Guerre des Malouines

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Guerre des Malouines
Une carte des mouvements des flottes britanniques et argentines
Une carte des mouvements des flottes britanniques et argentines
Informations générales
Date du 2 avril 1982 au 14 juin 1982
Lieu Îles Malouines, Géorgie du Sud et zone maritime environnante
Casus belli Occupation argentine des Îles mentionnées ci-dessus
Issue Victoire britannique
Changements territoriaux Retour au status quo ante bellum
Belligérants
Drapeau de l’Argentine Argentine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des Îles Malouines Îles Malouines
Commandants
Président Leopoldo Galtieri
Vice-Amiral Juan Lombardo
Général Ernesto Crespo
Général Mario Menéndez
Margaret Thatcher, Premier ministre
Amiral Sir John Fieldhouse
Contre-Amiral Sandy Woodward
Général Jeremy Moore
Pertes
649 morts[1]
1 068 blessés
11 313 prisonniers
75 avions
25 hélicoptères
1 croiseur léger
1 sous-marin
2 navires garde-côtes
4 navires cargos
1 navire espion
258 morts[2]
777 blessés
106 prisonniers
10 avions Harrier
24 hélicoptères
2 destroyers
2 frégates
1 Barge de débarquement de chars
1 CDIC
1 porte-conteneurs
Coordonnées 51° 45′ S 59° 00′ O / -51.75, -59 ()51° 45′ Sud 59° 00′ Ouest / -51.75, -59 ()  

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La guerre des Malouines ou guerre de l'Atlantique Sud (Falklands War en anglais, Guerra de las Malvinas en espagnol) est un conflit qui a opposé l'Argentine au Royaume-Uni dans les îles Malouines, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud. Il commence le 2 avril 1982 avec le débarquement de l'armée argentine. Il se termine le 14 juin 1982 par un cessez-le-feu. Il se conclut sur une victoire britannique qui permet au Royaume-Uni d'affirmer sa souveraineté sur ces territoires.

Le conflit est causé par la volonté de la dictature argentine de faire valoir ses positions sur la souveraineté de ces archipels (placés par les Nations unies sur la liste des territoires contestés) par la force. Ce conflit s'inscrit dans la continuité des controverses qui commencent dès la découverte de ces îles qui on été occupées successivement par l'Espagne, la France puis le Royaume-Uni.

Sur le plan humain, le bilan de cette guerre est de 907 tués soit 649 militaires argentins, 255 britanniques et trois insulaires. Politiquement, la déroute argentine eut de lourdes conséquences puisqu'elle précipite la chute de la junte militaire qui gouverne alors le pays et qui est remplacée par un gouvernement démocratiquement élu. De son côté, le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher sort renforcé de cette victoire et est réélu en 1983.

Malgré trois décennies passées et les tentatives répétées de pacification du conflit, les Nations Unies considèrent toujours les archipels comme des territoires dont la souveraineté n'a pu être départagée entre l'Argentine et le Royaume-Uni.

Un archipel qui passe de main en main[modifier | modifier le code]

La souveraineté sur ces îles, qui figurent aujourd'hui sur la liste des territoires non autonomes de l'ONU, est depuis longtemps disputée. Au XVIIIe siècle, la France est la première à les revendiquer, mais elle est expulsée par l'Espagne qui les céde à la Grande-Bretagne. Toutefois, elles demeurent inoccupées jusqu'en 1820.

L'Argentine qui a obtenu son indépendance de l'Espagne en 1810 occupe les îles en 1820 avec une colonie pénitentiaire qui est rapidement abandonnée. En 1833, le Royaume-Uni y établit une colonie, mais l'Argentine maintient sa revendication territoriale.

Les données juridiques du conflit[modifier | modifier le code]

En 1946, avec le changement de statut de l'Empire colonial britannique qui devient le Commonwealth, et les colonies qui deviennent dominions Londres voit ce différend territorial comme mineur. En 1965, sous l'effet de la résolution 2065 de l'Assemblée générale des Nations unies, qui exige l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays coloniaux (1960), les négociations commencent ; dix-sept ans plus tard, très peu de choses ont changé[3]. En janvier 1976, le comité juridique interaméricain, organe consultatif de l'Organisation des États américains (OEA), déclare l'existence d'un « droit de souveraineté irréfutable » de l'Argentine sur les Malouines[3]. En août 1976, la 5e conférence du mouvement des non-alignés déclare l'Argentine « propriétaire légitime du territoire »[3].

Le différend est insolite. En effet, les deux États mettent en avant des droits issus du processus de décolonisation pour défendre leurs prétentions[3]. Ainsi, le Royaume-Uni avance l'origine britannique des 2 000 habitants (seuls une trentaine d'Argentins habitaient ces îles[3]) et invoque l'article 73 de la Charte des Nations unies et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, tandis que l'Argentine invoque le droit des peuples à la décolonisation, affirmant qu'il s'agit d'une terre spoliée par les Britanniques depuis 150 ans[3] ; l'ONU se montre plutôt favorable à la position de l'Argentine[3].

Au milieu du XXe siècle, la politique de l’Argentine est marquée de plusieurs coups d’états successifs qui ébranlent l’équilibre du pays encore fragile aujourd’hui. Dans la deuxième moitié de ce siècle la junte militaire s’arroge de plus en plus de pouvoir jusqu’à ce qu'en 1966 elle prenne officiellement le pouvoir. Il s’en suit une succession de gouvernements contrôlés par des généraux comme cela est si souvent le cas en Amérique latine dans cette période. La politique de la junte prend une dimension de plus en plus autoritaire et répressive. C’est dans ce contexte que le général Leopoldo Galtieri en 1982 ordonne à l’armée d’envahir les îles Malouines et ainsi déclarer la guerre au Royaume-Uni[4]. Ces îles sont à seulement 500 km au large de Puerto Santa Cruz. C’est la principale raison qui motive l’Argentine à les revendiquer[5].

Du côté Britannique, le parti conservateur au gouvernement dirigé par la « Dame de fer », Margaret Thatcher, refuse tout compromis. Outre le tempérament du Premier ministre, le parti souhaite sa réélection aux élections législatives qui devraient avoir lieu l'année d'après[6].

L'Argentine devient une dictature militaire en mars 1976 et fait face à des problèmes économiques graves, avec une inflation annuelle de 140 % lorsque le général Galtieri parvient au pouvoir en 1981. Malgré le soutien de Washington à la junte, son armée subit un embargo sur les armes de la part des États-Unis depuis 1978. L'URSS profite de cette contradiction pour lui apporter son appui.

La Royal Navy maintient une présence militaire dans la zone sous la forme d'une section d'une quarantaine de Royal Marines connu comme le groupe naval Naval Party 8901 et d'un aviso, HMS Endurance. Des négociations essentiellement formelles continuent entre les deux pays[3] mais les mêmes arguments sont ressassés en permanence.

