Xinjiang

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43° 49′ 31″ N 87° 36′ 50″ E / 43.8253, 87.61379 ()

Xinjiang
Carte indiquant la localisation du Xinjiang (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Carte indiquant la localisation du Xinjiang (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Autres noms Ouïghour : شىنجاڭ ئۇيغۇر ئاپتونوم رايونى

(Xinjang Uyghur Aptonom Rayoni)
Chinois : 新疆维吾尔自治区
Pinyin : Xīnjiāng Wéiwú'ěr Zìzhìqū

Abréviation 新 (xīn)
Statut politique Région autonome
Capitale Ouroumtsi
Démographie
Population 20 950 000 hab. (2007)
Densité 13 hab./km2
Rang 24e
Nationalités Ouïghours (45 %)
Hans (41 %)
Kazakhs (7 %)
Hui (5 %)
Kirghizes (0,9 %)
Mongols (0,8 %)
Dongxiang (0,3 %)
Tadjiks (0,2 %)
Xibe (0,2 %)
Géographie
Superficie 1 660 001 km2
Rang 1er
Économie
PIB (2004) 220 000  (25e)
PIB/hab. 10 501 Ұ (13e)


Le Xinjiang ou Sin-kiang (en ouïghour : شىنجاڭ Shinjang ; en chinois : 新疆 ; pinyin : Xīnjiāng ; Wade : Hsin-chiang ; EFEO : Hin-kiang ; littéralement : « nouvelle frontière »), officiellement la Région autonome ouïghoure du Xinjiang, appelé également Turkestan oriental, est une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine, au statut particulier, comme la Mongolie-Intérieure ou le Tibet. Situé à son extrême ouest, il s'étend sur 1 660 001 km2 et occupe un sixième du territoire chinois. Le Xinjiang possède une frontière commune avec huit pays, la Mongolie, la Russie, l'Inde, le Pakistan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, l'Afghanistan et le Tadjikistan. Sa capitale est Ouroumtsi.

Signification de Xinjiang[modifier | modifier le code]

Xinjiang (新 xīn « nouveau » et 疆 jiāng « frontière, territoire limitrophe ») signifie littéralement « la nouvelle frontière ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Xinjiang est la plus grande région autonome de Chine. Sa capitale est Ürümqi, située à l'ouest de la Chine sur l'ancienne Route de la soie.

Sa situation géographique en fait une région stratégique pour Pékin. Les 5 300 km de frontières du Xinjiang donnent sur huit pays : la Mongolie à l'est, la Russie au nord et le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, Afghanistan, le Pakistan et de la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde à l'ouest. Le Xinjiang communique avec les régions chinoises du Tibet au sud, Qinghai et du Gansu au sud-est[1].

D'une superficie de 1,66 million de km2, sa moitié sud inclut le désert du Taklamakan, un des plus importants du monde, mais aussi, le Désert de Dzoosotoyn Elisen (où se trouve le pôle terrestre d’inaccessibilité, c’est-à-dire le point de la terre ferme le plus éloigné d’un rivage du Globe, localisé à 46° 17′ N 86° 40′ E / 46.283, 86.67 (), à plus de 2 600 km de la plus proche côte) et le désert du Kumtag (en). Le Xinjiang possède de gigantesques montagnes de sable à 4 000 mètres d'altitude. Sculptées par le vent, elles sont formées de minuscules cristaux de roche arrachés par l'érosion. On estime qu'une superficie de 28 000 km² de désert s'est formée autour du bassin du Tarim au cours des 2000 dernières années. Mais surtout 9 000 au cours du seul XXe siècle, et si l'eau de la Keriya coulait jusqu'à 240 km dans le désert en 1950 elles ne s'écoulaient plus qu'à 115 km dans les années 1980 et ce phénomène ne cesse de s'amplifier[2] : coupes de bois (surtout le peuplier passé de 580 000 ha. en 1958 à 280 000 en 1979), mauvaise pratique de l'irrigation, surtout en amont à Yutian (Keriya), et mauvaise gestion de l'eau, tandis que la population y augmente...

La Dépression de Tourfan abrite le point le plus bas de la Chine à 155 mètres sous le niveau de la mer. À sa frontière avec le Pakistan se trouve le K2, second point le plus élevé du globe à 8 611 mètres. Géologiquement jeune, cette région est une zone sismique de forte intensité.

