Vought F-8 Crusader

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Vought F-8E Crusader
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F-8E Crusader de l’aéronavale américaine en 1965.
F-8E Crusader de l’aéronavale américaine en 1965.

Constructeur Drapeau : États-Unis Vought
Rôle Avion de chasse
Premier vol 25 mars 1955
Mise en service Mars 1957
Date de retrait 1999 pour l'aéronavale française
Nombre construits 1 260
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney J57-P-20
Nombre 1
Type Turboréacteur avec postcombustion
Poussée unitaire 47,6 kN (80,1 kN avec postcombustion)
Dimensions
Envergure 10 87 m
Longueur 16 61 m
Hauteur 4 80 m
Masses
À vide 9 038 kg
Maximale 15 420 kg
Performances
Vitesse maximale 1 823 km/h (Mach 1,72)
Plafond 18 000 m
Rayon d'action 965 km
Armement
Interne 4 canons Colt-Browning Mk-12 de 20 mm alimentés par 144 obus chacun
Externe 2 000 kg de charge : 4 missiles air-air AIM-9 Sidewinder, ou 12 bombes de 113 kg, ou 8 bombes de 227 kg, ou 8 paniers de roquettes Zuni, ou 2 missiles air-surface AGM-12A ou AGM-12B Bullpup
Avionique
Magnavox AN/APQ-84 ou AN/APQ-94

Le F-8 Crusader (initialement F8U) est un chasseur supersonique construit par Vought aux États-Unis, et embarqué à bord de porte-avions. Il se caractérise par une entrée d'air nasale et par une voilure à incidence variable. Malgré une charge supplémentaire due à son équipement naval, il affiche les mêmes performances que son homologue basé au sol, le North American F-100 Super Sabre.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1952, la Marine américaine souhaitait disposer pour son aéronautique navale d'un chasseur supersonique de supériorité aérienne. Après un appel d'offres, le projet proposé par la compagnie Vought fut retenu. Sa particularité était que l'aile pouvait être inclinée de 7 degrés vers le haut, grâce à une poignée activée par le pilote, ce qui provoquait le même effet qu'un gros aérofrein et qu'un système supplémentaire de sustentation. De cette façon, la vitesse d'appontage était nettement réduite et, de plus, la visibilité du pilote était meilleure pendant la phase d'approche.

Le premier prototype dépassa le mur du son dès son vol inaugural, le 25 mars 1955. Le 21 août 1956, un F-8A (première version de série) battit le record de vitesse établi par un F100 Super Sabre, en atteignant 1 633 km/h sur un circuit de 15 km. Le 16 juillet 1957, un RF-8A (piloté par John Glenn) établit un nouveau record de traversée ouest-est des États-Unis, en reliant Los Angeles à New York à la vitesse moyenne de 1 167 km/h.

Un RF-8 Crusader se préparant à apponter. Remarquez l'aile en position haute et les hublots des caméras de reconnaissance.

Environ 1260 Crusader ont été construits au total. Les premières versions étaient armées de 4 canons de 20 mm et de roquettes dans une soute ventrale. Au fur et à mesure de leur production, les F-8 reçurent des améliorations progressives de leur radar, de l'électronique de bord, et un réacteur plus puissant. Les roquettes ont été supprimées à partir de la version F-8D, tandis que les versions à partir du F-8E pouvaient emporter 2 000 kg d'armements divers sous les ailes. L'avion pouvait être ravitaillé en vol. Deux versions de reconnaissances furent réalisées : elles étaient dépourvues de canons et de radar, le gain de place et de poids permettant d'installer des caméras.

Mis en service à la fois par l'US Navy et l'US Marine Corps, le Crusader commença à être retiré des premières lignes dans la première moitié des années 1970. La version RF-8G de reconnaissance a été utilisée dans les unités d'active jusqu'en 1982, et dans la réserve jusqu'en 1987. Depuis cette date, l'US Navy ne dispose plus d'avion spécialisé pour les missions de reconnaissance.

Exportations[modifier | modifier le code]

35 Crusaders furent livrés à l'armée de l'air des Philippines en 1978 et entreposés en 1988 avant d'être rayés des listes en 1991, même s'ils étaient probablement incapables de voler durant leurs dernières années de service.

Un F-8P Crusader de l'aéronavale française

Une version spéciale désignée F-8E(FN) fut construite pour la France : les porte-avions de la Marine nationale étant plus petits que ceux de son homologue américaine, il fallut augmenter l'incidence de l'aile ainsi que la surface des gouvernes de profondeur et modifier le dispositif hypersustentateur. Les 42 appareils commandés ont été livrés à partir de 1964 et subirent plusieurs améliorations pendant leur service.

Au début des années 1990, les 17 derniers exemplaires ont été progressivement mis au standard F-8P afin de les prolonger encore quelques années (révision intégrale du système électrique et des commandes de vol, nouveau siège éjectable, nouveaux équipements électroniques dont un ILS et un détecteur d'alerte radar). Les Crusaders français ont été définitivement retirés en décembre 1999 pour être remplacés par des Rafale.

Engagements[modifier | modifier le code]

Les RF-8A de reconnaissance effectuèrent plusieurs missions de reconnaissance pendant la crise des missiles de Cuba (1962) puis au-dessus du Laos juste avant les incidents du golfe du Tonkin (1964) dans lesquelles furent engagés quelques F-8E.

