Gouvernement de la Défense nationale

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Gouvernement de la Défense nationale
Régime Troisième République (provisoire)
Président du Gouvernement Louis Trochu
Début 4 septembre 1870
Fin 12 janvier 1871
Durée 130 jours
Chronologie
Gouvernement
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Gouvernement Charles Cousin-Montauban
Gouvernement
suivant
Gouvernement de l'Assemblée nationale
Le Gouvernement de la défense nationale. De haut en bas et de gauche à droite :
Jules Favre, le général Trochu, Gambetta,
Emmanuel Arago, Adolphe Crémieux, Henri Rochefort, Ernest Picard, Glais-Bizoin,
Jules Simon, Garnier-Pagès, Jules Ferry, Pelletan

Le Gouvernement de la Défense nationale (aussi connu sous le nom de Gouvernement provisoire de 1870 ou encore Gouvernement provisoire de Défense nationale) est formé à Paris durant la Guerre franco-allemande, le 4 septembre 1870 après la capture de Napoléon III à la bataille de Sedan et la proclamation de la République à l'Hôtel de ville.

Actes gouvernementaux[modifier | modifier le code]

Le général Louis Jules Trochu en assume la présidence. Le gouvernement est composé de députés républicains de Paris avec entre autres Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur, Jules Favre, ministre des Affaires étrangères et Jules Ferry comme secrétaire du gouvernement. L'historien Henri Guillemin avance qu'à Paris, où le général Trochu est gouverneur militaire, le gouvernement fait peu d'efforts pour défendre efficacement la capitale[1]. Le 6 septembre 1870, le général de la Motterouge, affecté au commandement supérieur des gardes nationales de la Seine, est promu gouverneur militaire de la 15e région, à Nantes ; il est remplacé par le général d'artillerie Tamisier, qui avait été cassé de son grade sous le Second Empire.

Le gouvernement ayant choisi de rester dans Paris encerclé par les troupes prussiennes et leurs alliés, une délégation est envoyée à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres d'Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Alexandre Glais-Bizoin et l'amiral Fourichon.

Elle est rejointe le 9 octobre par Léon Gambetta investi des ministères de la guerre et de l'intérieur pour former de nouvelles armées : l'Armée du Nord, l'Armée de la Loire puis l'Armée de l'Est. Le 27 octobre, le général Trochu, qui avait qualifié de « rumeur » la reddition sans combat de l'armée de Bazaine à Metz, doit reconnaître les faits sous la pression de la foule. L'exaspération envers l'inertie des gardes nationales après la chute du Bourget et l'envoi d'Adolphe Thiers à Versailles pour négocier avec Bismarck se solde par le soulèvement du 31 octobre 1870, où Trochu ne parvient à sauver son gouvernement qu'en rassemblant les dernières brigades encore loyales, notamment avec l'aide de Jules Ferry.

Le gouvernement parvient à s'assurer de son soutien à Paris par un plébiscite, le 3 novembre 1870, et organise deux jours plus tard des élections municipales à Paris.

À la suite de ces événements, Tamisier donne sa démission le 9 novembre et reprend le poste de chef d'escadron d’artillerie au 5e secteur de Paris. En province, où la victoire du général de Paladines à la tête de l'Armée de la Loire avait ressuscité l'espoir, les mauvaises nouvelles s'accumulent tandis que l’étau se resserre autour de Paris. La « Grande sortie » visant à briser l'encerclement allemand a lieu dans la nuit du 28 novembre ; dans la bataille de Champigny qui s'ensuit, les Français perdent trois fois plus d'hommes que l'ennemi (notamment faute d'un équipement adéquat contre le froid), mais l'impact psychologique sur les assiégés est plus grand encore car le siège n'a pas été levé. Une deuxième tentative, impliquant des troupes de la Garde Nationale, échoue le 18 janvier 1871: c'est la deuxième bataille de Buzenval.

Devant l'avance des armées allemandes, la délégation se replie sur Bordeaux.