Vers la guerre[modifier | modifier le code]

Les causes de la guerre[modifier | modifier le code]

Les revendications historiques des Argentins sont partagées par l'ensemble de la classe politique y compris par la gauche péroniste. La junte militaire compte ainsi régénérer sa légitimité en unissant le pays confronté à la crise. Pour cela, les militaires argentins développent le concept d'une « Argentine bicontinentale », qui comprend une partie du continent Antarctique, dotée de nombreuses ressources en matières premières. La possession des îles Malouines aurait été ainsi la première étape pour établir des « Antilles antarctiques » (îles Malouines, îles de Géorgie du Sud, les Orcades du Sud, les Sandwich du Sud, les Shetland du Sud), trait d'union maritime avec des territoires que l'Argentine aurait souhaité annexer en Antarctique. Pour les militaires au pouvoir, l'« Argentine bicontinentale » n'est pas seulement un rêve, mais une mission patriotique qui doit être accomplie un jour[7].

Jorge Isaac Anaya, commandant la marine argentine, a encouragé l'invasion.

L’enjeu des îles Falkland n’est pas anodin pour les deux pays car elles sont une ouverture vers le continent Antarctique encore inexploité. Selon le spécialiste en géopolitique sud-américaine, Carlos Alberto Pereyra Mele ni l’Argentine ni le Royaume-Uni ne peuvent se permettre de perdre les Malouines : « L’Argentine a besoin du pétrole de l’archipel puisque, selon les statistiques de 2009 de son Secrétariat de l’énergie, 86,6 % de l’énergie consommée dans le pays provient du pétrole et du gaz, tandis que les réserves argentines pour ces deux ressources seront épuisées respectivement dans neuf et sept ans. Or, entre 2003 et 2010, l’utilisation du pétrole et de ses dérivés a cru de 37,3 % tandis que celle du gaz a cru de 23 %. Pour combler le déficit, l’Argentine a multiplié par sept ses importations de combustibles qui sont passées d’une valeur annuelle de 549 millions de dollars à 4,5 milliards $.

Pour les Britanniques, l’archipel des Malouines, qui inclut les îles Sandwich du Sud et Géorgie du Sud, forme un vaste territoire maritime de 350 milles nautiques qui recèle de grandes richesses. Si on tient compte de l’Antarctique tout proche (la plus grande réserve d’eau de la planète), la dispute entre le Royaume-Uni et l’Argentine concerne plus de trois millions de kilomètres carrés de plate-forme continentale»[8]. Les îles et les eaux territoriales s’y rattachant permettraient aux deux nations de s’approprier les matières premières disponibles dans le continent Antarctique. Ce conflit pour l'instant non-armé est donc encore pertinent et d’actualité aujourd’hui[9]. Pour ce qui est du Royaume-Uni, la réplique militaire du gouvernement était certaine. Margaret Thatcher ne pouvait se permettre de perdre la face si proche d’une élection. L’inaction aurait été gage de perte de crédibilité pour le Premier ministre.

Déclenchement[modifier | modifier le code]

La junte argentine espère détourner l'attention portée par l'opinion publique sur la crise économique et les infractions des droits de l'homme qu'elle commet par une victoire militaire rapide dans les Malouines. Dans un premier temps, une pression est exercée sur l'Organisation des Nations unies (ONU) avec une menace subtile d'invasion : les Britanniques n'y font pas attention et continuent à négocier[10] (les positions britanniques sont quelque peu dispersées et incohérentes car elles tiennent compte d'intérêts spéciaux et d'administrations diverses). La dernière unité de la Royal Navy présente sur place est prévue pour être retirée en 1981 dans le cadre d'une diminution générale de la flotte. En outre, la loi sur la nationalité britannique de 1981 retire la nationalité complète aux résidents des Îles Malouines. Ces éléments conduisent les observateurs extérieurs à des erreurs d'appréciation. Les Argentins n'hésitent pas à interpréter les atermoiements de la politique britannique comme un désengagement. Margaret Thatcher en avait été prévenue[11].

Le plan d'invasion est conçu par l'amiral Jorge Anaya, le chef notoirement anti-britannique de la marine argentine. Après l'échec des négociations en janvier 1982, les plans sont finalisés et l'invasion est prévue pour le mois d'avril. Le 25 mars, le navire de patrouille pour l'Antarctique de la Royal Navy HMS Endurance reçoit l'ordre d'expulser des ferrailleurs civils argentins venus démonter une installation de chasse à la baleine sur l'île de Géorgie du Sud accusés par Londres d'être des militaires argentins[3]. Il en est toutefois empêché par trois vaisseaux de guerre argentins et n'insiste pas. Buenos Aires qualifie par la suite cet acte d'agression[3]. Le 30 mars, malgré la preuve supplémentaire[réf. nécessaire] que la marine argentine embarque des troupes à Puerto Belgrano, le comité interarmées de renseignement du Royaume-Uni pour l'Amérique latine déclare que l'« invasion n'était pas imminente. »

Relations diplomatiques[modifier | modifier le code]

Lorsque les relations diplomatiques bilatérales se rompent, les diplomates péruviens à Londres représentent les intérêts diplomatiques argentins auprès du gouvernement britannique. Les diplomates suisses représentaient la couronne britannique auprès des autorités argentines.

Guerre[modifier | modifier le code]

Le 26 mars, le général Leopoldo Galtieri décide d'envahir l'île de Géorgie du Sud, située à quelques centaines de kilomètres (480 km) des îles Malouines mais dépendantes, politiquement, de celles-ci. Baptisée « Operación Georgias (en) », l'opération est dirigée par l’amiral Anaya et Alfredo Astiz[10].

Défense britannique[modifier | modifier le code]

Le gouverneur des îles Malouines Rex Hunt est informé par le gouvernement britannique d'une invasion argentine possible le 31 mars. Il prépare la défense avec les majors Mike Norman et Gary Noot, à la tête de 67 Royal Marines. La garnison (Naval Party 8901), est normalement composée de 40 hommes. Cependant, elle se trouve à cet instant renforcée par des troupes supplémentaires qui assurent la relève. L'effectif à terre est réduit à 55 quand 12 Royal Marines embarquent à bord du patrouilleur HMS Endurance pour observer des soldats d'infanterie de Marine Argentine qui occupent la Géorgie du Sud depuis le 3 avril. L'HMS Endurance, armé de deux canons de 20mm, embarque deux hélicoptères légers Westland Wasp. Il est le seul bâtiment de la Royal Navy présent dans les environs[12].

Vingt-trois volontaires des Force de défense des Îles Malouines (Falkland Islands Defence Force) se joignent à la garnison et sont déployés pour observer les points stratégiques. La caserne de Moody Brook est abandonnée. Le Major Norman suppose que le principal débarquement se fera à proximité de l'aérodrome et sera suivi par une progression vers Port Stanley. Il divise son effectif en quatre groupes, chacun retranchées le long de la route aérodrome-Stanley, en mesure de se désengager et de se replier sur le PC situé à la résidence du Gouverneur à Stanley. Une section est placée à l'est de Sapper Hill entre Stanley et Lake Point. Des postes d'observation sont établis au nord de l'aérodrome et à l'ouest de Sapper Hill entre Mullet Creek et Stanley. Tôt le vendredi 2 avril, les hommes prennent position. Le petit navire marchand côtier Forrest de la Falkland Islands Company sort de Port William pour une surveillance radar.

