Arme thermobarique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir HIT, FAE et FAX.
Tir d'un fuel air explosive de l'US Navy contre un bâtiment-cible, l'USS McNulty, en 1972.

Une arme thermobarique est une arme de type non conventionnel, explosive, qui combine des effets thermiques, d’onde de choc et de dépression. On appelle aussi ce type d’arme armes à surpression thermobarique (high-impulse thermobaric weapons, HITs en anglais), fuel-air explosives (FAE ou FAX), bombes aérosols ou bombes à vide.

La terminologie de « thermobarique » vient des mots grecs thermos (θερμός-chaleur) et baros (βάρος-pression), qui sont les deux principaux effets produits par cette bombe.

Principe de fonctionnement[modifier | modifier le code]

Les armes thermobariques contiennent un réservoir de liquide volatil (ou une fine poudre explosive, ou de la poudre métallique) et deux charges explosives. Après le tir ou la mise à feu, la première explosion (ou un dispositif de dispersion quelconque) ouvre le réservoir à une hauteur déterminée et en disperse le contenu (le plus souvent un carburant, d'où le nom de Fuel-Air explosive) dans un nuage qui se mêle à l’air ambiant. La deuxième charge explose ensuite, créant par la combustion de l’air une surpression (comme toute bombe conventionnelle).

Effets et situations d'utilisation[modifier | modifier le code]

Depuis les années 2000, on les utilise comme des armes tactiques de bas niveau (section et groupe de combat) et elles remplacent les lance-flammes. Montée sur un lance roquette, elles permettent notamment par un tir à l’entrée d’un abri (bunker en Tchéchénie, grotte en Afghanistan mais aussi bâtiment ou fortification) de tuer des hommes même loin en profondeur, grâce aux deux explosions induisant la surpression puis la dépression successives dont l'effet est particulièrement favorisé dans des espaces clos. Elles peuvent avoir des effets sur un volume de 83 m³, et sont efficaces contre des abris défendus par des sacs de sable ou des hommes équipés de gilets pare-balles, ou encore contre les hommes abrités dans un blindé.

Elles sont également employées à l'occasion de conflits importants sous forme de bombes aériennes de fort tonnage qui permettent un effet de zone très important par rapport à une bombe à fragmentation conventionnelle. Les plus importantes sont des armes de destruction massive.

Par ailleurs, une bombe thermobarique est particulièrement adaptée à la destruction de bâtiments de production ou de stockage d'armes NBC : les agents toxiques sont ainsi soit préservés si l'immeuble est intact, soit détruits s'ils échappent[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Luftwaffe procéda aux premiers essais en 1943/44[réf. souhaitée].

Le 28 juillet 1948, un accident dans une usine chimique à Ludwigshafen (nuage de Méthoxyméthane à la suite d'une fuite sur un wagon-citerne suivie d'une explosion) montre l'effet dévastateur que peut avoir le procédé.

L’OTAN les a introduit dans sa doctrine dans les années 1970, sous le nom de FAE (fuel-air explosives), en les destinant à une utilisation contre des concentrations de véhicules ennemis.

Elles ont été utilisées lors de la guerre du Viêt Nam afin de dégager dans la jungle des zones d'atterrissage pour les hélicoptères américains ; elles étaient surnommées les daisy cutters (faucheuses de marguerites).

Ensuite, pendant la première guerre du Golfe, en 1991, l’armée américaine s'en sert pour ouvrir un passage à travers les champs de mines irakiens ou pour excaver les bunkers enfouis dans le sable. Elle a été utilisée en Afghanistan et pendant la seconde guerre du Golfe.

Une version plus lourde de 9,5 tonnes, la Massive Ordnance Air Blast Bomb (parfois surnommée « mère de toutes les bombes ») a été testée en 2003 mais n'a pas servi au combat.

La Russie a testé en septembre 2007 la plus puissante bombe de cette catégorie surnommée, le père de toutes les bombes d'une puissance équivalente à 44 tonnes de TNT. Cette arme de destruction massive utilise 7 tonnes d'explosif et fait appel aux nanotechnologies pour disperser un nuage de carburant sur 300 mètres de rayon[2].

Simples à fabriquer pour un État, d’une mise en œuvre aisée, elles se diffusent de plus en plus. Les forces du pacte de Varsovie en possédaient. Par ailleurs, les pays comme la Russie et la Chine en vendent.

Armes munies d’explosifs thermobariques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Les armes thermobarique sur globalsecurity.org
  2. Moscou a testé une bombe à effet de souffle, la plus puissante du monde, le Monde, 12/09/07