EADS Harfang

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Pix.gif Harfang/Eagle One Su-27 silhouette.svg
DRONE HARFANG 01.JPG
Un Harfang au salon du Bourget

Constructeur Union européenne EADS/ Israël IAI
Rôle Drone MALE
Premier vol 2 septembre 2006
Mise en service juin 2008
Date de retrait toujours en service
Motorisation
Moteur Rotax 914 F
Nombre 1
Type moteur à combustion interne turbocompressé
Puissance unitaire 115 ch
Dimensions
Harfang.svg
Envergure 16,6 m
Longueur 9,30 m
Masses
À vide 657 kg
Carburant 250 kg
Maximale 1 250 kg
Performances
Vitesse maximale 207 km/h
Plafond 7 620 m
Rayon d'action 1 000 km
Avionique
Capteurs optroniques
Capteur radar de détection de cibles mobiles (SAR/MTI)
Liaison de données à vue directe (LOS) et par satellite (Satcom)
Télémètre-désignateur laser

Le Harfang[1] (anciennement Système intérimaire de drone MALE ou SIDM, MALE étant le sigle de Moyenne Altitude Longue Endurance[2]) est un système de drone destiné à équiper l'Armée de l'air française en remplacement du Hunter. Le Harfang, aussi nommé Eagle One, est une réalisation de la filiale Cassidian d’EADS et d’IAI. Son nom est inspiré du harfang, une chouette des neiges.

Conception[modifier | modifier le code]

L'origine du projet remonte à 1995 avec l'achat par l'armée de l'air des drones RQ-5 Hunter (en) qui ont permis d'acquérir de l'expérience dans le domaine de l'emploi des drones. Le drone est fondé sur l'appareil israélien IAI Heron conçu au début des années 1990 et qui fut présenté au salon du Bourget en 1999. Le programme SIDM ou Eagle One débuta vraiment en 2001 et le premier vol d'un appareil eut lieu sur la base aérienne 125 Istres-Le Tubé, le 9 septembre 2006. S'ensuivit une campagne d'essais menée par le Centre d'essais en vol visant à tester les capacités du drone, étape nécessaire avant son transfert au CEAM sur la base aérienne 118 Mont-de-Marsan.

À l'origine, le drone aurait dû être livré à l'armée de l'air à l'été 2003 pour remplacer les drones Hunter (par ailleurs retirés du service en septembre 2004). Cependant, des problèmes industriels rencontrés par le constructeur ont considérablement retardé la livraison des appareils. L'un des principaux problèmes était la non-coïncidence des capacités de l'appareil avec le cahier des charges fourni par l'armée, notamment au niveau du système de transmission par satellite fourni par EADS. Le drone est ainsi passé d'un produit pris sur « étagère » à un produit spécifique à l'armée de l'air.

Le véhicule aérien et son calculateur de bord sont construits par la société Malat, une division de la société IAI (Israel Aircraft Industries) et fondés sur le drone HERON de cette même société.

L'armée de l'air a commandé un système composé de trois appareils aériens dotés de nombreux capteurs et d'une autonomie de plus de 20 h, et de deux stations de contrôle au sol. Une liaison satellitaire permet de contrôler l'appareil à grande distance et ses différents équipements permettront aussi bien la surveillance d'un territoire que la désignation d'objectifs grâce à un désignateur laser ou pourra aussi servir de relais de communication au profit des forces au sol.

Le SIDM est entré en service en juin 2008 au sein de l'escadron d'expérimentation de drones 1/330 « Adour » à Mont-de-Marsan (Landes) ; cette unité dépendait du Centre d'expériences aériennes militaires (CEAM) et dépend aujourd'hui du Commandement des Forces aériennes. Elle a été rebaptisée Escadron de drones 1/33 « Belfort » depuis septembre 2010. L'expérimentation s'est déroulée en 2008-2009 et a suivi quatre phases. Dans un premier temps, il était prévu de familiariser l'escadron avec la plate-forme puis de familiariser les opérateurs avec les capteurs, ensuite de diffuser le renseignement C4ISR et enfin transférer les flux d'information aux forces terrestres[3]. Comme son nom l'indique, le SIDM est un programme « intérimaire » dans l'attente d'un programme aux capacités supérieures.

