Guerre Iran-Irak

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Guerre Iran-Irak
Iran-Iraq War Montage.png
Informations générales
Date 1980 - 1988
Lieu Drapeau de l'Iran Iran
Drapeau de l'Irak Irak
Issue Échec de l'offensive irakienne aboutissant à un Status quo ante bellum
Belligérants
Drapeau de l'Iran Iran
Flag of Kurdistan.svg Peshmerga

Conseil suprême islamique irakien

Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg République d'Irak
Ir-muja.gif Organisation des moudjahiddines du peuple iranien
Flag of the Arab League.svg Volontaires de la Ligue arabe
Commandants
Flag of Iran.svg Rouhollah Khomeini
Flag of Iran.svg Ali Khamenei
Flag of Iran.svg Mir Hossein Moussavi
Flag of Iran.svg Mostafa Chamran
Flag of Iran.svg Ali Sayad Shirazi
Flag of Iran.svg Mohsen Rezaï
Flag of Kurdistan.svg Jalal Talabani
Flag of Kurdistan.svg Nawshirwan Mustafa (en)
Flag of Kurdistan.svg Massoud Barzani
Mohammed Baqir al-Hakim (en)
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Saddam Hussein
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Ali Hassan al-Majid
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Taha Yassine Ramadan
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Ezzat Ibrahim Al-Duri
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Salah Aboud Mahmoud
Flag of Iraq (1963-1991); Flag of Syria (1963-1972).svg Tarek Aziz
Ir-muja.gif Massoud Radjavi
Ir-muja.gif Maryam Radjavi
Guerre Iran-Irak
Batailles
Invasion irakienne (1980)

Opération Kaman 99 · Bataille de Khorramshahr · Siège d'Abadan · Opération Morvarid

Impasse (1981)

Bataille de Dezfoul · Attaque sur H-3

Offensives iraniennes (1982)

Opération Samen-ol-A'emeh · Victoire Indéniable · Beit ol-Moqaddas · Ramadan

Guerre de positions (1983-1986)

Opération Anfal · Valfajr 2 · Valfajr 6 · Badr · 1re bataille d'Al Faw · Kerbala 5 et 6 · Nasr 4

Offensives irakiennes finales (1988)

Opération En Dieu nous Croyons · Opération Mersad

Guerre des pétroliers

Opération Sugar · Opération Earnest Will · Opération Eager Glacier · Opération Praying Mantis

Incidents internationaux

Opération Opéra (raid israélien) · Incident de l’USS Stark · Vol 655 Iran Air

La guerre Iran-Irak, connue en Iran sous le nom de Guerre imposée (en persan : جنگ تحمیلی, Jang-e-tahmili) ou Défense sacrée (en persan : دفاع مقدس, , Defā'e moghaddas), en Irak sous le nom de Qādisiyyah de Saddam (en arabe : قادسيّة صدّام) est une guerre qui a opposé l'Iran à l'Irak entre septembre 1980 et août 1988. Elle a également été appelée guerre du Golfe persique jusqu'à la deuxième guerre du Golfe entre l'Irak et le Koweït en 1990-1991, puis a pris le nom de première guerre du Golfe. Elle a fait entre 500 000 et 1 200 000 victimes.

Historique politique[modifier | modifier le code]

En 1979, le Shah d'Iran est renversé par la révolution islamique. L'ayatollah Rouhollah Khomeini proclame la république islamique après le départ forcé du souverain déchu, en février 1979. Khomeini s'était exilé en Irak de 1964 au 16 octobre 1978, puis en France jusqu'au mois de janvier 1979, après avoir été expulsé d'Irak pour son activisme pro-chiite. Après le succès du référendum sur l'installation d'un régime islamique en Iran, remporté officiellement à 98 % par le « oui », il appelle dès 1980 les Irakiens à renverser le régime de Saddam Hussein arrivé au pouvoir un an plus tôt. Son objectif est de promouvoir le mouvement islamique à travers tout le Proche-Orient.

C'est pourquoi, Saddam Hussein redoutant l'ascension de Khomeini et son regain de popularité dans le monde musulman, attaque l'Iran le 22 septembre 1980, sous le motif du désaccord frontalier. Lorgnant depuis longtemps plusieurs territoires iraniens, il espère ainsi faire disparaître le régime fondamentaliste et réduire son influence sur le mouvement islamique, souhaitant lui-même prendre le leadership dans le monde arabe. Ses objectifs affichés sont :

À cette époque, l'Irak était un pays économiquement et militairement puissant dans le golfe Persique, grâce aux revenus des pétrodollars, et à une politique de modernisation que Saddam Hussein avait mise en place dans son pays (école obligatoire pour les garçons et les filles, politique volontariste et une élite irakienne de plus en plus nombreuse et importante). Les grandes puissances, inquiètes de l'apparition de la république islamique iranienne, voyaient en l'Irak un pays qui pourrait évoluer vers la laïcité et le modernisme et faire contrepoids à l'Iran. C'est pourquoi elles ne s'opposent pas dans un premier temps à l'offensive irakienne, allant jusqu'à la soutenir ensuite. C'est en particulier le cas de l'URSS, de la France et des États-Unis.

Le 28 septembre 1980, la résolution 479 de l'ONU (en) demande un cessez-le-feu immédiat mais sans exiger le retrait par l'Irak des territoires iraniens qu'elle occupe[1].

Cependant, en dépit de la puissance de l'armée irakienne, le conflit s'enlise rapidement. Début 1981, l'armée iranienne contre-attaque et parvient à libérer l'essentiel de son territoire début 1982. En juin de cette même année, l'Irak décrète un cessez-le-feu, mais voit son territoire envahi à son tour le mois suivant.

Après deux ans de guerre, la position de l'Iran se radicalise : il s'agit désormais de réduire la puissance de l'Irak, de destituer Saddam Hussein et de le remplacer par un régime islamique.

