Sarin

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Sarin
Sarin
Identification
Nom IUPAC (RS)-O-Isopropyl méthylphosphonofluoridate
Famille chimique Composés organophosphorés fluorés
No CAS 107-44-8
SMILES
InChI
Apparence liquide incolore à brun-jaune, inodore
Propriétés chimiques
Formule brute C4H10FO2P  [Isomères]
Masse molaire[1] 140,0932 ± 0,0045 g/mol
C 34,29 %, H 7,19 %, F 13,56 %, O 22,84 %, P 22,11 %,
Propriétés physiques
fusion -57 °C[2]
ébullition 147 °C[2]
Solubilité dans l'eau : complète
Masse volumique 1,0887 (liquide, 25 °C)
1,102 (liquide, 25 °C)
Pression de vapeur saturante 1,973 mbar à 20 °C
3,9 mbar à 30 °C
13 mbar à 50 °C
Précautions
Directive 67/548/EEC
Très toxique
T+

NFPA 704

Symbole NFPA 704

 
Écotoxicologie
DL50 0,55 mg·kg-1 (rat, oral)
0,039 mg·kg-1 (rat, i.v.)
0,103 mg·kg-1 (rat, s.c.)
0,218 mg·kg-1 (rat, i.p.)[2]
Découverte Découvert par Gerhard Schrader, Ambrose, Rüdiger, Van der Linde en 1938
Précurseurs principaux difluorure de méthylphosphonyle
dichlorure de méthylphosphonyle
méthylphosphonochloridate de diisopropyle
Précurseurs secondaires phosphonate d'isopropylméthyle
Précurseurs dérivés Triméthylphosphite
trichlorure de phosphore
phosphite de triisopropyle

Le sarin (GB) est une substance inodore, incolore et volatile, de la famille des organophosphorés, extrêmement toxique pour l'homme et l'animal, même à très faible dose (0,01 ppm peut être fatal). On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Quand il ne tue pas, il laisse de graves séquelles neurologiques. Pour ces raisons, il a été utilisé comme arme chimique, avant d'être considéré comme une arme de destruction massive par les Nations unies (résolution 687). À ce titre, sa production et sa conservation sont interdites depuis 1993. Les États devaient avoir détruit leurs stocks d'armes chimiques avant 2007. En 1952, les britanniques l'ont amélioré pour en créer une version dix fois plus mortelle nommée gaz VX.

Il fait partie des armes et munitions immergées par certains pays. La France, par exemple en a immergé une certaine quantité, noyé dans du béton, au large d'Ouessant[3]. Le chlorosarin et le cyclosarin (GF) sont des dérivés du sarin.

Sommaire

Origine [modifier]

Le sarin fut découvert en 1939 à Wuppertal-Elberfeld dans la vallée de la Ruhr en Allemagne, dans les laboratoires de l'IG Farben, par trois chercheurs allemands à la recherche de meilleurs pesticides. Le composé reçoit son nom d'après ses inventeurs : Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der LINde.

Caractéristiques chimiques [modifier]

Le sarin est proche, par sa structure et ses effets, d'insecticides tels que le malathion ou le Sevin. Il est également proche de médicaments telles que la pyridostigmine, la néostigmine et l'antilirium.

À température ambiante, le sarin est incolore, inodore et liquide. Il s'évapore rapidement sous la forme d'un nuage incolore et inodore également. Sa volatilité permet de s'avancer sans risques sur un terrain touché par ce produit de quelques minutes à quelques heures plus tard (selon la météorologie).

Il est soluble dans l'eau et dans la plupart des fluides biologiques.

Durée de vie [modifier]

Le sarin a une durée de vie relativement longue quand il est conservé dans de bonnes conditions, mais il se dégrade en quelques semaines à quelques mois dans l'environnement, non sans conséquences pour les animaux avec lesquels il entrerait en contact. Il pourrait persister plus longtemps dans les sols et sédiments en l'absence d'oxygène et de lumière, et certains de ses sous-produits ou métabolites peuvent être toxiques. D'après la CIA[4], en 1989, le gouvernement irakien aurait détruit au moins 40 tonnes de sarin dégradé.

Effets biologiques [modifier]

Écorché d'une ogive d'entrainement de missile sol-sol Honest John. Les sous-munitions M139 devant contenir le sarin sont bien visibles.

Le sarin est un neurotoxique de catégorie G : il attaque le système nerveux humain.

C'est un organophosphoré très puissant, qui inhibe l'acétylcholinestérase en formant un lien covalent avec le site actif de l'enzyme, qui devrait normalement effectuer l'hydrolyse de l'acétylcholine. Cela a pour effet de permettre à l'acétylcholine de prolonger son activité, car n'étant plus éliminée, ce qui aboutit à une paralysie complète et très rapide.

Les symptômes d'une exposition au Sarin sont :

L'exposition au sarin aboutit la plupart du temps à la mort, et elle laisse toujours de graves lésions et séquelles neurologiques permanentes chez ceux qui y survivent.

Une tonne de sarin ferait entre 300 et 700 morts par kilomètre carré à supposer une densité de 3 000-10 000 pers/km2 si il est vaporisé par un avion de jour clair, ensoleillé avec un vent modéré, 400 à 800 pour une nuit claire avec un vent modéré, 3 000 à 8 000 de nuit et dans des conditions idéales de températures et de vent. La létalité de ce gaz dans des conditions autre que idéales est de 7 à 8 % par km²[5].

Traitement [modifier]

Un traitement rapide à base d'atropine ou d'antagonistes de l'acétylcholine ainsi qu'un inhibiteur des organophosphorés : pralidoxime. Une thérapie anticonvulsive à base de benzodiazépines est également instituée.

Plusieurs armées de par le monde ont mis à la disposition de leurs soldats des seringues auto-injectables à 3 compartiments pré-chargées contenant successivement de l'atropine, la pralidoxime et le diazepam. Les soldats peuvent les injecter à travers leurs tenues de combat.

Utilisations [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]

Références [modifier]

  1. Masse molaire calculée d’après Atomic weights of the elements 2007, sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a, b et c (en) « Sarin » sur ChemIDplus, consulté le 6 février 2009
  3. Voir(en) Rapport OSPAR sur les munitions immergées - (carte en page 9 pour l'UE et la zone OSPAR) Titre : Overview of Past Dumping at Sea of Chemical Weapons and Munitions in the OSPAR Maritime Area / Version 2005 ......................(ou en format compressé)
  4. Stability of Iraq's CW stockpile
  5. [PDF] (en) Proliferation of Weapons of Mass Destruction: Assessing the Risks, Office of Technology Assessment, Congrès des États-Unis, août 1993, 118 p. [lire en ligne (page consultée le 17 janvier 2012)], p. 54 
  6. Convention on the Prohibition of the Development, Production, Stockpiling and Use of Chemical Weapons and on their Destruction
  7. Mike Brunker, « Bomb said to holddeadly sarin gas explodes in Iraq », sur National Broadcasting Company, 17 mai 2004. Consulté le 7 mai 2013