Guerre civile syrienne
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La guerre civile syrienne est un conflit armé issu d'un mouvement de contestation du gouvernement syrien qui débute par des manifestations anti-régime et pro-régime[46],[47] pacifiques le 15 mars 2011, Deux ans avant le Printemps arabe.[48] Le mouvement, qui est réprimé par les forces syriennes, se prolonge encore en 2013 et se transforme peu à peu en conflit opposant deux camps armés au milieu des populations civiles, faisant près de 25 000 victimes (17 281 civils, 1 051 déserteurs (rebelles) et 6 163 soldats (armée syrienne) morts fin août 2012 selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)[49], organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestées[50]).
Face à l'armée régulière et ses supplétifs (moukhabarat et miliciens du Hezbollah notamment), se constitue et structure progressivement en 2011 une « armée syrienne libre » (ASL), sur la base d'un noyau de déserteurs et de citoyens.
Tandis que le gouvernement syrien est soutenu par l'Iran et le Venezuela, notamment à l'ONU, la rébellion est soutenue par la Ligue arabe et certains pays occidentaux, et l'ASL peu à peu soutenue et armée par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar[51], et dispose de l'aide d'agents de la CIA opérant à partir de la Turquie[51]. L'ASL est également progressivement renforcée (ou noyautée) par des jihadistes proches de la mouvance Al Qaïda[52], ce qui participe de la défiance de certains États face à cette armée informelle et disparate, et au caractère potentiellement confessionnel de ce conflit.
Sommaire
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Contexte[modifier]
Historique[modifier]
Genèse[modifier]
Alors que le printemps arabe s'étend en 2011 à tout le monde arabe, le gouvernement syrien prend des mesures de prévention, répression assortie de tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février[53], mais les moukhabarat répriment ces manifestations.
La Syrie garde en mémoire la révolte de Hama initiée par les Frères musulmans en 1982 et réprimée sans réaction internationale (2000 victimes[54]) par Hafez el-Assad.
Appels à manifester non suivis[modifier]
Suivant l'exemple des "révolutions colorées", des appels à manifester sont lancés sur Facebook, invitant les Syriens à se mobiliser les 4 et 5 février, notamment devant le siège du parlement à Damas. L'appel ne fut pas suivi, en raison notamment de l'important dispositif de sécurité, des intimidations des forces de sécurité et de l'arrestation des principaux organisateurs[55],[56].
Le 17 février 2011, le gouvernement annonce des mesures sociales prévoyant la baisse de taxes sur les produits alimentaires de première nécessité, l'augmentation des subventions pour le fioul et la création d'un fonds social qui aidera 420 000 personnes en difficultés[57],[58]. D’autres augmentations de prix et l’instauration de la TVA sont reportées ; le gouvernement annonce également le recrutement de 67 000 fonctionnaires, multiplie les rencontres avec des représentants de la société civile et des dignitaires religieux[58]. Des dizaines de fonctionnaires corrompus sont mutés ou renvoyés[58]. Le gouvernement apporte son soutien diplomatique, mais aussi matériel, et envoie des renforts en Libye, soutenir le colonel Kadhafi, en manière d’avertissement sur ses intentions en cas de révolte[59].
Le 8 février 2011, le pouvoir rétablit l'accès à Facebook et YouTube pensant apaiser d'éventuelles tensions[60]. Cependant, ce geste n'est pas interprété de la même manière par tous les médias. D'après Télérama et le Huffington Post, il s'agirait d'un moyen pour mieux repérer les activistes[61],[62]. En outre, ce point de vue est partagé par Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, qui estime que « les médias sociaux peuvent également être un outil de surveillance et de répression de l'opposition »[63].
Dans le même temps, le pouvoir multiplie également les mesures sécuritaires : renforcement des écoutes, plan de rupture des moyens de communications pour isoler des régions ou des villes du reste du pays, ordre donné aux moukhabarats de réprimer fermement toute agitation, interdiction de messagerie instantanée et de Skype, nombreuses arrestations préventives ou non, comme celles d’enfants tagueurs[58],[64].
Le 17 février 2011, les violences policières contre un commerçant entraînent le soulèvement d'un quartier de Damas[65],[66].
Le 7 mars 2011, 13 prisonniers politiques entament une grève de la faim[67].
Révolte de Deraa - mars 2011[modifier]
Le 13 mars 2011, quinze écoliers sont arrêtés pour avoir taggé les slogans de la révolution égyptienne de 2011, puis transférés à Damas[68]. Un nouvel appel est lancé sur Facebook, appelant les Syriens au soulèvement à partir du 15 mars dans toutes les villes de Syrie. Des manifestations quotidiennes se succèdent ainsi à Deraa à partir du 15 mars[69], et plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont alors incendiés[69].
Une manifestation a lieu le même jour à Damas[70],[71], avec quelques dizaines de personnes rassemblées au souk Al Hamidia (ou Hamidiyé) criant des slogans tels que : «Dieu, la Syrie, la liberté et c'est tout !» ; la foule fut rapidement dispersée par les forces de l'ordre. Selon les organisateurs, des manifestations eurent aussi lieu à Deir ez-Zor, Alep et Hassakeh[72].
Le 16 mars 2011, environ 150 personnes, pour la plupart des militants des droits de l'homme et des proches de prisonniers politiques, manifestent près du ministère de l'Intérieur à Damas, pour demander la libération des détenus politiques. Ils sont violemment dispersés par la police[73]. Selon des témoins, des intellectuels ont été sauvagement battus, Amnesty International condamne la répression de manifestants pacifiques et affirme que 30 personnes ont été arrêtées, dont les activistes des droits de l'homme Mazen Darwish et Suhair Al-Attassi et le philosophe Tayyeb Tizini[74].
Les auteurs de l’appel organisent le 18 mars un «vendredi de la dignité». Ce vendredi 18 mars 2011, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Alep, Damas, Homs, Banias[70] et surtout Deraa[70] (ville du sud, d'environ 80 000 habitants)[71]. Les manifestations partent des mosquées (le vendredi étant jour de prière) ou des stades où des matches ont lieu ce jour-là (ce qui entraîne la suspension de toutes les compétitions de football)[75]. Ces manifestations ont un caractère tribal et confessionnel limité : ainsi, la croix et le croissant ont été brandis au sein de la mosquée des Omeyyades à Damas[76]. Pour l’ancien diplomate Ignace Leverrier, il est même absent[77]. Le pouvoir réprime ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés ; Human Rights Watch parle de véritable massacre[78]. Des dizaines d'opposants, armés ou non, sont arrêtés[53].
Ainsi à Deraa, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles sur les manifestants, tuant quatre d'entre eux[79] et blessant plus de cent personnes[80]. Parmi les blessés transportés à l'hôpital, certains sont arrêtés par la police[81],[82]. Le même jour, la composition d’un «conseil national de transition temporaire», virtuel, est publié sur Facebook pour manifester l’existence d’une alternative[83].
Le lendemain, 19 mars 2011, à Daraa, les funérailles des manifestants tués la veille se transforment en manifestations, les forces de sécurité dispersent la foule par des tirs de gaz lacrymogènes, occasionnant plusieurs blessés[84].
La contestation s’amplifie le dimanche 20 mars 2011, avec environ 10 000 manifestants descendant de nouveau dans les rues de Daraa (selon les organisateurs), rejetant la tentative de médiation d’une délégation gouvernementale. Les forces de l’ordre répriment violemment les contestataires en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles, tuant un manifestant et en blessant une centaine. La manifestation tourne alors à l’émeute, les protestataires incendient le siège du parti Baas au pouvoir, le Palais de Justice ainsi que deux succursales de deux compagnies de téléphonie mobile, dont l’une appartient à Rami Makhlouf, cousin du président Bachar el-Assad[85].
Les manifestations continuent le 22 mars 2011 à Daraa et s’étendent à la ville voisine de Djassem[86]. Le 23, un millier de personnes manifestent de nouveau à Daraa, où on compte plus de cent morts[70],[71]. La révolte s'étend à la ville de Nawa avec 2 500 manifestants scandant des slogans contre le pouvoir et se dirigeant vers le commissariat de la ville, et à Jassem[87].
Le 24 mars 2011, vers 1h30 du matin, une unité de l'armée prend d'assaut la mosquée Omari à Daraa où s'étaient retranchés certains manifestants, en tuant au moins six. Plus tard dans la journée, la police ouvre le feu lors des funérailles de manifestants qui rassemblaient 20 000 personnes selon les protestataires. D'autres incidents ont lieu entre opposants et forces de l'ordre dans les villages avoisinants. Au total, 15 personnes sont tuées tout au long de la journée[88]. Malgré cette violente répression, le gouvernement annonce des mesures le soir du 24 mars, comprenant des hausses importantes de salaires dans l'administration (de 20 à 30 %), la libération des protestataires arrêtés durant les troubles et une potentielle abrogation de la loi sur l'état d'urgence (en vigueur depuis 1963). De plus, la conseillère du président juge les revendications des manifestants « légitimes »[89].
À partir du 25 mars, malgré la répression et diverses concessions du gouvernement, le mouvement s'étend à toutes les principales villes du pays.
Extension à tout le pays - mars et avril 2011[modifier]
Du 25 au 27 mars 2011, le mouvement s'étend dans plusieurs grandes villes du pays. Après les concessions annoncées par le gouvernement, et la libération de plus de 200 prisonniers politiques, les manifestations se renforcent à Deraa où une statue de Hafez el-Assad est déboulonnée. La contestation s'étend à deux villes proches de Deraa, Tafas et Sanamein et dans la capitale Damas (1,4 million d'habitants). Les troubles éclatent aussi à Hama (500 000 habitants), qui avait été victime d'une violente répression en 1982 (massacre de Hama). Des locaux du Parti Baas ont été incendiés dans plusieurs villes. Les manifestants scandent des slogans tels «le peuple veut la chute du régime» ou «nous nous sacrifierions pour Deraa».
Le 26 mars 2011, Lattaquié (700 000 habitants) commence à participer au mouvement de contestation[71] où la répression fait au moins dix morts. Le lendemain, l'armée est envoyée dans la ville. Ce même jour, le gouvernement annonce qu'il abrogera la loi sur l'état d'urgence, après avoir évoqué cette possibilité trois jours auparavant, et que le président Bachar el-Assad devrait prochainement s'adresser à la nation. Deux cent quatre-vingt prisonniers politiques sont libérés[70].
Au 5 avril 2011, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme recense 123 personnes tuées entre le 18 mars et le 1er avril en Syrie[90]. Le 8 avril, on compte 26 nouveaux morts à Deraa[70].
Une manifestation de 500 personnes a lieu le 13 avril à Alep[70],[71]. Un nouveau gouvernement est nommé le 14[71], mais sans calmer la contestation, qui rassemble 10 000 personnes à Lattaquié le 17. Le 18 avril, 20 000 personnes font un sit-in à Homs[70], huit sont tuées[71]. Le 20 avril, d'autres manifestations ont lieu à Alep et Homs, et le 21, l'état d'urgence est levé et la Cour de sûreté de l'État, un tribunal d'exception, est abolie[70],[71]. Toutefois, une nouvelle loi est adoptée quelque temps plus tard, qui selon les opposantes est tout aussi restrictive que la précédente. Le 22 avril, après la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, deux députés et le mufti de Deraa démissionnent[71].
C’est à cette période que la dissidence, totalement inorganisée, constitue un « comité de coordination pour le changement démocratique en Syrie »[91],[92].