L'affrontement militaire se double d'une guerre des symboles. L'offensive irakienne de 1980 est baptisée Kadisiyya, en référence à la conquête de l'Iran par les Arabes au VIIe siècle. Les contre-offensives iraniennes sont nommées Kerbela 1, 2, etc., évoquant le combat des premiers chiites contre le pouvoir sunnite.

Du côté iranien, l'enrôlement de masse, y compris de très jeunes garçons, s'accompagne d'une exaltation des martyrs. Il arrive que les jeunes volontaires endoctrinés se précipitent sur les champs de mines. Du côté irakien, on bénéficie de techniciens professionnels formés à l'occidentale (Garde républicaine). Les conscrits, souvent chiites et kurdes, sont peu armés et ne servent qu'à freiner le premier élan des attaques ennemies.

La ligne de front se stabilisa à la frontière commune, et malgré de nombreuses offensives de part et d'autre, il n'y eut pas de percée majeure pendant plus de six ans.

Enfin, en 1988, l'armée irakienne reprend le dessus avant d'être vaincue lors de l'opération Mersad (26-30 juillet 1988) qui est la dernière grande bataille de la guerre et qui s'achève par une victoire décisive de l'Iran[réf. nécessaire]. Le 18 juillet, Khomeini accepte le cessez-le-feu exigé par la résolution 598 du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (en) et le Secrétaire général de l'Organisation peut annoncer la fin des hostilités actives pour le 20 août à 03 h 00 GMT.

Dans une lettre datée du 14 août 1990, Saddam Hussein accepte de revenir aux accords d’Alger de 1975 : il libère une partie des prisonniers de guerre (les derniers prisonniers de guerre ne seront libérés que plus de dix ans après la fin des hostilités)[2] et quitte les territoires occupés. Dans les faits, c'est un retour au statu quo ante. Cependant, aucun traité de paix ne viendra formaliser ce retour, et ce n'est qu'en 2005 que Hoshyar Zebari annonce que les deux pays envisagent un tel traité[3].

Au total, les dépenses militaires, pertes en produit intérieur brut et capitaux non investis auraient dépassé 500 milliards de dollars pour les deux pays. L’Iran estime officiellement à 300 milliards de dollars le prix de la reconstruction de son économie. L’Irak, pour sa part, l’évalue entre cinquante et soixante milliards de dollars.

Les estimations des pertes en vies humaines sont de 300 000 à plus d'un million de morts iraniens et de 200 000 Irakiens, ce qui est très élevé pour un conflit régional.

Historique militaire[modifier | modifier le code]

Pilotes de Mirage F1 irakiens en 1982.
Scène de capture de soldats irakiens par les Iraniens après la reprise de Khorramshahr en 1982.
Ali Khamenei, actuel guide de la révolution, durant la guerre Iran-Irak.
Les moujahidines du peuple subirent de lourdes pertes militaires en 1988 lors de l'opération Mersad.

Lorsque le Chah était au pouvoir, des dissensions existaient déjà entre l'Iran et l'Irak. En 1975, un traité fut conclu pour redéfinir les frontières. Cependant, après mai 1979, un certain nombre d'incidents éclatèrent le long de la frontière :

  • entre avril et juillet 1980, 30 000 Irakiens considérés comme d'origine iranienne par le gouvernement baassiste[4] furent chassés d'Irak ;
  • en septembre 1980, le président Saddam Hussein annula les accords d’Alger de 1975.

Le 20 septembre 1980, l'aviation irakienne bombarda un certain nombre de terrains d'aviation iraniens. Deux jours plus tard, l'armée irakienne entrait en Iran. L'Irak affirmait vouloir exercer à nouveau sa souveraineté sur les voies navigables et sur les territoires du Chatt el'Arab, cédés en 1975.

Les forces irakiennes avançaient le long de trois axes : vers Qasr-e Chirin au nord, Mehran au centre, et surtout Susangard et Khorramchahr dans le sud. L'Irak espérait qu'un tel mouvement entraînerait rapidement la chute du nouveau régime. L'Irak réussit à franchir la frontière, mais la profondeur de pénétration variait considérablement d'une percée à l'autre. Le plus gros succès fut obtenu au sud, après la chute de Khorramchahr au prix de très durs combats. L'armée iranienne livra au nord et au centre des contre-attaques peu importantes, en général à l'aide d'un léger support de blindés et d'artillerie. Elle regagna ainsi quelques territoires perdus.

Le 28 novembre 1980 se déroule une bataille navale près du port d'Umm Qasr : l'opération Morvarid durant laquelle des échanges de tirs de missiles Maverick et Silkworm ont lieu : six navires irakiens et un navire de la marine iranienne sont coulés[5]. La marine irakienne restera ensuite pratiquement inactive pendant tout le reste du conflit.

En janvier 1981, les Iraniens menèrent une contre-attaque de plus grande envergure, au sud de Susangerd, qui se solda par un échec, dû à l'absence d'infanterie pour soutenir l'action des chars et à la nature du terrain, très mou à cette époque de l'année, et donc impropre au déplacements des chars. Dans ces combats, l'Irak a probablement perdu une cinquantaine de chars T-62 et l'Iran une centaine de chars Chieftain et de M-60A1.

Au cours de la première année de guerre, l'Iran et l'Irak ont perdu environ le même nombre de chars, entre deux cent cinquante et trois cents. Certains observateurs supposent que l'Irak avait capturé en un an une cinquantaine de Chieftain en bon état, ainsi que des M-60A1 et des Scorpion (en).

Lorsqu'ils furent bien dirigés, les Chieftains iraniens (dotés de leur canon de 120 mm), se révélèrent bien supérieurs aux char T-54 et T-55 armés d'un 100 mm, ainsi qu'aux T-62 avec leurs 115 mm de l'armée irakienne.

