Armée de terre espagnole

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Armée de terre espagnole
Image illustrative de l'article Armée de terre espagnole

Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Fait partie de Forces armées espagnoles

L'armée de terre espagnole (Ejército de Tierra) est la composante terrestre des forces armées espagnoles.

Elle a pour mission, conformément à l'article 8 de la constitution espagnole, d'assurer la souveraineté et l'indépendance de l'Espagne et de défendre son intégrité territoriale ainsi l'ordre constitutionnel.

C'est l'une des armées de terre les plus anciennes du monde. Le quartier général est situé au Palais Buenavista de Madrid.

Historique[modifier | modifier le code]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Soldats caractéristiques du Tercio - 1650

Les tercios furent l'unité administrative et tactique de l'infanterie espagnole de 1534 à 1704. Regroupant environ trois mille fantassins professionnels, hautement entraînés et disciplinés, les tercios furent réputés invincibles jusqu'à la bataille de Rocroi. Dans les autres pays, ils furent souvent appelés carrés espagnols.

Pendant les premières guerres d'Italie, Gonçalve de Cordoue († 1515), augmente le nombre d'arquebusiers et la mobilité de l'armée espagnole en accordant une plus grande part à l'initiative individuelle. Des regroupements de douze à seize capitanías sont créés sous le nom de coronelía. Par la suite, elles comptent quatre ou six capitanias de 300 hommes. En 1525, l'infanterie espagnole en Italie compte 7050 hommes regroupés en 33 capitanías. C'est là que naît le terme Tercio, entre 1534 et 1536, pour désigner les trois groupes de capitanías, Lombardie, Naples et Sicile, qui défendent les possessions espagnoles d'Italie.

Durant les premiers temps, les tercios ne sont pas nombreux, ils ne constituent pas l'essentiel de l'infanterie au service du royaume d'Espagne, ils doivent être considérés comme les unités d'élite de celle-ci. En temps de paix, l'entretien des tercios coûtait un tiers environ du budget du royaume de Castille. En temps de guerre, les rois d'Espagne devaient recourir aux emprunts. Une grande partie des tercios est aussi formée de contingents alliés de l'Espagne, avec des tercios italiens, allemands et irlandais.

Le nombre d'unités d'origine espagnole ne va réellement augmenter qu'à partir de 1635, avec le début de la guerre contre la France et la levée des tercios temporaires dans la péninsule ibérique. En 1637, apparaissent les tercios provinciaux. En 1663, ils sont réformés en tercios provinciaux fixes, et sont les premiers portant un uniforme, dont la couleur est distinctive. Une nouvelle ordonnance royale en mai 1685, réforme à nouveau les tercios qui s'éloignent encore plus du modèle massif du siècle précédant avec douze à quinze compagnies de 66 ou 72 soldats. Les piquiers, arquebusiers et mousquetaires sont en proportion d'un tiers chacun. Les compagnies pouvant, semble t-il, se répartir en deux bataillons. Vers 1690, l'armée espagnole forme douze compagnies de grenadiers, armées du fusil et de la baïonnette, l'adoption généralisée de cette arme en 1702 et la suppression des piquiers, sonne le glas du système traditionnel des tercios. Finalement, en 1704, une ordonnance royale de Philippe V, supprime les tercios pour leur substituer des régiments à deux bataillons sur le modèle français.

Guerre hispano-américaine de 1898[modifier | modifier le code]

L'armée de terre espagnole disposait en 1897 dans la métropole de 56 régiments d'infanterie (d'un effectif de 804 hommes en temps de guerre), 56 cadres de régiments de réserve, 20 bataillons de chasseurs (964 hommes en temps de guerre), 10 cadres de bataillons de réserve. 28 régiments de cavalerie de 450 à 510 hommes, 13 régiments d'artillerie de campagne à 24 pièces, 1 régiment léger, 3 régiments d'artillerie de montagne soit 68 batteries et 408 pièces et 9 bataillons d'artillerie de forteresse.