Le Xinjiang administre la région d'Aksai Chin, une région revendiquée par l'Inde comme une partie du Jammu-et-Cachemire.

Il est divisé en deux bassins par le Tian Shan, celui de Dzoungarie (Djoungarie) dans le nord et Tarim dans le sud. Le point le plus bas est 155 m sous le niveau de la mer et le plus haut sommet est à 8 611 m sur la frontière avec le Cachemire.

Plusieurs fleuves le traversent comme le Tarim, mais aussi le cours supérieur de l'Irtych.

Les montagnes du Tian Shan forment la frontière avec le Kirghizistan au col de Torugart (3 752 m) et au col d'Irkeshtam (environ 2 850 m), qui permet de relier ensuite la vallée du Vakhch. La Route du Karakorum (KKH) relie Islamabad (Pakistan) à Kashgar par le Col de Khunjerab.

Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang (Aksu: lire Aksou)
Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang

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Démographie[modifier | modifier le code]

La province du Xinjiang détenait en 2007 le taux de croissance le plus élevé de Chine. En effet celui-ci était cette année-là de 11,78 %. Il est à comparer avec le taux national qui atteignait la même année 5,17 %[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire ancienne et art ancien[modifier | modifier le code]

  • Le Xinjiang était anciennement appelé Turkestan oriental, Turkestan chinois et faisait partie de la Tartarie chinoise, voire de l'Asie centrale orientale. Ces appellations sont encore parfois utilisées, notamment l'appellation Turkestan oriental par les indépendantistes, mais le gouvernement chinois les rejette[5].

Sa situation géographique en Asie centrale faisant du Turkestan oriental une zone de passage, de nombreuses ethnies y cohabitent, à la suite des diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations de langues indo-européennes (Tokhariens et Saces, ces derniers étant de langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées dans cette région, puis populations xiongnu, proto-turques, turques et enfin de langues proto-mongoles.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

La vallée de la Keriya, fleuve qui se perd actuellement dans le centre du Taklamakan (mais qui servait dans l'Antiquité de voie de communication jusqu'à l'oasis de Kucha), a livré les traces abondantes et bien conservées d'une ville, Karadong, (Ve siècle - IIIe siècle avant notre ère) et d'une cité fortifiée dont le cimetière est daté du milieu du Ier millénaire avant notre ère[6], et dont les habitants n'ont pas de traits mongoloïdes, tout comme ceux de l'Asie centrale, du Xinjiang en général et de la Mongolie occidentale[7]. Des bronzes animaliers, un tapis de selle et un feutre aux appliques polychromes, ainsi que des bois sculptés de la ville antique la rattachent à la culture des steppes des Scythes de la Sibérie du sud et du Kazakhstan[8]. Les restes de vêtements et autres tissus, réalisés apparemment par les femmes [9] et préservés par le désert, montrent la maîtrise et la créativité de ces populations ainsi que le commerce lointain qui existait pour des colorants précieux. Quant aux activités agricoles de ces populations : il s'agit d'agro-pasteurs (élevage de chèvre cachemire attesté [10]) sédentaires qui pratiquaient l'irrigation et cultivaient des céréales telles que le millet - dont les premières cultures sont apparues en Chine au cours de la Préhistoire, dans les premiers sites Néolithiques de Chine - et le blé, mais aussi l'orge [11] : deux céréales dont l'origine en Chine est parvenue dans la culture de Majiayao par l'Ouest. Enfin les pratiques funéraires de Djoumboulat Koum sont celles d'une société hiérarchisée, mais moins bien que celle des Scythes : aucune richesse comme celles que l'on trouve dans les tumuli, et l'éloignement des ressources minérales, de la pierrre et des métaux est nettement visible. Cependant le travail complexe du bois, de la peau et des fibres textiles témoigne d'autres moyens de rendre hommage aux défunts. Sur la nature des croyances plusieurs interprétations sont possibles, la question d'un chamanisme possible en raison de la proximité avec la Sibérie, et la présence d'indices, interprétés avec réserve dans ce sens, d'une religion mazdéenne [12] : en conséquence l'interrogation demeure sur les croyances de ces populations[13].

