Plateau du Golan

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne les aspects politiques. Pour les aspects géographiques, voir Plateau du Golan (géographie). Pour les autres sens du nom, voir Golan.
Plateau du Golan
גולן (he)
الجولان (ar)
Carte du plateau du Golan (en beige) au centre séparé du reste d'Israël (en marron) à l'ouest par la ligne verte, de la Syrie (en beige) à l'est par une autre zone démilitarisée (en gris) et frontalier du Liban au nord et de la Jordanie au sud (en gris).
Carte du plateau du Golan (en beige) au centre séparé du reste d'Israël (en marron) à l'ouest par la ligne verte, de la Syrie (en beige) à l'est par une autre zone démilitarisée (en gris) et frontalier du Liban au nord et de la Jordanie au sud (en gris).
Carte de localisation du plateau du Golan.
Carte de localisation du plateau du Golan.
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
Statut politique Drapeau d’Israël Israël : au sein du district nord
Drapeau de la Syrie revendiqué par la Syrie comme partie du gouvernorat de Kuneitra, soutenue par la Résolution 497 du Conseil de Sécurité de l'ONU (en)
Drapeau du Liban revendication du Liban sur les fermes de Chebaa
Capitale aucune
Démographie
Population 40 000 hab.
Densité 33 hab./km2
Langue(s) Hébreu, arabe
Géographie
Coordonnées 33° 00′ 00″ N 35° 45′ 00″ E / 33, 35.7533° 00′ 00″ Nord 35° 45′ 00″ Est / 33, 35.75  
Superficie 1 200 km2
Divers
Monnaie Shekel
Fuseau horaire UTC +02:00

Le plateau du Golan ou hauteurs du Golan, parfois simplement appelé Golan, en arabe الجولان, al-Jūlān, en hébreu גולן, Golan ou encore Gaulanitide, est un territoire d'Asie conquis en 1967 par Israël, revendiqué par la Syrie[réf. nécessaire] et partiellement par le Liban. La ville la plus importante est Katzrin (en).

Le plateau du Golan représente une zone stratégique très importante dans le contexte du conflit israélo-arabe. Il domine par sa position la Galilée (Israël) et la plaine de Damas (Syrie). Il contrôle également la plupart des sources alimentant le Lac de Tibériade et le Jourdain.

La majeure partie du Golan a été conquis sur la Syrie par Israël au cours de la Guerre des six jours et de la Guerre du Kippour. Il fait partie des Territoires occupés par Israël faisant l'objet de la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies. Israël a annexé le plateau à son territoire en 1981 mais l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale et a été condamnée par la Résolution 497 du Conseil de Sécurité. En 1967, le Golan a connu une évolution démographique importante. À l'exception d'environ 6400 Druzes, les 115,000 à 120,000 Syriens et les 10,000 réfugiés palestiniens qui vivaient dans le Golan ont fui ou en ont été chassés[1]. Aujourd'hui, la région abrite environ 30 000 colons israéliens et 22 000 Druzes[2].

Statut[modifier | modifier le code]

Le territoire est administré par Israël en tant qu'occupant à la suite de la guerre des Six Jours de 1967 et en tant que territoire israélien depuis son annexion par Israël le 14 décembre 1981. L'annexion de cette région a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, même par les plus proches alliés d'Israël. La Syrie réclame la restitution du plateau du Golan comme partie du gouvernorat de Kuneitra.

La zone supplémentaire conquise par Israël à l'issue de la guerre du Kippour a été transformée en zone tampon sous le contrôle de l'ONU. En 2014, la guerre civile syrienne force l'ONU à évacuer cette zone, devenu un territoire disputé entre le gouvernement et les rebelles syriens.

Le Liban revendique la région des fermes de Chebaa, un territoire d'environ 22 kilomètres carrés. L'acceptation de cette revendication par la Syrie n'est pas évidente[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du rebord occidental du plateau du Golan.
Article connexe : Plateau du Golan (géographie).

Le territoire du plateau du Golan est essentiellement formé du plateau du même nom. Il regroupe ainsi la moitié occidentale du plateau du Golan mais aussi d'autres reliefs comme le flanc sud-ouest du mont Hermon au nord et une petite frange de la dépression du cours supérieur du Jourdain et du lac de Tibériade.

Histoire[modifier | modifier le code]

Conquête par Israël[modifier | modifier le code]

Après avoir été repoussées par la Haganah, les troupes syriennes se sont cantonnées sur le Golan. Entre 1948 et 1967, le plateau sert de base aux bombardements réguliers et aux infiltrations de guérilla contre les villages israéliens situés en contrebas.

La conquête du plateau par Tsahal en deux jours de combats lors de la Guerre des Six Jours en 1967, permet à Israël d'empêcher les attaques ennemies, et constitue aussi pour l'État hébreu un avantage géographique sur les positions occupées par l’armée syrienne, le bastion du Golan surplombant de manière décisive la route de Damas.

