Lockheed SR-71 Blackbird

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Lockheed SR-71 Blackbird
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Un SR-71 en vol
Un SR-71 en vol

Constructeur Drapeau : États-Unis Lockheed Corporation
Rôle Avion de reconnaissance ou de surveillance
Statut Retiré du service
Premier vol 22 décembre 1964
Mise en service 1968
Date de retrait 1998
Nombre construits 32
Équipage
2
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney J58 (JT11D-20A)
Nombre 2
Type Turbo-statoréacteurs avec post-combustion
Poussée unitaire 144 kN
Dimensions
Lockheed SR-71A 3view.svg
Envergure 16 94 m
Longueur 32 74 m
Hauteur 5 64 m
Surface alaire 166 7 m2
Masses
À vide 26 762 kg
Carburant 36 000 kg
Maximale 66 000 kg
Performances
Vitesse maximale + de 3 530 km/h (Mach + de 3,2)
Plafond 27 000 m

Le Lockheed SR-71 Blackbird (Merle) est une version de l'avion espion Lockheed A-12 Oxcart construite à au moins 32 exemplaires pour l'armée de l'air américaine, qui l'utilisa principalement de 1968 à 1990.

Également surnommé « Habu » (du nom d'un serpent noir demeurant sur certaines îles du Japon, notamment Okinawa où un détachement d'appareils était basé), le SR-71 conserve la silhouette unique et les performances extraordinaires du A-12, mais s'en distingue par des capteurs de reconnaissance spécifiques et la présence d'un second membre d'équipage chargé de les mettre en œuvre.

Conception[modifier | modifier le code]

Le développement du SR-71 commença en 1962, sur la base du A-12 qui venait tout juste de faire son premier vol. Destiné à l'USAF, le SR-71 devait pouvoir effectuer sa mission de reconnaissance sans avoir à passer à la verticale de son objectif, contrairement au A-12. Le premier vol de cette version eut lieu le 22 décembre 1964. À partir du mois de mars 1968, les premiers SR-71 commencèrent à être déployés sur la base de Kadena à Okinawa, en remplacement des A-12. La première mission opérationnelle eut lieu le 21 mars au-dessus du Vietnam.

Le SR-71 a été utilisé durant toute la guerre froide à des fins de surveillance et d'espionnage photographique. Il a notamment photographié tous les sites secrets de l'URSS et plus de 1 000 missiles ont été tirés contre lui à ces occasions sans jamais parvenir à l'atteindre. Les missiles soviétiques n'allaient pas à plus de 2 200 km/h, or, en vol, l'avion ne passait presque jamais en dessous de la barre des 2 400 km/h, soit Mach 2[1]. En 2010, le détail des missions reste encore un secret militaire, même si certaines photos prises par le SR-71 ont été déclassifiées. La plupart des SR-71 étaient basés à la base de Beale en Californie, mais d'autres bases, comme celle de Kadena et de Mildenhall furent utilisées.

Le développement par les États-Unis de réseaux de satellites d'observation militaires de plus en plus nombreux et aux images de plus en plus précises a rendu l'avion de moins en moins compétitif. Il est vrai que les opérations du SR-71 nécessitaient une importante logistique, notamment une flotte d'avions ravitailleurs spécialisés, les KC-135Q, capables de fournir le carburant spécial JP-7, qui n'était utilisé que par le Blackbird. Les SR-71 étaient généralement ravitaillés en vol en altitude après une pointe de vitesse vers Mach 3 qui permettait à la structure de l'avion de s'échauffer et de se dilater et d'assurer ainsi l'étanchéité des réservoirs[2]. Le SR-71 fut mis à la retraite en janvier 1990. Cependant, en septembre 1994, le Congrès américain vota un budget de 100 millions de $ pour permettre la réactivation de trois SR-71. Ces avions reprirent du service de 1995 à 1998. Le dernier vol d'un SR-71 eut lieu en octobre 1999 : il s'agissait d'un vol de recherche pour le compte de la NASA.