L'un des principaux manques de l'appareil tient en l'absence de capteurs électromagnétiques et sa faible capacité à évoluer à cause de sa capacité d'emport et de sa génération électrique. Son principal défaut est sa vitesse de 80 nœuds seulement qui peut se montrer pénalisante lors des phases de transit. Le SIDM se montre limité dans des conditions météorologiques perturbées ou dans des conditions givrantes et humides[4].

Le 4 mars 2010, le Harfang doté du système Rover permettant la retransmission en temps réel sur le terrain de ses images, a effectué sur premier vol au-dessus de l'Afghanistan[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le système intérimaire de drone MALE est composé de deux segments distincts : le drone lui-même et l'ensemble de commande et de contrôle au sol.

Le drone est constitué d'un véhicule aérien composé d'un fuselage propulsé par un moteur (Rotax) à hélice propulsive situé à l'arrière et doté d'une voilure en position haute équipée de volets et d'un système de dégivrage. L'équilibre longitudinal de l'appareil est assuré par un empennage bipoutre prenant appui sur la voilure principale. D'une masse au décollage de 1,2 tonne et d'une envergure de 16,6 m, le SIDM peut emporter une charge de mission de 250 kg à 7 500 m et pendant une durée de 24 heures. La charge de mission est constituée d'une boule tri-senseurs (IAI) assez mal gyrostabilisée[non neutre] montée sous l'avant du fuselage, comportant les capteurs électro-optique et infrarouge ainsi que le désignateur laser, et d'un radar à synthèse d'ouverture (Elta) et à suppression d'échos fixes (SAR/MTI) à très haute résolution permettant de relever une image électronique du terrain et d'observer les mouvements de véhicules au sol, quelles que soient les conditions météorologiques ; l'antenne de ce radar est montée dans un radôme ventral situé au centre du fuselage. Outre ces capteurs, le drone emporte aussi une centrale de navigation inertielle (Sagem) recalée par GPS ainsi qu'un GPS différentiel apportant une capacité de décollage et d'atterrissage automatique (ATOL : Automatic take off and landing). De plus, l'appareil est programmé, en cas de perte de la liaison de commande et de contrôle, pour suivre une trajectoire lui permettant de revenir à son point de départ tout en essayant de rétablir la transmission.

L'ensemble de commande et de contrôle au sol est composé de quatre modules projetables sur théâtre extérieur. Le premier baptisé M1 est destiné à la préparation des missions et est fondé sur un module de préparation expérimental de missions de Mirage 2000. Le second, M2, est la station de commande et de contrôle proprement dite puisqu'elle permet à l'opérateur de diriger l'appareil, notamment lors des phases de décollage et d'atterrissage, puisqu'une fois en vol l'appareil suit une trajectoire programmée ou non ; à tout moment cependant, l'opérateur peut reprendre la commande. Le station M3, elle, reçoit en temps réel les informations des capteurs à bord du drone, celles-ci étant transmises par l'intermédiaire de la liaison satellite. Enfin, la station M4 est destinée à l'interprétation et à la diffusion des informations obtenues par le drone.

En ce qui concerne la transmission de données, le SIDM est équipé d'une liaison directe (LOS : Line of sight) permettant la commande et le contrôle de l'appareil jusqu'à une portée de 150 à 200 km grâce à une antenne montée au-dessus du fuselage, et d'une liaison satellitaire à haut débit (Satcom) permettant de s'affranchir de l'horizon radioélectrique. Les données sont envoyées vers un satellite géostationnaire grâce à une antenne directionnelle (InSnec) pointée par des vérins et installée dans un « satdôme » à l'avant du drone. Enfin, l'appareil est doté d'un relais de communication (VHF/UHF) (Rohde & Schwarz) permettant de transmettre des informations à un centre de commandement de troupes au sol et de s'intégrer dans le trafic aérien militaire. Le véhicule aérien est également équipé d'un IFF et d'un enregistreur de vol.