Avec les forces du génie militaire, les services et les troupes régionales dans les Baléares, aux îles Canaries et au Maroc espagnol, l'effectif théorique au 1er juillet 1897 est de 100 140 hommes.

De très importantes forces étaient déployés dans ce qui restaient de l'empire colonial espagnol, à Cuba et aux Philippines[1]..

Organisation et structure dans les années 2000[modifier | modifier le code]

Structure et ordre de bataille de l'armée de terre espagnole

Au cours de la période 2006-2009, conformément aux directives du Ministère de la Défense[2], l'armée de terre espagnole va être restructurée pour passer de 86 000 h à 54 400 soldats. Une trentaine d'unités devront être dissoutes, les autres étant modifiées ou redéployées afin de répondre à une plus grande efficacité.

La structure suivante va être adoptée :

  • un quartier général des forces terrestres à haute disponibilité
  • un état-major OTAN
  • une force terrestre
  • le commandement des Canaries
  • la force logistique opérationnelle

Quartier général des forces terrestres[modifier | modifier le code]

Le quartier général est l'ensemble des moyens matériels et personnels assumant le commandement de l'ensemble de l'armée de terre, sous la direction du ministre de la défense.

État-major OTAN[modifier | modifier le code]

C'est un état-major opérationnel répondant aux normes de l'OTAN et apte à commander une force multinationale de l'organisation. Il dispose d'un bataillon de soutien et est stationné à Valence

Force terrestre[modifier | modifier le code]

Dépendant directement de l'état-major de la force terrestre, se trouvent les unités suivantes :

  • bataillon des affaires civiles
  • régiment de défense NBC
  • 3e régiment de transmissions

En, outre, elle dispose des unités suivantes :

Léopard 2 au cours d'un défilé militaire

Commandement des Canaries[modifier | modifier le code]

Stationné à Santa Cruz de Tenerife, il est composé de :

Force logistique opérationnelle[modifier | modifier le code]

Elle se compose des unités suivantes :

Unités spéciales[modifier | modifier le code]

Il existe certaines unités spécifiques qui ont, de par leur spécialité, une autonomie propre. Ces unités sont :

  • les groupes des opérations spéciales (GOE). Anciennement appelés Compagnies des opérations spéciales, ils sont composés de soldats rompus aux missions non conventionnelles. Ils sont surnommés les "boinas verdes" (bérets verts) en raison de leur coiffe. Il reste actuellement trois groupes, les GOE III, IV et XIX, ce dernier ayant la particularité d'être composé de légionnaires.
Les emblèmes de la légion
  • la brigade d'infanterie parachutiste (Brigada de infantería ligera paracaidista (BRIPAC)) qui, de par son mode d'action particulier et sa capacité à combattre le plus souvent en arrière des lignes ennemies, se singularise au sein des unités de la force terrestre.
  • la légion (Legión). Unité d'infanterie légère, elle est considérée comme un corps d'élite. Elle se compose d'une brigade, ainsi que de deux régiments, stationnés à Ceuta et Melilla.
Hélicoptère Super Puma de l'armée de terre espagnole

Composition des unités[modifier | modifier le code]

Les types unités de l'armée de terre sont les suivants :