Lors de la guerre du Kippour de 1973, l’armée syrienne réoccupe environ 60 % du Golan avant de reculer à nouveau face à l’armée israélienne qui parvient finalement à pousser son offensive sur une trentaine de kilomètres en territoire syrien, jusqu'à environ 40 km de Damas, mettant ainsi la ville à portée de canon.

Cependant, un cessez-le-feu est signé entre les belligérants et Israël accepte de revenir sur ses positions de 1967 (reculant ainsi de la ligne Bravo à la ligne Alpha), tandis que la zone évacuée par Tsahal devient un no man's land placé sous le contrôle de la Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (FNUOD) dès 1974. Entre les deux lignes de séparation l'écart minimal est d’à peine 3,5 km, mais il détermine l’accès au lac de Tibériade et à la haute vallée du Jourdain [4].

Négociations et colonisation[modifier | modifier le code]

Depuis, la Syrie a toujours exigé un retrait de l’armée israélienne sur ses positions d'avant la guerre de 1967, c'est-à-dire la ligne de frontière De Jure de 1923, définie par la France et le Royaume-Uni, puissances mandataires au Levant[5]. Tandis, qu'Israël refuse de rétrocéder le Golan, le considérant toujours comme une région hautement stratégique. Depuis la conférence de Madrid de 1991, la question de la souveraineté sur le Golan est posée par Damas, comme une condition majeure pour entamer un éventuel processus de paix israélo-syrien.

En 1981, l'État hébreu annexe unilatéralement le plateau de Golan à son territoire malgré les protestations internationales. Les colonies de peuplement commencent à s'y implanter.

Après son élection, le premier ministre Ehud Barak impose un moratoire sur le développement des colonies israéliennes dans le Golan afin de faciliter les négociations de paix avec la Syrie, sous les auspices du président américain Bill Clinton.

À la suite de l’échec des pourparlers, cette décision est levée le 13 avril 2000 et en février 2001, le gouvernement d’Ariel Sharon annonce la reprise du développement structurel de la région.

Le gouvernement Olmert se heurte, dans l’optique d’une décolonisation israélienne du Golan contre la paix avec la Syrie, à l'opposition de l'opinion publique israélienne, hostile à la perspective d'une restitution du plateau. En mai 2008, ceux-ci étaient environ 70 %[6].[réf. insuffisante]

Guerre civile syrienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : guerre civile syrienne.

La guerre civile syrienne éclate en 2011 et les combats ne tardent pas, au bout d'un an de conflit, à provoquer des incidents de frontière.

Officiellement, Israël est neutre dans la guerre civile, mais son opposition au gouvernement syrien demeure. Les Israéliens ont accueilli et soigné des Syriens qui se sont présentés avec des blessures dues à cette guerre, en si grand nombre que l'armée israélienne a fini par établir un hôpital de campagne à leur intention. Cependant les observateurs notent que les Israéliens ne soignent pas forcément que des civils, mais aussi des combattants rebelles, ce qui est une forme de soutien[7]. Quelques Syriennes enceintes ont pour leur part été transférées dans des hôpitaux en Israël même pour y accoucher, les installations sur le Golan n'étant pas adaptées pour cela[8]. De même, les Israéliens ont fourni de l'eau et de la nourriture à des réfugiés syriens[9].

L'ONG Physicians for Human Rights a pour sa part critiqué le refus d'Israël d'accueillir les réfugiés après les avoir soignés — une Syrienne de 17 ans a été renvoyée en Syrie alors qu'elle avait fait une demande d'asile[10].

Mission de l'ONU[modifier | modifier le code]

La Force des Nations unies chargée d'observer le dégagement (ou FNUOD) a été établie par la Résolution 350 (en) en date du 31 mai 1974 pour mettre en œuvre la Résolution 338 en date du 22 octobre 1973, par le du Conseil de sécurité de l'ONU, afin de contrôler l'application du cessez-le-feu entre les forces israéliennes et syriennes dans le no man's land du plateau du Golan né à la suite de la guerre du Kippour en 1973.

Le 15 septembre 2014, le personnel de l'ONU chargé de surveiller le cessez-le-feu et la zone de désengagement délimitée en 1974 entre Israël et la Syrie qui compte 1 223 hommes venus de six pays, Inde, Fidji, Philippines, Irlande, Pays-Bas et Népal a quitté ses positions et s'est rendu en Israël bien que son mandat vînt d'être renouvelé pour six mois, jusqu'au 31 décembre 2014 afin de s’éloigner de la zone des combats qui opposent les soldats de l'armée régulière syrienne et les rebelles islamistes, dont ceux du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda qui sont en passe de prendre le contrôle de la province de Kuneitra dans la partie du Golan non occupée par Israël. La raison du départ n'a pas été communiquée par les Nations unies. Peu avant, des dizaines de membres de la Fnuod ont été capturés et attaqués du côté syrien du plateau. Le 28 août, 45 des Casques bleus fidjiens avaient été détenus par le Front al Nosra puis libérés après négociations avec l'ONU. Dans un premier temps, le Front al-Nosra avait réclamé une aide humanitaire et son retrait de la liste des organisations terroristes de l'Onu en échange de leur libération[11].

