Organisation mondiale de la santé

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Organisation mondiale de la Santé
World Health Organization
منظمة الصحة العالمية
世界卫生组织
Всемирная организация здравоохранения
Organización Mundial de la Salud
Image illustrative de l'article Organisation mondiale de la santé
Organe de l'ONU
Type d'organisation Agence spécialisée de l'ONU
Acronymes OMS (WHO)
Chef Drapeau de la République populaire de Chine Drapeau : Hong Kong Dr Margaret Chan
Statut Active
Siège Drapeau de la Suisse Genève, Suisse
Création 7 avril 1948
Site web http://www.who.int/fr
Organisation(s) parent Conseil économique et social des Nations unies

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), est une institution spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour la santé publique. Cette organisation dépend directement du Conseil économique et social des Nations unies et son siège se situe à Genève, en Suisse, sur la commune de Pregny-Chambésy[1].

Selon sa constitution, l'OMS a pour objectif d'amener tous les peuples du monde au niveau de santé le plus élevé possible, la santé étant définie dans ce même document comme un « état de complet bien-être physique, mental et social et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Sa directrice générale actuelle est le Dr Margaret Chan depuis le 4 janvier 2007.

Sommaire

Histoire[modifier]

Précédents[modifier]

L'Organisation mondiale de la santé a été fondée le 7 avril 1948, l'OMS a été précédée par différents organismes et accords internationaux.

Vers 1850 d'abord, différentes dispositions sont prises afin d'harmoniser les mesures de quarantaines alors principalement destinées à prémunir les États européens contre la peste.

À partir de 1851, des conférences sanitaires internationales peinent à aboutir à des accords. Concernant la peste, le choléra et la fièvre jaune toutefois, des Conventions sanitaires internationales sont signées.

En 1907, est créé à Paris « l'Office international d'Hygiène publique » (OIHP), doté d'un secrétariat permanent et d'un « comité permanent ». Ce comité organise plusieurs conférences, dont celle de 1926 qui adopte une Convention sanitaire internationale contenant pour la première fois des dispositions relatives à la variole et au typhus.

À la fin de la Première Guerre mondiale, les États-Unis s'opposent à ce que l'OIHP passe sous le contrôle de la toute nouvelle Société des Nations (SDN). Jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, deux organismes sanitaires internationaux coexisteront donc en Europe, l'OIHP et l'Organisation d'Hygiène de la Société des Nations tandis que de l'autre côté de l'Atlantique, l'Organisation sanitaire panaméricaine constituera un troisième organisme international de santé[2].

La grippe espagnole de 1918-1919, qui fit 50 millions de morts (cinq fois plus de victimes que la Première Guerre mondiale[3]), poussa la Société des Nations (SDN) à créer le « comité d'hygiène » de la SDN, considéré comme l'ancêtre de l'OMS. Dominé par la France et le Royaume-Uni, la surveillance sanitaire du Comité couvre, à la fin des années 1920, 70 % du globe[4].

1948 : création de l'OMS[modifier]

L'Organisation mondiale de la santé a été fondée le 7 avril 1948

L’OMS a déclaré en 1980 que la variole avait été éradiquée le 26 octobre 1977 (date du dernier cas connu en Somalie, un cuisinier hospitalier[5]). Selon l'OMS, elle a été totalement éradiquée grâce à plus de 2 décennies d'actions de l'OMS combinant des campagnes de vaccination massive et une « stratégie de surveillance et d'endiguement ».

Années 1980 : traversée du désert[modifier]

Dans les années 1980, l'OMS connut une certaine « traversée du désert » en raison de choix contestables (quasi-démantèlement du Bureau sur la tuberculose) et de l'hostilité de certains pays (États-Unis, Royaume-Uni) opposés à ce qu'ils considéraient comme une politique coûteuse[4]. Des fondations privées, ainsi que la Banque mondiale, s'étaient alors chargées des enjeux sanitaires mondiaux[4].

