Hamas

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Hamas

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Logo officiel

Nom arabe حماس
Présentation
Fondation 1987
Chef Khaled Mechaal
Fondateurs Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi, Mohammed Taha
Branche armée Brigades Izz al-Din al-Qassam
Représentation
Conseil législatif
74 / 132
Orientations
Idéologie Nationalisme palestinien
Islamisme
Antisionisme
Antiaméricanisme
Négation de la Shoah[1]
Antisémitisme[1]
Affiliation internationale Frères musulmans
Couleurs Vert
Informations
Siège Gaza, Territoires palestiniens
Site web www.hamasinfo.net

Le Hamas (en arabe : حماس, « ferveur »), acronyme partiel de harakat al-muqâwama al-'islâmiya (arabe : حركة المقاومة الإسلامية, « Mouvement de résistance islamique »), est un mouvement islamiste constitué d'une branche politique et d'une branche armée, principalement actif à Gaza. Créé en 1987 par Sheikh Ahmed Yassin, Abdel Aziz al-Rantissi et Mohammed Taha, tous trois issus des Frères musulmans, sa charte[2] affirme que « la terre de Palestine est une terre islamique ». Il prône donc la destruction de l'État d'Israël et l'instauration d'un État islamique palestinien sur tout le territoire de l'ancienne Palestine mandataire, c'est-à-dire incluant l'État d'Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza).

Dans le cadre du conflit israélo-palestinien, le Hamas se définit lui-même comme un mouvement trouvant ses principes dans le Coran et se battant au nom de l'islam. Les militants du Hamas, dont ceux des Brigades Izz al-Din al-Qassam, prennent pour cible aussi bien les militaires que les civils israéliens. Entre avril 1993 et 2005, le Hamas a organisé des attentats suicides visant essentiellement des civils. Le dernier attentat-suicide contre Israël revendiqué par le Hamas remonte ainsi à janvier 2005[3] ; il a déclaré en avril 2006 renoncer à ce type d'actions[4], préférant alors tirer des roquettes de type Qassam et des missiles Grad sur des villes israéliennes, dont Sdérot, Ashdod, Ashkelon et Beer Sheva.

Le Hamas est sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[5] et des États-Unis d'Amérique[6]. Il est classé terroriste par Israël[7], l'Égypte[8] et le Japon[9], et est banni en Jordanie[10]. Pour la Grande-Bretagne[11] et l'Australie[12], seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste. D'autres pays du monde, notamment l'Afrique du Sud[13], la Russie[14], la Norvège[15], le Brésil[16] ne reprennent pas le Hamas sur la liste des organisations qu'ils considèrent comme terroristes. En décembre 2014, l'inscription du Hamas sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne a été annulée par la justice pour vice de procédure[17].

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la biographie semi-officielle du Hamas, Truth and existence[18],[19], l'histoire du mouvement s'articule autour de quatre grandes étapes ou périodes :

  1. 1967-1976 : création et développement des « Frères musulmans » dans la bande de Gaza ;
  2. 1976-1981 : expansion géographique à travers la participation de groupes plus expérimentés dans la bande de Gaza et en Cisjordanie et création d'institutions comme al-Mujamma' al-islami (le Centre islamique de Gaza), al-Jam'iyya al-islamiyya et l'université islamique de Gaza;
  3. 1981-1987 : influence politique à travers l'introduction de mécanismes d'action et la préparation au combat armé ;
  4. 1987 : fondation par Ahmed Yassine du Hamas en tant que bras armé des « Frères musulmans » en Palestine.

De nombreux experts [réf. nécessaire] pensent que l'histoire du Hamas débute seulement avec le tournant des années 1980 lorsque son influence politique commence à s'affirmer.

L'abréviation Hamas apparaît pourtant pour la première fois en 1987 dans un document accusant les services secrets israéliens.

De 1987 à 1993[modifier | modifier le code]

Le Hamas s'est formé fin 1987, le mouvement est alors proche des Frères musulmans d'Égypte[20]. Selon sa charte, « le Mouvement de la Résistance Islamique est l'une des ailes des Frères musulmans en Palestine »[21].

Le Hamas se développe différemment en Cisjordanie, ne participant pas, notamment, à la création ou au contrôle d'institutions publiques. Les Frères musulmans en Cisjordanie forment alors une partie importante du Mouvement islamique de Jordanie qui fut pendant quelques années un allié du régime hachémite. De plus, les Frères musulmans en Cisjordanie s'appuient sur une classe sociale plus élevée (marchands, propriétaires, employés). Jusqu'au milieu des années 1980, les Frères musulmans prennent des positions essentielles dans les institutions religieuses de la Cisjordanie.

Selon certains analystes, les Frères musulmans palestiniens étaient financés pendant les années 1970 et 1980 directement et indirectement, au titre d'organisation caritative, par différents États comme l'Arabie saoudite et la Syrie, financements qu'Israël a laissé faire car à l'époque ils n'étaient qu'un mouvement religieux sans actions militaires et ne pratiquant pas d'attentats terroristes contre Israël à la différence de diverses branches de l'OLP. L'État hébreu, par ailleurs, a officiellement reconnu ce bras politique et caritatif des Frères musulmans probablement au printemps 1978[22]. Les activités du groupe se déclinent autour de projets religieux et dans une intense action sociale et communautaire. Au milieu des années 1980, les Frères musulmans palestiniens évoluent sous l'influence d'Ahmed Yassine. Ce dernier prône l'action armée contre « l'occupant hébreu ». Il est emprisonné par l'État israélien en 1989 pour meurtre et incitation à la violence, puis relâché au cours d'un échange de prisonniers.

Les premières actions armées du Hamas commencent au début de la première Intifada. Dans un premier temps, il s'attaque à des Palestiniens mis en cause[Par qui ?][En quoi ?], puis, par la suite, aux militaires israéliens et, enfin, aux civils israéliens. Le Hamas évolue vers un mouvement politique radical et organise des actions armées et violentes.

Le rôle du Hamas est éclipsé en 1989, notamment lorsque son fondateur, Ahmed Yassine, fut emprisonné en Israël.

Cependant depuis le début des années 1990 le Hamas est largement financé par l'Iran[23].

De 1994 à 2004[modifier | modifier le code]

Le Hamas rejette les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l'Autorité palestinienne. Toutefois, dans le même temps, Ahmed Yassine propose une hudna (trêve — en référence à la loi islamique qui permet une trêve conditionnelle limitée à 10 ans maximum avec des non-musulmans) si Israël accepte de se retirer des territoires occupés. Mohamed Nazzal, représentant de Hamas en Jordanie souligne que la trêve avec l’ennemi est « un principe sanctionné par la loi islamique, dépendant des circonstances et de l’accord unanime de la direction ». Cela, poursuit-il, ne suppose « ni acceptation de la paix ni reconnaissance du droit des Juifs en Palestine »[24].

Le 16 avril 1993, le Hamas revendique son premier attentat-suicide[25], perpétré contre un bus à Mehola Junction, une aire d'autoroute dans la Vallée du Jourdain. Puis, le 6 avril 1994, le même type d'action est pour la première fois accomplie sur le sol israélien à Afoula affirmant vouloir « venger les martyrs » du caveau des Patriarches de Hébron, tués lors du massacre d'Hébron par Baruch Goldstein[26]. Un autre attentat-suicide a lieu le 13 avril 1994[26], suivi par sept attaques suicides d'octobre 1994 à août 1995, dont quatre sont revendiquées par le Hamas et trois par le Djihad islamique[26]. Le Hamas cesse alors ses attentats-suicides, qui reprennent en réaction à l'assassinat de Yahia Ayache[27], en janvier 1996, ordonné par le Premier ministre israélien Shimon Pérès : trois[27] ou quatre[26] attentats-suicides sont ainsi organisés par le Hamas de février à mars 1996[26] (Sprinzak affirme qu'un des quatre fut revendiqué par le Djihad islamique et non par le Hamas[27]). Trois autres attentats-suicides sont organisés de mars à septembre 1997[26], puis un autre, isolé, le 29 octobre 1998 à Gaza[26].

