École militaire de Cherchell

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L'École militaire de Cherchell a poursuivi, de 1942 à 1962, des missions de formation d'officiers et de sous-officiers en fonction des besoins de la France.

Historique : 1942-1962[modifier | modifier le code]

Dénominations et missions successives[modifier | modifier le code]

1. École des élèves aspirants (EEA) a été créée pendant la guerre après le débarquement allié du 8 novembre 1942 en Afrique du Nord, alors que la France métropolitaine était encore occupée (décision du 28 novembre 1942). Après la libération de l'Afrique du Nord, la France était en mesure de poursuivre le combat, aux côtés de ses alliés, avec de plus amples moyens. Elle devait donc former rapidement des centaines de chefs de section et de peloton nécessaires à l'ossature de ses unités de toutes armes. C'est le but qui fut assigné à l'École de Cherchell pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le colonel Callies avait reçu mission de créer et d'organiser cette école qui s'appela au départ « Cherchell-Médiouna », car le premier stage était partagé entre les deux villes, Médiouna étant au Maroc, près de Casablanca. Le colonel Callies prit le commandement de l'école avec pour adjoints le commandant Jannot pour Cherchell et le chef de bataillon Germani pour Médiouna.

2. École militaire Interarmes (décision ministérielle du 13 décembre 1944) : Cherchell prend la relève de l'école spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr et c'est à ce titre qu'a lieu le transport à Coëtquidan en juin 1945.

3. École militaire interarmes de sous-officiers (1er janvier 1946 - mai 1947) : Après la guerre et dès 1946 l'École assuma la formation des sous-officiers destinés à servir en Afrique du Nord.

4. École de cadres d'Afrique française du nord (mars 1946) : Même mission de formation de sous-officiers.

5. Annexe de Cherchell de l'École de Sous-officiers de Saint-Maixent (1er janvier 1947) : elle ajoute à la mission de formation des sous-officiers celle de l'instruction des élèves officiers de réserve de l'infanterie pour les unités basées en Afrique du Nord. Les EOR des unités métropolitaines sont formées à Saint-Maixent. De 1949 à avril 1958, elle instruit une partie des EOR de la Métropole

Le 27 mai 1950, le ministre de la Défense nationale, René Pleven, cite à l'Ordre de l'armée l'École militaire de Cherchell :

« Du 8 novembre 1942 au 8 mai 1945 et après l'envahissement total de la Métropole, l'École Militaire de Cherchell a maintenu la tradition des Écoles d'officiers de France en inculquant aux élèves-aspirants la foi dans les destinées et la grandeur de la Patrie ; a formé pour les armées de la Libération des chefs dignes de leurs aînés, ardents et animés du désir de vaincre, qui s'illustrèrent sur les champs de bataille de Tunisie, d'Italie, de France et d'Allemagne. S'est acquis ainsi au prix de lourds sacrifices, une part glorieuse dans la victoire de nos Armes. »

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec palme. Le 12 juillet 1950, le Général Callies remet la Croix de Guerre à l'école.

Le 29 janvier 1959, le Général Allard, commandant la 10e région militaire et les forces terrestres en Algérie, lui confie la garde d'un drapeau, suite à une décision du ministre des Armées en date du 11 juillet 1958.

6. École militaire d'infanterie de Cherchell (10 mai 1958) : elle se consacre exclusivement à la formation des officiers de reserve d'infanterie, tâche qu'elle partage avec l'école de Saint-Maixent.

Le 10 août 1959 le ministre des Armées charge l'école de former désormais la totalité des officiers de réserve d'infanterie, tâche que Cherchell partageait jusqu'alors avec Saint-Maixent.

En octobre 1962, l'École est transférée avec tous ses cadres à Montpellier. Elle fusionne en 1967 à Montpellier avec l'École d'application de l'infanterie et devient l'École de l'infanterie.