Operation Rosario[modifier | modifier le code]

Opération Rosario

La force navale d'invasion argentine est dénommée Task Force 40. Elle est composée de 2 frégates de la classe Sheffield (Type 42) ARA Santísima Trinidad (D-2) et ARA Hércules (B-52), de 2 frégates de la classe Drummond ARA Drummond (P-31) et ARA Granville (P-33), du sous-marin de la classe Balao (1942–1946) ARA Santa Fe (S-21), du navire de débarquement de chars ARA Cabo San Antonio (Q-42), du brise-glace ARA Almirante Irízar (Q-5) et du cargo ARA Isla de los Estados. La force d'invasion composée des compagnies D et E du 2e Bataillon d'Infanterie de Marine comprend 904 hommes[12]. Parmi les 91 membres des forces spéciales de la marine argentine qui prennent part à l'opération, 76 sont du groupe commando amphibie (Agrupación de Comandos Anfibios) et 8 du groupe de nageur de combat (Agrupación de Buzos Tácticos).

Le Sea Harrier

L'Operation Rosario[13] débute au soir du 1er avril, lorsque la frégate argentin ARA Santísima Trinidad de la Task Force 40 s'arrête à 500 mètres de Mullet Creek au sud de Stanley et débarque une unité de forces spéciales de la marine argentine (Agrupación de Buzos Tácticos) pour l'occuper. Tôt le matin du 2 avril, un autre petit groupe de forces spéciales est débarqué du sous-marin ARA Santa Fe pour reconnaître York Bay, la principale plage de débarquement au nord-ouest de l'aérodrome et au nord-est de Stanley.

À h 30, les derniers des 92 commandos des forces spéciales de la marine qui prennent part à l'opération sont héliportés par des SH-3D Sea King[14], à Mullet Creek depuis le brise-glace ARA Almirante Irízar. À h 45, le gros des forces débarquées à Mullet Creek a atteint la caserne de Moody Brook et se mettent en garde en vue de donner l'assaut. Le reste des commandos est en position pour attaquer la résidence du gouverneur (Government House). Durant leurs approches, les frégates de la Task Force 40 prennent positions pour appuyer les troupes à terre de leurs feux et le navire de débarquement de chars se dirige vers une plage non défendue de York Bay. Les assauts sont déclenchés juste après h 0. Les Argentins lancent un puissant assaut contre la caserne de Moody Brook en utilisant des armes lourdes et des grenades au phosphore. Il s'en emparent et font leurs premiers prisonniers britanniques.

À h 30, le navire de débarquement de chars ARA Cabo San Antonio commence le débarquement à York Bay de 20 engins d'assaut amphibie Gémini des compagnies D et E du 2e Bataillon d'Infanterie de Marine. À h 45, des troupes se posent à l'aérodrome, héliportées depuis le ARA Almirante Irízar.

Le 3 avril, Rex Hunt et le major Norman décident de capituler, suivis le lendemain par la section du caporal York.

Après la reddition, les Royal Marines et les volontaires sont rassemblés sur les terrains de sport. Ils sont photographiés, ce qui révolte l'opinion publique britannique. Les Royal Marines sont emmenés en Argentine à Comodoro Rivadavia en C-130 Hercules, puis en avion de ligne en Uruguay pour être rapatriés au Royaume-Uni.

Les Argentins envahissent dans le même temps la Géorgie du Sud. Ils envoient un navire de transport escorté d'une seule frégate de la classe Drummond. Ne croyant avoir affaire qu'à des scientifiques du BAS, ils tombèrent sur un détachement de Royal Marines qui, avec leur lance-roquettes, obligent la frégate à se mettre à l'abri. Ils abattent également un hélicoptère Puma. Peu de temps après, croulant sous le nombre, ils se rendent aux troupes argentines. À Buenos Aires, de grandes foules envahissent la Plaza de Mayo des drapeaux en entendant les nouvelles. À Londres, le gouvernement est stupéfait.

Réaction britannique et tentatives de négociations[modifier | modifier le code]

Le HMS Invincible (R05) le 7 juillet 1982 dans la zone d'exclusion totale.

Margaret Thatcher, alors Premier ministre du Royaume-Uni, annonce son intention de riposter. Elle explique dans ses mémoires son obligation de riposter au nom du droit international, au nom de la légitime défense de l'article 51 de la charte des Nations-Unies et au nom du droit des habitants des Iles de rester britanniques, ignoré par les dictateurs argentins[15].

Un Harrier GR-3 de la RAF aux Malouines en 1984. Ces avions embarqué sur les porte-aéronefs ont effectué des missions de bombardement et d'appui au sol.

En peu de temps, Londres exerce une pression diplomatique sur l'Argentine, tout en constituant une armada autour des porte-avions HMS Invincible et HMS Hermes. L'opinion britannique soutient l'intervention de Margaret Thatcher malgré son impopularité à l'époque. La communauté internationale se montre plus divisée car, pour certains États, il s'agit d'un conflit entre un pouvoir colonial et un État régional. Toutefois, en raison de sa nature dictatoriale, le régime argentin peine à obtenir du soutien. Une majorité d'États aux Nations Unies prennent parti en faveur du Royaume-Uni en raison de la crainte de voir une remise en cause des frontières.

Le 3 avril, alors que la Géorgie du Sud-et-les Îles Sandwich du Sud sont occupées par les Argentins, les premiers avions de transport britanniques arrivent à l’île de l'Ascension. Le gouvernement américain est très divisé sur la conduite à adopter. Les États-Unis sont liés militairement aux deux pays. Le traité de l'Atlantique Nord n'impose pas aux Américains d'aider les Britanniques dans l'Atlantique sud. Le pacte de Rio ne leur impose pas non plus de soutenir les Argentins, qui sont en position d'agresseurs. Certains membres de l'administration préfèrent soutenir le Royaume-Uni en raison de leur rapport privilégié et de la solidarité dans l'Otan, d'autres préférèrent soutenir l'Argentine pour poursuivre l'effort anticommuniste en Amérique latine. Le représentant des États-Unis à l'ONU, Jeane Kirkpatrick, soutient cette dernière approche.

Le Conseil de sécurité adopte le 3 avril 1982 la résolution 502 qui déplore une « rupture de la paix » (et non un « acte d'agression »[3]) et réclame le retrait immédiat des forces argentines des îles Malouines[10]. Les États-Unis, la France, l'Irlande, le Japon, le Guyana, le Togo, la Jordanie, l'Ouganda, le Zaïre et le Royaume-Uni votent pour. Le Panama vote contre; l'URSS et la Chine, l'Espagne et la Pologne s'abstiennent[16],[10]. Les pays appartenant au pays non-alignés n'ont pas soutenu l'Argentine[16]. Par ailleurs, la Résolution 507 , présentée le 26 mai par les non-alignés au sein du Conseil (Guyana, Irlande, Jordanie, Togo, Zaïre et Ouganda) et adoptée à l'unanimité, ne prenait pas parti et chargeait le secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuéllar, d'inciter les belligérants à se mettre d'accord, sous sept jours, pour élaborer un cessez-le-feu[3].

Le 5 avril, le gros de la force d'intervention britannique (porte-avions et transporteurs de troupe), rassemblée et préparée en moins de 5 jours, quitte Portsmouth pour l'Atlantique sud. Le lendemain, le secrétaire d'État de Reagan, Alexander Haig, convoque Costa Méndez, le diplomate en chef de la junte, à Washington pour essayer de trouver une issue diplomatique au conflit[10], et commence à faire la navette diplomatique pour concilier les deux pays, tous deux alliés des États-Unis. Pour éviter de causer des victimes civiles [réf. nécessaire], une zone d'exclusion militaire de 320 km fut établie le 7 avril autour des îles, à l'intérieur de laquelle tout navire argentin serait considéré comme ennemi[3]. Rejetant l'argument de « légitime défense », l'URSS déclara ceci illégal, considérant apparemment que cela limitait démesurément la liberté de navigation[3]. De son côté, Buenos Aires qualifia le blocus d'« acte d'agression » qui tombait sous le coup de la résolution 3314[3].

