Plateau du Golan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Golan.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Plateau du Golan (géographie).
Plateau du Golan
גולן (he)
الجولان (ar)
Carte du plateau du Golan (en beige) au centre séparé du reste d'Israël (en marron) à l'ouest par la ligne verte, de la Syrie (en beige) à l'est par une autre zone démilitarisée (en gris) et frontalier du Liban au nord et de la Jordanie au sud (en gris).
Carte du plateau du Golan (en beige) au centre séparé du reste d'Israël (en marron) à l'ouest par la ligne verte, de la Syrie (en beige) à l'est par une autre zone démilitarisée (en gris) et frontalier du Liban au nord et de la Jordanie au sud (en gris).
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
Statut politique Drapeau d’Israël Israël : au sein du district nord
Drapeau de la Syrie revendiqué par la Syrie comme partie du gouvernorat de Kuneitra, soutenue par la Résolution 497 du Conseil de Sécurité de l'ONU (he)
Drapeau du Liban revendication du Liban sur les fermes de Chebaa
Capitale aucune
Démographie
Population 40 000 hab.
Densité 33 hab./km2
Langue(s) Hébreu, arabe
Géographie
Coordonnées 33° 00′ 00″ N 35° 45′ 00″ E / 33, 35.7533° 00′ 00″ Nord 35° 45′ 00″ Est / 33, 35.75  
Superficie 1 200 km2
Divers
Monnaie Shekel
Fuseau horaire UTC +02:00

Le plateau du Golan ou hauteurs du Golan, parfois simplement appelé Golan, en arabe الجولان, al-Jūlān, en hébreu גולן, Golan ou encore Gaulanitide, est un territoire d'Asie administré par Israël depuis le 14 décembre 1981, et revendiqué par la Syrie, à la suite de la guerre des Six Jours de 1967. L'annexion de cette région formant pour les Syriens l'essentiel du gouvernorat de Kuneitra a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

La capitale régionale est la ville de Katzrin (en).

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du rebord occidental du plateau du Golan.

Le territoire du plateau du Golan est essentiellement formé du plateau du même nom. Il regroupe ainsi la moitié occidentale du plateau du Golan mais aussi d'autres reliefs comme le flanc sud-ouest du mont Hermon au nord et une petite frange de la dépression du cours supérieur du Jourdain et du lac de Tibériade.

Histoire[modifier | modifier le code]

Conquête par Israël[modifier | modifier le code]

Après avoir été repoussées par la Haganah, les troupes syriennes se sont cantonnées sur le Golan. Entre 1948 et 1967, le plateau sert de base aux bombardements réguliers et aux infiltrations de guérilla contre les villages israéliens situés en contrebas.

La conquête du plateau par Tsahal en deux jours de combats lors de la Guerre des Six Jours en 1967, permet à Israël d'empêcher les attaques ennemies, et constitue aussi pour l'État hébreu un avantage géographique sur les positions occupées par l’armée syrienne. Le bastion du Golan surplombant de manière décisive la route de Damas.

Lors de la guerre du Kippour de 1973, l’armée syrienne réoccupe environ 60 % du Golan avant de reculer de nouveau face à l’armée israélienne qui parvient finalement à pousser leur offensive sur une trentaine de kilomètres en territoire syrien, jusqu'à environ 40 km de Damas, mettant ainsi la ville à portée de canon.

Cependant, un cessez-le-feu est signé entre les belligérants et Israël accepte de revenir sur ses positions de 1967 (reculant ainsi de la ligne Bravo et la ligne Alpha), tandis la zone évacuée par Tsahal devient un no man's land placée sous le contrôle de la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) dès 1974. Entre les deux lignes de séparation, l'écart minimal est d’à peine 3 5 km, mais il détermine l’accès au lac de Tibériade et à la haute vallée du Jourdain [1].

Négociations et colonisation[modifier | modifier le code]

Depuis, la Syrie a toujours exigé un retrait de l’armée israélienne sur ses positions d'avant la guerre de 1967, c'est-à-dire la ligne de frontière De Jure de 1923, définie par la France et le Royaume-Uni, puissances mandataires au Levant[2]. Tandis, qu'Israël refuse de rétrocéder le Golan, le considérant toujours comme une région hautement stratégique. Depuis la conférence de Madrid de 1991, la question de la souveraineté sur le Golan est posée par Damas, comme une condition majeure pour entamer un éventuel processus de paix israélo-syrien.

En 1981, l'État hébreu annexe unilatéralement le plateau de Golan à son territoire malgré les protestations internationales. Les colonies de peuplement commencent à s'y implanter.

Après son élection, le premier ministre Ehud Barak impose un moratoire sur le développement des colonies israéliennes dans le Golan afin de faciliter les négociations de paix avec la Syrie, sous les auspices du président américain Bill Clinton.

À la suite de l’échec des pourparlers, cette décision est levée le 13 avril 2000 et en février 2001, le gouvernement d’Ariel Sharon annonce la reprise du développement structurel de la région.

