Histoire du Rwanda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne l'histoire générale du Rwanda. Pour le génocide, voir Génocide au Rwanda.
Position du Rwanda en Afrique de l'Est.

Cet article présente les faits saillants de l'histoire du Rwanda, un pays de l'Afrique de l'Est.

Époque précoloniale[modifier | modifier le code]

Lors de la colonisation, les ethnologues européens et les Pères blancs de l'Église catholique contribuent à diffuser une histoire du Rwanda qui est aujourd'hui largement remise en cause. Les premiers habitants auraient été des Pygmées, certainement des ancêtres des Twa actuels.

Les premiers signes de présence humaine au Rwanda datent de 1000 ans av. J.-C. Des archéologues ont découvert les traces d'une civilisation maîtrisant le fer et la poterie. Les ethnologues et pères blancs affirment que cette population venait de l'actuelle République démocratique du Congo. C'est à cette époque-là qu'ils considèrent que les tout premiers Tutsi (originaires du Nord) et Hutu (originaires de l'Ouest) sont arrivés dans l'actuel Rwanda.

C'est vers le Xe siècle que le Rwanda commence à se transformer en une véritable nation. Le Rwanda devient un royaume à la tête duquel 25 rois se succèdent entre 1081 et la colonisation.

Pour les Pères Blancs le Rwanda était divisé, jusqu'à l'arrivée des premiers colons, en quatre groupes :

  • les chefs des milices, des Hutu ;
  • les chefs de sol, principalement des Hutu ;
  • les chefs de pâturages, des Tutsi ;
  • les chefs des armées, également des Tutsi.

Cette conception ethniste est aujourd'hui remise en cause au profit de la conception socio-professionnelle. L'ensemble de la population partage la même langue, la même religion et la même culture, critères employés habituellement pour définir l'ethnie. Les catégories hutu (agriculteurs), tutsi (éleveurs), twa (chasseurs cueillette) n'étaient pas figées et il était fréquent de passer d'une classe à l'autre selon les mariages ou la richesse. En kinyarwanda, kwituhura signifie à la fois devenir tutsi et s'enrichir.

Époque coloniale[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens qui évoquent le Rwanda dans leurs récits indirects sont Richard Francis Burton et John Hanning Speke, au milieu du XIXe siècle. Le pays est également évoqué en 1885 lors de la conférence de Berlin par Henry Morton Stanley.

Après la brève incursion de 4 jours en 1892 d'un explorateur autrichien, le comte allemand Gustav Adolf von Götzen entre officiellement au Rwanda à la tête d'une troupe de 620 soldats en 1894. Le Rwanda est ainsi probablement le dernier pays découvert et colonisé en Afrique par les Européens.

En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, les Belges chassent les Allemands du Rwanda et occupent à leur tour le pays. En 1919, le Traité de Versailles attribue le Rwanda à la Belgique, en 1922 la Belgique instaure un protectorat, qui s'appuie sur la minorité Tutsi, la classe dominante traditionnelle. En 1924 la Société des Nations confie à la Belgique un mandat de tutelle. Le gouvernement colonial s'appuie sur les autorités locales en place, le Mwami Yuhi Musinga et l'aristocratie tutsi.

En 1931, le roi Yuhi Musinga, qui refuse de se faire baptiser, est obligé de partir en exil dans l'actuelle République démocratique du Congo. La Belgique confie le pouvoir à son fils le Mwami Mutara Rudahigwa, converti au catholicisme. La carte d'identité ethnique est instituée.

Les missions catholiques prennent de plus en plus d'importance dans le pays. Elles se chargent de l'éducation sur tout le territoire.

En 1956, Mutara Rudahigwa commence à revendiquer l'indépendance du pays auprès de l'ONU.

C'est également dans les années cinquante que la question de « l'ethnie », est devenue « raciale »[réf. nécessaire] (pour la genèse de cette idéologie voir Gobineau, Vacher de Lapouge) avec l'idéologie et la propagande politique diffusées par l'Église et les hommes politiques[réf. nécessaire].

L'indépendance[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1959, Mutara Rudahigwa meurt dans des conditions mystérieuses. Kigeli V Ndahindurwa est alors placé au pouvoir par les conseillers de Mutara Rudahigwa. Avec le soutien de l'Église, les Hutu refusent cette succession. Ils veulent être intégrés au nouveau gouvernement. Des manifestations dégénèrent en révoltes après la rumeur de l'assassinat d'un homme politique hutu. Les Tutsi étant minoritaires, ils sont pourchassés et massacrés, le pays plonge alors en pleine guerre civile.

En 1960, l'ancien gouvernement de Kigeli Ndahindurwa quitte le pays pour l'Ouganda, ainsi que plus de 200 000 Tutsi.

En septembre 1961, un référendum est organisé et 80 % des votants se prononcent pour la mise en place d'une république. Le parti politique hutu Parmehutu, obtient 78 % des sièges à l'Assemblée nationale du Rwanda. Le 26 octobre, Grégoire Kayibanda devient le premier président de la République du Rwanda.

Le Conseil de tutelle des Nations unies insiste pour que la Belgique accorde l'indépendance au Rwanda. C'est chose faite le 1er juillet 1962.