Années 1990 : seconde naissance[modifier]

Lion Murard parle d'une « une sorte de seconde naissance » de l'OMS[6]. En effet, l'OMS a alors créé la Division des maladies transmissibles (1996), le Global Outbreak Alert and Response Network (2001) chargé de signaler à Genève « tous les événements susceptibles de donner lieu à des urgences sanitaires de portée internationale » et non plus seulement les occurrences des trois pathologies quarantenaires traditionnelles : peste, fièvre jaune et choléra, et promulgué un nouveau Règlement sanitaire international (adopté en 2005) qui dépossède les gouvernements de leur droit de veto sur le renseignement épidémiologique[4].

Selon l'historien Patrick Zylberman, ce retour de l'OMS s'explique largement par des ré-émergences épidémiques telles que celle du sida, de la tuberculose (en 1985-91 à New York), de la peste (en Inde en 1994), de l'Ébola (au Zaïre en 1996), etc[4].

L'OMS lance une alerte globale le 12 mars 2003 concernant les déplacements à destination de l'Asie et du Canada, sans y avoir été préalablement autorisé par les États, en raison de l'épidémie de SRAS, et s'oppose à la Chine concernant les statistiques et le développement de l'épidémie[4].

En raison du décès soudain de son directeur général, Lee Jong-wook, le 22 mai 2006, l'intérim de la direction est assuré par Anders Nordström, jusqu'à l'élection de son successeur, le Dr Margaret Chan, le 8 novembre 2006.

Composition[modifier]

Siège de l'Organisation mondiale de la santé, à Genève
Les zones régionales de l'OMS
La Directrice de l'OMS Margaret Chan avec Bill Gates à l'Assemblée mondiale de la santé de 2011

L'Organisation mondiale de la santé s'articule en deux séries de structures :

Siège à Genève[modifier]

L'OMS est dirigée par 197 États membres[7], réunis à l'Assemblée mondiale de la santé. Cette assemblée, composée des délégués représentant les États membres, a pour fonctions principales d'approuver le budget programme de l'OMS pour l'exercice biennal suivant et de statuer sur les grandes orientations politiques de l'Organisation. Cette assemblée vote à la majorité des deux tiers des conventions internationales sur la santé.

Les règlements sont votés par l'Assemblée mondiale de la santé à la majorité simple et ils entreront en vigueur pour tous les états membres sauf si ceux-ci refusent ou émettent des réserves dans les délais prescrits pour la notification.

Le Conseil exécutif est l'organe chargé d'administrer l'OMS. Ses 34 membres sont élus intuitu personae pour trois ans par l'Assemblée et le Conseil se réunit au moins deux fois par an. Ses principales fonctions sont d'appliquer les décisions et les directives de l'Assemblée mondiale de la santé et de lui indiquer des orientations.

Le Secrétariat est dirigé par le directeur général, nommé par les États membres pour une période de cinq ans, sur proposition du Conseil exécutif. Le personnel du Secrétariat de l'OMS se compose de professionnels de la santé, d'autres spécialistes ou experts et d'un personnel administratif travaillant au Siège à Genève, dans les six bureaux régionaux et dans les pays.

En 2005, le total de ses effectifs étaient 3 996 agents dont 1 549 administrateurs. Le Budget biennal de l’OMS était de 3,3 milliards de dollars pour les deux années 2006-2007[8].

Bureaux régionaux[modifier]

Ils ont pour but de tenir compte des problèmes sanitaires propres à certaines régions du monde.

