Massacre de Hama
La bataille de Hama (appelée dans un but politique massacre de Hama) résulte de la répression, par le pouvoir syrien d'Hafez el-Assad, de la rébellion fomentée par les Frères musulmans dans la ville de Hama en février 1982. Si des sources ont estimé entre 7 000 et 35 000 le nombre de victimes[1] lors de cette bataille, un rapport officiel initialement secret de la Defense Intelligence Agency (DIA)[2], déclassifié en 2013, fait au contraire état de la position défensive contrainte qu'avait dû adopter le régime d'Hafez al-Assad en 1982. Le nombre de morts total y est évalué aux alentours de 2 000 rebelles.
Le journaliste britannique Patrick Seale parvient lui aussi à entrer dans Hama. Le 7 mars 1982, il décrypte pour The Observer la bataille : « Dans les combats de Hama, la volonté des Frères musulmans de combattre jusqu'à la mort a rencontré la même volonté de la part des défenseurs du régime ».
La bataille de Hama signe l'échec de l'insurrection des Frères musulmans en Syrie, désormais condamnés à l'exil. Durant les quatre semaines de siège, aucune autre ville syrienne n'est venue soutenir les habitants de Hama, doublement isolés : assiégés physiquement, et sans aucun appui moral à l'extérieur. Hafez Al-Assad, quant à lui, refroidit durablement toute volonté de rébellion au sein de la population et apparaît comme celui qui maintient "l'ordre" entre les communautés alaouite et sunnite. L'épisode de Hama permet au régime de s'assurer un sursis de tranquillité.
Trente ans plus tard, les tensions ne sont pas retombées à Hama, ville-pivot de la contestation actuelle contre Bachar Al-Assad.
Le 2 février 1982, les Frères musulmans lancent leur dernière offensive contre le régime laïque en place. Les forces armées syriennes répliquent en assiégeant la ville 27 jours durant. Une partie importante de la ville — comptant de nombreux joyaux architecturaux — est alors malheureusement détruite dans les combats.