Boeing 747

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Boeing 747
Boeing 747-400
Boeing 747-400

Rôle Avion de ligne
Constructeur Drapeau : États-Unis Boeing
Équipage 2 - 3
Premier vol 9 février 1969
Mise en service 22 janvier 1970
Retrait Toujours en service
Premier client Pan Am
Client principal British Airways
Japan Airlines
Korean Air
Cathay Pacific
Air France
Investissement 12 milliards d'euros[réf. nécessaire]
Coût unitaire
  • 356,9 M$[1] (747-8)
  • 357,5 M$[1] (747-8F)
Production Depuis 1969
Commandes 1 538[2]
Livraisons 1 484[2]

Le Boeing 747, encore surnommé Jumbo Jet, est un avion de ligne conçu par l'avionneur américain Boeing à partir de 1965[3] et dont le premier vol date de 1969[4]. Par ses dimensions et grâce à une configuration à double pont, il est resté pendant 35 ans le seul « très gros porteur » commercial, jusqu'à l'arrivée de l'Airbus A380.

Selon les configurations et le type de classes, il peut accueillir de 366 à 524 passagers. Le 747 vole à vitesse subsonique (environ Mach 0,85[5]) pour un rayon d'action intercontinental (13 450 km pour la version 747-400), qui lui permet dans certaines configurations d'effectuer le trajet New YorkTokyo sans escale. Au 30 mars 2008, 1 522 exemplaires avaient été commandés, toutes versions confondues[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Site de production[modifier | modifier le code]

Boeing ne possédait pas de chaîne d'assemblage suffisamment grande pour pouvoir accueillir la fabrication d'un aussi grand avion. Lors du lancement du projet 747, il fallut donc construire une nouvelle usine. La société décida de bâtir cette usine à environ 55 km au nord de la ville de Seattle dans la localité d'Everett dans l'État de Washington[6]. En juin 1966, la société y acheta un terrain de plus de 300 hectares[7].

L'usine a été conçue pour faciliter au maximum la construction d'avions aussi grands que le 747. Il fallut déplacer plus de trois millions de m3 de terre pour niveler le terrain[8]. Boeing avait promis de livrer les premiers 747 à la compagnie aérienne Pan American World Airways, appelée aussi Pan Am, en 1970. Cela lui laissait moins de quatre ans pour développer, construire et tester les appareils. Il fallut maintenir une cadence élevée pour respecter les délais. Les 50 000 employés de Boeing qui rendirent possible l'achèvement du programme préliminaire en moins de seize mois se virent ainsi récompensés par l'attribution du surnom « The Incredibles » pour les médias[9].

Prélude[modifier | modifier le code]

Le premier prototype 747, surnommé City of Everett, au Museum of Flight à Seattle.

Le 747 a été conçu pour répondre à l’accroissement du transport aérien dans les années 1960, à la suite du succès des Boeing 707 et Douglas DC-8 qui étaient les précurseurs des voyages à grande distance par avions à réaction. Boeing avait déjà développé un projet d'avion gros porteur pour répondre à un appel d’offres de l’armée américaine[9]. Boeing perdit néanmoins le contrat en faveur du C-5 Galaxy de la compagnie Lockheed en septembre 1965. Le président de l’époque de son plus fidèle client, la compagnie aérienne Pan Am, mit la pression pour que Boeing lance un avion avec une capacité deux fois supérieure au Boeing 707 existant.

En 1965, Joe Sutter quitta l’équipe de développement des Boeing 737 pour superviser les études du modèle 747. Le design prévoyait un avion à deux étages avec des séries de sièges disposés en (3-2-3) au pont inférieur et en (2-3-2) au pont supérieur[10]. Néanmoins à cause des technologies existantes à l’époque et aussi des problèmes d’évacuation, le projet s’orienta d'abord vers un avion à simple étage[11].

L'avancée technique principale permettant la création d’un tel avion était la technologie des turboréacteurs à double flux. Cela permettait de réduire fortement la consommation spécifique et le bruit par rapport aux réacteurs existants. Le moteur mis au point par la compagnie General Electric Aviation était réservé au C-5 Galaxy (avion militaire). Pratt and Whitney (P&W) travaillait également sur le même principe et fin 1966, Boeing, Pan Am et P&W se mirent d’accord pour que P&W développe le moteur JT9D. Il fut décidé de poser quatre moteurs par 747 sous les ailes.

Cargolux 747-400F de Cargolux avec sa porte de chargement avant ouverte.

À cette époque où le carburant ne coûtait pas cher et où le progrès technologique paraissait sans limites, les spécialistes croyaient que les vols à grandes distances seraient effectués tôt ou tard par des avions supersoniques, ce qui fait que Boeing réalisa son avion de façon qu’il puisse être employé également pour le transport de marchandises. Le cockpit fut ainsi positionné sur un pont supérieur raccourci ce qui permettait de placer une porte de chargement sur le nez de l’avion. C’est ce qui donne au Boeing 747 cette forme si particulière à l’avant. Mais finalement, les supersoniques comme le Concorde ou le Boeing 2707 (jamais mis en circulation) ne furent pas utilisés à grande échelle. Ces avions très bruyants au décollage et à l’atterrissage étaient aussi très gourmands en carburant à une époque où celui-ci sera devenu beaucoup plus coûteux à cause de la première crise pétrolière (1973). De plus la vitesse de ceux-ci devait finalement rester limitée au-dessus des terres habitées pour éviter les effets des bangs supersoniques[12].

Pour apaiser les craintes concernant la sécurité et la fiabilité du transport d’un aussi grand nombre de passagers, le 747 fut conçu avec des systèmes redondants (quatre circuits hydrauliques pour les commandes de vol, ainsi que des sécurités contre les incendies). Il y avait quatre trains d’atterrissage munis de seize roues pour répartir la masse de l’avion sur le sol. Un système de volets à triple fente (dispositifs hypersustentateurs) permettait de minimiser la vitesse d’atterrissage et d’utiliser les pistes d’aéroport standards.

En avril 1966, Pan Am commanda vingt-cinq appareils de la série 747-100 pour un montant de 525 millions de dollars. La cérémonie officielle de signature eut lieu à Seattle lors du 50e anniversaire de Boeing. La compagnie aérienne Pan Am joua un rôle important en participant à la conception de l’avion et en passant la première commande de 747[7],[13],[14].

