Grumman F7F Tigercat

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Pix.gif Grumman F7F Tigercat Su-27 silhouette.svg
F7F-3P Tigercat.jpg Vue de l'avion

Constructeur Drapeau : États-Unis Grumman
Rôle Avion de chasse
Premier vol
Mise en service 1944
Date de retrait 1954
Nombre construits 364
Équipage
1 pilote + 1 navigateur selon version
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney R-2800-34W Double Wasp
Nombre 2
Type moteur en étoile
Puissance unitaire 2 100 ch (1 600 kW)
Dimensions
Envergure 13,80 m
Longueur 15,70 m
Hauteur 5,10 m
Surface alaire 42,3 m2
Masses
À vide 7 380 kg
Maximale 11 670 kg
Performances
Vitesse maximale 740 km/h
Plafond 12 300 m
Rayon d'action 1 900 km
Armement
Interne 4 canons M2 de 20 mm et 4 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm
Externe 2 bombes de 450 kg sous les ailes ou 1 torpille sous le fuselage

Le Grumman F7F Tigercat fut le premier avion de chasse bimoteur à rentrer en service dans l'US Navy. Il a été conçu pour les nouveaux porte-avions de classe Midway. Le Tigercat est trop large pour être opérationnel sur les porte-avions de classe antérieure à la classe Midway. Malgré le fait que des unités de combat du Corps des Marines des États-Unis (United States Marine Corps) ont reçu le Tigercat avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Grumman F7F Tigercat n'a jamais participé à des missions de combat durant cette guerre. La plupart des Grumman F7F ont fini basés au sol comme avion d'attaque ou chasseur de nuit. La version F7f-4N fut la seule à être certifiée pour le service aéronaval. Les Grumman F7F Tigercat ont servi durant la Guerre de Corée et ont été retirés du service en 1954.

Conception[modifier | modifier le code]

Un F7F-3N du VMF(N)-513 à Wonsan, Corée, en 1952.
Le deuxième XF7F-1 en 1946.

Basé sur le Grumman XP-50 qui fut cependant annulé, Grumman continua de développer le XP-65 (modèle 51) pour un futur concept de « chasseur de convoi ». En 1943, le travail est terminé sur le XP-65 qui deviendra le futur F7F[1]. Le contrat pour le prototype XF7F-1 est signé le 30 juin 1941. Le but de Grumman était de produire un chasseur qui surpasserait en termes de performance et d'armement tous les autres chasseurs existants et qui aurait une capacité d'attaque au sol[2]. L'avion était doté d'un armement lourd : quatre canons de 20 mm, quatre mitrailleuses de calibre 0.50 (12,7 mm) et des attaches sous les ailes et le fuselage pour des bombes et des torpilles. Le F7F Tigercat était l'un des avions avec une motorisation à piston qui obtenait les meilleures performances mécaniques. Sa vitesse maximale était supérieure de 71 mph (environ 115 km/h) au F6F Hellcat au niveau de la mer[3]. Le capitaine Fred M. Trapnell, un des premiers pilotes d'essai de la marine américaine (US Navy), a dit: « It's the best damn fighter I've ever flown (C'est le meilleur chasseur que je n’ai jamais piloté)[4]. » Le Grumman F7F était originalement nommé Tomcat, mais ce nom fut rejeté parce qu'il fut considéré comme trop suggestif à l'époque[5]. Le nom Tomcat fut attribué bien plus tard au Grumman F-14.

L'armement lourd et la mécanique du Grumman F7F ont pour conséquence un poids élevé et une grande vitesse d'atterrissage, mais ce qui a causé la non-certification des premières versions fut la mauvaise stabilité lorsque l'avion volait sur un seul moteur et des problèmes au niveau du design de la crosse d'appontage[6]. Les avions des premières séries de production furent donc utilisés à partir de bases au sol par les Marines comme chasseur de nuit avec le radar APS-6[7]. Au début l'avion (F7F-1N) était monoplace, mais après le 34e appareil, un second siège fut ajouté pour un opérateur radar, cette version fut dénommée F7F-2N.

La version F7F-3 avait été modifiée pour corriger les problèmes qui ont causé le refus de la certification pour le service aéronaval. Cette version fut à nouveau testée sur le USS Shangri-La (CV-38). Un problème d'aile lors d'un appontage entraîna une nouvelle fois l'échec de la qualification de l'avion. Le F7F-3 fut produit en version chasseur de jour, chasseur de nuit et avion de reconnaissance[8].