Le gouvernement Olmert se heurte, dans l’optique d’une décolonisation israélienne du Golan contre la paix avec la Syrie, à l'opposition de l'opinion publique israélienne, hostile à la perspective d'une restitution du plateau. En mai 2008, ceux-ci étaient environ 70 %[3].[réf. insuffisante]

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : guerre civile syrienne.

La guerre civile syrienne éclate en 2011 et les combats ne tardent pas, au bout d'un an de conflit, à provoquer des incidents de frontière.

Officiellement, Israël est neutre dans la guerre civile, mais son opposition au gouvernement syrien demeure. Les Israéliens ont accueilli et soigné des Syriens qui se sont présentés avec des blessures dues à cette guerre, en si grand nombre que l'armée israélienne a fini par établir un hôpital de campagne à leur intention. Cependant les observateurs notent que les Israéliens ne soignent pas forcément que des civils, mais aussi des combattants rebelles, ce qui est une forme de soutien[4]. Quelques Syriennes enceintes ont pour leur part été transférées dans des hôpitaux en Israël même pour y accoucher, les installations sur le Golan n'étant pas adaptées pour cela[5]. De même, les Israéliens ont fourni de l'eau et de la nourriture à des réfugiés syriens[6].

L'ONG Physicians for Human Rights a pour sa part critiqué le refus d'Israël d'accueillir les réfugiés après les avoir soignés — une Syrienne de 17 ans a été renvoyée en Syrie alors qu'elle avait fait une demande d'asile[7].

Le 15 septembre 2014, le personnel de l'ONU (Fnuod) chargé de surveiller le cessez-le-feu et la zone de désengagement délimitée en 1974 entre Israël et la Syrie qui compte 1 223 hommes venus de six pays, Inde, Fidji, Philippines, Irlande, Pays-Bas et Népal a quitté ses positions et s'est rendu en Israël bien que son mandat vînt d'être renouvelé pour six mois, jusqu'au 31 décembre 2014 afin de s’éloigner de la zone des combats qui opposent les soldats de l'armée régulière syrienne et les rebelles islamistes, dont ceux du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaida qui sont en passe de prendre le contrôle de la province de Quneitra dans la partie du Golan non occupée par Israël. La raison du départ n'a pas été communiquée par les Nations unies. Peu avant, des dizaines de membres de la Fnuod ont été capturés et attaqués du côté syrien du plateau. Le 28 août, 45 des Casques bleus fidjiens avaient été détenus par le Front al Nosra puis libérés après négociations avec l'ONU. Dans un premier temps, le Front Al-Nosra avait réclamé une aide humanitaire et son retrait de la liste des organisations terroristes de l'Onu en échange de leur libération[8].

Démographie[modifier | modifier le code]

Conséquences de la guerre[modifier | modifier le code]

Au cours de la Guerre des Six Jours et dans les mois qui suivirent, la démographie du Golan fut bouleversée. 30 000 arabes fuirent lors des combats[9]. Dès le mois de juin, l’armée israélienne commença à raser les villages syriens abandonnés et à l’automne, « le ministère de la Défense [décida] la destruction systématique des localités épargnées » par la guerre[10]. À la fin de l’année, les Israéliens avaient expulsé le reste de la population syrienne, soit environ 90 000 personnes mais autorisaient les 6 000[11] à 7 000 Druzes de la région à rester[9]. Dans le courant du mois d’août, le gouvernement israélien donna son feu vert à l’implantation de 35 avant-postes[12] du Nahal (des implantations occupées par des fermiers-soldats et destinées à devenir définitives) ainsi qu’à la culture des terres par des Israéliens[10]. Un an après la guerre, le Golan comptait également six colonies israéliennes[10].

Situation au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2013, la population du Golan est estimée à 20000 Syriens principalement Druzes, et autant de colons israéliens[13],[14]. L'armée israélienne elle-même estime la population à 20000 habitants juifs et 20000 habitants druzes[15].

Cependant tous les Druzes ne sont pas Syriens, car Israël leur a proposé de leur donner sa citoyenneté. Moins de 10% des Druzes l'ont accepté, malgré les avantages pratiques[14]. Une augmentation des demandes a été notée à la suite de la guerre civile syrienne[16]. Mais la majorité a au contraire exigé de pouvoir voter aux élections syriennes[17].

Économie[modifier | modifier le code]

L’économie est axée sur l’agriculture. Le Golan est particulièrement réputé pour ses pommes, son eau de source et son vin primé internationalement. Un tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Le meilleur cru est le domaine de Bashan, qui fait un vin totalement « biologique ». La production d’huile d’olive est également très réputée. C’est également une vieille région d’élevage puisque 40 % de la viande consommée en Israël en provient.

Malgré l’omniprésence militaire, le tourisme vert se développe. Les pentes enneigées du mont Hermon comptent même une station de sports d’hiver. Aujourd’hui, c’est surtout la question de l’eau qui est au cœur de l’agenda politique israélien et régional. Une partie des affluents du Jourdain trouvent leur source sur le plateau et 35 % de l’alimentation aquifère du pays proviennent de cette région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]