Région Siège Pays et régions concernés Sigle
Asie du Sud-Est New Delhi Inde Bangladesh, Bhoutan, Birmanie, Corée du Nord, Inde, Indonésie, Maldives, Népal, Sri Lanka, Thaïlande, Timor oriental SEARO
Méditerranée orientale Le Caire depuis 2000 Égypte Afghanistan, Arabie saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Irak, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Oman, Pakistan, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie, Yémen EMRO
Alexandrie avant 2000
Pacifique occidental Manille Philippines Australie, Brunei, Cambodge, Chine, Îles Cook, Corée du Sud, Fidji, Guam, Hong Kong, Japon, Kiribati, Laos, Macao, Malaisie, Îles Mariannes du Nord, Îles Marshall, Micronésie, Mongolie, Nauru, Niue, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Palaos, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Îles Pitcairn, Philippines, Polynésie française, Salomon, Samoa, Samoa américaines, Singapour, Tokelau, Tonga, Tuvalu, Vanuatu, Viêt Nam, Wallis-et-Futuna WPRO
Amériques Washington États-Unis Antilles néerlandaises, Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Argentine, Aruba, Bahamas, Barbade, Belize, Bermudes, Bolivie, Brésil, Îles Caïmans, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Dominique, République dominicaine, Équateur, États-Unis, Grenade, Guadeloupe, Guyana, Guyane, Haïti, Honduras, Jamaïque, Martinique, Mexique, Montserrat, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Porto Rico, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Salvador, Suriname, Trinité-et-Tobago, Îles Turques-et-Caïques, Uruguay, Îles Vierges AMRO ou PAHO (Pan American Health Organisation), en français OPS (Organisation panaméricaine de la santé)
Afrique Brazzaville République du Congo Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République centrafricaine, Comores, République du Congo, République démocratique du Congo, Côte d'Ivoire, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée équatoriale, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Île Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie, Zimbabwe AFRO
Europe Copenhague Danemark Albanie, Allemagne, Andorre, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tadjikistan, République tchèque, Turkménistan, Turquie, Ukraine, Royaume-Uni, Ouzbékistan EURO

Directeurs généraux[modifier]

Nom Pays Date du mandat Image
Brock Chisholm Drapeau du Canada Canada 1948-1953
Marcolino Gomes Candau Drapeau du Brésil Brésil 1953-1973
Halfdan T. Mahler Drapeau du Danemark Danemark 1973-1988 Halfdan Mahler by Erling Mandelmann.jpg
Hiroshi Nakajima Drapeau du Japon Japon 1988-1998
Gro Harlem Brundtland Drapeau de la Norvège Norvège 1998-2003 Gro Harlem Brundtland 2009.jpg
Lee Jong-wook Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 2003-2006 WHO.JongWook-Lee.01.jpg
Anders Nordström Drapeau de la Suède Suède 2006-2007
Margaret Chan Drapeau de la République populaire de Chine Chine Depuis 2007 Margaret Chan.jpg

Actions[modifier]

Voici les grands domaines d’activité de l’OMS, avec quelques exemples :

  • Mesures sanitaires : prendre des mesures pour arrêter une épidémie et mesures sanitaires en cas de voyages internationaux (comme la vaccination). L’OMS a déclaré en 1980 que la variole avait été éradiquée, après plus de 2 décennies d'efforts dans la lutte contre cette maladie (c'est la première maladie de l’histoire à avoir été éradiquée par un effort humain). L’OMS est proche du succès dans le développement de vaccins contre le paludisme et la bilharziose, et a pour but d’éradiquer la poliomyélite dans les prochaines années.
  • Assistance aux PMA (Pays les moins avancés) : vaccination contre les grandes maladies infectieuses, approvisionnement en eau potable, élimination des déchets, protection maternelle et éradication de certaines maladies.
  • Recherche :
  • Un programme global de lutte contre le sida, impliqué de diverses manières (accès aux soins, recherche, surveillance épidémiologique, etc.) : le HIV/AIDS Programme[10],[11]
  • Garantir l'accès à des médicaments de bonne qualité, sécurité, efficacité, grâce au programme de Préqualification de médicaments. L'OMS préqualifie les médicaments de laboratoires demandeurs, pour que les institutions telles que l'UNICEF ou la PAHO puissent acheter ces médicaments en toute sécurité lors d'appels d'offres internationaux, en particularité pour des pays en développement qui ne peuvent assurer l'évaluation de ces médicaments par leurs propres moyens.
  • Fournir un appui technique aux États Membres et responsables de la santé à renforcer les systèmes de santé pour offrir à tous des services adéquats et équitables. L'OMS relève ce défi en s’appuyant sur un cadre d’action unique composé de six éléments essentiels[12] et le développement d'outils techniques en matière de suivi et d'évaluation des systèmes de santé[13] et des personnels de santé[14], destinés à obtenir des résultats.
  • Recueillir et disséminer des données sanitaires des 193 États Membres de l’OMS[15],[16].
  • Avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'OMS édite le Codex alimentarius

En plus de son travail d’éradication des maladies, l’OMS effectue diverses campagnes liées à la santé – par exemple, pour l’augmentation de la consommation de fruits et légumes dans le monde, et pour diminuer l’usage du tabac.

