Gilles Jacquier

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Gilles Jacquier

Naissance 25 octobre 1968
Évian-les-Bains, France
Décès 11 janvier 2012 (à 43 ans)
Homs, Syrie
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Journaliste reporter d'images
Formation
Distinctions
Conjoint
Caroline Poiron

Gilles Jacquier, né le 25 octobre 1968 à Évian-les-Bains et mort le 11 janvier 2012 à Homs (Syrie), est un journaliste reporter d'images français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Gilles Jacquier passe son enfance à Bernex, commune située dans le massif du Chablais[1]. Son père, boulanger, est le fondateur de l'école de ski de la commune, où son grand-père a occupé les fonctions de maire[2]. Gilles Jacquier pratique le ski alpin et entre en section sport étude à Chamonix. Il fait ses débuts en compétition et évolue en coupe d'Europe[1]. En 1987, il devient champion de France junior de super G[3]. À l'âge de 20 ans, Jacquier doit arrêter le ski à la suite d'un accident. Il entreprend des études de cinéma pour devenir opérateur de prise de vue, puis s'oriente vers le journalisme et entre à l'ESRA[2],[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Gilles Jacquier débute en tant que journaliste reporter d'images sur la chaîne locale TV8 Mont-Blanc en 1989[2]. Il rejoint le groupe France Télévisions, en 1991, et travaille en région, puis à la rédaction nationale de France 3 à partir de 1994[3],[4]. Il est grand reporter pour France 2 entre 1999 et 2006, couvrant notamment les conflits en Irak, en Afghanistan et au Kosovo, ainsi que le conflit israélo-palestinien. Il est blessé par un tir de sniper durant un reportage à Naplouse en 2002[5],[6]. Jacquier travaille ensuite pour le magazine télévisé Envoyé spécial[7].

Circonstances du décès[modifier | modifier le code]

Premiers témoignages[modifier | modifier le code]

Gilles Jacquier meurt à Homs, le 11 janvier 2012, alors qu'il couvre ce qu'on appelait alors la « révolte syrienne ». Il est le premier journaliste occidental tué pendant ces évènements[4]. Le tournage, autorisé par les autorités, est destiné au magazine télévisé Envoyé spécial. Jacquier est accompagné par le caméraman Christophe Kenck. Des reporters suisses, belges et libanais sont également présents sur les lieux, ainsi que sa compagne Caroline Poiron, reporter-photographe[8]. D'après les premiers témoignages, Jacquier est tué par un obus de mortier. Plusieurs sources anonymes interrogées par le quotidien Le Figaro attribuent la responsabilité des tirs à l'« Armée syrienne libre », qui dément ces affirmations[9],[10]. Le journaliste Sid Ahmed Hammouche, qui faisait partie du même convoi de presse, évoque la possibilité d'un crime d'État[11].

Enquête judiciaire[modifier | modifier le code]

En février 2012, un rapport d'observateurs de la Ligue arabe attribue les tirs meurtriers à l'opposition[12]. Une enquête judiciaire est ouverte en janvier 2012 par le parquet de Paris. Selon Le Figaro, qui en juillet de la même année cîte « une source proche du dossier », Gilles Jacquier a été tué par un tir d'obus venant d'un quartier sunnite rebelle et visant le quartier alaouite pro-régime où se il se trouvait : « Les analyses balistiques et les renseignements recueillis sur place […] juste après le drame indiquent que Jacquier a été tué d'un tir d'obus de mortier de 81 mm venu d’un quartier sunnite rebelle, des analyses montrent assez précisément la source du tir. ». « Tous les services spécialisés ainsi que les diplomates de l'ambassade de France à Damas sont d'accord sur cette conclusion. »[13].

Thèse de Caroline Poiron[modifier | modifier le code]

Caroline Poiron, la compagne de Gilles Jacquier, est reporter-photographe à Paris Match[9]. Le couple a des jumelles, nées en 2010[5]. En juin 2013, elle cosigne Attentat Express : Qui a tué Gilles Jacquier avec les journalistes Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallélian. L'ouvrage accuse le régime syrien d'avoir planifié la mort de Jacquier[14],[15].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Le 23 janvier 2012, le studio dans lequel les journaux télévisés de la chaîne France 2 sont tournés est baptisé « Studio Gilles Jacquier »[16]. Le 23 février 2012, une descente aux flambeaux est effectué depuis le sommet de Pelluaz par une soixante de moniteurs de l'ESF et des pisteurs de la station tandis que son père, Georges Jacquier, mène une descente des enfants[17]. En 2012, Caroline Poiron dédie à sa mémoire le webdocumentaire Homs, au cœur de la révolte syrienne[18].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

En 2002, il est lauréat du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre dans la catégorie « télévision », en compagnie de Bertrand Coq, Tatiana Derouet et Alexandre Berne[19].