Sièges des villes opposantes[modifier]
Siège de Deraa - 25 au 30/4/2011[modifier]
Le 25 avril 2011, les 4e et 5e divisions mécanisées, commandées respectivement par Maher Al-Assad et Muhammad Saleh Al-Rifai, et le 132e bataillon, attaquent la ville rebelle de Deraa. Des sources encore insuffisantes pour avoir des certitudes font état de mutineries individuelles, voire d’unités entières, qui occasionneraient un arrêt de la progression de l’armée dans la ville[93],[94],[95]. Pour rendre la défense de la ville plus difficile, l’eau, l’électricité et les communications téléphoniques ont été coupées[96]. L’ampleur de la répression provoque la démission de plus de 230 membres du parti au pouvoir[71]. De la même façon, les communications par téléphone satellite sont coupées[97].
Le 29 avril 2011, les forces de sécurité ouvrent le feu vendredi sur des milliers de personnes marchant sur la ville de Deraa, foyer de la contestation contre le gouvernement en Syrie, situé près de la frontière jordanienne[98]. Des manifestations ont lieu dans tout le pays[70]. Au moins 48 civils sont tués lors des manifestations[99]. Six personnes périssent samedi 30 avril 2011 dans le pilonnage de l'armée et les tirs de francs-tireurs à Deraa où l'eau, la nourriture et les médicaments manquent depuis l'intervention des troupes lundi[100]. Le même jour, près d'une centaine de personnes se rassemblent devant les locaux de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, accusée de « mensonges » et d'« exagération » dans sa couverture du mouvement insurrectionnel débuté mi-mars[101]. Les forces syriennes arrêtent deux personnalités de l'opposition, Hassan Abdel Azim et Omar Kachach[102].
Siège de Homs - mai et juin 2011[modifier]
Le 1er mai 2011, de nouvelles manifestations ont lieu à Deraa, Kameshli, Douma, Lattaquié[70]. Le soir du 4 mai 2011, 161 véhicules blindés commencent le siège de deux villes du centre du pays, Al-Rastan et Talbisseh[103]. À Alep et Damas, des sit-in ont lieu dans les universités[71]. Le 5 mai 2011, l’armée se retire de Deraa[71]. Le 6 mai, comme chaque vendredi, des manifestations ont lieu un peu partout en Syrie pour demander la fin du "régime de Bachar al-Assad". Comme chaque vendredi, les forces de l'ordre ouvrent le feu sur les contestataires. Selon les militants des droits de l'Homme, il y aurait ainsi eu au moins 26 morts, la plupart à Homs, dans le centre du pays. Riad Seif, l'un des leaders de l'opposition, est arrêté[104], avant d'être libéré 10 jours plus tard sous caution[105].
Le 7 mai 2011, six manifestantes tuées près de Baniyas[106]. Le 9 mai 2011, les manifestations continuent, des coups de tirs se multiplient, et les communications téléphoniques sont coupées[107]. Selon Human Rights Watch, les bilans en morts, en blessés comme en arrestations sont invérifiables[94]. L’ONG Insan indique un bilan de 632 morts et 8 000 arrestations entre le 15 mars et le 6 mai, mais en indiquant que les identités de 5 000 personnes arrêtées n’ont pas encore pu être vérifiées[75]. Le 11 mai, 21 personnes sont tuées dont deux soldats, un enfant et une infirmière[108].
Le 13 mai 2011, comme tous les vendredis, des manifestations pacifiques se déroulent dans tout le pays, notamment à Deraa, Homs, Hama, Bou Kamal, Lattaquié, Kameshli, Amouda et Alep. Au moins deux manifestants sont tués à Homs[109]. Le 14 mai, au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées à Tall Kalakh, près de Homs, par des tirs des forces de l'ordre[110]. Le 20 mai, des milliers de personnes manifestent. Ils répondent à l'appel de l'opposition pour la liberté et l'unité nationale. Damas, la capitale, et Alep, la deuxième ville pays, jusque-là globalement épargnées par les défilés, sont cette fois concernées. Les forces de sécurité ont tiré à de nombreux endroits, notamment Homs, Sanamein ou Maaret al Noumane. Il y aurait au total au moins 44 morts[111].
Le 12 juin 2011, l'armée syrienne pénètre dans Jisr al-Choughour pour « déloger les groupes armés » après avoir pilonné et tiré à la mitraillette au hasard sur les habitants depuis des hélicoptères[112],[113]. Le 21 juin 2011, la coordination nationale des comités locaux de jeunes révolutionnaires publie son programme politique, Vision des comités locaux de coordination pour l'avenir politique de la Syrie, qui formule l'avenir de la Syrie sous forme de démocratie parlementaire[114]. Cette réunion est suivie le 27 juin d'une réunion entre intellectuels de l'opposition dans un hôtel à Damas, alors que 400 étudiants d'Alep sont jugés pour sabotage et insulte au président[115].
Siège de Hama - juillet à septembre 2011[modifier]
Le 15 juillet 2011, des centaines de milliers de Syriens manifestaient vendredi, notamment dans les villes de Deir Ezzor (350 000 personnes), Hama (150 000) et Damas (7 000), pour demander la libération des détenus et la chute du régime, plusieurs civils ont été tués à Damas et à Idleb, dans le nord-ouest du pays, par les forces de sécurité[116]. Le 17 juillet, des affrontements entre partisans du gouvernement et opposants à Homs (centre) ont fait au moins 30 morts au cours des 24 heures précédentes[117]. Le 19 juillet, treize civils ont été tués par des tirs de l'armée syrienne à Homs[118]. Le 31 juillet, 140 personnes sont tuées par l'armée[119].
Une escalade de la répression est constatée après la déclaration début août du Conseil de sécurité des Nations unies[120]. Fondé fin août et lancé les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie, le CNS (Conseil national syrien) a pour but de coordonner les opposants et mener des opérations contre le gouvernement syrien. Son analogue libyen, le CNT, est le premier à le reconnaitre comme unique représentant du peuple syrien[121]. La France lui apporte son soutien le 10 octobre[122].
Multiplication des combats et des massacres[modifier]
Après une relative accalmie, des protestations reprennent le vendredi 14 octobre 2011, avec notamment des manifestations de soutien aux soldats ralliés à la contestation, et douze personnes sont tuées[123] par les forces de l'ordre loyalistes.
Le journaliste cameramen français Gilles Jacquier est tué à Homs, le 11 janvier 2012 pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes, destiné au magazine télévisé Envoyé spécial. Gilles Jacquier est tué par un obus de mortier dans des circonstances obscures. Plusieurs sources anonymes interrogées par le quotidien Le Figaro attribuent la responsabilité des tirs à l'Armée syrienne libre, qui dément ces affirmations[124],[125]. Le journaliste Sid Ahmed Hammouche, qui faisait partie du même convoi de presse, évoque la possibilité d'un crime d'État[126]. Jacquier est le premier journaliste occidental tué durant la révolte syrienne[127]. Les combats reprennent le mercredi 25 janvier 2012, selon l'opposition, l'armée syrienne a lancé une vaste offensive contre Hama, dans le centre du pays, un chrétien a été tué et on dénombre de nombreux blessés[128].
Offensive de février-mars 2012 à Homs[modifier]
Le vendredi 3 février 2012 est la journée la plus meurtrière depuis le début de la révolte ; des massacres ont lieu à Homs où l'armée tire au char et au mortier sur les populations civiles. L'OSDH, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés[50], compte 260 morts dont de nombreuses femmes et enfants mais aussi des manifestants qui dénonçaient le Massacre de Hama survenu 30 ans plus tôt. L'ONG Human Rights Watch dénonce des cas de tortures sur des enfants par l'armée[129] alors que l'ONU est toujours paralysée par le véto de la Russie et de la Chine qui soutiennent le gouvernement syrien[130]. Le jeudi 9 février 2012, plus de soixante civils ont été tués par les forces gouvernementales syriennes, la plupart dans la ville de Homs, 57 civils ont été tués dans de violents bombardements sur Homs, dont 35 dans le quartier de Baba Amr, et onze (…) dans le pilonnage de leurs maisons dans le quartier d'Inchaat[131]. Le 10 février, après le veto russe et chinois à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre le gouvernement syrien, l'opposition syrienne baptise sa journée de mobilisation au Liban « vendredi de la Russie qui tue nos enfants »[132]. Le mardi 14 février 2012, on découvre d'après l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés[50], que l'armée tire deux roquettes par minute sur Homs dans le quartier meurtri de Baba Amr[133]. Toutefois, cet organisme est selon ses opposants[50] se disant proches des zones de combat, qualifié de frauduleux[134] ou de mystérieux[135]. Le mercredi 15 février, à Homs, un oléoduc alimentant une raffinerie située à la périphérie du quartier de Baba Amr est détruit après avoir été bombardé par deux avions militaires, Damas affirme qu'il s'agit d'un acte de sabotage perpétré par des « groupes terroristes ». La ville d'Hama est prise d'assaut par les forces gouvernementales et plusieurs quartiers de la ville sont bombardés[136].
Le 22 février, Rémi Ochlik un photojournaliste français de l'agence IP3 Press, entré clandestinement à Baba Amr, est tué avec la journaliste américaine Marie Colvin, 56 ans, du Sunday Times dans le bombardement d'une maison du quartier transformée en centre de presse où il se trouvaient[137]. Les journalistes Édith Bouvier du Figaro et Radio France Internationale et Paul Conroy, photojournaliste indépendant ont été blessés au cours de la même attaque. Avec William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time Magazine, et Javier Espinosa d'El Mundo ils sont bloqués à Homs[138]. Le 25 février, le patriarche Grégoire III Laham appelle à ce que cesse l’envoi d’armes en Syrie[139]. Après six jours de difficiles négociations menées pas le CICR et le Croissant Rouge syrien, et dans une grande confusion quant au sort d'Édith Bouvier, seul Paul Conroy a pu être été évacué vers le Liban le 28 février 2012[140]. La journaliste espagnole basée au Liban, Monica García Prieto, affirme qu'Édith Bouvier ainsi que les journalistes Javier Espinosa et William Daniels sont toujours à Homs, dans le quartier assiégé de Baba Amr et qu'ils seraient en « sérieux danger »[141]. Edith Bouvier et William Daniels, ont été exfiltrés de Syrie vers le Liban puis évacués en France le 2 mars. Nicolas Sarkozy qui les a accueillis a prévenu que Damas devra rendre des comptes de ses crimes devant les juridictions pénales internationales[142]. Le 28 février 2012 le bilan de la répression en Syrie a été réévalué à plus de 7 500 morts civils. Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires politiques annonce que « des informations crédibles font état d'un bilan désormais souvent supérieur à cent civils tués par jour, dont de nombreuses femmes et des enfants »[143].