Le F7F-4N, la dernière version, fut reconstruit en grande partie pour lui améliorer la résistance et la stabilité. Il a reçu sa qualification aéronavale, mais seulement 12 exemplaires ont été construits[9].

Utilisation[modifier | modifier le code]

L'escadron de chasseur de nuit VMF(N)-513 du Corps des Marines des États-Unis utilisa des F7F-3N Tigercat durant les premiers temps de la Guerre de Corée. Ils ont effectué des missions d'interdiction durant des vols de nuit et des missions de chasse. Ils ont abattu deux biplans Polikarpov Po-2[10]. Ce fut le seul combat de ces avions.

La plupart des F7F-2N ont été modifiés pour contrôler des drones pour l'entraînement au combat. Cette modification se traduit par l'ajout d'une verrière bulle sur le cockpit pour le contrôleur de drone[11].

En 1945, deux Tigercats, numéro de série TT346 et TT349, ont été évalués, mais rejetés par la Royal Navy qui a opté pour la version navale du De Havilland Hornet[12].

Versions[modifier | modifier le code]

XP-65

Proposé comme chasseur à l'armée de l'air des États-Unis (USAF).

XF7F-1

Prototype, 2 construits.

F7F-1 Tigercat

Chasseur-bombardier bimoteur, propulsé par deux Pratt & Whitney R-2800-22W. Première version de production, 34 construits.

F7F-1N Tigercat

Chasseur de nuit monoplace avec un radar APS-6.

XF7F-2N

Prototype de chasseur de nuit, un seul construit.

F7F-2N Tigercat

Chasseur de nuit biplace, 65 construit.

F7F-2D

F7F-2N converti en avion de contrôle de drone.

F7F-3 Tigercat

Chasseur-bombardier bimoteur, propulsé par deux Pratt & Whitney R-2800-34W, 189 construits

F7F-3N Tigercat

Chasseur de nuit biplace, 60 construits.

F7F-3E Tigercat

F7F-3 converti en avion de guerre électronique.

F7F-3P Tigercat

F7F-3 converti en avion de reconnaissance.

F7F-4N Tigercat

Chasseur de nuit biplace, certifié pour l'aéronavale, 13 construits.

Opérateur[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis

Survivants[modifier | modifier le code]

Dessin d'un F7F-3N.

À partir de 1949, les F7F ont été convoyés à l'installation de stockage des États-Unis de la Marine à la Naval Air Station Litchfield Park en Arizona[13]. Bien que la grande majorité des cellules ont été finalement mises au rebut, un certain nombre d'exemplaires ont été achetés à titre de surplus.

Les survivants ont été principalement utilisés comme bombardiers d'eau pour lutter contre les incendies de forêt dans les années 1960 et 1970, et Sis-Q Flying Services de Santa Rosa en Californie a utilisé un F7F-3N dans ce rôle jusqu'à sa retraite à la fin des années 1980.


En état de vol:

F7F-3 Tigercat, BuNo. 80390 acheté par le Kalamazoo Aviation History Museum de Kalamazoo, Michigan[14].

F7F-3 Tigercat, BuNo. 80412 acheté par le Palm Springs Air Museum de Palm Springs, Californie[15].

F7F-3P Tigercat, BuNo. 80425 acheté par The Fighter Collection de Duxford, Royaume-Uni[16].

F7F-3P Tigercat, BuNo. 80483 acheté par Richard Bertea de Chino, Californie[17].

F7F-3N Tigercat, BuNo. 80503 acheté par Monique Ltd de Carson, Nevada[18].

F7F-3N Tigercat, BuNo. 80532 acheté par Gary H. Flanders & Mike Bogue de Oakland, Californie[19].


En exposition:

F7F-3 Tigercat, BuNo. 80373 en exposition au National Museum of Naval Aviation de NAS Pensacola, Floride[20].

F7F-3N Tigercat, BuNo. 80382 en exposition au Planes of Fame Museum de Chino, Californie[21].

F7F-3 Tigercat, BuNo. 80410 en exposition au Pima Air & Space Museum de Tucson, Arizona[22].

