Lockheed C-130 Hercules

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Pix.gif Lockheed C-130 Hercules Su-27 silhouette.svg
Lockheed C-130 Hercules.jpg
Un C-130 de l'USAF au-dessus de l'Atlantique

Constructeur Drapeau : États-Unis Lockheed
Rôle Avion de transport
Premier vol 23 août 1954
Mise en service 1956
Date de retrait Toujours en service
Coût unitaire 62 millions de $
Nombre construits Plus de 2 250
Équipage
2 pilotes, 1 mécanicien de bord, 1 navigateur, 1 loadmaster (C-130A à H)
2 pilotes, 1 loadmaster (C-130J)
Motorisation
Moteur Allison T-56-A-15 ou Rolls-Royce AE 2100 (en)
Nombre 4
Type Turbopropulseurs
Puissance unitaire 4 300 ch
Dimensions
C-130-3-view.png
Envergure 40,41 m
Longueur 29,79 m
Hauteur 11,9 m
Surface alaire 162,12 m2
Masses
À vide 33 063 kg
Carburant 36 100 litres kg
Avec armement 70 310 kg
Maximale 79 380 kg
Performances
Vitesse de croisière 540 km/h
Vitesse maximale 592 km/h
Plafond 7 010 m
Vitesse ascensionnelle 580 m/min
Rayon d'action 7 410 km

Le Lockheed C-130 Hercules est un avion de transport militaire conçu par les États-Unis à la fin des années 1950. Il a rencontré un succès remarquable avec plus de 2 200 exemplaires construits pour une cinquantaine de pays utilisateurs, et reste en 2013 largement utilisé.

Conception[modifier | modifier le code]

En 1951, après le blocus de Berlin et le début de la guerre de Corée, les États-Unis veulent moderniser leur flotte de transporteurs constituée de C-47 Skytrain et C-119 Flying Boxcar. L'US Air Force lance donc une demande pour un avion de transport d'assaut pouvant transporter 64 parachutistes, décoller et atterrir sur des pistes rudimentaires, et fonctionner avec un moteur arrêté.

En 1952, l'USAF choisit le projet de Lockheed baptisé YC-130A et lui fait construire 2 prototypes. Le 23 août 1954, le premier vol a lieu à Burbank en Californie et dès le 9 décembre 1956, le C-130A Hercules est mis en service au sein de l'USAF.

Le 1 500e avion est livré au début de mars 1978. À cette date, Lockheed a livré 998 Hercules à l'armée américaine, 433 à des gouvernements étrangers et 69 versions civiles allongées L.100 à des compagnies civiles. Le total des heures de vol dépasse les 12 millions[1].

Au 14 janvier 2014, 202 Hercules des forces américaines retirés du service sont en dépôt au 309th Aerospace Maintenance and Regeneration Group (AMARG°[2]).

Versions[modifier | modifier le code]

Sous-versions du C-130 Hercules[modifier | modifier le code]

  • YC-130 : Deux prototypes avec des moteurs de type T56-A-1 de 3 250 ch et radar APS-42
  • C-130A : Version de série initiale (216 exemplaires) avec 4 T56A-1A ou T56-A-9 de 3 750 ch et radar APN-59 qui donne au Hercule un nez plus proéminent
    • C-130D : Amélioration du C-130A aménagé pour les liaisons vers les bases de l'Arctique, skis de 6,22 m (12 exemplaires)
  • C-130B : Seconde version de série (230 exemplaires) avec 4 T56-A-7 de 4 050 ch. 470 km franchissables en plus grâce à un réservoir supplémentaire
    • C-130E : Amélioration du C-130B avec 2 réservoirs externes et renforcement de la voilure ainsi que des freins
  • C-130H : Troisième version de série équipée de T56-A-15 de 4 910 ch
    • C-130H-30 : sous-version du C-130H rallongée de 4,57 m
    • C-130K ou Hercules C.1 et C.3 : C-130H avec d'autres moteurs, destiné à la Royal Air Force

Versions civiles commerciales[modifier | modifier le code]

Le L-100 est une version civile du C-130 proposée par Lockheed.

L'Hercules C-130 est parfois utilisé comme avion bombardier d'eau. Il est alors doté du système MAFFS (système de lutte antifeu embarqué)[3]. Cet appareil a connu deux accidents tragiques en 2000 : l'un en Californie et l'autre à Burzet en Ardèche (C 130 appartenant à la société américaine International Air Reponse, immatriculé N116TG, est loué par la société Itratech basée à Marignane réf. Groupement Antoine de Saint Exupéry Les Vieilles Tiges). En 2002, un autre C-130A américain se brise en plein vol au cours d'une mission feu[3]. La pénurie générale d'avions bombardier d'eau aux États-Unis impose régulièrement à l'armée américaine de mettre à disposition ses C-130 équipés de MAFFS[3].