Les familles des kamikazes sont financièrement soutenues par l'organisation[28].

Selon Anthony Cordesman, analyste au Center for Strategic & International Studies à Washington et ex-conseiller à la sécurité nationale du sénateur John McCain, « Israël a aidé directement le Hamas car les israéliens voulaient l'utiliser comme un contre-pouvoir au Fatah[29] ». Israël a assassiné des leaders du Fatah, forçant la direction de ce mouvement de déplacer sa direction à Beyrouth au Liban, et les a ensuite chassé en Tunisie, laissant ainsi le champ libre au Hamas. La CIA a participé à cet effort, lequel correspondait à sa large approche de soutien et d'armement de groupes fondamentalistes islamiques pour combattre l'Union soviétique en Afghanistan et ailleurs dans le monde, et dans ce cas pour miner le Fatah[30].

Cependant si l'on suit d'autres sources, c'est exactement le contraire : depuis les années 1990 c'est l'OLP qui reçoit des financements des États-Unis et d'Israël pour l'aider à lutter contre le Hamas désormais largement financé par l'Iran[31],

La thèse selon laquelle Israël aurait facilité l'existence du Hamas est qualifiée de rumeur absurde et explicitement démentie par Khaled Meshaal, premier dirigeant du Hamas : « ce bobard est véhiculé par des Arabes, des Arabes palestiniens. C’est une tentative de porter atteinte à l’image de notre mouvement. Pour nous, cette accusation est tellement ridicule que nous ne nous donnons même pas la peine de la démentir. C’est tellement illogique ! » … et voici son explication : « durant les années 1970, la principale force qui combattait contre Israël était le mouvement Fatah. Par conséquent, Israël concentrait sa répression militaire contre le Fatah et contre d’autres groupes, moins nombreux, de la résistance palestinienne, qui existaient alors. À l’époque, toutefois, le Hamas n’avait pas encore été réellement créé[32]. »

Le Hamas profite grandement de la Seconde Intifada pour rehausser son prestige à l'intérieur de la bande de Gaza et lance une nouvelle campagne d'attentats-suicides, rivalisant avec le Djihad islamique. Les deux organisations revendiquent ainsi simultanément l'attentat du 9 août 2001 de la pizzeria. En juin 2002, le Hamas revendique l'attentat de Patt Junction.

Le 22 juillet 2002, Salah Shehadeh, l'un des principaux chefs des Brigades Izz al-Din al-Qassam, sa branche armée, est tué par une bombe d'une tonne larguée dans le cadre de la politique des assassinats ciblés d'Israël[33]. En raison des « dégâts collatéraux » (14 civils morts et 150 blessés), des procédures judiciaires, toujours en cours, sont enclenchées en Israël, la Cour suprême étant saisie de l'affaire, ainsi qu'en Espagne, en 2009, en vertu de la loi de compétence universelle[33]. Le Hamas, quant à lui, riposte par l'attentat du 31 juillet 2002 à l'Université hébraïque de Jérusalem, qui fait neuf morts (dont un étudiant français).

À partir de 2004[modifier | modifier le code]

Le chef historique du mouvement, Ahmed Yassine, est tué[34] lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Son successeur Abdel Aziz al-Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui commence à s'impliquer davantage dans la vie politique. Des représentants du Hamas se présentent aux élections municipales palestiniennes de 2005. Le succès aux municipales fait alors apparaître le Hamas comme une opposition importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006.

Il observe dans le même temps une tahdiya (accalmie au sens littéral, un amoindrissement des hostilités) dans les attentats depuis l'attaque dans la ville de Beer Sheva en août 2004 (15 morts et 125 blessés), mais a cependant lancé une attaque au même arrêt d'autobus en août 2005 (7 blessés). Il a également revendiqué les tirs de roquettes effectués depuis la Bande de Gaza. Selon les Israéliens, 2 990 attaques ont été menées contre Israël en 2005[35].

En tant que parti religieux, il est opposé au partage de son territoire avec Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté du peuple, l'ouverture d'un processus de paix ayant échoué. Cependant, en 2003, le Hamas évoquait la possibilité d'une hudna (trêve temporaire mais totale) après le rétablissement des frontières de 1967 ; c'est ce que Ahmed Yassine expliquait en mai 2003[36] :

« Une trêve ne me pose aucun problème. C'est possible si Israël accepte l'évacuation des zones occupées depuis 1967, l'établissement d'un État palestinien sur Gaza et la Cisjordanie, avec Jérusalem comme capitale. »

Il faut néanmoins noter que la trêve envisagée dans cet article n'est que temporaire et que le principe de non reconnaissance de l'État d'Israël revendiqué dans la charte du Hamas n'a jamais été remis en cause[37].

De plus, si en 2006 Khaled Meshaal, le principal responsable du Hamas, déclarait : « Je pense que le monde occidental doit avoir compris, aujourd’hui, que le Hamas ne reconnaîtra jamais Israël. », il le nuançait ainsi « nous acceptons aujourd’hui d’édifier un État palestinien à l’intérieur des frontières de 1967. Mais cela ne signifie nullement que nous reconnaissions Israël. Mais nous sommes prêts à conclure une trêve sur le long terme avec lui. En acceptant le statut d’Israël, sans pour autant le reconnaître[32] ». À plusieurs reprises le même précisait que les Palestiniens veulent qu'Israël reconnaisse un État palestinien sur les frontières de 67, mais sans qu'eux-mêmes ne reconnaissent Israël et sans accord de paix qui établirait les frontières entre les deux États -Israël et Palestine. Le Hamas propose et respecte une trêve : suspension provisoire des hostilités. La position d'Israël est inverse : Israël ne veut pas d'une trêve limitée dans le temps, mais d'un traité de paix définitif entre deux États, établissant des frontières définitives et que, en préalable, les Palestiniens reconnaissent l'existence de l'État d'Israël, sur la base de quoi les autres points et revendications palestiniennes doivent et peuvent être négociés ensuite[38].

Élections législatives de 2006[modifier | modifier le code]

Le 26 janvier 2006, le Hamas remporte les élections législatives palestiniennes. Il obtient 56 % des suffrages, ce qui lui donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132[39]. Le Hamas ravit ainsi la majorité au Fatah. Cette victoire du Hamas a été possible dans la mesure où ses dirigeants ne sont pas soupçonnés de corruption mais aussi à cause de ses actions sociales et caritatives sur le terrain, qu'il dirige en particulier vers les enfants et les pauvres[40].

Parlement palestinien après les élections de janvier 2006

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, invite le Hamas à former le nouveau gouvernement[41].

Ce résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs pour le conflit israélo-palestinien. Les États-Unis ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncera pas aux opérations-kamikazes et seulement lorsqu'il acceptera le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement. Dans le même temps, le président israélien Moshe Katsav et l'ancien Premier ministre Shimon Peres ont tous deux déclaré que si le Hamas reconnaissait l'existence d'Israël et abandonnait le terrorisme, Israël négocierait avec ce mouvement.

Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël[42], plusieurs commentateurs et médias israéliens précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif[43].

Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la bande de Gaza. Ainsi, il a placé sur ses listes des personnes comme Mariam Farahat, mère de martyres et qui a participé à leur action[44].

En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de Hudna et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien[45]. Le Premier ministre israélien par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : « Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste armée appelant à la destruction de l'État d'Israël[46] ».

L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État islamiste souverain sur le territoire actuellement constitué de Jérusalem-Est, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967)[47]. Dans l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias[48], Abdel Aziz al-Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte ». Toutefois, ces affirmations en contredisent d'autres, et on se référera à la section sur l'idélologie du Hamas et à la Charte du Hamas pour y voir plus clair.

