Sniper
Un sniper est un militaire spécialiste travaillant avec un binôme (spotter ou observateur) en profondeur dans les lignes ennemies dans le but de transmettre des informations importantes pour le commandement ou de neutraliser une cible VIP. À ne pas confondre avec le tireur d'élite. Le commandement fera appel à eux de par leur grand professionnalisme, connaissance en tactique, survie, transmission, armement, tir longue distance..., pour des missions de plusieurs heures jusqu’à plusieurs jours en milieu totalement isolé.
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Dénomination[modifier]
Le terme sniper, le plus utilisé[1], vient du verbe anglais to snipe, en français « canarder ». D'autres dénominations sont parfois d'usage, tels que tireur d'élite ou tireur embusqué. L'usage du terme tireur embusqué est une erreur, dans le sens où un tireur embusqué ne dispose pas nécessairement de matériel de tir, de technique de camouflage et de formation de sniper.
Sniper a été employé dans ce sens durant la Seconde Guerre mondiale. Une des traductions françaises était franc-tireur, mais, à la différence du sniper, il comportait un aspect positif[2].
Il a été popularisé par les journalistes français lors des guerres de Yougoslavie, et plus particulièrement le siège de Sarajevo[3],[4] ; ils l'ont emprunté à des journalistes américains ou britanniques[5].
Lors de ces guerres, ces tireurs furent utilisés comme des « armes psychologiques » par le biais de tirs plus ou moins ciblés visant des militaires comme des civils, hors des opérations de combat (tirs de snipers à Sarajevo sur Sniper Alley).
Outre l'emploi militaire, on a aussi pu observer leur emploi lors d'assassinats de personnalités politiques ou publiques protégées. Ce fut le cas du président américain John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 lors d'une visite officielle à Dallas, où il fut abattu par un sniper (selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald) alors qu'il traversait la ville en limousine décapotable.
L'activité de sniper[modifier]
Arrivée sur le site et progression[modifier]
Les snipers, une fois arrivés sur le site de combat, doivent progresser jusqu'à trouver un emplacement adéquat pour en faire un poste de tir efficace. Leur progression est extrêmement lente, et faite dans certaines conditions[Lesquelles ?] en rampant avec des mouvements réduits. Au centre de formation des snipers de l'armée américaine (United States Army Sniper School), à Fort Benning, les candidats doivent par exemple s'approcher des instructeurs qui les observent dans un champ de 600 mètres pendant près de 4 heures.
Installation[modifier]
Les snipers sont des soldats de l'ombre. Lors de leur installation, ils privilégient toujours la discrétion et le camouflage. Ainsi, si la mission se déroule en groupe de deux ou trois, les soldats s'installent en général un par un, de sorte à tout le temps être couvert par un autre. Dans un environnement naturellement hostile ou à cause de la présence ennemie, il est fréquent que les snipers viennent s'installer dans des conditions qui leurs sont propices comme la nuit ou encore le brouillard, même s'ils doivent attendre plus de 24 heures sans bouger. La qualité principale d'un sniper est la patience. C'est seulement après avoir assuré la bonne illusion de son camouflage que le sniper installe son arme.
Pour ce qui est du choix de l'emplacement, il est le fruit d'une minutieuse réflexion. Certaines choses sont évidentes comme éviter de se mettre dans un endroit fréquenté ou encore sans issue mais d'autres critères nécessitent un calcul. Par exemple, le sniper doit choisir son emplacement en fonction de sa période d'action. Si il sait que sa fenêtre de tir est le matin, il va éviter de viser vers l'est, c’est à dire contre le soleil, de sorte que ce dernier joue non pas contre lui (le reflet dans la lunette le démasquerait) mais avec lui (dans son dos, il éblouit ses cibles). Il va également tenter si possible de se mettre en hauteur. En effet, un tir en plongée est beaucoup moins dur qu'en contre-plongée ne serait-ce que pour la souplesse du dos et du cou. Pour finir, le sniper doit choisir un endroit où il aura la fuite facile, tout particulièrement lorsque son fusil n'est pas équipé de silencieux. Il sera vu après son premier tir, après le deuxième si c'est son jour de chance. Un sniper qui ne change pas de position est un sniper mort. Par conséquent, il doit pouvoir partir vite, même si, dans le pire des cas, il doit abandonner son fusil.
Actions[modifier]
Le sniper est un tireur de grande précision, utilisé dans divers contextes pour appliquer des tirs chirurgicaux de longues distances, afin d'éliminer principalement des personnels, mais aussi dans certains cas, du matériel léger. La devise du sniper est un tir un mort (one shot one kill). Opérant toujours à couvert dans l'ombre, le sniper cherche à tout prix à garder sa position inconnue de ses ennemis, un impératif pour ne pas être éliminé. Généralement, le sniper est accompagné d'un observateur, qui aide le calcul du tir en indiquant la distance via une lunette monoculaire, la force et l'orientation du vent ainsi que d'autres paramètres.
Il se dissimule avec des tenues de camouflage sophistiquées (ghillie suit) et a pour tâche à l'origine d'abattre des officiers adverses et d'autres militaires importants (sapeurs, transmissions, etc.).
Le sniper (ou tireur embusqué) diffère du tireur de précision (marksman ou anciennement sharpshooter en anglais) principalement dans la doctrine d'emploi, totalement différente : le sniper agit en petite équipe (en duo, en trio voire isolément) de manière isolée, tandis que le tireur de précision appartient à une section d'infanterie. Ils n'emploient généralement pas le même calibre ni le même type d'arme. Le tireur d'élite peut utiliser certaines armes comme le Barret.cal50 et bien d'autres.