Les essais[modifier | modifier le code]

Cockpit d’un 747-100

Avant la fin de l'assemblage du premier appareil, des essais avaient déjà été menés sur différents composants du 747. Il fallut par exemple tester le système d'évacuation des passagers pour déterminer le temps nécessaire pour faire sortir 560 passagers de l'avion. Un test réel fut ainsi réalisé et dura 150 secondes alors que la Federal Aviation Administration (FAA) imposait un temps maximum de 90 secondes. De plus, plusieurs volontaires furent blessés lors de ce premier exercice. Il fallut réaliser plusieurs tests pour atteindre les objectifs. Le problème provenait principalement de l'évacuation du pont supérieur de l'avion[15].

Le 30 septembre 1968, le premier 747 (N7470) sortit de la ligne d'assemblage devant la presse et devant 26 représentants de compagnies aériennes[16]. Le premier vol se déroula le 9 février 1969 après plusieurs mois de préparations. Les pilotes d'essais se nommaient Jack Waddell et Brien Wygle[17],[18]. Le vol se passa sans problème en montrant notamment que l'avion n'était pas sensible au phénomène du « roulis hollandais », caractéristique touchant certains avions à aile en flèche, comme dans le cas du B-707[19].

D'autres essais en vol firent cependant apparaître divers problèmes. Les ailes souffraient d'oscillations parasites sous certaines conditions. Ce problème fut résolu en diminuant la rigidité de certaines parties des ailes et en ajoutant un contrepoids en uranium appauvri dans les supports extérieurs des moteurs des premiers 747[20]. Cette solution causa beaucoup de craintes lorsque plusieurs écrasements de 747 survinrent les années suivantes (vol 358 de China Airlines en 1991 et vol 1862 de la compagnie israélienne El Al près d'Amsterdam en 1992)[21],[22].

Le programme de tests fut considérablement ralenti par les problèmes des moteurs JT9D[23]. Cela entraina des retards de livraisons de plusieurs mois et plus de 20 avions furent stockés à Everett en attendant l'arrivée des moteurs[24]. Le troisième appareil d'essais fut fortement endommagé en essayant d'atterrir sur la piste de l'usine de Boeing situé à Renton dans l'État de Washington. Le pilote avait sous-estimé la longueur d'atterrissage nécessaire ce qui amena des avaries au train d'atterrissage[25]. Malgré ces difficultés, un avion prototype fut présenté lors du 28e salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget à l'été 1969. Le 747 reçut de la FAA son certificat d'aptitude au vol en décembre 1969, ce qui lui ouvrit l'accès à la commercialisation.

À cause du coût très important du développement du 747 et de la construction de l'usine d'Everett, Boeing avait risqué jusqu'à son existence sur le succès du 747 ; pendant les années 1970, la compagnie était en effet très proche de la banqueroute[26]. Cependant, avec la forte reprise du trafic aérien des années 1980, le pari fut gagnant et permit à Boeing d'être seul sur le segment des gros porteurs pendant plus de 35 ans, jusqu'à l'arrivée de l'Airbus A380[27].

En service[modifier | modifier le code]

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Le 15 janvier 1970, l’épouse du président américain, Pat Nixon[28], baptisa officiellement le premier Boeing 747 de la compagnie Pan Am à l'aéroport international de Dulles (Washington D.C.) en présence du président de la compagnie aérienne. Le 747 fut aspergé d’eau aux couleurs du drapeau américain à la place du traditionnel champagne. Le premier vol commercial eut lieu le 22 janvier 1970[28] entre l'Aéroport international John-F.-Kennedy et l'Aéroport de Londres Heathrow. Pan Am utilisa la même année le 747 pour les lignes Boston-Londres. D’autres compagnies furent rapidement intéressées par cet avion comme Trans World Airlines, Japan Airlines, Lufthansa, BOAC et Northwest Airlines. American Airlines commença à utiliser des 747 entre New York et Los Angeles à l’été 1970 et entre Washington et Los Angeles avant d’ouvrir les lignes Boston-Chicago et Boston-Los Angeles. En 1991 lors de l'opération d’évacuation Salomon un 747 de la compagnie El Al transporta 1 222 passagers[29] soit près de trois fois sa capacité habituelle.

Au commencement, les autres fabricants américains d’avions comme McDonnell Douglas et Lockheed étaient sceptiques par rapport au 747 et préféraient travailler sur des avions plus petits comportant seulement trois réacteurs (triréacteur). Beaucoup de compagnies pensaient que le 747 serait trop grand pour les vols longs courriers tout en ayant peur que les aéroports ne puissent pas accueillir un aussi grand avion. Le même souci revint à la surface lors du lancement de l'Airbus A380 plusieurs années plus tard[30].

Les problèmes du prix du carburant après le choc pétrolier de 1973 fit diminuer le nombre de passagers. Certaines compagnies durent retirer des sièges et les remplacer par un bar pour essayer d’attirer de nouveaux clients. Certains 747 furent aussi transformés en avion cargo ou même vendus. Des appareils moins gros comme les triréacteurs DC-10, L-1011 et les biréacteurs Boeing 767 et Airbus A300 prirent des parts de marché au 747.

Les 747 étaient utilisés par les lignes intercontinentales (vols transatlantiques et de l’Europe vers Australie), mais également par les lignes intérieures des pays asiatiques où les appareils étaient toujours remplis. En 2011, la plus grande flotte de 747 est détenue par la compagnie japonaise Japan Airlines suivie de la compagnie britannique British Airways.

Le 747 resta le plus grand transporteur de passagers jusqu'à l’arrivée de l’Airbus A380. Il était resté l'avion le plus lourd en service régulier avant l’apparition de l’appareil russe Antonov An-124 en 1982. Ce titre fut reconquis par Boeing en 2000 avec la sortie du 747-400ER.

Futur du 747[modifier | modifier le code]

Capacité en passagers des avions Boeing.

Depuis l'arrivée du 747-400 en 1989, plusieurs adaptations de l'avion ont été envisagées. Néanmoins, le seul design approuvé fut celui du 747-8 en 2005. Le programme 747-X avait été lancé en 1996 en réponse au programme européen A3XX de la société Airbus. Le 747-X consistait en un 747-500X ou 747-600X avec plus de 800 passagers et muni de moteurs GP7200 de la compagnie Engine Alliance qui avaient déjà été développés pour l'A380. Le projet cessa après quelques mois, car celui-ci était une évolution des anciens modèles alors que les compagnies aériennes souhaitaient disposer d'un nouvel appareil.

