Mouvement islamique du Turkestan oriental

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mouvement islamique du Turkestan oriental
Image illustrative de l'article Mouvement islamique du Turkestan oriental

Idéologie Islam
Fondation
Date de formation 1997
Actions
Nombres d'attaques imputées 200 (par la Chine)[1]
Victimes (morts, blessés) 162 morts et 440 blessés (par la Chine)[1]
Zone d'opération Asie du Sud
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau du Pakistan Pakistan
Organisation
Chefs principaux Abdul Shakoor al-Turkistani
Membres 1 000
Répression
Considéré comme terroriste par Département d'État des États-Unis, et proscrit par les Nations unies ainsi que cinq autres gouvernements

Le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Doğu Türkistan İslâm Hareketi, MITO, anglais : East Turkestan Islamic Movement, ETIM) est une organisation séparatiste islamiste armée. Elle est placée sur la liste officielle des groupes terroristes de la République populaire de Chine[2], des États-Unis d'Amérique[3] et du Kazakhstan[4]. En 2002, les Nations unies ont classé le mouvement comme étant proche d'Al-Qaida.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le MITO a été fondé et dirigé par Hasan Mahsum jusqu'à ce qu'il soit tué le 2 octobre 2003 lors d'un raid de l'armée pakistanaise sur des camps d'Al-Qaïda. Les membres de l'organisation sont pour la plupart des islamistes ouïghours combattant pour la séparation du Turkestan oriental (province du Xinjiang) de la République populaire de Chine, et la création d'un État islamique.

Le 9 mars 2008, le no 1 du parti communiste de la province de Xinjiang, voisine de l'Afghanistan et du Pakistan, révèle que la police a tué et arrêté à Urumqi, la capitale de la province, plusieurs militants islamistes qui s'apprêtaient à organiser un attentat contre les Jeux olympiques de Pékin. L'opération s'est soldée par la mort de deux militants islamistes et l'arrestation de quinze autres. Cinq policiers ont été blessés lors de l'opération. Selon les premières informations, le groupe agissait sous les ordres du MITO. Pour les organisations humanitaires, le gouvernement chinois exagère délibérément la menace afin d'écraser toute forme de dissidence[5]. Cependant pour la plupart des experts, le MITO pose une réelle menace terroriste bien que les avis divergent à cause du peu d'informations disponibles. Les divergences portent sur l'ampleur des activités du groupe et ses liens avec le terrorisme international[5].

Le 9 avril 2008, une vidéo mise sur un site islamiste par le Parti islamique du Turkestan (PIT) montre l'assassinat de trois otages chinois[6]. Selon l'agence américaine de renseignement Stratfor, le PIT est une autre dénomination du MITO. Stratfor confirme que l'organisation a renforcé sa présence sur internet en mettant en ligne des vidéos appelant au jihad des Ouïghours au Xinjiang. Pour Ben N. Venzke, directeur de l'agence américaine IntelCenter, spécialisée dans la surveillance du terrorisme, il n'est pas établi si le TIP et le MITO sont deux organisations distinctes ou un même groupe. Cependant leurs objectifs sont les mêmes[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le MITO est l'un des groupes armés ouïghours les plus obscurs, assez peu connu, y compris des autres activistes ouïghours. C'est l'une des organisations les plus extrêmes qui ait été fondées par des Ouïghours[5]. Selon le département d'État des États-Unis, la plupart des Ouïghours ne soutiennent pas le mouvement[5]. En 2002, le gouvernement chinois publia un rapport indiquant que les membres de l'organisation avaient été entraînés dans des camps dirigés par Al-Qaida et le MIO en Afghanistan avant les attentats du 11 septembre 2001. Le Département d'État américain confirma les assertions chinoises en précisant que des combattants du MITO avaient rejoint les rangs d'Al-Qaïda pour combattre les forces américaines lors de l'Operation Enduring Freedom en Afghanistan[5]. 22 combattants ouïghours furent capturés par l'armée américaine et transférés à Guantanamo Bay.

Le rapport chinois affirme qu'Hasan Mahsum a obtenu un financement d'Al-Qaïda pour ses activités terroristes après une rencontre avec Oussama Ben Laden en 1999. Le rapport dit également que le MITO commandait une formation connue sous le nom d'« armée du Turkestan » qui incorporait notamment « un bataillon chinois de 320 terroristes du Xinjiang ». Selon l'Institut Asie centrale-Caucase, cette dernière affirmation est certainement exagérée étant donné la taille relativement réduite de l'organisation[7]. La plupart des experts s'accordent à dire que des centaines d'Ouïghours ont quitté la Chine pour rejoindre les rangs d'Al-Qaïda et les Talibans en Afghanistan, mais certains spécialistes de la Chine doutent que le MITO entretienne aujourd'hui des liens significatifs avec le réseau de Ben Laden[5]. Selon eux, le gouvernement chinois a une longue histoire de falsification des données derrière lui, et depuis le 11 septembre, a essayé à maintes reprises d'inscrire sa campagne contre les séparatistes ouïghours dans la guerre contre le terrorisme menée par les États-Unis.

Son « émir », Abdul Haq al-Turkistani, est mort le 14 février 2010, tué lors de l'attaque d'un drone américain contre le village de Zor Babar Aidak, près de Mir Ali, au Nord-Waziristan[8]. Il a été remplacé par Abdul Shakoor al-Turkistani à la tête du mouvement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b ASI Magazine mai 2011
  2. http://www.globalsecurity.org/wmd/library/news/china/2003/china-031216-pla-daily01.htm
  3. http://www.state.gov/s/ct/rls/other/des/123086.htm
  4. http://www.rferl.org/content/article/1071987.html
  5. a, b, c, d, e, f et g The East Turkestan Islamic Movement (ETIM), Conseil des relations étrangères, 31 juillet 2008.
  6. Islamic Party of Turkestan Releases Video Showing Execution of Three Chinese Hostages, The MEMRI Blog, 10 avril 2004.
  7. Chinese counter-terrorist strike in Xinjiang, Institut Asie centrale-Caucase, 3 juillet 2007.
  8. ETIP leader killed in February Predator strike The Long War Journal, 17 septembre 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]