L'OMS - Europe a créé la Semaine européenne de la vaccination.

L’OMS conduit des recherches sur, par exemple, le fait de savoir si les champs électromagnétiques émanant des téléphones portables ont une influence négative sur la santé.

L'OMS compte un de ses membres dans le Conseil d'administration du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, ou Fonds mondial.

Financement[modifier]

L'OMS est financée par des contributions des États membres et d'autres donneurs. Ces dernières années, l'OMS a multiplié les collaborations avec des organisations non étatiques: elle est actuellement en partenariat avec près de 80 groupes (ONG, industrie pharmaceutique et fondations caritatives telles que la Fondation Bill-et-Melinda-Gates et la Fondation Rockefeller). Actuellement, les contributions à l'OMS provenant des gouvernements nationaux et régionaux, des fondations et ONG, d'autres organisations de l'ONU, et du secteur privé, excède celui des contributions évaluées (dues) provenant des 193 États membres[17].

Critiques[modifier]

Collusion ou conflit d'intérêt avec l'AIEA[modifier]

Manifestation pour demander la révision de l'accord avec l'AIEA (Genève, 26 avril 2007)
Selon Michel Fernex, médecin tropicaliste, ancien membre de l'OMS, à propos de l'appréciation des conséquences de Tchernobyl et Fukushima : « Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l’OMS n’en a pas fait. L’OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l’AIEA »[18]

Depuis près de 20 ans, une controverse porte sur un accord liant l'OMS et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cet accord est entré en vigueur via la « résolution WHA12.40 » signée le 28 mai 1959[19]. Il a comme particularité d'imposer la confidentialité sur des « renseignements spéciaux »[19] et certains sujets (à la discrétion de l’AIEA pour ce qui concerne le nucléaire), ceci afin de « sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis. Elles [l'AIEA et l'OMS] conviennent donc que rien dans le présent Accord ne peut être interprété comme obligeant l’une ou l’autre partie à fournir des renseignements dont la divulgation, de l’avis de la partie qui les détient, trahirait la confiance de l’un de ses Membres ou de quiconque lui aurait fourni lesdits renseignements, ou compromettrait d’une manière quelconque la bonne marche de ses travaux. »[19].

Diverses personnalités, dont Michel Fernex (ancien médecin de l'OMS) et Youri Bandajevsky, ainsi que des ONG dont notamment « Independent WHO », l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, et des professionnels de la santé[20] ou encore le mouvement « Women in Europe for a Common Future »[21] demandent l’abrogation de l’accord « WHA 12-40 »[19]. Ils estiment que cette résolution impose à l'OMS de minimiser les risques de la radioactivité pour la santé publique[22] et ne peut remplir ses missions[23]. De plus selon Michel Fernex, l'OMS ne dispose plus de moyens d'étude sur les impacts de la radioactivité, ce qui l'oblige à reprendre à son compte les données apportées par l'AIEA[18].

Selon cet accord l'OMS et l'AIEA « agiront en coopération étroite avec l'autre et se consultent régulièrement en ce qui concerne les questions d'intérêt commun »[19]. Aucune de ces deux agences de l'ONU ne peut prendre de position publique susceptible de nuire aux intérêts de l'autre[24]. Selon cet accord, l’entente entre les deux agences se fait « sans préjudice du droit de la Organisation mondiale de la santé à se préoccuper de la promotion, le développement, aider et de coordonner l'action sanitaire internationale, y compris la recherche, sous tous ses aspects »[19]. Mais les statuts de l'AIEA créée en 1957 (deux ans avant cet accord) précisent qu’elle a pour mission de promouvoir le nucléaire civil, ce dont l’OMS doit aussi tenir compte, et qui selon les opposants à cet accord ne permet pas à l'OMS de librement formuler et diffuser des avis sur les risques ou conséquences de la radioactivité sans accord préalable de l'AIEA[25]. Un point de l’accord stipule en effet que « Chaque fois que l'organisation se propose d'entreprendre un programme ou une activité dans un domaine dans lequel l'autre organisation a ou peut avoir une importante d'intérêt, la première consulte la seconde en vue de régler la question d'un commun accord »[24].