Un des éléphants du zoo de Paris vient d'être fusillé pour fournir de la viande pendant le siège de Paris

Il était désormais évident que Paris allait tomber tôt ou tard. La nourriture, déjà rare en décembre, commençait à manquer dans certains quartiers et bien que les tirs d'artillerie ennemis fussent curieusement inefficaces, leur impact sur le moral des Parisiens était dramatique. Le gouvernement limogea le général Trochu le 22 janvier (mais ce dernier ne fut pas formellement remplacé en tant que Chef du gouvernement) et choisit comme gouverneur militaire de Paris le général Vinoy. Jules Favre, qui conservait la confiance des gardes nationaux, s'imposa dans ces dernières semaines comme le véritable chef du gouvernement : il parvint notamment à réprimer par la force un début d'émeute le 23 janvier. Le 28, il offrit la reddition de la capitale et signa une convention d’armistice avec Bismarck stipulant diverses mesures humiliantes pour les vaincus, notamment le versement sous quinzaine d'une amende d'un montant de 200 millions de francs, plus de 5 milliards de francs de réparations de guerre, et l'abandon à l'ennemi de tous les forts entourant Paris. Depuis Bordeaux, Gambetta apprit le 29 janvier la capitulation par télégramme. Quoiqu'il eût voulu poursuivre la lutte en province, une délégation gouvernementale menée par Jules Simon et venue en train de Paris le 1er février finit par le convaincre de cesser le combat. Il démissionna le 6 février.

Certains Parisiens se sentirent trahis[2], comme l'indique le jeune Clemenceau, nommé en septembre maire du XVIIIe arrondissement de Paris, qui fait placarder sur les murs[Quand ?]:

« La municipalité du XVIIIe arrondissement proteste avec indignation contre un armistice que le Gouvernement ne saurait accepter sans trahison[3]. »

Les termes de l'armistice prévoyaient l'organisation de nouvelles élections nationales pour former une Assemblée qui investirait un gouvernement à la légitimité claire. Dès le 8 février, tous les électeurs résidant sur des portions non-occupées du territoire national furent appelés aux urnes. Ces élections, dominées par le poids du vote rural et bourgeois, portèrent au pouvoir une coalition conservatrice, majoritairement monarchiste, et mirent fin au Gouvernement de la Défense nationale. La nouvelle Assemblée Nationale élut le 13 février Adolphe Thiers chef du gouvernement, en remplacement du général Trochu. Le nouveau gouvernement se fit une priorité de l'évacuation de l'armée d'occupation allemande, que Bismarck conditionnait au paiement des réparations. Il vota une loi de finance très restrictive qui déchaîna des émeutes populaires dans la plupart des grandes villes. Selon certains, elle contribua, à côté de la signature de l'armistice puis des préliminaires de paix, au déclenchement le 18 mars de l'insurrection de la Commune de Paris.

Composition[modifier | modifier le code]

Le général Louis Jules Trochu, chef du gouvernement de la défense nationale

Chronologie[modifier | modifier le code]

Gouvernement de la Défense Nationale 4 septembre 1870

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Henri Guillemin, Les origines de la Commune : L’héroïque défense de Paris (1870-1871), Gallimard,‎ 1959, 430 p..
  2. (fr) La Commune de Paris-La Guerre de 1870-Il faut en finir par Henri Guillemin 1971
  3. Michel Winock, Clemenceau, éditions Perrin, 2007, chap. I, p. 16

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages
  • Jules Favre, Gouvernement de la Défense nationale [du 30 juin 1870 au 28 juillet 1871], Paris, H. Plon, 1871-1875, 3 vol. (en ligne).
Études historiques
  • Eric Bonhomme, La République improvisée. L'exercice du pouvoir sous la Défense Nationale, 4 septembre 1870-8 février 1871, éditions Eurédit, 2000.
  • Vincent Wright, Les préfets de Gambetta, Paris, PUPS, 2007.
  • Jean-Marie Mayeur, Léon Gambetta. La Patrie et la République, Paris, Fayard, 2008.
  • Jean-Marie Mayeur, La vie politique sous la Troisième République, 1870-1940, Paris, Seuil, 1984.
  • Vincent Duclert, La République imaginée, 1870-1914, Paris, Belin, 2010.
  • Henri Guillemin, Les origines de la Commune, t. I : Cette curieuse guerre de 70. Thiers - Trochu - Bazaine", Paris, Gallimard, 1956, 266 p. Réédition Utovie.