Il reçoit le Prix Albert-Londres en 2003 pour Naplouse (avec Bertrand Coq), sujet diffusé dans le journal télévisé de France 2[20].

En 2007, il est lauréat du Prix international de l'enquête, attribué par le Centre de formation des journalistes de Paris, pour le reportage Ukraine, la dernière frontière diffusé dans l'émission Envoyé spécial[20],[21].

En 2009, lors du festival international du scoop et du journalisme, le Grand prix Jean-Louis Calderon lui est décerné dans la catégorie « Vidéo » pour le reportage Afghanistan : école, le tableau noir, diffusé dans l'émission Envoyé spécial[20],[22].

En 2010, il remporte la catégorie « télévision grand format » pour le reportage Afghanistan : école, le tableau noir[20],[23].

En 2011, lors du 51e Festival de télévision de Monte-Carlo, il reçoit la Nymphe d'or dans la catégorie « grand reportage d'actualité » pour Tunisie, la révolution en marche (Envoyé spécial)[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julien Berrier, « Gilles Jacquier, "Envoyé spécial" chablaisien en zone de guerre », Le Messager,‎ 31 mars 2011
  2. a, b et c Flore Olive, « Gilles Jacquier : L'adieu au grand reporter », Paris Match,‎ 19 janvier 2012
  3. a, b et c Isabelle Repiton, « Gilles Jacquier, JRI sur tous les fronts », Broadcast magazine,‎ juillet 1999
  4. a et b « Syrie : le journaliste Gilles Jacquier, de France 2, tué à Homs », Le Parisien,‎ 11 janvier 2012
  5. a et b Françoise Gruber, « Le journaliste Gilles Jacquier ne rentrera pas », Le Dauphiné libéré,‎ 12 janvier 2012
  6. (en) James Bennet, « People Get Shot All the Time. This Time a Cameraman. », The New York Times,‎ 10 avril 2002
  7. Marc Sadouni, « Décès de Gilles Jacquier, lauréat du Prix Bayeux », France 3 Normandie,‎ 11 janvier 2012
  8. Christophe Ayad, « Syrie : la mort d'un journaliste en plein chaos », Le Monde,‎ 12 janvier 2012
  9. a et b Angela Bolis, « Gilles Jacquier, une mort qui éveille les plus vifs soupçons », Le Monde,‎ 23 janvier 2012
  10. Georges Malbrunot, « Jacquier aurait été victime d'une bavure des insurgés », Le Figaro,‎ 20 janvier 2012
  11. Pierre-André Sieber, « Zones d’ombre sur le drame de Homs », La Liberté,‎ 14 janvier 2012
  12. Georges Malbrunot, « Syrie : le rapport de mission de la Ligue arabe », Le Figaro,‎ 9 février 2012
  13. Georges Malbrunot, « Jacquier : l’enquête française pointe les rebelles syriens », Le Figaro,‎ 17 juillet 2012
  14. [vidéo]Virginie Herz, « Caroline Poiron, co-auteur de "Attentat Express : qui a tué Gilles Jacquier ?" », France 24,‎ 12 juin 2013
  15. (en) « Wife of killed journalist says Syrian regime plotted death », Al-Arabiya,‎ 6 juin 2013
  16. « Le nouveau studio des JT de 13h et 20h de France Télévisions a été baptisé « studio Gilles Jacquier » », FTVi,‎ 23 janvier 2012
  17. Marie Selex, « Descente aux flambeaux exceptionnelle, en hommage à Gilles Jacquier », Le Messager, édition du Chablais, 1er mars 2012
  18. Caroline Poiron, « Homs, au coeur de la révolte syrienne », France Télévisions,‎ 2012
  19. « Les lauréats du Prix Bayeux-Calvados depuis 1994 », Prix Bayeux-Calvados
  20. a, b, c, d et e « L'hommage du JT de 20h, le 11 janvier 2012 », France 2,‎ 11 janvier 2012
  21. Claire Duvivier, « Le CFJ et le Groupe Caisse d'Epargne remettent le « Prix International de l'Enquête » », Centre de formation des journalistes de Paris,‎ 13 novembre 2007
  22. « Palmarès 2009 du Grand prix Jean-Louis Calderon », Festival international du scoop et du journalisme
  23. « Les lauréats 2010 », Prix Bayeux-Calvados

Liens externes[modifier | modifier le code]