Alors que le développement de l'Airbus A380 commença en 2000, Boeing étudia le Boeing Sonic Cruiser[31] avant de se tourner vers le programme 787[32]. Certaines idées du 747-X furent néanmoins employées pour le 747-400ER.

Début 2004, Boeing sortit des plans du 747 Advanced. Identique à la base aux plans du 747-X, il profitait des évolutions technologiques du 787. Le 14 novembre 2005, la compagnie annonça le lancement du 747 Advanced sous le nom de 747-8[33]. À cause des délais de livraison importants des Airbus A380, deux clients passèrent des commandes supplémentaires chez Boeing[34],[35]. D'autres clients passèrent d'Airbus à Boeing en annulant leurs commandes[36],[37].

Les 747 pourraient être à terme remplacés par un nouvel appareil surnommé « Boeing Yellowstone » (« Y3 »).

Les différentes versions[modifier | modifier le code]

De très nombreuses versions de cet appareil ont été produites. En voici la liste avec leur description.

747-100[modifier | modifier le code]

747-100 de la compagnie Qantas

La première édition du jumbo jet, le 747-100, sortit de la chaîne de montage d'Everett (cette usine était alors la plus grande jamais construite) pour un 1er vol le 9 février 1969[4] et une certification en décembre de la même année. Le 747-100 entra en service en janvier 1970[38], pour son premier client, la Pan American World Airways[4]. Une évolution de la masse avion, de la poussée des moteurs et de son rayon d'action permit la construction des 747-100B. Cette évolution intervint alors que le 747-200 était déjà en production. De fait, seuls 9 exemplaires du 747-100B furent construits. Autre variante du 747-100, le 747-100SR (Short Range) est optimisé pour les vols très courts : d'une capacité de 550 voyageurs[38], il est utilisé sur des vols intérieurs au Japon.

Les avions de la série 100 de base peuvent parcourir un peu plus de 9 000 km avec un chargement complet. Le dernier avion livré dans cette version le fut pour la compagnie aérienne japonaise Japan Airlines en septembre 1986[4].

Le 747-100 version passagers peut être distingué des autres versions par son pont supérieur ne comportant, parfois, que trois hublots (système de caches amovibles, la rangée classique de hublots se rencontrant aussi). Certains 747-100 ont connu une seconde vie après une modification en Spécial Freighter, version jamais déclinée par Boeing. Toute la cabine est aménagée pour le transport de fret et une porte latérale cargo est installée côté gauche, entre les portes passagers 4 et 5. Ce type d'avion ne possède pas de porte de nez.

747-200[modifier | modifier le code]

Air Force One est un Boeing 747-200B

Introduit en 1972, le 747-200 a des turboréacteurs d'une poussée supérieure et sa masse structurale est plus importante que celle du 747-100. Ses réservoirs lui permettent l'emport d'une quantité de carburant supérieure, augmentant ainsi son rayon d'action. Il se distingue généralement par son pont supérieur à huit hublots (certaines compagnies ont acheté la modification S.U.D. - Streched Upper Deck : pont supérieur rallongé - lui donnant l'apparence d'un B747-300). Les modèles de la série 200 Classic, construits au début des années 1990[4], peuvent parcourir environ 12 700 km à pleine charge[39].

747-200B[modifier | modifier le code]

Version améliorée du 747-200 standard, le 747-200B dispose d'un plus grand chargement de kérosène et de moteurs plus puissants. Qantas en prit livraison dès 1971. Son autonomie est de 10 700 km. À noter que Boeing proposa d'allonger le pont supérieur du B 747-200, avion qui fut baptisé B 747 200 SUD (Stretched Upper Deck). La Compagnie privée française UTA en fit transformer deux (F-BTDG et F-BTDH) Il avait donc un pont supérieur de 300 avec un escalier droit et un pont principal de 200 non modifié.

747-200C[modifier | modifier le code]

Un Boeing 747-200 Israélien de El Al

Le 747-200C (Combi) pouvait soit transporter des passagers, soit transporter des marchandises[40]. Grâce à des sièges amovibles, il était possible de le transformer assez facilement d'un avion pour passagers à un avion cargo.

747-200F[modifier | modifier le code]

Le 747-200F (Freighter) ne transporte que du fret. Le chargement se fait soit par l'avant (après relevage du nez), soit par la porte latérale cargo située côté gauche entre les portes passagers 4 et 5. En 2011, beaucoup de 747-200 sont encore opérationnels. Certains 747-200C (Combi) ont connu une seconde vie après une conversion en Spécial Freighter. Toute la cabine est alors destinée au transport de fret. Ce type d'avion ne possède pas de porte de nez, le chargement se faisant uniquement par la porte latérale cargo, déjà existante, située côté gauche.

747-200M[modifier | modifier le code]

Il pouvait transporter aussi bien des passagers que des marchandises. Contrairement au 747-200C qui transportait soit des marchandises ou soit des passagers, le 747-200M pouvait transporter les deux en même temps tout en étant limité à environ 200 passagers[40].

747SP[modifier | modifier le code]

Boeing 747SP de Qantas en 1981.
Boeing 747SP d'American Airlines en 1989.

Le premier 747SP (pour Special Performance : « performance spéciale ») a été livré le 3 mai 1976[4]pour la compagnie américaine Pan American World Airways. Il a été conçu pour concurrencer les DC-10 et les Lockheed Tristar. Le 747 était trop gros pour beaucoup de liaisons aériennes, et Boeing n'avait pas d'avion de taille moyenne pour concurrencer les DC-10 et les TriStar. Étant données les énormes sommes investies dans le développement du 737 et du 747 vers la fin des années 1960, Boeing n'avait pas les moyens de développer un tout nouveau type d'avion.