Le 8, les destroyers Broadsword et Yarmouth quittent Gibraltar, suivis le lendemain du Canberra qui quitte Southampton avec 2 000 hommes. Le 10, le premier groupe de destroyers (Antrim) arriva à l’île d'Ascension, tandis que Margaret Thatcher donnait une fin de non-recevoir aux efforts d'Al Haig, réclamant l'application stricte de la Résolution 502[10] et refusant le projet américain de triple administration provisoire de l'île (américaine, argentine, britannique)[10][Pourquoi ?] en attendant de résoudre le conflit ; le même jour, la Communauté européenne (CEE) votait des sanctions contre l'Argentine. Washington continue malgré tout à tenter de concilier ses deux alliés[10].

Les Argentins rejetèrent le projet américain de triple administration provisoire de l'île (américaine, argentine, britannique). Fin avril, le président Ronald Reagan, attribuant l'échec des négociations aux Argentins, se déclara en faveur des Britanniques et ordonna des sanctions économiques contre l'Argentine.[réf. souhaitée]

Le 19 avril, Costa Méndez demande à l'Organisation des États américains (OEA) l'application du TIAR (Traité interaméricain d'assistance réciproque)[10]. Mi-avril, l'escadre navale britannique, soutenue par des bombardiers Vulcan et des ravitailleurs Victor, atteint l'île d'Ascension, escale obligatoire considérée comme point de non-retour dans l'engagement armé[10]. Alors qu'Alfredo Astiz, qui avait pris la Géorgie du Sud (cf. infra) avait déjà été fait prisonnier et la guerre engagée, le conseil consultatif de l'OEA vote le 28 une résolution qui, bien que décevant du point de vue de la junte, donne toutefois raison aux revendications territoriales de l'Argentine, exige une trêve immédiate[10] et blâme principalement le Royaume-Uni[3], tout en prenant acte de la Résolution 502 du Conseil de sécurité[3]. Costa Méndez déclare alors que « les Malouines seront le Viêt Nam de la Grande-Bretagne »[10]. Haig laissa alors le Sénat voter une résolution contre l'Argentine (79 voix contre 1[3]), suivi de l'Assemblée des Représentants[3], et peu de temps après, Washington annonçait des sanctions économiques contre l'Argentine[10].

Le 29 mai 1982, l'OEA vote une résolution encore plus sévère à l'égard de Londres, déclarant que les « attaques armées, graves et réitérées » du Royaume-Uni contre l'Argentine portent « atteinte à la paix et la sécurité interaméricaines »[3]. Cette nouvelle résolution ne fait plus référence à la résolution 502, et légitime les prétentions argentines[3]. Par ailleurs, elle demande aussi à Washington de cesser d'aider Londres[3].

Cependant, la Maison Blanche n'abandonne pas ses efforts. Ainsi, Jeane Kirkpatrick, représentante des États-Unis devant l'ONU, charge le président péruvien Fernando Belaúnde Terry de trouver une issue diplomatique[10]. Son plan reçoit le soutien de Costa Méndez, qui doit toutefois convaincre la junte, formée de trois généraux (Galtieri, Lami et Isaac Anaya)[10]; de son côté, Thatcher ne rejette pas ouvertement non plus le plan[10]. La position de l'ambassadrice à l'ONU pour les États-Unis, Jeane Kirkpatrick, favorable aux intérêts argentins, irritait les Britanniques. Dans des documents déclassés en 2012, l'ambassadeur britannique aux États-Unis expliquait cette attitude par l'incompétence plutôt que la complaisance pour le régime argentin "fasciste"[17].

Mais le 2 mai 1982, alors que Belaúnde presse Buenos Aires de lui répondre, le sous-marin britannique "The Conqueror" coule le croiseur General Belgrano, qui naviguait hors des eaux interdites aux Argentins[10], envoyant plus de 300 hommes par le fond et faisant capoter le processus diplomatique encore en cours[10].

Enfin, avant l'assaut final contre Port Stanley, le président Reagan demande à son homologue britannique de bien vouloir renoncer à l'opération et permettre une issue qui sauverait la face des Argentins, à savoir un cessez-le feu et une supervision internationale, ce que Thatcher refusa à trois reprises. Cette information connue en 2012 permet de considérer que la Guerre des Malouines fut parmi les rares points de friction dans les relations entre le Royaume-Uni et les États-Unis, avec l'intervention dans l'île de Grenade et dans une autre catégorie le désaccord économique sur la gestion des déficits[17].

Aides d'autres pays[modifier | modifier le code]

L'Union soviétique aurait proposé, selon l'astronome et journaliste Pierre Kohler, la fourniture de renseignements à l'Argentine et lancé du 31 mars au 15 mai un total de 18 satellites militaires (neuf de navigation, cinq satellites d'espionnage photographique, deux satellites de surveillance océanique, deux satellites d'écoute électronique, un satellite de télécommunication et un satellite d'alerte [réf. à confirmer][18]), tandis que la Libye offrit des armes en échange de renseignement sur la recherche nucléaire[19].

Le journaliste argentin Hernan Dobry affirme qu'Israël a fourni des armes aux Argentins en passant par le Pérou. Selon son ouvrage M. Begin, premier ministre israélien de l'époque nourrissait une profonde haine contre les Anglais depuis la pendaison d'un ami lors de l'occupation britannique de la Palestine. Israel Lotersztain, un employé de la compagnie de défense israélienne Isrex, aurait entendu Begin dire : « est-ce que ça va servir à tuer les Anglais ? Allez-y alors. » « Begin haïssait les Anglais par-dessus tout. Tout le monde avait oublié l'occupation britannique, mais pas lui », ajoute Israel Lotersztain[20].

Le Pérou a non seulement soutenu l'Argentine diplomatiquement mais aussi militairement, avec des opérations de renseignement et la vente, malgré l'embargo, de 10 Mirage M5-P pour 5 millions de dollars chacun (alors qu'ils étaient estimés à 20 millions de dollars chacun). Le Pérou fut un des pays d'Amérique latine à avoir soutenu ouvertement l'Argentine lors de ce conflit[21];

La contribution américaine à la Grande-Bretagne fut la fourniture de la plus récente version L des missiles AIM-9 Sidewinder et de renseignements collectés par les satellites espions ainsi que la mise à disposition de satellites de communications militaires[22]. En remerciement, Weinberger et Reagan furent faits chevaliers d'honneur de l'Empire britannique par la reine Élisabeth II.[réf. nécessaire]

Le Chili, que l'Argentine avait cherché à envahir lors du conflit du Beagle en 1978, a soutenu le Royaume-Uni pour des opérations de renseignement.