Des représentants de chacune des deux agences doivent être invités à assister à l'Assemblée mondiale de l’autre agence et à participer (sans droit de vote), aux délibérations de cet organe et de ses organes subsidiaires (commissions, comités, etc) en ce qui concerne les questions à l'ordre du jour pour laquelle elle a un intérêt[26].

L'ONG Independent Who demande notamment à l’OMS de

  • Rétablir son département « Radiation et Santé »[27] ;
  • de « recruter des experts indépendants et reconnus internationalement »[27] ;
  • d' « instaurer une Commission sur les rayonnements ionisants et la santé composée d’experts indépendants pour examiner et étudier scientifiquement les conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl, en intégrant toutes les études réalisées par les chercheurs indépendants, qui n’ont aucune relation, financière ou autre, avec l’industrie nucléaire ni avec des associations de l’industrie nucléaire, et de rendre compte de leurs résultats à l’Assemblée Mondiale de la Santé organisée par l’OMS »[27] ;
  • de créer un groupe de travail « pour examiner et faire des rapports sur les preuves disponibles, les lacunes dans la recherche sur différents aspects de la radioprotection, et comme priorité, un groupe de travail sur les conséquences sanitaires des doses faibles, internes, chroniques, et un groupe de travail sur les effets causés sur le génome humain par les sources externes et internes d’irradiations »[27].
  • de publier et mettre à disposition de tous les actes des conférences de Genève en 1995 et de Kiev en 2001 sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, dans leur intégralité[27]. Ces actes n'ont pas été publiés[28] selon le Dr Hiroshi Nakajima, directeur général de l'OMS de 1988 à 1998, interrogé par la télévision suisse en raison d'une censure permise par l'accord OMS-AIEA[29].

Depuis le 26 avril 2007, le collectif Independent WHO manifeste chaque jour ouvrable devant les bâtiments de l'OMS à Genève[30] et plusieurs manifestations ont eu lieu devant le siège de l'OMS pour demander la révision de l'accord avec l'AIEA.

Entente avec les laboratoires pharmaceutiques[modifier]

L'OMS a également été critiquée pour sa gestion de la crise du virus H1N1[31]. Selon un rapport de Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « De graves lacunes ont été identifiées en ce qui concerne la transparence des processus de décision liés à la pandémie, ce qui soulève des préoccupations sur l’éventuelle influence que l’industrie pharmaceutique aurait pu exercer eu égard des principales décisions relatives à la pandémie. »[32] Les conflits d'intérêts d'experts ont aussi été critiqués[33].

Niveaux d'alerte[modifier]

  • Niveau 1 : un nouveau virus est détecté chez les animaux. À ce stade, il n'existe aucun risque d'infection pour l'homme
  • Niveau 2 : un virus circulant chez les animaux a provoqué des infections chez l'homme. C'est le début d'une menace potentielle de pandémie (épidémie à l'échelle internationale voire mondiale)
  • Niveau 3 : plusieurs cas de transmission à l'homme sont avérés, sans pour autant qu'il y ait transmission interhumaine.
  • Niveau 4 : la transmission interhumaine d'un virus, capable de provoquer des « flambées à l'échelon communautaire », est confirmée
  • Niveau 5 : une pandémie est imminente, et des foyers infectieux sont repérés dans, au moins, deux pays
  • Niveau 6 : début d'une pandémie

Notes et références[modifier]