Par décret du 3 mai 1963, l'école est élevée au rang de Chevalier de la Légion d'honneur :

« Depuis 1942, a accueilli et instruit 25 000 officiers et aspirants de réserve. Durant les opérations de guerre et de Libération de 1943 à 1945, puis en Extrême-Orient et en Afrique du Nord, ses anciens élèves ont affirmé les meilleures qualités de chef et d'entraîneur d'hommes. S'ils ont glané les plus beaux titres de guerre, plus de 600 parmi eux ont inscrit leur nom au livre d'or de l'école.
Citée à l'ordre de l'armée en 1950, l'École militaire d'infanterie a droit à la reconnaissance du pays. »

Promotions et sacrifice[1][modifier | modifier le code]

Logo de l'école. Gaufrage sur carton.

École d'élèves aspirants (1942-1944) et école militaire interarmes (1944-1945)[modifier | modifier le code]

  • Promotion Weygand (15 décembre 1942 - 30 avril 1943) 1101 élèves
  • Promotion Tunisie (1er mai 1943 - 30 septembre 1943) 826 élèves
    • Morts pour la France: Italie - Ile d'Elbe: 23 ; France-Allemagne: 45 ; Indochine - Madagascar - Corée: 17 ; Algérie: 4
  • Promotion Libération (1er octobre 1943 - 15 avril 1944) 919 élèves
    • Morts pour la France: Italie - Ile d'Elbe: 4 ; France-Allemagne: 50 ; Indochine - Madagascar - Corée: 26 ; Algérie: 4 ;
  • Promotion Marche au Rhin (16 avril 1944 - 30 octobre 1944) 782 élèves
    • Morts pour la France: France - Allemagne: 28 ; Indochine - Madagascar - Corée: 22 ; Algérie: 3
  • Promotion Rhin français (novembre 1994 - mai 1945) 1477 élèves
    • Morts pour la France: France - Allemagne: 8 ; Indochine - Madagascar - Corée[note 3]: 147 ; Tunisie - Algérie: 13

École d'élèves sous-officiers (1945-1957)[modifier | modifier le code]

Environ 5000 élèves.

École d'élèves officiers de réserve d'infanterie (juin 1947 - mai 1958)[modifier | modifier le code]

28 pelotons - 8000 E.O.R

  • Morts pour la France en Indochine - Madagascar - Corée (1945 - 1954)
    • Peloton 1 : 2
Logo de l'école en 1964, après son transfert à Montpellier.
  • Morts pour la France en Tunisie - Maroc - Algérie[note 4] (1954 - 1962)
    • Peloton 2 : 1
    • Peloton 10 : 2
    • Peloton 11 : 2
    • Peloton 13 : 1
    • Peloton 14 : 2
    • Peloton 15 : 1
    • Peloton 16 : 2
    • Peloton 17 : 1
    • Peloton 18 : 5
    • Peloton 19 : 14
    • Peloton 601 : 6
    • Peloton 602 : 3
    • Peloton 603 : 6
    • Peloton 604 : 5
    • Peloton 702 : 11
    • Peloton 704 : 2
    • Peloton 705 : 19
    • Peloton 706 : 10
    • Peloton 801 : 7

École militaire d'infanterie (10 mai 1958)[modifier | modifier le code]

Promotions et « Morts pour la France » en Tunisie - Maroc - Algérie (1954 - 1962)