La France participa de manière importante à la préparation britannique[23]. Le président français François Mitterrand demanda aux services de renseignement de transmettre aux Britanniques des informations concernant les avions Mirage et les missiles Exocet vendus auparavant par Paris à Buenos Aires[24], la France ayant une mission de coopération militaire en Argentine depuis 1959. La marine nationale servit également pour l'entraînement des pilotes argentins sur Super-Étendard. Des exercices eurent lieu au large de la Bretagne entre les deux armées et des informations confidentielles furent transmises par le directeur général de la sécurité extérieure Pierre Marion sur la position et les caractéristiques des Super-Etendard et Exocet vendus à l'Argentine ainsi que des contre-mesures aux missiles. De plus, les avions britanniques purent faire escale à Dakar grâce aux Français[25].

L'étendue de l'aide française était telle que John Nott, secrétaire à la défense (ministre) de l'époque avait qualifié dans ses mémoires la France de "meilleur allié" lors de la guerre des Malouines. Toutefois le soutien français au Royaume-Uni déplaisait à un certain nombre de diplomates et lors de la guerre, et en dépit de l'embargo, une équipe technique de Dassault se serait trouvée en Argentine où elle réparait des lanceurs de missile[26].

Préparation de la réplique britannique[modifier | modifier le code]

En raison de 12 800 km entre les Malouines et le Royaume-Uni, les Britanniques devaient utiliser une force aéronavale autonome commandée par le contre-amiral Sandy Woodward (le prince Andrew d'York servit alors comme pilote d'hélicoptère sur l'Invincible). Une seconde composante était la force d'assaut amphibie sous les ordres du commodore M. C. Clapp embarquée, entre autres, dans le bateau de croisière réquisitionné Canberra. Les troupes terrestres débarquées étaient sous le commandement du brigadier général Julian Thompson (Commandant de la 3e Brigade Commando). Elles comprenaient principalement trois bataillons des Royal Marines (Commandos) et deux bataillons Para. L'ensemble des forces soit 28 000 militaires était sous la coordination de l'amiral John Fieldhouse.

Cette opération reçut le nom de code Corporate. La presse la baptisa « l'Empire contre-attaque »[27].

Logistique britannique[modifier | modifier le code]

Le soutien logistique intégré pour une telle expédition fut important et mobilisa l'immense majorité des capacités des forces britanniques en ce domaine. Dès le 1er avril, un pont aérien est mis en place depuis des bases aériennes du sud de l'Angleterre à destination de Gibraltar et l'Ascension, pour ravitailler la flotte (RNAS Culdrose (HMS Seahawk) à Helston, RNAS Portland (HMS Osprey) à l'île de Portland, RNAS Yeovilton (HMS Heron) de Yeovil, RAF Lyneham de Lyneham, RAF Brize Norton). Des Vickers VC-10 et Lockheed C-130 Hercules font jusqu'au 11 juillet des vols vers l'Ascension. Ils utilisent comme escale l'aéroport de Gibraltar, l'aéroport international de Dakar au Sénégal et l'Aéroport international de Banjul en Gambie.

À partir du 2 avril, du ravitaillement arrive par route de l'ensemble des dépôts de Grande-Bretagne sur les bases aériennes, bases navales et ports de commerce d’où partira l'expédition. 70 navires de support dont 25 pétroliers accompagnent les navires de guerre et les transports de troupes. Ces derniers partent de HMNB Devonport à Plymouth (Angleterre) et de HMNB Portsmouth à Portsmouth. Les troupes ont pu bénéficier d'une escale à Freetown au Sierra Leone avant que l'ensemble des navires ne se regroupe sur l'île de l'Ascension à 7 830 km de leurs bases de départ et à 6 950 km des Malouines.

Les hélicoptères de transport embarqués sur les navires effectuent 2 000 navettes durant la campagne. Une fois débarqués, les un peu moins de 10 000 hommes du corps expéditionnaires ont pu bénéficier de 40 largages effectués par des Hercules. Mais la perte de l'Atlantic Conveyor (6 hélicoptères) fut un coup dur pour eux[28].

Géorgie du Sud[modifier | modifier le code]

Le 21 avril, le groupe de l'Antrim commence ses reconnaissances autour de la Géorgie du sud. Le 25, les forces britanniques des SAS débarquent en Géorgie du Sud dans le cadre de l'opération Paraquat. Malgré une météo difficile, l'île est reprise, le commandant Alfredo Astiz signa la reddition sans conditions de ses forces sans avoir tiré un seul coup de feu[10] et fut fait prisonnier de guerre. Recherché pour la disparition forcée de deux religieuses françaises, Léonie Duquet et Alice Domon, ainsi que d'une Argentino-Suédoise, Dagmar Hagelin (en), Astiz fit l'objet de demandes d'extradition de la part de Paris et Stockholm, mais Londres s'y refusa, invoquant les Conventions de Genève[10]. Le sous-marin argentin Santa Fe, attaqué par un hélicoptère, fut abandonné par son équipage.

1er mai : raids Black Buck[modifier | modifier le code]

Un bombardier Avro Vulcan en approche de l'île de l'Ascension le 18 mai 1982.

Le 1er mai, les opérations contre les Malouines s'ouvrent avec les attaques de nuit par des Avro Vulcan de la Royal Air Force, basés sur l'île de l'Ascension, lors de l'opération Black Buck 1 contre l'aéroport de Port Stanley. Ces avions à rayon d'action moyen devaient être ravitaillés plusieurs fois et les ravitailleurs Victor devaient être eux-mêmes ravitaillés en vol, ce qui obligea à un effort logistique important (11 Victor). Une seule bombe toucha l'objectif mais les Argentins, se rendant compte de leur vulnérabilité, décidèrent de maintenir leurs avions à réaction sur le continent. On considère que cette mission fut un échec tactique mais une réussite stratégique.

Deux Sea Harrier du 800 Naval Air Squadron, affecté au HMS Illustrious (R06), en 1984.

Quelques minutes après Black Buck, neuf Sea Harrier du Hermes poursuivirent le raid en lâchant des chapelets de bombes sur Port Stanley et les terrains d'aviation à Goose Green. Les deux missions détruisirent des avions au sol et firent quelques dégâts sur les infrastructures des aéroports. La Fuerza Aerea Argentina lança une attaque avec le Grupo 6, dès le début des opérations de débarquement. Quatre de ces appareils furent détruits par les Sea Harriers tandis que les combats s'engagèrent entre d'autres Harriers et les chasseurs Mirage III du Grupo 8. Chaque côté refusant de se battre à la meilleure altitude de l'autre, les Mirages furent contraints de descendre. L'un des Mirages fut abattu et un autre, endommagé, se dirigea vers Port Stanley où les défenseurs argentins, victimes de la confusion, l'abattirent.

Des forces spéciales britanniques SAS et SBS sont débarquées sur les Malouines pour des missions d'observation.

2 mai : Torpillage du Belgrano[modifier | modifier le code]

Le Belgrano à Ushuaïa quelques jours avant son torpillage.

Le 2 mai, le croiseur datant de la Seconde Guerre mondiale ARA General Belgrano fut coulé par le sous-marin nucléaire d'attaque HMS Conqueror hors de la zone d'exclusion alors que celui-ci recherchait le groupe aéronaval du Veinticinco de Mayo. 323 Argentins périrent. Le journal britannique The Sun titra « GOTCHA! » (« On vous a eu ! »). Cette perte durcit l'attitude de la junte, qui rompit les négociations, et fut utilisée au Royaume-Uni par les antimilitaristes[29].