Exercice du pouvoir[modifier | modifier le code]

Ismaïl Haniyeh est désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.

Élections législatives et présidentielle de 2006-2007[modifier | modifier le code]

Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, de nombreuses attaques de la part d'Israël et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi fondamentale (Constitution palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil législatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives (ce qui n'est en effet pas dans les prérogatives du chef de l'Autorité palestinienne)[réf. nécessaire]. Quoi qu'il en soit, Abbas n'a toujours pas agi dans ce sens et les négociations ont abouti à un Accord sur un gouvernement d'union nationale palestinien entre Hamas et Fatah.

Prise du pouvoir dans la bande de Gaza[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conflit Fatah-Hamas.

Malgré cet accord, Mohammad Dahlan, chef de la Sécurité intérieure (membre du Fatah), accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, à la suite de ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.

Cette confrontation débouche sur des affrontement violents. Plus de 600 Palestiniens ont été tués dans les combats à Gaza de janvier 2006 à mai 2007[49].

En conséquence le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi fondamentale impose au président en cas de limogeage du Premier ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2 % de suffrage aux législatives contre 56 % pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes.

À la suite de ces événements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie quant à l'attitude à adopter. Abbas refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de « plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-État, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes ». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, tentant cependant de conserver l'objectif de l'unité des Palestiniens[50].

L'Opération Plomb durci[modifier | modifier le code]

Alors qu'une trêve entre le Hamas et Israël a été décrétée le 16 juin 2008 pour une durée de six mois reconductible, Israël procède à plusieurs incursions en justifiant ces dernières par la présence de combattants à sa frontière avec Gaza.

Khaled Mechaal, en exil à Damas, a déclaré : « Sachant que l'ennemi ne respecte pas ses engagements et que le siège (de Gaza) est toujours en place contre notre peuple, pour le Hamas, et je pense la majorité des forces, la trêve prend fin après le 19 décembre et ne sera pas renouvelée »[51].

Le 4 novembre 2008, la trêve est définitivement rompue après une attaque aérienne israélienne sur la bande de Gaza tuant 7 militants du Hamas. Le mouvement islamiste répond à son tour en tirant des roquettes artisanales sur le sud d'Israël[52].

Ainsi, plus de 80 roquettes et tirs de mortiers touchent, le 24 décembre 2008, des villes israéliennes voisines de la bande de Gaza.

Israël invoque alors la légitime défense face aux tirs de roquettes du Hamas et menace d’une offensive terrestre pour cesser les tirs de roquettes[53].

Le samedi 27 décembre 2008 à 11 h 30 du matin UTC+2 (9 h 30 du matin UTC), Israël débute l'opération Plomb durci, caractérisée par des raids et bombardements aériens, et poursuivie par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009.

Article détaillé : Guerre de Gaza 2008-2009.

Accords de réconciliation (2011 et 2012)[modifier | modifier le code]

Le 27 avril 2011, le Fatah et le Hamas concluent un accord de réconciliation en vue des élections générales prévues dans l'année. Toutefois cet accord comme les précédents n'a pas abouti concrètement, un protocole signé en mai 2011 au Caire, prévoyait « la formation d'un gouvernement transitoire d'indépendants pour préparer les élections » mais le Hamas a rejeté le Premier ministre désigné par Mahmoud Abbas. Afin de résoudre le conflit, le président palestinien a proposé en février 2012 à Doha d'occuper aussi cette fonction. Cette proposition a été acceptée par Khaled Mechaal mais elle a été refusée par une partie des dirigeants islamistes de Gaza qui sont en désaccord avec la stratégie de Mechaal, dirigeant en exil à Damas. Ils lui reprochent de s'être prononcé « pour un État palestinien à côté - et non à la place - d'Israël et de préférer désormais la "résistance populaire pacifique" à la lutte armée ». En réaction, Ismaïl Haniyeh a affirmé à Téhéran, que « le Hamas ne reconnaîtra jamais Israël ».

Confrontations entre le Hamas et Israël en 2012[modifier | modifier le code]

En 2012 se sont déroulées une succession d'attaques et de représailles entre le Hamas, le Jihad islamique, les Comités de résistance populaire et diverses factions salafistes et de la mouvance Al-Qaïda de la bande de Gaza et l'Armée de défense d'Israël.

Opération Pilier de défense[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Pilier de défense.

L’opération Colonne de Nuée, est une opération militaire menée par l'Armée de défense d'Israël dans la bande de Gaza qui a commencé le 14 novembre 2012 en réponse aux attaques frontalières contre des soldats israéliens et aux tirs de roquettes et de missiles du Hamas et les autres organisations islamistes palestiniennes de la bande de Gaza contre le sud israélien. Cette opération a débuté par un tir d'un missile de l'armée de l'air israélienne sur la voiture d'Ahmed Jaabari, le chef militaire du Hamas alors qu'il circulait dans l'une des artères principales de la ville de Gaza. Il est tué sur le coup avec l'un de ses fils. Parallèlement, des rampes de lancement souterraines de missiles Fajr 5 d'origine iranienne d'une portée d'environ 75 km pouvant atteindre la (métropole de Tel-Aviv), Gush Dan, qui compte 3,2 millions d'habitants sont ciblées par des frappes aériennes. L’armée israélienne annonce avoir détruit la quasi-totalité de ces missiles[54],[55],[56].

Stratégie du Hamas lors de ces confrontations[modifier | modifier le code]

En décembre 2012, Khaled Méchaal a reconnu lors d'un discours à Gaza que la stratégie du Hamas consistait à faire « parfois une trêve, parfois une escalade sous des formes variées, parfois tirer des roquettes, parfois non »[57]. Il a aussi déclaré que « les combattants de Gaza avaient détruits la maison d'Ehud Barak » durant l’Opération Pilier de défense. Aucune roquette n'est tombée sur Tel-Aviv où réside le ministre de la Défense israélien. Les trois roquettes qui visaient la métropole israélienne ont été interceptées par le système de défense anti-missile israélien Iron Dome[58].

Réconciliation et gouvernement d'union nationale[modifier | modifier le code]

En avril 2014, le Hamas et le Fatah annoncent leur volonté de réconciliation et la formation prochaine d'un gouvernement d'union nationale[59]. En juin 2014, le Hamas et le Fatah forment un « gouvernement de consensus » qui met fin à 7 ans de dissensions entre les deux factions rivales. L'administration américaine, bien que catégorisant toujours le Hamas parmi les organisations terroristes, ne condamne pas le rapprochement et décide de le juger sur les faits. Benyamin Nétanyahou de son côté prie la communauté internationale de « ne pas se précipiter pour reconnaître un gouvernement palestinien dont le Hamas est membre à part entière »[60] et décide de boycotter le gouvernement nouvellement formé[61].

Le 20 juin 2014, le Hamas a fustigé Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, pour sa coopération sécuritaire avec les forces de sécurité israéliennes suite à l'enlèvement de trois adolescents israéliens le 12 juin 2014 dont Israël tient le Hamas pour responsable. Un porte-parole du Hamas a qualifié cette coopération de « crime et de violation de l'accord de réconciliation » soulignant qu'elle était « punissable selon la loi »[62].

Opération de Tsahal contre le Hamas dans les Territoires palestiniens[modifier | modifier le code]

Suite à l’enlèvement de trois adolescents Israéliens le 12 juin 2014 alors qu'ils faisaient de l'auto-stop de Bethléem et Hébron pour se rendre à Jérusalem, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accuse le Hamas d'être « responsable de l'enlèvement », tandis qu'un porte-parole du Hamas à Gaza a déclaré que les remarques de Netanyahu leur attribuant la responsabilité sont « stupides et sans fondement »[63]. Un autre porte-parole du Hamas a déclaré que « son mouvement était honoré d’être accusé » par lui tout en soulignant que « le Hamas n'a pas revendiqué cet honneur ». Il a par ailleurs contesté le fait que les disparus soient « des adolescents » les qualifiant « de soldats »[64]. Le 23 juin, Khaled Machaal, le chef en exil du Hamas a « félicité » les kidnappeurs dans une interview à Al Jazeera tout en déclarant qu'il ne pouvait ni confirmer ni démentir que le Hamas soit responsable de l’enlèvement[65].