Fusil d'assaut G36
  • Escouade (Escuadra) : une escouade est commandée par un caporal. Il existe plusieurs types d'escouades (exemples de l'infanterie) :
    • escouade de fusiliers : composée d'un caporal et de 3 à 4 soldats. L'armement type est le fusil d'assaut HK G36E
    • escouade de mitrailleuse : composée d'un caporal, qui porte l'arme collective et de 2 à 3 soldats. Ils disposent, en plus de leur armement individuel, d'un fusil mitrailleur MG-3 (fabrication sous licence par l'Empresa Nacional Santa Barbara), d'un canon de rechange et d'environ 2 500 cartouches
    • escouade mortier : composée d'un caporal et de 2 à 3 soldats. Ils servent un mortier de 60 mm et portent de 3 à 5 obus
    • escouade de lance-grenades : composée d'un caporal, qui porte le lance-grenades et de 2 à 3 soldats qui transportent les munitions
  • Peloton (Pelotón) : formé de 2 escouades, il est commandé par un caporal-chef ou un sergent. Les différents types de pelotons sont :
    • le peloton de fusiliers formé par 2 escouades de fusiliers ou une escouade de fusiliers et une escouade de mitrailleuses
    • le peloton mixte formé d'une escouade de fusiliers et d'une escouade de mortiers ou de lance-grenades
    • le peloton de mortier formé par un caporal-chef, 1 ou 2 caporaux et 5 à 8 soldats. Le mortier est un mortier de 81 mm démontable.
    • le peloton lance-missiles est un peloton particulier équipé de lance-missiles anti-chars Milan d'une portée maximale de 1 900 m
    • le peloton canon sans recul (Pelotón CSR pour cañón sin retroceso) est équipé d'un canon de 105 mm, généralement monté sur un véhicule léger de type jeep mais pouvant être débarqué. Le peloton se compose d'un caporal-chef, d'un conducteur, d'un caporal et de 4 à 6 soldats
  • Section (Sección) formée, selon les besoins de 3 à 4 peloton. Il est commandé par un adjudant ou un lieutenant
  • Compagnie (Compañía) formée de 3 à 4 sections, elle est commandée par un capitaine. En règle générale, les compagnies sont de type :
    • compagnie de fusiliers (4 sections de fusiliers)
    • compagnie mixte formée de 3 sections de fusiliers et d'une section appuis (mortier de 81 mm)
  • Bataillon (Batallón) : formé de 4 compagnies. Par ailleurs, il y a en plus, une compagnie d'état-major ou de logistique. Le bataillon est commandé par un commandant ou un lieutenant-colonel. Ce type d'unité se nomme "tabor" dans les unités dites "régulières" (unités d'Afrique du Nord), "bandera" à la Légion et chez les parachutistes et "grupo" dans l'artillerie et la cavalerie.
  • Régiment (Regimiento) : formé par un ou deux bataillons. Le commandement est assuré par un colonel. Actuellement, ce format d'unité est plus une conservation d'un héritage historique qu'une réelle entité opérationnelle.
  • Brigade (Brigada) : formée normalement par 3 bataillons d'infanterie, un groupe d'artillerie et des unités de soutien et de génie. Le commandement en est assuré par un général de brigade.
  • Division (División) : formée par 3 à 4 brigade ainsi que des unités supplémentaires de cavalerie, artillerie, génie, etc. Elle est commandée par un général de division
  • Corps d'armée (Cuerpo de Ejército) : formé par un nombre variable de divisions ou d'autres unités de rang inférieur. Le commandement en est assuré par un lieutenant-général.

Les corps de l'armée de terre[modifier | modifier le code]

Les personnels de l'armée de terre sont répartis en quatre corps :

  • Le corps général des armes (CGA) - Celui-ci est divisé en spécialités :
  • Le corps des ingénieurs polytechniques (CIP)
  • Le corps de l'intendance (CI)
  • Le corps des spécialistes (CE)

Équipement[modifier | modifier le code]

  • Armement individuel :
  • Véhicules blindés :
    • Char de combat Leopard 2
    • Transport blindé Pizarro
    • Transport blindé BLR-600
    • Transport blindé BMR-600
    • Véhicule blindé léger VEC
    • Véhicule léger tout-terrain Anibal
  • Hélicoptères :
    • Hélicoptère de combat Eurocopter Tigre
    • Hélicoptère de transport lourd Chinook
    • Hélicoptère de transport moyen Super Puma
    • Hélicoptère de transport moyen Cougar
    • Hélicoptère de transport léger UH-1H
    • Hélicoptère léger polyvalent EC 135
    • Hélicoptère léger polyvalent Bo 105

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Bujac, La guerre hispano-américaine, Précis de quelques campagnes contemporaines 1893-1901, H. Charles-Lavauzelle,‎ 1908, 420 p. (lire en ligne)
  2. Ordre ministériel 114/2006 du 18 septembre 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]