Depuis le Golan sous contrôle israélien, la FNUOD continue de jouer son rôle d'observateur, et a dénoncé les échanges entre Israël et les rebelles syriens[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

Conséquences de la guerre[modifier | modifier le code]

Au cours de la Guerre des Six Jours et dans les mois qui suivirent, la démographie du Golan fut bouleversée. 30 000 arabes fuirent lors des combats[13]. Dès le mois de juin, l’armée israélienne commença à raser les villages syriens abandonnés et à l’automne, « le ministère de la Défense [décida] la destruction systématique des localités épargnées » par la guerre[14]. À la fin de l’année, les Israéliens avaient expulsé le reste de la population syrienne, soit environ 90 000 personnes mais autorisaient les 6 000[15] à 7 000 Druzes de la région à rester[13]. Dans le courant du mois d’août, le gouvernement israélien donna son feu vert à l’implantation de 35 avant-postes[16] du Nahal (des implantations occupées par des fermiers-soldats et destinées à devenir définitives) ainsi qu’à la culture des terres par des Israéliens[14]. Un an après la guerre, le Golan comptait également six colonies israéliennes[14].

Situation au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2013, la population du Golan est estimée à 20 000 Syriens principalement Druzes, et autant de colons israéliens[17],[18]. L'armée israélienne elle-même estime la population à 20 000 habitants juifs et 20 000 habitants druzes[19].

Cependant tous les Druzes ne sont pas Syriens, car Israël leur a proposé de leur donner sa citoyenneté. Moins de 10 % des Druzes l'ont accepté, malgré les avantages pratiques[18]. Une augmentation des demandes a été notée à la suite de la guerre civile syrienne[20]. Mais la majorité a au contraire exigé de pouvoir voter aux élections syriennes[21].

Économie[modifier | modifier le code]

L’économie est axée sur l’agriculture. Le Golan est particulièrement réputé pour ses pommes, son eau de source et son vin primé internationalement. Un tiers de la production vinicole israélienne provient de cette région. Le meilleur cru est le domaine de Bashan, qui fait un vin totalement « biologique ». La production d’huile d’olive est également très réputée. C’est également une vieille région d’élevage puisque 40 % de la viande consommée en Israël en provient.

Malgré l’omniprésence militaire, le tourisme vert se développe. Les pentes enneigées du mont Hermon comptent même une station de sports d’hiver. Aujourd’hui, c’est surtout la question de l’eau qui est au cœur de l’agenda politique israélien et régional. Une partie des affluents du Jourdain trouvent leur source sur le plateau et 35 % de l’alimentation aquifère du pays proviennent de cette région.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yigal Kipnis, The Golan Heights: Political History, Settlement and Geography since 1949, Routledge, p.56.
  2. [1]
  3. Understanding the Shebaa Farms Dispute: Roots of he Anomaly and Prospects for Resolution
  4. http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/GRESH/13311
  5. « Entre Syrie et Israël: les cartes topographiques du Joulân-Golan, vecteurs de revendications territoriales » par Michael F. Davie
  6. Les Israéliens jugent leur premier ministre trop faible pour décoloniser le Golan à la Syrie, Le Figaro, 31 mai 2008.
  7. Reportage : des Syriens soignés dans les hôpitaux de "l'ennemi" israélien
  8. City Notes: Syrian baby born in Safed hospital
  9. Israel transfers humanitarian aid, along with food and water, to victims of Syrian war
  10. Israel enmeshed in complex Syrian refugee crisis
  11. Retrait de membres de l'ONU sur le Golan, sur Le Monde 15 septembre 2014 (consulté le 16 septembre 2014)
  12. New Evidence Suggests Israel Is Helping Syrian Rebels in the Golan Heights
  13. a et b Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand-Collin, 2005, p. 241.
  14. a, b et c Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Éditions Complexe, CNRS, 2003, p. 363.
  15. (en)Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 2007, p. 667.
  16. (en) Howard Sachar, A History of Israel. From the Rise of Zionism to our Time, Knopf, 2007, p. 677.
  17. BBC News - Golan Heights profile
  18. a et b New York Times - In the Golan Heights, Anxious Eyes Look East
  19. Tsahal - Plateau du Golan
  20. With Syria ablaze, dozens of Golan Heights Druze seek Israeli citizenship | The Times of Israel
  21. Golan Heights Druze seek to vote in Syria elections | The Times of Israel

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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