Le 15 juin 2014 Tsahal arrête près d'une centaine de membres et de responsables du Hamas en Cisjordanie y compris son chef local Hassan Youssef, ainsi que des dirigeants du Jihad islamique. L'armée israélienne impose un bouclage complet de la ville de Hébron dans le cadre des recherches pour tenter de retrouver les trois disparus. Les recherches se concentrent sur la localisation de deux membres du Hamas disparus depuis le jour de l’enlèvement[66]. Selon des sources palestiniennes, les services du renseignement palestiniens ont « une coordination active » avec les forces de sécurité israéliennes. Elles ont souligné que « ces dernières années, l’Autorité palestinienne a arrêté des dizaines de membres du Hamas palestinien qui ont été impliqués dans des tentatives d’enlèvements précédents ». Israël a déclaré que « les hommes responsables de ces tentatives faisaient partie des 1027 prisonniers libérés des prisons israéliennes dans le cadre de l’échange 2011 pour libérer le soldat Gilad Shalit »[67].

John Kerry, le secrétaire d'État des États-Unis qualifie dans un communiqué cet enlèvement « d’acte terroriste ignoble » et déclare que de « nombreux indices pointent vers l’implication du Hamas » précisant que la position américaine n’a pas changé et que les États-Unis considèrent toujours le Hamas comme « une organisation terroriste »[68].

Le 16 juin, Mahmoud Abbas président de l’Autorité palestinienne, condamne l'enlèvement de trois jeunes Israéliens, dénonçant ce rapt ainsi que les « violations israéliennes qui ont suivi ». Le premier ministre israélien a tenu Mahmoud Abbas « responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien ». L'armée israélienne a arrêté Aziz Dweik, membre du Hamas et président du Parlement palestinien ainsi que cinq autres députés du Hamas originaires de la ville d'Hébron, portant ainsi à 150 le nombre des membres de cette organisation arrêtés[69].

Durant une opération contre des membres du Hamas effectuée par Tsahal dans le camp palestinien de Jalazone prés de Ramallah se déclencha une émeute durant laquelle des blocs de béton et des pierres ont été lancés sur les soldats à partir des toits et dans les ruelles, et trois d'entre-eux ont été légèrement blessés. Un palestinien de 19 ans a été tué alors qu'il « menaçait de jeter un autre bloc de pierre » sur des soldats participant aux recherches[70],[71].

Le 19 juin 2014, un responsable du Hamas a déclaré que « le groupe est capable d'initier une troisième Intifada » mettant en garde contre « les conséquences de la pression continue sur les Palestiniens » et ajoutant que le « Hamas ne restera pas les bras croisés pendant qu’Israël continue ses crimes en Cisjordanie ». Depuis le 15 juin Israël a arrêté 240 militants palestiniens, dont 200 membres du Hamas[72].

Le 20 juin, Riyad al Maliki, le ministre des Affaires étrangères palestinien a déclaré dans une interview à Reuters que « tant que Mahmoud Abbas sera au pouvoir », il n'y aura pas de troisième Intifada[73].

Durant la guerre de Gaza de 2014, de nombreux chefs du Hamas ont été tués par des frappes de Tsahal. Parmi eux on cite Raed al Atar, Mohammed Abou Shmallah et Mohammed Barhoum. Plusieurs centaines de combattants ont aussi été tué.

Charte du Hamas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charte du Hamas.

La charte du Hamas a été adoptée par le Hamas le 18 août 1988 et comprend le programme et les objectifs originels du Hamas qui sont l'institution d'un État Palestinien, la libération des Territoires palestiniens occupés et l'élimination d'Israël[74]. Elle abonde également en références antisémites[75],[76],[77],[78]. La charte suscite controverse. Certains analystes comme Gilbert Achcar estiment que le contenu de la charte ne reflète plus les positions actuelles du mouvement qui ont évolué depuis 1988 notamment dans des déclarations officielles[79],,[80],[81],[82].

L'universitaire Bassam Tibi (en) estime que la charte du Hamas est toujours d'actualité et qu'elle exprime « l'agenda antisémite d'une organisation présentée à tort comme un mouvement de libération »[83]. Il considère que l'antisémitisme de la charte traduit une « idéologie génocidaire »[83] et qu'il suscite la crainte d'un nouvel Holocauste[84].

Idéologie du Hamas et gouvernance de Gaza[modifier | modifier le code]

L'idéologie officielle du Hamas se veut nationaliste. Elle est exprimée dans la Charte du Hamas. Cette idéologie officielle n’est pas toujours en cohérence avec les pratiques. De fait, au début 2006, le Hamas a confirmé étudier une charte réformée.

Selon Khaled Machaal, le dirigeant du Hamas, « la charte n'appelle pas du tout à la destruction d'Israël. En arabe, il est écrit : « Pour mettre un terme à l'occupation israélienne de la Palestine. Nous ne voulons pas nous débarrasser de l'autre, nous souhaitons seulement obtenir nos droits[85]. »

Dans un article académique[86], Khaled Hroub, explique, en s'appuyant sur trois documents politiques publiés en relation avec les élections palestiniennes de 2006, que :

« Malgré la rhétorique souvent répétée des dirigeants du Hamas selon laquelle leur mouvement restera fidèle à ses principes connus, les trois documents révèlent sans équivoque possible que la demande de la scène nationale a conduit le Hamas dans des directions totalement nouvelles, confirmant et allant au-delà de profonds changements qui se tramaient depuis près d'une décennie. »

Par ailleurs,

« (le) Hamas continue à être caractérisé par des références à sa charte de 1988, mise en place moins d'un an après que le mouvement fut établi en réaction directe au lancement de la première intifada et quand sa raison d'être était la résistance armée à l'occupation. Pourtant, quand on compare les documents pré-électoraux et post-électoraux à la charte, il apparaît clairement que ce qui est mis en avant est une organisation profondément différente. »

Ces documents ne sont pas traduits en français alors même que dans ces textes on découvre que le Hamas se dit soucieux de libertés politiques, « incluant la liberté d’expression, de presse, d’association », de « pluralisme », de « séparation des pouvoirs », d’« alternance pacifique au pouvoir », mais aussi d’« édification d’une société civile développée[87] ». Hroub précise que dans un des 13 articles (le seul qui se réfère à l'islam) d'un des documents qu'il a étudiés, il est dit que « la loi islamique devrait être la principale source de la législation[87] ».