Le 1er mars 2012, après avoir conquis le quartier rebelle de Baba Amr, à Homs, le gouvernement syrien continue son offensive contre les insurgés. D'autres villes de Syrie comme Deraa et Rastane sont maintenant la cible des bombardements de l'armée, de nombreux réfugiés fuient vers le Liban. Le 4 mars, des sources de l'ASL à Deraa affirment que les chars des forces gouvernementales tirent des obus antiaériens sur les quartiers résidentiels et que des tireurs d'élite de l'armée syrienne ouvrent le feu. Le quartier de Baba Amr qui connaît une grave crise humanitaire est toujours isolé et sans secours, malgré un convoi de sept camions chargés d'une aide d'urgence du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui attend depuis plus de trois jours l'autorisation du gouvernement pour apporter son aide. Israël a proposé au CICR d'envoyer une aide humanitaire à la population, déclarant ne pas vouloir rester sans réagir quand des atrocités sont commises dans un pays voisin[144],[145]. Le 10 mars 2012, tandis que Kofi Annan rencontrait Bachar al-Assad pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu, les forces gouvernementales syriennes assiègent et bombardent la ville d'Idleb, l'un des bastions de la rébellion. Durant cette seule journée plus de 62 personnes ont été tuées en Syrie. De son côté, le Qatar a jugé qu'un cessez-le-feu était insuffisant et a dénoncé un "génocide" organisé par le gouvernement syrien. « Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu », a déclaré le ministre qatari des affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem al Thani lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le gouvernement syrien a parallèlement entrepris le rappel de ses ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne anticipant leur expulsions en représailles à la répression de l'armée syrienne[146],[147]. Le 12 mars 2012, Kofi Annan, a quitté la Syrie sans aboutir sur une solution à la crise ou obtenir de concessions d'Assad[148].
Le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud accuse « les gangs terroristes » d'avoir perpétré le massacre « en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie », accusant l'Arabie saoudite et le Qatar d'être « complices » de ces « gangs »[149]. Le 14 mars 2012, la ville d'Idleb est reconquise par les forces gouvernementales qui l'ont prise d'assaut, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés[50], 15 civils auraient été tués, 150 autres arrêtés. L'ONG syrienne affirme que « 23 corps portant des marques de torture d'une extrême violence ont été retrouvés près de Mazraat Wadi Khaled, à l'ouest de la ville d'Idleb ». Le 17 mars, un attentat terroriste vise le quartier chrétien de Damas. Deux voitures piégées ont explosé le matin à 7 heure 30, une visant la direction de la police criminelle et l'autre visant le centre des renseignements de l'aviation. On compte pas moins de 30 morts dont certains calcinés et une centaine de blessés. Les vitres de tous les bâtiments atteints par l'explosion ont volé en éclats. La télévision officielle syrienne dénonce le Qatar et l'Arabie saoudite comme responsable de cet attentat[150]. Le 18 mars, deux personnes sont mortes dans un autre attentat à Alep[151]. Le 19, des combats ont opposé des déserteurs et les forces gouvernementales à Damas non loin du palais présidentiel dans le quartier de Mazzé, qui abrite aussi les services de renseignements et autres bâtiments gouvernementaux, ainsi que dans deux autres quartiers de la ville, selon l'OSDH. Le bilan serait de six morts selon l'OSDH et de quatre morts selon les autorités[152]. Le 23 mars, l'armée syrienne continue de pilonner les insurgés dans la ville de Homs qui reste coupée du monde. Un habitant a déclaré durant un entretien via un téléphone satellitaire à Jérôme Bastion de RFI : « La situation est bien pire qu'auparavant. Les bombardements aujourd'hui sont d'une intensité incroyable, cela tombe partout. Ils utilisent toute sorte d'artillerie, la plupart du temps des chars modèle T72, mais aussi souvent des roquettes »[153].
Massacres de Houla, Al-Koubeir et Treimsa[modifier]
Massacre de Houla - 25/5/2012[modifier]
Le 25 mai, un massacre perpétré à Houla, localité proche de Homs, fait 108 victimes dont 49 enfants[154]. Ce massacre suscite une condamnation unanime du gouvernement syrien par le conseil de sécurité[155], la Russie et la Chine de leurs côté condamnent l'Armée syrienne libre pour les violences[156].
Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, c'est au contraire l'Armée syrienne libre qui est responsable du massacre[157],[158]. L'auteur revient ensuite sur son article, rappelant que d'autres journaux avaient rapporté des témoignages similaires, et que la vérité est la première victime de la guerre.
Massacre d'Al-Koubeir - 6/6/2012[modifier]
Le 6 juin 2012 une tuerie de masse est perpétrée à Al-Koubeir, une localité située dans la région de Hama, en Syrie. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés[50], au moins 55 personnes ont été tuées, dont 18 femmes et enfants. Le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, qui dénombre 80 morts, a accusé « le régime criminel d'Assad ». Le gouvernement syrien a démenti qu'un tel massacre ait eu lieu. Le général Robert Mood, chef de la mission d'observation de l'ONU dépêchée en Syrie, a annoncé le 7 juin 2012, que des observateurs de l'ONU déployés en Syrie ont été empêchés, entre autres, par des barrages des militaires de l'armée syrienne, de se rendre sur les lieux[159]. Ce nouveau massacre a été sévèrement condamné par l'ONU et la communauté internationale.
Massacre de Treimsa - 12/7/2012[modifier]
Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, organisme dont la neutralité et la fiabilité sont contestés[50], 150 personnes auraient été massacrées à Treimsa le lundi 12 juillet 2012. Selon un militant « Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village. Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers champs était abattu. » devant l'AFP. Toujours selon le même militant, « après le bombardement, l'armée est entrée [dans Treimsa] avec des armes légères et les shabbihas [miliciens pro-gouvernement] suivaient avec des couteaux. » Pendant ce temps, le gouvernement nie toute responsabilité et fait porter la responsabilité à des « groupes terroristes » ainsi qu'aux « médias assoiffés de sang », selon l'agence officielle Sana (Agence de presse). Ce massacre fait suite à celui de Houla, en mai, où ont péri une centaine de personnes[160].
Exactions envers des enfants - mars 2012[modifier]
Le 12 juin, l'Onu dénonce le gouvernement syrien comme étant « l'un des pires sur sa liste annuelle « de la honte » où figurent les protagonistes des pays en conflit où les enfants sont tués, torturés et forcés à combattre. » Dans son rapport sur les enfants dans les conflits armés rendu public le même jour, les Nations Unies affirment que « les soldats syriens ont torturé et exécuté sommairement des enfants, et se sont servi de certains d'entre eux âgés d'à peine huit ans comme de « boucliers humains » au cours de leurs opérations contre les rebelles ». Le rapport cite à l'appui les circonstances d'une opération menée le 9 mars par les forces de sécurité syriennes, armée, services de renseignement et milice Shabiha, contre le village d'Ayn l'Arouz dans la région d'Idlib où ont été « raflés des dizaines de garçons âgés de huit à treize ans avant d'attaquer le village. « Ces enfants ont été ensuite utilisés par des soldats et des miliciens comme boucliers humains, placés devant les vitres des autocars transportant les militaires pour pénétrer dans le village lors de l'assaut. Parmi les 11 morts du premier jour de combats ont figuré trois garçons de 15 à 17 ans. Trente-quatre autres personnes, dont deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de neuf ans, ont été capturés. Le village fut finalement incendié et quatre des 34 prisonniers ont été abattus par balles et brûlés, notamment les deux garçons ». Radhika Coomaraswamy représentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits armés, avait déjà fustigé les forces gouvernementales syriennes avant la publication de ce rapport déclarant « J'ai rarement vu autant de brutalités contre les enfants qu'en Syrie, où les filles et les garçons sont emprisonnés, torturés, exécutés et utilisés comme boucliers humains »[161].
Tentative de cessez-le-feu et mission d'observation de l'ONU - avril à juillet 2012[modifier]
Le 12 avril 2012, un cessez-le-feu est conclu entre le gouvernement et l'opposition armée par l'intermède des négociations menées par Kofi Annan, délégué de l'ONU. Il est violé le jour même par l'armée syrienne, voire par ses opposants, et ne sera jamais respecté. L'accord prévoit aussi la libération de tous les prisonniers politiques, la liberté de la presse et des manifestations. Il prévoit aussi la mise en place d'une mission d'observation de l'ONU de 300 membres.
Le 20 mai et les jours qui suivent, des rumeurs persistantes, relayées par l'opposition[162], évoquent que la Cellule centrale de gestion des crises du gouvernement aurait été décimée par un empoisonnement. Cette cellule réunit plusieurs généraux dont le ministre de l'Intérieur Mohammed Al Cha’’ar, le directeur des Renseignements militaires Abdel-Fattah Qoudsiyeh, le directeur des Renseignements de l'Armée de l'Air Jamil Hasan, le directeur de la Sécurité politique Mohammed Dib Zitoun, le directeur des Renseignements généraux Ali Mamlouk, ainsi que le frère cadet de Bachar el-Assad Maher el-Assad, patron de la 4e division mécanisée et homme fort de l'appareil militaire, et son beau-frère Assef Chaoukat, ancien directeur des Renseignements militaires et vice-ministre de la Défense depuis l'été 2011. Ces rumeurs ne seront toutefois guère confirmées par la plupart des médias et sont démenties par le gouvernement syrien.
Le 26 mai, le massacre de Houla, localité proche de Homs, fait 108 victimes dont 49 enfants[154]. Ce massacre suscite une condamnation unanime du gouvernement syrien par le conseil de sécurité[155], c'est ainsi la première fois que la Russie et la Chine condamnent le gouvernement syrien pour les violences[163].
Le 5 juin, le vice-ministre des affaires étrangères russe Guennadi Gatilov affirme n'avoir « jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique », ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie.
Le 6 juin, Bachar Al-Assad désigne un nouveau premier ministre, Riad Hijab, ancien ministre de l'agriculture, tandis que l'opposition syrienne dénonce un nouveau massacre de 78 personnes, dans le village de Mazraat Al-Qoubir situé près de Hama. Le lendemain, des observateurs de l'ONU venus y constater la situation sont empêchés d'entrer dans le village par l'armée syrienne avant d'être pris pour cibles par des armes lourdes, des balles perforantes et des drones.
Le 8 juin, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon évoque le danger d'une guerre civile « imminent et réel » en Syrie. Au niveau diplomatique, la Russie persiste à bloquer jusqu'en juillet 2012[164] toute condamnation ou intervention internationale des Nations Unis en Syrie.
Attentat du 18 juillet 2012[modifier]
Début juillet 2012, les combats se propagent et s'intensifient au cœur de la capitale Damas.
Le 18 juillet 2012, alors que l'ONU se prépare à délibérer sur une nouvelle résolution concernant la reconduction de la mission d'observation et que le cessez-le-feu semble condamné, un attentat à la bombe tue trois des plus hauts responsables du gouvernement dans les locaux extrêmement protégés du siège de la sécurité nationale, dans le quartier damascène de Rawda.
Les 5 victimes avérées mi-août sont 5 généraux :
- le chrétien Daoud Rajha (Dawoud Al Rajiha), ministre de la défense,
- son vice-ministre de la défense Assef Chaoukat (Asef Chawkat) qui est par ailleurs le beau-frère du président Assad
- Hassan Turkmani, chef de la cellule de crise pour la révolte[165]
- le chef des renseignements, directeur du Bureau de la Sécurité Nationale Hicham Al Ikhtiyar, qui succombe à ses blessures 2 jours après l'attentat.
- son adjoint le général Amin Charabeh.
Selon la télévision syrienne, le ministre de l'Intérieur Mohamed Al-Chaar est également blessé. D'insistantes rumeurs -non confirmées- évoquent par ailleurs de très importantes blessures de Maher Al Assad, frère cadet du président Bachar et dernier fils de l'ancien président Hafez al-Assad, à la tête de la garde républicaine.
Batailles de Damas et Alep - été 2012[modifier]
À la suite des offensives lancées par les insurgés dans les deux principales villes du pays, le gouvernement lance d'abord une contre-offensive en juillet dans la capitale, aboutissant à la réduction des rebelles fin juillet, avant de retourner début août ses forces contre Alep dont 50 % est tenue par les insurgés.
