Douglas A-26 Invader

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Douglas A-26 Invader
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Un A-26B
Un A-26B

Constructeur Drapeau : États-Unis Douglas Aircraft Company
Rôle Avion d'attaque au sol
Statut Retiré du service
Premier vol juillet 1942
Nombre construits 2 450
Équipage
3
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney R-2800-27/79
Nombre 2
Type Moteurs à pistons
Puissance unitaire 2 000 ch
Dimensions
Envergure 21 35 m
Longueur 15 47 m
Hauteur 5 56 m
Masses
À vide 10 365 kg
Avec armement 12 519 kg
Maximale 15 880 kg
Performances
Vitesse maximale 570 km/h
Rayon d'action 1 450 km
Armement
Interne Jusqu'à 16 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm
Externe Emport de 1 810 kg de bombes en soute et 910 kg sous la voilure ou 8 roquettes de 127 mm ou encore 16 roquettes de 76 mm

Le Douglas A-26 Invader est un avion d'attaque au sol américain de la Seconde Guerre mondiale.

Cet appareil a changé de sigle en cours de carrière : avant 1948, il existait deux catégories de bombardiers dans l'USAAF :

C’est à cette dernière catégorie qu’appartenait le Douglas Invader, qui portait donc le sigle A-26. Il n’y avait donc pas de risque de le confondre avec le bombardier moyen Martin B-26 Marauder. Cependant, en juin 1948, la catégorie « A » fut supprimée. Tous les Martin B-26 Marauder ayant été retirés du service cette année-là, le A-26 fut donc rebaptisé B-26.

C’est pourquoi on ne parlera de A-26 que durant la Seconde Guerre mondiale. Dans l’après-guerre, incluant les conflits de Corée, d’Indochine, d'Algérie et du Viêt Nam, l'appareil sera désigné B-26.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Douglas A-26 Invader correspond à une spécification de 1940 de l'USAAF concernant un bombardier léger pouvant aussi bien intervenir à basse altitude pour un mitraillage que pour un bombardement précis à moyenne altitude. Afin d'assurer sa défense sans chasseur d'escorte, l'A-26 doit être à la fois bien armé et rapide.

Le prototype, nommé XA-26 effectue son premier vol en juillet 1942. Il reprend la structure de l'A-20 Havoc, son prédécesseur.

Engagements[modifier | modifier le code]

Le A-26 Invader fut le seul appareil de l’USAF à avoir participé à trois guerres (Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée et guerre du Viêt Nam)[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'A-26 entre en service assez tard dans la guerre. En effet, en raison du manque de moyens de production, en particulier de machine-outils, sa fabrication prend du retard. Ainsi, en mars 1944, seuls 21 appareils sont prêts.

Il faut attendre le 6 septembre 1944 et un raid de 18 A-26 du 386th BG de la 9th USAAF sur Brest pour assister à la première sortie opérationnelle de l'Invader au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L'A-26 a été utilisé par l'USAAF sur tous les théâtres d'opération de la Seconde Guerre mondiale, aussi bien dans le Pacifique qu'en Europe.

De par ses caractéristiques, l'A-26 est l'appareil par excellence des forces tactiques. Aussi, en Europe, on le retrouve dans la 9th USAAF sur l'ETO et dans la 12th USAAF sur le MTO.

Dans le Pacifique, il sert au sein des 5th USAAF et 7th USAAF.

En Europe, le A-26 effectue sa dernière mission le 3 mai 1945 en participant au bombardement d'une usine en Tchécoslovaquie. Dans le Pacifique, il effectue sa dernière sortie le 12 août 1945.

Avec la fin de la guerre, la fabrication cesse et les contrats sont annulés. De fait, l'A-26 Invader n'a été produit qu'à 2 450 exemplaires.

Guerre de Corée[modifier | modifier le code]

Bombardement d'un A-26 Invader de positions communistes en Corée du Nord

Il fut le premier appareil américain à intervenir pendant la Guerre de Corée.

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Un A-26C utilisé pendant la guerre d'Indochine.

À partir de 1951, sur l'impulsion du général de Lattre, environ 110 appareils furent aussi utilisés par l'armée de l'air française pendant la guerre d'Indochine au sein des groupes de bombardement et de reconnaissance (GB 1/19 Gascogne, ERP 2/19 Armagnac, GB 1/25 Tunisie et GB 1/91 Bourgogne)[2].