Le 747 a donc été raccourci (le fuselage est plus court de 15,35 m par rapport à un 747-100) et optimisé pour augmenter sa vitesse et son rayon d'action au détriment du nombre de places. La capacité du 747SP est de 220 passagers (dans une configuration à trois classes), mais peut parcourir plus de 12 000 km à une vitesse maximum de 1 130 km/h, une nette amélioration par rapport aux précédents 747. Le premier B747 SP de South African Airways livré s'est posé sur l'aéroport du Cap en provenance de Seattle après un vol de 15 557 km sans escale. Les passionnés et connaisseurs d'aviation civile l'ont surnommé le « petit 74 » ou le « bébé jumbo » parce que son fuselage est raccourci et parce qu'il a un aspect tronqué (le 747 a perdu le dernier 7 ce qui donne 74). Certains ont même détourné l'acronyme « SP » en Short Plane (« avion court »).

Le 747SP était l'avion de ligne au rayon d'action le plus élevé jusqu'à l'arrivée de l'Airbus A340, et s'était fait une place dans les flottes des compagnies aériennes American Airlines, Pan Am et Qantas qui avaient besoin de sa grande autonomie pour les liaisons trans-Pacifique-Sud. South African Airways a profité de son grand rayon d'action pour outrepasser les interdictions d'atterrissage des nations africaines lorsque l'apartheid était en place en Afrique du Sud. American Airlines l'utilisa plus tard pour desservir Tōkyō.

Malgré tous ses succès techniques, les ventes du SP n'ont jamais été à la hauteur des espérances de Boeing. Seule la compagnie aérienne française Corsair l'a utilisé en France. À noter toutefois que la compagnie privée UTA loua un 747 SP en 1989 à Luxair pour desservir l'Afrique. Seulement 44 avions ont été construits mais certains sont encore en service chez Iran Air qui est la dernière à l'exploiter en 2011, ainsi que comme avion gouvernemental de pays du Moyen-Orient (Arabie saoudite (2 avions), Bahreïn, Oman, Qatar, Irak et Yémen) pour le transport de personnalités (ballet san José, Star Triple Seven, Global Peace Ambassador, Las Végas sand (2 avions), Saudi Arabian Airlines). En 2011, d'autres sont stockés, comme ceux de Syrianair (2 avions), celui de Kinshasa Air, celui de United, celui de Iraqi Airways et les deux avions test Pratt & Whitney qui sont en réparation. La NASA utilise un appareil pour SOFIA, un télescope embarqué utilisable grâce à une porte coulissante installé le long du fuselage. La dernière livraison eut lieu en 1989[4].

747-300[modifier | modifier le code]

Swissair fut la compagnie de lancement du 747-300.

La première utilisation du terme 747-300 concernait un projet de version triréacteur du 747SP, censé concurrencer les McDonnell Douglas DC-10 et Lockheed L-1011 TriStar. La demande anticipée étant faible, l'idée fut par la suite abandonnée.

Le nom 747-300 fut réutilisé pour une nouvelle version du 747 qui apparut en 1980, et qui fut la première, avant le 747-400 et le 747-8, à intégrer un pont supérieur rallongé. Ce pont supérieur est alors accessible par un escalier droit (auparavant en spirale dans les versions précédentes). Le restylage extérieur de l'appareil, tout en permettant une plus large capacité de transport, offre une meilleure aérodynamique, donnant la possibilité au 747 de voler alors à mach 0,85[41] tandis que son rayon d'action maximal est de 9 800 km[42].

Swissair fut la compagnie de lancement du 747-300, même si le premier modèle fut livré à l'opérateur français UTA le 1er mars 1983[4],[41]. Les déclinaisons combi (747-300M) et moyen-courrier (747-300SR) furent construites principalement pour le marché japonais.

Bien que de plus en plus rares en 2011, certaines compagnies utilisent encore massivement le 747-300 comme Japan Airlines, Air India, Saudi Arabian Airlines, Pakistan International Airlines (PIA) ou encore Qantas. Les 747-300 tendent en 2011 à disparaître des flottes des plus grandes compagnies mondiales au profit d'avions plus économes en carburant, comme notamment le 747-400 et le Boeing 777 (Par exemple, Air France a remplacé en 2006 ses 747-300 par des 777-300ER sur ses vols vers les Antilles françaises). Le dernier 747-300 a été livré en 1990 à la compagnie aérienne belge Sabena, disparue depuis.

747-400[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Boeing 747-400.
Un Boeing 747-400 de la Japan Airlines à Tokyo

Le 747-400 en version passagère n'est plus en production. Il a laissé sa place au 747-8. Il a été rajouté des winglets en bouts d'ailes, un tout nouveau cockpit (dit Glass cockpit) permettant le pilotage à 2 (sans officier mécanicien navigant ou OMN), un réservoir de carburant supplémentaire dans le plan fixe horizontal de la dérive, des moteurs améliorés (General Electric CF6-80, Rolls-Royce RB211-524 et Pratt & Whitney PW4000) et un nouvel aménagement intérieur par rapport à la conception des 747-300. Le premier exemplaire est entré en service en 1989 chez Northwest Airlines.

Le 747-400 existe en plusieurs variantes, le « combiné » 747-400M, le transporteur de fret 747-400F et le 747-400D (cette version n'est plus livrée depuis 1995[4]) pour les liaisons intérieures japonaises. Le 747 était l'avion pouvant transporter le plus de passagers au monde avec au maximum 580 passagers avant l'arrivée de l'A380.

Le 747-400ER (Extended Range) est une version à rayon d'action étendu qui a par la suite été décliné en une version cargo, le 747-400ERF (Extended Range Freighter). La première compagnie à recevoir une livraison fut Air France en 2002[4].

747-LCF[modifier | modifier le code]

Le 747-LCF (Large Cargo Freighter) est une modification réalisée pour les besoins internes de Boeing, à savoir le transport des ailes du 787, produites au Japon, et des pièces fabriquées en Italie. Cet impressionnant avion-cargo à l'esthétique discutable est doté d'une fuselage extra-large qui offre un volume de 1 845 m3, à la manière du Beluga d'Airbus. Sa queue s'ouvre sur le côté pour le chargement et le déchargement. Cette modification, conçue par la filiale russe de Boeing et réalisée à Taïwan par la société Evergreen, concerne quatre 747-400[43].

747-8[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Boeing 747-8.