En août, l'ONU qualifie juridiquement le conflit syrien de guerre civile, ce qui amplifie les qualifications de crimes contre la population susceptibles d'être reprochés aux cadres principaux du gouvernement qui les ordonnent. Elle impute aussi à la rébellion des cas de tortures et d’extorsions de fonds à l’égard de civils, l'exécution sommaire de soldats gouvernementaux et miliciens, l’enrôlement de jeunes garçons de 13 ans et le harcèlement des communautés chiite, alaouite et chrétienne[166].
Cette contre-offensive se poursuit à la mi-août, où un nouvel attentat est commis par l'ASL au centre de Damas sur un parking de l'état-major de l'armée, faisant cinq blessés[167].
À partir du 15 août, l'armée lance une vaste contre-offensive dans la banlieue de Damas, progressant ville par ville, puis sur Alep et sur différentes villes du pays.
Fin août 2012, l'Armée syrienne libre prétend avoir abattu un hélicoptère militaire de l'armée syrienne au-dessus de la capitale Damas. Elle indique que l'aéronef a été visé par des personnes au sol, au nord-est du district de Jobar (en), et qu'il s'est écrasé dans les environs de Qabun. La télévision d'État confirme qu'un hélicoptère s'est écrasé dans cette ville.
Le même jour, après d'intenses bombardements, un massacre est révélé à Darayya, à 7 km de Damas. Des centaines de corps empilés d'adultes et enfants sont retrouvés, certains s'avérant avoir été tués de balle à bout portant[168].
Attentat du 26 septembre 2012[modifier]
Le 26 septembre 2012, un double attentat touche le siège de l'état-major syrien à Damas : il s'agit d'une explosion de voiture par un kamikaze et de bombes déclenchées au troisième étage du bâtiment grâce à la complicité de militaires. 4 gardes sont blessés et 14 civils et militaires sont blessés. S'ensuivent d'intenses combats entre l'armée syrienne et les rebelles, ainsi que l'assassinat d'un journaliste syrien travaillant pour la chaîne iranienne Press TV au moment où il couvre ces attaques ; le chef libanais du bureau de la chaîne à Damas est également blessé par balles. L'attentat est revendiqué par un groupe djihadiste mais trois autres brigades de l'Armée syrienne libre ont également participé à l'opération[169],[170]. Cet acte de terrorisme n'a pas été condamné par les pays occidentaux.
Offensives rebelles : décembre 2012 - avril 2013[modifier]
En décembre 2012, l'armée syrienne libre (ASL) lance une offensive afin de capturer le gouvernorat de Hama[171],[172].
Le 11 janvier 2013, après deux mois d'assaut, la base aérienne de Taftanaz est prise par les rebelles, lors desquels le Front al-Nosra joua un rôle déterminant[173].
Le 6 février 2013, les rebelles lancent une offensive, surnommée « bataille de l'Armageddon » contre les troupes loyalistes après avoir entré dans le district de Jobar à Damas. Ces derniers lancent également des attaques sur Adra au nord-est de la capitale[174],[175]. Le 21 février, 3 attentats à la voiture piégée visent des cibles de l'armée dans le quartier Barzeh de Damas. L'OSDH affirme que 22 personnes, la plupart des soldats, ont été tués[176].
Le 27 février, l'OSDH affirme que les rebelles ont tiré plusieurs obus de mortier ayant explosé au département militaire, judiciaire et de littérature de l'université de Damas.
Le 3 mars, des tirs de roquette rebelles touchent les quartiers-généraux de l'armée syrienne à Damas[177].
Le 6 mars, la ville de ar-Raqqah tombe aux mains de l'opposition, ce qui en fait la première capitale provinciale revendiquée être sous contrôle des rebelles depuis le début du conflit[178]. À la suite de la victoire rebelle, l'armée de l'air gouvernementale mène 25 frappes aériennes contre la ville, dans une tentative de déloger les forces de l'opposition. 39 personnes sont tuées au total, dont 17 sur une place et 10 ayant été confirmées comme des insurgés[179].
Les forces du gouvernementales syriennes tentent d'envoyer des renforts depuis l'aéroport du barrage de Tabqa, mais les rebelles les auraient intercepté selon l'OSDH[180].
Le 12 mars, 30 déserteurs sont tués dans une embuscade loyaliste près de Damas alors qu'ils tentaient de rejoindre l'est de Ghouta sous contrôle rebelle[181].
Le 18 mars, les rebelles attaquent au mortier le palais présidentiel et l'aéroport international de la capitale, bien qu'il ne soit pas clair s'il y ait eu des pertes parmi les rangs de l'armée syrienne[182].
Le 25 mars, les insurgés lancent l'un des plus importants bombardements du centre de Damas depuis le début du conflit, des mortiers touchant la place Ummayad, les quartiers-généraux du Parti Baas, les services de renseignement de l'armée de l'air et la télévision d'État, progressant dans le district de Kafr Sousa[183].
Le 26 mars, le chef de l'ASL Riad el Asaad est blessé à la jambe par un engin piégé près de Deir ez-Zor[184]. Il est transporté en Turquie pour y être soigné, mais il perd sa jambe[185].
Le 28 mars, des tirs de mortiers rebelles touchent l'université de Damas, tuant 15 étudiants et en blessant 7 autres[186].
Le 29 mars, les rebelles capturent le village stratégique de Da'el dans le gouvernorat de Deraa après des combats acharnés avec les forces gouvernementales, reliant Damas à la Jordanie[187],[188].
Le 3 avril, les rebelles capturent une base de l'armée syrienne près de la ville de Deraa[189].
Guerre d'usure et contre-offensives gouvernementales : avril 2013 - présent[modifier]
Le 7 avril, l'armée syrienne soutenue par des chars lance une contre-offensive à l'est de Damas, imposant un siège au district de Ghouta sous contrôle rebelle[190].
Le 15 avril 2013, au moins 20 personnes sont tuées dans des raids aériens et des barrages d'artillerie gouvernementaux au nord-est de Damas. Les rebelles se regroupent dans les quartiers de Qaboun et Barzeh afin de limiter les pertes et ainsi combattre les forces gouvernementales dans des combats rapprochés[191].
Le 18 avril, les rebelles capturent le complexe militaire de Dabaa dans le gouvernorat de Homs après des semaines de combat contre les forces gouvernementales, afin d'élargir leur territoire autour de la frontière libanaise[192]. Un officiel du ministère des Affaires sociales, Ali Ballan, est par ailleurs assassiné dans un restaurant du district de Mazzeh à Damas[193]. L'armée parvient cependant à prendre le contrôle du village de Abel qui leur permettrait d'assiéger les positions rebelles à Qusair.
Le 21 avril, l'OSDH affirme qu'au moins 250 personnes ont été tuées lors des combats qui opposent les loyalistes aux rebelles pour le contrôle de Rif Dimashq[194]. Des rapports affirment également que les troupes gouvernementales avancent sur Qusair soutenues par des miliciens du Hezbollah[195].
Le 24 avril, l'armée syrienne reprend le village d'Otaiba à l'est de Damas, qui était occupé depuis huit mois par les rebelles. Les rebelles accusent le Hezbollah d'envoyer des « troupes d'élite » afin de soutenir al-Assad, alors que les loyalistes ont repris le contrôle de plusieurs villages près de la frontière libanaise[196]. La base aérienne de Mennagh est en revanche prise par l'ASL dans la même journée dans la banlieue d'Alep après des mois de siège[197]. Le minaret de la Grande Mosquée d'Alep datant du XIe siècle est détruite dans les combats (cf. bataille d'Alep).
Le 26 avril, les États-Unis annoncent qu'ils pourraient recourir à une action militaire contre la Syrie après l'utilisation avérée d'armes chimiques (dont du sarin) par les forces gouvernementales[198], déclaration soutenue par Israël et le Royaume-Uni[199].
Le 27 avril, l'Armée syrienne libre (ASL) accuse l'Irak d'avoir mené un raid aérien contre ses forces à Deir ez-Zor dans l'est de la Syrie[200].
Le 28 avril, un avion de chasse de la Force aérienne et spatiale israélienne aurait survolé le palais présidentiel d'al-Assad et attaqué un centre de recherche d'armes chimiques près de Damas selon l'ASL[201]. Les rebelles capturent trois bases aériennes de l'armée syrienne dans le nord du pays[202].
Le 29 avril, le Premier ministre syrien Wael al-Halki échappe de peu à une tentative d'assassinat lorsque sa voiture a été la cible d'un attentat à la bombe dans le district de Mazzeh à Damas[203].
Le 30 avril, une bombe explose dans le centre-ville de Damas, tuant au moins 13 personnes[204], tandis qu'une attaque chimique des forces gouvernementales fait 2 morts à Saraqeb dans le gouvernorat d'Idleb[205].
Le 2 mai, jusqu'à 100 personnes sont tuées à Banias dans un raid de l'armée syrienne[206].
Dans la nuit 3 au 4 mai, des avions israéliens ciblent un ou plusieurs convois syriens transportant des armes destinées au Hezbollah[207].
Le 5 mai, six autres attaques aériennes israéliennes sont menées contre des cibles militaires dans la région de Damas, tuant 15 soldats syriens[208]. L'agence officielle Sana du régime syrien dénonce une « attaque aux missiles contre le centre de recherches de Jamraya »[209],[210]. Alors que le gouvernement syrien dénonce le lien entre « Israël et les groupes terroristes », l'Égypte et la Ligue arabe ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de faire pression sur Israël afin que ces attaques cessent[211]. La Syrie annonce à la Russie qu'elle « ne laisserait pas sans réponse le raid israélien contre son territoire ».
La Syrie a notamment pointé deux batteries de missiles sur le territoire israélien, « prêts à frapper des cibles précises » selon les sources syriennes, alors que les Israéliens ont déployés également deux batteries anti-missiles à la frontière syrienne, craignant une riposte de la part de Damas[212].
Le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon appelle à « éviter une escalade »[213]. Le président américain Barack Obama a refusé tout commentaire mais réitère le droit d'Israël à se défendre contre une attaque chimique du Hezbollah[214].
Le 6 mai, un hélicoptère de l'armée syrienne est abattu par les rebelles dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, tuant les 8 soldats à bord[215]. Selon des enquêteurs de l'ONU, les rebelles auraient par ailleurs utilisé du gaz sarin[216].
Le 12 mai, les loyalistes sécurisent Khirbet Ghazaleh et l'autoroute située à proximité[217].
À la mi-mai, en raison des récents gains de l'armée syrienne, des analystes font valoir que le gouvernement aurait l'avantage sur la rébellion et l'Occident en cas de futurs pourparlers de paix. La stratégie des forces gouvernementales consiste à mener des opérations de contre-insurrections dans les régions stratégiques plutôt que de tenter de recapturer le territoire entier et d'écraser la rébellion[218],[219].
Le 16 mai, l'armée syrienne repousse un assaut rebelle contre une prison à Alep. L'attaque rebelle visait à déloger les forces gouvernementales et à libérer 4 000 détenus politiques[220]. Les rebelles sont contraints de battre en retraite après que des frappes aériennes aient causé d'importantes pertes dans leurs rangs. Dans le même temps, les rebelles affirment avoir repris en revanche Qaysa et Rif Dimachq après avoir lancé une contre-offensive[221]. Un siège est également mené contre le QG de la 52e brigade dans la province de Deraa.