Matériel utilisé[modifier]
Armes[modifier]
Le sniper préfère des fusils de moyen ou gros calibre à répétition manuelle car ils tirent peu et à grande distance.
Par métonymie, sniper désigne également l'arme du sniper : le fusil de précision.
Optiques[modifier]
Les snipers modernes utilisent presque exclusivement des lunettes de tir à grossissement optique, voire des lunettes spéciales : infrarouge, de vision nocturne, thermique... Ces dispositifs permettent de distinguer la cible à des distances supérieures par rapport à la mire métallique et de profiter au maximum de la précision des fusils modernes ; en effet, au-delà de 500 m, une cible humaine fait déjà la taille du viseur lui-même, rendant impossible un tir précis alors que la portée de l'arme peut dépasser 1000 m.
En revanche, historiquement, certains snipers se sont passés de ces moyens modernes. Ainsi, les premiers tireurs d'élite disposaient de fusils atteignant des portées bien moindres que la norme actuelle, rendant superflu l'emploi d'un dispositif onéreux à l'époque. Pour des raisons plus tactiques (éviter le reflet du soleil dans le verre de la lunette), le tireur finlandais Simo Häyhä opérait à la mire métallique, ce qui ne l'empêcha pas de faire un carnage parmi les forces d'invasion russes de la 2de Guerre Mondiale.
Tenue(s)[modifier]
En général, le sniper opère de manière couverte, infiltré dans des milieux divers et variés. Pour se confondre dans ce milieu, et en fonction de ses besoins, il peut utiliser une tenue particulière : ghillie. Cette tenue est composée d'un ensemble de tissu et différents matériaux permettant de reproduire l'aspect 3D d'une géographie particulière : un terrain, une brousse, des roches...
Ces tenues suivent des critères de base en rapport direct avec les géographies connues du monde actuel. De plus, pour parfaire l’illusion et se fondre parfaitement dans le terrain choisi, le sniper peut adapter des composants déjà présents sur le terrain à sa tenue, tels que des feuillages, des branchages ou bien des roches.
Historique[modifier]
Dans les armées du monde[modifier]
En France[modifier]
Le sniper opère au sein d'un binôme constitué d'un tireur d'élite et d'un chef de pièce, avec une grande autonomie et utilise une arme d'un calibre supérieur (en général un PGM Hécate II en 12,7 mm) qui permet des tirs précis à plus de 1 800 m[6]. Le pouvoir de pénétration étant supérieur, ce calibre permet des tirs anti-matériels efficaces (destruction de transformateurs électriques, de moteurs non-protégés, etc.)
États-Unis[modifier]
Annexes[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Record authentifié de longueur de tir par un tireur d'élite
- Liste de tireurs d'élite de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Est.
- Craig Harrison, militaire de la British Army, détenteur du record confirmé du plus long tir ayant entraîné la mort au combat avec 3 tirs au but à 2 475 mètres.
- Robert Furlong, militaire canadien détenteur du record confirmé du plus long tir ayant entraîné la mort au combat entre 2002 et 2009 avec 2 430 mètres.
- Simo Häyhä, un soldat finlandais considéré comme le meilleur tireur d'élite de l'histoire.
- Vassili Grigorievitch Zaïtsev, un soldat de l'Armée rouge célèbre.
- Juba (tireur d'élite), tireur d'élite irakien impliqué dans l'insurrection irakienne.
- Heinz Thorvald,colonel dans la Wehrmacht et est responsable du détachement des tireurs d'élites engagés dans la bataille sanglante de Stalingrad.
- Sniper Alley, surnom d'une avenue de Sarajevo où opéraient les snipers durant la guerre de Bosnie-Herzégovine;
- Dragunov, fusil de précision de fabrication russe le plus utilisé dans le monde : il est utilisé par de nombreuses armées, guérillas et groupes terroristes.
- Fusil de précision
Liens externes[modifier]
- (fr) Page sur les Tireurs d'Élite du 152e Régiment d'Infanterie sur Forces-Spéciales.org
- Tireur d'élite pendant la Seconde Guerre mondiale
Bibliographie[modifier]
- Snipers, tireurs d'élite et armes de précision du monde Éditions Mission Spéciale Productions.[1]
- Tireur d'élite, Philippe Perroti, Fribourg (Suisse), NDS, 2003, (ISBN 2-9700409-4-8)
Sources et références[modifier]
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Tireur de précision » (voir la liste des auteurs).
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Fusil de précision » (voir la liste des auteurs).
- Le moteur de recherche Google affiche 12 600 000 de résultats pour le terme sniper, contre 538 000 pour tireur d'élite, et 55 900 pour tireur embusqué (pages en français)
- « Ces mots venus d'ailleurs », Le Français dans le monde, Librairies Hachette et Larousse, no 278, 1996, p. 52
- Jean Peeters, La Médiation de l'étranger : une sociolinguistique de la traduction, Artois Presses Université, 1999, 368 p., p. 298
- Véronique Brocard, La télévision : enquête sur un univers impitoyable, Lieu commun, 1994, 278 p., p. 111
- Jean Peeters, La Médiation de l'étranger : une sociolinguistique de la traduction, Artois Presses Université, 1999, p. 304
- D. Lhéritier, Tireur d’élite ou de précision : la réalité du métier, 2012 [lire en ligne]