Église grecque-catholique melkite

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Église grecque-catholique melkite
Nom local كنيسة الروم الكاثوليك
Fondateur(s) Saint Pierre Apôtre
Union à Rome 1724
Primat actuel Patriarche Grégoire III Laham
Siège Damas, Syrie
Territoire primaire Proche-Orient
Rite byzantin
Langue(s) liturgique(s) grec arabe
Tradition musicale Psaltique
Calendrier grégorien depuis 1857
Population estimée 1 350 000 (2005)

L'Église grecque-catholique melkite, Église grecque-melkite catholique ou Église catholique melkite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melkites, avec résidence à Damas en Syrie (titulaire actuel : Sa Béatitude Grégoire III Laham depuis 2000).

Le titre de patriarche d'Antioche est également porté par quatre autres chefs d'Église.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Melkites sont des Chrétiens de rite byzantin ayant rejoint l'Église catholique en 1724. L'histoire des Melkites remonte au Concile de Chalcédoine, et est tout à fait singulière. Contrairement aux autres Églises de la région qui vont soutenir le Monophysisme (Coptes, Syriaques), les Melkites vont soutenir les décisions du Concile, et vont rejeter l'hérésie monophysite, ce qui leur vaudra l'appellation péjorative à l'époque de Melkites (Malka, en syrien, veut dire « Empereur », ce qui était une façon de stigmatiser leur soutien à l'Empire byzantin, l'Empereur byzantin Marcien ayant lui-même convoqué le Concile de Chalcédoine). Les Melkites sont historiquement rattachés à deux Patriarcats, ceux d'Antioche et de Jérusalem. Des contacts réguliers ont lieu entre les Melkites et les missionnaires catholiques (Dominicains, Franciscains), établis en Terre Sainte bien avant l'union de Florence.On rapporte que des ecclésiastiques Melkites prennent très tôt le parti de Rome et certains d'entre eux font déjà mention du nom du Pape lors des offices en 1440. Néanmoins la majorité des Melkites refuse l'union de Florence, qui est abandonnée.

La question romaine revient au XVIIIe siècle. Les ecclésiastiques catholiques tentent d'attirer les Melkites dans le giron de Rome, en s'impliquant cette fois dans les affaires de l'Église. Des missionnaires catholiques font un prosélytisme actif, aussi bien auprès des clercs que des fidèles. Les Melkites se scindent alors progressivement en deux groupes. D'une part ceux qui sont favorables à la pleine communion avec Rome et qui sont prêts à adopter sa théologie propre, d'autre part ceux qui rejettent la communion avec Rome et s'opposent au changement de la foi ancestrale qu'on veut leur imposer.

Suite à la mort du Patriarche Athanase en 1724, la rupture est consommée : les Melkites favorables à Rome se rattachent officiellement au Pape devenant l'Église grecque-catholique melkite, ceux qui rejettent Rome vont demeurer fidèles au Patriarcat orthodoxe d'Antioche en communion avec le Patriarcat de Constantinople. Cyrille VI Tanas est reconnu Patriarche de l'Église grecque-catholique melkite par le pape Benoît XIII en 1744.

Par la constitution « Demandatam coelitus humilitati nostrae » du 24 décembre 1743, le pape Benoît XIV interdit la latinisation des rites. Le 25 juillet 1772, par la constitution apostolique « Orientalium Dignitas », du pape Clément XIV, le patriarche d’Antioche devient « administrateur apostolique d’Alexandrie et Jérusalem » pour les melkites. En 1851, le pape Pie IX reconnait au Patriarche Maxime III Mazloum le titre de « Patriarche d'Alexandrie et de la terre d'Égypte, d'Antioche et de tout l'Orient, de Jérusalem et de toute la Palestine ».

L'Église melkite catholique va toujours être soucieuse de son indépendance et de la conservation de ses rites, ce que le Pape Léon XIII reconnaît et garantit par l'encyclique Orientalium Dignitas du 30 novembre 1894.

Organisation[modifier | modifier le code]

En 2009, Les melkites représentent la deuxième communauté catholique d'orient, elle compte 1,3 million de fidèles dans le monde dont 700 000 au Proche-Orient. Essentiellement originaires de Syrie, du Liban et de Palestine, les melkites sont présents dans tous les pays du Levant  : au Liban : 425 000 fidèles, en Syrie : 170 000, en Jordanie : 30 000, en Palestine : 54 000 et également en Égypte : 6 500 (issus de l'immigration des melkites de Syrie et du Liban au 19e siècle, leur nombre a considérablement chuté dans les années 50-60 sous le régime nassérien; la communauté melkite d'Egypte était estimée à 40 000 personnes au début du 20e siècle). Une importante diaspora vit au Brésil et en France ainsi qu'au Canada.

Siège patriarcal[modifier | modifier le code]

Le siège patriarcal de l'Église grecque-catholique se situe à Damas (Bab Charki) où Sa Béatitude le Patriarche Grégoire III réside, mais il dispose également d'une résidence secondaire à Raboueh, au Liban. Il séjourne aussi dans les deux autres patriarcats de Jérusalem et d'Alexandrie.

Patriarche[modifier | modifier le code]

Le titre complet du patriarche est :

« Patriarche des grandes villes d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem, de la Cilicie, de la Syrie, de l'Ibérie, de l'Arabie, de la Mésopotamie, de la Pentapole, de l'Éthiopie, de toute l'Égypte et de tout l'Orient, Père des pères, Pasteur des pasteurs, Pontife des pontifes, treizième des saints apôtres »

Il existe également une formule plus courte :

« Patriarche d'Alexandrie et de la terre d'Égypte, d'Antioche et de tout l'Orient, de Jérusalem et de toute la Palestine »

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Liban

Église Saint-Paul à Harissa

Syrie

Reste de Moyen-Orient

Église Sts-Pierre-et-Paul à Ottawa (Canada)

Amérique

Europe

Océanie

Instituts religieux[modifier | modifier le code]

Église de l'Annonciation, Jérusalem

Congrégations masculines[modifier | modifier le code]

Congrégations religieuses féminines[modifier | modifier le code]

  • La congrégation des Sœurs Basiliennes Salvatoriennes,
  • La congrétation des Sœurs Basiliennes Chouérites,
  • La congrégation des Sœurs Basiliennes Alépines,
  • La congrégation Missionnaire de N.D du Perpétuel Secours,
  • La congrégation des religieuses de N.D du Bon Service,
  • Le Carmel de la Théotokos et de l'Unité.

Communautés nouvelles[modifier | modifier le code]

L'Église grecque-catholique melkite comporte une communauté nouvelle issue du renouveau charismatique à l'occasion du IIe concile œcuménique du Vatican. Il s'agit de la Fraternité des Douze Apôtres établie à Bruxelles en Belgique. Il s'agit d'une scission de la Communauté de la Théophanie[1].

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

L'Église est membre du Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cyrille Charon, Histoire des Patriarcats Melkites (Alexandrie, Antioche, Jérusalem) depuis le schisme monophysite du sixième siècle jusqu'à nos jours, Geuthner, Paris, 1910.
  • Ignace Dick, Les Melkites, Brepols (col. Fils d'Abraham), Turnhout, 1994
  • Jean-Claude Roberti, les Uniates, Cerf, 1992, (ISBN 2-204-04555-1)
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642)
  • Charles de Clercq, Conciles des Orientaux catholiques, in Histoires des Conciles d’après les documents originaux, Librairie Letouzey et Ané, Paris, 1949 et 1952.

Liens externes[modifier | modifier le code]