État islamique (organisation)

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État islamique
Image illustrative de l'article État islamique (organisation)
Devise : « La ilaha illa Allah »
(Il n’y a de dieu que Dieu)[1]

Idéologie Islamisme sunnite, panislamisme, salafisme, djihadisme, anti-chiisme, takfirisme, antioccidentalisme
Objectifs Établissement d'un califat dans le monde musulman
Instauration de la charia[2]
Statut Actif
Fondation
Date de formation 13 octobre 2006
Fondé par Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak
Pays d'origine Irak
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentat-suicide, prise d'otages
Zone d'opération Drapeau de l'Irak Irak
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau du Liban Liban

Groupes vassaux :
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau de la Libye Libye[3],[4]
Drapeau de l'Algérie Algérie[5],[6]
Drapeau du Yémen Yémen[7]
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite[7]
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau des Philippines Philippines[8],[9],[10]
Période d'activité Depuis 2006
Organisation
Chefs principaux Abou Omar al-Baghdadi (émir tué en 2010)
Abou Bakr al-Baghdadi (calife le 29 juin 2014)
Membres 2013 : 11 000 à 13 000[11],[12]

2014 : 20 000 à 75 000[13],[14]
Fait partie de Al-Qaïda
(jusqu'en décembre 2013)
[27]
Financement Contrebande de pétrole[15], impôts (jebaya)[16], Zakât[17], exploitation agricole, pillage de banques[18], enlèvements[19], vente d'électricité[20], rançons, financement indirect ou privé depuis le Qatar[21],[20], le Koweït[22], l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis[23],[24]
Sanctuaire Mossoul et Racca
Groupe relié Groupes vassaux :
Majilis Choura Chabab al-Islam
Ansar Bait al-Maqdis
Jund al-Khilafah
Abou Sayyaf
BIFF

Groupes alliés :
Boko Haram[25]
Tehrik-e-Taliban Pakistan[26]
Répression
Considéré comme terroriste par Algérie

Arabie saoudite[28]
Australie[29]
Canada[30]
États-Unis[31]
France[32]
Indonésie[33]
Royaume-Uni[34]
Tunisie[35]
Turquie[36]
Union européenne (non inscrit officiellement)[32]
Indonésie[33]

Guerre contre l'État islamique
Guerre d'Irak
Guerre civile syrienne

L'État islamique (en abrégé EI) — en arabe الدولة الإسلامية (ad-dawla al-islāmiyya) — est une organisation armée djihadiste salafiste qui a proclamé le 29 juin 2014 l'instauration d'un califat sur les territoires irakiens et syriens qu'elle contrôle.

Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (EII), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État de l'Irak, puis également, à partir de 2013, de la Syrie. Initialement lié à Al-Qaïda, l'EII s'en est progressivement affranchi, pour s'en séparer tout à fait en 2013.

Le 9 avril 2013, l'EII devient l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou État islamique en Irak et al-Sham (EIIS)[37],[note 1] — الدولة الاسلامية في العراق والشام (ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām) —[38], parfois désigné par l'acronyme anglais ISIS[39],[40] ou par l'acronyme arabe Daech / Daesh (داعش), principalement par les opposants à l'EI[41],[42],[43],[44].

Le 29 juin 2014, l'État islamique en Irak et au Levant annonce le rétablissement du califat dans les territoires sous son contrôle et Abou Bakr al-Baghdadi se proclame calife, successeur de Mahomet, sous le nom d'Ibrahim. L'organisation prend, dans ses communiqués, le nom d'État islamique[45].

L'État islamique est considéré comme le mouvement djihadiste le plus violent au monde avec Boko Haram[46]. Il est accusé par l'ONU, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne d'être une organisation terroriste responsable de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité[47],[48],[49]. Depuis août 2014, une coalition internationale de 22 pays intervient militairement contre cette organisation[50].

Origine et création[modifier | modifier le code]

L'État islamique d'Irak est créé le 13 octobre 2006[51],[52], par le Conseil consultatif des Moudjahidines en Irak — une alliance de groupes armés djihadistes dont fait partie Al-Qaïda en Irak —, mais aussi par cinq autres groupes djihadistes irakiens[53], avec une trentaine de tribus sunnites représentant environ 70 % de la population de la province d'al-Anbar (ouest de l'Irak)[54].