Le 17 mai, les rebelles capturent quatre villages à l'est de Hama, dont le village alaouite de Tulaysiah[222].
Le 19 mai, l'armée syrienne soutenue par le Hezbollah lance un assaut contre la ville stratégique de Qousseir. Le lendemain, le régime affirme avoir repris la ville[223]. En réalité les rebelles livrent une résistance féroce dans la ville.
Le 20 mai, l'armée irakienne lance une offensive afin de sécuriser la frontière syrienne et jordanienne des groupes liés à Al Qaïda et au front Al-Nosra.
Le 27 mai, un journaliste affirme que les forces de Bachar el-Assad ont utilisé des armes chimiques dans la région de la capitale, Damas[224].Ce même jour, les ministres européens des affaires étrangères décident de lever le blocus sur les armes qui doivent être livrées aux rebelles syriens[225].
Le 28 mai, le chef d'état-major de l'ASL, Salim Idriss, lance un ultimatum au gouvernement libanais lui demandant de retirer les combattants du Hezbollah, promettant de « poursuivre les miliciens où qu'ils se trouvent », faisant porter la responsabilité de ce qui se passe au président Michel Sleiman[226].
Le 29 mai, l'ONU condamne l'« intervention de combattants étrangers luttant pour le compte du régime syrien », faisant référence implicitement au Hezbollah libanais[227].
Le 30 mai, l'armée gouvernementale syrienne reçoit sa première livraison de missiles anti-aériens S-300 russes. Bachar el-Assad, le président syrien, parle d'un « reste de la cargaison » qui arrivera prochainement[228]. Dans la même journée, les autorités turques annoncent l'arrestation de 12 terroristes d'al-Nosra en possession de gaz sarin qui prévoyaient de planifier des attentats sur le sol turc[229].
Le 31 mai, selon Georges Sabra, vice-président du CNFOR, 1 000 autres rebelles viennent renforcer les positions insurgées à Qousseir encerclée par le Hezbollah et l'armée syrienne. 15 000 civils restent par ailleurs pris au piège dans Qousseir, alors que la nourriture et l'eau se font rares[230].
Le 5 juin, la télévision d'État syrienne indique que les forces loyales à Al-Assad ont entièrement sécurisé la ville[231]. Les rebelles auraient commencé à battre en retraite tandis que des poches de résistance subsistent dans les quartiers nord de Qousseir[232].
Le 6 juin, des combats opposent l'armée aux rebelles après que ces derniers se soient emparés, de manière brève, de la ville de Kuneitra qui relie le plateau du Golan occupé par Israël au reste du territoire syrien[233].
Le 8 juin le gouvernement syrien annonce avoir repris le contrôle de la totalité du district de Qousseir[234].
Le 9 juin, l'armée syrienne annonce le lancement d'une vaste offensive pour la reprise de la province d'Alep appelée « Tempête du nord »[235].
Le 14 juin, après le bombardement loyaliste de la centrale électrique, les rebelles lancent une offensive sur la ville d'Idlib au Nord-Ouest du pays.
Parties internes au conflit[modifier]
Opposition armée, ASL, CNS, CNFOR et groupes djihadistes[modifier]
Devant la poursuite de la répression, des défections se produisent et une frange de l'armée semble se constituer à l'automne 2011 en opposition armée au gouvernement. Deux groupes de soldats séditieux, l'Armée syrienne libre (créée en juillet 2011 par le colonel Riyad Al Asaad) et le Mouvement des officiers libres, se constituent[236], et pourraient avoir tué plusieurs centaines de membres des forces de sécurité[237] : ils fusionnent en septembre 2011 sous l'égide du premier.
Mi-octobre 2011, le développement de ces défections de nombreux soldats des forces armées, dont certains se rebellent pour retourner leurs armes contre les forces gouvernementales, fait craindre à l'ONU un mouvement de guerre civile, d'autant plus que les attaques de déserteurs contre les forces gouvernementales semblent se multiplier[123],[238], les déserteurs rejoignant les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL)[239], laquelle intensifie ses opérations contre le gouvernement.
Ainsi, le 16 novembre 2011, le centre des services de renseignements aériens situé à l’entrée de Damas est attaqué à l'aube à la roquette et à la grenade par un commando armé[240]. Quatre jours plus tard, le 20 novembre, c'est le siège du Parti Baas à Damas qui est la cible d'attaque à la roquette[241].
Le 29 novembre 2011, l'Armée syrienne libre reconnaît l’autorité du Conseil national syrien (CNS)[242]. Le haut commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme déclare le 1er décembre 2011 que la Syrie est en état de « guerre civile »[243]. En novembre 2012, la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution supplante le CNS comme figure de proue de l'opposition.
L'Armée syrienne libre dispose d'un camp installé en Turquie[244]. En partie formée de jihadistes proches de la mouvance Al Qaïda[245],[246], elle est armée par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar[51]. Elle dispose également de l'aide d'agents de la CIA opérant à partir de la Turquie[51].
Par ailleurs les groupes djihadistes front al-Nosra et Ahrar al-Sham prêtent main forte aux rebelles de l'ASL contre les Forces armées syriennes et se sont avérés d'une grande utilité pour ces derniers lors de la bataille d'Alep.
Bien qu'alliés à l'ASL dans le but de faire tomber le président Al-Assad, les membres de l'ASL ont condamné à de nombreuses reprises les attentats-suicides perpétrés par Al-Nosra et certains indiquent que l'éventualité d'un après-Assad serait marqué par une guerre entre l'ASL et les islamistes djihadistes, prônant une société basée sur les lois de la charia[247].
Position du gouvernement syrien[modifier]
La position du gouvernement vis-à-vis de la révolte armée est d'incriminer des « groupes armés antigouvernementaux » ou des « islamistes armés ». Après le massacre de Houla, le gouvernement accuse ainsi principalement des islamistes armés.
Des « ingérences extérieures » occidentales et des infiltrations d'armes commanditées par des pays adverses, dont le Qatar et l'Arabie saoudite sunnites, sont également régulièrement évoquées. Ainsi, dans une allocution télévisée du 3 juin 2012[248], le président syrien Bachar Al-Assad affirme que l'État syrien fait « face à une véritable guerre menée de l'étranger ».
Défections[modifier]
Début juillet 2012, le Général Manaf Tlass, intime tombé en disgrâce du président Bachar Al-Assad, fils de l'ancien ministre de la défense de Hafez Al-Assad, fait défection[249] et se présente à la troisième réunion des Amis du peuple syrien qui se tient à Paris.
Le 11 juillet 2012, l'ambassadeur de Syrie en Irak Naouaf Fares fait également défection[250].
18 généraux et de nombreux officiers et soldats de l'armée syrienne ont abandonné le gouvernement et se sont réfugiés en Turquie avec leurs familles[251].
Lundi 6 août, le premier ministre d'origine sunnite Ryad Hijab fait défection 2 mois après sa nomination pour rejoindre l'opposition[252] au Qatar, tandis que la télévision d’État annonce son limogeage.
Mi-août 2012, une dizaine de diplomates syriens à l'étranger ont officiellement rejoint la contestation[253]: Bassam Al Imadi (ancien ambassadeur en Suède), Nawwaf Al Cheykh Fares (ambassadeur en Irak), Lamia Hariri (chargée d’affaires à Chypre), Abdel-Latif Al Dabbagh (ambassadeur aux Émirats arabes unis), Mohammed Tahsin Al Faqir (attaché de sécurité près l’ambassade à Oman), Farouq Taha (ambassadeur en Biélorussie), Mohammed Housam Hafez (conseiller et consul en Arménie), Khaled Al Ayyoubi (chargé d’affaires au Royaume-Uni), Khaled Al Saleh (chargé d’affaires au Nigeria), Dani Ba’aj (deuxième secrétaire à la représentation permanente auprès de l’ONU à Genève).
Confessions : estimations et réactions[modifier]
Il n'existe pas de recensements officiels des confessions en Syrie. Il est néanmoins possible d'en faire une estimation sur la base de l'état du pays durant la première moitié du vingtième siècle. Voici les pourcentages respectifs des différentes communautés tels qu'estimés aujourd'hui : musulmans sunnites 72,8 % (dont Kurdes 9 %), Alaouites 10 %, chiites 0,5 %, Druzes 1,8 %, ismaéliens 0,9 %, chrétiens syriaques orthodoxes 12 %, chrétiens grecs-catholiques 1,3 %, chrétiens grecs-orthodoxes 1,2 %, chrétiens arméniens orthodoxes 1 %, autres chrétiens 3 %[254],[255]..
Selon d'autres chiffres, en 2012, les Arabes sunnites étaient 72,8 %, les Kurdes sunnites 8,3 %, les Arabes alaouites 10,2 %, les Arabes druzes, 1,8 %, les Arabes chiites ismaéliens 0,9 %, les Arabes chiites duodécimains 0,4 %, les Tcherkesses sunnites 0,3 %, les Turkmènes - Turcomans sunnites 0,6 %. Les kurdophones de religion Yezidi 0,1 %. Les différentes branches chrétiennes représentaient 4,6 % de la population syrienne avec 994 000 membres. Les chrétiens se répartissaient ainsi : Arabes de religion grecque orthodoxe : 526 000 membres ; Arabes de religion grecque catholique: 121 000 ; Arméniens apostoliques : 121 000 ; jacobites 89 000 ; maronites 29 000 ; Arméniens catholiques 26 000 ; protestants 21 000 ; nestoriens 20 000 ; syriaques catholiques 18 000 ; chaldéens catholiques 14 000 ; catholiques latins 9 000[256].
Chiites dont Alaouites : 12.2 à 14.2 %[modifier]
Les principaux courants chiites en Syrie sont par ordre croissant l'Ismaélisme 1,3 %, les Druzes 1,9 % et surtout les Alaouites 9 à 11 %, majoritaires le long de la côte ouest du pays. Ses membres sont régulièrement victimes d'actes de vengeance dans ce conflit, du fait de leur présence et domination à la tête de l’État depuis 1970.
La création d'un mini-État alaouite est régulièrement évoquée dans ce conflit dans l'hypothèse d'une future victoire des rebelles. Mais près d'un million d'Alaouites ne vivent plus dans leur région d'origine.
Arabes sunnites : 60 à 70 %, majoritaires[modifier]
Le 22 avril 2011, à la suite de la mort de 25 nouvelles personnes à Deraa et Damas, le mufti de Deraa démissionne.
Le conflit syrien est fréquemment présenté, notamment par les soutiens du gouvernement, comme de nature confessionnelle, les sunnites étant alors considérés comme les responsables d'un conflit par lequel ils chercheraient à s'approprier le pouvoir contre la grande minorité dirigeante alaouite notamment.
En dépit de réelles persécutions religieuses ponctuelles, notamment contre les Alaouites perçus comme les persécuteurs, le caractère religieux de ce conflit est vraisemblablement minoritaire face à une véritable rébellion contre un pouvoir oppressant et corrompu, dans la foulée du printemps arabe[réf. nécessaire].
Kurdes : 9 à 11 % (sunnites essentiellement)[modifier]
Les Kurdes ne constituent pas une confession à part entière, mais sont majoritairement sunnites, notamment en Syrie. Regroupée au nord-est du pays sur la frontière turque, ainsi que dans la province d'Alep, le Jazirah et la banlieue de Damas, cette population au fort sentiment communautariste, met à profit l’affaiblissement de l'armée syrienne en juillet 2012 pour investir plusieurs villes du Nord du pays[257], soutenue par l'espoir entretenu par le PKK de la création d'un Kurdistan indépendant.