Le 747 est le seul avion de ligne de Boeing qui n'a jamais vu sa longueur augmenter au cours des diverses améliorations. Cela est principalement dû aux incertitudes économiques dans le secteur aéronautique, ainsi qu'au manque de moteurs pouvant soulever une masse plus importante. Beaucoup de propositions techniques ont été envisagées pour construire des modèles rallongés, mais aucune ne fut réalisée. Le programme 747-X a démarré en 1996, comme une réponse de Boeing à Airbus et son projet A3XX. Le 747-X aurait été décliné en 747-500X et 747-600X et il aurait pu accueillir jusqu'à 800 passagers. General Electric et Pratt & Whitney se sont même associés pour développer un turboréacteur adéquat, le GP7200 (plus tard adapté pour propulser l'A380). Mais les compagnies aériennes préféraient que Boeing développe un tout nouvel appareil plutôt que de remettre à jour les 747, et le plan a été abandonné après quelques mois.

Boeing a dépoussiéré ses études sur le 747-X afin de contrecarrer les futures ventes de son concurrent (A380). Mais étant donné que les compagnies n'en voulaient toujours pas, Boeing a interrompu le programme en 2001 sans aucune perspective de vente, concentrant son énergie d'abord sur le vrai-faux projet Sonic Cruiser et ensuite sur le 787. Cependant, certaines des idées développées pour le 747-X ont été mises en pratique sur le 747-400ER.

Au début des années 2010, le futur à long terme du 747 est incertain. Même les fidèles clients du 747 comme Qantas, Virgin Atlantic ou Singapore Airlines ont acquis des A380. En 2011, les ventes de 747 sont faibles et la majorité des 747 produits dernièrement sont des avions-cargos.

Pour concurrencer le nouvel Airbus A380, Boeing a annoncé en novembre 2005 le coup d'envoi officiel d'une nouvelle version de 747. Dénommé 747-8 et plus connu sous le nom 747 advanced, ce nouvel appareil est une mise à jour du 747 censée relancer les ventes du gros-porteur de l'avionneur américain. Son autonomie sera de 14 815 km[44]. Les principales évolutions à noter sont un nouveau poste de pilotage modernisé, de nouveaux réacteurs fournis par GE Aviation, un fuselage allongé, une aile allongée et fortement incurvée pour un rayon d'action étendu.

Le 21 juillet 2005, la société Cargolux a annoncé le commencement de négociations avec Boeing sur l'achat d'au minimum 10 Boeing 747 Advanced (version fret), suivie de Emirates et Nippon Cargo qui ont commandé respectivement 10 et 8 unités. La première commande a été annoncée par Cargolux le 14 novembre 2005[4], avec une commande ferme de 13 avions et une option sur 10 autres[45].

En 2011, ce 747 existe en deux variantes. Le 747-8I (Intercontinental) qui permet d'embarquer 467 passagers sur une distance de 15 000 km et le 747-8F adapté au transport de marchandises. La compagnie allemande Lufthansa est la première à exploiter la version passagers; avec 20 exemplaires commandés et une option pour 20 autres. Le 747-8F a effectué son premier vol le 8 février 2010. Il a décollé de Paine Field à 12h39 heure locale (21h39 à l’heure de Paris), avec Mark Feuerstein et Tom Imrich aux commandes.

Modèles gouvernementaux et militaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Air Force One.

En 2014, l'avion du président des États-Unis est un VC-25A, le plus connu des 747. Il est surnommé Air Force One, bien que ce nom soit l'indicatif donné à tout appareil de l’United States Air Force transportant le président américain. Il existe deux Boeing VC-25A Air Force One qui assurent, à tour de rôle, le transport du président américain. Ce sont des Boeing 747-200 spécialement aménagés. D'autres 747 spéciaux existent, tels les quatre Boeing E-4 de l’US Air Force qui peuvent servir de centre de commandement en cas d'urgence (guerre nucléaire, catastrophe naturelle majeure), les deux Shuttle Carrier Aircraft, des 747 de transport pour les navettes spatiales américaines, et un modèle d'avion ravitailleur qui fut utilisé exclusivement par l'armée iranienne. Le dernier modèle militaire du 747 est le modèle expérimental Boeing YAL-1 de « laser aéroporté » destiné au programme de défense anti-missiles balistiques des États-Unis.

Evergreen International Aviation a modifié et transformé des Boeing 747-200 en avions de lutte anti-incendie, le Evergreensupertanker. Mis en service en 2009, ce type d'avion d’une capacité d’environ 94 000 litres a déjà été utilisé en Espagne et à Los Angeles.

D'autres gouvernements emploient également des 747 pour le transport de personnalités importantes, comme Bahreïn, l'Iran, le Japon, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite, Taïwan et les Émirats arabes unis.

Compagnies aériennes[modifier | modifier le code]

La plupart des compagnies aériennes internationales emploient les 747 sur leurs itinéraires les plus fréquentés. Cependant, étant donné que le trafic sans escale entre villes d'importance moyenne est devenu prédominant, certaines grandes compagnies ont remplacé leurs 747 par des biréacteurs plus petits et plus efficaces. Beaucoup de compagnies, grandes ou moyennes, américaines ou non, ont donc supprimé le jumbo jet de leur flotte. C'est le cas de Aer Lingus, Air Canada, Alitalia, American Airlines, America West Airlines, Continental Airlines, Delta Airlines, Olympic Airways, Royal Jordanian, SAS et Varig.

En 2011, la plupart des 747 appartiennent à des compagnies européennes ou asiatiques. Dans les années 1970, 17 compagnies nord américaines utilisaient des 747 pour leurs liaisons commerciales. Elles ne sont plus que deux : Delta Air Lines et United Airlines.