Quant à la cité du début de notre ère, contemporaine de Miran au Lop Nor, elle contient les restes des deux plus anciens sanctuaires bouddhiques du Xinjiang datés par radiocarbone de la première moitié du IIIe siècle de notre ère. Les peintures représentant le Bouddha n'ont de parenté qu'avec les poses du Bouddha dans l'art gréco-bouddhique au Gandhara (nord-ouest de l'Inde) ou à Hadda (en Afghanistan). Dans les plis de la robe monastique le drapé évoque l'himation des Grecs, aux plis presque verticaux comparés aux plis complexes en usage en Chine à cette époque. Ce qui correspond bien aux premiers temps de développement de l'art bouddhique sur les routes commerciales de l'Asie depuis le monde indien et en contact avec le monde hellénistique.

Les Han et la Route de la soie à l'époque Tang[modifier | modifier le code]

La dynastie des Han échoua à plusieurs reprises dans ses tentatives pour contrôler la région : dès le IIe siècle av. J.-C., les Chinois entrèrent dans le territoire du Turkestan oriental et affrontèrent les Xiongnu, qui dominaient l'Asie Centrale de 200 av. J.-C. à 48 ap. J.-C. Un principe de colonies militaires, les tuntian, fut instauré par l'empereur Wudi et ses successeurs, mais échoua. La dynastie chinoise des Tang reprit pourtant cette idée et installa, dès le VIIe siècle ap. J.-C., des gouverneurs militaires dans les villes de Karachahr, Koutcha, Kachgar et Khotan. Les Tang perdirent le contrôle de la zone au VIIIe siècle au profit des Tibétains, puis des Ouïgours.

Situés sur la route de la soie, les Ouïgours ont joué un rôle important dans les échanges culturels entre l'ouest et l'est, et ont développé leur propre culture et civilisation. Le royaume de Kucha a été le berceau d'une riche culture picturale dont les Grottes de Kizil gardent les traces prestigieuses : les plus anciennes grottes à peintures murales de Chine, monastères bouddhiques sur la route de la soie. Le khan Bögü des Ouïgours se convertit au manichéisme après avoir pris Chang'an (Xi'an) en 762, et de précieux manuscrits datant de la fin du Ier millénaire ont été trouvés au Xinjiang et au Gansu, au nord-ouest de la Chine : superbes enluminures de Qoco près de Tourfan, importants textes religieux découverts par le sinologue Paul Pelliot dans les grottes de Mogao près de Dunhuang.

Les Turques et l'Islam[modifier | modifier le code]

Pourtant, le règne des Ouïgours souffrit d'exceptions notables : les nombreuses ethnies turques remirent en cause leur pouvoir, et les contraignirent à recourir à la protection des populations mongoles. Toutefois, la poussée des ethnies turques eut raison de ce protectorat : ils introduisirent l'islam au Xinjiang lors des Xe et XIe siècles, et l'installèrent durablement. Le mausolée de Tughlugh Timur fondé en 1363 en est l'un des plus anciens témoins.

Le christianisme nestorien, qui atteignit la Mongolie et la Chine, fut longtemps présent chez les Ouïgours ; au XIVe siècle, on trouve encore un évêché nestorien à Kachgar, capitale historique du Turkestan Oriental et, en 1289, le khan mongol de Perse (ilkhan) Arghoun envoie en ambassade auprès de Philippe IV le Bel et du roi d'Angleterre Édouard Ier le moine ouïgour nestorien Rabban Bar Sauma, porteur d'une missive qui envisageait une attaque conjointe contre les Mamelouks.

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Incorporation à l'empire chinois[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le nord de la région était habité par les nomades mongols dzoungares. La conquête du bassin du Tarim en 1679 a permis au Khanat dzoungar de contrôler la quasi-totalité de la région.

L'Empire Qing sous les règnes de Kangxi et de Qianlong a mené plusieurs campagnes militaires contre les Dzoungars. Les victoires qu'ont remportées ces empereurs mandchous ont pour conséquence l'incorporation complète de la région à l'État chinois en 1759. La partie orientale de la région contenant Ürümqi, appelé Dihua à l'époque, est alors devenue une partie de la Province du Gansu.

Avant le XVIIIe siècle, les Chinois désignent la région par le mot Xiyu (« région occidentale »). Aux alentours de 1760, la région a obtenu le nom de « nouvelle frontière » (Xinjiang en chinois, Ice Jecen en mandchou).