La première République hutu[modifier | modifier le code]

En décembre 1963, les Tutsi exilés essayent de revenir sur le territoire rwandais par la force : ils échouent. De nouveaux massacres sont commis contre les Tutsi vivant au Rwanda[1] [2]. Jusqu'en 1967, environ 20 000 Tutsis sont tués et 300 000 autres prennent le chemin de l'exil[3],[4].

Fin 1972 et début 1973, le pouvoir de Grégoire Kayibanda est menacé par des politiciens et des militaires issus du nord du pays. Kayibanda tente de créer autour de lui une unanimité Hutu en se servant des Tutsi comme boucs émissaires, et en profitant de la peur provoquée dans la population rwandaise par les massacres de Hutus qui ont eu lieu au Burundi voisin en 1972. En juillet 1973, à la suite d'une violente campagne anti-tutsi dans les institutions scolaires, une nouvelle vague de Tutsi prend le chemin de l'exil. Le 5 juillet, un coup d'État dirigé par le général Juvénal Habyarimana, ministre de la Défense, renverse Grégoire Kayibanda.

La deuxième République hutu[modifier | modifier le code]

Les années de séduction[modifier | modifier le code]

Après son coup d'État, le président Juvénal Habyarimana semble ne plus vouloir pratiquer la politique de discrimination ethnique de Grégoire Kayibanda qui empêchait les Tutsi d'accéder à des postes de responsabilité politique, mais applique tout de même un système de quotas. Seules 10 % des places dans les écoles, les universités et les emplois sont accordées aux Tutsis et presque aucun n'accède à un poste de maire ou de préfet. Si quelques-uns réussissent à s'enrichir, comme Valens Kajeguhakwa (ami du Général Bizimungu qui deviendra membre de l'Akazu), d'autres payent leur succès en subissant emprisonnements arbitraires et confiscation de leurs biens[réf. nécessaire]. Valens Kajeguhakwa finit par subir le même sort avant de s'enfuir rejoindre le FPR avec Pasteur Bizimungu en 1990.

En 1975, Juvénal Habyarimana fonde son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). En 1978, il change la Constitution et fait adopter un régime à parti unique.

Malgré sa dictature[5], Juvénal Habyarimana séduit les démocraties occidentales et fait passer son pays pour la « Suisse de l'Afrique ». L'aide internationale au développement arrive. Même les journalistes qui ont développé les critiques les plus violentes contre lui, lui étaient plutôt favorables dans les années 1980. En 1998, Faustin Twagiramungu, opposant au président Habyarimana, Premier ministre de 1994 à 1995

« a rappelé que, si l’opposition avait dénoncé les crimes du Président Habyarimana, en particulier l’assassinat mystérieux de son prédécesseur et de certains de ses ministres, si elle l’avait mis en cause pour sa façon contestable de gouverner et notamment pour le népotisme qui prévalait dans son entourage, si elle avait dénoncé la constitution d’une armée régionale en lieu et place d’une armée nationale, le manque d’un projet de société répondant aux aspirations des citoyens à vivre ensemble et l’avait régulièrement traité de dictateur, et même de dictateur fatigué, jamais le Président Habyarimana n’avait été accusé d’être l’ennemi des Tutsis. On disait même au contraire que le coup d’État qu’il avait fait les avait favorisés, et qu’en tout état de cause, il leur avait ouvert le secteur privé où ils étaient devenus prospères[6]. »

Les travaux collectifs « umuganda », service civique imposé le samedi, sont utilisés pour stimuler des actions de développement. De nombreux projets de développement, facilités par des jumelages avec des collectivités locales européennes (Belgique, France, Allemagne, Suisse, etc.) soulignent ces bonnes relations entre l'Europe et le Rwanda.

Les Églises sont très actives aussi dans ces projets. Le pape se rend au Rwanda très catholique en septembre 1990.

Cependant la question des réfugiés Tutsi à l'étranger persiste. Environ 600 000 Rwandais (Tutsis ou opposants Hutus) vivent en exil à la fin des années 1980[7]. Des milliers de réfugiés avaient été refoulés d'Ouganda au Rwanda en 1982, puis à nouveau expulsés du Rwanda peu après. En 1986, le gouvernement rwandais annonce que le pays est trop peuplé pour pouvoir accueillir les réfugiés. Ceux-ci revendiquent leur retour, au besoin par la force, et fondent en 1987 le Front patriotique rwandais.

Subissant une pression aussi bien intérieure de la part d'hommes politiques, d'intellectuels ou de journalistes, qu'extérieure de la part de pays bailleurs de fond exigeant des réformes[8], Juvénal Habyarimana abandonne le 5 juillet 1990 la présidence de son parti unique et annonce un prochain changement de la Constitution pour donner naissance à une démocratie en autorisant la création de partis politiques. En septembre 1990, quatre journalistes sont jugés pour avoir publié des articles sur la corruption du gouvernement, mais sont acquittés. Une semaine plus tard, Habyarimana nomme les membres de la commission chargé d'étudier la réforme politique[9]. C'est à ce moment que le Front patriotique rwandais décide de lancer une attaque contre le Rwanda depuis l'Ouganda.