Concernant l'évolution du Hamas, dans un article[88] de recension Sara Roy remarque :

« La capacité du Hamas à se réinterpréter dans le temps au travers de processus de radicalisation, dé-radicalisation, dé-militarisation, et re-radicalisation est un phénomène notable et courant dans son évolution historique. »

Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

En février 2009, Amnesty International publie un rapport accusant « les forces et les milices du Hamas d’être impliquées dans une campagne d'enlèvements, d'homicides délibérés et illégaux, de tortures et de menaces de mort contre ceux qu'ils accusent de "collaborer avec Israël" » ainsi que contre des opposants politiques et des personnes critiquant le Hamas. Selon ce rapport « au moins deux douzaines d'hommes » ont été tués par le Hamas depuis la fin de décembre 2008 et des dizaines d'autres ont reçus des balles dans les jambes, ont été enlevés ou battus. Amnesty déclare avoir dans ce rapport des comptes rendus détaillés de certains des cas et dit qu'il y avait des « preuves irréfutables » que les forces de sécurité du Hamas et ses milices sont « « responsables de graves violations des droits de l'homme »[89],[90]. Selon le Centre palestinien pour les droits de l'homme au moins 32 Palestiniens ont été tués et des dizaines d'autres torturés durant cette période par des membres du Hamas et « des hommes armés non identifiés »[91]. Dans une interview au Guardian, un Palestinien travaillant pour l'organisation « One Voice » qui organisait des discussions sur les propositions de paix israélo-palestiniennes a déclaré avoir été forcé de quitter Gaza à la suite de menaces précisant que « Les gens ont peur de vivre une vie normale et d'exprimer librement leurs opinions »[92]. Un avocat de L'ONG « Addameer » affirme avoir des « preuves de l'exécution de dix prisonniers accusés de "collaboration" après la destruction de la prison dans laquelle ils étaient détenus lors d'un bombardement israélien début janvier ». L'un d'eux, « aurait été exécuté devant des médecins et des patients » devant l'hôpital Chifa de Gaza. Il déclare qu'un partisan du Fatah parmi d'autres avait été assassiné à son domicile et que dix autres membres de la famille dont une fillette de 7 ans et une femme de 70 ans ont été blessés par des « tirs à l'aveuglette »[93].

Critiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bande de Gaza.

Samir Mashharawi, un dirigeant du Fatah de Mahmoud Abbas, accuse en 2007 le Hamas de vouloir « établir un mini-État taliban dans la bande de Gaza »[94]. Selon Ismaël Haniyeh du Hamas, au contraire, « il ne peut pas y avoir d'état palestinien sans Gaza et nous ne cherchons pas, par conséquent, à établir une entité séparée dans l'enclave de Gaza ou un émirat de quelque sorte que ce soit [...] Le gouvernement de Gaza est un gouvernement élu, respectueux [...] de la démocratie, du pluralisme, des femmes et de leurs libertés, de la protection des droits publics et de la non-interférence dans la vie privée »[95]. Le professeur de littérature anglaise Sahar El-Mougy s'exprimant lors de la cérémonie de clôture du cinquième Festival palestinien de littérature en mai 2012 au Caire a condamné ce qu’il décrit comme une « famine culturelle » à Gaza déplorant le fait « qu'il n'y a même pas de cinémas, de bibliothèques, de librairies proposant des livres sur les arts, la philosophie ou la littérature. Les seuls livres disponibles sont ceux traitant de la charia islamique (jurisprudence islamique) et du Fiqh (pensée islamique) ». Il accuse le Hamas d'effacer la culture palestinienne, en le remplaçant par une version extrémiste de l'islam. El-Mougy considère que le Hamas qui initialement était « un mouvement de résistance contre l'occupation, est devenu lui-même un mouvement de répression et est devenu un obstacle entre les Palestiniens et la vie. »[96]

L'idéologie issue de la charte du Hamas[modifier | modifier le code]

Les indications ci-dessous sont essentiellement tirées de la charte de 1988.

Volonté de créer un État religieux[modifier | modifier le code]

« Quant à ses objectifs : Combattre le Mensonge, le défaire et le détruire pour que règne la Vérité, que les patries soient restituées, que l'appel à la prière annonçant l'établissement de l'État de l'islam soit lancé du haut de leurs mosquées. » (Article 9)[2] « Dieu est son but, l'Apôtre son modèle et le Coran sa constitution. » (Article 9)[2]

Il n’est pas fait directement mention dans la charte d’une République islamique. Le mot « République » n'apparaît d'ailleurs pas. Certaines déclarations de dirigeants vont dans le sens d'une république islamique, mais pas toutes.

Nationalisme palestinien[modifier | modifier le code]

« Le Mouvement de la Résistance Islamique est un mouvement palestinien spécifique. » (Article 6)[2].

Ce nationalisme se considère cependant comme pleinement inséré dans un contexte plus large, celui du monde arabe et celui du monde musulman.

« La cause de la libération de la Palestine tient à trois cercles : le cercle palestinien, le cercle arabe et le cercle islamique. Chacun de ces trois cercles a un rôle propre à tenir dans la lutte avec le sionisme, chacun a des devoirs propres. » (Article 14)[2].

Antisionisme islamique[modifier | modifier le code]

« Le Mouvement de la Résistance Islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique waqf [de main-morte] pour toutes les générations de musulmans jusqu'au jour de la résurrection. Il est illicite d'y renoncer en tout ou en partie, de s'en séparer en tout ou en partie. » (Article 11)[2]

« Renoncer à quelque partie de la Palestine que ce soit, c'est renoncer à une partie de la religion. » (Article 13)[2]

On note cependant que si Israël n'est toujours pas accepté en 2006, le Hamas propose depuis plusieurs années une « trêve de très longue durée » (non définie) à Israël, en échange d’un retrait des territoires palestiniens occupés après la guerre de 1967. Ainsi, Dans une interview au journal russe Nezavisimaya Gazeta publiée lundi 13 février 2006, Khaled Meshal (basé à Damas, considéré comme un « faucon »), le chef politique du Hamas, indique que « si Israël reconnaît nos droits et s'engage à se retirer de tous les territoires occupés, le Hamas, et avec lui l'ensemble du peuple palestinien, décideront de mettre un terme à la résistance armée ».

Antisémitisme[modifier | modifier le code]

Au-delà de l’hostilité à Israël, la charte exprime une forte hostilité aux Juifs. Cependant, le Hamas déclare aussi "À l'ombre de l'islam, les disciples des trois religions, islamique, chrétienne et juive, peuvent coexister dans la sécurité et la confiance. Ce n'est qu'à l'ombre de l'islam que la sécurité et la confiance peuvent se trouver, l'histoire récente et ancienne en constituant un bon témoin.".

« L'Heure ne viendra pas avant que les musulmans n'aient combattu les Juifs (c'est-à-dire que les musulmans ne les aient tués) » (Article 7)[2]

« Israël, par sa judéité et ses Juifs, constitue un défi pour l'islam et les musulmans. » (Article 28)[2]

« Grâce à l'argent, [les ennemis] règnent sur les médias mondiaux, les agences d'informations, la presse, les maisons d'édition, les radios, etc. Grâce à l'argent, ils ont fait éclater des révolutions dans différentes régions du monde pour réaliser leurs intérêts et les faire fructifier. Ce sont eux qui étaient derrière la révolution française, la révolution communiste. […] Ils ont obtenu la déclaration Balfour et ont jeté les bases de la Société des Nations pour gouverner le monde à travers cette organisation. Ce sont eux qui étaient derrière la Seconde Guerre mondiale, qui leur a permis d'amasser d'énormes profits grâce au commerce du matériel de guerre. Ils ont préparé le terrain pour l'établissement de leur État et ce sont à leurs instigations qu'ont été créés l'ONU et le Conseil de sécurité pour remplacer la Société des Nations, afin de gouverner le monde à travers eux. » (Article 22)[2]

« Leur plan se trouve dans les Protocoles des Sages de Sion et leur conduite présente est une bonne preuve de ce qu'ils avancent. (Article 32)[2]

« Le plan sioniste n'a pas de limite ; après la Palestine, ils ambitionnent de s'étendre du Nil à l'Euphrate. Lorsqu'ils auront parachevé l'assimilation des régions auxquelles ils seront parvenus, ils ambitionneront de s'étendre plus loin encore, et ainsi de suite. Leur plan se trouve dans les Protocoles des Sages de Sion. » (Article 32)[2]

Abdel Aziz al-Rantissi, un des représentants et cofondateur du Hamas (assassiné en 2004 par l'armée israélienne), a déclaré en 2003 que la Shoah n'avait jamais eu lieu et que les sionistes étaient derrière les agissements des nazis et qu'ils financèrent le nazisme[97].