La cession d'une partie de Xinjiang à l'Empire russe en 1864 est suivie d'une période de troubles dans la région, avec notamment la Révolte des Dounganes ou « révolte musulmane » (plusieurs millions de morts). L'émirat de Kashgarie qui exista 1864 à 1877 fut reconnu par l'Empire ottoman, la Grande-Bretagne et la Russie[1].

En 1877, l'empire Qing a repris le contrôle de la plus grande partie du Xinjiang, ce qui est confirmé par le traité de Saint-Pétersbourg de 1881. Cette région est alors érigée en province sous le nom de Xinjiang, le 18 novembre 1884. Le centre administratif de la région est transféré d'Ili à Ürümqi.

Après que l'empire mandchou a été renversé par les nationalistes chinois en 1911, la Province du Xinjiang est devenue une partie de la République de Chine. Les Ouïgours, voulant se libérer de la domination étrangère, se sont soulevés à de nombreuses reprises contre le pouvoir chinois nationaliste et par deux fois, avec l'éphémère République islamique du Turkestan oriental (novembre 1933 - février 1934) centrée à Kashgar et en 1944, ont réussi à installer une République indépendante du Turkestan oriental. La seconde République du Turkestan oriental est un satellite de l'URSS[1], qui est restée indépendante pendant cinq ans dans trois villes au nord du Xinjiang, a été formellement intégrée à la Chine en 1949 après que ses dirigeants ont disparu dans un mystérieux accident d'avion en se rendant à une réunion avec le président chinois Mao Zedong.

Peu après l'annexion du Turkestan oriental par la République populaire de Chine, les frontières de la Chine ont été corrigées. La superficie de la Province du Xinjiang passe alors de 1 820 000 en 1949 à 1 626 000 km2, au profit de la République socialiste soviétique du Tadjikistan et de la République populaire mongole.

La Région autonome de la République populaire de Chine[modifier | modifier le code]

Le Xinjiang par rapport au reste de la Chine

La région autonome du Xinjiang a été instaurée le 1er octobre 1955 en remplacement de la province.

Essais nucléaires au Lop Nor[modifier | modifier le code]

De 1964 à 1996, la Chine a fait exploser quarante-six bombes nucléaires sur le site de Lop Nor au Xinjiang. Depuis son ultime essai atmosphérique le 11 octobre 1980, la Chine se conforme dans les faits au traité d'interdiction partielle des essais nucléaires et a officiellement annoncé l'arrêt définitif des dits essais le 21 mars 1986. De plus, elle a annoncé un moratoire sur les essais souterrains à partir du 30 juillet 1996 puis a signé le traité d'interdiction complète des essais nucléaires le 24 septembre de la même année[14].

Selon des opposants ouïghours à l'étranger, les retombées radioactives ont créé en trente-cinq ans un désastre écologique, polluant les sols, l'eau, les plantes et la nourriture, ce qui aurait entraîné la mort de 200 000 personnes[15]. Pourtant, le Lop Nor, depuis les alentours 1920 où les peuplades ouïghoures ont fui le bassin à la suite d'une peste qui les décimait, n'a plus connu de peuplement permanent[16].

Révolution culturelle[modifier | modifier le code]

Pendant la révolution culturelle, des Corans furent détruits dans de grands autodafés[17][réf. incomplète].

Camps de travail[modifier | modifier le code]

Les camps de travail forcé (Laogai) parmi les plus durs sont installés au Xinjiang[Quand ?][18].

Tensions communautaires[modifier | modifier le code]