Progressivement, la branche irakienne d'Al-Qaïda est absorbée dans l'État islamique ; son chef, Abou Hamza al-Mouhajer, prête d'ailleurs serment d'allégeance à Abou Omar al-Baghdadi, émir de l'État islamique d'Irak. En 2007, Ayman al-Zaouahiri annonce que « Al-Qaïda en Irak n'existe plus ». Les combattants de ce mouvement ont rejoint pour la plupart l'État islamique d'Irak[55],[56].

Idéologie[modifier | modifier le code]

L'État islamique est un mouvement djihadiste et salafiste, particulièrement hostile aux chiites. Son objectif est le rétablissement du califat des Abbassides[57]. Selon Jean-Pierre Perrin, grand reporter à Libération, d'après certains chercheurs arabes, l'idéologie de l'État islamique emprunte davantage au Kharidjisme qu'au Wahhabisme[58].

Relations avec Al-Qaïda[modifier | modifier le code]

Les relations de l'EIIL avec Al-Qaïda, dirigé depuis la mort d'Oussama ben Laden par Ayman al-Zaouahiri, sont ambiguës. Bien que certaines branches locales d'Al-Qaïda en Syrie et en Irak aient fait allégeance à l'EIIL, les deux mouvements sont devenus rivaux.

Le 9 avril 2013, Abou Bakr al-Baghdadi déclare que le Front al-Nosra est une branche de l'État islamique d'Irak en Syrie, il annonce la fusion de EII et du Front al-Nosra pour former l'État islamique en Irak et au Levant. Mais le chef d'al-Nosra, Abou Mohammad al-Joulani, bien qu'il reconnaisse avoir combattu en Irak sous ses ordres puis d'avoir bénéficié de son aide en Syrie, ne répond pas favorablement à l'appel d'al-Baghdadi et renouvelle son allégeance à Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda[55].

En juin et en novembre 2013, Ayman al-Zaouahiri demande à l'EIIL de renoncer à ses prétentions sur la Syrie, estimant qu'Abou Bakr al-Baghdadi, « a fait une erreur en établissant l'EIIL » sans lui en avoir demandé la permission ni même l'avoir informé. Il annonce que : « L’État islamique en Irak et en Syrie (EIIL) va être supprimé, alors que l'Etat islamique en Irak (ISI) reste opérationnel. » Pour al-Zaouahiri, le Front al-Nosra demeure la seule branche d'Al-Qaïda en Syrie[59].

À son tour, al-Baghdadi rejette les déclarations d'al-Zaouahiri[55]. En réalité, l'EIIL se considère comme un État indépendant et ne souhaite prêter aucune allégeance à Al-Qaïda, ni à aucune autre structure[56].

Des divergences opposent également Al-Qaïda et l'EIIL : les premiers considèrent que le djihad doit être mené prioritairement contre les États-Unis, Israël, les pays occidentaux et leurs alliés régionaux ; de son côté, depuis le départ des Américains d'Irak, l'EIIL considère que l'ennemi principal est désormais l'Iran et les chiites[55].

En 2014 cependant, Al-Qaïda et l'EIIL entrent en conflit direct. Le 6 janvier, les rebelles syriens se révoltent contre l'EIIL, et le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, prend part à l'offensive, principalement à Racca. Al-Julani, le chef d'Al Nosra, estime que l'EIIL a une forte responsabilité dans le déclenchement du conflit mais appelle à un cessez-le-feu[60]. Mais le 11 ou le 12 janvier, à Racca, l'EIIL exécute 99 prisonniers membres du Front al-Nosra et d'Ahrar al-Sham selon l'OSDH[61],[62].

Le 2 février 2014, Al-Qaïda publie un communiqué dans lequel il condamne les actions de l'EIIL et confirme que ce mouvement « n'est pas une branche d’Al-Qaïda, n'a aucun lien organisationnel » avec eux et qu'il « n'est pas responsable de ses actions »[63].