Versions spécialisées[modifier | modifier le code]

Un LC-130 au décollage au Groenland
WC 130H
  • DC-130 : version pouvant emporter et guider jusqu'à 4 drones. Ces appareils peuvent aussi être reconfigurés en avions de transport ou en avions ambulance.
  • JC-130 : nom donné aux versions modifiées temporairement pour des tests.
  • KC-130 : avion ravitailleur.
  • LC-130 : version équipée de skis pour l'United States Navy, moteurs T56-A-16 de 4 910 ch.
  • LC-130R : version équipée de skis pour l'United States Navy et la National Science Foundation.
  • HC-130 : version de sauvetage utilisée, selon les versions, par les unités de sauvetage de pilotes éjectés de l'United States Air Force et par les gardes-côtes.
  • NC-130B : Prototype d'avion à décollage et atterrissage très court. Il possède 2 moteurs de plus sans hélices qui compriment de l'air pour les volets et la gouverne.
  • RC-130 : version de reconnaissance.
  • VC-130 : version de transport de personnalités importantes.
  • WC-130 : version de reconnaissance météo, surnommée Les chasseurs d'ouragans. Ces appareils traversent parfois de part en part les ouragans. Les données recueillies sont transmises automatiquement au National Hurricane Center à Miami, Floride.

AC-130 Spectre/Spooky[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lockheed AC-130.
Un AC-130 de face
AC 130H du 16th SOS

L'AC-130 Spectre est un appareil de Close air support de type gunship, destiné à fournir un appui-feu pour des unités engagées au sol. Mis au point pour la guerre du Viêt Nam, il a également servi à La Grenade, au Panama, en Somalie, en Yougoslavie, en Afghanistan et en Irak.

La particularité des avions « gunships » est de tirer avec des canons en sabords, c’est-à-dire des armes dont l'axe de tir est perpendiculaire à l'axe de vol de l'avion. Cette disposition permet :

  • de tourner autour de la cible sans la survoler et donc sans passer au-dessus de ses défenses anti-aériennes rapprochées,
  • d'utiliser en même temps plusieurs armes installées le long du fuselage,
  • de tirer de manière précise et continue puisqu'il suffit de pointer les armes puis de suivre une trajectoire circulaire régulière.

Plusieurs « gunships » sont basés sur la cellule du C-130 : les AC-130A/E/H Spectre et l'AC-130U Spooky. Seules les versions H et U sont encore en service.

L'AC-130H Spectre est armé de deux canons M61 Vulcan de 20 mm, d'un canon Bofors L60 de 40 mm et d'un canon court M102 de 105 mm, qui est le canon de plus gros calibre jamais monté sur un avion. Sur l'AC-130U Spooky, les Vulcan sont remplacés par un canon GAU-12/U Equalizer de 25 mm.

Le remplacement des canons de 40 mm Bofors ainsi que des canons rotatifs de 25 mm des C-130 U par des Bushmaster II de 30 mm a été étudié de 2007 à 2011 mais la rénovation n'a pas été retenue [4].

EC-130[modifier | modifier le code]

Un EC-130E Commando Solo au-dessus de la statue de la Liberté

Le Hercules a été dérivé en plusieurs versions de poste de commandement aéroporté, de reconnaissance électronique, de guerre électronique et de guerre psychologique. Deux versions principales sont actuellement en service dans l'United States Air Force :

  • le EC-130J Commando Solo III (qui remplace depuis 2006 les EC-130E Commando Solo II, auparavant appelés Coronet Solo, Volant Solo, Commando Solo et enfin Commando Solo II), chargé de la guerre psychologique. Il est équipé pour diffuser des émissions radio AM, FM, HF et TV et est capable de rétablir des connexions Wi-Fi coupées en survolant la zone[5].
  • le EC-130H Compass Call a pour mission de brouiller les communications adverses, qu'elles soient vocales ou des transmissions de données.

À ces appareils s'ajoutent les EC-130E Senior Hunter de détection d'émissions radio et le C-130H Scathe View de surveillance du champ de bataille.