L'attaque des exilés Tutsi le premier octobre 1990[modifier | modifier le code]

L'Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR, lance une attaque depuis l'Ouganda sur le nord du Rwanda le 1er octobre 1990, bénéficiant d'un large appui de l'armée ougandaise – le chef de l'APR, Fred Rwigema est alors le numéro deux de l'armée ougandaise. Le président Habyarimana appelle ses alliés à le soutenir. La France envoie des troupes le 4 octobre 1990 dans le cadre de l'opération Noroît. Des troupes belges arrivent le lendemain ainsi que des troupes zaïroises. Ces dernières sont les seules à être engagées au combat tandis que troupes belges et françaises sécurisent la capitale où se trouvent la grande majorité des expatriés. Par la suite, l’intervention des troupes françaises dans le cadre de l’opération Noroît a été jugée « à la limite de l’engagement direct » par la Mission parlementaire d’information sur le Rwanda[10].

La tentative d'invasion du FPR échoue, les Forces armées rwandaises réussissant à contenir l'offensive avec l'appui des forces françaises, belges et zaïroises, et une répression massive fait suite à son attaque. Environ 10 000 personnes sont arrêtées, Tutsis ou opposants au régime, voire même commerçants ougandais ou zaïrois. Des massacres de Tutsis sont organisés par les autorités locales dans le nord-ouest du Rwanda selon les règles de la corvée collective, et apparaissent comme un système d’intimidation et de vengeance en réponse à l'attaque du FPR[11]. Mais loin d'unifier la population Hutu autour du régime, la répression conduit l'opposition à se renforcer, des organismes de défense des droits de l'homme se créent. Le 1er novembre 1990, les troupes belges se retirent. Le 9 novembre, est créé à Bruxelles un parti politique en exil, l'Union du peuple rwandais, qui dénonce les assassinats au Rwanda et la corruption du gouvernement. Le 11 novembre 1990, le Président Habyarimana annonce dans un discours à la radio l’instauration du pluripartisme et la tenue d’un référendum constitutionnel pour juin 1991, et annonce la suppression des mentions ethniques sur les cartes d’identité et les documents officiels[12].

En janvier 1991, le FPR effectue un raid sur Ruhengeri, s'empare de matériel militaire et libère de nombreux prisonniers politiques. En représailles, des massacres organisés par les bourgmestres eurent lieu jusqu'en juin, occasionnant entre 300 et 1000 morts.

En février 1991, à l'instigation du HCR et de l'OUA, une conférence à Dar es Salam entre le Rwanda et l'Ouganda débouche sur une déclaration commune au terme de laquelle le Gouvernement rwandais s’engage à offrir à chaque réfugié le choix entre une des trois solutions suivantes : le retour au Rwanda, l’intégration par naturalisation dans le pays d’accueil, l’établissement dans le pays d’accueil avec maintien de la nationalité rwandaise. Cependant, pour le gouvernement rwandais, le retour des réfugiés est conditionnée à une aide financière extérieure, or la communauté internationale, davantage préoccupée par les événements de Yougoslavie et la chute de l'Union Soviétique, se désintéresse du Rwanda[13].

La démocratisation[modifier | modifier le code]

La France conditionne la poursuite de son appui militaire à la démocratisation du pays[14],[15]. Conjugué à l'affaiblissement du parti présidentiel et à l'opposition croissante, cela accélère le processus de réforme entamé en juillet 1990. Le 10 juin 1991, un amendement constitutionnel légalisant le multipartisme entre en vigueur. Le Mouvement démocratique républicain, principal parti d'opposition, est légitimé et une quinzaine[16] d'autres partis sont fondés dans les mois qui suivent, les plus importants étant le Parti Social-démocrate, le Parti libéral et le Parti démocrate chrétien[17]. Les principaux partis rejettent toute idéologie prêchant l’ethnisme, ou favorisant une région au détriment d'une autre. Ils souhaitent une négociation avec le FPR.

Des manifestations publiques sont menées par les nouveaux partis de l'opposition. Cinquante mille personnes manifestent dans les rues de Kigali en janvier 1992 pour protester contre le formation du nouveau gouvernement, dont les membres sont quasiment tous issus du parti présidentiel. Des manifestations ont aussi lieu dans d'autres villes et dans le sud du pays. Elles demandent un gouvernement de transition pour redistribuer le pouvoir dans le pays. Les fonctions de chef de l'État et de chef de gouvernement sont séparées, un poste de Premier ministre est créé, attribué à un membre du MDR, des opposants sont libérés de prison, les fonctionnaires reçoivent le droit de grève, la séparation entre le MRND, parti présidentiel, et l'État s'étend petit à petit. Le gouvernement de transition sera mis en place le 16 avril 1992[18].

Les durs du régime créent en mars 1992 la Coalition pour la défense de la République (CDR), hostile aux Tutsis et à toute négociation avec le FPR et en même temps une milice nommée « Impuzamugambi » (ceux qui poursuivent le même but). Les milices Interahamwe[19], sont aussi créées pendant cette période par le MRND, le parti du président, ainsi que les milices Inkuba pour le MDR, et Abakombozi pour pour le PSD. Ces milices sont initialement des mouvements de jeunesse animant les meetings politiques, mais elles sont utilisées également pour troubler les meetings des partis adversaires, et la violence prend de l'ampleur. Les attentats se multiplient, sans que leurs auteurs véritables soient vraiment poursuivis, le pouvoir se bornant d'accuser des infiltrés du FPR. En 1992 et 1993, environ 200 personnes trouvent la mort dans les attaques menées par les Interahamwe et d'autres groupements. Les armes se répandent dans la population[20].