Cela contredit les déclarations[98] de mai 2008 de Bassem Naeem, ministre de la santé et de la communication du gouvernement du Hamas à Gaza, selon qui :

« Il doit être clair que ni le Hamas, ni le gouvernement palestinien à Gaza ne nie l’holocauste commis par les nazis. L’holocauste n’était pas seulement un crime contre l’humanité, mais un des crimes les plus abominables de l’histoire moderne. Nous le condamnons comme nous condamnons tous les abus contre le genre humain et toutes les formes de discrimination sur la base de la religion, de la race, du genre ou de la nationalité. »

Par ailleurs, Mohammed al-Dheif, un des hauts responsables du Hamas dans la bande de Gaza, a déclaré que le Hamas combat uniquement les Juifs qui vivent en « Palestine » et qu'il ne s'en prend pas aux Juifs qui prient dans leurs synagogues en Grande-Bretagne ou aux États-Unis[99].

Par ailleurs les programmes télévisés du Hamas et de sa chaîne Al-Aqsa TV diffusent des émissions aux connotations antisémites à l'instar de l'émission d'endoctrinement pour enfants Les Pionniers de demain et de ses personnages polémiques et controversés de Farfour la souris[100], Nahoul l’abeille ou Assoud le lapin[101], déclarant dès sa première apparition[102] qu'il se débarrassera des juifs en les mangeant[103],[104].

Refus des négociations avec Israël[modifier | modifier le code]

Dans la charte du Hamas on peut lire :

« Les initiatives, les prétendues solutions de paix et les conférences internationales préconisées pour régler la question palestinienne vont à l'encontre de la profession de foi du Mouvement de la résistance islamique […] Il n'y aura de solution à la cause palestinienne que par le djihad. Quant aux initiatives, propositions et autres conférences internationales, ce ne sont que pertes de temps et activités futiles. » (Article 13)[2]

« Le jour où les ennemis usurpent une terre qui appartient aux musulmans, le combat devient une obligation religieuse individuelle [fard 'ayn] qui incombe à chaque musulman. » (Article 15)[2]

La pratique politique du Hamas[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er semestre 2005, le Hamas a proclamé un cessez-le-feu plus ou moins respecté jusqu'au 20 décembre 2008 où ce parti déclare qu'il n'est plus en vigueur. Concernant ces négociations avec Israël, les déclarations des dirigeants sont contradictoires (début 2006) : certains ne l’excluent pas totalement (Ismail Haniyeh). Khaled Meshal (basé à Damas, considéré comme un « faucon »), déclare par contre le 23 février 2006 « Avec Israël nous ne parlerons jamais. Nous sommes prêts à parler avec n'importe qui d'autre […] y compris les É.-U.[105] ».

  • La solution à deux États

Selon Jennifer Loewenstein :

« L'acceptation d'un État palestinien indépendant fait partie de ses objectifs politiques depuis longtemps. Sa réputation de mouvement « réjectionniste » vient en partie de sa récalcitrance à agir seul, sans des actes réciproques de la part d'Israël[106]. »

On trouvera dans ce même article[107] de nombreuses déclarations du Hamas allant dans le sens d'une acceptation d'une solution à deux États, et donc de la reconnaissance implicite d'Israël (y compris dans le programme électoral de 2006 du Hamas[108]).

Ce point de vue se voit confirmé par Ephraim Halevy, ancien dirigeant des services secrets israéliens (le Mossad) qui dit que même si les militants du Hamas, tout comme la plupart des Israéliens de droite, rêvent d'expulser leurs adversaires

« ils ont reconnu que cet objectif idéologique n'est pas atteignable et ne le sera pas à l'avenir. Ils sont prêts et désireux de voir s'établir un État palestinien à l'intérieur des frontières temporaires de 1967, et ils sont conscients qu'ils devront donc emprunter un chemin qui pourrait les mener loin de leurs objectifs originels[109]. »

Pratique[modifier | modifier le code]

Structure[modifier | modifier le code]

Dans labranche armée du Hamas, il existe plusieurs groupes :

– les étudiants Ayyash, les unités étudiantes de l'ingénieur Yahya Ayyash (en souvenir à Yahya Ayash, l'« ingénieur de bombes ») ;
– les brigades Izz al-Din al-Qassam ou forces d'Izz al-Din al-Qassam (en souvenir du cheikh Izz al-Din al-Qassam, qui est considéré comme le « père des résistants arabes modernes », tué par les Britanniques en 1935).

Activités[modifier | modifier le code]

Action armée[modifier | modifier le code]

Le Hamas agit sous forme d'attentat-suicide contre des infrastructures établies sur le territoire israélien et contre des citoyens israéliens militaires et civils, ainsi que par des tirs de roquettes artisanales contre des villes israéliennes (Ashdod, Sdérot, Beer-Sheva). Les brigades de Izz al-Din al-Qassam, branche armée du Hamas, sont en particulier responsables de nombreuses attaques. Elles traquent aussi les Palestiniens soupçonnés de collaborer avec Israël. La Commission des Droits de l'Homme des Nations unies, Amnesty International et Human Rights Watch[110], ont dénoncé à plusieurs reprises les violations des Droits de l'Homme commises par la branche armée du mouvement.

Liste (incomplète) des attentats commis par le Hamas[modifier | modifier le code]
Article connexe : Attentat-suicide.

Cette liste est extraite des statistiques officielles du gouvernement israélien[111].

  • 1994
  • 1996
  • 2001
  • 2002
  • 2003
    • 5 mars 2003 : attentat-suicide dans un bus allant à l’université de Haïfa ; 17 morts, 53 blessés
    • 30 avril 2003 : quelques heures après la nomination de Mahmoud Abbas comme Premier ministre palestinien, attentat-suicide à Tel-Aviv, au café Mike’s Place (3 morts, dont la Française Caroline Hass, et 60 blessés)
    • 17 mai 2003 : un attentat-suicide à Hébron tue Gadi Lévy et sa femme Dina âgés de 31 et 37 ans
    • 18 mai 2003 : attentat-suicide à Jérusalem, bus no 6 : 7 morts et 20 blessés
    • 11 juin 2003 : attentat-suicide à Jérusalem, bus n° 14A : 17 morts et 100 blessés
    • 19 août 2003 : attentat-suicide à Jérusalem, bus no 2 : 23 morts et 130 blessés
    • 9 septembre 2003 : attentat-suicide dans un café à Jérusalem, 7 morts et plus de 50 blessés
  • 2004
    • 14 janvier 2004 : Quatre Israéliens - trois soldats et un civil - ont été tués et 10 blessés lorsqu’une femme kamikaze a fait exploser une bombe au point de passage d'Erez dans la bande de Gaza.
    • 6 mars 2004 : Deux policiers palestiniens ont été tués dans une attaque resistante du Hamas sur le point de passage d'Erez dans la bande de Gaza par des tirs de fusils et des voitures piégées.
    • 14 mars 2004 : Dix personnes ont été tuées et 16 blessées dans un double attentat suicide à Ashdod Port.
    • 31 août 2004 : Seize personnes ont été tuées et 100 blessées dans un double attentat suicide sur deux bus de la ville de Beersheba.
  • 2005
    • 13 janvier 2005 : Le jeudi soir, peu avant la clôture du point de passage de Karni dans la bande de Gaza, les membres du Hamas ont fait exploser une bombe du côté palestinien du passage, soufflant un trou dans la porte par lequel des palestiniens se sont infiltrés et ont ouvert le feu sur des civils israéliens. À la suite de l'explosion et au cours des échanges de tirs, six civils israéliens et trois activistes palestiniens ont été tués, et cinq civils israéliens ont été blessés.
    • 28 août 2005 : Un kamikaze s'est fait exploser à l'extérieur de la Station Centrale d'autobus de Beersheba. 52 personnes ont été blessées dont deux gardes de sécurité gravement.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

Le Hamas s'engage aussi dans les domaines civils et politiques et a, par exemple, ses propres candidats lors des élections pour les chambres de commerce de Jordanie occidentale. Il gagne 74 des 132 sièges au parlement palestinien issu des législatives de janvier 2006.