Ils opéraient la plupart du temps en soutien des forces au sol, notamment pendant le siège de Dien Bien Phu, durant lequel 7 Invader furent détruits par la DCA du Vietminh.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Les Invader survivants de la guerre d'Indochine furent encore utilisés par l'armée de l'air française en Algérie. combattants algériens de l'Armée de libération nationale (ALN), craignaient cet appareil rapide et à l'armement meurtrier autant que les (rares) avions à réaction utilisés dans ce conflit : « Si le B-26, le Mistral et en général tous les avions à réaction (…) sont considérés comme dangereux, c’est uniquement en raison de la soudaineté de leur arrivée et du fait qu’ils ne cerclent pas autour de leur objectif avant d’attaquer. »[3]

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Il reprit également du service dans le Sud-est Asiatique entre les mains des Américains et plus exactement de la CIA. En 1960, des B-26 opérant à partir de Thaïlande et sans marquages appuyèrent des opérations pour le compte du Royaume du Laos.

Pendant la guerre du Viêt Nam, les premiers aviateurs américains de l'USAF arrivèrent au Sud-Viêt Nam en 1961-1962. Ils y assurèrent des missions officiellement de "conseillers militaires". Dans la pratique, ils formèrent des unités appelées "Air Commandos" qui furent immédiatement engagées dans une opération baptisée "Farm Gate" afin d’éradiquer les rebelles Viêt-Cong. Ils ne disposaient que d’un matériel issu de la Seconde guerre mondiale, essentiellement des B-26 Invader. Opérant sous les couleurs sud-vietnamiennes mais avec des équipages américains, les B-26 se montrèrent d’une assez grande efficacité. Cependant les Américains ne furent pas en mesure de reproduire l’emploi intensif que les Français avaient fait de cet appareil puissant entre 1951 et 1953, car ces avions ne restèrent en fait qu’assez peu de temps au Viêt Nam. La perte d’un de ces appareils avec tout son équipage, due à un problème de fatigue de la structure ailaire, mit un terme à la carrière de ces machines en Asie du Sud-Est au cours de l’année 1964. Ils furent remplacés au combat par le Martin B-57 Canberra à réaction.

Variantes[modifier | modifier le code]

  • XA-26 (prototype)
  • A-26A (23 exemplaires)

Canon de 75 mm dans le nez

  • A-26B (1 335 exemplaires)

6 mitrailleuses de 12,7 mm et 10 mitrailleuses de 12,7 mm en option. Cet appareil était baptisé straffer, le straffing étant le mitraillage au sol.

  • A-26C (1 091 exemplaires)

6 mitrailleuses de 12,7 mm sur les ailes, une tourelle ventrale (avec 2 mitrailleuses de 12,7 mm) et une tourelle supérieure (avec 2 mitrailleuses de 12,7 mm). Nez en plexiglas (meilleure visibilité), en particulier lorsque le A-26 est configuré en version bombardement. Dans ce cas, l'équipage passe à 4 membres (ajout d'un bombardier). Cet appareil était baptisé leader, car il était capable de guider une formation de A-26B straffer.

  • RB-26 C: B-26C modifié en appareil de reconnaissance photo. (Désignation FA-26 avant 1962)
  • TB-26B/C : Plusieurs B-26B et C modifiés en appareil d'entrainement.
  • VB-26B : B-26B modifié en transport rapide.
  • JD-1 : B-26C modifié en avion utilitaire pour le compte de l'US Navy, devenu UB-26J en septembre 1962[4].
  • JD-1D : B-26C modifié en avion de guidage pour les avions cibles téléguidés pour le compte de l'US Navy, devenu DB-26J en septembre 1962.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : a tale of two giants, New York, Crescent Books,‎ 1985, 256 p. (ISBN 978-0-517-44287-6)
  2. In L'armée de l'air en Indochine, page 40
  3. Patrick Facon, Francois Pernot, Philippe Vial et al., Regards sur l'aviation militaire française en Algérie : 1954-1962 : recueil d'articles et état des sources, Vincennes, Service historique de l'armée de l'air,‎ 2002, 397 p. (ISBN 978-2-904-52137-9), « Guerre d’Algérie : la rébellion et le fait aérien », p. 44.
  4. Alain Pelletier, Les bombardiers et torpilleurs navals américains, Guides Larivière,‎ 1999 (ISBN 2-907051-20-2)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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