Galilée (région)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Galilée.
Le district nord d'Israël correspondant à la Galilée et au plateau du Golan disputé (en hachuré).

La Galilée (hébreu : הגליל Ha-galîl, « le cercle, la région » ; arabe: الجليل al-jalîl, même signification) est une large région située dans le nord d'Israël, traditionnellement divisée en trois parties:

  • la haute Galilée ;
  • la basse Galilée ;
  • la Galilée occidentale, aussi appelée « la côte nord d'Israël ».

Géographie[modifier | modifier le code]

La Galilée est un massif montagneux rocailleux du nord d'Israël. Son point culminant est le mont Méron, à plus de 1 208 mètres. Elle possède des températures douces et une pluviosité à même d'alimenter quelques cours d'eau et propre à l'agriculture. La Galilée englobe plus du tiers du territoire actuel d'Israël, s'étendant de Dan au nord, au pied du mont Hermon, jusqu'aux monts Carmel et Guilboa au sud, et de la vallée du Jourdain à l'est jusqu'aux abords de la mer Méditerranée à l'ouest, en passant par les plaines de Jezreel et Akko. La particularité des frontières nord d'avant 1967 de l'État d'Israël forme le Doigt de Galilée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant la période romaine, la province de Palestine fut divisée en trois régions, la Judée, la Samarie et la Galilée, qui est la plus large région, située au nord. Durant la période romaine, sous l'Empereur romain César Auguste (de 30 av. J.C à 14 ap. JC) - alors que l’empire est divisé en provinces sénatoriales et impériales par l'Empereur Octave -, la province impériale de Palestine est divisée en quatre parties (tétrarchies) : la Judée (royaume du peuple d'Israël dont fait partie la Samarie), la Galilée, l'Iturée et Trachonitide, et enfin Abilène (située dans l'Antiliban). Sous l'Empereur romain Tibère César (successeur de César Auguste), la Palestine est gouvernée et administrées par le gouverneur Ponce Pilate, la juridiction de la Galilée est confiée au tétrarque Hérode-Antipas (fils d'Hérode le Grand et de Malthaké), celle de l'Iturée et Trachonitide sont confiées au tétrarque Philippe (fils d'Hérode le Grand et de Cléopâtre), et Abilène est placée sous la juridiction de Lysanias.

À la suite de la destruction du Temple de Jérusalem en l'an 70, la Galilée devint le centre spirituel du judaïsme. Elle abrita le Sanhédrin. Dans ses collines furent rédigés la Mishna et le Talmud de Jérusalem. De nombreux rabbins y vécurent et y sont enterrés, tels Rabbi Ishmaël.

Après la prise de contrôle de la région par le califat arabe en 638, celle-ci fit partie du jund de Urdunn (Jourdain). Les Fatimides chiites prirent le contrôle de la région dans les années 900 ; une secte vénérant le calife Fatimide al-Hakim bi-Amr Allah forma la religion druze, au centre-nord de la Galilée.

Durant les Croisades, la Galilée fut organisée en une principauté de Galilée, une des plus importantes seigneuries des Croisades.

Au cours du XVIe siècle, la Galilée a connu une importante migration juive constituée essentiellement de Séfarades expulsés de la péninsule ibérique. Sous leur impulsion, la ville de Safed est devenu le centre mondial du mysticisme juif et de la diffusion de la Kabbale.

Au début du XXe siècle, la Galilée fut colonisée par les Arabes, les Druzes et des minorités telles que les Circassiens et les Juifs. La population juive fut grandement augmentée par l'immigration sioniste.

Après la création de l'État d'Israël, pendant la guerre israélo-arabe de 1948, la Galilée fut envahie par les forces syriennes mais fut finalement récupérée par Israël. Une grande partie de la population arabe prit la fuite, laissant des villages entiers vides ; toutefois, davantage de Palestiniens restèrent que dans la plupart des autres zones, particulièrement à cause d'un rapprochement avec les Druzes[réf. nécessaire].

Dans les années 1950 et 1960, les kibboutz autour de la mer de Galilée subirent régulièrement les bombardements de l'artillerie de l'Armée syrienne depuis le plateau du Golan qui domine la région. Ces frappes syriennes cessèrent quand Israël envahit le plateau au cours de la guerre des Six Jours en 1967 puis l'annexa le 14 décembre 1981. Cette annexion est condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n'est pas reconnue internationalement.

À la suite de son expulsion de Jordanie, l'Organisation de libération de la Palestine a lancé, depuis le Liban, des attaques sur des villages de la Haute Galilée dans les années 1970 et 1980. Ces attaques ont poussé Israël à envahir le Liban en mars 1978 puis en 1982 conduisant à la guerre. L'armée israélienne ne quitte le sud du Liban qu'en 2000.

Galilée moderne[modifier | modifier le code]

le festival de musique Klezmer à Safed

Près d'un million d'Israéliens, dont la moitié sont des Arabes, peuplent actuellement la Galilée. Les villes les plus peuplées sont Nazareth, Tibériade, Nahariya et Karmiel. L'économie est basée sur l'agriculture, l'industrie centralisée dans quelques parcs et le tourisme.

Safed est une plus petite ville mais qui tient une grande place dans le judaïsme. C'est l'une des quatre villes saintes juives, avec Jérusalem, Hébron et Tibériade. De célèbres rabbins, dont Moïse Cordovero, Isaac Louria, Yossef Karo et Salomon Alkabetz y ont vécu ou y sont enterrés. Il s'y déroule également un festival annuel de musique klezmer mondialement connu[1].

Dans la Bible[modifier | modifier le code]

Il n'y a aucune mention de "Galil" dans le Pentateuque. Le nom apparaît au pluriel en Josué, 13, 2, avec le sens de "contrées", puis semble désigner une région particulière. Dans le premier livre des Rois chapitre 9, versets 11 à 13[2],on apprend que Salomon récompensa Hiram pour certains services effectués par celui-ci en lui offrant une plaine parmi les montagnes de Naphtali. Hiram fut déçu du cadeau, et l'appela la « terre de Cabul ». Les Judéens l'appelèrent Galil. Selon le Livre des Macchabées, la Galilée fut le théâtre de nombreux combats quand les Judéens se dressèrent contre la dynastie séleucide.

C'est dans le Nouveau Testament que la Galilée est surtout citée. L'essentiel de la vie de Jésus s'y déroule. Les trois premiers évangiles sont consacrés à ses activités dans cette région. L'expression de "Galilée des Nations" (Matthieu 4, 15, reprise d'Isaïe 8, 23) Galil haGoyim, laisse penser qu'elle symbolisait une région à convertir, face à la Judée et au Temple de Jérusalem. C'est peut-être aussi la trace de l'expression « Sagesse des Nations », les mots GLYL, Galil, Galilée, et HtKMH, Hokhmah, Sagesse ayant mêmes guématries. Voir aussi Actes des Apôtres, 2, 7 : "ces hommes qui parlent, ne sont-ils pas galiléens ?"

Sur la Galilée au temps de Jésus, voir Jésus de Nazareth#La Galilée

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. You can take the music out of the shtetl, Jerusalem Post
  2. http://www.sefarim.fr/?Library=Proph%E8tes&Book=Rois%201&Chapter=9&Verse=11
  • Texte initial de "Easton's Bible Dictionary", 1897.


Liens externes[modifier | modifier le code]