Extrêmement basse fréquence

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L’extrêmement basse fréquence (ou ELF, extremely low frequency en anglais) est la bande de radiofréquences comprise entre 3 et 30 Hz (longueur d'onde de 100 000 à 10 000 km).

Alors que la bande supérieure 30 à 300 Hz sert aux liaisons sous-marines, cette bande n'est pas utilisée en télécommunications, mais sert à détecter certains phénomènes naturels, générateurs d'impulsions radioélectriques.

Ondes ELF naturelles[modifier | modifier le code]

Des ondes ELF naturelles sont présentes sur Terre, créées par les éclairs de foudre qui déclenchent l’oscillation des électrons de l’atmosphère. Le mode de résonance principal de la cavité Terre-ionosphère a une longueur d’onde égale à la circonférence de la terre, soit 7,8 Hz. Ainsi cette fréquence et ses harmoniques (14, 20, 26, 32 Hz) apparaissent comme des pics de bruit dans le spectre ELF et sont appelées « résonance Schumann ».

Ces ondes semblent avoir été détectées sur Titan, la lune de Saturne . La surface de Titan étant peu réfléchissante en ELF, elles pourraient être réfléchies, selon certain modèles théoriques, par la transition liquide-solide de l’océan d’ammoniaque[1]. L’ionosphère de Titan est plus complexe que celle de la Terre, avec une première couche à 1 200 km d’altitude, et une seconde couche chargée à 63 km, ce qui séparerait deux cavités résonnantes. La source d’ondes ELF est cependant peu claire, car Titan ne présente pas d’activité orageuse observée.

Enfin des émissions ELF de puissance énorme, de l’ordre de 100 000 fois l’énergie lumineuse du soleil, sont théoriquement émis par une forme de pulsars appelés magnétars. Ainsi le pulsar de la nébuleuse du Crabe émettrait cette puissance à la fréquence de 30 Hz[2], mais cette fréquence est inférieure à la fréquence de Langmuir du milieu interstellaire, la rendant inobservable depuis la Terre.

Impacts sanitaires ?[modifier | modifier le code]

De tels champs peuvent être développés par les lignes à haute-tension[3] ou les gros transformateurs. Les études épidémiologiques permettent aujourd'hui de prouver l'implication des ELF dans l'apparition des tumeurs[4]. Après une dizaine d'années d'observations, le CIRC a conduit l'OMS à revoir le statut des ELF dans le classement des substances et ondes nocives ; de "non cancérigènes", les ELF ont été reclassées "peut-être cancérigènes". Mais des efforts restent encore à faire pour revoir justement ces classements. Les enfants vivants à proximité de lignes à haute tension ont en Europe deux fois plus de risque de développer une leucémie avant l'âge de 15 ans. D'autres effets sont suspectés, notamment concernant le risque de dépression[5] ou la diminution des défenses immunitaires de personnes exposées au champ d'un transformateur haute tension[6]. Les études sur les leucémies infantiles (risque significatif à partir de 0,4 mT) ont conduit la Suède a adopter une norme de 0,2 mT.
Parmi les solutions pour diminuer ce type de champs à proximité des habitations ou lieux de travail, figurent le repositionnement, rehausse ou enfouissement des cables, l'éloignement de transformateurs, l'utilisation de tensions moins hautes.

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Titan's Mysterious Radio Wave », Jet Propulsion Laboratory,‎ June 01, 2007 (consulté le 2007-06-02)
  2. Pulsars
  3. RTE, un nouveau service d’information et de mesures sur les champs magnétiques de très basse fréquence (50 Hz)
  4. Voir l'article d'Isabelle Baldi et al. intitulé Occupational and residential exposure to electromagnetic fields and risk of brain tumors in adults: a case–control study in Gironde, France. Disponible en ligne : http://onlinelibrary.wiley.com/store/10.1002/ijc.25765/asset/25765_ftp.pdf?v=1&t=hv51ufae&s=b368810187f6834d27f02c98189aacd564dd5718
  5. Verkasalo P.K. "Magnetic Fields of Transmission Lines and Depression", American journal of epidemiologie, 147 (1997)
  6. F.Szabazon, L.Bonhomme-Faivre, S.Déoux, P.Déoux, R.Santini, "Significant Increase of Leucocytes, NK and Interleukines 2 in Humans After The End of 0.4 uT-12uT Subchronic Exposure". 24 th annual meeting BEMS, P 247, 2002 Québec

Bibliographie[modifier | modifier le code]