Djurdjura

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36° 27′ N 4° 14′ E / 36.45, 4.233

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Djurdjura
Carte topographique de la Kabylie avec le Djurdjura au nord.
Carte topographique de la Kabylie avec le Djurdjura au nord.
Géographie
Altitude 2 308 m, Lalla-Khadîdja
Massif Atlas tellien
Longueur 60 km
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilayas Bouira, Tizi Ouzou, Béjaïa
Géologie
Roches Schistes, calcaires, dolomites, grès, argile

Le Djurdjura, aussi appelé Adrar n Jerjer en kabyle, est un massif montagneux du nord de l'Algérie, sur la bordure méditerranéenne, constituant la plus longue chaîne montagneuse de la Kabylie. De forme lenticulaire, ses limites naturelles vont des environs de Draâ El Mizan jusqu’à Tazmalt, s'étalant donc sur une longueur de près de 60 km. Il appartient à la chaîne de l'Atlas.

On distingue deux parties du Djurdjura, à savoir le versant nord, qui englobe une partie de la wilaya de Tizi Ouzou (Draâ El Mizan, Boghni, Ouadhias, Ath Ouacif, Tassaft Ouguemoun, Ath Yenni, Ain El Hammam, Iferhounene), et le versant sud, comprenant les limites nord de la wilaya de Bouira, notamment M'chedallah, Haizer, Ath Laziz, Chorfa et les communes voisines dépendant de la wilaya de Béjaïa, en l'occurrence, Tazmalt, Boudjellil et Beni Mellikeche. C'est également sur ce versant sud que l'on retrouve la plaine ou vallée du Djurdjura, proprement dite, appelée notamment vallée du « Sahel-Djurdjura », s'étendant de la commune de Tazmalt jusqu'à Lakhdaria (ex-Palestro).

Étymologie et différents noms[modifier | modifier le code]

Le Lalla-Khadîdja en arrière-plan vu de Tikjda

Le mot Djurdjura vient du berbère Jrjr signifiant « tas de pierre ». Terme retrouvé également sous la forme grgr (prononcé avec le g de « gamin »). C'est notamment de là que viennent le nom d'une montagne se trouvant dans le Djurdjura même non loin de Bouira (Adrar n'Aguergour) juste au-dessus du village d'Imarkallan. C'est de là également que viennent les noms de Hammam Guergour (en Petite Kabylie), Akar-Akar (massif montagneux rocheux dans me Hoggar)... Dans les dialectes amazighs, le k, le ch, le g et le j se remplacent au gré des accents locaux. Ainsi, les pierres angulaires d'un foyer se disent Akrkur en Chaoui. De même que la boite d'allumettes se dit takrkurt dans le même dialecte. En référence aux allumettes qui s'y entassent. Mais attention, en Kabyle les deux termes renvoient plutôt aux fesses de l’anatomie du corps humain et ce par figuration.

Youcef Allioui[1] donne une toute autre origine au mot Djurdjura. Jrjr serait la « hauteur », d'un mot composé ancien Jer n Jer ou Ğer n Ğer, « la montagne des montagnes ». On ne retrouve aucune trace de cette racine dans aucun dialecte amazigh, ce qui rend cette explication peu probable.

Rappelant que les Romains l'appelaient « la montagne de fer » (Mons Ferratus) autant pour la nature de son sol que pour le caractère de ses habitants réputés farouches résistants à tout envahisseur.

Durant la période coloniale, le Djurdjura était le nom d’une commune mixte dont le siège se trouvait à Ain El Hammam, (ex-Michelet. Cette commune regroupait les tribus de Aït Yahia, Aït Yttouragh, Aït Bouyoucef, Aït Mangllat, Aït Attaf (Iattafen), Aït Ouacif, Aït Ouadrar (Iboudraren).

Mmis n’Djerdjer signifiant « fils du Djurdjura » s'est par la suite étendu pour désigner un montagnard. Un groupe de chanteuses kabyles a pris le nom DjurDjura en référence à la chaîne de montagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du village d'Ait-Daoud sur une partie du Djurdjura
Vue sur le versant nord-ouest du Djurdjura

Le Djurdjura se compose de deux chaînes distinctes : celle du nord qui comprend l'Haïzer et l'Akouker et se prolonge vers l'est par l'Azerou Tidjer et celle du sud où se dresse le cône de Lalla-Khadîdja (Tamgudt n Lalla Xdiğa en kabyle[réf. nécessaire]), culminant à 2 308 mètres, qui se prolonge par une crête se rattachant au Takerrat et l'Azerou Medene.

Les hydrologues qualifient le Djurdjura de « château d’eau percé » : la Kabylie étant parsemée de sources d’eau potable minérale et thermo-minérale.

Anou n'Ifflis est le plus profond gouffre d’Afrique (1 159 mètres) et est parmi les premiers à avoir été explorés par l'homme dans le monde. Ce gouffre nommé aussi « le gouffre du léopard » est bien connu des spéléologues. Ce sont des expéditions franco-algériennes, puis espagnoles et belges qui ont permis de l'explorer au début des années 1980.

La grotte du macchabée présente un attrait touristique indéniable. D’accès très difficile, elle se trouve près de Michelet (Ain El Hammam), à Azeru n Tijjr. Elle tire son nom d'un maccabée découvert par des spéléologues lors de sa première exploration à la fin du XIXe siècle.

Géologie[modifier | modifier le code]

La chaîne du Djurdjura offre tous les caractères de la haute montagne bien que son altitude ne soit pas très élevée, avec 2 000 mètres en moyenne. Elle les doit à la nature de ses roches en calcaires liasiques escarpées en crêtes dentelées, pitons aigus et murailles gigantesques aux flancs abrupts. La face nord qui plonge d'un seul tenant dans la vallée kabyle a une allure alpestre.

Les sommets[modifier | modifier le code]

Vue de la route des cimes enneigées au printemps
  • Lalla-Khadîdja (2 308 mètres) à l'est du massif, sur la crête méridionale ; son nom en kabyle est Azeru amghur ou Tamgudt n'Lalla Xdija. (tamgudt/pluriel timgad, signifiant le plus haut sommet d'une montagne)
  • Ich n'Timedouine (2 305 mètres) au centre, plus haut sommet de l'Akouker
  • Adrar n'Hayzer (2 164 mètres) dominant Bouira et toute la haute vallée d'Oued Dhous, sommet du Haïzer
  • Tirourda (1 750 mètres) à l'extrémité orientale
  • AkouKer station de ski et sports de montagne près de Tikjda (1 478 mètres)
  • Kweryet (1 500 mètres) au Nord du massif ; c'est aussi le nom d'une ancienne commune (Douar N'Kweryet: commune regroupant certains villages des Ouacifs (At Wasif) et des Ouadhias (Iwadhiyen)).

Parc national[modifier | modifier le code]

Vue panoramique du Djurdjura depuis Mechtras au printemps.

Le parc national du Djurdjura (superficie : 18 500 ha) a été créé en 1983 pour protéger le massif qui, de sommets enneigés en forêts épaisses, de gorges en vallons, du lac aux hauts plateaux, abrite une belle quantité d'espèces animales dont le singe magot, l'aigle botté, le sanglier, la hyène rayée, le faucon ou le héron cendré et la sittelle kabyle, espèce endémique et découverte en 1975.

Le parc a été le théâtre de plusieurs incendies, notamment criminels, qui ont ravagé la forêt de cèdres, certains étant millénaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Énigmes et joutes oratoires de Kabylie, L'Harmattan, 2005 (ISBN 2747580652) [présentation en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]