Bologhine ibn Ziri

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Bologhine ibn Ziri, de son nom complet Abou al-Foutouh Sayf al-Dawla Bologhin ibn Ziri Es-Sanhadji[1], est le fondateur de la dynastie berbère des Zirides régnant sur l'Ifriqiya de 972 à 1152.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alors que son père Ziri Menad Abou Ziri est gouverneur du Maghreb central, Bologhine Ziri fonde la ville d'Alger sur l'emplacement de l'ancienne Icosium romaine en 960, mais aussi Médéa et Miliana et fait également reconstruire les villages détruits par les diverses révoltes[2].

À la mort de son père, dans une bataille contre des tribus berbères kharidjites en 971, il hérite du pouvoir. Le calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah désigne Bologhine ibn Ziri Menad Abou Ziri comme gouverneur du Maghreb, il reçoit, en plus des attributions de son père Menad Abou Ziri, le Zab et M'Sila que gouvernaient le transfuge Dja`far ibn `Ali[3]. Les honneur qu'on lui fait vont provoquer la jalousie des Kutamas[4]. Al-Muizz li-Dîn Allah laisse la gouvernance de la Sicile et celle de Tripoli à des membres de sa famille[5].

Bologhine poursuit le combat contre les Zénatas. Les Maghraouas demandent l'aide des Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes. Bologhine prend alors le contrôle de presque tout le Maghreb en suivant les directives du calife fatimide[4]. Il a pour ordre de tuer tous les Zénatas et de récolter l'impôt des Berbères sous la menace de l'usage de la force. Bologhine mate les Maghraouas, les Houaras (branche des Branis), les Nefzaouas (branche des Zénatas) et les Mazata[4].

Les Fatimides transfèrent leur cour de Mahdia au Caire. Bologhine est alors nommé vice-roi d'Ifriqiya avec pour capitale Kairouan[6]. Néanmoins Bologhine reste un vassal des Fatimides auxquels il doit payer un tribut, il reste entourés de conseillers qui sont là autant pour le soutenir que le surveiller[7]. Les Fatimides emportent avec eux richesses et équipements militaires. La priorité absolue des Zirides est donc le renforcement de leur pouvoir mais le déplacement de la flotte fatimide vers l'Égypte rend la conservation des territoires kalbides en Sicile impossible.

Bologhine Ziri reçoit du calife les titres de Abou al-Foutouh, « Père des victoires » et Sayf ad-Dawla « Glaive de l'empire »[8],[5]. En 977, Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah successeur de Al-Muizz li-Dîn Allah attribue à Bologhine les villes de Tripoli, Ajdabiya et Syrte en plus de ses attributions antérieures[5]. Il conquiert Fès, Sijilmassa et mais s'arrête devant Ceuta. Lorsqu'il voit la place, qu'il considère comme inexpugnable, et les renforts des Zénatas venus d'Andalousie par voie maritime. Il rebrousse chemin[9].

En mai 984[9], Bologhine meurt, son fils Al-Mansur lui succède dans toutes ses attributions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En arabe : ʾabū al-futūḥ sayf al-dawla bulukīn ben zīrī al-ṣanhājīy, أبو الفتوح سيف الدولة بلكين بن زيري الصنهاجي, surnommé « Père des victoires, glaive de la dynastie ».
  2. Ibn Khaldoun (trad. William MacGuckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement,‎ 1854, 635 p. (lire en ligne), « Notice des Sanhadja de la première race, histoire de leur empire », p. 5-6
  3. Dja`far ibn `Ali dit « al-Andalousi » était un émir au service des Fatimides gouvernant en leur nom le Zab et M'Sila, il est d'origine arabe et né en Andalousie (c.f. Évariste Lévi-Provençal, Histoire de l'Espagne musulmane, vol. 2, Maisonneuve & Larose,‎ 1999, 435 p. (ISBN 978-270681387-0, lire en ligne), p. 187), il passe au service des califes omeyyades de Cordoue.
  4. a, b et c Ibn Khaldoun, op. cit. (lire en ligne), « Notice des Sanhadja de la première race, histoire de leur empire », p. 8-9
  5. a, b et c Ibn Khaldoun, op. cit. (lire en ligne), « Règne de Bologguin, fils de Ziri Menad Abou Ziri. », p. 9
  6. Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,‎ 1994 (ISBN 978-222888789-2), « Les deniers Fatimides du Maghreb », p. 404.
  7. Charles-André Julien, op. cit., « Les souverains zirides », p. 407.
  8. Le nom arabe de Bologhine devient : 'abû al-futûh sayf al-dawla bulukîn ben zîrî, أبو الفتوح سيف الدولة بلكين بن زيري
  9. a et b Ibn Khaldoun, op. cit. (lire en ligne), « Règne de Bologguin, fils de Menad Abou Ziri. », p. 11-12

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement,‎ 1854, 635 p. (présentation en ligne, lire en ligne), « Règne de Bologguin fils de Ziri. », p. 9-12
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,‎ 1994 (ISBN 978-222888789-2)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press,‎ 2004, 389 p. (ISBN 9780748621378, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36