En mars 1992, à la suite de fausses informations diffusées par la seule radio nationale, Radio Rwanda, des massacres de Tutsi sont commis dans le Bugesera au sud-est du Rwanda. Ceux-ci sont organisés par les bourgmestres dans le cadre de l'umuganda (travail traditionnel collectif), avec l'appui des Forces armées rwandaises et des milices Interahamwe, et occasionnent 300 morts. Une résidente italienne, Antonia Locatelli, qui dénonce l'organisation des massacres à Radio France International est également assaissinée[21].

Le gouvernement de transition se met en place en avril 1992. Un changement d'orientation de Radio Rwanda est alors mis en œuvre[22]. Le titre de Chef d’état-major de l’armée est rendu incompatible avec les fonctions présidentielles. La ministre de l'Éducation nationale, Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda et membre du MDR, supprime les quotas qui réservait l'accès de l'enseignement secondaire aux Hutus, essentiellement ici de la région d'origine du Président, le remplace par un système au mérite et impose un contrôle policier de la bonne tenue des examens. Peu après, elle est agressée à son domicile par des hommes armés. Des milliers d'étudiants et de Rwandaises bravent les menaces armées des Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec Agathe Uwilingiyimana à la fin de l'été 1992[23] [24].

Les partis d'opposition remportent les élections. Le président Habyarimana perd progressivement une grande partie de ses pouvoirs (dans une situation assez comparable avec celle de la cohabitation en France), en même temps qu'il doit faire face au durcissement de ses partisans les plus extrémistes.

En avril 1992, le MDR, le PL et le PSD contraignent le Président Habyarimana à négocier avec le FPR, mais Habyarimana lança une offensive pour être en position de force. Cette offensive fut un échec et les Forces armées rwandaises durent se replier, entraînant avec elles 350 000 civils. En juillet et août 1992, un accord de cessez-le-feu est signé à Arusha. Ce fut le premier pas vers les futurs Accords d'Arusha[25]. Un premier protocole est signé le 18 août stipulant que les deux parties acceptent les principes fondamentaux de la démocratie, dont l’égalité devant la loi, le multipartisme, le Gouvernement électif, la garantie des droits fondamentaux de la personne, la fin de l’ethnisme. Le droit au retour des réfugiés est reconnu. En octobre 1992 est signé un deuxième accord prévoyant la constitution d'un gouvernement à base élargie, la répartition des portefeuilles ministériels étant définies par l'accord du 9 janvier 1993. Cependant une opposition à ces accords, de plus en plus violente et organisée se manifeste parmi les idéologues hutus, les fonctionnaires et les militaires au service du régime et les dignitaires de celui-ci[26].

Les accords d'Arusha et la nouvelle offensive du FPR[modifier | modifier le code]

La signature en janvier 1993 d'un protocole dans le cadre des accords d'Arusha prévoit la formation d'un gouvernement à base élargie, mais la répartition des portefeuilles est définie a priori et non à partir d'élections. Le FPR se voit accorder cinq postes ministériels, tous pris sur le quota du MRND, le parti présidentiel. Cette disposition suscite la colère des partisans du MRDN qui manifestent violemment pendant tout le mois de janvier. Selon le premier ministre, Dismas Nsengiyaremye, « avec la caution des autorités locales, le MRND organisa des manifestations violentes à travers tout le pays du 20 au 22 janvier 1993 et proclama son intention de paralyser toutes les activités. Les partis d’opposition ne se laissèrent pas intimider et organisèrent des contre-manifestations qui neutralisèrent les activistes du MRND et de ses satellites, dans les préfectures de Byumba, Kibungo, Kigali-ville, Kigali rural, Gitarama, Butare, Gikongoro, Cyangugu et Kibuye (sauf commune Rutsiro). Dans les préfectures de Gisenyi, Ruhengeri, Kigali rural (zone de Bumbogo et de Buliza), Byumba (commune Tumba) et Kibuye (commune Rutsiro), ces manifestations se transformèrent rapidement en émeutes et les prétendants manifestants se mirent à tuer les Tutsis et des membres des partis d’opposition. Il y eut environ 400 morts et 20 000 personnes déplacées  »[27].

Ces massacres servent de prétexte au FPR pour suspendre les négociations. Il rompt le cesser-le-feu le 8 février 1993 et lance une offensive qui fait 40 000 morts et provoque le déplacement d'un million de personnes, fuyant les tueries[28],[29]. Cette attaque contribua à isoler le FPR, les partis gouvernementaux la condamnant, et la France annonçant un renforcement de l'opération Noroît. Le 20 février 1993, le FPR proclame un cessez-le-feu unilatéral. À la suite de nouvelles négociations, le FPR accepte de reculer sur les positions qu'il occupait avant le 8 février, laissant une zone démilitarisée, à condition que la France se retire du Rwanda. Les partis gouvernementaux hors MRND acceptent mais cette concession est vue comme une trahison à la fois par le MRND mais aussi par certains représentants des autres partis. Ainsi, le MDR se divise entre les partisans des accords d'Arusha et ceux qui soutiennent le Hutu Power. Le premier ministre Dismas Nsengiyaremye tombe le 16 juin. Il est remplacé le 17 juillet par Agathe Uwilingiyimana[30],[31].

Les accords d'Arusha sont signés en août 1993, mais les deux forces principales sont le FPR et le front du refus conduit par le MRND. Les autres partis sont affaiblis par leur division.