D'autres appareils ont été retirés du service :

  • les C-130A-II, C-130B-II et C-130E-II étaient des versions de reconnaissance électronique mises au point à partir de la fin des années 1950. Un C-130A-II a été abattu par la défense aérienne soviétique en 1958, tuant ses 17 membres d'équipage. La variante C-130E-II a été notamment utilisée dans le corridor de Berlin pendant la guerre froide.
  • le EC-130E ABCCC (Airborne Battlefield Command and Control Center, « centre aéroporté de commandement et de contrôle du champ de bataille », parfois abrégé en ABC³), équipé d'un module de commandement USC-15 pour assurer le rôle de poste de commandement aéroporté.
  • le EC-130E, exemplaire unique utilisé par l'US Coast Guard pour la calibration de systèmes de navigation LORAN.
  • les EC-130G et EC-130Q TACAMO (« Take Charge and Move Out ») de l'US Navy, chargés d'assurer les communications ELF avec les sous-marins en plongée. Ces appareils ont été remplacés par des Boeing E-6 Mercury.
  • le EC-130V, exemplaire unique testé par l'US Coast Guard comme avion-radar.

MC-130[modifier | modifier le code]

Le MC-130 est un appareil destiné aux forces spéciales américaines. Il existe deux séries principales de MC-130 :

  • les MC-130E Combat Talon et MC-130H Combat Talon II, chargés d'infiltrer, ravitailler et exfiltrer les équipes de forces spéciales en profondeur du territoire ennemi, généralement en volant à basse altitude, de nuit et/ou par mauvais temps. De 1965 à 1996, les Combat Talon étaient équipés du spectaculaire système STAR (surface-to-air recovery system) de l'ingénieur Fulton, permettant de récupérer des hommes au sol sans que l'avion n'ait à se poser. Des MC-130W sont récemment entrés en service en raison des nombreux besoins actuels des forces spéciales américaines. (C'est ce système qu'on peut voir au début du film Batman: The Dark Knight.)
  • le MC-130P Combat Shadow, chargé de ravitailler les hélicoptères de forces spéciales infiltrant ou exfiltrant des équipes de forces spéciales, généralement en profondeur du territoire ennemi, en volant à basse altitude, de nuit et/ou par mauvais temps. Éventuellement, le MC-130P peut être utilisé comme un Combat Talon pour parachuter des hommes ou du matériel.

Nouvelle version C-130J Super Hercules et C-130J-30[modifier | modifier le code]

Lockheed a réalisé à la fin des années 1990 une nouvelle version, le C-130J Super Hercules, avec une sous-version allongée : C-130J-30.

Le C-130J semble n'être qu'un Hercules avec de nouveaux moteurs Rolls-Royce Allison AE2100 et des hélices courbes à 6 pales, mais il est également équipé d'un nouveau poste de pilotage réduisant le nombre de pilotes à deux, et de quelques autres améliorations.

Engagements[modifier | modifier le code]

Un C-130 larguant des parachutistes

Tous les conflits depuis les années 1960 par presque toutes les armées qui en sont équipées. Citons notamment la guerre du Viêt Nam où, entre juillet 1965 et novembre 1972, les avions américains conduisirent 709 087 sorties et subirent 34 pertes au combat[6], la guerre des Malouines, les guerres israélo-arabes, la guerre du Golfe et la guerre en Bosnie.

Parmi les utilisations les plus célèbres, quatre Hercules israéliens ont été employés dans le raid d'Entebbe en 1976.

La France a acquis quatorze C-130H entre 1987 et 1997 pour renforcer sa flotte de Transall. L'Escadron de transport 2/61 Franche-Comté de la Base aérienne 123 Orléans-Bricy, a notamment employé ses C-130H pour le transport de troupes françaises (unités de la légion étrangère et troupes parachutistes d'infanterie de marine) lors de la guerre en Bosnie, pour le trajet d'Orléans à Split, Zagreb ou Sarajevo. Orléans-Bricy était d'ailleurs l'un des aéroports où était pratiqué l'entraînement dit « atterrissage Sarajevo » consistant en une approche à haute altitude et angle de descente élevé afin d'être moins vulnérable aux tirs de snipers. Les C130H français ont également servi lors de la crise au Timor oriental et plus régulièrement en Afrique (Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo …)

Record[modifier | modifier le code]

En novembre 1963, un avion cargo C-130 Hercules mena une campagne d'essais visant à tester son utilisation depuis un porte-avions. Il effectua 21 appontages et 21 décollages sur le pont du porte-avions USS Forrestal (CVA-59). Le but était de tester l'utilisation du C-130 comme COD (anglais : Carrier Onbord Delivery, ou ravitaillement à bord par un avion). Le C-130 ne fut cependant pas retenu pour le rôle de COD, mais ces essais établirent le record d'un appontage par l'avion le plus lourd sur un porte-avions[7].