Structuré, il œuvre avec des organisations travaillant aussi bien en secret qu'officiellement. Il recrute des nouveaux membres et récolte des dons dans les mosquées et les centres sociaux. Il organise ses activités et distribue des documents à vocation politique.

Mouvement caritatif[modifier | modifier le code]

Le Hamas soutient de nombreux programmes d'aide et de formation, avec le financement d'un certain nombre d'activités économiques locales : création d'orphelinats, de dispensaires, élevage, production de vêtements pour l'emploi des femmes, mise en place de réseaux scolaire, etc.[112]. Il utilise un réseau d'associations de collecte de fonds implantées dans certains pays européens[113]. En particulier parmi ces associations figure une association basée en France, le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), ainsi que l’Association de secours palestinien (ASP) installée en Suisse, et le Palestinian Relief and Development Fund (Interpal) basé à Londres.

Programmes télévisés et sites web pour enfants[modifier | modifier le code]

Al Fateh, le site web du Hamas destiné aux enfants[114], et Al-Aqsa TV, la chaîne de télévision fondée par le Hamas[115] sont des moyens de communication, d'« endoctrinement » selon certains analystes[116] utilisés par cette organisation. Toutefois, le Hamas affirme que ces médias seraient pleinement indépendants et rejette toute responsabilité directe sur certains programmes à destination des enfants[117],[118]. Le 29 mars 2013, dans une émission éducative la télévision du Hamas, des enfants d'une dizaine d’années ont été présentés chantant en chœur vouloir « mourir en martyrs » en perpétrant des attentats suicides[119].

Camp d'entrainement pour enfants[modifier | modifier le code]

Le Hamas possèdent des « camps d'été » où des enfants sont formés militairement à partir de 10 ans. Ces camps d'entrainement sont gérés par le ministère de l'éducation de Gaza. Dans ses camps, les enfants reçoivent une formation militaire (maniement des armes, cours d'autodéfense) ainsi que l'apprentissage des valeurs politiques du Hamas. « Dans des déclarations publiques sur les objectifs de ce type de vacances, le porte-parole du Hamas a souligné que le but de ces camps d’été était de sensibiliser la jeune génération à des valeurs religieuses, morales et culturelles », affirme un rapport du « centre d’information des renseignements et du terrorisme »[réf. incomplète][120],[121].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Hamas est principalement présent dans la bande de Gaza et en Cisjordanie ainsi que dans les camps de réfugiés palestiniens dans les pays arabes limitrophes (voir liste des camps de réfugiés palestiniens).

Certains leaders comme le chef politique du Hamas, Khaled Machaal, sont basés à Damas.

Le Hamas dispose également de centres d'entraînement militaires en Syrie, au Liban, en Iran et au Soudan[122].

Promotion du négationnisme de la Shoah[modifier | modifier le code]

La position du Hamas semble être équivoque sur la question de l'Holocauste.
Abdel Aziz al-Rantissi a estimé que « l'Holocauste n'a jamais eu lieu, que les sionistes étaient derrière l'action des nazis, et que les sionistes ont financé le nazisme »[123][citation nécessaire][Informations douteuses]. Le Washington Institute for Near East Policy (en) affirme également que le Hamas a publié en 2000 sur son site internet les propos d'un de ses membres dirigeants condamnant « le soi-disant holocauste, qui est une histoire inventée et sans aucun fondement »[124]. En août 2009, le Hamas a refusé de permettre aux enfants palestiniens d’étudier l'Holocauste, qui leur est présenté comme « un mensonge inventé par les sionistes.» Le Hamas a qualifié l'enseignement de l'Holocauste comme étant « un crime de guerre. »[125]. Le chef politique du Hamas Khaled Mechaal a déclaré que les remarques négationnistes de Mahmoud Ahmadinejad étaient « courageuses » et que « les musulmans soutiennent l'Iran parce qu'il exprime à haute voix ce qu'ils ont dans leurs cœurs, le peuple palestinien en particulier »[126].

A l'inverse en 2008, dans une tribune publiée par The Guardian le Hamas déclare ne pas nier l'holocauste, le condamner sans réserve et le qualifier d'« un des crimes les plus abominables de l’histoire moderne » mais rejeter simplement l'exploitation qui en est faite par les « sionistes » pour justifier leurs crimes et obtenir un assentiment international tout en menaçant eux-mêmes la population gazaouie d'holocauste comme se fut fait par le vice-ministre de la défense israélien[98].

Position de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le 6 septembre 2003, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne dénoncent les « pratiques terroristes » du Hamas et de ses sous-organisations[127]. Quant à la France, elle s'est un temps opposée à l'ajout du Hamas dans la liste de l'Union européenne, jusqu'à ce que, interrogé à ce sujet par le quotidien israélien Haaretz le 19 juillet 2005, Jacques Chirac déclare : « le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu'il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l'existence d'Israël. C'est la position de l'Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas. »[127]

Mais depuis la guerre de Gaza 2008-2009, certains chefs d'État et représentants de certains pays autrefois hostiles font des rencontres avec le Hamas et nombre de pays commencent à le reconnaître comme un interlocuteur pour trouver une issue au problème israélo-palestinien.[réf. nécessaire]

Relations avec l'Iran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Relations entre l'Iran et le Hamas.

L'Iran soutient activement le Hamas en lui procurant une aide militaire, financière et politique[128]. La rhétorique iranienne appelle les Israéliens à « retourner d’où ils sont venus » et affirme que « la disparition de l’État hébreu est inéluctable »[129]. Gabriel Tabarani, expert du Moyen-Orient et rédacteur en chef de Miraat Al Khaleej rapporte que l'Iran soutien financièrement le Hamas en plus d'un entrainement militaire. Il estime que les subventions iraniennes annuelles depuis 1993 sont de l'ordre de 30 millions de dollars. En 1995 le directeur de la CIA, James Woolsey a quant à lui déclaré devant une commission du Sénat américain que le montant était de 100 millions de dollars sans préciser pour quelle période. En novembre 2006 à la suite de l'embargo international après la prise du pouvoir du Hamas à Gaza, le Hamas a déclaré avoir reçu 120 millions de dollars, puis en décembre de la même année, lors d'une visite d'Ismail Haniyeh à Téhéran le gouvernement iranien s'est engagé à apporter au Hamas une aide complémentaire de 250 millions de dollars[130]. La guerre civile syrienne a une impact croissante sur les finances du Hamas. Le ministre des Finances du Hamas, Ziad Zaza a reconnu les difficultés financières de son gouvernement mais en tient pour responsables les restrictions israéliennes. Il nie que le Hamas a reçu des fonds de l'Iran et estime que les « dons de l'étranger sont encore dans la fourchette normale de 5 millions de dollars à 12 millions de dollars par mois. ». Ghazi Hamad, vice-ministre des Affaires étrangères du Hamas, a déclaré au The Daily Telegraph que les relations avec l'Iran étaient « mauvaises » et que son organisation avait « perdu beaucoup » en apportant son soutien à la « révolution syrienne ». Depuis sa prise du pouvoir en 2007, le Hamas maintient l’opacité sur les dépenses de son gouvernement. Bachar el-Assad qui patronnait le Hamas avait exigé qu'il lui apporte un soutien public, cette demande a provoqué le départ de Khaled Mechaal l'un des chefs de cette organisation qui était installé à Damas pour le Qatar. En novembre 2012 à la suite de l’Opération Pilier de défense il avait remercié l'Iran pour son soutien financier et en armes. Mahmoud al-Zahar avait dans le même temps appelé les pays du Golfe à « rivaliser avec l'Iran en nous donnant des armes et de l'argent »[131].