L'armée française se retire fin 1993, conformément aux négociations d'Arusha, pour laisser l'ONU déployer au Rwanda une mission de paix, la MINUAR. Selon le lieutenant Ruzibiza, l'unité Charlie Mobile de la branche armée du FPR se livre à un massacre dans la nuit du 29 au 30 novembre 1993, dans la commune de Mutura. Pour faire croire à un massacre d'extrémistes hutus, une partie des victimes sont des tutsis[réf. nécessaire].

Un détachement de six cents soldats du FPR est autorisé par les accords d'Arusha à s'installer au CND (parlement rwandais). À la stupeur de la MINUAR qui craignait le pire lors de ce transfert, ce détachement est applaudi par la foule à son arrivée à Kigali le 28 décembre 1993[32]. Cet accueil chaleureux est sans doute un écho des manifestations de 1992 dans les rues de Kigali.

La mise en œuvre de ces accords est retardée par le président Habyarimana, dont les alliés extrémistes de la CDR n'acceptent pas les termes. La mise en place du gouvernement à base élargie, dont Faustin Twagiramungu est le premier ministre désigné, est repoussé de mois en mois.

Le génocide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Génocide des Tutsis au Rwanda.

Le 6 avril 1994, l'avion du président Habyarimana est abattu alors qu'il s'apprêtait à atterrir à Kigali. Les membres modérés du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana, ainsi que des opposants, sont assassinés par la garde présidentielle dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place, avec Jean Kambanda pour premier ministre. Le génocide, dirigé par ce gouvernement, dure jusqu'au 4 juillet 1994. Il fait 800 000 morts selon l'ONU et plus d'un million selon les autorités rwandaises.

Après le génocide[modifier | modifier le code]

Une période de « transition politique » : 1994-2003[modifier | modifier le code]

Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali, et constitue le 19 juillet un gouvernement sur la base des accords d'Arusha, première étape de la reconstruction de l'État rwandais. Une période de transition politique est décrétée.

Le président de la République est un Hutu ayant rejoint le FPR, Pasteur Bizimungu. Homme d'affaires, administrateur de banque, il a occupé le poste de président directeur général de l'entreprise publique « Électro-Gaz » jusqu'au moment de sa fuite du Rwanda en 1990. Le Premier ministre est également d'origine Hutu, ainsi que plusieurs autres ministres, dont celui de la justice. Mais « l'homme fort » du Rwanda est le général major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, cofondateur du FPR, ancien exilé Tutsi en Ouganda.

En 1995, le Premier ministre Faustin Twagiramungu démissionne. En 1998 il accuse le FPR d'avoir massacré 250 000 personnes[33].

L'un des problèmes les plus aigus après le génocide est de rendre la justice. Très vite ce sont 130 000 présumés génocidaires qui sont emprisonnés. Selon des associations humanitaires comme Amnesty International, les charges qui pèsent sur la majorité de ces détenus n'ont pas pu être vérifiées, les tribunaux étant débordés, et les droits de la défense ne peuvent être respectés dans ce contexte. Dans certains cas des avocats eux-mêmes génocidaires ont été inculpés[34]. À la fin du génocide il ne restait qu'une petite dizaine de juges et l'administration judiciaire était complètement détruite. Beaucoup de rescapés vivent dans le voisinage des tueurs de leur famille[35]. La question de la réconciliation est souvent mise en avant comme solution politique, très mal acceptée par les rescapés.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda est constitué par l'ONU fin 1994 par la résolution 955 du Conseil de sécurité[36].

Les forces génocidaires qui se sont repliées au Zaïre, anciennes FAR et milices interahamwe, se livrent à des infiltrations violentes dans le nord-ouest du Rwanda. En 1996, le Rwanda s'allie avec l'Ouganda et les rebelles de l'Est du Zaïre. Selon les opposants, le groupe d'expert de l'ONU chargé d'étudier cette question[37], des universitaires[38], l'ancien ministre congolais Honoré Ngbada Nzambo[39], Pierre Péan[40] et Stephen Smith[41], l'argument sécuritaire n'est qu'un prétexte pour contrôler l'Est du Congo, où vivent les banyamulenge, congolais rwandophones, et dont une partie a été une province rwandaise avant la fixation des frontières, en 1896.

La coalition militaire conquiert le Zaïre, quatre-vingt-dix fois plus grand que le Rwanda, et renverse en 1997 son président, Mobutu Sese Seko (voir les articles Première guerre du Congo puis Deuxième guerre du Congo).

Après la prolongation de la période de transition, plusieurs changements de premiers ministres, la démission du président de l'assemblée nationale, Pasteur Bizimungu démissionne en 2000. Paul Kagame est élu président de la République par l'assemblée nationale de transition.

En 2002, l'armée rwandaise quitte officiellement la République démocratique du Congo, (ex-Zaïre depuis 1997). Toutefois, dès le début de 2003, le troupes rwandaises envahissent de nouveau l'est de la RDC[42], et ne commencent à être évacuées que six mois plus tard, après l'envoi de casques bleus. Le 1er juin 2004, les troupes rwandaises et leur alliés rwandophones occupent la ville de Bukavu, dans le sud du Kivu, mais, dès le 8 juin, les pressions de l'ONU contraignent les troupes à se retirer[43]. Le mouvement RDC-Goma reste armé et soutenu par Kigali.