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Carte du monde des utilisateurs militaires du C-130 :
  •      Utilisateurs actuels
  •      Anciens utilisateurs
Un C-130 jordanien
Un C-130 des Gardes Côtes américains
Un C-130 de la Royal Air Force
Un C-130 Hercules de l'armée de l'air indonésienne
Lockheed C-130H de l'Armée de l'air

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo Tom Clancy's : H.A.W.X 2 (en), une mission ou l'on couvre une équipe des Ghost Recon
  • Dans le jeu vidéo Ace Combat: Assault Horizon, une mission place le joueur au poste d'artilleur d'un AC-130U Spooky pour couvrir les forces alliées au sol ;
  • Dans le jeu vidéo Metal Gear Solid 3: Snake Eater, au début, le joueur est parachuté depuis un Combat Talon.
  • Dans le jeu vidéo Call of Duty: Modern Warfare 3 Le largage du bonus « Mastodonte » en multijoueur s'effectue via un C-130 Hercules, on peut également dans cet opus - comme dans le précédent - prendre les commandes des canons d'un AC-130 en effectuant une série de 12 éliminations successive.
  • Dans le jeu vidéo Call of Duty: Modern Warfare 2, le largage d'urgence en multijoueur est effectué avec un C-130 Hercules ; on peut aussi piloter les canons d'un AC-130 en réussissant a effectuer 11 éliminations successive en multijoueur.
  • Dans le jeu vidéo Call of Duty 4: Modern Warfare, une mission nommée « La mort vient du ciel », où le joueur est à bord et doit couvrir les forces du S.A.S à bord d'un AC-130 Spectre ;
  • Dans le film Transformers, un AC-130 Spectre fait feu sur Scorponok, en appui du groupe au sol ;
  • Dans Le Retour de K2000, la base mobile est un C-130.
  • il apparait dans Syphon Filter: Dark Mirror
  • Dans Fast and Furious 5
  • Dans le DLC Battlefield 3: End Game
  • Dans le jeu vidéo Left 4 Dead, la campagne "Trou d'air" (Dead Air) se termine sur une piste d'aéroport où les survivants doivent ravitailler un C-130 avant de monter à bord de celui-ci pour échapper à la horde.
  • Dans le jeu vidéo Grand Theft Auto V, il est possible d'acheter un C-130 (Titan) sur le mode en ligne au prix de 2 millions de dollars chez Elitas Travel
  • Dans Battlefield 4 ; Un AC130 est utilisée sur TOUTES les maps du jeu en Multijoueur

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le fanatique de l'aviation no 102, mai 1978
  2. (en) « Inventory Database - Aircraft Type Summary », sur AMARC Expérience,‎ 15 janvier 2014 (consulté le 27 janvier 2014)
  3. a, b et c Frédéric Marsaly, « La mission impossible des pompiers du ciel américains », Air & Cosmos, no 2322 S,‎ 20 juillet 2012
  4. annonce officielle
  5. (en)Spencer Ackerman, « U.S. Has Secret Tools to Force Internet on Dictators », Wired,‎ 7 février 2011 (lire en ligne)
  6. Air Fan no 338, janvier 2007, Herky Bird, p. 20, René J. Francillon
  7. Appontage d'un C-130

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Martin Bowman, Lockheed C-130 Hercules, Ramsbury, Marlborough, Wiltshire, Crowood Press,‎ 1999 (ISBN 978-1-861-26205-9).
  • (en) Diehl, Alan E., PhD, Former Senior USAF Safety Scientist. Silent Knights: Blowing the Whistle on Military Accidents and Their Cover-ups. Dulles, Virginia: Brassey's Inc., 2002. ISBN 1-57488-544-8.
  • (en) David Donald (ed), The complete encyclopedia of world aircraft, New York, NY, Barnes & Noble Books,‎ 1997 (ISBN 0-760-70592-5), « Lockheed C-130 Hercules ».
  • (en) Paul Eden (éditeur), Encyclopedia of modern military aircraft, London, Amber Books Ltd,‎ 1er juin 2006, 512 p. (ISBN 978-1904687849), « Lockheed C-130 Hercules ».
  • (en) Gerard Frawley, The international directory of military aircraft 2002/03, Fishwick, ACT Osceola, WI, Aerospace Publications Motorbooks International,‎ 2002 (ISBN 1-875-67155-2).
  • (en) Olausson, Lars (en). Lockheed Hercules Production List 1954–2011. Såtenäs, Sweden: Self-published, 27e Édition March 2009. No ISBN.
  • (en) Olausson, Lars. Lockheed Hercules Production List 1954–2012. Såtenäs, Sweden: Self-published, 28e Édition, March 2010. No ISBN.
  • (en) Chris Reed, Lockheed C-130 Hercules and its variants, Atglen, PA, Schiffer Pub,‎ 1999 (ISBN 978-0-764-30722-5).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Développement lié

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]