Rockwell B-1 Lancer

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Pix.gif Rockwell B-1B Lancer Su-27 silhouette.svg
B-1B over the pacific ocean.jpg
Un B-1B au-dessus de l'océan Pacifique

Constructeur Drapeau : États-Unis Rockwell
Rôle Bombardier supersonique
Statut En service
Premier vol 23 décembre 1974
Mise en service 1er octobre 1986
Nombre construits 100
Équipage
4 : pilote, copilote, officier d'armement, officier de tir
Motorisation
Moteur General Electric TF101-GE-102 (en)
Nombre 4
Type Turboréacteurs avec postcombustion
Poussée unitaire 136,92 kN
Dimensions
B-1B drawing.png
Envergure De 23,84 à 41,67 m
Longueur 41,81 m
Hauteur 10,69 m
Surface alaire 181,16 m2
Masses
À vide 86 134 kg
Avec armement 148 870 kg
Maximale 216 365 kg
Performances
Vitesse maximale 1 205 à 1 329 km/h (Mach 1,25)
Plafond 18 200 m
Rayon d'action 11 265 km
Armement
Interne 34 000 kg d'armement dans 3 soutes ventrales
Externe 22 700 kg d'armement sur 6 points d'emports externes

Le Rockwell B-1 Lancer est un bombardier à long rayon d'action et à géométrie variable développé par les États-Unis dans les années 1970. Il a été construit, hors prototypes, à 100 exemplaires et est toujours en service en 2014.

Historique[modifier | modifier le code]

Durant les années 1960, après l'annulation du programme du North American XB-70 Valkyrie, le Pentagone mène plusieurs études pour un nouveau bombardier stratégique capable de pénétration à basse altitude à grande vitesse. Malgré la signature de quelques contrats de développement (réacteurs en 1964, avionique en 1968), le Secrétaire à la Défense Robert McNamara refuse à plusieurs reprises de financer le projet désigné AMSA (Advanced Manned Strategic Aircraft), préférant améliorer les B-52 et FB-111 déjà en service dans l'US Air Force au sein du Strategic Air Command.

Il faut donc attendre 1969 pour que le projet du B-1A soit lancé par l'administration du président des États-Unis Richard Nixon, tout juste élu. En décembre de la même année, North American-Rockwell est choisi pour développer le nouvel avion et General Electric pour les réacteurs. Comme l'US Air Force réclame une vitesse élevée tant à basse altitude qu'à haute altitude, le choix d'une aile à géométrie variable s'impose. Le B-1A a trois soutes à bombes dans le fuselage et ses 4 membres d'équipages sont placés dans une capsule éjectable (au lieu de sièges éjectables classiques).

Un B-1A

Trois prototypes et un avion de pré-production sont commandés. Le premier B-1A fait son vol inaugural le 23 décembre 1974, et les campagnes d'essais des prototypes se déroulent jusqu'à fin 1976, date à laquelle l'US Air Force commande les premiers exemplaires de série malgré des problèmes résiduels au niveau de l'avionique, qui est très complexe. Entre-temps, le coût du programme a fortement augmenté et le prix unitaire du B-1A a pratiquement doublé en 5 ans. En conséquence, le programme est annulé le 30 juin 1977 par le président Jimmy Carter, qui favorise plutôt les missiles de croisière.

Les vols d'essais et de mise au point se poursuivent néanmoins, permettant de corriger les défauts dans l'avionique, d'améliorer les réacteurs et de réduire la signature radar de l'avion. Les prototypes dépassent Mach 2 en altitude sans difficulté. En parallèle, l'US Air Force lance une consultation pour un avion capable d'emporter les nouveaux missiles de croisières de type ALCM, destinés à être largués depuis un avion. En 1980, Rockwell propose une version modifiée B-1B avec une vitesse à basse altitude améliorée mais une vitesse à haute altitude réduite, une structure renforcée pour augmenter la capacité en carburant et en armement, la capacité d'emport des ALCM, et une signature radar divisée par 10 par rapport à celle du B-1A.