En 1981, les deux armées commencèrent à avoir de nouveaux besoins en équipements. Les Iraniens réussirent à obtenir d'Israël des pièces détachées de chars M-48 et M-60. La Syrie, la Libye et plusieurs pays communistes leur en fournirent également. L’Irak continuait à être approvisionné par la France (y compris en missiles antichars), l'Union soviétique, la Corée du Nord, le Viêt Nam et l'Égypte, essentiellement en munitions de char T-54 et T-55, que les livraisons en matériel américain rendirent rapidement inutiles. Au début de 1983, l'Irak commença à recevoir de nombreux équipements de République populaire de Chine dont le char Type 63, qui transita par l'Arabie saoudite.

Avant la guerre, l'Iran et l'Irak comptaient sur leurs revenus pétroliers pour subvenir à leurs besoins militaires : 3,5 millions de barils par jour exportés par l'Irak et 1,6 million par l'Iran. Au début de 1980, les deux pays n'exportaient plus que 600 000 barils par jour. En raison de cette diminution considérable, l'Irak dut recourir à l'aide de l’Arabie saoudite, entre autres.

En 1984, commencèrent les attaques systématiques d'installations pétrolières et de pétroliers par les deux camps.

Articles détaillés : Opération Kerbala 5 et Opération Nasr 4.

En janvier 1987, l'Iran lança deux grandes offensives : Kerbala 5, à l'est de Bassorah, où Téhéran voulait établir un gouvernement provisoire de la République islamique irakienne, constitué des chefs des opposants chi'ites irakiens réfugiés en Iran ; Kerbala 6, à 150 km au nord de Bagdad, en direction des grands barrages de l'Euphrate. Les pertes furent énormes de part et d'autre mais les forces iraniennes furent finalement bloquées.

En juillet 1987, l'Iran entreprit de contrôler la navigation maritime dans le golfe. Un total de 546 navires de commerces étrangers furent attaqués par les deux belligérants causant la mort de 430 marins civils[6]. Les navires koweïtiens furent alors placés sous pavillon des États-Unis.

En mars 1988 l'armée Irakienne subit une défaite locale limitée à Halabja contre les Peshmergas kurdes aidés des Iraniens. En représailles s'ensuit le Massacre de Halabja.

Du 17 avril 1988 au mois de juillet 1988 , l'Irak lance l'offensive dénommée « Opération En Dieu nous Croyons » qui aboutit finalement à la reconquête de la majeure partie des territoires Irakiens occupés par les Iraniens.

Le 3 juillet 1988, le vol 655 d'Iran Air, un vol commercial assurant la liaison entre Téhéran, la capitale de l'Iran et Dubaï aux Émirats arabes unis via Bandar Abbas est abattu au-dessus du Golfe Persique par un tir de missile provenant du croiseur américain USS Vincennes. La catastrophe, qui fit 290 victimes civiles, dont 66 enfants, serait due à une « méprise ».

Le 18 juillet 1988, Téhéran accepta le cessez-le-feu, qui prit effet le 22 du même mois. Le 25 juillet, les moudjahidines du peuple — mouvement d'opposition armée au régime des ayatollahs —, soutenus par Saddam Hussein, franchirent la frontière irako-iranienne pour tenter de renverser le régime iranien (opération Mersad). La manœuvre échoua et entraîna une violente répression de Téhéran.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Armée de terre irakienne (1980)[modifier | modifier le code]

1er Corps d'Armée (secteur entre Rawanduz et Marivan (en))
  • 7e Division d'Infanterie (QG Souleimaniye, Irak)
  • 11e Division d'Infanterie (QG Suleimaniyeh, Irak) (-) (113e brigade d'infanterie)
2e Corps d'Armée (secteur entre Qasr-e Chirin, Ilam et Mehran, blindés déployés entre Mehran et Dezfoul
  • 6e Division blindée (QG Bakouba, Irak) 300 (T-62) (BMP-1)
  • 9e Division blindée (QG Baqubah, Irak) 300 (T-62) (BMP-1)
  • 10e Division blindée (QG Baqubah, Irak) 300 (T-62) (BMP-1)
  • 2e Division d'Infanterie (QG Kirkouk, Irak)
  • 4e Division d'Infanterie (QG Mossoul, Irak)
  • 6e Division d'Infanterie (QG Baqubah, Irak)
  • 8e Division d'Infanterie (QG Erbil, Irak)
3e Corps d'Armée (QG al-Qurnah, Irak, secteur entre Dezfoul et Abadan)
  • 3e Division blindée (QG Tikrit, Irak) 300 (T-62) (BMP-1)
  • 10e Division blindée (QG Bagdad, Irak) 300 (T-62) (BMP-1)
  • 12e Division blindée (QG Dahuk, Irak) 300 (T-62) (BMP-1) (en réserve)
  • 1re Division mécanisée (QG Divaniyeh, Irak) 200 (T-55) (Véhicule de transport de troupes OT-64/BTR-50 tchèque)
  • 5e Division mécanisée (QG Bassorah, Irak) 200 (T-55) (OT-64 APC/BTR-50 APC tchèque)
  • 31e Brigade des forces spéciales indépendantes (-) (2 bataillons) (l'un rattaché à la 5e division mécanisée, l'autre à la 3e division blindée.
  • 33e Brigade des forces spéciales indépendantes
  • 10e Brigade blindée indépendante (T-72) (BMP-1)
  • 12e Brigade blindée indépendante (T-72) (BMP-1)
  • 113e Brigade d'infanterie (détachement de la 11e division d'infanterie)

