Conflit dans le Sud de la Thaïlande

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Conflit dans le Sud de la Thaïlande
Régions ethniques de la Thaïlande.
Régions ethniques de la Thaïlande.
Informations générales
Date 2 novembre 2004 - aujourd'hui

10 ans, 1 mois et 16 jours

Lieu Province de Pattani
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande Flag of Jihad.svg Jemaah Islamiyah
Flag of Jihad.svg Groupe moudjahid islamique Pattani
Flag of Jihad.svg Mouvement moudjahid Pattani
Flag of Jihad.svg Front national révolutionnaire
Flag of Jihad.svg Mouvement moudjahid islamique Pattani
Flag of Jihad.svg Front de libération national Pattani
Flag of Jihad.svg Organisation de libération unie Pattani
Flag of Jihad.svg Runda Kumpulan Kecil
Commandants
Drapeau de la Thaïlande Général Anupong Paochinda
Drapeau de la Thaïlande Lieutenant-Général Pichet Wisaijorn
Drapeau de la Thaïlande Abhisit Vejjajiva
Flag of Jihad.svg Wan Kadir Che Wan
Pertes
155 soldats tués en 2007[1],[2]
~ 500 soldats et policiers, 270 paramilitaires (2011)
1 600 tués
~ 1 500 capturés
Notes
plus de 1 200 civils tués
2 729 civils blessés

Le conflit dans le Sud de la Thaïlande est un conflit séparatiste dans la région de Pattani, dans le Sud majoritairement malais et musulman de la Thaïlande, et a commencé en 2004. La pauvreté a été nommée comme une raison du conflit.

Historique[modifier | modifier le code]

Le sud de la Thaïlande, particulièrement les provinces de Narathiwat, Pattani, Satun, Songkhla et Yala situées près de la frontière malaisienne regroupent l'essentiel des 5% de musulmans que compte le pays. Pour 4/5e d'entre eux, il s'agit des personnes de langue malaise, les autres parlant le thaï[3].

Ces régions rurales et pauvres, passées sous l’autorité du royaume du Siam après la signature du traité anglo-siamois le 10 mars 1909, ont subi une politique d’assimilation forcée de la part du gouvernement de Bangkok dans les années 1960. Depuis ces provinces sont agitées par des mouvements rebelles indépendantistes prônant la reconstitution de l'ancien Royaume de Patani[3].

Entre 1976 et 1981, deux mouvements indépendantistes : le Pattani United Liberation Organization (PULO) et le Barisan Revolusi Nasional (BRN) prirent une première fois les armes pour faire connaitre leurs revendications, puis ces mouvements se cantonnèrent par suite au simple activisme politique et à l’extorsion de fonds[3].

En 2002, le Premier ministre Thaksin Shinawatra déclare qu'il n'y a pas de « séparatisme, de terroristes mais seulement de vulgaires bandits ». En 2004, il revoit sa position et inscrit la lutte contre les insurgés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. La loi martiale est instaurée dans les régions touchées par l'insurrection (Pattani, Yala et Narathiwat). En réponse aux mesures musclées du chef du gouvernement, la minorité musulmane revendiqua de nouveaux droits et réclama notamment le port du Hijab pour les femmes dans les lieux publics, l’ouverture de mosquées et l’expansion des études islamiques dans les écoles publiques[3].

Depuis 2004, les quatre provinces les plus au sud de la Thaïlande, proches de la Malaisie, sont victimes d'une guérilla violente menée entre autres par des groupes terroristes islamistes comme le Pattani Islamic Mujahadeen Movement (ou Gerakan Mujahideen Islam Pattani), qui a déclaré la djihad contre les populations bouddhistes qu'elle souhaite chasser du secteur, et la junte militaire thaïlandaise[3]. Selon des experts, les insurgés seraient liés au Front Moro islamique de libération (Philippines) et au Mouvement pour un Aceh libre (Indonésie).

Le 3 juin 2006, le chef de l'armée Prayuth Chan-ocha déclare que l'insurrection est financée de l'étranger par les narcotrafiquants et les contrebandiers de pétrole.

Après le coup d'État de septembre 2006, l'insurrection n'a fait que s'intensifier. Malgré le déploiement en 2009 de 30 000 militaires des forces armées royales thaïlandaises dans la région, la violence se poursuit.

En juillet 2010, le bilan humain est estimé à 4 100 tués[4]. Par ailleurs, un rapport d'un centre de l'OTAN sur le terrorisme relève en 2011, selon les sources publiques, un total de 332 actes terroristes en Thaïlande (8e rang mondial) faisant 292 tués, 660 blessés et 16 personnes enlevées[5]. Le bilan de 2012 du même organisme s'établit à 185 attaques (9e rang mondial), 171 tués et 674 blessés, pas d’enlèvement signalé[6].

En septembre 2013, le bilan est estimé à 5 400 tués. Des attaques continuent alors que des négociations sont en cours en Malaisie[7].

En mars 2013, les négociations n'ont pas aboutit et le bilan annoncé est alors d'environ 6 000 morts (dont 171 membre du corps enseignant)[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Roadside bomb kills 7 Thai soldiers - Asia-Pacific - MSNBC.com
  2. (en) The Long War Journal
  3. a, b, c, d et e « Le retour des moines guerriers - La question islamiste en terre bouddhiste » par Rémy Valat
  4. (fr) Le « Djihad » thaïlandais continue de faire des morts, Romain Mielcarek, 2 juillet 2010
  5. (en)[PDF]« 2011 Annual Terrorism Report », sur Centre of Excellence Defense Against Terrorism,‎ mars 2012 (consulté le 22 mars 2012)
  6. [PDF](en) « 2012 Annual Terrorism Report », sur Centre of Excellence Defense Against Terrorism,‎ 2013 (consulté le 23 avril 2014)
  7. Arnaud Dubus, « Thaïlande: semaine noire pour le processus de paix entre gouvernement et séparatistes musulmans », sur RFI,‎ 14 SEPTEMBRE 2013 (consulté le 14 septembre 2013)
  8. « Thaïlande: une enseignante abattue et brûlée dans le Sud insurrectionnel », sur BFM TV,‎ 14 mars 2014 (consulté le 23 avril 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]