Le 2 octobre 1981, la nouvelle administration du président Ronald Reagan annonce que la proposition de Rockwell est retenue et lance officiellement le développement du nouvel avion. Deux prototypes du B-1A sont modifiés et le vol inaugural a lieu le 23 mars 1983. Le premier véritable B-1B sort d'usine en septembre 1984. Le premier appareil est livré en juin 1985 au 96e Bomb Wing de la base Dyess AFB, au Texas. Le dernier exemplaire est livré en mai 1988 et les chaînes de montage ferment définitivement. La désignation Lancer est officiellement attribuée le 1er mars 1990.

Un B-1B au sol

Un certain nombre de problèmes apparaissent après la mise en service. Lors des vols à très basse altitude en particulier, les manœuvres d'évitement de terrain consomment beaucoup de carburant si l'avion est trop chargé, ce qui réduit le rayon d'action. Des modifications doivent donc être apportées, en particulier aux commandes de vol, pour améliorer la manœuvrabilité et permettre d'emporter plus de carburant. D'autres corrections doivent être apportées au radar (mode suivi de terrain défectueux), aux systèmes de contre-mesures électroniques et au système d'aide à la maintenance. Un défaut au niveau des réacteurs entraîne une interdiction de vol temporaire fin 1990.

Différentes mises à niveau et améliorations des systèmes électroniques ont été réalisées (ou sont en cours) depuis le milieu des années 1990. En particulier, les B-1B ont été modifiés pour pouvoir effectuer des missions de bombardement conventionnel. 66 sont en service actif en 2009[1], 65 en 2010 au sein de 4 escadrons.

Le cockpit où sont rassemblés les 4 membres d'équipages est relativement étroit pour un avion de cette taille.

En 2011, des tests portant sur des modifications du lanceur rotatif permettent de porter la charge offensive de cet avion à 48 JDAM de 226 kg au lieu de 15 soit l'emport de 4 B-52 avec cette munition de précision[2].

Le 27 février 2012, Boeing annonce que le B-1B a atteint le seuil des 10 000 missions de combat[3].

Au 14 janvier 2014, 18 d'entre eux retirés du service sont en dépôt au 309th Aerospace Maintenance and Regeneration Group (AMARG°[4].

Coût et disponibilité[modifier | modifier le code]

Des bombardiers B-1B Lancer en dépôt à l'AMARG dans les années 2000.

Une étude du Center for Defense Information (en) sur le coût de l’heure de vol des avions de l'USAF déclare les chiffres suivant pour le B-1[5] :

Coût de l’heure de vol entre 2001 et 2010
Année Coût
2001 58 474 $
2002 58 441 $
2003 65 661 $
2004 53 384 $
2005 60 234 $
2006 63 525 $
2007 52 807 $
2008 57 075 $
2009 62 594 $
2010 63 215 $

En 2013, le taux de disponibilité des bombardiers américains était le suivant, 75 % pour le B-52, 58 % pour le B-1B et 46,8 % pour le B-2[6].

Accidents [7][modifier | modifier le code]