Armée de terre de la république islamique d'Iran (1980)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée iranienne.
  • 16e Division blindée (QG Qazvin, Iran) (Char M60A1) (M113)
  • 81e Division blindée (QG Kermanshah, Iran) (Chars Chieftain) (M113)
  • 92e Division blindée (QG Khuzestan, Iran) (Chieftain) (M113)
  • 21e Division d'infanterie (QG Téhéran, Iran)
  • 28e Division d'infanterie (Sanandaj, Saqez et Marivan, Iran) (1 brigade blindée) (M60A1) (M113)
  • 64e Division d'infanterie (Orumiyeh, Iran)
  • 77e Division d'infanterie (Khorasan, Iran) (1 brigade blindée) (M48) (BTR-50)
  • 37e Brigade blindée (Shiraz, Iran)
  • 88e Brigade blindée (Zahedan, Iran) (Chieftain) (couvrant les frontières avec l'Afghanistan et le Pakistan)
  • 30e Brigade d'infanterie (Gorgan, Iran)
  • 84e Brigade d'infanterie (Khorramabad, Iran) (déployée sur le front, faisant la liaison entre les positions de la 81e et de la 92e division blindée.
  • 23e Brigade des forces spéciales (Téhéran, Iran) (déployée le long de la frontière irakienne dans 13 détachements séparés)
  • 55e Brigade aérienne (Shiraz, Iran) (un bataillon déployé à Sardasht, et une compagnie chacune à Sanandaj et à Dezful, Iran)
  • 11e Groupe indépendant d'artillerie
  • 22e Groupe indépendant d'artillerie (Khuzestan, Iran)
  • 33e Groupe indépendant d'artillerie
  • 44e Groupe indépendant d'artillerie
  • 55e Groupe indépendant d'artillerie (Khuzestan, Iran)

Armes chimiques[modifier | modifier le code]

Soldats iraniens portant des protections contre les armes chimiques.

Dès 1983, des armes chimiques (sarin, Tabun, gaz moutarde et cyclosarin) sont utilisées par l'Irak, à la fois contre l'armée iranienne mais également contre les populations civiles et plus particulièrement kurdes, sans réactions notables de la communauté internationale bien que l'Irak soit signataire en 1931 du protocole de Genève de 1925, interdisant l'utilisation des armes chimiques.

Le groupe Australie estime à 70 000 le nombre de victimes iraniennes, dont 10 000 morts (dans leur très grande majorité des soldats) à la suite de l'emploi de ces armes[7]. Selon une source officielle iranienne chargée du traitement des blessés chimiques, les pertes iraniennes par armes chimiques pendant la guerre seraient même de 100000 blessés ou tués [8].

Le 16 avril 1987, l'Iran accuse l'Irak d'avoir utilisé l'arme chimique sur les villages frontaliers d'Alout et de Kandar près de la ville de Baneh, affirmant également que 10 villageois sont blessés lors de ces attaques[9] et accusant ensuite l'Irak d'avoir utilisé l'arme chimique le 21 avril 1987 dans la région de Baneh et Sardasht et d'y avoir blessé 60 personnes[10]. Un rapport d'experts de l'ONU envoyés par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter en Iran sur les allégations d'utilisation d'armes chimiques daté du 8 mai 1987 confirme que des militaires et des civils de la région de Baneh ont été blessés au gaz moutarde. En particulier, les rédacteurs de ce rapport déclarent : « Dans un hopital de Téhéran nous avons vu les effets de l'ypérite sur une famille de paysans, en particulier la mère et ses deux petites filles agées de 2 et 4 ans. Nous avons eu une expérience bouleversante ayant assisté aux souffrance endurées par la fillette de quatre ans moins de deux heures avant sa mort. En outre, nous avons vu les effets extrèmements nocifs de l'ypérite sur la jeune mère qui était enceinte de quatre mois »[11].

Victimes iraniennes d'une attaque chimique au gaz moutarde.

Le 28 juin 1987, l'Irak utilise l'arme chimique sur la ville de Sardasht en Iran, tuant une centaine de personnes et en blessant au moins 2 000. C'est la première fois que l'arme chimique est utilisée sur une population urbaine[12] depuis la Seconde Guerre mondiale (l'Égypte avait utilisé de l'ypérite sur des villages du Nord Yémen dans les années 1960[13]).

Le 17 mars 1988, l'armée irakienne utilise des armes chimiques et biologiques sur la ville kurde d'Halabja qui causent la mort de près de 5 000 habitants. La poursuite de l'utilisation des armes chimiques dans la guerre est énergiquement condamnée par la Communauté européenne le 25 mai 1987 et par le conseil de sécurité de l'ONU le 9 mai 1988[14].

Le régime irakien a expliqué que c'était l'œuvre de l'armée iranienne. Cette thèse a été à l'époque également défendue quelque temps par l'administration américaine.

On estime que durant cette période, plus de 150 000 Kurdes ont été exposés à des armes non conventionnelles.

Joost R. Hiltermann, un des directeurs de l'International Crisis Group a fait remarquer à ce sujet que l'administration Reagan n'a jamais apporté une seule preuve de ses allégations d'usage d'armes chimiques par l'Iran[15]. D'ailleurs, la démoralisation des soldats iraniens du fait des attaques chimiques de l'armée irakienne, l'impossibilité pour l'Iran de pouvoir riposter de la même manière et la peur d'une attaque chimique sur Téhéran, qui aurait eu des conséquences désastreuses, expliquent en partie la volonté de Khomeini d'accepter le cessez-le feu du 18 juillet 1988[16].

Jean Pascal Zanders spécialiste des armes chimiques du SIPRI a lui aussi mis en doute les allégations américaines[17].

Le 22 juillet 1988 l'aviation irakienne utilise les armes chimiques sur le village iranien de Zarde : 275 habitants sont tués et des centaines blessés[18]. Le 2 août 1988 a lieu la dernière attaque chimique irakienne de la guerre : la ville d'Oshnaviyeh est bombardée par un avion irakien et au moins un millier de personnes sont blessées[19].