Malgré les immenses difficultés pour reconstruire le pays qui ont marqué la période de transition, la pression de la communauté internationale aidant, le pouvoir rwandais prépare une constitution et des élections au suffrage universel pour 2003. À tort ou à raison, la crainte manifestée par certains rescapés tutsi de voir le pouvoir à nouveau entre les mains de supposés proches des génocidaires est réveillée. Des intimidations de candidats et d'électeurs, afin qu'ils votent pour le pouvoir en place, sont remarquées[44].

En 2002, accusé de corruption, l'ancien président de la république, Pasteur Bizimungu, est arrêté et mis en prison. Il est accusé d'avoir constitué un parti politique d'opposition non autorisé par les accords d'Arusha (qui limitaient les partis à ceux qui les avaient signés), de malversations financières et d'avoir publié un article où il manipule les concepts « hutu/tutsi ». Il est condamné à quinze ans de prison. Des associations de défense des droits de l'homme, comme Amnesty International, voient en M. Bizimungu un « prisonnier d'opinion », incarcéré pour son opposition au président Kagame plutôt que pour les motifs officiellement invoqués[45]. Le MDR, signataire des accords d'Arusha, accusé d'abriter en son sein un courant idéologique génocidaire, est dissous par les députés. Une association des droits de l'homme est aussi menacée pour les mêmes raisons.

C'est dans ce climat de suspicion de « division » que se déroulent les élections en 2003.

Les consultations électorales de 2003[modifier | modifier le code]

La constitution adoptée par référendum26 mai 2003[modifier | modifier le code]

Inspirée des principales constitutions occidentales, la constitution rwandaise laisse néanmoins une large place aux problèmes spécifiques du Rwanda post-génocide, inscrivant notamment dans la constitution le refus de l'ethnisme hérité du colonialisme et ayant conduit au génocide. Des opposants au FPR, des courants liés à l'ancien régime génocidaire, et des observateurs occidentaux y voient une hypocrisie visant à renforcer un pouvoir politique disposant d'une faible base ethnique et voulant de ce fait forcer la marche vers l'apparence d'une nation composée de citoyens débarrassés du concept ethnique[46]. Elle crée aussi des outils juridiques pour favoriser la place des femmes dans la vie politique (art. 185 et 187). Selon Human Rights Watch, certaines dispositions de la Constitution de 2003 violent « le droit d'association, de libre expression et de représentation politique assurée par des élections libres[47] ».

L'élection présidentielle au suffrage universel25 août 2003[modifier | modifier le code]

Paul Kagame est élu président de la République avec 95 % des voix contre son principal opposant, Faustin Twagiramungu, du MDR dissous. Des membres du comité de soutien à Faustin Twagiramungu ont été arrêtés la veille du scrutin. Certains ont subi des violences avant d'être relâchés. Les observateurs de la communauté européenne ont émis des critiques, regrettant des pressions exercées sur le corps électoral, et ont constaté des fraudes, mais estiment qu'un pas important vers la démocratie a été franchi. Amnesty International[48] et Human Rights Watch ont en revanche manifesté un grand scepticisme sur la démocratisation du Rwanda.

Les élections législatives au suffrage universel – 2 octobre 2003[modifier | modifier le code]

Les députés favorables à Paul Kagame obtiennent la majorité des sièges.

49 % des députés sont des femmes, ainsi qu'une très forte proportion de sénateurs et de ministres.

Période suivant les élections de 2003[modifier | modifier le code]

Mise en place des « gacaca »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gacaca.

Pour résoudre la difficulté de juger les nombreux prisonniers, qui attendent dans les prisons rwandaises l'idée germe d'adapter les gacaca, structures de justice traditionnelle (de agacaca, « petite herbe » ou « gazon » en kinyarwanda[49]). On forme rapidement des personnes intègres pour présider ces tribunaux populaires. Pour désengorger les prisons, des prisonniers de certaines catégories sont relâchés, sans être amnistiés, avant de passer devant les gacaca. Ces décisions ravivent, dans la société rwandaise et la diaspora, les inquiétudes des rescapés qui craignent pour leur vie et le débat controversé sur la réconciliation, politiquement souhaitée, entre tueurs et rescapés.

Après plusieurs années de réflexions et de mises au point, le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions « gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide de 1994), entament la phase administrative de leur travail. Elles se rajoutent aux 750 « gacaca » pilotes mises en place depuis 2001. L'expérience des « gacaca » pilotes laisse penser qu'il y aurait au moins sept cent cinquante mille personnes, soit un quart de la population adulte, dénoncées et jugées par ces assemblées populaires.

Amnesty International estime que « cette volonté de traiter les affaires aussi rapidement que possible a accru la suspicion régnant sur l’équité du système. Certaines décisions rendues par les tribunaux gacaca faisaient douter de leur impartialité[50]. » L'association souligne également que « Le 7 septembre 2005, Jean Léonard Ruganbage, du journal indépendant Umuco, a été arrêté à la suite de l’enquête qu’il avait menée sur l’appareil judiciaire et le gacaca ». Les autorités rwandaises estiment que ces critiques sont déplacées en rappelant que l'aide qu'elles avaient demandée à la communauté internationale pour juger les génocidaires a été gaspillée dans la mise en place d'un Tribunal pénal international, qui fut sa réponse à la demande rwandaise et qui n'a achevé en 2007 qu'une trentaine de jugements[51],[52].

