Meteor (missile)
| Meteor BVRAAM | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fonction | Missile air-air à longue portée |
| Constructeur | MBDA |
| Coût à l'unité | N/A |
| Caractéristiques | |
| Moteur | Bayern-Chemie (de) fusée + statoréacteur |
| Masse au lancement | 185 kg |
| Longueur | 3,657 m |
| Diamètre | 0,178 m |
| Envergure | N/A |
| Vitesse | Mach 4+ |
| Portée | +100 km |
| Altitude de croisière | N/A |
| Charge | Explosif effet souffle et éclats |
| Guidage | Inertiel réactualisé par liaison de données, radar actif en guidage terminal |
| Détonation | Proximité et contact |
| Plateforme de lancement | Typhoon, Rafale, Gripen , F35 |
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Le Meteor (BVRAAM) est un missile air-air longue portée. Ce missile MBDA est en cours de développement conjoint entre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Suède. Il sera doté d'une zone d'interception assurée (No Escape Zone, en abrégé : NEZ) nettement supérieure à celle des missiles de même gamme actuellement en service (2004 ; environ trois fois supérieure aux missiles de génération antérieure).
Il correspond à un besoin de missiles très flexibles, agiles et très rapides (plus de Mach 4), à longue portée (plus de 100 km) pour assurer la supériorité aérienne. Même lancé de très loin, le Meteor a en fin de course assez d'énergie cinétique pour l'emporter sur des cibles rapides et à très grande manœuvrabilité comme les chasseurs extrêmement agiles de 5e génération[1].
Propulsé par un statoréacteur et guidé par radar, il pèsera 185 kg pour 3,657 m de long et son autodirecteur est d'une technologie issue de celle du MICA EM.
À terme, le meteor équipera le Rafale, l'Eurofighter Typhoon et le Gripen. La sortie d'usine du premier missile de série est prévue pour 2012, et sa mise en service (au Royaume-Uni), aux alentours de 2015.
Sommaire |
Historique [modifier]
En 1994, le Royaume-Uni envisage un successeur aux missiles air-air alors en service. En décembre 2002, après de longues tractations, un contrat est officiellement signé entre MBDA et l'Agence britannique d'achat de défense (British Defense Procurement Agency)[1] au nom six pays européens (l'Allemagne, l'Espagne, la France,l'Italie, le Royaume-Uni et la Suède) afin de réaliser ce missile air-air longue portée.
Le premier tir d'essai du Meteor a été effectué depuis un Gripen en 2005 (Vidsel, Suède). L'Typhoon a quant à lui terminé sa première série d’essais le 20 juin 2011 (Aberporth, Royaume-Uni)[2], consistant en des tirs de séparation. Lors du salon de Farnborough en juillet 2012, le Premier Ministre David Cameron a annoncé le financement des travaux d'intégration du Meteor au Typhoon. Pour la France, une première commande de 200 unités a été notifiée par la DGA en décembre 2010 pour la Marine nationale et pour l'armée de l'air françaises. Le Meteor sera mis en service sur Rafale en 2018[3].
Concept du Meteor, défis techniques à relever [modifier]
Le tir de cibles à très longue distance en guidage radar actif propulsé par statoréacteur confère au Meteor des caractéristiques sans équivalent. Le Meteor devra en effet intercepter des cibles à 100 km avec une NEZ de 50 à 60 km, donc au delà de la portée des missiles actuellement en service dans le monde.
Il sera prioritairement réservé aux missions d'interception à grande distance, au-delà de la portée optique (Beyond Visual Range, en abrégé : BVR) de tout type d'aéronef. Son utilisation sera privilégiée pour l'attaque à 100 km de cibles de haute valeur telles que des avions radar ou des ravitailleurs, ou pour la protection d'un raid nucléaire de Rafale F3[4].
