Hépatite

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Hepatite
Classification et ressources externes
Alcoholic hepatitis.jpg
Hépatite alcoolique avec stéatose, nécrose cellulaire et corps de Mallory
CIM-10 K75.9
CIM-9 573.3
DiseasesDB 20061
MeSH D006505
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale
Virus de l'hépatite A
Hépatite due à l'alcool

L’hépatite désigne toute inflammation aiguë ou chronique du foie. Les formes les plus connues étant les formes virales (notées de A à G) et alcoolique. Mais l'hépatite peut aussi être due à certains médicaments, un trouble du système immunitaire de l'organisme. L'hépatite est dite aiguë lors du contact de l'organisme avec le virus et chronique lorsqu'elle persiste au-delà de 6 mois après le début de l'infection. L'hépatite peut évoluer ou non vers une forme grave ou fulminante, une cirrhose ou un cancer.

L'hépatite grave peut mener à la destruction du foie et, sauf transplantation hépatique, à la mort.

Sommaire

Signes et symptômes [modifier]

La grande majorité des hépatites est asymptomatique c’est-à-dire ne présente aucun symptôme. Cependant, il existe des symptômes qui ne sont pas spécifiques tels que la fatigue, les nausées, la fièvre, la perte d'appétit, les maux de tête, les urines foncées, les douleurs ostéoarticulaires. La jaunisse (ictère) est caractéristique de cette maladie mais elle n'est pas spécifique.

Types d’hépatite selon l'aspect lésionnel [modifier]

Types d’hépatite selon la cause [modifier]

Virale [modifier]

Les hépatites virales sont les hépatites A, B, C, D, E, G et H. Une hépatite F pourrait exister, mais les recherches n'ont pas abouti à l'heure actuelle.

Article détaillé : Hépatite virale.

Hépatite alcoolique [modifier]

Article détaillé : Hépatite alcoolique aiguë.

Hépatite médicamenteuse [modifier]

Une fois dans le sang, les médicaments passent par le foie qui les métabolise et permet leur évacuation par les voies naturelles. Parfois, c'est ce passage hépatique qui active le médicament. Néanmoins, l'abus de certains médicaments peut conduire à une dégradation de l'état du foie et à une hépatite. Le paracétamol, par exemple, a une toxicité hépatique connue.

Autres toxines causant une hépatite [modifier]

  • Amanite phalloïde
  • Solvants (tétrachloroéthylène, chloroforme)

Troubles métaboliques [modifier]

Choléstatique [modifier]

Auto-immune [modifier]

L’hépatite auto-immune est une maladie inflammatoire chronique du foie caractérisée par la présence d’auto-anticorps. La présence anormale de HLA II (Human Leucocyte Antigen) à la surface des hépatocytes (cellules du foie) entraîne une attaque des anticorps contre le foie : c’est l’hépatite auto-immune. Cette maladie peut évoluer vers la cirrhose. On peut distinguer 2 types d’hépatite auto-immune : l’hépatite de type 1 caractérisée par la présence d’anticorps anti-muscle lisse (dirigé contre l’actine) et anti-nucléaire et l’hépatite de type 2 caractérisée par la présence d’anticorps dirigés contre le réticulum endoplasmique (anticorps anti-liver microsome ou LKM et anticorps anti-liver cytosol). Pour la traiter, on prescrit des corticoïdes qui sont efficaces dans 85 % des cas environ. On peut prescrire également des immuno-suppresseurs tels que l'azathioprine ou la ciclosporine. Si tout cela ne fonctionne pas, une transplantation peut être envisagée.

Déficience en alpha 1-antitrypsine [modifier]

Le déficit en alpha 1-antitrypsine est une maladie génétique.

Article détaillé : Déficit en alpha 1-antitrypsine.

Stéatohépatite non-alcoolique [modifier]

{{La stéato-hépatite non alcoolique est une surcharge en graisse du foie. C’est une maladie le plus souvent asymptomatique mais dont la prévalence est actuellement en augmentation en raison du surpoids de plus en plus fréquent. Le problème est une évolution possible, dans un faible nombre de cas, vers une cirrhose, confirmant l’intérêt de son diagnostic. La stéato-hépatite non alcoolique est très souvent citée dans la littérature française sous le terme anglais de NASH, représentant l’abréviation pour non alcoholic steatohepatitis. Sa prévalence est actuellement croissante en raison de l’augmentation de l’incidence du surpoids et des conditions pathologiques qui s’y associent. Elle pourrait expliquer 16 à 32 % des cytolyses inexpliquées. Elle peut évoluer vers la cirrhose et pourrait être ainsi la principale cause des cirrhoses dites cryptogénétiques, confirmant l’intérêt de son diagnostic.