Pendant la guerre du Viêt Nam, les Crusader effectuèrent des missions air-air avec un taux de victoire de 19 contre 3 sur les MiG. Remplacés dans ce rôle par les F-4 Phantom II à partir de la fin des années 1960, ils effectuèrent ensuite de nombreuses missions d'attaque ou de reconnaissance.

Les Crusader français ont été déployés de nombreuses fois lors d'opérations extérieures (Liban, etc.) mais leurs seuls engagements réels furent le 7 mai 1977 au-dessus du Golfe d'Aden, entre deux appareils embarqués sur le Clemenceau et deux Mig-21 sud-yéménites (autorisation de tir refusée)[1],[2] et un accrochage entre un crouze du Foch (opération Mirmillon) et deux Mirage 5 libyens dans le Golfe de Syrte le 15 octobre 1984[3],[4]

Variantes[modifier | modifier le code]

  • XF8U-1 : prototypes (2 exemplaires)
  • F8U-1 / F-8A : première version de série (218 exemplaires)
  • F8U-1P / RF-8A : version non armée de reconnaissance (144 exemplaires)
  • F8U-1E / F-8B : nouveau radar (130 exemplaires)
  • F8U-2 / F-8C : réacteur J57-P-16 plus puissant, quilles ventrales (187 exemplaires)
  • F8U-2N / F-8D : réacteur J57-P-20 plus puissant, amélioration avionique (152 exemplaires)
  • F8U-2NE / F-8E : nouveau radar et système de tir, capacités air-sol (286 exemplaires)
  • F8U-1T / TF-8A : version biplace d'entrainement (un seul prototype construit)
  • RF-8G : RF-8A avec réacteur J57-P-22 et avionique améliorée (73 avions modifiés)
  • F-8H : F-8D avec réacteur J57-P-20A et capacités air-sol du F-8E (89 avions modifiés)
  • F-8J : F-8E avec réacteur J57-P-20A et autres améliorations mineures (136 avions modifiés)
  • F-8K : F-8C avec capacités air-sol du F-8E (87 avions modifiés)
  • F-8E(FN) : version du F-8E destinée à la France (42 exemplaires)
  • F-8P : remise à niveau des F-8E(FN) (17 avions modifiés)
  • F-8 Digital Fly-By-Wire : avion expérimental à commande de vol électrique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Développement lié

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le problème du porte-avions, Hervé Coutau-Bégarie, Chapitre huitième — la marine dans la politique extérieure de la France [1]}
  2. Chronique Du Charles De Gaulle p. 109
  3. Les porte-avions et l'aviation embarquée[2]
  4. Chronique Du Charles De Gaulle p. 121

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Anderton, North American F-100 Super Sabre, London Osceola, Wis, Osprey Pub. Sole distributors for the USA, Motorbooks International,‎ 1987 (ISBN 0-8504-5662-2).
  • (en) Zalin Grant, Over the beach : The Air War in Vietnam, New York, W.W. Norton,‎ 2005 (ISBN 978-0-3933-2727-4).
  • (en) Roy Grossnick et William J. Armstrong, United States naval aviation, 1910-1995, Washington, D.C, Naval Historical Center, Dept. of the Navy For sale by the U.S. G.P.O., Supt. of Docs,‎ 1997 (ISBN 0-1604-9124-X).
  • (en) Chris Hobson, Vietnam air losses : United States Air Force, Navy and Marine Corps fixed-wing aircraft losses in Southeast Asia 1961-1973, Hinckley, England North Branch, MN, Midland Specialty Press,‎ 2001 (ISBN 1-8578-0115-6).
  • (en) Marshall Michel, Clashes : air combat over North Vietnam, 1965-1972, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, First edition 1997,‎ 2007 (ISBN 1-5911-4519-8).
  • (en) Peter Mersky, F-8 Crusader units of the Vietnam War, London, Osprey,‎ 1998 (ISBN 978-1-8553-2724-5).
  • (en) Peter B. Mersky, Vought F-8 Crusader (Osprey Air Combat), London Osceola, Wis, Osprey Motorbooks International, Distributors for the USA,‎ 1989 (ISBN 0-8504-5905-2).
  • (en) Vought F-8 Crusader: MiG-Master Wings of Fame, Volume 5, London, Aerospace Publishing,‎ 1996 (ISBN 1-874023-90-5, ISSN 1361-2034), p. 32–95.
  • (en) Edwin E. Moise, Tonkin Gulf and the escalation of the Vietnam War, Chapel Hill, North Carolina, University of North Carolina Press,‎ 1996 (ISBN 0-8078-2300-7).
  • Stijger, Eric. "Aéronavale Crusaders". Air International, Vol. 45, No. 4, October 1993, p. 192–196. ISSN 0306-5634.
  • Tillman, Barrett (en). MiG Master: Story of the F-8 Crusader (second edition). Annapolis, Maryland: Naval Institute Press, 1990. ISBN 0-87021-585-X.
  • (en) István Toperczer, MIG-17 and MIG-19 units of the Vietnam War, Oxford, Osprey,‎ 2001 (ISBN 1-84176-162-1).
  • (en) Jim Winchester, "Vought F-8 Crusader".Military aircraft of the Cold War, London, Grange Books,‎ 2006 (ISBN 1-8401-3929-3).
  • (en) Stewart Wilson, Combat aircraft since 1945, Shrewsbury, Airlife,‎ 2000 (ISBN 1-875671-50-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le F-8 Crusader a servi de base à la conception du A-7 Corsair II, qui lui ressemble beaucoup extérieurement.

Liens externes[modifier | modifier le code]