  • 29 août 1984 : un prototype B-1B s'écrase lors de tests à basse altitude et basse vitesse. L'équipage utilise la capsule pour s'échapper de l'avion mais le parachute ne se déploie pas correctement, ce qui entraîne la mort du pilote Doug Benefield[8],[9].
  • 28 septembre 1987 : un B-1B est perdu, probablement suite à une collision avec un gros oiseau qui a entraîné un incendie à bord. Trois des six occupants sont tués lors de l'évacuation de l'appareil.
  • 19 septembre 1997 : un B-1B appartenant à l'unité 28th Bomb Wing s'écrase pendant une mission d'entraînement menée depuis la base Ellsworth Air Force Base. Les quatre membres de l'équipage sont tués. L'accident est attribué à une erreur du pilote.
  • 18 février 1998 : un B-1B effectuant une mission d'entraînement depuis la base aérienne de Dyess, est perdu au-dessus du Kentucky. En réaction à l'allumage d'un voyant d'alarme sur le moteur 3, l'équipage commande l'extinction des pompes à carburant de ce moteur. Cependant, un court-circuit du panneau électrique provoque un feu, qui entraîne la fermeture des robinets coupe-feu de tous les moteurs, interdisant ainsi tout redémarrage en vol. Les quatre membres d'équipages peuvent s'éjecter et sont retrouvés sains et saufs.
Atterrissage d'urgence d'un B-1B victime d'un incendie moteur
  • 12 décembre 2001 : un B-1B est perdu au-dessus de l’Océan Indien, à environ 160 km de Diego Garcia, d’où il est parti pour une mission de combat en Afghanistan. Les détails restent classifiés ; le pilote, le capitaine William Steele attribue le crash à « divers dysfonctionnements » qui ont provoqué la perte de contrôle de l’appareil. Par la suite, des informations des services de maintenance attribuent l'incident à un court-circuit ayant causé l’extinction des instruments primaires et de secours. À cause de la profondeur de l’eau dans laquelle l’avion s’est écrasé, la boîte noire n’a pas pu être récupérée et la nature exacte de l’accident n’a jamais pu être déterminée. L’avion revenait de Ellsworth AFB où il avait fait l'objet d'une inspection de routine et c’était sa première mission de combat après son retour. L’équipage a dû patienter deux heures en mer avant d’être secouru par l’USS Russell. C’est le premier B-1B perdu durant une opération de combat depuis sa mise en service en 1986.
  • 8 mai 2006 : l'équipage du vol « SLIP 57 », volant sous S/N 86-0132[10], termine un vol de 11 heures vers Diego Garcia par un atterrissage sur le ventre. L'enquête de l'Air Force conclut que les pilotes « avaient oublié d'abaisser le train d'atterrissage ». L'incendie qui s'ensuit est rapidement éteint et l'équipage sort par le cockpit indemne. Quatre jours plus tard, l'appareil est levé et son train d'atterrissage déployé. Les dégâts à l'avion sont estimés à près de 8 millions de dollars[11],[12].
  • 19 août 2013 : Un B-1B du 28th Bomb Wing s'écrase près de Broadus, dans le Montana, lors d'un vol d'entraînement sans faire de victime, les quatre membres d'équipage ayant réussi à s'éjecter[14].

Engagement[modifier | modifier le code]

Un B-1 larguant des bombes freinées

Le B-1B fut utilisé au combat :

Variantes[modifier | modifier le code]

  • B-1A - 4 prototypes
  • B-1B - 100 avions de série

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mehuron, Tamar A., Assoc. Editor. "The Air Force in Facts and Figures – 2008 USAF Almanac." Air Force Magazine, Journal of the Air Force Association, Vol. 92, Issue 5, May 2009.
  2. (en) B-1B Lancer upgrade will triple payload, Charles Rivezzo, 7th Bomb Wing Public Affairs, 12 avril 2011
  3. (en)Jennifer Hogan, « Boeing B-1 Bomber Completes 10,000th Combat Mission », sur Boeing,‎ 27 février 2012 (consulté en 20 août 2013)
  4. (en) « Inventory Database - Aircraft Type Summary », sur AMARC Expérience,‎ 15 janvier 2014 (consulté le 27 janvier 2014)
  5. Stephen Trimble, « EXCLUSIVE: US Air Force combat fleet's true operational costs revealed », sur The DEW Line,‎ 26 août 2011 (consulté le 6 septembre 2011)
  6. « Le B-2 en perte de disponibilité », Défense et Sécurité internationale, no 97,‎ novembre 2013, p. 13 (ISSN 1772-788X)
  7. (en) B-1B Losses, Global Security
  8. B-1A accident in 1984
  9. B-1A Crash, Aug. 29, 1984
  10. « 1986 USAF Serial Numbers » (consulté le 2006-12-01)
  11. (en) Air Combat Command Public Affairs, « Report: pilot error caused B-1B crash », USAF,‎ 18 septembre 2006
  12. (en) Recovery of B-1B "SLIP 57"
  13. (en) B-1 plane catches fire in Qatar - BBC News, 4 avril 2008
  14. « USA : un bombardier s'écrase dans le Montana », sur Europe 1,‎ 20 août 2013 (consulté en 20 août 2013)
  15. Raids n°279, dossier 27e BCA : six mois de combat en Afghanistan. début des combats le 14 mars 2009 à h du matin
  16. (fr) Pour un outil militaire français à vocation résolument stratégique - Philippe Steininger, Hérodote 3/2004 (N°114), p. 35-51

