carthage est composée de 1113 navires qui emportent chacun 100 hommes[31]. L’estimation la plus faible pour les dépenses est de 64 000 livres d’or, une somme qui dépasse une année entière de revenus de l’Empire[32].

La Sardaigne et la Libye sont déjà conquises par Marcellinus et Héraclius quand Basiliscus jette l’ancre près du Promontorium Mercurii, maintenant le Cap Bon, en face de la Sicile, à une soixantaine de kilomètres de Carthage. Genséric demande à Basiliscus cinq jours pour produire les conditions d’une paix[33]. Pendant les négociations, Genséric rassemble ses navires et attaque soudainement la flotte romaine. Les Vandales ont rempli bon nombre de vaisseaux avec des matériaux combustibles et, durant la nuit, ces embarcations transformées en brûlots sont lancées contre la flotte romaine qui ne se méfiait pas. Les commandants romains tentent de sauver quelques navires de la destruction, mais leurs manœuvres sont empêchées par l’attaque d’autres navires vandales.

Au cœur de la bataille, Basiliscus prend la fuite. Son lieutenant, Joannes, submergé par les Vandales, refuse le pardon que Genso, un des fils de Genséric, lui promet, passe par-dessus bord avec son armure et meurt noyé. Ses derniers mots sont qu’il ne peut supporter de se rendre à ces « chiens impies de Vandales ». La moitié de la flotte romaine est brûlée, coulée ou capturée, et l’autre moitié s’enfuit avec Basiliscus. Toute l’expédition est un échec. Héraclius fait retraite à travers le désert vers la Tripolitaine, tenant la position pendant deux ans avant d’être rappelé. Marcellinus se retire en Sicile, où il est rejoint par Basiliscus. Le général est cependant assassiné, peut-être à l’instigation de Ricimer, par un de ses propres capitaines. Genséric exprime d’ailleurs sa surprise et sa satisfaction que les Romains suppriment eux-mêmes du monde ses pires ennemis.

Après son retour à Constantinople, Basiliscus se cache dans l’église Sainte-Sophie pour échapper à la colère du peuple et la vengeance de l’empereur. Par la médiation de Vérine, sa sœur, Basiliscus obtient le pardon impérial et est simplement puni de bannissement à Heraclea Sintica en Thrace.

Un roi reconnu par Rome[modifier | modifier le code]

Le sac de Rome par Genséric en 455.

En 472, le patrice Ricimer entre en conflit ouvert avec l'empereur Anthémius. Contre lui, il appelle Olybrius, qui bénéficie d'une certaine légitimité, comme ancien gendre de Valentinien III, et dispose de l'appui de la classe sénatoriale et du roi des Vandales Genséric. Olybrius débarque en Italie et est proclamé empereur devant Rome assiégée en avril 472.

Genséric, officiellement fédéré de Rome mais officieusement indépendant et totalement maître dans son royaume depuis son entrée dans Carthage, est reconnu (symboliquement) roi de toutes ses possessions en 476 par le nouveau maître de l'Empire romain d'Occident officiellement disparu la même année, le chef des mercenaires barbares d'Italie, le skire ou l'hérule Odoacre.

Le vieux guerrier, qui avait pris le titre de roi de la terre et de la mer[20], mais qui, en dehors de cela, ne sera jamais égalé par ses successeurs, meurt octogénaire et de cause naturelle le 25 janvier 477 à Carthage. Il a régné 50 ans. Genséric sera inhumé à Utique.

Sa descendance[modifier | modifier le code]

Nous ne connaissons pas les noms des femmes ou concubines. À sa mort, il a encore trois fils en vie :

  • Hunéric (né avant 430 - 23 décembre 484), qui lui succède en tant que roi des Vandales et des Alains d'Afrique (Rex Wandalorum Et Alanorum).
  • Theudéric et Théodéric assassinés par Hunéric à la mort de leur père, ainsi que leurs femmes et enfants.