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dorr and Donald 1990, p. 119.
  2. Thruelsen 1976, p. 204.
  3. Meyer 2002, p. 51.
  4. Meyer 2002, p. 54.
  5. Meyer 2002, p. 50.
  6. Meyer 2002, p. 55.
  7. Thruelsen 1976, p. 205.
  8. a b Taylor 1969, p. 504.
  9. Grossnick and Armstrong 1997
  10. Gault 1973, p. 25.
  11. Zuk 2004, p. 129.
  12. Legg 1991, p. 26.
  13. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80390." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  14. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80412." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  15. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80425." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  16. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80483." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  17. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80503." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  18. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80532." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  19. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80373." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  20. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80382." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  21. "Grumman F7F Tigercat/Bu. 80410." Warbirds Resource Group. Retrieved: 13 December.
  22. Bridgman 1946, p. 233.

Bibliography[modifier | modifier le code]

  • (en) Leonard Bridgman, Jane's fighting aircraft of World War II, London, Random House Group Ltd,‎ 2001 (ISBN 1-851-70493-0), « The Grumman Tigercat »
  • (en) Carlson, Ted. "Semper Fi Tigercat". Flight Journal, Volume 13, Issue 2, April 2008.
  • (en) Carr, Orrin I. "Fire 'Cat!" Air Classics, Vol. 12, No. 9, septembre 1976. Canoga Park, CA: Challenge Publications, p. 38–47.
  • (en) Robert F. Dorr et David Donald, Fighters of the United States Air Force : from World War I pursuits to the F-117, London, Temple,‎ 1990, 224 p. (ISBN 978-0-600-55094-5).
  • (en) Gault, Owen. "Grumman's Tiger Twins: The Skyrocket & Tigercat". Air Classics, Vol. 9, No. 8, Aug. 1973. Canoga Park, CA: Challenge Publications, p. 22–27.
  • (en) William Green, War Planes of the Second World War : Grumman F7F-1 - F7F-3 Tigercat, vol. 4 : Fighters, S.l, Macdonald & Co,‎ 1961 (ISBN 0-356-01448-7), p. 106–108
  • (en) William Green, Grumman F7F Tigercat WW2 Fact Files : US Navy and Marine Corps fighters, London, Macdonald and Jane's,‎ 1976 (ISBN 0-356-08222-9), p. 57–61
  • (en) Roy A. Grossnick et William J. Armstrong, United States naval aviation, 1910-1995, Washington, D.C, Naval Historical Center, Dept. of the Navy For sale by the U.S. G.P.O., Supt. of Docs,‎ 1997 (ISBN 0-160-49124-X)
  • (en) Legg, David. "Tigercat on camera." Aircraft Illustrated, Volume 24, no. 1, January 1991.
  • (en) Meyer, Corwin ("Corky") H. "F7F Tigercat: The Untold Story". Flight Journal, August 2002. Ridgefield, CT: AirAge Publications. p. 48–56, 58.
  • (en) Morgan, Eric B. "Grumman F7F Tigercat F.7/30". Twentyfirst Profile, Volume 1, No. 11. New Milton, Hants, UK: 21st Profile Ltd. .
  • (en) Morgan, Eric B. "The Grumman Twins". Twentyfirst Profile, Volume 2, No. 15. New Milton, Hants, UK: 21st Profile Ltd. .
  • (en) O'Leary, Michael. "Tigercat Restoration". Air Classics, Vol. 38, No. 11, novembre 2002. Canoga Park, CA: Challenge Publications.
  • (en) Michael O'Leary, United States naval fighters of World War II in action, Poole, Dorset, Blandford Press,‎ 1980 (ISBN 0-713-70956-1)
  • (en) John W. R. Taylor, Combat Aircraft of the World from 1909 to the present, New York, G.P. Putnam's Sons,‎ 1969 (ISBN 0-425-03633-2), « Grumman F7F Tigercat ».
  • (en) Richard Thruelsen, The Grumman story, New York, Praeger,‎ 1976 (ISBN 0-275-54260-2)
  • (en) Bill Zuk, Janusz Zurakowski : legend in the skies, St. Catharines, Ont, Vanwell Pub,‎ 2004 (ISBN 1-551-25083-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Naval Aviation Museum: F7F History & Pictures

F7F Tigercat Flight Demonstration by Clay Lacy