Hassan Rohani

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Hassan Rohani
حسن روحانی
Hassan Rohani, en 2013.
Hassan Rohani, en 2013.
Fonctions
7e président de la République islamique d'Iran
En fonction depuis le 4 août 2013
(1 an, 1 mois et 16 jours)
Élection 14 juin 2013
Chef de l'État Ali Khamenei
(Guide suprême)
Prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad
29e Secrétaire général du
Mouvement des non-alignés
En fonction depuis le 4 août 2013
(1 an, 1 mois et 16 jours)
Prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad
Membre de l'Assemblée des experts
pour Semnan, puis Téhéran
En fonction depuis le 18 février 2000
Vice-président du Majlis
28 mai 199226 mai 2000
Président Ali Akbar Nategh-Nouri
Prédécesseur Behzad Nabavi
Successeur Mohammad-Reza Khatami
Membre du Conseil de discernement de l'intérêt supérieur du régime
En fonction depuis le 8 mai 1991
Président Akbar Hashemi Rafsanjani
Secrétaire du Conseil suprême de
la Sécurité nationale
14 octobre 198915 août 2005
Président Akbar Hashemi Rafsanjani
Mohammad Khatami
Prédécesseur Hossein Mousavian
Successeur Ali Larijani
Membre du Majlis
28 mai 198026 mai 2000
Biographie
Nom de naissance Hassan Feridon
Date de naissance 12 novembre 1948 (65 ans)
Lieu de naissance Sorkheh, province de Semnan (Iran)
Nationalité iranienne
Parti politique Parti de la république islamique
(1979-1987)
Association du clergé militant
(1987-2013)
Parti des cadres de la construction
(depuis 2010)
Diplômé de Université calédonienne de Glasgow
Université de Téhéran
Religion Islam chiite

Hassan Rohani
Présidents de la République islamique d'Iran

Hassan Rohani (prononcé « Rouhani », en persan : حسن روحانی), né le 12 novembre 1948 à Sorkheh, est un homme d'État, diplomate et universitaire iranien.

Candidat à l'élection présidentielle iranienne de 2013, Hassan Rohani, présenté comme le seul candidat modéré de la campagne, est élu président de la République islamique d'Iran au premier tour, avec 50,7 % des suffrages exprimés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né à Sorkheh, près de Semnan, il commence ses études religieuses en 1960, d'abord dans le séminaire de Semnan avant de rejoindre celui de Qom en 1961. Admis à l'université de Téhéran en 1969 où il obtient sa maîtrise de droit en 1972, Rohani continue ses études au Royaume-Uni à l'université calédonienne de Glasgow dont il détient un doctorat en droit constitutionnel[1],[2].

Outre sa langue maternelle, le persan, il parle couramment l'anglais, le français, l'allemand, le russe et l'arabe[3].

Religieux[modifier | modifier le code]

En tant que jeune clerc, il commence ses activités politiques en suivant Rouhollah Khomeini pendant les débuts du mouvement de protestation islamique en Iran.

Après la Révolution de 1979[modifier | modifier le code]

Après la victoire de la révolution, il est élu député au Majlis en 1980 et le demeure pendant vingt ans, occupant la fonction de vice-président de l'Assemblée de 1992 à 2000. Durant la guerre Iran-Irak, Rohani est membre du Conseil suprême de défense de 1982 à 1988 et le chef de son Comité exécutif entre 1986 et 1988. Il est également le commandant des Forces aériennes iraniennes de 1986 à 1991.

En 1986, avec un groupe d'officiels Iraniens modérés, il fait pression pour que les Américains vendent du matériel militaire à l'Iran en échange de négociations avec le Hezbollah, afin de faire libérer les otages américains au Liban. Cela déboucha sur l'affaire Iran-contra, scandale de l'ère Reagan où la vente d'armes à l'Iran par l'administration américaine fut révélée[4].

Hassan Rohani est le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale de 1989 à 2005. Il est par ailleurs membre du Conseil de discernement depuis 1991, puis de l'Assemblée des experts depuis 2000. D'octobre 2003 à août 2005, il est également le négociateur en chef du dossier nucléaire iranien. À ce poste, il accepte en novembre 2004 la proposition formulée par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne visant à suspendre l'enrichissement de matière fissile jusqu'à ce que l'Iran puisse prouver qu’il ne cherche pas à obtenir la bombe atomique ; cette décision lui vaut de devenir la cible de nombreux conservateurs iraniens, qui l'accusent d'avoir cédé aux demandes occidentales, et l'amènent à envoyer son collaborateur Mohammad Javad Zarif (devenu en 2013 son ministre des Affaires étrangères) renégocier un accord, finalement refusé par les Européens[5].

Hassan Rohani exprime son soutien aux manifestants lors du soulèvement postélectoral de 2009 et critique la répression menée par le régime à la suite de la réélection contestée du conservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l'Iran[6],[3].

Candidat des réformateurs et modérés en 2013[modifier | modifier le code]

Le 14 avril 2013, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle du mois de juin[7].

Perçu comme partisan d'un rapprochement avec les pays occidentaux et du respect des droits de l'homme[8], il bénéficie du soutien des « modérés » et fédère autour de lui le camp des « réformateurs » de l’opposition : il reçoit ainsi le soutien des anciens présidents Hachemi Rafsandjani, dont la candidature a été rejetée, et Mohammad Khatami. Quatre jours avant le scrutin, le candidat Mohammad Reza Aref se retire en sa faveur[9].