La stéato-hépatite non alcoolique (NASH) est dans 70 % des cas totalement asymptomatique. Une hépatomégalie de découverte fortuite est possible. Dans 30 % des cas, il existe une asthénie ainsi qu’une douleur de l’hypochondre droit à la palpation. Cette douleur est secondaire à la mise en tension de la capsule de Glisson par la constitution rapide de la stéatose. On constate habituellement une augmentation de l’activité des aminotransférases aux alentours de 2 à 3 fois la limite supérieure de la normale avec une concentration d’ALAT supérieure à celle de l’ASAT. L’activité de la GGT sérique est fréquemment augmentée. L’activité des phosphatases alcalines est normale ou peu augmentée. La bilirubinémie est normale. Il existe des anomalies métaboliques liées à la cause : hyperglycémie ou intolérance au glucose, hypertriglycéridémie, hypercholestérolémie, hyperuricémie et hyperferritinémie. La saturation de la transferrine est également augmentée de façon modérée, entre 40 et 50 %. L’échographie peut montrer la présence d’une stéatose qui s’accompagne souvent d’un aspect hyperéchogène.

Le diagnostic différentiel repose sur les atteintes hépatiques alcooliques (intérêt dans ce contexte du dosage du CDT), les hépatites virales B et C, l’hémochromatose (intérêt des tests génétiques : mutations C282Y et H63D). il concerne plus exceptionnellement la maladie de Wilson, le déficit en alpha-antitrypsine et les hépatites autoimmunes.

L’étiologie des NASH repose sur les trois troubles métaboliques et nutritionnels qui sont le plus souvent associés : l’obèsité, le diabète mal contrôlé, en général non-insulino-dépendant de type 2, et l’hypertriglycéridémie. Plus rarement les NASH sont secondaires à une nutrition parentérale totale ou à une opération chirurgicale aboutissant à une dénutrition (gastroplastie, résection étendue du grêle ou lors de la prise prolongée de tamoxifène).

La ponction biopsie hépatique est recommandée lorsqu’il s’agit d’un malade de plus de 50 ans avec une activité des aminotransférases supérieures à 1,5 fois la normale de façon prolongée et qui possède des facteurs de risque tels qu’une obésité franche avec un indice de poids corporel supérieur à 28 kg/m2 ou une hypertriglycéridémie ou un diabète associé ou un rapport ASAT/ALAT supérieur à 1. En effet, une fibrose peut apparaître au bout de plusieurs années. }}

Hépatite chronique [modifier]

Microscopie [modifier]

Une hépatite chronique est une pathologie nécrotico-inflammatoire du foie, de sévérité variée, excluant les maladies biliaires (cholangiopathies), la maladie alcoolique (hépatopathie alcoolique) et les stéato-hépatites.

Classification [modifier]

Cette classification utilise les lésions élémentaires:

Les termes anciens d'« hépatite chronique persistante » et « hépatite chronique agressive » ont été abandonnés. Ils ont été remplacés à partir de 1981, de façon progressive par le score de Knodell, puis, en 1994, par le score Metavir (ou Index Metavir), établi par des anatomopathologistes français. Il semblait en effet que les nombreux paramètres nécessaires au score de Knodell ne pouvaient pas toujours être obtenus, en particulier sur des biopsies de petites tailles comportant peu d’espaces portes.

Chez l’animal [modifier]

Diverses formes, sporadiques ou infectieuses sont connues chez les animaux. Parmi les hépatites non infectieuses, on citera l’hépatite aiguë diffuse ou parenchymateuse (qui peut cependant être due à une infection) et l’hépatite suppurée ou abcès du foie, souvent sous la dépendance d’un corps étranger. Les hépatites chroniques ou cirrhoses se divisent chez les animaux en cirrhose hématogène, cirrhose biliaire et cirrhose cardiaque, selon l’origine pathogénique.

Annexes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie [modifier]

  • Christian Trépo, Philippe Merle, Fabien Zoulim : Hépatites virales B et C , (Pour professionnels, patients et entourage), Ed.: John Libbey Eurotext, 2006, Coll.: Pathologie science formation, ISBN 2-7420-0604-4

Liens externes [modifier]