Selon les déclarations écrites de l'Irak à l'ONU en 2002 sur son programme chimique, tout le matériel et les connaissances ayant pour but de mettre au point ce programme viennent des pays suivants : Singapour, Pays-Bas, Égypte, Inde, RFA, Luxembourg, Brésil, France[20], Autriche, Italie et États-Unis. Il est à souligner par contre que l'URSS ne semble avoir fourni aucune aide à l'Irak dans ce programme[21].

L'intérêt pour l'Irak d'avoir utilisé l'arme chimique pendant cette guerre semble en partie due à son faible coût. En effet d'après un document récemment déclassifié de la CIA , le programme chimique irakien aurait coûté 200 millions de dollars de 1974 à 1984 contre 75 milliards de dollars de dépense militaires irakiennes totales sur la même période. Le coût du programme chimique irakien ne représenterait donc que 0,27% des dépenses militaires irakiennes totales sur cette période [22].

Implication occidentale dans le conflit[modifier | modifier le code]

Convoi de pétroliers koweïtiens sous protection de l'US Navy en 1987 durant la guerre Iran-Irak durant l'opération Earnest Will.

Les États-Unis ont eu des contentieux avec l'Iran dès la proclamation de la République islamique. L'investissement de l'ambassade américaine à Téhéran par les étudiants de la ligne de l'Imam, la longue prise d'otages qui s'ensuivit et l'échec de l'opération destinée à libérer les employés fut le premier acte d'une guerre larvée entre ces pays.

Bien que leurs relations diplomatiques soient gelées durant cette période, l'affaire Iran-Contra prouve que des contacts et des rencontres eurent tout de même lieu entre les gouvernements de ces nations quand leurs intérêts étaient convergents.

Divers affrontements armés eurent lieu, allant de simples escarmouches à des batailles en règle concernant essentiellement la liberté de navigation des pétroliers dans le golfe Persique.

Le mouilleur de mines Iran Ajr, capturé par la marine américaine.

Un navire reconverti en mouilleur de mines, l'Iran Ajr, fut capturé le 21 septembre 1987 puis coulé par l'US Navy après avoir été pris en flagrant délit de pose de mines sur les voies commerciales[23].

Pour contrer les vedettes rapides des Gardiens de la Révolution (Pasdarans), le 160th SOAR (A), une unité composée d'hélicoptères légers AH-6/MH-6 Little Bird des forces spéciales des États-Unis ainsi que de vedettes Sea Spectre fut engagée à partir de 1987 pour lutter contre cette guérilla maritime : il y eut une centaine d'accrochages[24].

Le 17 mai 1987, deux missiles Exocet lancés par un Mirage F1[25] irakien touchèrent la frégate USS Stark tuant trente-sept marins et blessant vingt-et-un autres. Le pilote de chasse déclara avoir confondu le navire avec un pétrolier iranien. La réparation du navire coûta 142 millions de dollars à la marine américaine[26]. Au sujet de cet incident, une thèse un peu différente est mise en avant dans l'émission de Patrick Pesnot "Rendez-vous avec X"[27],[28]. Selon cette émission l'attaque a été perpétrée par un Falcon modifié et non par un Mirage F1. Il évoque également les motifs de cette attaque à un moment où les États-Unis soutiennent l'Irak.

La frégate USS Samuel B. Roberts rapatriée à Newport, Rhode Island après avoir été touchée par une mine
La frégate Iranienne Sahand brule après avoir été touchée par des missiles et des bombes américaines le 18 avril 1988[29].

Le 19 octobre 1987 quatre destroyers américains attaquèrent et détruisirent presque totalement au canon naval les deux plates-formes pétrolières iraniennes de Reshadat et Resalat. Les États-Unis justifièrent l'attaque au nom du droit à la légitime défense[30].

Le 14 avril 1988, la frégate USS Samuel B. Roberts est gravement endommagée par une mine iranienne. Cela entraina le 18 avril 1988, une opération de grande envergure nommée Praying Mantis lancée par les États-Unis qui neutralisa le tiers de la flotte iranienne. Une frégate iranienne (le Sahand de type Vosper Mk5) fut coulée ; une autre, le Sabaland (même type) gravement endommagée, un patrouilleur type Combattante II (P 225 Joshan) et cinq vedettes furent envoyés par le fond, 87 militaires iraniens furent tués et plus de trois cents blessés[31], des plates-formes de forage reconverties en base pour les vedettes rapides furent investies par l'US Navy qui perdit un hélicoptère et ses deux pilotes.

Les attaques de 1987 et 1988 contre les plates-formes pétrolières iraniennes donnèrent lieu à une plainte devant la Cour internationale de justice, qui trancha l'affaire en 2003 en déboutant les deux parties (Plate-formes pétrolières (Iran c. États-Unis)).

Le 3 juillet 1988, le croiseur USS Vincennes détruit le Vol 655 Iran Air, un Airbus A300 commercial reliant Bandar Abbas à Dubaï, ce qui provoque la mort de 290 personnes, des pèlerins à destination de La Mecque[32]. Les États-Unis émettent plusieurs versions contradictoires au cours des jours suivants. Le Pentagone a d'abord affirmé que le commandant du navire croyait avoir affaire (sur les radars) à un chasseur F-14 iranien en piqué. Cette version fut démentie par la marine italienne, et par la frégate américaine Sides, qui confirmèrent que l'avion était en montée. La seconde version consista à affirmer que le transpondeur de l'Airbus A300 l'identifiait à la fois comme un avion civil et comme un chasseur militaire, et que la marine américaine, n'ayant eu de réponse à ses appels de semonce, aurait ouvert le feu[33]. Pour Margaret Thatcher, le Premier ministre britannique, l'attaque du vol IR655 était « compréhensible »[34]. Aucune excuse ne fut adressée aux proches des victimes du vol 655 Iran Air. L'année suivante, l'épouse du commandant du navire (le capitaine de vaisseau Wille Rogers) échappa à un attentat à la voiture piégée chez elle, en Californie.