Ce missile doit pouvoir assurer une efficacité de destruction à des distances aujourd'hui encore importantes, de l'ordre de 50 Nm (entre la cible et l'avion tireur au moment de l'impact). À cette fin, le système d'armes comporte :
- un radar de bord qui doit fournir des informations précises sur la cible avant le départ du missile, et/ou une liaison de données de type L-16 assurant les mêmes fonctions en retransmettant vers l'avion tireur les informations d'un capteur porté par un autre aéronef (ex: AWACS),
- des systèmes d'identification des cibles à des distances compatibles avec la portée du missile,
- une manœuvrabilité suffisante du missile dans toutes les phases de vol, pour toutes les distances de tir, qui devra lui assurer une grande probabilité de destruction des cibles.
La propulsion de ce missile est également un défi technologique du fait du concept retenu : celui d'un statoréacteur. Ce statoréacteur à propergol solide et à poussée régulée (Throttleable Ducted Rocket ou TDR) dans sa phase de croisière comporte un accélérateur à poudre intégré dans la chambre de combustion, ce qui permet de donner une impulsion initiale suffisante pour atteindre une vitesse compatible avec le fonctionnement du statoréacteur.
Le missile dispose également d'une liaison de données avec l'avion tireur (LAM) permettant la mise à jour pendant son vol des données concernant la cible tout le temps précédant l'activation de son autodirecteur radar[5].
Taille, utilisation [modifier]
Le Meteor présente une taille et des interfaces le rendant totalement compatible avec les missiles de génération antérieure (MICA, AMRAAM).
Face à l'arrivée sur le marché d'autres missiles air-air à longue portée, les états-majors européens ont décidé d'acquérir un minimum de Meteor pour maintenir leur niveau d'efficacité. À titre d'exemple, la configuration Rafale en mission de supériorité aérienne, qui peut en emporter un maximum de 4, sera de :
L'armée de l'air française maintient, en octobre 2007, une cible de 300 missiles Meteor[7]. Une première commande de 200 unités a été notifiée par la DGA en décembre 2010 pour la Marine nationale et pour l'armée de l'air. Le premier missile sera livré en 2018[3].
Intégration au Rafale [modifier]
Le premier vol captif a été réalisé sur un Rafale Marine F2 à Istres (France) en septembre 2005 et les premiers essais de catapultage/appontage ont eu lieu en décembre de la même année sur le porte-avion Charles de Gaulle[8].
Le 31 décembre 2010, la DGA a notifié à Dassault, MBDA et Thales l'intégration du Meteor sur le Rafale. Des essais aéromécaniques ont débuté en septembre 2011 afin d'ouvrir le domaine de vol du Rafale équipé de Meteor dans les différentes configurations air-air et air-sol. En mai 2012, ces mêmes configurations ont été validées sur Rafale Marine à bord du porte-avion Charles de Gaulle. Les essais de séparation ont commencé le 4 octobre 2012 tandis que les essais d'intégration devraient s'étaler jusqu'en 2016[9].
Références [modifier]
- Air actualités n°570 - avril 2004
- Fox Three n°6, Rafale international Rafale pushes BVR at extreme !
- info-aviation.com, 1er juillet 2011 Les améliorations récentes de l’Eurofighter
- http://www.defense.gouv.fr/dga/actualites/commande-de-200-missiles-meteor
- « hors-série RAFALE 2010 : Le RAFALE au combat », Air & Cosmos, 2010, p. 92 (ISSN 1240-3113)
- Meteor, Air Actualités, numéro 570, avril 2004
- (fr)« hors-série RAFALE 2010 : Le RAFALE au combat », Air & Cosmos, 2010, p. 99 (ISSN 1240-3113)
- Commission de la défense nationale et des forces armées, mercredi 24 octobre 2007, Séance de 16 heures 30, Compte rendu n° 12
- "Meteor Missile Takes to the Sky with Europe's Hext Generation Fighters" (Press release). MBDA. 2005-12-13. http://www.mbda.net/mbda/site/FO/scripts/newsFO_complet.php?lang=EN&news_id=157. Retrieved 2006-11-07.
- Le Rafale lâche ses premiers Meteor, sur Mer et Marine, 18 octobre 2012. Consulté le 27 octobre 2012
- p 14, Air et Cosmos, numéro 2308, 13 avril 2012
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Novator KS-172, missile air-air de très longue portée russe
- AIM-54 Phoenix, missile air-air longue portée américain
Liens externes [modifier]
- (en) Site officiel