BGM-109 Tomahawk

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BGM-109 Tomahawk
Image illustrative de l'article BGM-109 Tomahawk
Vol d'essai d'un TLAM Block IV en 2002.
Présentation
Fonction missile de croisière
Constructeur General Dynamics (à l'origine) Raytheon/McDonnell Douglas
Coût à l'unité 569 000 $ US
Déploiement 1983-actuellement
Caractéristiques
Moteur Williams International F107-WR-402 turbofan à fuel TH-dimer et booster à carburant solide
Masse au lancement 1 200 kg
Longueur Sans booster : 5,56 m

Avec booster : 6,25 m

Diamètre 0,52 m
Envergure 2,67 m
Vitesse Subsonique - environ 880 km/h (550 mph )
Portée de 1 250 à 2 500 km selon les versions
Charge Conventionnelle : 1 000 lbs (450 kg) Bullpup, ou diffuseur de sous-munitions avec BLU-97/B Combined Effects Bomb
Charge nucléaire : W80 de 200 kt (inactivé en accord avec SALT)
Guidage GPS, INS, TERCOM, DSMAC
Détonation FMU-148 depuis TLAM Block III
Plateforme de lancement Système de lancement vertical (VLS) ou, pour les sous-marins, tubes lance-torpilles

Le BGM-109 Tomahawk est un missile de croisière destiné à être équipé d'une ogive nucléaire ou conventionnelle, conçu par les États-Unis dans les années 1970. Il peut être lancé d'un bâtiment de surface, d'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA), d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) ou d'un sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière (SSGN).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Explosion d'un BGM-109C à charge unitaire au-dessus d'un avion en 1986.

La poussée initiale pour l'éjection hors du tube de lancement est fournie par un moteur-fusée à carburant solide, relayé ensuite par un turboréacteur Williams F107.

Le missile est équipé d'un système de guidage inertiel et/ou d'un système GPS, ainsi que d'une tête chercheuse à infrarouge pour une frappe assez précise (de l'ordre de quelques mètres).

Il peut emporter plusieurs charges utiles, le BGM-109D Tomahawk emportant 166 sous-munitions de type BLU-97.

Il vole à une vitesse sub-sonique de 880 km/h (environ mach 0,7) et sa portée maximale est de 2 500 km. Avec une tête conventionnelle, sa portée est de 1 104 km.

Un système nommé TAINS ((en) Tercom Aided Inertial Navigation System) guide le missile tiré sur des cibles terrestres à une vitesse subsonique (800 km/h) et volant à une altitude variant entre 20 et 100 mètres (pour éviter la détection radar) jusqu'à 2 500 km de son point de tir pour les TLAM-N, 1 600 km pour les TLAM-C et E et 1 250 km pour les TLAM-D[1]. Un second système nommé DSMAC ((en) Digital Scene-Mapping Area Correlator, se prononce “dee-smack”) stocke une représentation graphique de la cible telle que le missile doit la voir en phase finale, pour s'assurer que les deux correspondent.

Le Tomahawk est notamment construit à l'usine Raytheon de Tucson. Son coût était de l'ordre de 550 000 dollars américains en 1999. Une commande de 361 TLAM Block IV est passé le 7 juin 2012 pour 337 840 000 dollars, soit 935 844,87 dollars pièce (761 613,95 euro, au cours du 15 août 2012)[2].

Variantes[modifier | modifier le code]

Sept variantes du BGM-109 Tomahawk existent, employant divers types d'ogives :

  • BGM-109A Tomahawk Land Attack Missile - Nuclear (TLAM-N) retirée du service entre 2010 et 2013, équipée d'une ogive nucléaire W80[3];
  • RGM/UGM-109B Tomahawk Anti Ship Missile (TASM) - Variante antinavire guidée par radar retiré du service dans les années 1990;
  • BGM-109C Tomahawk Land Attack Missile - Conventional (TLAM-C) - Variante mer-sol équipée d'une charge unitaire;
  • BGM-109D Tomahawk Land Attack Missile - Dispenser (TLAM-D) - Variante mer-sol équipée de sous-munitions;
  • RGM/UGM-109E Tomahawk Land Attack Missile (TLAM Block IV) - Version améliorée du TLAM-C appelée Tactical Tomahawk;
  • BGM-109G Gryphon Ground Launched Cruise Missile (GLCM) - Version sol-sol retirée du service, équipée de l'ogive nucléaire W84;
  • AGM-109H/L Medium Range Air to Surface Missile (MRASM) - Version air-sol jamais mise en service.

La version GLCM tirée depuis des camions lance-missiles a été retirée du service actif et détruite dans le cadre du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire de 1987.