Chrétiens : 4,6 % toutes branches confondues[modifier]
La part des chrétiens dans la population totale a fortement baissé au cours des dernières décennies, cette population émigrant beaucoup et ayant un taux de natalité faible.
Le 15 décembre 2011, les patriarches d'Antioche lancent un appel à la paix et à un arrêt des sanctions internationales contre la Syrie[258]. Les patriarches sont les « leaders » des chrétiens, qui représentent 4,6 % de la population. Les chrétiens sont très inquiets des manifestations du vendredi et ont en mémoire les chrétiens d'Irak qu'ils ont accueillis après les massacres. En effet, une semblable persécution religieuse semble se mettre en place à Homs ou 230 chrétiens ont été abattus par des hommes identifiés comme étant des insurgés sunnites (Aucunes preuves ou témoignages , pas meme de l'agence de presse officiel du gouvernement syrien n'a toutefois confirmé l'information ce qui fait douter fortement de la véracité de ce fait) tandis que les quartiers mixtes seraient désertés de 80 % de leurs habitants chrétiens[259][réf. insuffisante] notamment en décembre pour célébrer Noël[260].
Réactions internationales[modifier]
Enjeux géopolitiques[modifier]
Le 3 août 2012, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies Ban Ki-moon dénonce une « guerre par procuration entre grandes puissances »[261]. La Syrie est en effet l'enjeu d'une lutte géopolitique entre deux camps : d'un côté, Israël, les États-Unis, les membres de l'OTAN sous le commandement intégré américain, ainsi qu'une grande partie des pays arabes; de l'autre, la Chine, la Russie, l'Inde, l'Iran, le Brésil, le Vénézuela, ainsi que tous les États favorables à un règlement du conflit qui soit respectueux du droit international [262],[263]. Saoudiens, Qataris et Emiratis fournissent à l'Armée syrienne libre kalachnikovs, lance-grenades, missiles antichar et sol-air contre les hélicoptères et équipements sanitaires, la Central Intelligence Agency équipe en moyens de transmissions[264]. Les Russes ont envoyé des centaines d'instructeurs et de techniciens entretenir le matériel de guerre vendu par Moscou : hélicoptères d'attaque, missiles, radars, batteries antiaériennes[264]. Les Iraniens auraient envoyé des soldats combattre aux côtés des troupes loyalistes[265].
ONG et personnalités[modifier]
Appel de personnalités[modifier]
Dans une lettre ouverte publiée le 13 mars 2012, une cinquantaine de personnalités, anciens dirigeants politiques, Prix Nobel de la paix et intellectuels ont appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir pour retirer au président syrien son «permis de tuer»:
Dans ce texte publié dans le Financial Times et dans Le Figaro, ces personnalités de plus de vingt-sept nationalités estiment que « les divisions au sein de la communauté internationale ont donné au gouvernement d'Assad un permis de tuer et demandent que ce permis lui soit maintenant retiré »[266].
Document de la journaliste Anastasia Popova[modifier]
Grand reporter pour les chaînes russes Rossyia-1 et Rossyia-24, Anastasia Popova a passé sept mois en Syrie pendant l'année 2012 et est ainsi la personnalité étrangère ayant approché au plus près le conflit en cours en Syrie. Elle a réalisé une synthèse de ses sept mois de travail sous la forme d'un documentaire intitulé Syrian Diary Reportage d'Anastasia Popova - Journal de Syrie, qui reste à ce jour le document le plus approfondi sur la crise syrienne.
Amnesty International[modifier]
Le 14 mars 2012, Amnesty International rend public un rapport dénonçant un recours de grande ampleur à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en Syrie par le gouvernement. L'ONG recense 31 méthodes de torture et d’autres formes de mauvais traitements attribuées aux forces de sécurité, à l’armée et aux milices progouvernementales connues sous le nom de shabiha[267].
Comité international de la Croix-Rouge[modifier]
Le 21 février 2012, Le Comité international de la Croix-Rouge a demandé instamment aux autorités syriennes et à toutes les autres parties au conflit d’observer une cessation quotidienne des violences afin de permettre l’acheminement rapide des secours humanitaires[268]. Le CICR a également rappelé à toutes les parties au conflit qu'elles étaient tenues de faire en tout temps la distinction entre les civils et les personnes participant aux hostilités et de respecter pleinement le droit international humanitaire[269],[270]. Le 3 septembre 2012, le président du CICR, Peter Maurer, s'est rendu en Syrie pour une mission de trois jours, avec pour objectif de renforcer l'action humanitaire du CICR et du Croissant-Rouge arabe syrien[271][272].
Human Rights Watch[modifier]
Le 15 mars 2012, l'ONG américaine Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué les « méthodes de terre brûlée » utilisées par l’armée syrienne afin de tenter d'écraser la révolte qui perdure dans le pays. L'ONG basée à New York déplore que le Conseil de sécurité l'ONU soit bridé par la Russie et la Chine et considère qu’après un an de révolte populaire en Syrie « le Conseil de sécurité devrait enfin s'unir et signifier clairement à Assad que ces attaques doivent cesser »[273]. Le 20 mars 2012, Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué des crimes également commis par des groupes armés de l'opposition[274]
Observatoire syrien des droits de l'homme[modifier]
L'OSDH est un organisme d'information controversé revendiquant un réseau d'environ 200 contacts, source importante des principaux médias occidentaux pour le conflit syrien.
L' Observatoire syrien des droits de l'homme a été critiqué par des chercheurs et diplomates pour donner des affirmations invérifiables à court terme et avoir donné des informations fausses (comme la mort de Zainab al-Hosni, présentée comme martyre de la répression avant de réapparaître)[50]. Les critiques dénoncent la fiabilité de cet organisme, remarquant qu'il n'est composé que de deux personnes basées au Royaume-Uni affirmant recevoir des informations au téléphone par un réseau de 200 civils en Syrie. Alors que des spécialistes du Moyen-Orient comme Alain Chouet et Fabrice Ballanche estiment que l'OSDH est un « instrument de propagande » des Frères musulmans, d'autres comme Bassam Tahhan (en) décrivent l'OSDH comme proche des « services secrets britanniques »[50].
Réfugiés en Abkhazie[modifier]
En 2013, la République d'Abkhazie aurait accueilli 400 réfugiés syriens d'origine abkhaze ou abkhazo-tcherkesse, leur garantissant automatiquement la citoyenneté abkhaze. Un total de 1 000 citoyens syriens d'origine abkhaze vivent en Syrie[275].
Saint-Siège[modifier]
Le Saint-Siège a plusieurs fois appelé à l'arrêt des violences en interpellant aussi bien les parties impliquées que la communauté internationale ainsi que les leaders religieux et les croyants des différentes religions[276],[277].
Et, alors que l'ONU décide de retirer ses observateurs, le 16 juin[278],[279], le Saint-Siège a réitéré ses appels en demandant à ce que la Syrie ne soit ni abandonnée ni oubliée[280]. Ce même jour, l'agence Fides, de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, a relayé l'appel d'environ 800 civils musulmans et chrétiens de Homs pris au piège[280]. Information reprise dans les médias occidentaux[278],[279].
Le 25 décembre 2012, lors de sa bénédiction Urbi et Orbi, le pape Benoît XVI a appelé à prier pour la paix en Syrie et réaffirmé son opposition au bellicisme des pays occidentaux[281].
Pays occidentaux[modifier]
Dès le mois de mars 2011, l'Union européenne, le Canada, les États-Unis et la Turquie ont condamné les violences[282],[283],[284],[285].
En Europe[modifier]
L'Union européenne a pris des sanctions à plusieurs reprises contre la Syrie. Tout au long du mois d'août 2011, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, a annoncé une série de sanctions contre la Syrie. Une vingtaine de personnes faisant partie du gouvernement syrien ont été interdits de visa et voient leurs avoirs gelés. Cinq entreprises militaires impliquées dans les violences sont interdites de relations commerciales. Un embargo de l'UE sur les exportations de pétrole syriennes est également instauré[286],[287],[288].
Le 23 mars 2011, le Ministère des Affaires étrangères français appelle le gouvernement syrien à «renoncer à tout usage excessif de la force» et condamne «les violences qui font des morts et des blessés». Il invite également le président Bachar al-Assad à engager des réformes politiques. La France se joint à la demande du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme de «procéder à une enquête transparente sur les événements» des jours précédents[289].
Le 17 novembre 2011, la France rappelle l'ambassadeur français en Syrie, Éric Chevallier, à Paris et ferme les consulats généraux d'Alep et de Lattaquié[290].
Le 12 mars 2012, Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères dénonce « l'obstination criminelle de gouvernements archaïques » et la fuite en avant du gouvernement syrien qui s« 'enfonce dans une répression toujours plus sanglante, dans une violence toujours plus barbare »[291].
En mars 2013, Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, déclare que la France et la Grande-Bretagne pourraient livrer des armes aux rebelles syriens sans accord de l'Europe[292][293]. L'objectif français serait notamment de fournir des missiles sol-air pour contrer les attaques de l'armée syrienne, permettant ainsi d'alimenter un conflit qui aurait fait près de 100 000 morts[294].
Aux États-Unis[modifier]
Le 10 août 2011, le régime américain prend des sanctions économiques contre les sociétés de télécommunication syriennes et les banques liées à Damas. Ces sanctions empêchent les citoyens américains de mener des affaires avec la Banque commerciale de Syrie, la Banque syrienne libanaise commerciale ou Syriatel. Les avoirs de ces sociétés situés aux États-Unis sont gelés[295].
Dans une déclaration écrite publiée le 18 août 2011, le président Obama dit explicitement pour la première fois que le président Bashar El-Assad devrait démissionner : « Le futur de la Syrie doit être déterminé par son propre peuple, mais le président Bashar al-Assad s'est mis en travers… Pour le bien du peuple syrien, le moment est venu pour le président Assad de s'éloigner. » Il a condamné à nouveau la répression, mais répété que les États-Unis n'interviendraient pas dans les affaires syriennes au-delà des pressions politiques et économiques pour qu'Assad quitte le pouvoir. Le même jour, Hillary Clinton a annoncé un embargo total sur les importations de pétrole et de produits pétroliers syriens aux États-Unis[296].
On peut expliquer la réticence des États-Unis par le succès plus que mitigé des interventions en Afghanistan et en Irak. Même si la chute de la Jamahiriya arabe libyenne en 2011 constitue un précédent encourageant, la Syrie représente une cible autrement plus périlleuse, et dans le contexte de la crise actuelle, il serait donc difficile aux Etats-Unis d'intervenir sans un large soutien de la communauté internationale.
Le 14 juin 2013, la Maison-Blanche reconnaît officiellement l'utilisation d'armes chimiques de manière occasionnelle et répétée durant les années 2012 et 2013 par le régime de Bachar el-Assad. La « ligne rouge » fixée par Barack Obama en août 2012 est franchie, et les États-Unis décident de concrétiser leur aide militaire aux rebelles par la livraison d'armes létales et plus sophistiquées, permettant notamment de faire face aux chars et à l'aviation des loyalistes. Le sénateur républicain John McCain émet également la proposition d'une zone d'exclusion aérienne assurée par l'armée de l'air américaine depuis la Jordanie, afin de créer une zone sûre capable de protéger les réfugiés à la frontière jordanienne.