Le 4 avril 2014, Ayman al-Zaouahiri appelle à un « arbitrage indépendant en vertu de la loi islamique » afin de mettre fin aux combats qui opposent en Syrie l'État islamique d'Irak et du Levant et le Front al-Nosra. Selon Romain Caillet, chercheur à l'institut français du Proche-Orient et spécialiste de la mouvance salafiste, le projet soutenu par al-Zaouahiri aurait pour conséquence de former une seule instance juridique, placée au-dessus de toutes les autres. L'autorité de l'EIIL, sur les territoires qu'il contrôle, serait alors dissoute. C'est la principale raison pour laquelle l'EIIL, qui se voit comme un véritable État, refuse cette solution et préfère celle dite des « tribunaux conjoints », où le jury serait composé pour moitié de membres de l'EIIL et pour l'autre de la brigade plaignante[64].

Le 2 mai 2014, Ayman al-Zaouahiri donne l'ordre au Front al-Nosra de cesser de combattre d'autres groupes djihadistes et de « se consacrer au combat contre les ennemis de l'islam, en l'occurrence les Baasistes, les Chiites et leurs alliés. » Il appelle également Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'EIIL à se concentrer sur l'Irak[65]. Ces instructions ne sont pas suivies, à cette même période, la bataille de Al-Busayrah s'engage entre Al-Nosra et l'EIIL, près de Deir ez-Zor[66].

Le 12 mai, Abou Mohammed al-Adnani, chef de l'EIIL en Syrie, qualifie les messages de Ayman al-Zaouahiri de « déraisonnables, irréalistes et illégitimes ». Il déclare à ce dernier dans un enregistrement : « Vous avez provoqué la tristesse des moudjahidines et l'exultation de leur ennemi en soutenant le traître (Abou Mohammad al-Joulani, chef d'al-Nosra). Le cheikh Oussama (c'est-à-dire : Oussama ben Laden, ancien chef d'Al-Qaïda) avait rassemblé tous les moudjahidines avec une seule parole, mais vous les avez divisés et déchirés. […] Vous êtes à l'origine de la querelle, vous devez y mettre fin[67]. »

La question du califat[modifier | modifier le code]

Proclamation du califat par l'État islamique en 2014[modifier | modifier le code]

  •      Territoire contrôlé (novembre 2014)
  •      Territoire revendiqué
  •      Reste de la Syrie et de l'Irak

Le 29 juin 2014, premier jour du ramadan, l'État islamique en Irak et au Levant annonce l'établissement d'un califat et l'émir Abou Bakr al-Baghdadi est proclamé calife sous le nom d'Ibrahim. L'EIIL se fait connaître sous le nom d'État islamique (EI)[45]. L'EI se revendique comme le successeur des précédents califats, le dernier ayant disparu en 1924 avec le démantèlement de l'Empire ottoman[68]. Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l'EI, déclare qu'il est du « devoir » de tous les musulmans du monde de prêter allégeance au nouveau calife Ibrahim : « Musulmans (...) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l'Occident. Revenez à votre religion »[69].

Selon Charles Lister, chercheur associé au Brookings Doha Centre : « D'un point de vue géographique, l'État islamique est déjà parfaitement opérationnel en Irak et en Syrie. Il est en outre présent — mais caché — dans le sud de la Turquie, semble avoir établi une présence au Liban, et a des partisans en Jordanie, à Gaza, dans le Sinaï, en Indonésie, Arabie saoudite et ailleurs »[69]. Pour Shashank Joshi, du Royal United Services Institute à Londres, la proclamation du califat « ne change rien matériellement », mais « ce qui change réellement c'est (...) l'ambition » de l'État islamique, qui montre sa confiance dans sa force et défie Al-Qaïda[69].

Par cette proclamation l'EI tient à montrer sa puissance et menace le leadership d'Al-Qaïda sur les mouvements armés djihadistes salafistes. Pour Charles Lister : « Tous les groupes liés à Al-Qaïda et les mouvements djihadistes indépendants vont devoir décider s'ils soutiennent l'État islamique ou s'ils s'opposent à lui »[70]. Dans un communiqué, l'EI ordonne à Al-Qaïda et aux groupes armés islamistes de se soumettre à son autorité[68]. Plus généralement, l'EI déclare qu'Abou Bakr al-Baghdadi est devenu le « chef des musulmans partout » dans le monde[71].

