AIM-54 Phoenix

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Phoenix.
AIM-54 Phoenix
Image illustrative de l'article AIM-54 Phoenix
Le missile monté sur un F-14 Tomcat
Présentation
Fonction missile air-air longue portée
Constructeur Hughes Aircraft Company
Coût à l'unité 477 131 $
Déploiement 1974
Caractéristiques
Moteur Moteur-fusée alimenté par carburant solide
Masse au lancement 460 kg
Longueur 3,9 m
Diamètre 0,38 m
Vitesse 4 800 km/h
Portée 99 Nm soit 184 km
Charge 60 kg
Guidage radar semi-actif puis actif en phase terminale
Détonation Proximité + Impact
Pays utilisateurs
États-Unis, Iran
F14 armé de AIM-54A, 1989
AIM-54C sous un F14

Le missile AIM-54 Phoenix est un missile air-air à longue portée construit par les États-Unis. Initialement prévu pour armer le F-111B, il a finalement équipé les F-14 Tomcat qui ont été les seuls appareils à l'emporter : aux États-Unis, le Phoenix a été retiré du service 2 ans avant l'avion. Tout comme le F-14 Tomcat, ce missile a été exporté en Iran.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Phoenix a été développé au début des années 1970 par Hughes Aircraft, sous le nom de AAM-N-11, initialement afin d'équiper le F-111B. Suite à l'abandon du projet du F-111B, il a été adapté à son remplaçant, le F-14 Tomcat. Son évaluation technique (TECHEVAL) s'est terminée en 1973, il est entré en service en 1974 et a été déclaré opérationnel en novembre de la même année. 2 505 missiles seront produits jusqu'au 18 novembre 1980. Le dernier Phoenix a été tiré lors d'un entraînement le 15 juillet 2004. Ce missile n'a pas eu de succès en combat avec l'United States Navy, par contre les Iraniens en auraient tiré avec succès contre des appareils irakiens lors de la guerre Iran-Irak.

Missions[modifier | modifier le code]

L'AIM-54 est conçu pour intercepter à très longue distance des formations d'appareils, des missiles de croisière, ou de gros avions. Il n'est pas du tout prévu pour le combat aérien rapproché.

Systèmes[modifier | modifier le code]

Une des caractéristiques les plus marquante de ce missile est sa taille. Avec près de 4m de long pour un poids de 460kg, c'est le plus gros missile air-air produit aux États-Unis. Cette taille est due aux caractéristiques ambitieuses de cette arme : aller vite et loin.

Propulsion[modifier | modifier le code]

Afin d'atteindre 184km de portée à la vitesse maximum de 4800 km/h, l'AIM-54 est équipé d'un moteur-fusée à carburant solide Mk47 MOD1.

Guidage[modifier | modifier le code]

Le missile se guide dans la première partie de son trajet en repérant la réflexion des ondes émises par le radar AN/AWG-9 du F-14 sur sa cible (guidage semi-actif). Il grimpe alors à 100 000 pieds (environ 30 000 m) d'altitude et frôle Mach 5. Une fois ces altitude et vitesse atteintes, il plonge sur sa cible en activant son propre radar pour l'approche finale (guidage actif).

Contrôle et système d'arme[modifier | modifier le code]

L'AIM-54 n'est qu'une partie du système d'arme AN/AWG-9 embarqué sur le F-14. Il est possible de lancer presque simultanément 6 missiles sur autant de cibles illuminées par le vecteur lanceur. Le contrôle du vol du missile est assuré par les quatre ailerons de l'empennage cruciforme. Jusqu'à 4 armes peuvent être emportées sous le fuselage sur les pylônes LAU-93 et deux de plus sous les ailes sur les pylônes LAU-132.

Charge militaire[modifier | modifier le code]

L'AIM-54 Phoenix est équipé d'une ogive contenant 60kg d'explosif à haute puissance, et équipé d'une fusée de mise à feu de proximité. Cette charge est suffisante pour abattre plusieurs appareils de petite taille (chasseurs) volant en formation ou de gros avion (bombardiers, ravitailleurs, poste de commandement volant…)

Versions[modifier | modifier le code]

  • AAM-N-11 : Version initiale développée pour la variante embarquée du F-111. Abandonnée en même temps que le F-111B.
  • AIM-54A : Première version embarquée sur le F-14A. Prévue pour un rayon d'action de 111 km, celui-ci fut largement dépassé.
  • AIM-54B : Version plus simple à produire et à maintenir de l'AIM-54A, n'entra jamais en service
  • AIM-54C : Dernière version produite par Hughes Aircraft. L'électronique analogique du début a laissé la place à des systèmes numériques. La plupart des caractéristiques ont été améliorées, y compris la protection contre-mesure électronique (CME). La charge militaire a été remplacée par une charge à fragmentation afin d'augmenter sa létalité.
  • AIM-54C+ High Power Phoenix : Version améliorée destinée au F-14D. Non produite.

L'Iran aurait développé et produit une version améliorée en petit nombre.

