Sikorsky H-34

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Sikorsky H-34
Image illustrative de l'article Sikorsky H-34
Un CH-34C Choctaw (no 57-1743) de l'US Army à l'atterrissage.

Rôle Hélicoptère de transport lourd
Constructeur Drapeau : États-Unis Sikorsky Aircraft Corporation
Premier vol 8 mars 1954
Mise en service 1954
Date de retrait 3 septembre 1973 (USMC)
1979 en France
toujours utilisé dans le monde civil
Nombre construit 1 800 (dont 166 en France et 356 Wessex au Royaume-Uni)
Équipage
2 + 10 soldats équipés ou 8 brancards
Motorisation
Moteur Wright R1820-84
Nombre 1
Type moteur à pistons en étoile, incliné à 45 °
Puissance unitaire 1 525 ch
Nombre de pales 4 (repliables)
Dimensions
Image illustrative de l'article Sikorsky H-34
Diamètre du rotor 17,07 m
Longueur 20,05 m
replié : 11,28 m
Hauteur 4,83 m
replié : 4,52 m
Masses
À vide 3 415 kg
Charge utile 1 816 kg
Carburant 725 kg
Maximale 5 435 kg
Performances
Vitesse de croisière 148 km/h
Vitesse maximale 235 km/h
Plafond 1 495 m
Distance franchissable 293 km

Le Sikorsky S-58 est un hélicoptère militaire américain, conçu à l'origine par la Sikorsky Aircraft Corporation pour l'United States Navy pour le service de la lutte anti-sous-marine. Entré en service sous l'appellation HSS-1 Seabat, puis HUS-1 Seahorse en version utilitaire, il a ensuite été retenu par l'United States Army, au sein de laquelle il est devenu H-34 Choctaw. Cet hélicoptère robuste et polyvalent a aussi fait l'objet de commandes civiles sous sa désignation constructeur (Sikorsky S-58) et a été construit sous licence par Sud-Aviation et Westland, qui en a également développé une version à turbine à gaz, le Westland Wessex.

Développement[modifier | modifier le code]

Le Sikorsky S-58 fut développé en tant que version allongée et plus puissante du Sikorsky S-55 (ou UH-19 Chickasaw), avec un nez similaire, mais doté d'une roulette de queue. Le moteur à pistons restait monté dans le nez, avec un arbre d'entraînement traversant le poste de pilotage et aboutissant au-dessus du compartiment à bagages.

La machine effectua son premier vol le 8 mars 1954. Le premier S-58 de production fut prêt en septembre et entra en service pour la Marine des États-Unis sous les désignations HSS-1 Seabat (dans une configuration anti-sous-marin) et HUS-1 Seahorse (dans la configuration de transport utilitaire). L'US Army et le Marine Corps, respectivement, passèrent commande en 1955 et 1957. Dans le système de désignation des aéronefs de l'armée américaine, également utilisé par l'armée de l'air des États-Unis, l'hélicoptère fut désigné H-34. L'armée américaine allait également donner le nom de « Choctaw » à l'hélicoptère. En 1962, dans le cadre du nouveau système de désignation des aéronefs unifié, adopté par le Département de la défense des États-Unis (DoD), le Seabat fut redésigné SH-34, le Seahorse UH-34, et le Choctaw CH-34.

Les différents rôles incluaient le transport utilitaire, la lutte anti-sous-marine, les missions de recherche et de sauvetage (SAR : Search And Rescue), et le transport de personnalités (VIP). Dans la version standard de transport, l'hélicoptère pouvait embarquer entre 12 et 16 soldats ou 8 personnes sur civière.

Un total de 135 H-34 fut acheté en pièces aux États-Unis et assemblé par Sud-Aviation en France. 166 machines supplémentaires furent produites sous licence par Sud-Aviation pour l'armée de l'air, la marine nationale et l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT).

Le CH-34 fut également construit et développé sous licence à partir de 1958 au Royaume-Uni par Westland Aircraft, comme l'hélicoptère à turbine Wessex, qui fut utilisé par la Royal Navy et la Royal Air Force. Le Wessex était aménagé avec les équipements propres à son utilisation dans un rôle de lutte anti-sous-marine. La RAF a utilisé le Wessex pour le sauvetage en mer et le transport de troupes. D'autres Wessex furent également exportés vers d'autres pays et aménagés pour un usage civil.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Un commando marine de l'armée française attend d'être héliporté par un Sikorsky H-34, dans le sud oranais lors des opérations du plan Challe, en avril 1961.


Après la guerre d'Indochine, l'armée française connaît une certaine opulence en moyens aéronautiques durant la guerre d'Algérie. C'est ainsi que naît la manœuvre héliportée, conçue par le chef de bataillon Marceau Crespin et le capitaine Déodat du Puymontbrun, organisée autour des détachements d'intervention héliportés. Ces derniers, armés principalement par l'ALAT, mais aussi par l'armée de l'air et l'aéronavale disposent de plusieurs types d'appareils.

Le plus connu est le Sikorsky S-58, armé d'un canon automatique MG 151/20 et de deux mitrailleuses M 2 de 12,7 mm[1], qui participera à toute la guerre d'Algérie dans la lutte contre-guérilla. Cette guérilla va se développer dans les maquis dès 1955, surtout durant les grandes opérations du plan Challe, avant d'être finalement battue sur son propre terrain. La carrière de cet hélicoptère, au cours de ce conflit, est d'autant plus chargée de difficultés que ce terrain est en majorité montagneux et que les combattants algériens de l'ALN sont de redoutables coureurs de djebels. Ils ont parfaitement assimilé les principes mêmes de leur combat : harceler, disparaître, refuser le combat inégal. Pour les dénicher, il fallut des hélicoptères, et le Sikorsky S-58 était devenu l'outil indispensable par excellence.

Unités de l'aviation navale française ayant utilisé des Sikorsky S-58[modifier | modifier le code]

Article connexe : aviation navale.
Sikorsky S-58 de l'armée des États-Unis

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le Sikorsky H-34 est resté célèbre pour ses apparitions répétées dans la série télé des années 1980 Riptide ou l'appareil était peint en rose et affublé d'une paire de lèvres en guise de Nose art.

Un très bel exemplaire, intégralement restauré, trône fièrement à côté de l'entrée principale de la BAN d'Hyères (Var)[2]. Il a eu une carrière assez longue, puisqu'il fait partie des derniers hélicoptères de ce genre à avoir volé de manière opérationnelle jusqu'à la fin des années 1970, au sein de la Flottille 31F. Portant le numéro 182, cet appareil est exposé avec les pales principales repliées, dans sa livrée bleue marine typique de l'époque[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Jean Huon, Les Armes françaises en Algérie, Chaumont, Crépin-Leblond éd.,‎ 2010, 23 cm, 56 p. (ISBN 978-2-7030-0339-7, notice BnF no FRBNF42314084)
  2. « Le Sikorsky de Palyvestre », Avions-légendaire.net,‎ 29 juillet 2012 (consulté le 22 août 2014)
  3. « Les hélicoptères anciens en France - Les Sikorsky H-34 et HSS-1 » (consulté le 22 août 2014)