Le système SIDM permet la surveillance ininterrompue d'un théâtre d'opérations par une transmission continue des informations et la mise en œuvre d'une procédure (handshake) de transferts des données entre les véhicules aériens lors d'un passage de relais entre drones (entrant et partant).

Armement[modifier | modifier le code]

Longtemps hostile à un armement, l'EMA a donné en 2011 son feu vert pour que les prochains drones français soient armés de missiles[6], à la manière des Reaper. Cela ne concerne pas, a priori, les Harfang et les deux Reaper acquis en 2013 ne seront pas armés.

Versions[modifier | modifier le code]

  • Eagle 0 : prototype qui effectua son premier vol en 1998.
  • Eagle 1 : première version de production qui effectua son premier vol le 2 juin 2003 en Israël.
  • Eagle MPR : projet d'une version de surveillance maritime de l'Eagle 1 équipée d'un radar maritime.
  • Eagle 2 : projet d'une version plus grande turbopropulsée par un moteur PT6 Pratt & Whitney.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Escadron de drones 1/33 Belfort depuis 2009 sur la Base aérienne 709 Cognac-Châteaubernard

Immatriculations[modifier | modifier le code]

Base aérienne de Bagram, Afghanistan - Le drone français est très similaire aux Predator MQ-1.
  • Appareil N° 1021[8] - immatriculation F-SDAU - (visible sur la photo de l'article)[9],[10].
  • Appareil N° 1022 - immatriculation F-SDAY
  • Appareil N° 1023 - immatriculation F-SDAZ[11].
  • Appareil N° 1024 - immatriculation F-SDAT

Engagements[modifier | modifier le code]

  • Le 14 et 15 septembre 2008, ils servirent à la surveillance lors de la visite du pape Benoît XVI à Lourdes[12].
  • En février 2009, un contingent de l'Armée de l'air des forces françaises en Afghanistan aux ordres du Lieutenant-colonel Cyril Carcy[13] déploie ses trois SIDM en Afghanistan, à Bagram, au nord de Kaboul[14]. L'un d'eux a dû être rapatrié en France à la suite d'un problème de comportement en vol ayant pu endommager la structure à la suite d'un oubli de programmation au sol du dégivrage[15].
    Les travaux d'expertise réalisés par la DGA, EADS et le SIAe ne permettent pas de déterminer de manière certaine les causes du problème. L'origine humaine n'est pas encore retenue à ce stade de l'enquête et le BEA-D n'aurait pas encore ouvert d'enquête. Selon EADS, l'hypothèse de bugs dans le logiciel de commande de vol n'est pas à exclure[16]. En un an de service, ils ont effectué 185 vols pour 166 missions opérationnelles représentant 1 700 h de vol[17]. En février 2012, les 2 Harfang présents en Afghanistan sont rapatriés après avoir effectué plus de 4 250 heures de vol au cours de 511 missions sur ce théâtre d'opérations[18].
  • L'Escadron d'expérimentation drones EED 1/330 « Adour » comprenant 56 personnes sera affecté au plus tard au troisième trimestre 2009 à la base aérienne 709 Cognac-Châteaubernard[19].
  • Il est utilisé pour la surveillance du sommet du G8 2011 du 18 au 27 mai 2011 et 62 heures de vol ont été réalisées depuis la base aérienne 105 d'Evreux[20].
  • Engagement d'un appareil depuis la base aérienne de Sigonella à partir du 24 août 2011 au-dessus de la Libye lors de l'opération Harmattan[21]. Il réalise 243 heures de vol en 19 sorties.
  • Deux drones Harfang sont employés dans le cadre de l'Opération Serval au Mali en 2013. Un record de vol de 26 h 10 min est établi du 25 au 26 janvier[22],[23] et dans la nuit du 5 au 6 juin 2013, le drone effectue son 100e vol, totalisant alors 1 600 heures de vol[24].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ltt Céline Limousin, « Ce que les drones vont changer : Le SIDM pourquoi il séduit ! », Air Actualités, no 607,‎ janvier 2008, p. 22-31 (ISSN 00022152)
  • Ltt Céline Limousin, « Ce que les drones vont changer : Les secrets du drone », Air Actualités, no 607,‎ janvier 2008, p. 32-33 (ISSN 00022152)
  • Ltt Céline Limousin, « Ce que les drones vont changer : La préparation du futur drone », Air Actualités, no 607,‎ janvier 2008, p. 38 (ISSN 00022152)
  • Jane's Handbook

