Human Rights Watch

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Human Rights Watch
Logo de l'organisation

Région Monde
Création 1978 (Helsinki Watch), 1988
Type Organisation non gouvernementale internationale
Siège New York, États-Unis
Langue(s) anglais
Membre(s) +400
Fondateurs Robert L. Bernstein
Jeri Laber
Natan Sharansky
Secrétaire général Kenneth Roth (Directeur exécutif)
Affiliation(s) IFEX
Site web (en) www.hrw.org

Human Rights Watch (HRW) est une ONGI de défense et de protection des droits humains dont le siège se trouve à New York aux États-Unis et qui compte une trentaine de bureaux dans le monde. HRW est né, en 1988, de la fusion de plusieurs associations, notamment Helsinki Watch, Americas Watch, Africa Watch, Asia Watch et Middle East Watch.

HRW emploie plus de 400 salariés et opère dans plus de 90 pays. Son directeur exécutif est Kenneth Roth[1], un ancien procureur des États-Unis pour le sud de l’État de New York. Le conseil d'administration est co-présidé par Joel Motley et Hassan Elmsary depuis octobre 2013.

La mission de HRW est essentiellement politique, elle s'engage bien plus sur le plan international qu'individuel et vise à faire évoluer les mentalités ainsi que les lois de certains pays qui iraient à l'encontre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, comme celles relatives à la liberté de la presse ou le travail des enfants. Elle intervient également dans les conflits, dénonçant entre autres les crimes de guerre ou le trafic d'armes. De ce fait, l'organisation est aujourd'hui beaucoup critiquée quant à la façon dont elle mène certaines missions et son indépendance est également remise en cause[2]. Toutefois, ses rapports font souvent autorité[3],[4] et sont « pour les médias indépendants une source précieuse »[5].

Human Rights Watch a reçu en 2008, avec six autres personnes[6], le prix des droits de l'homme des Nations unies[7]. HRW a obtenu en 1997 le prix Nobel de la paix en tant que membre de la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel.


Historique[modifier | modifier le code]

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L’actuel directeur exécutif Kenneth Roth lors de son intervention à la 44e Munich Conference on Security Policy (en) en 2008.

En 1978, des avocats des Etats-Unis ont créé une ONG portant le nom de « Helsinki Watch ». Celle-ci avait pour mission de veiller au respect des Accords d’Helsinki par l’Union soviétique. L’ONG s’appuyait sur les médias et sur les dirigeants politiques, au travers d’actions de plaidoyer. En attirant l’attention internationale sur ces violations des droits humains dans l’URSS et chez ses partenaires européens, Helsinki Watch a contribué à la transition démocratique de la région à la fin des années 1980.

D’autres organisations ont ensuite été créées pour veiller au respect des droits humains dans d’autres régions du monde. Americas Watch a été créé en 1981 au cours de la crise en Amérique centrale. Cette organisation part à la recherche, sur le terrain, des abus perpétrés par les gouvernements et applique le droit international humanitaire pour enquêter et dénoncer les crimes de guerres commis par des groupes rebelles. Americas Watch examine également le rôle joué par les gouvernements étrangers, particulièrement le gouvernement des États-Unis, dans leur soutien politique et militaire à des régimes répressifs.

Furent ensuite créées les organisations Asia Watch en 1985, Africa Watch en 1988 et Middle East Watch en 1989 qui fusionnèrent en 1988 pour former Human Rights Watch.

Human Rights Watch est un membre fondateur de l’Echange International de la liberté d’expression (IFEX), un réseau mondial d’ONG qui surveille les violations de la liberté d’expression et organise, fédère, ou relaie les campagnes conjointes ou organisées par ses membres, pour la défense des journalistes, écrivains et d’autres personnes persécutées du fait de leur implication dans des activités liées à la liberté d’expression.

Chaque année, Human Rights Watch remet un Prix récompensant les défenseurs des droits humains (Le Prix Alison Des Forges pour l’engagement exceptionnel en faveur des droits humains[8]) aux militants qui ont fait preuve de leadership et de courage dans la défense des droits humains. Les lauréats de ce prix travaillent en étroite collaboration avec HRW dans le travail d’enquête et de de dénonciation des abus.

Human Rights Watch fait partie des six ONGI qui ont fondé la Coalition contre l’utilisation d’enfants soldats en 1998. HRW est aussi co-présidente de la Campagne Internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel (International campaign to ban landmines), une coalition mondiale de groupes issus de la société civile qui a milité avec succès pour l’introduction du Traité d’Ottawa, un traité qui interdit l’usage de mines antipersonnel. Cette campagne a été récompensée par l’attribution du Prix Nobel de la Paix en 1997.