Histoire[modifier | modifier le code]

La déci­sion de fabriquer une version tacti­que du missile stratégique mer-mer SLCM fut prise en 1972. Deux prototypes pouvant être tirés par un tube lance-torpilles furent mis au point  : le General Dynamics ZBGM-109 et le LTV ZBGM-110. Après essais, le BGM-109 Tomahawk fut retenu, et les pre­miers modèles de présérie virent le jour en 1977 pour entrer en service opérationnel en 1982.

Pendant la guerre du Golfe de 1991, un livre indique que 297 Tomahawk ont été tirés, dont 282 atteignirent leur cible (9 n'ont pas réussi à quitter le tube de lancement et 6 sont tombés à l'eau après avoir quitté le tube). De 2 à 6 missiles ont été abattus[4], mais un autre rapport de 1999 indique 288 TLAM tirés.

Le 17 janvier 1993, durant l'opération Southern Watch, 45 TLAM ont été tirés et le 26 juin 1993, pour l'opération Bushwhacker, 23 autres tirs ont été enregistrés.

Le 10 septembre 1995, durant les bombardements de la Bosnie-Herzégovine par l'OTAN en 1995, 13 BGM-109 Tomahawk de l'US Navy dévastèrent une tour de communication bosno-serbe dans le cadre des opérations militaires visant à débloquer le siège de Sarajevo. Trois jours plus tard, les autorités bosno-serbes acceptèrent de retirer leurs armes et des négociations débouchèrent sur les accords de Dayton deux mois plus tard, mettant fin à la guerre de Bosnie.

Du 3 au 4 septembre 1996, durant l'opération Desert Strike, 31 TLAM sont lancés à nouveau sur l'Irak.

Durant l'opération Infinite Reach effectuée le contre quatre camps d’entraînement d'Al-Qaida en Afghanistan et une usine pharmaceutique au Soudan à la suite des attentats des ambassades américaines en Afrique, 79 missiles de croisière furent tirés depuis une dizaine de navires de guerre et cinq sous-marins. Le bilan humain de ces attaques fut réduit, avec un maximum de 35 tués évoqués en Afghanistan et un garde tué au Soudan. Ces pertes humaines relativement faibles sont dues au fait que les missiles tirés étaient armés d'ogives unitaires anti-structurelles, et non de sous-munitions anti-personnel plus adaptées à ce type de missions, les navires n'ayant pas eu le temps d'être réarmés avant la date de l´opération[5].

Du 17 au 20 novembre 1998, environ 325 TLAM furent lancés de nouveau sur l'Irak lors de l'opération Desert Fox.

Durant la guerre du Kosovo, du 24 mars au 16 avril 1999, alors que les opérations étaient encore en cours, 150 Tomahawk furent lancés.

Des années 1980 à 1997, plus de 4 200 Tomahawk ont été commandés[6].

Ils ont également été utilisés lors de la guerre d'Afghanistan de 2001.

Ils ont été utilisés le 26 mars 2003 lors de l'opération libération de l'Irak pour pilonner, entre autres, le quartier général de Saddam Hussein.

En 2004 est entré en service le RGM-109E (nommé aussi Tactical Tomahawk, TacTom, TLAM-E, Tomahawk Block IV) qui, malgré une portée réduite, dispose de la capacité de reprogrammer le missile durant son vol pour attaquer une autre cible, peut survoler une zone cible pendant un certain temps, permet l'évaluation des dommages à travers une caméra de bord et dont les coûts de production sont moitié moindres que celui des Block III. Fin 2010, 4 805 exemplaires ont été commandés[7].

En 2009, plus de 1 700 Tomahawk ont été tirés dans des opérations de combat avec un taux de réussite de 85 à 90 %.

Le lors de l'opération Aube de l'Odyssée en Libye, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, 124 Tomahawk américains et britanniques[8] ont été utilisés pour neutraliser des objectifs militaires, principalement des systèmes de défense antiaériens à Tripoli et dans ses environs. Au 25 mars, le Département de la Défense déclare qu'un total de 184 missiles BGM-109 Tomahawk américains et 7 britanniques ont été lancés dans le cadre de cette opération[9].

En 2013, un système de navigation pouvant être reprogrammé par une liaison satellite couplé à un auto-directeur recherchant des sources électromagnétiques permettant d'engager des cibles mobiles, tels navires ou systèmes de défense antiaérien, est testé sur le Tomahawk IV.

Vecteurs[modifier | modifier le code]

En 1996, l'US Navy avait 142 navires totalisant 6 266 silos à missiles pouvant emporter un Tomahawk soit 72 sous-marins (696 lanceurs) et 70 navires de surface (5 570 lanceurs). Il y avait alors plus de 4 000 missiles de croisière Tomahawk dans l'inventaire[10]. Fin mars 2011, le stock est d'environ 3 200[11].