Les 15 plus gros opérateurs de Boeing 747
(en date du 13 février 2010)
Compagnie aérienne Nombre d'exemplaires
(en service)
1 Royaume-Uni British Airways 57
2 Flag of South Korea.svg Korean Air 43
3 Flag of France.svg/Drapeau des Pays-Bas Air France KLM 29
4 Flag of Hong Kong.svg Cathay Pacific 40
5 Flag of Japan.svg Japan Airlines 38
6 Flag of the Republic of China.svg China Airlines 35
7 Flag of Germany.svg Lufthansa 29
8 Flag of Australia.svg Qantas 27
9 Flag of the United States.svg United Airlines 24
10 Flag of Saudi Arabia.svg Saudi Arabian Airlines 23
11 Flag of Singapore.svg Singapore Airlines 20
12 Flag of the United States.svg Kalitta Air 20
13 Flag of Thailand.svg Thai Airways 18
14 Flag of the People's Republic of China.svg Air China 18
15 Flag of Malaysia.svg Malaysia Airlines 15

Livraisons par années[modifier | modifier le code]

2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996 1995 1994 1993 1992 1991 1990 1989
4 (mai) 9 0 8[46] 14 16 14 13 15 19 27 31 25 47 53 39 26 25 40 56 61 64 70 45
1988 1987 1986 1985 1984 1983 1982 1981 1980 1979 1978 1977 1976 1975 1974 1973 1972 1971 1970 1969 1968
24 23 35 24 16 22 26 53 73 67 32 20 27 21 22 30 30 69 92 4 0

Le nombre de livraisons est en diminution ces dernières années, bien que le chiffre historique de 1500 ventes ait été atteint en 2014 avec la vente d'un 14e 747-8i à Lufthansa[47]. En 2010, aucun 747 n'a été livré, et la seule commande enregistrée est pour une version de prestige (VIP).

Spécifications par modèle[modifier | modifier le code]

Planche architecturale de différentes versions du Boeing 747

Chaque Boeing 747 est propulsé par quatre turboréacteurs identiques. Trois motoristes (Pratt & Whitney, Rolls-Royce et GE Aviation) ont développé des turboréacteurs pour le 747, le choix du motoriste appartenant au client final. Les différents modèles de réacteurs[48] pour les dernières versions de chaque série sont reprises dans le tableau ci-dessous.

Spécifications par modèle[49],[50]
Caractéristiques 747-100 747-200B 747-300 747-400 747-400ER 747-8I
Équipage Trois Deux
Passagers 366 (3-class)
452 (2-class)
412 (3-class)
496 (2-class)
416 (3-class)
524 (2-class)
467 (3-class)
Longueur 70,6 m 76,4 m
Envergure 59,6 m 64,4 m 68,5 m
Hauteur 19,3 m 19,4 m 19,5 m
Masse à vide 162 t 174 t 178 t 179 t 164 t 214 t
Masse maximum au décollage 334 t 378 t 397 t 413 t 440 t
Vitesse de croisière Mach 0,84
(895 km/h)
Mach 0,85
(913 km/h)
Mach 0,855
(918 km/h)
Vitesse maximale Mach 0,89 Mach 0,90
Distance franchissable 9 800 km 12 700 km 12 400 km 13 450 km 14 205 km 14 815 km
Capacité kérosène 183 380 l 199 158 l 216 840 l 241 140 l 240 410 l
Consommation à charge max. 18,7 l/km 15,7 l/km 16,1 l/km 16,1 l/km 17 l/km 14,6 l/km
Moteurs (x 4) PW JT9D-7A
GE CF6-45A2
RR RB211-524B2
PW JT9D-7R4G2
GE CF6-50E2
RR RB211-525D4
PW JT9D-7R4G2
GE CF6-80C2B1
RB211-524D4
PW 4062
GE CF6-80C2B5F
RR RB211-524H
p. 4062
GE CF6-80C2B5F
GEnx-2B67
Poussée moteur (x 4) 207 kN PW
207 kN GE
223 kN RR
243 kN PW
233 kN GE
236 kN RR
243 kN PW
247 kN GE
236 kN RR
282 kN PW
276 kN GE
265 kN RR
282 kN PW
276 kN GE
302 kN (estimation)

Quelques caractéristiques notables[modifier | modifier le code]

Le 747 comparé à d'autres avions :
  • Un 747-400 est composé de six millions de pièces (dont la moitié sont des pièces d'attache) construites dans 33 pays différents.
  • La poussée d'un seul moteur de 747 est supérieure à celle des quatre moteurs d'un des premiers modèles de Boeing 707.
  • Les tout premiers 747 avaient environ 300 kg d'uranium appauvri placé dans les nacelles des moteurs. Cela servait de lest pour avancer le centre de gravité de l'aile par rapport à son axe de torsion (et réduire ainsi la vibration de torsion).
  • Après pressurisation, le 747 contient une tonne d'air.
  • Durant la phase de la préparation au sol de l'appareil avant l'embarquement des passagers les réservoirs d'eau peuvent contenir jusqu'à 1 200 litres.
  • Pendant la période de certification de vol, Boeing a construit un véhicule d'entraînement appelé « chariot de Waddell » (baptisé du nom du pilote d'essai du 747, Jack Waddell) qui était composé d'une maquette de cockpit montée sur le toit d'un camion. Cela servait à former les pilotes au roulage au sol de cet appareil depuis son cockpit surélevé.
  • L'une des premières propositions de conception pour le 747 comportait un double pont sur toute la longueur de l'avion, semblable à celui de l'Airbus A380. Boeing a abandonné cette idée au dernier moment, pensant qu'un pont principal plus large serait à la fois plus économique à l'exploitation et plus sûr.
  • Lors de son lancement, le terme Jumbo (« géant ») avait déjà été inventé par les médias pour décrire en général une nouvelle classe d'avions de ligne de grande taille qui étaient alors en développement, comme le Lockheed L-1011 TriStar et le DC-10. Boeing a tout fait pour décourager les médias et le grand public d'utiliser ce terme pour le 747, mais en vain, et aujourd'hui « jumbo jet » est devenu le synonyme du 747.
  • En raison de sa grande longueur, il y a une légère flexion du fuselage en vol. Cet effet n'ayant pas été prévu dans la conception du pilote automatique des modèles les plus anciens, il y a une oscillation en tangage très lente dans le vol lorsque le pilotage automatique est enclenché. Elle est trop faible pour être perceptible par les passagers.
  • A sa mise en service, en raison du diamètre important des réacteurs, il n'existait aucun avion cargo capable d'accueillir dans sa soute un moteur de rechange. Aussi le 747 fut muni d'un 5e point d'ancrage moteur situé entre le fuselage et le réacteur intérieur gauche (N°2) en retrait de ce dernier pour permettre le convoyage d'un réacteur de rechange partiellement caréné. Avec l'apparition du 747 cargo et sa porte frontale, l'usage se fait plus rare. Ce point d'ancrage est cependant toujours présent sur le 747-400 et certaines compagnies ont encore recours à cette pratique (Qantas, le 20 décembre 2009 avec le 747 immatriculé VH-OJQ[51])

Musées[modifier | modifier le code]

Suite au nombre croissant de déclassements de Boeing 747-100 et 747-200, plusieurs d'entre eux se sont retrouvés dans des musées de l'aviation :

Catastrophes aériennes[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'une partie de la carlingue du vol 800 TWA qui reliait New York à Paris.