Certains prétendent que le Blackbird a été, en fait, remplacé par l'hypothétique SR-91 Aurora ou le Northrop B-2 Spirit dont les performances officielles, subsoniques, relèveraient de la désinformation. Toutefois, si le programme Aurora reste très obscur, la configuration aérodynamique du B2 lui interdit d'être supersonique. À comparer avec le SR-71 qui dépassait facilement Mach 3 [3] et effectuait ses missions à des vitesses supérieures à Mach 2,8.

Aucun n'a été officiellement intercepté lors de leurs missions, leur grande vitesse et leur plafond élevé rendant cela extrêmement difficile. Pour s'entraîner à l'interception du MiG-25 soviétique, les Dassault Mirage F1 de la Base aérienne 115 Orange-Caritat ont eu à tenter d'intercepter « à plusieurs reprises » des SR-71 américains venant du Royaume-Uni. « L'avion noir traverse la France du Nord vers le Sud à Mach 2,8. La seule possibilité pour l'intercepter est de faire décoller deux avions d'Orange au moment où l'appareil aborde les côtes françaises du côté de Dieppe ! (...) La fenêtre de tir est extrêmement étroite et ne dépasse pas quelques secondes. » Dans les faits, il ne semble pas que les F1C aient jamais réussi à « tuer » un Blackbird »[4].

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Les SR-71 ont été utilisés principalement par la CIA, le Département d'État Américain, la NASA et paradoxalement par l'US Navy. En effet cette dernière, après le retrait du RA-5, se trouva dépourvue de moyen de reconnaissance à long rayon d'action[5].

Équipements[modifier | modifier le code]

Le SR-71 est équipé des capteurs suivants[6] :

  • un appareil photo à haute résolution situé dans le nez de l'avion
  • un radar à ouverture synthétique (ASARS)
  • un radar cartographique à balayage latéral (CAPRE) ou un appareil photo panoramique (OBC, couvre 70° de chaque côté de l'avion)
  • un système d'acquisition d'émissions électromagnétiques (ELINT)
  • une caméra thermique

Variantes, production et pertes[modifier | modifier le code]

Des SR-71 en fabrication à Skunk Works en 1965.

Aujourd'hui, il ne reste plus que 20 Lockheed SR-71 Blackbird en état.

Production totale
Type Description Construits Perdus
SR-71A Biplace de reconnaissance stratégique 29 11
SR-71B Version d'entraînement du SR-71A 2 1
SR-71C Avion d'entraînement construit à partir d'un YF-12A et d'une maquette du SR-71 après la perte d'un SR-71B[7] 1 0

Aucun SR-71 ne fut abattu, les pertes étant dues à des accidents, et aucun pilote n'a perdu la vie au cours de ces accidents(voir Lockheed D-21).

Records[modifier | modifier le code]

Record mondial de vitesse[8] :