En opération avec l'US Navy[modifier | modifier le code]

Si ce missile est une grande réussite technologique, il est gros, cher, difficile à maintenir et la mission pour laquelle il a été construit (la protection des flottes américaine) ne s'est jamais présentée. Lors du seul conflit majeur durant lequel il a été engagé, la guerre du Golfe en 1991, la mission de supériorité aérienne a été confiée au McDonnell Douglas F-15 Eagle de l'US Air Force. Trois Phoenix ont cependant été tirés au combat par l'US Navy, deux le 5 janvier 1999 contre des MiG-25 irakiens, puis un autre le 9 septembre suivant contre un MiG-23 de la même nationalité. Tous ces tirs ont échoué. Dans le premier cas, les missiles n'avaient pas été armés correctement avant le décollage, et lors du tir, leur moteur ne s'est pas allumé. Dans le second, le MiG-23 a changé de direction et a accéléré, se mettant hors de portée du missile[1].

Au cours des entraînements, des valeurs de portée suivante ont été obtenues :

  • Plus courte distance d'engagement : 7,5 km
  • Distance d'engagement opérationnelle : de 20 à 70 km
  • Distance maximum d'engagement : 140km (voir ci-dessous)

En opération en Iran[modifier | modifier le code]

Les techniciens américains affirment avoir sabotés les missiles qui étaient sur le départ lors de la Révolution Islamique. Cependant il semble que les Iraniens aient pu contourner ce problème. Les dégâts dus à ces sabotages n'ont abîmé qu'un petit nombre d'appareils avant que les techniciens iraniens ne réparent les missiles. Certaines sources estiment qu'il était impossible pour les iraniens de se servir de ces armes une fois les ingénieurs de Hughes Aircraft partis. Les mêmes affirment que les Iraniens ne se sont servis des F-14 que comme AWACS. Si cette dernière affirmation est probablement vraie en raison des performances extraordinaires du radar AWG-9 qu'ils embarquaient, il semble que les Iraniens ont bien engagé au combat des F-14 équipés d'AIM-54. Les chiffres parlent de 90 à 158 victoires aériennes obtenues par ce mortel couple. À l'entraînement, les Iraniens ont abattu une cible à la distance record de 280km. Les Iraniens ont réussi á fabriquer des AIM-54 et ont amélioré celui-ci. Lors de la guerre du Golfe, très peu d'engagements ont eu lieu entre F-14 américains et avions irakiens, ces derniers ayant appris a reconnaître le F-14 à son radar, et à éviter le combat.

Contre l'Irak[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre 1982 un MiG-21 et deux MiG-23 irakiens furent abattus à l'aide de deux AIM-54 et deux AIM-7 Sparrow.

Le 20 janvier 1987 le Brig. General Hekmat Abdul-Qadr de l'armée de l'air Irakienne fut abattu alors que sa formation de Mirage F1 fut attirée dans un piège par un F-4 Phantom Iranien. Après l'explosion de son avion, son ailier aurait crié à ses équipiers "F-14!!! Fuyez!!! Fuyez!!!" d'après une station d'écoute iranienne.

Fin 87, l'Union soviétique livra des MiG-25BM de lutte anti-radar à l'Irak mais, le 11 novembre, un de ceux-ci fut endommagé par un AIM-54 à l'altitude de 21 000 mètres. En raison d'une avarie de la charge militaire, le Phoenix n'a pas explosé mais a brisé une partie de l'aile du MiG-25, le forçant à rentrer précipitamment à sa base.

Le 19 mars 1988, l'Irak lança une vaste offensive sur le terminal pétrolier de Kharg. La première puis la seconde vague de bombardiers lourds Tupolev Tu-22B passent sans encombre, à la troisième, les F-14 étaient là. Un navire de l'US Navy présent sur la zone a repéré plusieurs tirs d'AIM-54 et vu tomber 3 Tu-22B et un MiG-25RB.

À la fin du conflit Iran-Irak, la France livra de nouveau Mirage F1EQ-5 et 6 équipés de contre-mesures du plus haut niveau. Les F-14 n'arrivaient plus à les engager avec des Phoenix. Le 19 juillet 1988, quatre Mirage F1EQ-6 revendiquèrent la destruction de deux F-14 sans perte de leur côté.

Problèmes avec les AIM-54[modifier | modifier le code]

Le missile ayant été utilisé en grand nombre durant la guerre Iran-Irak, le stock est tombé à 50 armes à la fin de 1987. Il fut temporairement retiré du service par manque de pièces détachées, notamment de batteries introuvables en dehors des États-Unis. Par des voies clandestines, les militaires iraniens réussirent à s'en procurer au coût de 10 000 USD. Suite à cette expérience, ils ont démarré un vaste programme de production locale de ces pièces, mais aussi de pièces détachées pour les F-14, les F-4, etc. Ils auraient même développé une version améliorée du Phoenix à cette occasion.[réf. nécessaire]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Le AIM-54 Phoenix est visible dans l'album Tout Buck Danny n° 13 : Alerte nucléaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (en) « The AIM-54 Phoenix », Aviation Classics, no 13,‎ novembre 2011, p. 90-96