Les 747 ont été impliqués dans un certain nombre de catastrophes aériennes[55]. Cependant, peu ont été causées par des erreurs de conception de l'avion. La plupart ont eu lieu en raison d'erreurs de pilotage, ou parfois d'attentats terroristes. Le tableau ci-dessous donne une liste non exhaustive de ces catastrophes, une liste plus complète peut être trouvée dans Catastrophe aérienne.

N° vol Lieu Date Cause Victimes
totales
Victimes
à bord
Autres
victimes
Rescapés
à bord
Flag of Germany.svg Vol 540 Lufthansa Flag of Kenya.svg Nairobi 20.11.1974 erreur de pilotage 59 59 - 98
Catastrophe de Tenerife
Flag of the Netherlands.svg Vol 4805 KLM
Flag of the United States.svg Vol 1736 Pan Am
Flag of Spain.svg Tenerife 27.03.1977 collision au décollage 583 335 - 0
248 - 61
Flag of India.svg Vol 855 Air India Flag of India.svg Mer d'Arabie 01.01.1978 erreur de pilotage 213 213 - 0
Flag of South Korea.svg Vol 007 Korean Air Lines Flag of the Soviet Union.svg Sakhaline 01.09.1983 abattu par un
Su-15 soviétique
269 269 - 0
Flag of Colombia.svg Vol 011 Avianca Flag of Spain.svg Madrid 27.11.1983 erreur de pilotage 181 181 - 11
Flag of India.svg Vol 182 Air India Océan Atlantique 23.06.1985 attentat 329 329 - 0
Flag of Japan.svg Vol 123 Japan Airlines Flag of Japan.svg Tōkyō 12.08.1985 perte de l'empennage 520 520 - 4
Flag of South Africa.svg Vol 295 South African Airways Océan Indien 27.11.1987 Incendie dans la partie fret 159 159 - 0
Attentat de Lockerbie
Flag of the United States.svg Vol 103 Pan Am
Flag of the United Kingdom.svg Lockerbie 21.12.1988 attentat 270 259 11 au sol 0
Flag of the United States.svg Vol 811 United Airlines Flag of the United States.svg Honolulu 24.02.1989 ouverture de porte de soute en vol 9 9 - 346
Flag of the Republic of China.svg Vol 358 cargo China Airlines (en) Flag of the Republic of China.svg Taïwan 29.12.1991 perte de deux réacteurs 5 5 - 0
Flag of Israel.svg Vol 1862 cargo El Al Flag of the Netherlands.svg Amsterdam 04.10.1992 perte de deux réacteurs 43 4 39 au sol 0
Flag of the Philippines.svg Vol 434 Philippine Airlines Flag of Japan.svgOkinawa 11.12.1994 attentat 1 1 - 292
Flag of the United States.svg Vol 800 TWA Flag of the United States.svg Long Island 17.07.1996 explosion d'un réservoir
de kérozène
230 230 - 0
Flag of Saudi Arabia.svg Vol 763 Saudi Arabian Flag of India.svg Delhi 12.11.1996 collision en vol 349 312 37 dans
l'autre avion
0
Flag of South Korea.svg Vol 801 Korean Air Flag of Guam.svg Guam 06.08.1997 erreur de pilotage 228 228 - 26
Flag of Singapore.svg Vol 006 Singapore Airlines Flag of the Republic of China.svg Taipei 13.10.2000 erreur de pilotage 83 83 - 96
Flag of the Republic of China.svg Vol 611 China Airlines Flag of the Republic of China.svg Îles Pescadores 25.05.2002 décompression explosive 225 225 - 0
Flag of South Korea.svg Vol 991 Asiana Cargo (en) Flag of South Korea.svg Corée du Sud 28.07.2011 enquête en cours (incendie du fret, suicide du pilote ?) 2 2 - 0
Vol 102 National Airlines Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 29.04.2013 enquête en cours (mauvaise répartition du fret) 7 7 0 0

Au cinéma et jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Les Boeing 747 de par leur taille impressionnante (et donc de par leur potentiel de destruction et de victimes) ont souvent été le théâtre de films américains à suspense jouant sur la peur des catastrophes aériennes. Peu de temps après le lancement des premiers appareils, ceux-ci ont été utilisés comme décor privilégié de différents films catastrophes. Notons par exemple les films 747 en péril (1975) et Les Naufragés du 747 (1977). Harrison Ford a ensuite interprété un rôle dans le film Air Force One (1997) se déroulant dans l’avion présidentiel du même nom et en 2006, une horde de serpents agressifs ont sévi dans un 747 dans le film à suspense Des serpents dans l'avion (2006). Un 747 transportait en 1979 une des navettes spatiales Moonraker dans le James Bond du même nom[56]. L'Année sainte, film français de 1976, se déroule principalement à bord d'un B-747 détourné au cours d'un vol de Paris à Rome. Un 747 cargo avait été demandé et mis à la disposition des terroristes (William Sadler) dans le film 58 minutes pour vivre (1990). Un 747 s'est écrasé sur un quartier résidentiel dans La Guerre des mondes de 2005, et tandis que dans le film de Roland Emmerich 2012 on peut constater que la fille du président se sauve dans un Boeing 747, plutôt connu sous le nom de Air Force One.