La Royal Navy et la Marine nationale française entre autres dépêchèrent des navires de guerre dans l'océan Indien pour surveiller les voies de navigation et neutraliser les champs de mines pouvant gêner l'approvisionnement pétrolier de l'Occident et du Japon. L'opération française de 1987-1988 dans l'océan Indien fut appelée opération Prométhée[35].

D'autres grandes nations furent impliquées de façon directe ou indirecte dans ce conflit, surtout dans la vente d'armes à l'un ou à l'autre des belligérants, voire aux deux. La France, par exemple, fut le deuxième fournisseur d'armes de l'Irak, formant des pilotes, permettant aux irakiens d'utiliser la Base d'aéronautique navale de Landivisiau[36] (pour la formation de pilotes) et la Base aérienne de Châteauroux-Déols[37] (pour l'exportation d'armes vers l'Irak) et prêtant même cinq Dassault Super-Étendard [38] (lors de l'opération Sugar) de sa marine en attendant que les Mirage F1 commandés soient livrés, et fournit secrètement à l'Iran environ 450 000 obus d'artillerie de 155 et 203 mm de la société Luchaire entre 1982 et 1986[39] ainsi que des pièces détachées pour des missiles sol-air Hawk[40].

Implication des autres pays du Moyen-Orient et de l’URSS[modifier | modifier le code]

Corps des élèves iraniens d'une école de Borujerd victimes de l'attaque de bombardiers irakiens le 10 janvier 1987.

L'Arabie saoudite et les autres monarchies de la péninsule Arabique ont largement financé l'effort de guerre irakien, par crainte d'une contagion révolutionnaire vers leurs propres populations chiites. Le contentieux de dettes de guerre a d'ailleurs été une des causes de l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990.

La Syrie, au contraire, a tenté d'affaiblir l'Irak en coupant l'oléoduc reliant Kirkouk au port syrien de Lattaquié. Les exportations irakiennes de pétrole auraient été ruinées sans l'ouverture d'une nouvelle ligne par la Turquie.

L'Égypte a aidé indirectement l'Irak en lui fournissant deux millions de travailleurs pour remplacer ses hommes mobilisés et a collaboré activement dans le développement de matériel militaire.

Israël, ancien allié de l'Iran du chah, avait autant de raisons de redouter le panislamisme de la République iranienne que le panarabisme laïque de l'Irak. Sa principale intervention dans le conflit a été le bombardement de la centrale nucléaire irakienne en construction Osirak en 1981, attaque qui avait nécessité deux vols de reconnaissance préalable, le premier étant accompli par deux RF-4E de l'I.R.I.A.F, le second par un appareil de L'I.A.F. Construite avec des technologies françaises, cette centrale aurait permis à l'Irak de se doter à terme de l'arme nucléaire. L'État d'Israël fut également l'un des principaux fournisseurs d'armes pour l'I.R.I.A.F et l'I.R.I.A.A, livrant des BGM-71 "TOW" (versions terrestres et aériennes sur les AH-1J), des MIM-23 "Hawk" ainsi que des BL-755, ces dernières étant déployées par les F-4E Iraniens dans une grande partie des missions d'attaques.

Des pays et des organisations internationales ont tenté à plusieurs reprises des médiations pour cesser le conflit, dont l'Algérie. L'Irak adressa à ce pays une réponse négative : le 3 mai 1982, un avion Gulfstream II du gouvernement algérien avec quatorze personnes à bord dont le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Seddik Ben Yahia en route pour Téhéran fut abattu par un appareil MiG-25 de l'armée de l'air irakienne[réf. nécessaire].

L'Union soviétique proclama dès le début du conflit sa neutralité, coupant sur le champ les livraisons d'armes à l'Irak après son agression contre l'Iran : les accords sur les livraisons ne valaient que pour les cas de défense contre une attaque éventuelle et non pour cautionner une invasion[réf. nécessaire]. Elle les reprit dès 1981 en livrant notamment des bombardiers Tu-22 Blinder et dépêche un fort contingent de conseillers militaires pour l'entretien de son matériel[41].

Début 1985, les Irakiens décident de frapper Téhéran avec leur MiG-25R. Le problème est que Moscou a toujours refusé de leur livrer des bombes spéciales FAB-500T munies d'une enveloppe de protection thermique, ainsi que les attaches correspondantes. Les Irakiens ont alors l'intention d'équiper leur Foxbat de bombes de fabrication espagnole. Les Soviétiques protestent et leur offrent de transformer tous les Mig-25R irakiens au standard RB. En plus, ils leur livrent des immenses réservoirs largables de 5 000 litres et modifient les RB pour pouvoir les transporter. La première attaque menée par des Mig-25 avec des FAB-500T sur une cible dans une ville Iranienne a lieu à Ispahan, le 10 mars 1985[42].

Elle maintint le contact avec les deux belligérants et œuvra à améliorer ses relations avec Téhéran. Deux accords de coopération furent signés en juillet 1981. Moscou livrant plusieurs centaines de millions de dollars de matériel militaire à l'Iran directement ou en passant par des pays tiers dont des obusiers M1954 envoyés dès l'ouverture du conflit, un contingent de conseillers militaires vient en Iran, 3 000 hommes mi-1983, et 4 200 en mars 1987, une station d'écoute soviétique fut installée dans ce pays, des officiers iraniens entrèrent dans des écoles militaires et il y eut coopération entre les services de sécurité[43].

Le ministre des Affaires étrangères soviétique Edouard Chevardnadze se rendit à Qom rencontrer en mars 1989 l'ayatollah Khomeiny.