Relations avec l’Égypte[modifier | modifier le code]

Le 5 août 2012 un poste-frontière entre l’Égypte et Israël est attaqué par 35 hommes armés à bord de 3 véhicules tout-terrain. 16 gardes-frontière égyptiens ont été tués et un véhicule blindé égyptien a été capturé pour attaquer le point de passage de Kerem Shalom à l'intersection des frontières de Gaza, de l'Égypte et d'Israël[132]. Un deuxième véhicule transportant une demi-tonne d'explosifs a été détruit avant d'atteindre le poste-frontière israélien et les hommes étaient en possession de vestes explosives[133].

À la suite de l'attaque, l'Égypte a fermé « sine die » le terminal de Rafah à la frontière avec la bande de Gaza. Ce terminal est l'unique point de passage entre cette enclave contrôlée par le Hamas à ne pas être contrôlé par Israël[132].

Le 13 août, « abasourdi » par les mesures prises par le gouvernement islamiste du Caire, le Hamas, a déclaré que ces mesures imposaient « la même douleur sur l'enclave palestinienne qu'à l’époque d'Hosni Moubarak ». « Nous avons souffert du régime injuste de Moubarak qui a participé au blocus (israélien) de Gaza. Pourquoi devrions-nous souffrir maintenant à l'ère de la révolution en Égypte et de la démocratie ? » a déclaré Fathi Hammad le ministre de l'Intérieur du Hamas[134]. Son ministère a publié un communiqué de presse indiquant que les autorités égyptiennes doivent permettre aux voyageurs dans les deux directions de passer par le passage de Rafah. Le Hamas affirme qu'il n'y a plus aucune raison pour les Palestiniens de se voir refuser l'accès au Sinaï, la source de la police israélienne.

Le 19 février 2013, les dirigeants du Hamas de Gaza ainsi que les contrebandiers exploitant les tunnels, ont accusé l’Égypte d'inonder des dizaines de tunnels en y déversant des eaux usagées. Selon Ibrahim Barzak de l'Associated Press l'objectif de ces inondations est la fermeture des voies de transit illégales pour permettre un meilleur contrôle frontalier. Cette décision fait suite à un accord entre l’Égypte et Israël qui a permis l'assouplissement des restrictions israéliennes sur l'acheminement de matériaux de construction vers la bande de Gaza[135].

Le 26 février 2013, un tribunal du Caire a estimé « que les autorités égyptiennes devaient détruire la totalité des tunnels reliant la péninsule du Sinaï à la bande de Gaza », par crainte qu'ils ne constituent un risque pour la sécurité de l’Égypte, en particulier pour le Sinaï. Cette recommandation a été faite en réponse à une pétition présentée par « un groupe d'avocats et de militants » après l'attaque contre un poste-frontière entre l’Égypte et Israël en 2012 perpétrée le 5 août par 35 militants islamistes qui ont tué 16 gardes-frontière égyptiens[136],[137].

Le 17 juin 2013 des centaines de manifestants égyptiens se sont rassemblés au Caire pour protester contre la visite du premier ministre du Hamas Ismail Haniyeh Khaled Mechaalet son adjoint Moussa Abou Marzouk. Les manifestants réunis devant l’hôtel où ils séjournaient ont scandés des slogans anti-Hamas accusant cette organisation de « traitrise » en allusion à l'implication du Hamas à des activités terroristes dans le Sinaï. Selon le quotidien égyptien Al-Youm A-Sabi. Les manifestants ont tenté de prendre d'assaut l’hôtel pour capturer la délégation du Hamas afin de les échanger contre des officiers [égyptiens] enlevés dans le Sinaï. Un responsable de l'opposition au président égyptien Mohamed Morsi a déclaré au quotidien égyptien indépendant El Watan « que l'entrée du Hamas en Égypte constituait une menace à la sécurité nationale » L'opposition au président égyptien accuse le Hamas de s’« ingérer dans des questions internes égyptiennes en faveur du président égyptien Mohamed Morsi et des Frères musulmans ». Les médias égyptiens ont affirmé que « le Hamas maintient un contact constant avec des cellules salafistes opérant dans la péninsule du Sinaï - les mêmes cellules qui ont mené des attaques terroristes contre les services de sécurité égyptiens. ». La tension entre les groupes salafistes du Sinaï et l'armée égyptienne est liée à la destruction par l’armée des les tunnels reliant la bande de Gaza à la ville égyptienne de Rafah. Les médias égyptiens ont rapporté que les chefs de l'armée égyptienne ont rejetés la demande de Mechaal de les rencontrer « en raison d'allégations d'implication du Hamas dans les questions nationales en Égypte, en particulier dans la région du Sinaï ». Selon Gulf News un quotidien anglophone publié à Dubaï, les dirigeants du Hamas avaient été officiellement invités à changer d'hôtel à l'avance en prévision de ces manifestations. Le but officiel de cette visite était de tenir des discussions pour tenter de réconcilier le Hamas avec le Fatah sous le patronage égyptien. Selon l'opposition le but réel de cette rencontre était de « coordonner un effort islamiste pour repousser les manifestations antigouvernementales massives » prévues pour le 30 juin 2013. Des sources au Caire ont déclarées au quotidien israélien Haaretz que la réunion, qui a été classée comme urgente, s'est tenue en raison de différences d'opinion internes concernant la crise en Syrie. Le Hamas a rejeté « ces allégations de l'implication du groupe dans les questions intérieures de l’Égypte » et a déclaré que « la coordination de la sécurité avec les services de renseignement égyptiens était destinée à empêcher le franchissement illégal des frontières à Gaza, et pour empêcher les tirs de roquettes dans la région du Néguev occidental d'Israël et généralement préserver le calme le long de la frontière »[138],[139].

Après la destitution de Mohamed Morsi[modifier | modifier le code]

Le 23 juin 2013, un tribunal égyptien a déclaré que les membres des Frères musulmans ont conspiré avec le Hamas, le Hezbollah et des militants islamistes locaux dans le but de de prendre d'assaut la prison Wadi el-Natroun au nord-ouest du Caire profitant du chaos durant la révolution de janvier 2011 afin de faire évader 34 dirigeants des Frères musulmans dont le futur président Mohamed Morsi. Deux autres prisons, dans lesquelles des membres du Hamas et du Hezbollah étaient emprisonnés, ont également été attaquées. Le juge Khaled Mahgouba a affirmé que les assaillants s’étaient emparés de grandes quantités d'armes se trouvant dans les prisons, il a ajouté que les alliés du Hamas dans le Sinaï avaient préparé l'entrée de ses militants dans la péninsule égyptienne en perpétrant des attaques contre les forces de sécurité égyptiennes surveillant les tunnels de contrebande entre l’Égypte et la bande de Gaza. Selon ce juge des combattants du Hamas et du Hezbollah avaient pénétré Égypte en utilisant ces tunnels le 28 janvier 2011[140],[141].

Le 14 juillet 2013, les Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont appelé au djihad en Égypte. Dans ce communiqué ils appellent Mohamed Morsi « notre moudjahid et notre président » et demandent sa libération « au prix du sacrifice du sang, en menant la guerre aux militaires égyptiens, alliés d'Israël ». Ils déclarent que la « déposition de Morsi est un danger pour le projet islamique ». Le site d'information algérien, Algérie Express estime que « l’appel du Hamas est certainement pris en compte par la sécurité intérieure de Égypte qui a ouvert une enquête sur l’implication du même Hamas palestinien ou du Hezbollah libanais dans l’évasion de prison de Morsi au début 2011. »[142].

Le 4 mars 2014, un tribunal du Caire a proscrit les activités et la présence du Hamas en Égypte, ses représentations devront être fermées, le considérant comme la branche palestinienne des Frères musulmans. Le Hamas a quant à lui estimé que cette décision était « une atteinte à la cause palestinienne »[143].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  143. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/03/04/97001-20140304FILWWW00083-l-egypte-interdit-le-hamas-sur-son-territoire.php

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