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://www.defense.gouv.fr/air/base/focus/2009/1er_trimestre/harfang_operationnel_en_afghanistan
  2. A. de Font-Réaulx, Drone, le M.a.l.e. français, La Revue Parlementaire, N°887, avril 2006.
  3. Véronique Sartini, « Le SIDM, enfin ! », Technologie et Armement, no 12,‎ 2008, p. 49-52 (ISSN 1953-5953)
  4. Henri-Pierre Grolleau, « CEAM Toujours à la point! », Air Fan, no 364,‎ mars 2009, p. 20-34 (ISSN 0223-00)
  5. Daniel Favre, « Premier vol du Harfang avec le Rover », info aviation,‎ 8 mars 2010 (consulté le 8 mars 2010)
  6. Jean-Dominique Merchet, « Les prochains drones français seront armés », Secret Défense,‎ 7 juin 2011
  7. (fr) [1]
  8. (fr) diaporama photo, lepoint.fr, 29 mars 2009] 29 mars 2009
  9. (fr) photo n° 10 du diaporama photo, lepoint.fr, 29 mars 2009
  10. (en) Bagram Airfield photos, Bagram Airfield official site, US Air Force, photos prises le 11 juillet 2009
  11. marquage qui a déjà été porté par un avion du CEAM qui s'est écrasé le 15 juin 1956 : (fr) Stèle du LCL Arthur de la Taille-Tretinville, aerosteles.hydroretro.net
  12. Jean Guisnel, « REPORTAGE - Dans le secret des drones de l'armée de l'air », sur lepoint.fr - Défense ouverte, Le Point,‎ 18 avril 2009 (consulté le 24 avril 2009)
  13. (en) French unmanned aircraft protect Bagram Airmen, coalition forces, US Air Force, 13 juillet 2009
  14. Jean-Dominique Merchet, « Premier vol du drone SIDM en Afghanistan », sur secretdefense.blogs.liberation.fr, Libération,‎ 18 février 2009 (consulté le 19 février 2009)
  15. Jean Guisnel, « Le drone Harfang a été victime d'une erreur humaine », sur lepoint.fr - Défense ouverte, Le Point,‎ 24 avril 2009 (consulté le 24 avril 2009)
  16. Jean-Marc Tanguy, « Le Harfang disséqué dans les Landes »,‎ 24 avril 2009 (consulté le 24 avril 2009)
  17. Air et Cosmos n° 2205, p. 6
  18. Jean-Marc Tanguy, « Le drone Harfang en chiffres », sur RP Defense,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 19 juillet 2011)
  19. Jean-Marc Tanguy, « REPORTAGE - Dans le secret des drones de l'armée de l'air »,‎ 14 avril 2009 (consulté le 24 avril 2009)
  20. Jean-Dominique Merchet, « Un drone Harfang surveillera le prochain sommet du G8 de Deauville »,‎ 19 avril 2011 (consulté le 19 avril 2011)
  21. « Libye : point de situation n°40 », Ministère de la Défense et des anciens combattants,‎ 25 août 2011 (consulté le 26 août 2011)
  22. Jean-Marc Tanguy, « Serval : nouveaux records du Harfang au Mali », lemamouth.blogspot.fr,‎ 2 juin 2013
  23. « Opération Serval : Zoom sur le détachement Harfang », www.defense.gouv.fr,‎ 8 février 2013
  24. « Serval : 100evol opérationnel du drone Harfang », www.defense.gouv.fr,‎ 11 juin 2013

Lien externe[modifier | modifier le code]