Action[modifier | modifier le code]

HRW est impliquée dans la lutte contre les activités et problèmes sociaux suivants :

Elle lutte également pour la globalisation des causes suivantes :

HRW s'est engagée dans la lutte contre l'homophobie en condamnant divers chefs politiques et religeux. Elle soutient aussi la légalisation de l'IVG dans plusieurs pays.

Financement[modifier | modifier le code]

Pour l'année fiscale finissant en juin 2013, HRW a déclaré avoir perçu 70 millions de dollars US de dons[9]. HRW affirme qu'elle n'accepte aucun financement provenant directement ou indirectement de gouvernements et que les contributions sont toutes issues de particuliers, de fondations, et selon des critères précis, d'entreprises privées[10]. Cependant, selon l'association NGO Monitor, elle reçoit des aides considérables de l'association caritative néerlandaise Oxfam Novib, laquelle finance la majeure partie de son budget grâce au gouvernement hollandais. HRW a publié en juin 2013 la liste des dépenses et recettes de l'organisation.

HRW a publié en juin 2013 la liste des dépenses et recettes de l'organisation.

Programmes Dépenses 2013
Afrique 6 404 355 $
Amérique 1 755 781 $
Asie 5 443 146 $
Europe et Asie centrale 4 282 969 $
Moyen-Orient et Afrique du Nord 3 867 015 $
États-Unis 2 367 775 $
Droits des enfants 1 873 626 $
Santé et droits humains 2 077 916 $
Justice internationale 1 587 843 $
Droits des femmes 2 533 126 $
Autres programmes 13 477 056 $
Frais de fonctionnement Dépenses 2013
Direction et services généraux 3 493 157 $
Collecte de fonds 9 560 361 $

La Fondation Gere, créée par l'acteur américain Richard Gere, cite HRW dans la liste des organismes qu'elle aide par des subventions au titre de leur travail dans le domaine des droits humains en particulier en Chine et au Tibet[11].

Publications[modifier | modifier le code]

Human Rights Watch publie des rapports sur de nombreux thèmes ainsi qu’un Rapport Mondial qui présente chaque année un panorama de l’état de droits humains dans le monde. Ce rapport est publié par Steven Stories Press depuis 2006; la plus récente édition, Rapport Mondial 2014[12], est parue en février 2014.

Polémiques[modifier | modifier le code]

L'indépendance de HRW est contestée dans certains milieux politiques et journalistiques. Ainsi, la revue de l'essayiste et polémiste américain Lyndon LaRouche, Executive Intelligence Review, la qualifie de « boîte financée par Soros » (Soros-funded outfit[13]). Le journaliste néerlandais Paul Treanor affirme que HRW est « une entreprise conjointe de George Soros et du Ministère américain des affaires étrangères »[14]. Ainsi, l'organisation elle-même annonçait en 2010 recevoir 100 millions de dollars de George Soros via l'Open Society Institute[15] (à raison de 10 millions de dollars par an sur 10 ans). Cette aide lui aurait notamment permis d'agir dans le cas de la Crise ivoirienne de 2010-2011[16].

HRW a également été accusée par la Ligue Anti-Diffamation de montrer du désintérêt quant à l’antisémitisme en Europe et de diffuser des données faussées sur la situation des droits humains en Erythrée et en Ethiopie.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

L’ONG a été critiquée pour avoir influencé la politique étrangère des États-Unis, en particulier vis-à-vis de l’Amérique Latine. Le journaliste Joe Emersberger est très critique à l'égard des positions de Human Rights Watch dans cette région du monde. Entre autres griefs : non condamnation du coup d'État (temporaire) de 2002 contre Hugo Chávez, le président démocratiquement élu du Venezuela, et du coup d'État en 2004 contre Jean-Bertrand Aristide, le président démocratiquement élu d'Haïti[17].

Conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

HRW a été accusé de reportages déséquilibrés en défaveur d’Israël contre les Palestiniens selon notamment Jonathan Cook. Ainsi, quand Human Rights Watch traite des opérations militaires israéliennes contre le Hezbollah au sud du Liban en 2006, le directeur national de la Anti-Defamation League, Abraham Foxman, critique l'« immoralité » de Human Rights Watch[18]. Alan Dershowitz, professeur de droit, écrit dans The Jerusalem Post : « Quand il s’agit d’Israël et de ses ennemis, HRW manipule les faits, triche sur les interviews et met en avant des conclusions prédéterminées qui sont dictées plus par l’idéologie que par les faits »[19].