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Amy Sterling Casil, The B-1 Lancer, New York, Rosen Central,‎ 2003 (ISBN 0823938719)
  • Dao, James. "Much-Maligned B-1 Bomber Proves Hard to Kill." The New York Times, 1 August 2001.
  • (en) David Donald, The pocket guide to military aircraft and the world's airforces, London, Hamlyn,‎ 2004 (ISBN 0681031859).
  • (en) David Donald, The complete encyclopedia of world aircraft, New York, NY, Barnes & Noble Books,‎ 1997 (ISBN 0760705925)
  • Dorr, Robert F. Combat Aircraft Monthly: Lancer Force. London: Ian Allan Publishing, June 2010.
  • (en) Robert F Dorr, 7th Bombardment Group/Wing, 1918–1995, Turner, ME, Turner Publishing Company, 1997 (ISBN 1-56311-278-7)
  • Gunston, Bill. F-111. New York: Charles Scribner's Sons, 1978. ISBN 0-684-15753-5.
  • (en) Dennis R Jenkins, B-1 Lancer: The Most Complicated Warplane Ever Developed, New York, McGraw-Hill, 1999 (ISBN 0-07-134694-5)
  • (en) Marcelle Size Knaack, Post-World War II Bombers, 1945–1973, Washington, DC, Office of Air Force History, 1988 (ISBN 0-16-002260-6, lire en ligne)
  • (en) Tae-Woo Lee, Military Technologies of the World, 1, Santa Barbara, CA, ABC-CLIO, 2008 (ISBN 0-275-99535-6)
  • (en) Steve Pace, B-2 Spirit: The Most Capable War Machine on the Planet, New York, McGraw-Hill, 1999 (ISBN 0-07-134433-0)
  • (en) Steve Pace, Boeing North American B-1 Lancer, North Branch, Minnesota, Specialty Press, 1998 (ISBN 1-58007-012-4)
  • (en) Stephen I Schwartz, Atomic Audit: The Costs and Consequences of U.S. Nuclear Weapons since 1940, Washington, DC, Brookings Institution Press, 1998 (ISBN 0-8157-7773-6)
  • (en) Harold A Skaarup, South Dakota Warbird Survivors 2003: A Handbook on Where to Find Them, Bloomington, IN, iUniverse, 2002 (ISBN 0-595-26379-8)
  • (en) Charles A. Sorrels, U.S. cruise missile programs : development, deployment, and implications for arms control, New York, McGraw Hill,‎ 1983 (ISBN 008030527X)
  • (en) Mike (editor) Spick, The Great Book of Modern Warplanes first edition, New York, Salamander Books, 1987 (ISBN 0-517-63367-1)
  • (en) Mike Spick, B-1B, New York, Prentice Hall Press, coll. « Modern Fighting Aircraft »,‎ 1986, 1e éd. (ISBN 0130552372)
  • (en) Ray Whitford, Design for Air Combat, London, Jane's Information Group, 1987 (ISBN 0-7106-0426-2)
  • (en) Jim (editor) Winchester, Military Aircraft of the Cold War – Rockwell B-1A (The Aviation Factfile), London, Grange Books plc, 2006 (ISBN 1-84013-929-3)
  • (en) Thomas Withington, B-1B Lancer Units in Combat (Osprey Combat Aircraft 60), London, Osprey Publishing, 2006 (ISBN 1-84176-992-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]