Vente d'armes[modifier | modifier le code]

Fournisseurs de l'Irak en milliard de $ 1985 % du total
Union soviétique 19,2 61
France 5,5 18
Chine 1,7 5
Brésil 1,1 4
Égypte 1,1 4
Autres pays 2,9 6
Total monde 31,5 100,0

L'Irak fut, entre 1985 et 1990, le premier importateur de matériel militaire au monde, soit un total de 10 % du marché.

Entre 1970 et 1990, ses achats furent de 31,5 milliards de dollars (valeur 1985) et l'Union soviétique fut de très loin le principal fournisseur.

Il est à noter que les chars T-72 irakiens qui furent livrés à partir de 1984 n'étaient pas aux standards de l'Armée rouge. En effet, Saddam Hussein avait demandé que le système de visée de nuit, le système de visée télémétrique ainsi que la protection NBC soient retirés pour réduire les coûts, soit 500 000 dollars pièce au lieu de 1 150 000.

Des entreprises d'Allemagne de l'Ouest fournirent de la technologie militaire à l'Irak pour l'aider à allonger la portée de ses missiles balistiques SCUD de 280 km à 600 km. Ainsi, ceux-ci purent atteindre Téhéran[44].

En 1991, des cadres de l'entreprise italienne Valsella sont condamnés pour avoir exporté illégalement neuf millions de mines terrestres vers l'Irak entre 1982 et 1985. Suite à ces ventes, l'Irak a commencé à produire lui-même des mines du même modèle[45].

Des entreprises yougoslaves et britanniques construisirent cinq grands aéroports militaires entre 1975 et 1987, pour un montant de 4,3 milliards de dollars. Des aéroports militaires irakiens déjà existants ont également été modernisés dans le cadre de ces contrats[46].

L'Irak a également importé entre 1984 et 1988 pour 200 millions de dollars de bombes à sous-munitions fournies par l'industriel chilien Carlos Cardoen, en partie conçues à partir d'éléments importés des États-Unis[47],[48].

L'Iran acquit également de manière légale ou non des armements venus de nombreux pays, par exemple des canons automoteurs nord-coréens Koksan.

La guerre Iran-Irak fut en effet le théâtre d'un scandale de trafic d'armes : l'affaire dite « Iran-Contra », également connue sous le nom de l'Irangate. Le scandale était lié au sort d'otages américains retenus au Liban par le Hezbollah. Il s'avéra que la libération des otages (ainsi que le financement occulte d'opposants proches des États-Unis au Nicaragua, les Contras) fut négociée contre la livraison à l'Iran d'armes américaines (2 008 missiles TOW, des pièces détachées de systèmes Hawks pour une valeur réelle de 12,2 millions de dollars)[49] et de rapports secrets sur les troupes irakiennes. Le scandale ébranla la Maison-Blanche, qui avait elle-même placé l'Iran sous embargo militaire après l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeyni.

Israël servit d'intermédiaire dans l'affaire, qui avait déjà vendu secrètement auparavant des armes antichars (missiles TOW) et des missiles sol-air à l'Iran.

Des entreprises françaises livrèrent aussi clandestinement du matériel à l'Iran (obus d'artillerie entre autres), que ce soit avec l'accord du gouvernement français dans le cadre du règlement des affaires des otages français au Liban et du contentieux financier franco-iranien Eurodif ou non avec l'aide de sociétés écran en Espagne ou au Portugal[50]. La France avait également conclu un contrat pour la vente de trente-six Mirage à l'Irak en 1977, à l'occasion d'une visite du premier ministre Raymond Barre à Bagdad. Ce contrat sera honoré dès 1981 avec la livraison de quatre mirages F1. Selon l'historien Pierre Razoux : "Pendant toute la durée de la guerre, la France va s’imposer comme le second pourvoyeur d’armes de l’Irak, derrière l’Union soviétique, en lui livrant 121 Mirage F-1, 56 hélicoptères de combat, 300 véhicules blindés, 80 canons automoteurs GCT-AUF1, du matériel antiaérien et antichar de dernière génération, des milliers de missiles et des millions d’obus et munitions diverses."[51]. Le système de défense antiaérien intégré irakien « KARI », en partie de conception française, fut complété en 1986-1987[52].

Parmi les vedettes des Pasdarans qui s'attaquaient aux navires dans le golfe persique, vingt d'entre elles avaient été construites en Suède et livrées en 1986. Il s'agit des « Boghammar » qui faisaient 13 m de long, filaient à 45 nœuds avec un équipage de six hommes. Vingt-cinq autres vedettes venaient d'un chantier de Boston.