Le bureau du premier ministre israélien a également dénoncé Human Rights Watch après son rapport concernant l'opération Plomb Durci, déclarant que « les rapports de ces organisations sont une tentative pour porter atteinte au droit légitime d'Israël à se défendre », et a souligné que Human Rights Watch levait des fonds auprès des Séoudiens. Le journaliste israélien Larry Derfner a pris la défense de l'organisation dans The Jerusalem Post et déclaré que Human Rights Watch avait démontré son impartialité dans ses nombreux rapports sur les atteintes aux droit de l'homme à travers le monde, notant par exemple que Human Rights Watch avait également dénoncé des arrestations, détentions, tortures, mutilations, exécutions extrajudiciaires attribuées à des membres des forces de sécurité du Hamas[20].

Human Rights Watch conteste également les accusations dont il est l'objet. En août 2009, Iain Levine, directeur des programmes à Human Rights Watch, déclare que « Si le gouvernement israélien veut faire taire les critiques, il ferait mieux d'enquêter sérieusement sur les accusations de comportements criminels et de prendre des mesures pour y mettre fin »[21]. Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch publie un éditorial dans The Jerusalem Post en août 2009, constatant que les rapports récents sur les violations israéliennes des droits humains ont mené à une « campagne intense de la part du gouvernement israélien et des organisations qui le soutiennent inconditionnellement, s'en prenant au messager et changeant le sujet de discussion ». Roth ajoute que « le problème n'est pas le messager qui rend seulement public des rapports sur les abus comme le juge Goldstone ou les organisations de défense des droits humains [...]. Le problème est la conduite des forces armées israéliennes »[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Ayad, « Obama doit passer des principes aux actes », Libération,‎ 9 octobre 2009 (lire en ligne).
  2. (en) Voir sur la Wikipédia anglophone.
  3. « Bien étayés, ses rapports font souvent autorité, obligeant les gouvernements à réagir », Thomas Hofnung, « Human Rights Watch s'installe à Paris », Libération,‎ 10 octobre 2007, p. 7.
  4. (en) James Ron et Howard Ramos, « Why Are the United States and Israel at the Top of Human Rights Hit Lists? », Foreign Policy,‎ 3 novembre 2009 (lire en ligne).
  5. (de) Victor Kocher, « Hüterin der Menschenrechte: Effizienter Einsatz der Organisation Human Rights Watch », Neue Zürcher Zeitung,‎ 5 février 2010.
  6. Il s'agissait de Louise Arbour, Benazir Bhutto (posthume), Ramsey Clark, le professeur Carolyn Gomes, le professeur Denis Mukwege et sœur Dorothy Stang (posthume).
  7. « La liste des lauréats du prix des Nations unies 2008 pour les droits de l'homme a été annoncée », Département de l’information des Nations unies,‎ 26 novembre 2008 (consulté le 6 février 2010).
  8. Prix Alison Des Forges 2013 : Hommage à des militants de Russie, des Etats-Unis, de Libye et du Tchad
  9. "Financial Statements : year ended June 30, 2013"
  10. (en) Financials, Human Rights Watch, 22 septembre 2008 : « Human Rights Watch is an independent, nongovernmental organization, supported by contributions from private individuals and foundations worldwide. It accepts no government funds, directly or indirectly. »
  11. (en) Page d'accueil du site The Gere Foundation : « The Gere Foundation contributes to other humanitarian causes: Amnesty International and Human Rights Watch for their work in global human rights with particular emphasis on China and Tibet. »
  12. Rapport mondial 2014
  13. (en) Ramtanu Maitra, Afghan Opium Pleases Taliban and Soros, Executive Intelligence Review, 22 août 2008, [lire en ligne].
  14. (en) Paul Treanor, Who is Behind Human Rights Watch?, 2004, [lire en ligne].
  15. George Soros s’engage à verser 100 millions de dollars à Human Rights Watch.
  16. Crise Ivoirienne ou comment l'ONU prend la démocratie en otage.
  17. Joe Emersberger, L’insoutenable attente près du téléphone : Human Rights Watch dénonce encore une fois Hugo Chavez, 2008, [lire en ligne].
  18. (en) Abraham Foxman, No accident, 2 août 2006.
  19. Pierre Lefebvre, HRW : d'un rapport à l'autre, 29 août 2007.
  20. [1](en) Larry Derfner, « Rattling the Cage: The smearing of human rights organizations », The Jerusalem Post,‎ 22 juillet 2009 : « This 26-page report documents a pattern since late December 2008 of arbitrary arrests and detentions, torture, maimings by shooting and extradjudicial executions by alleged members of Hamas security forces. »
  21. « Israël: Fausses allégations relatives au récent rapport de Human Rights Watch sur Gaza », Human Rights Watch,‎ 14 août 2009 (consulté le 6 février 2009).
  22. L'éditorial publié dans The Jerusalem Post peut être consulté sur le site de Human Rights Watch, consulté le 6 février 2009.

Lien externe[modifier | modifier le code]