Président de la République islamique[modifier | modifier le code]

Le 14 juin, il est élu président à la surprise générale, en remportant 18 613 329 voix sur un total de 36 704 156, soit 50,71 % des suffrages, loin devant ses cinq adversaires, parmi lesquels le maire de Téhéran, Mohammad Ghalibaf (16,56 %). Hassan Rohani parle de « victoire de la modération sur l'extrémisme », tout en reconnaissant qu'il n'existe pas de solutions miracles pour résoudre les problèmes rencontrés par le pays, notamment au niveau économique. Il devra en outre composer avec le Guide de la Révolution, Ali Khamenei, dont les pouvoirs sont importants, et un Parlement à majorité très conservatrice[3].

Considéré comme plus modéré que son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, il est toutefois parfois accusé de tenir un double discours, comme le pense le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le comparant en « un loup déguisé en mouton », après des déclarations qu'il aurait prononcées le 2 août 2013 à l'occasion de la Journée annuelle de Jérusalem[10],[11].

Article détaillé : Programme nucléaire iranien.

Après l'élection d'Hassan Rohani à la présidence de la République iranienne, l'Iran fait publiquement part de sa plus grande disposition à trouver un accord sur le nucléaire, alors que les sanctions prises par les pays occidentaux depuis plusieurs années portent leurs fruits. Fin novembre, un accord est trouvé entre Téhéran et le groupe 5 + 1 (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie + l'Allemagne), qui prévoit notamment que l'Iran n'enrichisse pas d'uranium à plus de 5 % pendant six mois, dilue la moitié de ses stocks actuels, suspende les usines de Natanz, Fordow et Arak sans construire de nouveaux sites d'enrichissement, alors que l'AIEA aura désormais un accès quotidien et sans préavis à Natanz et Fordow. En contrepartie, les Occidentaux s'engagent à suspendre leurs sanctions économiques sur l'industrie, l'automobile, le commerce de l'or ou encore les exportations pétrochimiques, à ne pas essayer d'entraver encore plus la vente du pétrole iranien, en notant que ces levées sont « limitées, temporaires et ciblées » et peuvent à tout moment être annulées en cas de non-respect des engagements iraniens[12],[13].

Hassan Rohani a également favorisé une présence féminine, encore timide, dans les instances dirigeantes du pays. Les Iraniennes peuvent être députée et même ministre, mais n’ont pas accès aux fonctions de juges. Aucune n’a été autorisée à se présenter à la présidentielle depuis 1979. Pour autant , si l’on compare l’Iran et les autres pays de cette région du monde, le statut des iraniennes reste un peu plus favorable et une volonté s’affirme progressivement de lutter contre la discrimination. En 1997, l’ex-président Mohammad Khatamiavait nommé Masoumeh Ebtekar vice-présidente de la République et ministre de l’environnement. L’ex- président Mahmoud Ahmadinejad, qui lui a succédé, avait nommé en 2009 une femme à la tête du ministère de la Santé avant de la révoquer en 2013. Hassan Rohani, peu après sa nomination, nomme Elham Aminzadeh vice-présidente chargée des Affaires juridiques et des relations avec le Parlement. Il appelle aussi ses ministres à féminiser davantage leur ministère. Et il met en exergue par un message sur Twitter la nomination de Marzieh Afkham comme porte-parole de la diplomatie iranienne[14]. Par contre, il ne créé pas de ministère de la femme, bien qu’il l’ait promis comme candidat à la présidence[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Amir Dastmalchian, « Iranian Election Candidate Queried on Academic Credentials », Huffington Post,‎ 12 juin 2013 (lire en ligne)
  2. (en) « Investigating Presidential Prospect Rowhani's Academic Past », Iran Election Watch,‎ 27 janvier 2013 (consulté le 15 juin 2013)
  3. a, b et c (en) « Profile: Hassan Rouhani », BBC News, 16 juin 2013.
  4. Foreign Policy, "The Kerry Doctrine", numéro 203, P 80, Décembre 2013
  5. Renaud Girard, « Le chemin de crête du négociateur en chef de la République islamique », in Le Figaro, vendredi 8 novembre 2013, page 2.
  6. « Hassan Rohani : un religieux modéré partisan d'une détente avec l'Occident », Le Figaro, 15 juin 2013.
  7. « L'ex-négociateur nucléaire iranien candidat à la présidentielle », Le Monde, 11 avril 2013.
  8. « Qui est Hassan Rohani, le nouveau président iranien ? », LCI-TFI, 15 juin 2013.
  9. « Iran : le modéré Hassan Rohani remporte la présidentielle dès le premier tour » sur Les Échos, 15 juin 2013
  10. Lina Ziadi, « Iran : premiers signaux ambigus du président Rohani  », in Le Figaro, samedi 3 / dimanche 4 août 2013, page 4.
  11. Les propos d'Hassan Rohani ont été déformés, lalibre.be, publié le vendredi 02 août 2013 à 12h38 - mis à jour le mardi 6 août 2013
  12. Isabelle Lasserre, « Un accord historique freine le nucléaire iranien », in Le Figaro, lundi 25 novembre 2013, page 6.
  13. « Les principaux points de l'accord », in Le Figaro, lundi 25 novembre 2013, page 6.
  14. AFP, « Marzieh Afkham, première femme porte-parole de la diplomatie iranienne », Libération,‎ 29 août 2013 (lire en ligne)
  15. Rédaction Le Point, « Iran : les femmes du président », Libération,‎ 13 septembre 2013 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]