Les deux belligérants s'échangèrent même une cinquantaine de chars capturés l'un par l'autre en 1985, ce qui fut un des événements parmi les plus inhabituels de cette guerre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) [1]résolution 479 du conseil de sécurité de L'ONU
  2. (en) [2]ICRC Annual Report 1999
  3. (en) [3]Dépêche de l'IRNA du 18 mai 2005
  4. (fr) Pierre-Jean Luizard, « Iraniens d'Irak, direction religieuse chiite et État arabe sunnite. », in Cemoti, no 22 - Arabes et Iraniens « lire en ligne »
  5. (en) récit de la bataille navale sur un site web de vétérans
  6. (en) Iranian boat attack foreign ship during Iran-Iraq war, Iran Negah
  7. (fr)[PDF] Livret du Groupe de l'Australie, juillet 2007
  8. (en) [4], Common Dreams (en) , 13 février 2003
  9. (fr) [5] document S/18809 du 16 avril 1987 émis par le conseil de sécurité de l'ONU.
  10. (fr) [6] document S/18825 du 27 avril 1987 émis par le conseil de sécurité de l'ONU.
  11. (fr) [7], document S/18852 du 8 mai 1987 émis par le conseil de sécurité de l'ONU , voir pages 5 et 19
  12. (en) Golnaz Esfandiari, Iran : 'Forgotten Victims' Of Saddam Hussein Era Await Justice, Radio Free Europe, 1er décembre 2006
  13. (fr) Le désarmement chimique et le Protocole de Genève de 1925, Natalino Ronzitti, Annuaire français de droit international, Année 1989, Volume 35, Numéro 35, p. 149-157
  14. (fr) Résolution 612 (1988) du 9 mai 1988 émise par le Conseil de sécurité de l'ONU.
  15. (en) Joost R. Hiltermann, « Iran’s Nuclear Posture and the Scars of War », Middle East Report, 18 janvier 2005]
  16. (en) Javed Ali, « Chemical Weapons in the Iran-Iraq war : A case study in noncompliance », The proliferation review, printemps 2001
  17. (en) « Iranian Use of Chemical Weapons : A Critical Analysis of Past Allegations »
  18. (en) International Herald Tribune[8]
  19. (en) NTI Iran chemical Chronology[9]
  20. (fr) Le Nouvel Observateur, 20 septembre 1990, numéro 1350, p. 62-63[10]
  21. (en) Douglas Jehl, « Who armed Iraq : The answers the west didn't want to hear », The New York Times, 18 juillet 1993, p. 5. Voir aussi : What Iraq Admitted about its chemical weapon program
  22. (en) [11], Foreign Policy, 26 aout 2013,Shane Harris and Matthew M. Aid , p. 24
  23. « Operation Prime Chance (1987) », sur Shadow Spear,‎ 6 mai 2009 (consulté le 30 janvier 2011)
  24. (en) Engagements navals des États-Unis dans le Golfe Persique
  25. http://www.jag.navy.mil/library/investigations/USS%20STARK%20BASIC.pdf
  26. (en) "article sur L'USS Stark"
  27. "Rendez-vous avec X : mai 1987, l'attaque du USS Stark (1/2)
  28. "Rendez-vous avec X : mai 1987, l'attaque du USS Stark (2/2)
  29. (en) David Crist, The Twilight War: The secret history of America's thirty-year conflict with Iran, New York, Penguin Press,‎ 2012 (ISBN 9781594203411), p. 434 (Photo plates)
  30. "jugement rendu par la cour de justice internationale sur cette affaire".
  31. A history lesson still unlearned, Amir Taheri, Gulf News, 18 avril 2007
  32. http://www.russfound.org/The_Spokesman/Daylell106.html
  33. The USS Vincennes : Public War, Secret War July 1, 1992, Ted Koppel, ABC News (commentaire : ce document montre que l'Airbus iranien a été abattu par un navire US qui se trouvait dans les eaux territoriales iraniennes où il était venu faire de la provocation. Il montre aussi que le capitaine du navire croyait réellement tirer sur un avion militaire.)
  34. http://www.lewrockwell.com/orig8/constantino1.html
  35. [12]
  36. (fr) ECPAD voir la page 12 et la photo n°17 de ce document
  37. [13]
  38. [14]
  39. (fr) 1987: l'affaire Luchaire, L'Express, 30/03/1995
  40. (fr) un marchand d’armes parle, L'Humanité, 20 février 1993
  41. (en) Bombed by Blinders - Part 1, ACIG, 24 novembre 2010
  42. Avions hors-série, no 23, Tom Cooper, Farzad Bishop (de), Ahmad Sadik, éditions Lela Presse, p. 51.
  43. (en)Kenneth R. Timmerman, « Fanning the Flames: Guns, Greed & Geopolitics in the Gulf War Chapter 9: Iran's New Soviet Arsenal »,‎ 1988 (consulté le 1er février 2012)
  44. Iraq's Missiles : a Brief History
  45. IRAQ, Landmine Monitor Report 1999
  46. (en) Tom Cooper, Iraqi Super-Bases, Air Combat Information Group, 26 septembre 2003
  47. (en) [15]enquête du département du commerce des États-Unis
  48. (en) [16]description de l'entreprise d'armement de Carlos Cardoen
  49. Walsh Iran / Contra Report - Chapter 8 The Enterprise and Its Finances
  50. Dans le secret des princes, Christine Ockrent, Alexandre de Marenches, Stock, 1986, p. 238
  51. [17]
  52. (en) Iraq airdefense globalsecurity. org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Philippe Rondot, « La guerre du Chatt al-Arab : les raisons de l'Irak », Politique étrangère, 1980, vol. 45, no 4, pp. 867-879.
  • (fr) « Iran-irak : la diplomatie du conflit », série d'articles in Politique étrangère, 1987, vol. 52, no 2.
  • (en) Dilip Hiro, The longest war: The Iran-Iraq Military Conflict, Londres, Grafton, 1989.
  • (en) Ephraim Karsh, Iran-Irak war - A military analysis, volume 220 de Adelphi Papers, International Institute for Strategic Studies, Londres, 1987, 72 p.
  • (fr) Les Défis de la prolifération des ADM, rapport d’information a l’Assemblée nationale par la commission de la défense nationale - No2788.
  • (en) Ronald E. Bergquist, The role of airpower in the Iran-Iraq War, Diane Publishing (ISBN 1-4289-9330-4) lire en ligne sur Google books
  • (en) Tom Cooper, Iran-Iraq War in the Air 1980-1988, Schiffer Publishing, 2003 (ISBN 0-7643-1669-9)
  • Robert Fisk, La grande guerre pour la civilisation : l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), Paris, La Découverte,‎ 2005 (ISBN 2-707-14573-4)
  • (fr) Janane Jassim Hillawi, Pays de nuit, Actes Sud, 2005 (éd. originale 2002). Roman de la guerre vu à travers le héros, fantassin irakien pris malgré lui dans la mécanique infernale de ce conflit et du régime de Saddam Hussein.
  • (fr) Clive R. Symmons, « L'échange de lettres de 1990 entre l'Irak et l'Iran : un règlement définitif du différend et du conflit ? », Annuaire français de Droit international, 1990, pp. 229-247.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]