  • 5 février 1997 : une manifestations pour la libération de trente dignitaires religieux, arrêtés par la police à la veille du Ramadan à Guldja (en chinois : Yining), sont réprimées violemment par la police et l'armée. S'ensuivent des émeutes qui font des dizaines de morts et des centaines de blessés parmi les Ouïgours[19].
  • Janvier 1999 : vingt-neuf Ouïgours sont arrêtés, accusés d’avoir organisé des émeutes contre Pékin. Deux de ces Ouïgours ont été exécutés le 28 janvier[20].
  • Juillet et août 2004 : exécution de quatre hommes pour « atteinte à la sécurité de l'État ». Pendant tout l’été, les arrestations d’adultes et d’enfants se sont multipliées (en particulier dans le district de Khotan) pour « activités religieuses illégales »[21].
  • 6 août 2004 : les armées chinoises et pakistanaises envoient environ 200 soldats dans la région de Taxkorgan, près de la frontière avec l'Afghanistan afin d’« améliorer la capacité à combattre ensemble le terrorisme et à contenir et réprimer les forces séparatistes, extrémistes et terroristes »[22].
  • 4 août 2008: attentat à Kashgar contre un poste de police : 16 morts[23]
  • 9 août 2008: attentat à l'explosif à Kuqa contre un poste de police: 11 morts[24]
  • 2 avril 2009 : attentat suicide à l'explosif dans un immeuble d'Urumqi tuant le kamikaze et blessant deux employés présents dans la pièce[25].
  • 5 juillet 2009 : de violentes manifestations touchent la province et provoquent la mort d'au moins 140 personnes[26],[27].
  • Juin 2013 : Selon l’agence Chine Nouvelle « une foule d’émeutiers armés de couteaux » a attaqué les bâtiments officiels dans le village de Lukeqin à proximité de la ville touristique de Turfan[28]. Ces violences, qui ont fait 35 morts, sont imputées par les autorités chinoises à une « action terroriste »[29]. Par contre Radio Free Asia, basée aux États-Unis, annonce un bilan de 46 morts, dont 11 émeutiers[30]. La majorité des victimes sont d'origine ouïgoure[31].

Population[modifier | modifier le code]

Trois fillettes ouïghoures au marché de Khotan.

Le Xinjiang est peuplé en majorité par les Ouïghours, parlant une langue turque, mais aussi des Kazakhs, des Kirghizes, des Tatars, des Ouzbeks, et les Tadjiks sont également présents, tous rattachés à la branche Turcique. Selon le dernier recensement chinois, la population de ces ethnies, pratiquant en général la religion musulmane, pratiquée aussi par les Huis, est d'un peu plus de 11 millions, parmi lesquels les 8,68 millions de Ouïghours constituent la majorité. Ils restent encore majoritaires mais la pression démographique et culturelle des Hans (principale ethnie de Chine) menace leur suprématie.

Les 9 millions d'autres habitants de la région sont en majorité des Hans. La proportion de Hans dans la population de la région est passée de 6 % en 1949 à plus de 40 % en 2006 (chiffre sous-estimé car il ne comprend pas les mingongs et les militaires)[1]. Ils vivent surtout dans les villes.

Nationalité Pourcentage
1. Ouïghour 45,6 %
2. Han 40,1 %
3. Kazakh 6,7 %
4. Hui 4,5 %
5. Kirghize 0,9 %
6. Mongol 0,8 %
7. Tadjik 0,21 %
8. Xibe 0,21 %
9. Mandchou 0,1 %
10. Ouzbek 0,08 %
11. Russe 11 000
12. Daur 6 700
13. Tatar 4 900

Source : China Statiscal Yearbook 2008 (chiffres 2006)

Religion[modifier | modifier le code]

Les Ouïgours relèvent d'un islam sunnite de rite hanéfite, influencé par le soufisme[32].

Langues[modifier | modifier le code]

Des langues d'origine turque, l'ouïghour et le kazakh sont parlées au Xinjiang. L'ili turki est une langue qui est presque éteinte. L'oïrate est parlé par des populations mongoles. On y trouve aussi les seules langues iraniennes parlées en Chine, le sariqoli et le wakhi.

Villes[modifier | modifier le code]

Ville Population 2006
1. Ouroumtsi (Ürümqi ou Wulumuqi) 乌鲁木齐 1 538 778
2. Shihezi 石河子 581 955
3. Aksou (Aksu ou Aqsu) 阿克苏 362 266
4. Kachgar (Kachi, Qachi) 喀什 284 712
5. Guldja (Guldja) 伊宁 263 627
6. Changji 昌吉 208 614
7. Kuytun (Kuitun) 奎屯 200 250
8. Korla (Kuerle) 库尔勒 182 343
9. Karamay (Kelemayi) 克拉玛依 181 871
10. Altay 阿勒泰 141 575
11. Qomul (Hami) 哈密 139 579
12. Hotan (Hetian) 和田 114 259

Économie[modifier | modifier le code]

Le Xinjiang est réputé pour ses produits agricoles : des raisins, des melons, des poires, du coton, du blé, de la soie, des noix, des moutons. La région dispose également de ressources minérales, dont du pétrole, mais aussi plomb, zinc, cuivre, fer, charbon, uranium, sel, or, ainsi que des gisements éoliens.

