Massacre de Hama

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Hafez el-Assad (à droite), président de Syrie et membre de la minorité Alaouites. Son frère Rifaat al-Assad (à gauche) a personnellement supervisé l'opération.

Le massacre de Hama résulte de la répression, par le pouvoir syrien d'Hafez el-Assad, de la rébellion fomentée par les Frères musulmans dans la ville de Hama en février 1982.

Contexte[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, le mouvement des Frères musulmans initia une lutte armée contre le régime baasiste, organisant des attentats, etc.[1]. En juillet 1980, la loi no 49 - toujours en vigueur - stipule qu'« est considéré comme criminel et sera puni de la peine capitale quiconque est affilié à l'organisation de la communauté des Frères musulmans[1]. » Interdits, les Frères musulmans tentent de soulever la population de la ville de Hama, ville majoritairement sunnite, contre le président Hafez el-Assad[2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , les Frères musulmans lancent leur dernière offensive contre le régime laïc en place. Les forces armées syriennes répliquent en assiégeant la ville 27 jours durant. Une partie importante de la ville — comptant de nombreux joyaux architecturaux — est alors détruite dans les combats, dont le tiers du centre historique[3].

Le journaliste britannique Patrick Seale parvient à entrer dans Hama. Le 7 mars 1982, il décrypte pour The Observer la bataille : « Dans les combats de Hama, la volonté des Frères musulmans de combattre jusqu'à la mort a rencontré la même volonté de la part des défenseurs du régime ».

Estimation des pertes[modifier | modifier le code]

Si les estimations les plus basses parlent de 10 000 morts, les plus élevées, comme celle établie par le Conseil syrien des droits de l'homme, parlent de 40 000 morts lors de cette bataille[4]. En revanche, un rapport officiel initialement secret de la Defense Intelligence Agency (DIA)[5] américaine, déclassifié en 2012, estime le nombre total de victimes à environ 2 000.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Le massacre de Hama signe l'échec de l'insurrection des Frères musulmans en Syrie, désormais condamnés à l'exil. Durant les quatre semaines de siège, aucune autre ville syrienne n'est venue soutenir les habitants de Hama, doublement isolés : assiégés physiquement, et sans aucun appui moral à l'extérieur. De plus, la ville est interdite aux étrangers, dont les journalistes. Rares sont ceux qui pénètrent clandestinement[4],[3]. Hafez Al-Assad, quant à lui, refroidit durablement toute volonté de rébellion au sein de la population et apparaît comme celui qui maintient l'ordre entre les communautés alaouite et sunnite. L'épisode de Hama permet au régime de s'assurer un sursis de tranquillité.

Trente ans plus tard, les tensions ne sont pas retombées à Hama, ville-pivot de la contestation démarrée en 2011 contre Bachar Al-Assad[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Damas liquide les Frères musulmans, Jeune Afrique, 2 février 2004
  2. Syrie : l'ombre du massacre de février 1982 plane toujours sur Hama, lemonde.fr, 2 février 2012
  3. a et b Jean-Pierre Filiu, « Syrie : l’extermination chimique que prépare Bachar el-Assad », sur http://blogs.rue89.com,‎ (consulté le 25 août 2013) : « C’est le huis clos de mars 1982 qui permet à Hafez al-Assad d’exterminer une bonne partie de la population de Hama et de détruire le tiers du centre historique de cette ville. »
  4. a, b et c « Syrie : l'ombre du massacre de février 1982 plane toujours sur Hama », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. (en) Defense Intelligence Agency, Syria: Muslim Brotherhood Pressure Intensifies (Rapport secret déclassifié en 2012),‎ , 13 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]