En Asie[modifier]
L'Inde et la Corée du Nord sont favorables à une résolution du conflit par un dialogue entre Syriens. Le Bangladesh s'aligne sur la position de la fédération de Russie[297].
En Amérique du Sud[modifier]
Le président vénézuélien, Hugo Chávez, apporte dans ce contexte son soutien à son « ami » Bachar el-Assad, et le décrit comme « un humaniste »[298].
Après la mort de Chavez, le gouvernement Vénézuélien fait le choix de se déclarer neutre en ce qui concerne les suites de la guerre civile syrienne, ne soutenant plus ni Bachar El-Assad, ni la rebellion, et rejoignant l'avis des hautes autorités de l'ONU, ainsi que de la Ligue Arabe, recommandant des élections démocratiques[réf. nécessaire]. De plus, Nicolas Maduro, le successeur de Chavez est élu difficilement, avec une opposition libérale proche des États-Unis : il se devait de donner des gages conformes à ses vues démocratiques, pour essayer d’être crédible d'un point de vue internationnal, et ne pas basculer dans le populisme, comme son prédécesseur.
D'autres pays comme le Brésil soutiennent une position en faveur du dialogue avec le gouvernement du président Bachar Al-Assad[299].
La Bolivie soutient une solution pacifique sans intervention étrangère[300].
En Russie et en Chine[modifier]
La Russie et la Chine s'opposent à toute résolution ou sanction contre la Syrie, ce qui pourrait entre autres s'expliquer par des raisons intérieures (craintes de voir le Printemps arabe faire tache d'huile chez eux[301],[7]), par des raisons de principes (ces deux pays sont traditionnellement opposés à tout droit d'ingérence[301],[7]), ou encore par des raisons d'intérêts :
- la Russie est notamment le premier fournisseur d'armes de la Syrie, qui reste le seul allié de Moscou dans la région, y compris du point de vue militaire grâce à la base navale de Tartous : c'est la dernière qui, en Méditerranée, accueille encore en permanence des navires de la flotte militaire russe[302],[303],[301],[7] ; la Russie prétend néanmoins ne livrer que des armes de défense anti-aérienne à la Syrie[6], affirmant même en juillet 2012 qu'elle ne conclurait plus de nouveaux contrats d'armement avec la Syrie avant la stabilisation de la situation[304] ;
- la Chine s'aligne systématiquement sur les positions russes en espérant tout simplement obtenir en retour un soutien de Moscou lorsque les intérêts chinois sont également menacés[7].
Ces deux pays ont notamment boycotté en juin 2011 les discussions à l'ONU destinées à établir un projet de résolution condamnant la répression en Syrie[305]. Moscou se déclare par la suite opposé aux sanctions prises par l'Union européenne au cours du mois d'août[306]. Début octobre 2011 à l'ONU, Russes et Chinois opposent leur veto à un projet de résolution concernant la Syrie, puis l'opposent une seconde fois en février 2012[307].
Alors qu'une demande d'intervention de la Turquie par des réfugiés syriens se fait de plus en plus pressante, la Russie prévoit en retour de déployer une importante flotte militaire dans les eaux territoriales syriennes pour empêcher une éventuelle attaque de l'OTAN[308],[309].
Le 20 mars 2012, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères annonce que la Russie est prête à soutenir une déclaration du Conseil de sécurité de l'ONU appuyant la mission en Syrie de Kofi Annan sous condition que celle-ci « ne constitue pas un ultimatum »[310].
Le 5 juin, son vice-ministre Guennadi Gatilov affirme n'avoir "jamais dit ou posé comme condition qu'Assad devait nécessairement rester au pouvoir à la fin du processus politique", ce qui constitue un premier signe de changement de position de la Russie, devant la répétition de massacres.
Le 25 juin la crise prend une tournure plus internationale lorsque la défense anti-aérienne syrienne abat un F-4 Phantom de la Force aérienne turque effectuant un vol d'entraînement au-dessus des eaux syriennes. Les autorités syriennes arguent que le chasseur avait violé l'espace aérien syrien et menacent de détruire les équipages partis à la recherche des débris de l'aéronef[311]. Le lendemain la Turquie demande à Bruxelles une réunion de crise des 28 ambassadeurs de l'OTAN. À l'issue de cette réunion la solution de représailles militaires contre le régime syrien n'était pas retenue d'actualité comme l'a confirmé le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu[312].
Sur le plan financier, la Russie a envoyé des tonnes de billets de banque à la Syrie. L'impression de la monnaie syrienne était initialement dévolue à une banque autrichienne mais elle fut stoppée à cause des sanctions occidentales[313].
Au Moyen-Orient[modifier]
C'est dans le cadre d'une opposition traditionnelle entre le front sunnite et un front chiite représenté par l'Iran et la Syrie alaouite que peut se lire notamment l'hostilité marquée du Qatar et de l'Arabie saoudite envers la Syrie, mais aussi dans le cadre de leur proximité avec les États-Unis. En effet, la Syrie accuse dès fin 2011 ces deux États de participer au financement et à l'armement des « rebelles ». Ainsi, pour David Rigoulet-Roze, « [les monarchies du Golfe] et l'Iran, dont la rivalité est historique, se livrent une guerre par procuration en Syrie aujourd'hui. Les pays sunnites redoutent la constitution d'un croissant chiite, de l'Iran jusqu'à la Méditerranée avec le Hezbollah libanais, auquel la Syrie offre une continuité ». Le clivage religieux vient ici doubler un clivage géostratégique, notamment dans l'attitude face aux États-Unis, même s'il faut nuancer cette coïncidence avec l'attitude du Hamas sunnite, rattaché à l'axe chiite[314], et avec celle de Bahreïn pour des raisons stratégiques.
La place de la Syrie est tout particulièrement importante dans l'eschatologie chiite et son grand récit de la fin des temps : en effet, d'après Jean-Pierre Filiu, « c'est là que l'imam caché, le Mahdi, reviendra pour y terrasser le Sofyani, la figure maléfique qui se pare des habits de l'islam pour mieux le pervertir » ; tandis que, dans la tradition sunnite, « Damas est [...] le lieu où Jésus/Issa, avant-dernier prophète de l'islam, reviendra à la fin des temps pour affronter Al-Dajjal, l'Antéchrist ou faux prophète »[315].
Par ailleurs, Israël a soigné sept Syriens dans le Golan[316], territoire syrien illégalement occupé par cet État depuis 1981.
Front sunnite[modifier]
Plusieurs capitales arabes condamnent finalement le pouvoir syrien, se joignant aux pays occidentaux pour provoquer une session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU le 22 août 2011[317],[318]. Le 12 novembre 2011, la Ligue arabe (sauf l'Irak et le Liban) vote la suspension de l'adhésion de la Syrie à toutes ses réunions à compter du 16 novembre et prône des sanctions politiques et économiques contre le pouvoir syrien[319]. Le 7 mai 2012, les chefs de tribus se rencontrent à une conférence au Caire pour annoncer leur support de l'Armée syrienne libre et des révolutionnaires en Syrie ; à la fin de la conférence les chefs de tribus arabes en Syrie annoncent la fondation d'un conseil politique, où toutes les tribus en Syrie sont représentées (voir déclaration de l'écrivain politique Ahmed Ghanem[320]).[réf. à confirmer] Le 15 août 2012, le sommet islamique de La Mecque (en Arabie saoudite) prononce la suspension de la Syrie de l'Organisation de la coopération islamique.
Cependant, le roi sunnite du Bahreïn Hamed ben Issa al-Khalifa, qui vient de réprimer la contestation massive dans son propre pays, apporte son soutien au gouvernement syrien[321]. Quant à l'Égypte, elle adopte une position ambiguë. En février 2012, le chef de la diplomatie égyptienne Mohamed Kamel Amr se prononce pour un règlement pacifique du conflit syrien, une prise en compte des exigences du peuple et une cessation immédiate des violences dans le pays, rejetant toute ingérence extérieure[322],[323]. En septembre 2012, le président égyptien Mohamed Morsi affirme qu'« il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme » et que le président Bachar el-Assad « ne sera pas là pour longtemps »[324], ce à quoi réagit le ministère des affaires étrangères syrien en accusant l'Égypte d'ingérence[325] ; mais le même mois, Morsi s'oppose devant l'Assemblée générale de l'ONU à une intervention militaire étrangère[326]. Il annonce finalement en juin 2013 avoir coupé « définitivement » les relations avec le régime en place en Syrie[327].
Front chiite[modifier]
L'appui des forces étrangères chiites au gouvernement syrien monte progressivement en puissance au cours de la guerre civile : au printemps 2013, la bataille de Qousseir représente un tournant, les combattants venant d'Iran et du Hezbollah se montrant décisifs dans l'avancée des forces loyales au gouvernement syrien après le recul de l'été 2012[315].
Le rôle de l'Iran[modifier]
L'appartenance de la famille el-Assad au groupe ethnique et religieux chiite des Alaouites a permis depuis plusieurs années un important rapprochement avec l'Iran : la Syrie est ainsi devenue le principal allié de Téhéran dans le monde arabe. Mais la nature du soutien de l'Iran à la Syrie dans le cadre de la guerre civile reste longtemps confuse. Dans un premier temps, Téhéran semble avant tout préoccupé de préserver ses intérêts dans la région en adoptant une attitude assez ambiguë. D'un côté, l'Iran prend quelques distances avec le gouvernement syrien en ouvrant le dialogue avec l'opposition syrienne[328] ; de l'autre, il désapprouve les sanctions prises par la Ligue arabe, craignant que celles-ci n'attisent la violence, et ne débouchent ainsi sur une guerre civile[329].
Mais alors que l'Union européenne et de hauts responsables militaires américains ont accusé l'assistance iranienne, le commandant en second de la Force Al-Qods (milice des Gardiens de la révolution) reconnaît en juin 2012 que la République islamique a été présente en Syrie lors de la révolte, poussant le chef des forces armées iraniennes à assurer que l'aide était « uniquement logistique et morale »[1]. De son coté, l'Armée syrienne libre affirme avoir capturé des combattants iraniens en mars 2012[2], tandis que le ministre des affaires étrangères iranien admet en août 2012 que « des retraités des Gardiens de la révolution et de l'armée, mais aussi d'autres administrations » figuraient parmi 48 otages iraniens enlevés à Damas[330]. Le même mois, le Guide suprême Ali Khamenei déclare par ailleurs : « La Syrie est notre première ligne de défense. Nous combattons là-bas pour notre propre compte. Nos ennemis viendront vers nous après la Syrie, et c'est pour les ralentir et résister à leurs plans que nous nous y battons »[331]. En septembre 2012, le commandant de la Force Al-Qods reconnaît la présence de certains de ses hommes en Syrie, en précisant qu'ils fournissent une assistance de nature « intellectuelle » et « financière » mais non militaire[332] ; cette déclaration est suivie d'un démenti par le ministre iranien des affaires étrangères[333]. Le même mois, la diffusion d'une photo de la tombe de Moharram Tork, un gardien de la révolution « mort en martyr pour la patrie » à Damas, confirme que l'assistance iranienne est bien militaire.