À la fin du XIXe siècle, la région produisait du sel soda(?), du borax, de l'or, des jades et du charbon[33].

Le PIB de la région était d'environ 28 milliards de dollars en 2004 puis 60 en 2008, notamment en raison de la politique chinoise de développement de ses régions ouest. Son PIB par habitant est 19 893 yuans (2 864 $). Son taux de croissance était de 10,5 % en 2010.

L'extraction de pétrole et de gaz naturel dans la région d'Aksu et de Karamay, en forte hausse, représente environ 60 % de l'économie locale[34] Ses exportations ont été de 19,3 milliards de dollars, pour des importations de 2,9 en 2008. La Chine a ouvert sa première zone franche à Horgos, à la frontière avec le Kazakhstan[35]. Horgos est le premier port continental de l'ouest chinois, permettant un bon accès au marché des pays d'Asie centrale. D'autres zones franches ont été ouvertes autour de Bole, Shihezi, Tacheng, Urumqi et Yining.

De larges pans de l'économie appartiennent aux bingtuans (« brigades militaires » ou CPCX), structures contrôlées par l'Armée chinoise créées en 1954. Les CPCS rassemblent 1,9 million d'habitants, possèdent 1 500 groupes industriels, commerciaux ou de construction, deux universités, un tiers des surfaces cultivées, représentent un quart de la production industrielle, plus de la moitié des exportations. Les bingtuans sont des leaders mondiaux du ketchup[1].

Entre Urumqi et Tourfan, ainsi qu'à proximité de Yining se trouvent deux grandes concentrations d'éoliennes[1].

Jusqu'en 2015, le gouvernement central a prévu d'investir chaque année au Xinjiang 400 milliards de yuans (45 milliards d'euros). L'équivalent du PNB annuel de la région, à peu de chose près.

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Quand la fièvre montait dans le Far West chinois, Martine Bulard, Le Monde diplomatique no 665, août 2009, pages 12-13.
  2. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 32-33
  3. no 118 in Catalogue : La Route de la soie: Un voyage à travers la vie et la mort, Fonds Mercator, Bruxelles, 2009. ISBN 978-906153-892-9. : Zhao Feng (citation p. 151) : "Tapisserie extrêmement serrée à reflets irisés pour rendre les ombres sur le corps du centaure".
  4. Fan Jinshi; Photogr. : Zhang Weiwen 2007, p. 101
  5. Les Ouïgours au vingtième siècle
  6. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 137
  7. Corinne Debaine-Francfort (Dir. publ.), Idriss Abduressul. (Dir. publ.) et Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang 2001, p. 156
  8. Article de Henri-Paul Francfort : Des cousins des Scythes in Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 156-157
  9. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 135
  10. Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 177
  11. Article de Corinne Debaine-Francfort et Idriss Abduressul : Djoumboulat Koum, une cité fortifiée in : Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 128
  12. Conférenciers invités Les quatre phases de la religion mazdéenne , Albert de Jong, Collège de France 2007-2008. Voir aussi : [2] sur Clio : Le mazdéisme, la religion des mages, Jean-Paul Roux, 2000.
  13. Article de Henri-Paul Francfort, Abduressul Idriss et Zhang Yuzhong : Pratiques funéraires in Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan 2001, p. 137-143
  14. (en) site du NTI (Nuclear Threat Initiative).
  15. (en) « The undeclared nuclear War in Eastern Turkestan », SOTA - Research Centre for Turkestan and Azerbaijan (consulté le 9 septembre 2007)
  16. (en) Lop Nur, in Encyclopædia Britannica (en ligne, 2009) : « The Lop Nur area has not been permanently inhabited since about 1920, when Uighur bands fled the basin after a plague killed many of them. »
  17. Collectif, Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1998, p. 614
  18. Claire BRIERE-BLANCHET, Voyage au bout de la révolution. De Pékin à Sochaux, p. 16.
  19. (en) Remember the Gulja massacre? China’s crackdown on peaceful protesters, Amnesty International, 17 février 2007.
  20. (en) Gross Violations of Human Rights in the Xinjiang Uighur Autonomous Region, Amnesty International, Avril 1999.
  21. Craintes d’exécutuions imminentes, Amnesty International, 15 septembre 2004
  22. (en) Bates Gill, Rising Star: China's New Security Diplomacy, p. 64
  23. Attentat au Xinjiang : la Chine en alerte à trois jours des JO
  24. Nouvel attentat au Xinjiang contre un poste de police
  25. Chine : un kamikaze se fait exploser et blesse deux personnes. Le Monde, 2 Avril 2009
  26. Chine: 140 morts dans la pire flambée de violence depuis des décennies Dépêche AFP de Dan MARTIN datée du 6 juillet 2009
  27. Des émeutes font 140 morts Dépêche Radio Canada datée du 6 juillet 2009
  28. Au Xinjiang chinois, nouveau carnage par des présumés Ouïghours Libération, 27 juin 2013
  29. Pékin impute les troubles au Xinjiang à une "attaque terroriste" Le Monde, 28 juin 2013
  30. Xinjiang: le bilan de l’émeute s’alourdit, la région sous tension Libération, 28 juin 2013
  31. Émeutes au Xinjiang : le bilan s'élève à 35 morts Radio Canada, 28 juin 2013
  32. La répression religieuse au Xinjiang nourrit la colère des Ouïgours Le Monde, 3 mai 2013
  33. Mesny, William. (1899). Mesny's Chinese Miscellany. Vol. III, p. 386. August 5th, 1899. Shanghai.
  34. (en) Alain Charles, The China Business Handbook,‎ 2005, 8e éd. (ISBN 9780951251287)
  35. (en) « Work on free trade zone on the agenda », People's Daily Online,‎ 2 November 2004 (lire en ligne)