  • 1958
    • Peloton d'E.O.R. 803 : 413 élèves. Morts pour la France : 8
    • Peloton d'E.O.R. 804 : 283 élèves. Morts pour la France : 5
    • Peloton d'E.O.R. 806 : 277 élèves. Morts pour la France : 5
  • 1959
    • Peloton d'E.O.R. 901 : 229 élèves. Morts pour la France : 8
    • Promotion 902 (promotion « Colonel Marey ») : 340 élèves. Morts pour la France : 4
    • Promotion 904 (promotion « Sous-Lieutenant Yves Allaire ») : 509 élèves. Morts pour la France : 12
    • Promotion 903 (promotion « Georges Clemenceau ») : 416 élèves. Morts pour la France : 3
  • 1960
    • Promotion 001 (promotion « Colonel Jeanpierre ») : 316 élèves. Morts pour la France : 7
    • Promotion 002 (promotion « Reggan ») : 289 élèves. Morts pour la France : 4
    • Promotion 003 (promotion « Vercors ») : 312 élèves. Morts pour la France : 2
    • Promotion 004 (promotion « Monna Casale ») : 410 élèves. Morts pour la France : 7
    • Promotion 005 (promotion « Koufra ») : 362 élèves. Morts pour la France : 3
    • Promotion 006 (promotion « Aspirant Mekerta ») : 326 élèves. Morts pour la France : 3
  • 1961
    • Promotion 101 (promotion « Sous-Lieutenant François d'Orléans ») : 274 élèves
    • Stage X IMO 1960-1961 : 44 élèves
    • Promotion 102 (promotion « Capitaine Claude Barrès ») : 863 élèves. Morts pour la France : 5
    • Promotion 103 (promotion « Maréchal Lyautey ») : 348 élèves. Morts pour la France : 2
    • Promotion 104 (promotion « Débarquement de Provence ») : 319 élèves. Morts pour la France : 3
    • Promotion 105 (promotion « Mémorial de Cherchell ») : 413 élèves. Morts pour la France : 3
    • Promotion 106 (promotion « Croix de la Valeur militaire ») : 318 élèves.
  • 1962
    • Promotion 201 (promotion « Vosges-Alsace ») : 294 élèves. Mort pour la France en Algérie: 1
    • Stage X IMO 1961-1962 : 35 élèves.
    • Promotion 202 (promotion « Capitaine Gérard de Cathelineau ») : 587 élèves
    • Promotion 203 (promotion « Élève Officier André Esprit ») : 509 élèves. Mort pour la France en Algérie : 1
    • Promotion 204 (promotion « Espoir & Traditions ») : 519 élèves[2]
    • Promotion 205 (promotion « Derniers de Cherchell ») : 342 élèves[2]

Commandants de l'École[modifier | modifier le code]

  • Colonel Cailles, 1942 -
  • Lieutenant-colonel Guillebaud, 1943 -
  • Lieutenant-colonel Huguet, 1944 à 1945
  • Lieutenant-colonel Rio, 1946 à 1949
  • Lieutenant-colonel Montagnon, 1950 à 1951
  • Colonel Lancrenon, 1952 à 1955
  • Colonel Nicol, 1956 à 1957
  • Colonel Marey, 1957 à 1958, tué au combat lors de l'embuscade du 28 mars 1959 à El Milia en Algérie
  • Colonel Bernachot, 1959 à 1962

Élèves célèbres[modifier | modifier le code]

  • Sous-lieutenant François d'Orléans, mort au combat le 11 octobre 1960 à Iferhounène en Kabylie. La promotion 101 porte son nom.
  • Élève-officier André Esprit, mort au combat le 8 mars 1962 à Marabcha, près de Cherchell. La promotion 203 porte son nom.

Portraits et photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Des 55 anciens élèves de l'école tombés en « Italie-Ile d'Elbe », 3 sont morts dans l'île d'Elbe le 17 juin 1944.
  2. Le livre mémorial considère 160 élèves de l'école tombés en France et en Allemagne, mais en fait c'est la période 1944-1945 dont il s'agit: 126 sont morts en France, 26 en Allemagne, 2 en Autriche, 2 en Italie en 1945, 3 dans le « Cherchellois », et un capitaine pilote de l'armée de l'air en Angleterre en mai 1944.
  3. En totalité, sur ces conflits, 222 anciens élèves sont tombés en Indochine, 2 à Madagascar et 2 en Corée.
  4. Des 216 anciens élèves tombés dans ces conflits, 213 sont morts en Algérie, 1 en Tunisie, 1 au Maroc et 1 à Chypre en décembre 1956.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ils venaient de Cherchell, Imprimerie Nationale 30 juin 1962, pp.42-105
  2. a et b École militaire d'infanterie Cherchell 1942-1962, Les promotions; Accès en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud de Vial, Ceux de Cherchell, tome 1, Éditions Jeanne d'Arc, 2009, (ISBN 2-911794-83-4)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arnaud de Vial, Le Courage des morts, tome 2, Éditions Jeanne d'Arc, 2012, (ISBN 2-911794-84-2)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arnaud de Vial, De Cherchell aux Djebels, Éditions Jeanne d'Arc, 2012,(ISBN 9782362620102) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • École militaire d'infanterie de Cherchell, livre mémorial : Ils venaient de Cherchell, Imprimerie Nationale 30 juin 1962. Document utilisé pour la rédaction de l’article