  1. (en) League of Nations: Health Organization
  2. Feuille d'Avis Officielle du 22.07.1996
  3. Patrick Zylberman, Les épidémies dans l’Histoire, mis en ligne sur le site Pandémie grippale du gouvernement français le 19 mars 2009, modifié le 1er avril 2009
  4. a, b, c, d, e et f Patrick Zylberman, c’est l’homme autant que le microbe, Medecinenews, 30 avril 2009.
  5. Article au sujet de la variole sur le site Doctissimo
  6. Lion Murard, Des épidémies et des hommes, La Martinière, 2008. Cité par Patrick Zylberman, L’épidémie, c’est l’homme autant que le microbe, Medecinenews, 30 avril 2009
  7. depuis l'adhésion du Monténégro, le 29 août 2006, les seuls États non membres de l'OMS sont le Liechtenstein et le Saint-Siège
  8. Source : Ministère français des Affaires étrangères.
  9. (en) WKC center
  10. Who | Who And Hiv/Aids
  11. WHO | HIV/AIDS topical information
  12. Stratégie de l’OMS en faveur des systèmes de santé, sur Organisation mondiale de la santé
  13. Monitoring the building blocks of health systems: a handbook of indicators and their measurement strategies, sur Organisation mondiale de la santé
  14. "Manuel de suivi et d’évaluation des ressources humaines pour la santé"
  15. Données et statistiques, sur Organisation mondiale de la santé
  16. Global Health Atlas
  17. Projet de budget programme 2006 - 2007
  18. a et b Rue 89, Fukushima, Tchernobyl : « L'OMS répète les chiffres de l'AIEA », consulté 2012-01-01
  19. a, b, c, d, e et f Accord entre l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé, sur Wikisource
  20. Independence for WHO ; http://www.ippnw-europe.org/commonFiles/pdfs/Atomenergie/appeal_healthprofessionals.pdf Appeal by Health Professionals for Independence of the World Health Organization], consulté 19 Avril 2011
  21. Women in Europe for a Common Future (WECF), Open letter on the WHO/IAEA Agreement of 1959 Document PDF, consulté 19 Avril 2011
  22. (fr) À propos des congrès officiels (OMS, AIEA, etc.) sur Tchernobyl
  23. (fr) Un accord contre nature empêche l’OMS de remplir sa mission
  24. a et b « Whenever either organization proposes to initiate a programme or activity on a subject in which the other organization has or may have a substantial interest, the first party shall consult the other with a view to adjusting the matter by mutual agreement » ; OMS. Agreements with Other Intergovernmental Organizations (PDF, les 13 articles correspondant à l’accord OMS-AIEA sont consultables des pages 25 à 29, sur 43). Consulté 7 Mai 2012.
  25. Robert James Parsons, « http://www.politis.fr/Le-black-out-de-l-OMS,13856.html Le black-out de l'OMS]», Revue Politis, 21 avril 2011.
  26. voire Article II – Reciprocal Representation, in OMS. "[ http://apps.who.int/gb/bd/PDF/bd47/EN/agreements-with-other-inter-en.pdf Agreements with Other Intergovernmental Organizations]"(PDF, page 62-63 du document et 25-26 de sa version pdf)
  27. a, b, c, d et e Le Collectif IndependentWHO considère qu’en matière de radioprotection, l’OMS doit, en urgence, mettre en oeuvre les 7 points suivants : (../..), consulté 2013-01-01
  28. (fr) Le monde diplomatique, mars 2008
  29. Interview du Dr Nakajima par le Dr Michel Fernex, enregistrée dans le film de Wladimir Tchertkoff, Controverses nucléaires.
  30. (fr) Pour l’indépendance de l’OMS - For an Independent WHO
  31. David Leloup, « OMS : Manque de transparence et d'indépendance », Politique, revue de débats, Bruxelles, n° 67, nov.-déc. 2010.
  32. Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, « La gestion de la pandémie H1N1 : nécessité de plus de transparence », rapport, 7 juin 2010.
  33. Deborah Cohen et Philip Carter, « Conflicts of interest. WHO and the pandemic flu « conspiracies » », British Medical Journal, vol. 340, pp. 1274-1279, juin 2010.

Voir aussi[modifier]

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Liens externes[modifier]