Articles de l'Internet[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Xinjiang Contemporain.
  1. Corps de construction et de production du Xinjiang
  2. Mouvement d'indépendance du Turkestan oriental
  • Histoire du Xinjiang.
  1. Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang
  2. Xuanzang
  3. Route de la Soie
  4. Tianshanbeilu (site de l'âge du bronze) (vers 2000-1550 AEC)
  5. Liste des sites de l’âge du bronze en Chine

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Histoire et société moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

  • M.-R. Djalili et T. Kellner, Géopolitique de la nouvelle Asie centrale, De la fin de l'URSS à l'après-11 septembre, Paris, PUF, 2003, 585p. Thierry Kellner est un spécialiste des relations entre la République populaire de Chine et les Républiques d'Asie centrale
  • F.J. Besson, Les Ouïgours au XXIe siècle, Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, no 25, 1998.
  • Castets Remi, « The Uyghurs in Xinjiang. The Malaise Grows » in China Perspectives, no 49, septembre-octobre 2003, p. 34–48.
  • Castets Remi, « Nationalisme, islam et opposition politique chez les Ouïgours du Xinjiang » in Les Études du CERI, octobre 2004, no 110, 45 pages.
  • Dru C. Gladney, L’Expansion du colonialisme intérieur en Chine, Pouvoirs, 1996, p. 59–69
  • "Emeutes au Xinjiang et guerre de l'information chinoise", dans "Cyberguerre et guerre de l'information. Stratégies, règles, enjeux", de Daniel Ventre (2010, éditions Hermès Lavoisier, 320 pages, ISBN 978-2-7462-3004-0).
  • "Ma Chine. Route de la Soie, Tibet, Hongkong à vélo", de François Picard (2008, éditions Artisans-Voyageurs). Le journaliste cycliste décrypte les problématiques régionales.
  • (en) Janet Harvey, Traditional textiles of Central Asia., New-York, Thames & Hudson,‎ 1996, 160 p. (ISBN 0-500-01670-4).