Le 27 juillet 1976, un SR-71 établit un record simultané d'altitude et de vitesse en atteignant 3 529,56 km/h à 25 929 mètres.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Gros plan sur les postes de pilotage de l'unique SR-71B.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans les comics X-Men, l'avion des protagonistes est un Blackbird SR-71 « modifié » pour répondre à leur besoin. Dans les adaptations :
    • Dans la trilogie X-Men à X-Men : L'Affrontement final, l'avion a une ressemblance frappante avec le SR-71 et porte d'ailleurs le nom de « Blackbird » ;
    • Dans le film X-Men : Le Commencement (2011), le SR71 apparait comme un avion révolutionnaire pour les années 60 car il y est construit par un mutant surdoué ;
  • Dans le film Firefox, l'arme absolue (1982), réalisé par Clint Eastwood, celui-ci doit voler un prototype russe quasiment identique au SR-71 ;
  • Dans le film D.A.R.Y.L. (1985), Daryl utilise un SR-71 pour rejoindre son ami, celui-ci saute en parachute avant que l'avion ne soit autodétruit ;
  • Dans le film L'Approche finale (Fox Video, 1991), l'avion utilisé est un SR-71 ;
  • Dans le film Armageddon (1998), l'équipe de sauvetage reçoit un cours dans un hangar à avions. Ils font alors face à deux SR-71 ;
  • Dans le film La Menace fantôme (épisode de Star Wars, 1999), la Nef Royale Naboo est une représentation assez directe du SR-71 ;
  • Dans le film Space Cowboys (2000), Francis Corvin et le colonel William « Hawk » Hawkins (un ancien pilote de SR-71) discutent sous l'aile d'un Blackbird avant le départ dans l'espace de l'équipe ;
  • Dans le film Air Rage (2001), une équipe d'intervention utilise un SR-71 pour monter à bord d'un avion de ligne détourné par des pirates de l'air ;
  • Dans le film Iron Man (2008), réalisé par Jon Favreau, Tony Stark demande à Jarvis, l'ordinateur de bord de sa combinaison, quel est le record d'altitude détenu par le SR-71, puis tente de le battre ;
  • Dans le film Transformers 2 : La Revanche, Jetfire, alias Skyfire, est un SR-71 Blackbird ;
  • Dans le film Turbulences en plein vol (2010), pour que Tom entre dans le Boeing 747, ils utilisent un SR-71 Blackbird.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu vidéo Ace Combat 5: Squadron Leader, la première mission consiste à poursuivre un avion de reconnaissance ennemi, qui est un SR-71 ;
  • Dans le jeu vidéo Heatseeker (en) le joueur peut le débloquer en fin de campagne
  • Dans le jeu vidéo Metal Gear Solid 3: Snake Eater, le héros du jeu est déposé derrière les lignes russes en pleine Guerre froide grâce à cet avion ;
  • Dans le jeu vidéo Chrono Trigger, sur Snes, une forteresse volante massive est baptisée « Blackbird » par son créateur, l'un des trois gourous Balthasar, le gourou de la raison ;
  • Dans le jeu vidéo GL-117, Blackbird est le nom d'un modèle d'avions de combat non jouable.
  • Dans le jeu vidéo Tom Clancy's H.A.W.X, le joueur peut piloter un SR-71.
  • Dans le simulateur de vol Chuck Yeager's Advanced Flight Training, il est possible de piloter le SR-71
  • Dans le jeu vidéo Call of Duty: Black Ops, le joueur dans une mission fait décoller le Blackbird puis se sert de l'outil d'espionnage pour diriger l'escouade au sol. En mode multijoueur, on le débloque en bonus après 8 éliminations d'affilée sans mourir ou 7 avec l'atout Implacable ou encore éventuellement dans un colis stratégique qui offre un bonus aléatoire, obtenu lui après 5 éliminations.
  • dans le jeu Transformers, le jeu, on peut avoir, en multijoueur, Jetfire qui est un SR-71 blackbird.
  • Dans le mode Allied Intent Xtended (AIX) pour Battlefield 2, le joueur peut piloter un "F-12 Blackbird" c'est-à-dire une version finalisée du YF-12 qui donna naissance au SR-71 Blackbird.

Séries TV et autres[modifier | modifier le code]

  • Dans la série Battlestar Galactica Blackbird est le nom d'un vaisseau furtif ;
  • Dans le tome 5 du manga Hellsing, Alucard le vampire s'écrase littéralement sur un porte-avions piraté par ses ennemis du groupe Millenium, à bord d'un SR-71.
  • Le constructeur Honda sort en 95/96 la CBR 1100 XX aussi nommée « super black bird ». L'avion est derrière la moto à la sortie d'un hangar sur la photo de présentation.
  • Dans le tome 33 des aventures de Buck Danny, intitulé "Le mystère des avions fantômes" (1964), Buck et ses coéquipiers sont envoyés en mission dans le grand Nord où apparaissent de mystérieux avions fantômes qui se révéleront être des A-12.
  • Dans les années '80's, un autre album des aventures de Buck Danny mettait en scène le SR-71. Malheureusement, cet album, qui se serait appelé "Les Oiseaux Noirs", ne resta au stade que des premières planches et ne sera jamais publié.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le 31 août 1981, Clarence Johnson annonce que plus de 1 000 missiles ont été tirés contre le SR-71 sans jamais l'atteindre
  2. « SR-71 Blackbird », Aviation Spectator (consulté le 31 octobre 2009)
  3. • Graham 2002, pp. 93, 223
  4. Jean-Dominique Merchet, « Quand les F1 chassaient le Blackbird », sur Secret Défense,‎ 22 juillet 2007 (consulté le 8 mai 2012)
  5. http://www.blackbirds.net/sr71/fallblackbird.html
  6. SR-71 Flight Manual, Section IV: Navigation and Sensor Equipment
  7. Le SR-71C sur le site du musée de l'USAF
  8. SR-71 Speed Run-New York to London