Dans les jeux vidéo Grand Theft Auto 4 et Grand Theft Auto 5, on peut apercevoir et piloter des Boeing 747 dans l'aéroport international local. La simulation Flight Simulator dispose de 747 que le joueur peut piloter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Boeing Commercial Airplanes prices », Boeing (consulté le 08 novembre 2013)
  2. a, b et c (en) [1]
  3. Les principales caractéristiques de l'appareil sur la fiche technique d'aeroweb-fr.net.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) Dates de mises sur le marché des différents modèles sur le site de Boeing
  5. Boeing: Commercial Airplanes - 747 - 747-400 Technical Characteristics sur le site de Boeing
  6. (en) Lieux d'assemblage sur le site de Boeing
  7. a et b (en) Boeing 747-400 Program Milestones, The Boeing Company. Consulté 21 septembre 2005
  8. Irving, p. 310.
  9. a et b (en) History - 747 Commercial Transport - Site officiel de Boeing
  10. Irving, p. 282.
  11. (en) « The Boeing 747 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-22 - Judy Rumerman, U.S. Centennial of Flight Commission
  12. (en) « The Concorde Supersonic Transport » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-22 - T.A. Heppenheimer, US Centennial of Flight Commission
  13. (en) Passenger Planes: Boeing 747 - David Noland, Infoplease (Pearson Education)
  14. Irving, p. 359
  15. Irving, p. 383
  16. « All but off the Ground », Time,‎ 4 octobre 1968 (lire en ligne)
  17. « The Giant Takes Off », Time,‎ 21 février 1969 (lire en ligne)
  18. (en) Boeing 747, the "Queen of the Skies", Celebrates 35th Anniversary - Site officiel de Boeing, 9 février 2004
  19. Irving, pp. 417–418
  20. Irving, p. 428
  21. Uijt de Haag P.A. and Smetsers R.C. and Witlox H.W. and Krus H.W. and Eisenga A.H., « Evaluating the risk from depleted uranium after the Boeing 747-258F crash in Amsterdam, 1992 », Journal of Hazardous Materials, vol. 76, no 1,‎ 28 août 2000, p. 39-58 (lire en ligne) [PDF]
  22. (en) Henk van der Keur, « Uranium Pollution from the Amsterdam 1992 Plane Crash », Laka Foundation,‎ mai 1999 (consulté le 21-05-2007)
  23. Irving, p. 441-446.
  24. « The Trouble with Jumbo », Time,‎ 26 septembre 1969 (lire en ligne).
  25. Irving, p. 436
  26. Irving, pp. 437-438
  27. (en) Airbus unveils 'superjumbo' jet - BBC News, 18 janvier 2005
  28. a et b Boeing 747-8 : 1er vol commercial : le 22 janvier 1970 - Les Échos (voir archive)
  29. Record du nombre de passagers d’un vol d’avion - Le Saviez-Vous ?
  30. (en) « How the Airbus A380 Works : A380 Challenges » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-12 - Howstuffworks
  31. (en) Boeing Shelves 747X to Focus on Faster Jet - People's Daily, 30 mars 2001
  32. (en) Boeing's Amazing Sonic Cruiser ... - Alex Taylor III, Fortune, 9 décembre 2002
  33. (en) Boeing Launches New 747-8 Family - Communiqué de presse de Boeing, 14 novembre 2005
  34. (en) « Singapore Airlines boosts Airbus fleet with additional A380 orders », Airbus S.A.S.,‎ 20 décembre 2006
  35. (en) « Emirates Airlines reaffirms commitment to A380 and orders additional four », Airbus S.A.S.,‎ 7 mai 2007
  36. (en) David Robertson, « Airbus will lose €4.8bn because of A380 delays », The Times,‎ 3 octobre 2006 (lire en ligne)
  37. (en) Big plane, big problems - CNN, 1er mars 2007
  38. a et b (en) Histoire et versions du 747-100.
  39. (en) Infos Boeing 747-200 Classic
  40. a et b "Aircraft Owner's and Operator's Guide: 747-200/300 (PDF)." Aircraft Commerce. Consulté le 16 mars 2014.
  41. a et b Norris, p. 63
  42. (en) Infos Boeing 747-300 Classic
  43. (en) Michael Mecam, « Boeing Puts Last Dreamlifter In Service », sur www.aviationweek.com,‎ 16 février 2010
  44. La famille Boeing 747, Boeing
  45. (en) Site de Cargolux
  46. (en) Livraisons et commandes des avions Boeing par année sur le site de Boeing
  47. http://www.air-journal.fr/2014-06-29-boeing-livre-son-1500ieme-b747-5109682.html
  48. (en) Technical Characteristics : Boeing 747-400 - Site officiel de Boeing
  49. (en) 747 Family - Site officiel de Boeing
  50. (en) Airport Technology : 747 Airplane Characteristics for Airport Planning - Site officiel de Boeing
  51. (en) Picture of the Boeing 747-438 aircraft
  52. (en) N7470 Information musée
  53. (en) Information musée Corée du Sud
  54. (en) Historic Aircraft Lands at Air and Space Museum - WTOP, 16 janvier 2007
  55. (en) Statistique sur les accidents - Site officiel de Boeing [PDF]
  56. (en) Informations sur les films sur la base de données du cinéma (IMDB)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Angela Royston, Le boeing 747, Paris, Nathan,‎ 1994 (ISBN 978-2-0920-4915-0)
  • (en) Clive Irving, Wide-body : the making of the Boeing 747, London, Coronet,‎ 1994 (ISBN 0-3405-9983-9)
  • (en) Robbie Shaw, Boeing 747 (Osprey Civil Aircraft), London, Osprey,‎ 1994 (ISBN 978-1-8553-2420-6)
  • (en) Guy Norris et Mark Wagner, Boeing 747 : design and development since 1969, Osceola, WI, USA, Motorbooks International,‎ 1997 (ISBN 9780760302804)
  • (en) Dennis Jenkins, Boeing 747-100/200/300/SP (AirlinerTech Series, Vol. 6), North Branch, MN Shrewsbury, Specialty Press Publishers and Wholesalers Distributed in the UK and Europe by Airlife Pub. Ltd,‎ 2000 (ISBN 978-1-5800-7026-3)
  • (en) Martin Bowman, Boeing 747 (Crowood Aviation Series), Marlborough, Crowood,‎ 2000 (ISBN 978-1-8612-6242-4)
  • (en) Mark Nicholls, The Airliner World book of the Boeing 747, Stamford, Osprey Publishing,‎ 2002 (ISBN 978-0-9462-1961-2)
  • (en) Joseph Sutter et Joe Sutter, 747 : creating the world's first jumbo jet and other adventures from a life in aviation, New York, Smithsonian Books Collins,‎ 2007 (ISBN 9780060882426)
  • René Jacquet-Francillon, Du Comet à l'A380 : Histoire des avions de ligne à réaction, Clichy Cedex, France, éditions Larivière, coll. « Docavia » (no 53),‎ mai 2005, 448 p. (ISBN 2-84890-047-4, présentation en ligne), « Le Boeing 747 », p. 254—273

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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