D'après Procope son fils Gento est déjà mort.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. "le terrible Genséric dont le nom mérite d'être placé auprès de ceux d'Alaric et d'Attila dans l'histoire de la destruction de l'Empire romain", Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain, Edward Gibbon, Bouquins t. 1, p. 984.
  2. Sœur de Théodoric le Grand
  3. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, p. 89.
  4. Dictionnaire historique et bibliographique, de Jean-Baptiste Ladvocat, Charles-Guillaume... , p. 379 et Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane ... , p. 75.
  5. « Vers ce temps Gizéric, roi des Vandales, fut appelé en Afrique par Boniface, qui, étant tombé dans la disgrâce de Valentinien, ne trouva le moyen de se venger de l'empereur qu'au détriment de l'Empire. » Jordanès, Histoire des Goths, chap. 33
  6. « Lorsque Boniface fut parti pour son gouvernement, Aétius l'accusa devant Placidie de vouloir se rendre maître de l'Afrique ; il ajouta que, pour l'en convaincre, il suffisait de le rappeler, et qu'il n'obéirait pas. Cette princesse goûta cet avis, et se résolut de le suivre. Mais Aétius avait déjà écrit secrètement à Boniface, pour le prévenir que l'impératrice lui tendait un piège pour le perdre ; qu'elle avait résolu sa mort: il en aurait bientôt lui-même une preuve palpable dans l'ordre qu'il allait recevoir, et qui lui intimerait sa révocation sans en indiquer les motifs. Boniface ne négligea pas cet avis, mais il le cacha soigneusement aux envoyés de l'empereur, et refusa de déférer aux ordres de ce prince et de sa mère. » Procope de Césarée, Histoire de la guerre contre les Vandales, chap. III.
  7. Extrait de l’ouvrage de Heinrich Kiepert, Atlas antiquus, Berlin (Reimer).
  8. Edward Gibbon, Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain, p. 985.
  9. Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain, de Edward Gibbon, p. 796.
  10. Le père d'Augustin est un citoyen romain du nom de Patricius. Sa mère, Monique est une chrétienne d'origine indigène.
  11. Émile-Félix Gautier, Genséric roi des vandales.
  12. Edward Gibbon, Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain, p. 986.
  13. Convention d'Hippone Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane ... , p. 75.
  14. Béjaïa (transcrit Bgayet en kabyle (berbère) ; Bougie étant l'ancien nom français de la ville, Saldae au temps des Romains et Vaga (les ronces) en libyco-berbère) est une ville d'Algérie.
  15. Dictionnaire historique et bibliographique, de Jean-Baptiste Ladvocat, Charles-Guillaume..., p. 379.
  16. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, p. 90.
  17. Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane ... , p. 78.
  18. (Maroc et Algérie)
  19. Tunisie et Libye occidentale.
  20. a, b et c Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, p. 91.
  21. Itinéraire de Paris a Jérusalem, de François-René de Chateaubriand, p. 210.
  22. Du cuivre très fin, et doré à une grande épaisseur.
  23. Procope, Histoire de la guerre des Vandales, V,1 : "Gizéric captura Eudoxie, ainsi qu'Eudocia et que Placidia, ses enfants qu'elle avait eu de Valentinien"
  24. Procope, Histoire de la guerre des Vandales, V,1 : "Gizeric ensuite maria Eudocia à Honoric, l'aîné de ses fils, mais l'autre des deux femmes, qui était l'épouse d'Olybrius, un homme des plus distingués du sénat romain, il l'envoya à Byzance avec sa mère, Eudoxie, à la demande de l'empereur."
  25. « Revue des Deux Mondes - 1857 - tome 10 »
  26. Œuvres complètes, de François-René de Chateaubriand, p. 210.
  27. Œuvres complètes, de François-René de Chateaubriand, p. 195.
  28. Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane ... , p. 79.
  29. Histoire de la décadence et la chute de l'Empire romain, de Edward Gibbon, p. 856.
  30. Dictionnaire historique et bibliographique, de Jean-Baptiste Ladvocat, Charles-Guillaume..., p. 379 et Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane…, p. 75.
  31. Georgius Cedrenus, par Smith.
  32. Boardman.
  33. Procope suggère que Genséric soutient sa demande de paix par un pot-de-vin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mouloud Gaid, Aguellids et Romains en Berbérie, éd. SNED, Alger, 1972
  • Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, éd. Hachette, Paris, 1913-1928
  • Émile-Félix Gautier, Genséric, roi des vandales, Paris, Payot, 1951
  • Henri Gourdin, Genséric, soleil barbare, Paris, Paris-Méditerranée, 1999, (ISBN 9789973221445)
  • (es) Darío Varela, Genséric, rey de los vándalos, Editorial Kódigos, Valencia, 2007, (ISBN 9788493459918).
  • Victor de Vita, Histoire des persécutions vandales, éd. Serge Lancel, Paris, Belles lettres, 2002, 424 p., (ISBN 978-2251014296).

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