Histoire et société ancienne, art ancien[modifier | modifier le code]

Site de la vallée du fleuve Keriya
  • Gilles Béghin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions,‎ 2009, 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5) Le bassin du Tarim fait l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée, pages 227-245.
  • Pierre Cambon, dir., Afghanistan : une histoire millénaire  : exposition, Barcelone, Centre culturel de la Fundacion "la Caixa" 2001, Musée Guimet, 2002, France, Espagne, Réunion des musées nationaux,‎ 2002, 205 p. (ISBN 2-7118-4413-7) Nombreux articles, entre autres sur Le Kafiristan ou les descendants d'Alexandre, la Bactriane, L'art Kouchan, Hadda, Bamiyan, L'Afghanistan et le Turkestan chinois (Xinjiang).
  • (fr) et (zh) Corinne Debaine-Francfort (Dir. publ.), Idriss, Abduressul. (Dir. publ.) et Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang, Keriya, mémoires d'un fleuve : Archéologie et civilisation des oasis du Taklamakan, Éditions Findakly,‎ 2001, 245 p. (ISBN 2-86805-094-8) : Cette exposition évoque une aire culturelle comparée avec le monde des steppes des Scythes de la Sibérie du Sud et du Kazakhstan, l'empire kouchan et le Gandhara, sur la période allant du Ve siècle av. J.-C. au VIe siècle ap. J.-C.. L'exposition présente l'étude de textiles antiques (Ve - IIIe avant notre ère), relevés , enre autres, sur des momies peintes et tatouées. Ces textiles se sont plutôt bien conservés, ont été restaurés avec le plus grand soin, ils sont divers et d'exceptionnelle qualité, parfois d'une grande finesse (100 trames au cm2). L'exposition documente aussi le plus ancien sanctuaire bouddhique (première moitié du IIIe siècle de notre ère) du Xinjiang, en matériaux présumés périssables mais qui ont survécu dans le cadre désertique, avec ses décors peints réalisés à main levée d'un trait rapide et juste. Tandis que les figures des buddha ont des traits indianisés, le décor et le traitement des vêtements sont le fruit d'un métissage culturel. L'exposition apporte des témoins d'échanges avec le sous-continent indien ancien, la Bactriane et le monde hellénistique, et la Chine ancienne sur la route de la soie. La continuité avec certaines pratiques actuelles au Xinjiang ouïgour est relevée. Les processus de désertification, l'architecture, la vie domestique et la musique ouïgoures (du Turkestan chinois) font l'objet d'articles illustrés (photographies et poèmes) qui situent l'enquête archéologique précisément. Bibliographie.
  • Jacques Giès, Sérinde, terre de Bouddha : Exposition. Paris Galeries nationales du Grand Palais. 1995-1996, Réunion des musées nationaux,‎ 1995, 430 p. (ISBN 2-7118-3068-3)
  • Photogr. : Reza ; Texte : Jacques Giès, Laure Feugère, André Coutin, Le pinceau de Bouddha, Paris, La Martinière,‎ 2002, 167 p. (ISBN 2-7324-2741-1) Peintures (Ve - VIIe siècles) du royaume de Kucha. Grottes de Kizil, au cœur de la Sérinde sur la route de la soie. Présentation d'ensemble et étude de la pratique picturale.
  • Fan Jinshi; Photogr. : Zhang Weiwen, Les œuvres remarquables de l'art de Dunhuang, Chine, inconnu,‎ 2007, 128 p. (ISBN 978-7-80069-775-3) Bon aperçu photographique pour des comparaisons avec les grottes du Xinjiang.
  • Loubes, Jean-Paul et Cartier, Michel, Architecture et urbanisme de Turfan : une oasis du Turkestan chinois, Paris, l'Harmattan,‎ 1998, 433 p. (ISBN 2-7384-6452-1)
  • Judy Bonavia (trad. Matthieu Salem), Route de la soie - de Xi'an à Kashgar sur les traces des caravanes, Genève, Guides Olizane,‎ 2002 (ISBN 2-88086-281-7) p. 226–231
  • Louis Hambis, Monique Maillard, Krishna Riboud, Simone Gaulier, Robert Jera-Bezard et Laure Feugère, L'Asie Centrale, histoire et civilisation, Paris, Imprimerie Nationale,‎ 1977, 271 p..
  • Mario Bussagli (trad. Isabelle Robinet), La peinture de l'Asie centrale. De l'Afghanistan au Sinkiang, Genève et Paris, Skira et Flammarion,‎ 1978, 135 p. Première édition Skira 1963.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Le mystère des momies  : Les momies du désert du Taklamakan, un reportage d'ARTE VOD, 2003, sur la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang conduite par Corinne Debaine-Francfort et Idriss Abduressul.