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "A Bittersweet and Fancy Flight." Philadelphia Inquirer, 7 March 1990, p. 1.
  • Crickmore, Paul F. "Blackbirds in the Cold War". Air International, January 2009, pp. 30–38. Stamford, UK: Key Publishing.
  • Crickmore, Paul F. "Lockheed's Blackbirds – A-12, YF-12 and SR-71A". Wings of Fame, Volume 8, 1997, pp. 30–93. London: Aerospace Publishing. ISBN 1-86184-008-X.
  • Donald, David, ed. "Lockheed's Blackbirds: A-12, YF-12 and SR-71". Black Jets. AIRtime, 2003. ISBN 1-880588-67-6.
  • Goodall, James. Lockheed's SR-71 "Blackbird" Family. Hinckley, UK: Aerofax/Midland Publishing, 2003. ISBN 1-85780-138-5.
  • Graham, Richard H. SR-71 Blackbird: Stories, Tales, and Legends. North Branch, Minnesota: Zenith Imprint, 2002. ISBN 0-7603-1142-0.
  • Graham, Richard H. SR-71 Revealed: The Inside Story. St. Paul, Minnesota: MBI Publishing Company, 1996. ISBN 978-0-7603-0122-7.
  • Jenkins, Dennis R. Lockheed Secret Projects: Inside the Skunk Works. St. Paul, Minnesota: MBI Publishing Company, 2001. ISBN 978-0-7603-0914-8.
  • Johnson, C.L. Kelly: More Than My Share of it All. Washington, DC: Smithsonian Books, 1985. ISBN 0-87474-491-1.
  • Landis, Tony R. and Dennis R. Jenkins. Lockheed Blackbirds. Minneapolis, Minnesota: Specialty Press, revised edition, 2005. ISBN 1-58007-086-8.
  • McIninch, Thomas. "The Oxcart Story". Center for the Study of Intelligence, Central Intelligence Agency, 2 July 1996. Retrieved: 10 April 2009.
  • Merlin, Peter W. From Archangel to Senior Crown: Design and Development of the Blackbird., Reston, Virginia: American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA), 2008. ISBN 978-1-56347-933-5.
  • Merlin, Peter W. "The Truth is Out There... SR-71 Serials and Designations". Air Enthusiast, No. 118, July/August 2005. Stamford, UK: Key Publishing, pp. 2–6. ISSN 0143-5450.
  • Pace, Steve. Lockheed SR-71 Blackbird. Swindon, UK: Crowood Press, 2004. ISBN 1-86126-697-9.
  • Remak, Jeannette and Joe Ventolo, Jr. A-12 Blackbird Declassified. St. Paul, Minnesota: MBI Publishing Company, 2001. ISBN 0-7603-1000-9.
  • Rich, Ben R. and Leo Janos. Skunk Works: A Personal Memoir of My Years at Lockheed. New York: Little, Brown and Company, 1994. ISBN 0-316-74330-5.
  • Shul, Brian and Sheila Kathleen O'Grady. Sled Driver: Flying the World's Fastest Jet. Marysville, California: Gallery One, 1994. ISBN 0-929823-08-7.
  • Suhler, Paul A. From RAINBOW to GUSTO: Stealth and the Design of the Lockheed Blackbird (Library of Flight Series) . Reston, Virginia: American Institute of Aeronautics and Astronautics (AIAA), 2009. ISBN 978-1-60086-712-5.

Autres sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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