Lorsque le croiseur argentin quitta le 28 avril son port d'attache avec la Task Force 79, c’était pour faire face à la marine britannique qui arrivait sur zone à vive allure. Le 2 mai, les Grumman S-2E Tracker prirent contact avec l’avant garde Britannique, et les A4Q furent armés de bombes de 227 kg et parqués en attente d’un assaut. Ils tentèrent d’attaquer la flotte britannique le 2 mai 1982, mais le mauvais temps, l’absence de vent gênant les opérations aériennes, la perte du contact avec les navires britanniques puis la perte du croiseur Général-Belgrano mirent fin à ces tentatives[30],[31].

Si selon le droit de la guerre, un navire belligérant peut être coulé aussi bien dans les eaux internationales que dans celles des pays en guerre[réf. souhaitée], le Belgrano s'éloignait de la zone d'exclusion et n'aurait, selon certains, plus constitué une menace lorsqu'il a été attaqué. Margaret Thatcher a toujours affirmé que le navire représentait une menace contre les forces britanniques, ce qui fut confirmé par des documents britanniques déclassifiés en 2003 selon lesquels le croiseur Belgrano avait reçu la veille l'ordre d'attaquer les forces britanniques, ordre intercepté par le GCHQ[29]. Par ailleurs, le Royaume-Uni avait prévenu le 23 avril l'Argentine de sa faculté à attaquer les navires ennemis hors de cette zone[32].

En 1994, le gouvernement de Carlos Menem admettait qu'il s'agissait d'un acte de guerre légitime[29]. Le capitaine argentin du Belgrano admit en 2003 que l'éloignement de la zone de sûreté n'était qu'une manœuvre dilatoire[29].

En dépit des controverses, ce torpillage eut une importance stratégique : toute la flotte argentine, y compris les deux destroyers de support du Belgrano, se réfugia dans les ports, obéissant aux ordres de l'amiral Anaya, le plus belliciste des trois généraux[10], et autour du porte-avions Veinticinco de Mayo, ce qui soustrayait une menace pour l'escadre britannique. Les forces aériennes argentines entrèrent alors en scène[10].

Le 3, deux hélicoptères Lynx du HMS Coventry et HMS Glasgow coulèrent deux patrouilleurs argentins.

4 mai : Exocet[modifier | modifier le code]

Deux jours après le naufrage du Belgrano, le 4 mai, les Britanniques perdirent le destroyer du type 42 HMS Sheffield, en mission de couverture radar, après le tir d'un missile Exocet[10] (cette information et cette date furent contestées par les Argentins [réf. nécessaire]). Lorsque les navires furent détectés par une patrouille de P-2 Neptunes argentins, deux Super-Étendards, armés d'un Exocet chacun, furent envoyés. Ravitaillés par un C-130 peu après le décollage, ils s'approchèrent à basse altitude et lâchèrent les missiles à une distance de 30 et 50 km. D'après les Britanniques, l'un rata le HMS Yarmouth, mais l'autre toucha le Sheffield, entraînant la mort de 22 marins. Il coula le 10 mai, lors de son remorquage pour la Géorgie du Sud. Cependant, d'après le pilote de chasse Jean-Pierre Otelli, après l'attaque, aucun avion ne décolla de l'HMS Hermes, et quelques heures après, il fut évacué de la zone des combats à vitesse réduite, puis le lendemain, ses avions furent transférés sur le HMS Invincible.[réf. incomplète][33]

Pendant qu'il combattait l'incendie, le Yarmouth subit l'attaque d'un sous-marin de la classe Guppy qui lui lança neuf torpilles. Aucune des torpilles Telefunken n'explosa, ce qui déclencha un litige avec l'Allemagne à la fin de la guerre[réf. nécessaire]. Néanmoins, les destroyers furent retirés de la zone de combat, diminuant la protection de l'escadre principale.

Les conditions météorologiques se dégradaient avec l'arrivée de la mauvaise saison, et le 7 mai Londres déclara que tout navire ou aéronef militaire argentin à plus de 12 nautiques des côtes argentines serait attaqué[3].

Le 9 mai, le chalutier espion argentin Narwal est coulé. Les positions autour de Stanley sont bombardées par la marine et les Harrier.
Le 11, le bâtiment de ravitaillement argentin Isla de Los Estados est coulé par le HMS Alacrity.
Le 12, le Queen Elizabeth 2 quitte Southampton avec la 5e brigade d'infanterie à son bord, le contingent britannique en route pour les Malouines compte près de 10 000 hommes. Quatre Skyhawk argentins sont abattus en opération. Le HMS Glasgow est touché par une bombe qui n'explose pas.

Le 15, trois Skyhawk argentins sont abattus. Un raid des SAS sur Pebble Island se solde par la destruction au sol de 11 avions argentins.
Le 16, les bombardements des installations militaires autour de Stanley continuent, trois navires argentins sont touchés.
Le 20, un hélicoptère Sea King du HMS Invincible tombe près de Punta Arenas au Chili ; les trois membres d'équipage seront rapatriés par la suite. Il est très probable que cette mission avait pour but de débarquer des membres des forces spéciales afin d'observer les mouvements d'avions des principales bases de l'aviation argentine.

21 mai : débarquement à Port San Carlos[modifier | modifier le code]

Carte du débarquement.

Au cours de la nuit du 21 mai, les Britanniques organisèrent un débarquement amphibie de 4 000 hommes sur les plages sur la côte Nord des Malouines, à 100 km à l’ouest de Stanley, et s'assurèrent de son contrôle. 17 avions argentins et 4 hélicoptères sont détruits. Le plan visait à se rendre maître de Darwin et Goose Green avant de se tourner vers Port Stanley.

23 mai. La tête de pont est consolidée, 5 000 hommes sont à terre. Un Harrier est perdu en mer. Les Argentins perdent 8 avions.

Le 25 mai, les Argentins perdent 5 avions. Le 27 mai, les 263 survivants du Sheffield arrivent en Grande-Bretagne. Les installations à terre de San Carlos sont attaquées pour la première fois. Les Argentins perdent deux avions.

En mer, la faiblesse des défenses antiaériennes des navires fut démontrée dans le naufrage de la frégate HMS Ardent le 21, HMS Antelope le 23, qui coula lors d'une tentative de désamorçage d'une bombe non-explosée, et le MV Atlantic Conveyor, coulé par deux missiles Exocet lors d'une attaque dirigé par des Super-Etendards contre le groupe principal de la Task Force, avec une cargaison essentielle d'hélicoptères et de composants de piste le 25. Ce jour-là le Coventry, du même type que le Sheffield, est coulé par 3 bombes de 500 kg alors qu'il était avec le HMS Broadsword. Les destroyers HMS Argonaut et le Brilliant furent gravement endommagés. L'Antrim eut deux bombes non-explosées à son bord.

Les Argentins perdirent plus de trente avions et hélicoptères dans ces attaques. Des rapports après la guerre indiquèrent que les dégâts auraient été bien plus importants pour les Britanniques si des commandos n'avaient pas détruit des avions au sol, le 15.

27 mai : Goose Green[modifier | modifier le code]

Carte de la bataille de Goose Green.
Carte de Goose Green.