Participation du Rwanda à la vie internationale[modifier | modifier le code]

Plusieurs éléments montrent que le Rwanda a retrouvé après le génocide une ouverture sur la vie internationale. Le Rwanda est partie prenante des forces de l'Union africaine qui interviennent au Darfour et Donald Kaberuka, ancien ministre des finances rwandais, a été élu Président de la Banque africaine de développement.

Libération de Pasteur Bizimungu[modifier | modifier le code]

La veille de la commémoration du 7 avril 2007, l'ancien Président de la République, Pasteur Bizimungu, a été gracié par le Président Paul Kagame. Cette incarcération était vivement contestée par des ONG[53]. Pasteur Bizimungu avait en effet symbolisé une réconciliation possible entre Tutsi et Hutu après le génocide.

Abolition de la peine de mort[modifier | modifier le code]

La peine de mort a été abolie au Rwanda le 25 juillet 2007[54]. Cette abolition était exigée par le Tribunal pénal international pour le Rwanda afin que, dans le cadre de la cessation de ses activités, prévue dans ses statuts en 2008 et 2010 pour la cour d'appel, il puisse transférer des détenus et des dossiers de présumés génocidaires au Rwanda[55].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde, 4 février 1964
  2. Mission d'information sur le Rwanda, La complexité des relations interrégionales/La récurrence des massacres
  3. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, le génocide au Rwanda, Karthala (1999), p.53
  4. Gérard Prunier, Rwanda, 1959-1996, Histoire d'un génocide, Dagorno (1997)
  5. Entre 1974 et 1977, 56 personnes, pour la plupart d’anciens dirigeants de la Première République, ont été assassinés par les services de la sécurité. Le premier Président rwandais, Grégoire Kayibanda, était mort en détention en 1976, probablement de faim. cf Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Une difficile démocratisation (1990-1992)/Un régime affaibli.
  6. Mission d'information sur le Rwanda, Audition de M. Faustin Twagiramungu]
  7. Mission d'information sur le Rwanda, La complexité des relations interrégionales/Réfugiés et déplacés/Panorama de la population réfugiée/La guerre des nombres
  8. Voir notamment le discours de La Baule de François Mitterrand le 20 juin 1990
  9. Mission d'information sur le Rwanda, Les événements au Rwanda de 1990 à 1994
  10. Mission d'information sur le Rwanda, L'opération Noroît/Les interrogations/La présence française à la limite de l’engagement direct
  11. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Une difficile démocratisation (1990-1992)/La tentative de reprise en main
  12. Le gouvernement rwandais tarda à appliquer cette disposition et la suppression de la mention ethnique ne put être mise en œuvre avant le génocide de 1994. Voir Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Une difficile démocratisation (1990-1992)/L'ouverture du régime/La question des cartes d'identité
  13. Mission d'information sur le Rwanda, La complexité des relations interrégionales/Réfugiés et déplacés/Les réponses apportées au problème des réfugiés/L’implication tardive et insuffisante de la communauté internationale
  14. Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, tome 4, éd. du Seuil, « Points », 2001, p. 543-544.
  15. Bernard Lugan, François Mitterrand, l'armée française et le Rwanda, éd. du Rocher, 2005
  16. Plusieurs petits partis ne sont que des satellites du parti présidentiel, le MRND. cf Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/Des conditions politiques difficiles/La multiplication des petits partis
  17. Alison Des Forges, Aucun témoin ne doit survivre, p. 67.
  18. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Une difficile démocratisation (1990-1992)/La conquête du pouvoir par les nouveaux partis
  19. Les Interahamwe et les Impuzamugambi sont les milices qui participeront activement au génocide.
  20. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala, (1999), p.71-74
  21. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/L’inquiétante structuration de la violence politique/Les massacres du Bugesera
  22. HRW, FDIH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala (1999), p.84
  23. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala (1999), p.69
  24. Reyntjens, L'Afrique des grands lacs en crise, Rwanda et Burundi (1988-1994), Karthala (1994), p.115-116
  25. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala (1999), p.75
  26. Mission d'information sur le Rwada, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/L’action du Gouvernement Nsengiyaremye
  27. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/L’action du Gouvernement Nsengiyaremye/Le développement des violences.
  28. Rapport de James Gasana, cité dans Charles Onana, Les Secrets de la justice internationale, op. cit., p. 52-53.
  29. Mission d'information sur le Rwanda, , Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/L’action du Gouvernement Nsengiyaremye/L’offensive du FPR et ses conséquences. Selon ce rapport, le FPR ne souhaiterait pas se limiter à une participation gouvernementale mais chercherait à gagner le pouvoir par une guerre éclair, en profitant du fait que le parti présidentiel est de plus en plus discrédité sur le plan international.
