AGM-88 HARM

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AGM-88 HARM
Image illustrative de l'article AGM-88 HARM
Un HARM embarqué par un F-4G
Présentation
Fonction Missile air-sol antiradar
Constructeur Raytheon Corporation
Coût à l'unité 317 000 $
Déploiement 1985
Caractéristiques
Moteur Thiokol SR113-TC-1 alimenté par carburant solide
Masse au lancement 360 kg
Longueur 4,14 m
Diamètre 0,25 m
Envergure 1,01 m
Vitesse 2 280 km/h soit Mach 2
Portée 150 km [1]
Charge 66 kg
AGM-88A: WDU-21/B à fragmentation
AGM-88C: WDU-37/B à fragmentation
Guidage Autodirecteur sur les sources d'émission radar
Détonation Détection de proximité Laser + contact
Pays utilisateurs
Allemagne, Italie, États-Unis

L'AGM-88 HARM (High-speed, Anti-Radiation Missile : « Missile anti-radar à grande vitesse ») est un missile air-sol tactique supersonique conçu aux États-Unis pour trouver et détruire les systèmes de défense anti-aérienne guidés par radar. Il ne nécessite que peu d'interventions de la part de l'équipage de l'avion lanceur.

Développement[modifier | modifier le code]

De haut en bas : AGM-88 HARM, AGM-45 Shrike et AGM-65 Maverick.

Les mauvaises performances des missiles AGM-45 Shrike et AGM-78 Standard ARM durant la guerre du Viêt Nam utilisé par les avions Wild Weasel chargé de la lutte antiradar, conduisent le Naval Weapons Center à lancer une étude en 1969, en vue de leurs remplacement par un nouveau type. Le défi numéro un est d'avoir une arme extrêmement rapide afin de laisser peu de temps aux opérateurs des stations radar pour éteindre leurs émetteurs. Il fallait également que l'arme emporte un récepteur radar large bande, une forte charge et fasse preuve d'un grande flexibilité et d'une grande fiabilité.

En 1970, le projet fut nommé ZAGM-88A. Le développement de ce projet fut ralenti par ses ambitieuses spécifications, mais en 1974, Texas Instruments fut désigné maître d'œuvre et le premier vol eut lieu l'année suivante.

Entre 1975 et 1980, de nombreux problèmes de guidage interférèrent avec le planning de développement, notamment l'incapacité du missile a différencier les émissions venant de devant et de derrière. En 1981, ces problèmes étaient réglés et les premiers exemplaires de l'AGM-88A HARM furent construits par Texas Instruments. Le premier missile fut livré à l'United States Navy en 1983 et déclaré opérationnel en 1985, deux ans plus tard dans l'US Air Force. Un an après son entrée en service dans la marine américaine, la première arme était tirée au combat pour détruire des radars libyens en avril 1986. Texas Instruments ayant vendu son département missile, Raytheon corporation a repris le développement et la construction du HARM.

Construction[modifier | modifier le code]

Le missile peut être séparé en 4 sous sections:

1. Guidage

L'avant du missile est constitué d'un détecteur d'émission radar. Celui-ci est mis à jour à l'entrepôt en fonction des menaces qu'il peut rencontrer. Le missile fonctionne selon trois modes :

  • Mode opportuniste : il est tiré sans cible désignée, et verrouille une cible rencontrée durant le vol.
  • Mode classique : il est tiré en direction d'un radar avant de l'accrocher.
  • Mode autodéfense : il est tiré sur une cible déjà verrouillée.

Lorsqu'une cible est accrochée le missile "remonte" le faisceau radar jusqu'à l'émetteur, si jamais ce dernier détecte la menace et est éteint, le missile continue sa trajectoire par guidage inertiel. Sa précision est alors moins bonne. Dans le cas d'un tir sur une cible non verrouillée, si le missile ne trouve aucun émetteur il s'autodétruit.

2. Charge militaire

La charge est située immédiatement derrière le système de guidage. Elle est constituée de 66 kg d'explosif PBXC-116 à fragmentation. La mise à feu est faite par un détecteur laser de proximité.

3. Contrôle

Le contrôle en vol est opéré par les quatre grands ailerons situés sur la partie médiane du missile.

4. Propulsion

La propulsion est assurée par un moteur fusée Thiokol SR113-TC-1 a faible émission de fumée pour augmenter la discrétion visuelle du missile en vol.

Versions[modifier | modifier le code]

La mention "block" fait référence à une version du logiciel embarqué.