Bien qu'inférieur en nombre (1 contre 3), les parachutistes britanniques approchèrent et attaquèrent les sites de Darwin et de Goose Green les 27 et 28 mai, qui étaient tenus par le 12e régiment d'infanterie argentin. Après une bataille qui sera la plus longue et la plus dure du conflit durant laquelle l'aviation argentine utilisa entre autres du napalm[34], dix-sept Britanniques et deux cents Argentins perdirent la vie, mille quatre cents de ces derniers furent prisonniers. La BBC annonça la victoire avant qu'elle ne soit effective[réf. nécessaire].

Après avoir éliminé le danger de l'important contingent de Goose Green, les forces britanniques purent faire une percée vers l'est depuis la tête de pont de San Carlos, soit en marchant, soit transportées par hélicoptères.

Le 31 mai, les troupes britanniques atteignent le mont Kent à 20 km de Stanley. L'aviation argentine perdit encore deux Skyhawk lors d'attaques contre la flotte britannique.

Le 1er juin, avec l'arrivée de 5 000 soldats britanniques supplémentaires de la cinquième brigade du paquebot Queen Elizabeth 2, le nouveau commandant de division, le major général J.J. Moore RM, disposait d'assez de troupes pour lancer une offensive contre la garnison de Port Stanley.

Le 5 juin, le 42e bataillon de commandos de la Royal Marine occupe le mont Challenger. Un hélicoptère britannique Gazelle est abattu par un tir ami effectué par un opérateur du SAS.

Pendant ces préparatifs, les attaques aériennes argentines continuèrent, faisant 48 morts, y compris 32 gardes du Pays de Galles à bord des Sir Galahad et Sir Tristam le 8 juin à Fitzroy. De nombreux soldats contraints de rester à bord à cause de la perte des hélicoptères de l'Atlantic Conveyor furent victimes de brûlures. Une barge de débarquement du HMS Fearless est attaquée par 4 Skyhawk, 3 avions argentins sont abattus par une patrouille de Harrier. Le HMS Plymouth est endommagé par une attaque aérienne. Un Sea Harrier est abattu près de Stanley.

Le 10 juin, une patrouille d'observation des SAS est attaquée lors de la seule action militaire sur West Malouines.

11 juin : Bataille de Port Stanley[modifier | modifier le code]

Prisonniers de guerre argentins le 17 juin 1982.

Dans la nuit du 11 juin, après plusieurs jours de reconnaissance difficile et la mise en place de la logistique, les forces britanniques, appuyées par l'artillerie, lancèrent une brigade à l'offensive du Mont Longdon, défenseur des hauteurs de Port Stanley. Treize Britanniques furent tués quand le navire Glamorgan, qui fournissait un appui-feu, fut touché par un Exocet tiré depuis une remorque de camion dételée et aménagée en batterie improvisée. Une habitation dans la banlieue de Stanley est touchée par les tirs britanniques, trois civils seront tués, les seuls de tout le conflit.

Au matin, les positions argentines étaient enlevées après plus de 24 heures de combat, parfois au corps à corps. La nuit du 13 juin, la seconde phase fut enclenchée pour reprendre Wireless Ridge et le Mont Tumbledown, 9 Britanniques et 32 Argentins perdirent la vie. Stanley est complètement encerclé.

Le 14 juin, le commandant de la garnison, Mario Menendez, offrit sa reddition avec 10 254 hommes. La souveraineté britannique est restaurée sur l'ensemble des territoires des Malouines. Le 18 juin, le Canberra et le Norland appareillent pour Puerto Madryn pour rapatrier les prisonniers argentins. Le 20 juin, la fin des hostilités est officiellement déclarée par les Anglais.

Cette guerre de 72 jours causa la mort de 255 Britanniques et 649 Argentins.

Analyse[modifier | modifier le code]

Militaire[modifier | modifier le code]

Militairement, la guerre des Malouines fut remarquable sous plusieurs aspects :

  • Ce fut l'une des rares batailles navales après la Seconde Guerre mondiale. Elle illustra la vulnérabilité des navires de surface aux missiles et aux sous-marins nucléaires, dont l'intervention fut déterminante dans la victoire de la Royal Navy ainsi que et l'importance de l'aéronavale.
  • Elle justifia la décision du Royaume-Uni de développer des avions à décollage vertical Harrier et des porte-aéronefs.
  • La capacité logistique du Royaume-Uni fut utilisée au maximum et améliorée ultérieurement.
  • Elle souligna le rôle des forces spéciales qui détruisirent de nombreux avions et contribuèrent au recueil de renseignements.
  • L'utilité des hélicoptères fut démontrée, aussi bien au combat qu'en appui logistique.
  • En mer, certaines faiblesses des bâtiments de combat furent soulignées, comme l'utilisation du magnésium et l'utilisation du tergal pour la confection des tenues des marins qui en fondant pouvaient brûler le personnel.
  • Les aptitudes du missile Exocet impressionnèrent beaucoup de pays qui s'empressèrent l'année suivante de passer de nombreuses commandes à la France, ce qui contribua à sa célébrité et à son succès commercial durable.
  • Ce fut l'occasion pour les Britanniques de tester du nouveau matériel mieux adapté au grand froid (tenues chauffantes et chaussettes beaucoup plus légères).

L'amiral Ausseur, « numéro 2 » de la Marine nationale, juge ainsi que les leçons de cette guerre sont capitales pour la France[35].

L'issue de la guerre aurait pu être différente si un porte-aéronefs britannique avait été touché par un Exocet ou si les Argentins avaient attendu une année ou deux qu'ils soient retirés du service. Le ravitaillement d'une importante garnison coûtait cher et il est probable que l'Argentine n'aurait pas pu défendre ces îles une année de plus[réf. nécessaire].

Politique[modifier | modifier le code]

Cette guerre contribua à la popularité de Margaret Thatcher et aida à la victoire de son parti en 1983, même si plusieurs membres de son gouvernement donnèrent leur démission, y compris le secrétaire pour les Affaires extérieures Lord Carrington. L’élan patriotique qu'a créé la guerre des îles Falkland a drastiquement augmenté la sympathie des Britanniques envers leur «dame de fer», par opposition à l'impopularité que ses réformes budgétaires sévères avaient suscitée, et elle obtient aux élections nationales de 1983 une victoire écrasante[36],[37],[38]. La défaite argentine précipita la chute du régime dictatorial, avec dans l'immédiat le remplacement des trois généraux de la junte par les généraux Cristino Nicolaides (es), Rubén Franco (es) et Augusto Jorge Hughes (es), et amorça une lente transition démocratique, avec l'élection en 1983 de Raul Alfonsin puis les lois d'amnistie de 1986-87.

Jorge Luis Borges dit que cette guerre était comme « deux chauves se battant pour un peigne ».

Aujourd'hui encore, le Groupe de Rio est en faveur de l'ouverture de négociations entre Londres et Buenos Aires concernant ces îles[39], Cuba et la Bolivie soutenant l'Argentine, tandis que le Royaume-Uni continue à affirmer sa souveraineté sur les îles et déclare que des négociations ne pourraient s'ouvrir que si les habitants de celles-ci le désiraient. La Royal Air Force maintient toujours actuellement quelques chasseurs bombardiers aux Malouines et récemment les derniers nés Eurofighter Typhoon ont remplacé des Phantom II[40].