Déploiement à partir de sous-marins[modifier | modifier le code]

Tir d'un Tomahawk depuis le SSGN USS Florida.

Avec la chute du bloc soviétique et la détente qui a suivi sur le plan des armements nucléaires stratégiques, quatre sous-marins de la classe Ohio ont été convertis en sous-marins lanceurs de missiles de croisière (SSGN selon la terminologie OTAN). Les tubes de lancement contiennent chacun une dizaine de missiles Tomahawk (154 missiles au total), ce qui donne à chacun de ces sous-marins une puissance de feu considérable contre des objectifs terrestres.

Sur les sous-marins de la classe Los Angeles (sous-marin nucléaire d'attaque de l'US Navy), construits entre 1976 et 1995, depuis 1984, 12 tubes à lancement vertical (VLS, Vertical Launch System) pour les missiles Tomahawk sont montés entre le sonar avant et le kiosque. La classe Virginia dispose d'un armement similaire.

Tir d'un missile Tomahawk tactique depuis un destroyer.

La classe Seawolf s'impose comme le SNA le plus efficace qui soit. Les anglo-saxons l'ont qualifié de Hunter Killer (« chasseur tueur »). Fort de ses 8 tubes lance-torpilles de 660 mm, le SSN 21 Seawolf est le seul sous-marin au monde pouvant transporter 50 engins, tels que les torpilles Mk-48 ADCAP, des missiles AGM-84 Harpoon anti-navires ou les dernières versions du Tomahawk capables d'être tirées tant sur des navires que sur des cibles à terre.

Sur le HMS Triumph de la classe Trafalgar de la Royal Navy, mise en service à partir de 1981 et comptant sept sous-marins nucléaires d'attaque, l'armement est composé de 4 tubes UGM-109E pour missiles Tomahawk. En 2010, tous les SNA britanniques peuvent emporter cette arme.

Déploiement depuis un navire de surface[modifier | modifier le code]

USS Missouri tirant un BGM-109 Tomahawk.

Les navires de la classe Iowa sont une série de cuirassés construits pour l'US Navy durant la Seconde Guerre mondiale comportant quatre unités. Après sa dernière modernisation, l'USS Missouri (BB-63) pouvait emporter 32 missiles de croisière BGM-109.

Avec leurs systèmes de lancement verticaux, les croiseurs de classe Ticonderoga peuvent emporter un maximum de 122 missiles, les destroyers de classe Arleigh Burke 90 et les classe Spruance 61.

Sur un destroyer britannique type 45, l'artillerie navale pourrait notamment se composer de 8 missiles de croisière Tomahawk anti-navires, qui pourraient être installés si le financement est suffisant, ce qui dans le contexte budgétaire des années 2010 est extrêmement hypothétique.

Copie pakistanaise[modifier | modifier le code]

Le Hatf 7 est un missile de croisière de fabrication pakistanaise dévoilé lors de son tir d'essai en 2005. En juillet et août 1998, deux missiles de croisière américains Tomahawk tombés en territoire pakistanais lors de la frappe américaine en Afghanistan, sont retrouvés quasiment intacts dans le sud de ce pays et ont probablement subi une rétro-ingénierie fournissant ainsi des informations.

Copie sud-coréenne[modifier | modifier le code]

Le Hyunmoo-3C est un missile de croisière de fabrication sud-coréenne dévoilé à la fin des années 2000[Quand ?].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Tomahawk, Naval Air Systems Command
  2. « Tomahawk’s Chops: xGM-109 Block IV Cruise Missiles », sur Defense Industry Daily,‎ 20 juin 2012 (consulté le 15 août 2012)
  3. (en)Hans M. Kristensen, « (Still) Secret US Nuclear Weapons Stockpile Reduced », sur Federation of American Scientists,‎ 26 février 2013 (consulté le 26 février 2013)
  4. Desert Victory - The War for Kuwait, Norman Friedman, Naval Institute Press 1991
  5. Air et Cosmos, 1998
  6. (en) Cruise Missile Inventories and NATO Attacks on Yugoslavia: Background Information, Ronald O'Rourke, Service de recherche du Congrès, 20 avril 1999
  7. (en) Tactical Tomahawk, Deagel
  8. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/19/qui-participera-aux-operations-militaires-en-libye_1495866_3212.html#ens_id=1481986
  9. (en) Département de la Défense des États-Unis, « DOD News Briefing with Vice Adm. Gortney from the Pentagon on Libya Operation Odyssey Dawn », Département de la Défense des États-Unis,‎ 25 mars 2011 (consulté le 27 mars 2011)
  10. (en) BGM-109 Tomahawk, Federation of American Scientists
  11. (en) Roughead: Ships Were Ready for Odyssey Dawn, Jim Garamone, American Forces Press Service, 23 mars 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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