Pour David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (IFAS), l'aide iranienne a d'abord été logistique avant de devenir militaire dès 2011 : l'Iran aurait alors envoyé des militaires, des gardiens de la révolution et des armes pour soutenir le gouvernement syrien, s'engageant même à un soutien "illimité" dans le cadre d'un accord de défense mutuelle après l'attentat ayant touché la cellule de crise syrienne le 18 juillet 2012[334]. D'après Jean-Pierre Filiu, « Téhéran a été contraint d'engager aussi directement ses clients et ses conseillers pour compenser le délitement des défenses gouvernementales depuis l'été 2012, face aux avancées révolutionnaires sur Damas et Alep. Ce contrôle opérationnel de l'Iran a été démontré avec éclat, en janvier, lorsque la libération de 48 ressortissants iraniens a été négociée par la guérilla syrienne en échange de plus de 2 000 prisonniers aux mains du régime Assad »[315].
Par ailleurs, l'Iran a notamment fourni une aide d'un milliard de dollars au gouvernement syrien pour contourner les sanctions internationales[335]. Ce soutien économique est reconnu en février 2013 par le ministre iranien des affaires étrangères, précisant que son gouvernement fournit notamment de l'essence et du blé à la Syrie. En revanche, il déclare par ailleurs : « L'armée syrienne est suffisamment importante et n'a pas besoin de combattants étrangers »[336].
Après son élection à la présidence de la République islamique en juin 2013, Hassan Rohani proclame que « la crise syrienne doit être réglée par le peuple syrien. Nous sommes contre le terrorisme, la guerre civile et les interventions étrangères. J'espère qu'avec l'aide de tous les pays de la région et du monde, la paix et le calme reviendront en Syrie »[337].
Le rôle du Hezbollah[modifier]
En outre, le Hezbollah, la milice libanaise chiite pro-iranienne à laquelle Damas assure toujours à l'heure actuelle un important soutien logistique dans sa lutte contre Israël, a également été accusé par l'opposition syrienne d'envoyer des combattants en soutien des forces gouvernementales (ce qui a été démenti par le président Bachar El-Assad)[338], puis par le Département du Trésor des États-Unis de jouer un « rôle central » dans la répression[339], sans que ces affirmations soient vérifiables dans un premier temps[340]. Toutefois, on apprend en octobre 2012 qu'un commandant du Hezbollah, Ali Hussein Nassif, et plusieurs de ses hommes ont été tués en Syrie[341], alors que l'Armée syrienne libre affirme détenir 13 hommes de la milice libanaise et accuse celle-ci d'être « impliqué[e] jusqu'au cou dans le conflit syrien, dans l’assassinat du peuple syrien et dans la tentative de mater la rébellion surtout à Damas et Homs »[342]. Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah assure alors que des membres de son parti combattent bel et bien les rebelles syriens mais à titre individuel et sans mandat de sa formation[343], puis déclare en février 2013 que « tout ce qui aboutirait à transférer la lutte en Syrie vers le Liban serait une erreur » ; mais dans le même temps, il est annoncé dans la presse que les combats ayant lieu du côté syrien de la frontière syro-libanaise ont fait trois morts au sein de l'organisation libanaise[344],[345]. Néanmoins, pour le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme Rami Abdel Rahmane, « il ne s'agit pas de combattants du Hezbollah » ; il ajoute : « en dépit de nombreuses rumeurs autour de la présence en Syrie de combattants du Hezbollah, nous n'avons recueilli pour l'heure aucune preuve tangible en deux ans de conflit », précisant malgré tout que le Hezbollah contribue, avec l'Iran, à entraîner les forces armées syriennes[346].
En février 2013, le Washington Post rapporte que l'Iran et le Hezbollah ont formé en Syrie la milice Jaysh al-Shabi chargée de combattre l'opposition anti-Assad, et que 50 000 combattants pro-Assad soutenus par l'Iran opèrent alors en Syrie[347]. En avril 2013, la CNFOR appelle le Hezbollah à retirer « immédiatement » ses combattants de la région de Qousseir frontalière du Liban où l'armée syrienne a progressé[348].
Fin avril 2013, le chef du Hezbollah reconnaît officiellement la participation de son organisation aux combats en Syrie[349] en invoquant une réaction à des agressions contre des Libanais dans la province de Qousseir (frontalière avec le Liban)[350]. D'après l'universitaire Thomas Pierret, « le Hezbollah cherche à protéger les points stratégiques syriens qui lui permettent d’acheminer des armes venues d’Iran »[351].
En mai 2013, l'OSDH affirme que le mouvement a perdu 104 combattants en huit mois dans la guerre en Syrie alors qu'une source proche de celui-ci avait comptabilisé 75 morts durant la même période. L'organisation libanaise « a déclaré d'abord vouloir défendre les 13 villages syriens frontaliers où vivent des Libanais chiites, puis le mausolée de Sayyeda Zeinab, près de Damas, lieu de pèlerinage très important pour cette communauté »[352]. Selon le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, entre 3 000 et 4 000 combattants du Hezbollah auraient été déployés en Syrie ; quant à lui, le général rebelle Salim Idriss estime leur nombre à 7 000 dans la bataille de Qousseir[353].
Le rôle des combattants irakiens[modifier]
Côté irakien, la brigade Abu al-Fadl al-Abbas a diffusé de nombreuses vidéos à la gloire de ses actions. Selon l'agence Reuters, parmi ces combattants figureraient d'ex-combattants de l'Armée du Mahdi, le mouvement armé de l'imam radical Moqtada al-Sadr, de l'organisation chiite Badr, proche du pouvoir iranien. Mais d'après des responsables politiques chiites, les combattants en question n'ont pas reçu de feu vert officiel de la part des chefs de leurs mouvements ou du gouvernement irakien, dominé par les chiites, pour aller combattre en Syrie[354],[334].
Aux Nations unies[modifier]
Les 7, 20 et 31 juillet 2011, le secrétaire général Ban Ki-moon appelle à mettre un terme à la répression[355],[356],[357].
Le 3 août 2011, le Conseil de sécurité condamne la répression par les autorités syriennes[358]. Le même jour, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne à l'unanimité les « violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils » par les autorités syriennes[359]. Ce type de protestations dépasse par son ampleur et sa durée le soulèvement qui avait mené au massacre de Hama en 1982, d'autant que les membres de différentes communautés se sont impliqués[360]. Fin août est créé le CNS (Conseil national syrien), à l'image du CNT libyen. Il est lancé officiellement les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie.
Le 5 août 2011, des experts de l'ONU exhortent la Syrie à cesser la répression contre les civils[361].
Le 5 octobre 2011, puis le 4 février 2012, la Chine et la Russie opposent à deux fois leur veto à une résolution de l'ONU condamnant la répression en Syrie[362],[363].
En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardées par l'armée syrienne, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est «presque certainement un crime contre l'humanité»[364]. Selon les sources proches de l'opposition, la répression et les combats auraient fait un total de 19 000 morts en juillet 2012 et des centaines de milliers de déplacés. En un an, les organisations humanitaires estiment le nombre de réfugiés à 90 000 en Jordanie[365]. Le 23 février 2012, Kofi Annan est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie[366]. Il en démissionnera en juillet 2012, face à la mésentente entre les 5 membres permanents du conseil.
Le 20 mars 2012, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, déclare lors d'une conférence de presse à Bogor, que « La situation en Syrie est devenue intolérable et inacceptable ». Il ajoute que « La communauté internationale doit s'unir. Ce n'est pas parce que nous ne sommes pas capables d'avoir une résolution à l'ONU qu'il faut que la souffrance de la population syrienne continue. Il s'agit de la responsabilité morale et politique de la communauté internationale »[367].
Fin mai 2012, le massacre de Houla suscite une condamnation unanime du régime de Damas par le conseil de sécurité; cependant Russie et Chine maintiennent tout veto à des projets de résolution du Conseil de sécurité contre le régime Syrien.
Le 15 août 2012, une commission d'enquêteurs des droits de l'homme des Nations unies conclut que les forces gouvernementales syriennes et les milices chabihas ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, notamment des meurtres et des actes de torture[368]; elle incrimine également les insurgés, quoiqu'à un degré moindre.
Les Amis de la Syrie[modifier]
Le 24 février 2012 se tient en Tunisie la première Conférence internationale des amis de la Syrie, regroupant une soixantaine de délégations occidentales et arabes qui souhaitent voir condamner fermement le régime syrien.
Elle se réunit pour la troisième fois à Paris le 6 juillet 2012, avec 106 pays participants qui se heurtent toujours au refus de la Chine et la Russie d'infliger des sanctions à la Syrie.
Notes[modifier]
- Bien que l'Iran ne le reconnaisse pas officiellement, des responsables de la Force Al-Qods ont admis avoir fourni un soutien logistique, ainsi que des conseillers militaires, au gouvernement syrien. La présence d'unités combattantes iraniennes en Syrie a été évoquée sans être prouvée. Voir Guerre civile syrienne#Au Moyen-Orient.
- La Turquie est considérée comme le point de transit principal des armes destinées aux insurgés, avec la bénédiction du gouvernement turc, ce que ce dernier dément. Voir Conflit syrien de 2011-2012#Au Moyen-Orient.
- L'Arabie saoudite et le Qatar sont cités comme finançant ou soutenant le financement de l'armement destiné aux insurgés. Les deux pays démentent ces allégations. Voir Guerre civile syrienne#Au Moyen-Orient.
- Les États-Unis fournissent officiellement du matériel de communication et des renseignements aux insurgés.
Références[modifier]
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- L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) est une association britannique dont la neutralité, la probité et la fiabilité sont contestées par des journalistes, chercheurs et diplomates pour les raisons suivantes :
- L'OSDH n'est formé que de deux personnes basées à Coventry (Royaume-Uni) dont Oussama Ali Suleiman sous le pseudonyme de Rami Abdel Rahmane qui dit recevoir ses informations par téléphone de gens en Syrie Reuters, 8 décembre 2011, Ria Novosti, 25 février 2012
- Les affirmations de l'OSDH sont invérifiables à court terme. L'Orient le jour, 8 février 2012
- L'OSDH a annoncé la mort de la jeune Syrienne Zainab al-Hosni, présentée comme martyre de la répression avant de réapparaître Le Point
- L'OSDH est qualifié d'"instrument de propagande" par Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo) La Croix, 24 juin 2012
- Selon Alain Chouet, ancien responsable de la DGSE et expert du monde arabo-musulman, l'OSDH est " une émanation de l’Association des Frères Musulmans et il est dirigé par des militants islamistes" Marianne, 20 juillet 2012
- Pour Bassam Tahhan (en), chercheur et professeur arabisant d'origine syrienne, l'OSDH est "aidé par les services secrets britanniques" et très peu fiable. France Info, 6 août 2012
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- Syrie : l'ONU évoque de possibles «crimes contre l'humanité», Le Nouvel Observateur, 16/2/2012
- Tamer Al-Samadi, « « Les forces de Bachar tirent à l'aveugle » », Courrier international, traduction du Al-Hayat d'Amman (Jordanie), no 1114, du 8 au 14 mars 2012, p. 39 (ISSN 1154-516X)
- Communiqué de l'ONU
- leparisien.fr, 20 mars 2012
- L'ONU accuse le régime syrien de crimes contre l'humanité Le Monde - 15/08/2012
Annexes[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Conseil national syrien
- Observatoire syrien des droits de l'homme
- Droits de l'homme en Syrie
- Massacre de Hama
- Référendum constitutionnel syrien de 2012
- Conférence internationale des amis de la Syrie
- Guerre sale
- Armes de destruction massive en Syrie
Débordements du conflit :
Liens externes[modifier]
- Les événements décrits par L'Agence de Presse Arabe Syrienne
- « Who's who in Syria's leadership », BBC, publié le 3 mars 2005
- Le CICR en Syrie