  30. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/L’offensive du FPR et ses conséquences/L’affaiblissement de la coalition FDC face au FPR et aux Hutus intransigeants
  31. Mission d'information sur le Rwanda, Le contexte politique intérieur rwandais/Le gouvernement de coalition (avril 1992-juin 1993)/La chute du Gouvernement Nsengiyaremye et le Gouvernement d’Agathe UWILINGIYIMANA
  32. Roméo Dallaire, J'ai serré la main du diable, Libre expression (2003), p.180
  33. (en) « Audition de M. Faustin Twagiramungu »
  34. (en) « Amnesty »
  35. Esther Mujawayo et Souâd Belhaddad, La fleur de Stéphanie, Flammarion, 2006.
  36. (en) « Résolution 955 (1994) adoptée par le Conseil de sécurité sur la situation concernant le Rwanda (création tribunal international) »
  37. Rapport final du groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses de la République démocratique du Congo, document S/2002/1146, New York, 16 octobre 2002, p. 15.
  38. Notamment Bernard Leloup, « Le Rwanda et ses voisins », Afrique contemporaine, no 215, 2005-3, p. 82-85.
  39. Crimes organisés en Afrique centrale. Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux, éd. Duboiris, 2004
  40. Noires fureurs, blancs menteurs, éd. Mille et une nuits, 2005.
  41. Négrologie. Pourquoi l'Afrique meurt, éd. Calmann-Lévy, 2003, et Hachette, 2004, p. 19-20.
  42. L'État du monde 2004, éd. La Découverte, 2003, p. 157.
  43. L'État du monde 2005, éd. La Découverte, 2004, p. 157.
  44. Amnesty International, Rwanda. La répression s'accroît contre l'opposition, Index AI : AFR 47/004/2003 ; Rwanda. Les menaces et les actes de harcèlement se multiplient à l’approche des présidentielles, 22 août 2003, Index AI : AFR 47/010/2003.
  45. De plus en plus de prisonniers d’opinion, 7 juin 2002, Index AI : AFR 47/002/02 ; Human Rights Watch, Rwanda : jugement historique attendu pour l’ancien président et sept autres accusés.
  46. MM. Guichaoua, Reyntjens « La “transition politique” au Rwanda », dans L'Afrique des grands lacs : annuaire 2003-2004, éd. L'Harmattan, p.1 à 20, Smith « Au Rwanda, le sacre électoral de la peur dix ans après le génocide », Le Monde, 7 novembre 2003 et Péan, ainsi que par Mme Vidal « L'espoir en trompe-l'œil », Le Nouvel Observateur, no 2015, 19 juin 2003.
  47. La préparation des élections : Resserrer l'étau au nom de l'unité, document de présentation, mai 2003.
  48. (en) « Rapport 2004 »
  49. Allusion à l'habitude de ces tribunaux de se réunir sur l'herbe.
  50. (en) « Rapport 2006 »
  51. CRUVELLIER Thierry, Le Tribunal des vaincus. Un Nuremberg pour le Rwanda ?, éd. Calmann-Lévy, 2006
  52. ESSOUNGOU André-Michel, Justice à Arusha – un tribunl international politiquement encadré face au génocide rwandais, L'Harmattan 2006.
  53. HRW et Survie motamment : Voir la page Pasteur Bizimungu sur le site de Survie en Alsace
  54. Voir le site spécialisé « La peine de mort dans le monde »
  55. Le Rwanda abolit la peine de mort - L'Express du 26 juillet 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Aimable Twagilimana, Historical dictionary of Rwanda, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2007 (nouvelle édition révisée), LII-229 p. (ISBN 978-0-8108-5313-3)
  • (en) Jan Vansina, Antecedents to modern Rwanda : the Nyiginya Kingdom, University of Wisconsin Press, Madison, Wis., 2004, XIII-354 p. (ISBN 0-299-20120-1)
  • (fr) Déogratias Byanafashe (dir.), Les défis de l'historiographie rwandaise, 2 vol., tome 1, Les faits controversés, tome 2, La révolution de 1959, mythe ou réalité?, Éditions de l'Université Nationale du Rwanda, Kigali, 2004, 362 p. + 153 p.
  • (fr) Jean-Pierre Chrétien, L'Afrique des grands lacs : deux mille ans d'histoire, Flammarion, Paris, 2001, 411 p. (ISBN 2-08-080060-4)
  • (fr) Alexis Kagame, Un abrégé de l'histoire du Rwanda, Éditions universitaires du Rwanda, Butare, 1972-1975, 2 vol. (286 p. + 543 p.)
  • (fr) Ian et Jane Linden, Christianisme et pouvoirs au Rwanda : 1900-1990 (traduit et révisé de l'anglais par Paulette Géraud), Karthala, Paris, 1999, 438 p. (ISBN 2-86537-918-3)
  • (fr) Bernard Lugan, Histoire du Rwanda : de la Préhistoire à nos jours, Bartillat, Etrepilly, 1997, 606 p. (ISBN 2-84100-108-3)
  • (fr) Antoine Nyagahene, Histoire et peuplement : ethnies, clans et lignages dans le Rwanda ancien et contemporain, Université de Paris 7, 1997, 708 p. (thèse de doctorat)
  • (fr) Ryszard Kapuściński (1932-2007), Conférence sur le Rwanda, dans Ebène : Aventures africaines, 1998, 2000 pour la traduction française chez Plon, 2000, 362 p. (synthèse grand public d'un spécialiste polonais des années 1960-1990) (ISBN 978-2-266-11458-5)
  • (fr) Cornelis Marinus Overdulve, Rwanda : un peuple avec une histoire, L'Harmattan, Paris, Montréal, 1997, 271 p. (ISBN 2-7384-5292-2)
  • (fr) Fortunatus Rudakemwa, Rwanda, à la recherche de la vérité historique pour une réconciliation nationale, L'Harmattan, 2007, 189 p. (ISBN 978-2-296-02453-3)
  • (fr) Servilien M. Sebasoni, Les origines du Rwanda, L'Harmattan, Paris, Montréal, 2000, 233 p. (ISBN 2-7384-8684-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]