Massacre de Hama

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Hafez el-Assad (à droite), président de Syrie et membre de la minorité Alaouites. Son frère Rifaat al-Assad (à gauche) a personnellement supervisé l'opération.

Le massacre de Hama résulte de la répression, par le pouvoir syrien d'Hafez el-Assad, de la rébellion fomentée par les Frères musulmans dans la ville de Hama en février 1982. Si les estimations les plus basses parlent de 10 000 morts, les plus élevées, comme celle établie par le Conseil syrien des droits de l'homme, parlent de 40 000 morts lors de cette bataille[1]. Un rapport officiel initialement secret de la Defense Intelligence Agency (DIA)[2], déclassifié en 2012, estime le nombre total de victimes à environ 2000, et se félicite de la victoire du régime syrien, qui serait un élément clé de la stabilité de la région et des relations américano-soviétiques. Malgré son côté partisan, le rapport mentionne tout de même l'utilisation à large échelle de l'artillerie par Hafez al-Hassad, reconnaissant que ses actions ont atterré et écœuré une large portion de la société syrienne.

Le journaliste britannique Patrick Seale parvient lui aussi à entrer dans Hama. Le 7 mars 1982, il décrypte pour The Observer la bataille : « Dans les combats de Hama, la volonté des Frères musulmans de combattre jusqu'à la mort a rencontré la même volonté de la part des défenseurs du régime ».

Le massacre de Hama signe l'échec de l'insurrection des Frères musulmans en Syrie, désormais condamnés à l'exil. Durant les quatre semaines de siège, aucune autre ville syrienne n'est venue soutenir les habitants de Hama, doublement isolés : assiégés physiquement, et sans aucun appui moral à l'extérieur. De plus, la ville est interdite aux étrangers, dont les journalistes. Rares sont ceux qui pénètrent clandestinement[1],[3]. Hafez Al-Assad, quant à lui, refroidit durablement toute volonté de rébellion au sein de la population et apparaît comme celui qui maintient l'ordre entre les communautés alaouite et sunnite. L'épisode de Hama permet au régime de s'assurer un sursis de tranquillité.

Trente ans plus tard, les tensions ne sont pas retombées à Hama, ville-pivot de la contestation démarrée en 2011 contre Bachar Al-Assad[1].

Le 2 février 1982, les Frères musulmans lancent leur dernière offensive contre le régime laïc en place. Les forces armées syriennes répliquent en assiégeant la ville 27 jours durant. Une partie importante de la ville — comptant de nombreux joyaux architecturaux — est alors détruite dans les combats, dont le tiers du centre historique[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Syrie : l'ombre du massacre de février 1982 plane toujours sur Hama », Le Monde,‎ 2 février 2012 (lire en ligne)
  2. (en) Document déclassifié en 2012 de la Defense Intelligence Agency
  3. a et b Jean-Pierre Filiu, « Syrie : l’extermination chimique que prépare Bachar el-Assad », sur http://blogs.rue89.com,‎ 25 août 2013 (consulté le 25 août 2013) : « C’est le huis clos de mars 1982 qui permet à Hafez al-Assad d’exterminer une bonne partie de la population de Hama et de détruire le tiers du centre historique de cette ville. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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