  • AGM-88A block I : Version initiale ;
  • AGM-88A block II : 1986. Version améliorée du précédent, nouvel autodirecteur reprogrammable au sol en fonction des menaces ;
  • ATM-88A : Version d'entraînement dépourvue de charge militaire ;
  • CATM-88A : Version d'entraînement inerte, pas de charge militaire, pas de propulsion, utilisée uniquement pour l'entraînement en vol ;
  • DATM-88A : comme la version CATM-88A mais pour l'entraînement des personnels au sol ;
  • AGM-88B block II: 1987. identique a la version AGM-88A block II avec mise à jour du matériel informatique ;
  • AGM-88B block III : 1990. amélioration de l'autodirecteur, reprogrammable en vol. Cette mise à jour nécessitant la mise sous tension de l'arme, l'US Navy préféra conserver le block II, considérant qu'il était trop dangereux de mettre sous tension des armes à bord d'un porte-avions ;
  • AGM-88B block IIIB : Désignation de l'AGM-88D block VI en Italie et en Allemagne ;
  • ATM-88B : Version d'entraînement dépourvue de charge militaire ;
  • CATM-88B : Version d'entraînement inerte, pas de charge militaire, pas de propulsion, utilisée uniquement pour l'entraînement en vol ;
  • DATM-88B : comme la version CATM-88A mais pour l'entraînement des personnels au sol ;
  • AGM-88C-1 block IV : 1993. Nouvelle charge militaire WDU-37/B comprenant 12800 fragments de tungstène et un nouvel explosif. Nouvel autodirecteur WGU-2C/B ne comprenant qu'une antenne, et un processeur de signal beaucoup plus puissant ;
  • AGM-88C-2 block IV : version testée mais non produite de l'AGM-88C avec un autodirecteur moins cher;
  • ATM-88C : Version d'entraînement dépourvue de charge militaire ;
  • CATM-88C : Version d'entraînement inerte, pas de charge militaire, pas de propulsion, utilisée uniquement pour l'entraînement en vol ;
  • AGM-88C block V : 2000. Mise à jour des AGM-88B block III et AGM-88C block IV, permettant de se diriger non seulement sur les radar mais aussi sur les brouilleurs de signal GPS ;
  • AGM-88D block VI : 2005. Collaboration entre Raytheon corporation, BGT et Alenia pour ajouter un système de navigation par GPS. Améliore grandement la précision lorsque la cible est éteinte et évite des dégâts collatéraux par déviation. Pas en service au sein de l'US Navy ;
  • AGM-88E AARGM : 2008. Version améliorée avec un nouvel autodirecteur WGU-48/B contenant un radar millimétrique pour augmenter la précision finale. Ce radar sera capable d'identifier les matériels à leur forme, et ainsi se dévier, du radar vers le poste de contrôle afin de maximiser les dégâts. À terme, toute la cellule du missile sera modifiée afin d'être furtive et emportable en soute par les nouveaux F-22 Raptor et F-35 Lightning ;
  • CATM-88E : Version d'entraînement inerte, pas de charge militaire, pas de propulsion, utilisée uniquement pour l'entraînement en vol ;

Vecteurs[modifier | modifier le code]


Au combat[modifier | modifier le code]

Le baptême du feu a lieu en 1986, contre des radars libyens au cours de l'incident du Golfe de Syrte. Plus de 2 000 HARM ont été tirés au combat en Irak et au Koweït lors de la guerre du Golfe en 1991.

Le missile fut moins employé au cours de la guerre du Kosovo en raison d'un risque de dégâts collatéraux, les émetteurs étant placés à proximité immédiate des écoles et hôpitaux. 743 furent tirés par les F-16CJ Weasels, les EA-6B Prowlers et les Tornado ECR[2].

Lors de l'opération liberté irakienne en 2003, plus de 400 furent tirés[3].

En 2014, on estime que plus de 4 000 des 23 000 HARM construits ont été tirés en opérations[4].

Armes du même type[modifier | modifier le code]

France

Union soviétique/Russie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Raytheon (Texas Instruments) AGM-88 HARM », sur Designation Systems,‎ 1er juillet 2007 (consulté le 28 août 2014).
  2. (en) Martin Andrew, « Revisiting the Lessons of Operation Allied Force », sur Air Power Australia,‎ 14 juin 2009 (consulté le 27 août 2014).
  3. (en) Joakim Kasper Oestergaard, « AGM-88 HARM », sur Aeroweb,‎ 11 août 2014 (consulté le 27 août 2014).
  4. (en) « AGM-88E AARGM », sur Deagel,‎ 2014 (consulté le 27 août 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]