En 2000, la Cour européenne des droits de l'homme a rejeté une requête des familles des marins tués lors de l'attaque du Belgrano, qui accusait le Royaume-Uni d'avoir délibérément torpillé le croiseur afin de mettre en échec les négociations en cours par l'intermédiaire du président péruvien[41]. Selon les avocats des victimes, cette plainte visait à accentuer la pression sur le gouvernement argentin afin de porter l'affaire devant la Cour internationale de justice.

A la suite des forages britanniques dans la région des Malouines en février 2010 (son potentiel pétrolifère, estimé équivalent à celui de la Mer du Nord, est devenu économiquement exploitable depuis que le prix du baril a dépassé 100 dollars), un regain de tension entre les deux belligérants fait resurgir le spectre de la guerre à la veille de son trentième anniversaire[25].

Culturelle[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • This Is England, film britannique réalisé par Shane Meadows en 2006, a pour toile de fond la guerre des Malouines, conflit durant lequel le père du jeune héros a trouvé la mort.

Autre[modifier | modifier le code]

  • L'album The Final Cut du groupe Pink Floyd porte des charges directes contre cette guerre dénoncée comme brisant le rêve d'après-guerre de ne plus faire mourir des soldats britanniques dans une guerre bien que le Royaume-Uni eût déjà participé à plusieurs conflits depuis 1945.
  • En 2006, le groupe de power metal Suédois, Sabaton, sort l'album Attero Dominatus, avec une chanson intitulée Back In Control, dont le sujet est la guerre des Malouines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Pertes argentines de la guerre des Malouines Site web du ministère argentin de la défense
  2. (en) Pertes britanniques de la guerre des Malouines Site web de la Royal Air Force
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Dupuy René-Jean (1982), « L'impossible agression : les Malouines entre l'O.N.U. et l'O.E.A », in Annuaire français de droit international, volume 28, 1982. p. 337-353.
  4. Tlfq Université Laval [S.D] Argentine http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amsudant/argentine.htm (consulté le 15 novembre)
  5. «Argentine», Encyclopédie Larousse.fr en ligne consulté le 29 novembre 2012, http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Argentine/186995
  6. «The Falkland War», Military History en ligne, consulté le 29 novembre 2012, http://militaryhistory.about.com/od/battleswars1900s/p/falklands.htm
  7. François Thual : Géopolitique de l'Amérique latine, 1996
  8. Jean-Claude GIACOTTINO, « FALKLAND ÎLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 novembre 2012, http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/iles-falkland/
  9. Garric, Audrey (2012) : « Les Malouines, trente ans de conflit irrésolu », Le Monde, consulté le 29 novembre 2012
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Ricardo Herren, MALVINAS, 20 AÑOS DESPUÉS: II)- Llegó la hora de los cañones, El Mundo, mars 2002
  11. « Malouines : un point de vue également soutenu par[[Aide:Qui|[Qui ?]]]. »
  12. a et b Opération Rosario ou Azul, Henri Masse, http://laguerredesmalouines.fr, consulté le 21 octobre 2012
  13. (en) Falkland Islands invasion, Gordon Smith, sur naval-history.net, consulté le 20 octobre 2012.
  14. (en) Argentine Air and Ground Units, The Falkland Islands Campaign sur le site de la Royal Air Force, consulté le 21 octobre 2012.
  15. Margaret Thatcher, The Downing street years
  16. a et b DESCOLONIZACION, El Mundo, mars 2002
  17. a et b Papers Show Rare Friction for Thatcher and Reagan, NYT, 28 déc. 2012, John F. Burns
  18. Pierre Kohler, La Guerre des Satellites - tome 3 -, éd. Famot, 1982, p.  7 et 8, 13
  19. (fr) Apocalypse Now, Georges Dupont, Science & Vie no 814, juillet 1985
  20. (en)« Israel 'supplied arms to Argentina during Falklands War' », sur The Daily Telegraph,‎ 20 avril 2011 (consulté le 5 mars 2012)
  21. (es)« Aviones peruanos en guerra de las Malvinas, informe. », sur El Comercio,‎ 2 avril 2007
  22. Flottes de combat 1986
  23. Marc Isoard, « Réflexions sur le rôle des forces aéronavales dans la guerre des Malouines 19 mars - 14 juin 1982 », sur Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains (consulté le 27 janvier 2011)
  24. « Argentine. Le code ou la bombe. », Marianne, 24/11/2005.
  25. a et b Patrick Pesnot, « Les dessous de la guerre des Malouines », 17 mars 2012, émission Rendez-vous avec X
  26. (en) How France helped both sides in the Falklands War, BBC news, 5 mars 2012
  27. Charles Maisonneuve, Pierre Razoux, La Guerre des Malouines, chapitre 3 : « L'Empire contre-attaque ». Éditions Lariviere, collection Docavia.
  28. Lawrence Freedman, La stratégie mondiale, Bordas,‎ 1985 (ISBN 2-04-012804-2), p. 68-69
  29. a, b, c et d Francis Elliott, 'Belgrano' ordered to attack British ships on day before sinking, secret report reveals, The Independent, 28 décembre 2003
  30. (fr) LES PORTE-AVIONS BRITANNIQUES MODERNES Les porte-avions britanniques modernes
  31. (es) Portaaviones ARA 25 de Mayo, ex-HMS Venerable, ex-Karel Doorman, Historia y Arqueologia Marítima
  32. (en) Martin Middlebrook, The Fight for the “Malvinas”, the Argentine Forces in the Falklands War
  33. Jean-Pierre Otelli (pilote de chasse), Pilotes dans la tourmente, page 349.
  34. (en) Gordon Smith, « SAN CARLOS LANDINGS AND CONSOLIDATION (Parts 33-40) Part 38. 2 PARA'S APPROACH TO and BATTLE FOR DARWIN and GOOSE GREEN », sur http://www.naval-history.net/, Ian Allan,‎ 1989 (consulté le 21 avril 2010)
  35. « Amiral Ausseur : La leçon des Malouines », L'Express, juillet 1982.
  36. Furtado, Peter (2005). Les 1001 jours qui ont changé l’histoire, Montréal, Éditions Trécarré, p. 652
  37. Pouvelle, Jean (2003). Repère de civilisation : Grande-Bretagne, Paris, Ellipses Édition, p. 191
  38. Garric, Audrey (2012). «Les Malouines, trente ans de conflit irrésolu». Le monde. Consulté le 29 novembre 2012 http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/04/02/la-guerre-des-malouines-ou-trente-ans-de-conflit-irresolu_1678948_3222.html
  39. Assemblée générale de l'ONU, MOST OF WORLD’S POPULATION NO LONGER LIVES UNDER COLONIAL RULE, BUT UNITED NATIONS DECOLONIZATION MISSION STILL UNFULFILLED, FOURTH COMMITTEE TOLD AS DEBATE BEGINS, 2007
  40. Assemblée générale de l'ONU, DELEGATES URGE SUSTAINED MOMENTUM IN NEGOTIATIONS ON WESTERN SAHARA, AS FOURTH COMMITTEE CONCLUDES GENERAL DEBATE ON DECOLONIZATION, 10 octobre 2008
  41. Belgrano legal action fails, BBC, 19 juillet 2000

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Furtado, Les 1001 jours qui ont changé l’histoire (p. 959) Montréal, Éditions Trécarré
  • Louise Richardson When Allies Differ: Anglo-American Relations in the Suez and Falkland Crises, 1996

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]