Reconnaissance ou contestation du califat de l'État islamique dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

La déclaration du califat du 29 juin 2014 est rejetée par les rebelles syriens du Front islamique et les djihadistes du Front al-Nosra qui déclarent considérer cette proclamation « comme nulle et non avenue, légalement et logiquement »[72].

Le 1er juillet, le gouvernement des États-Unis réagit et affirme que « cette déclaration ne signifie rien pour les populations en Irak et en Syrie »[69].

Le 4 juillet 2014, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) publie un communiqué dans lequel il rejette le califat de l'EI. Il dénonce une proclamation faite « sans consultation avec les chefs des moujahidines » et demande à l'EI quel sort il réserve aux émirats autoproclamés, comme l'Émirat islamique d'Afghanistan et l'Émirat islamique du Caucase. AQMI déclare « vouloir un califat, dans la voie de la prophétie, sur la base de la choura (la consultation), et qui cherche à unir les musulmans et à épargner leur sang »[73]. Cependant en septembre, un groupe de combattants menés par Gouri Abdelmalek, dit Khaled Abou Souleïmane, émir de la région centrale en Algérie, fait scission d'AQMI et rallie l'EI. Le groupe se nomme Jund al-Khilafa (« Les Soldats du califat »)[74]. Et, quelques jours plus tard, la katiba Okba Ibn Nafaâ, active en Tunisie et liée à AQMI, annonce apporter son soutien à l'EI[75].

La proclamation est également rejetée en juillet 2014 par le prédicateur islamiste Abou Qatada qui déclare qu'elle est « nulle et non avenue, et sans aucun sens parce qu'elle n'a pas été approuvée par les jihadistes dans d’autres parties du monde. [...] Ce groupe n’a pas l’autorité pour diriger tous les musulmans et sa déclaration n’engage que lui »[73].

Au Nigeria, Boko Haram ne prend pas parti entre l'EI et al-Qaïda. Dans une vidéo diffusée le 13 juillet 2014, Abubakar Shekau apporte son soutien à la fois à Abou Bakr al-Baghdadi, calife de l'État islamique, à Ayman al-Zaouahiri, émir d'Al-Qaïda et au Mollah Omar, chef des Talibans[76].

En Libye, le groupe Majilis Choura Chabab al-Islam (Conseil consultatif de la jeunesse islamique), actif à Derna, annonce apporter son soutien à l'EI en juin 2014[77]. Le 3 octobre, il prête allégeance à l'État islamique et en fait l'annonce le 31[7].

En août 2014, aux Philippines, Abu Sayyaf et les Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro, font allégeance à l'État islamique. En revanche le Front Moro islamique de libération, qui se revendique comme modéré, dénonce l'extrémisme de l'EI et condamne « tout acte barbare et sauvage, qu'il soit le fait d'autres groupes dont l'Etat islamique (EI) ou de ses membres »[78].

Enfin, le 4 juillet 2014, Youssef al-Qaradâwî, président de l'Union internationale des savants musulmans (oulémas), membre de la confrérie des Frères musulmans ainsi que du Conseil européen pour la recherche et la fatwa, déclare que l'État islamique « viole la charia »[79]. Selon lui, le titre du calife doit être « accordé par la nation musulmane entière » et « un groupe connu par ses atrocités et ses vues radicales ne sert pas le projet islamique »[80].

Le 19 août 2014, Abdul Aziz ibn Abdillah Ali ash-Shaykh, Grand Mufti de l'Arabie saoudite dénonce « les idées d’extrémisme, de radicalisme et de terrorisme » des djihadistes de l'État islamique et déclare que ces derniers sont « l'ennemi numéro un de l’islam ». Il estime par ailleurs que « les musulmans sont les principales victimes » de leurs exactions[81].

Le 4 octobre 2014, le Tehrik-e-Taliban Pakistan annonce apporter son soutien à l'État islamique, indiquant qu'ils allaient leur « fournir des moudjahidines ». Le TTP appelle également les autres groupes djihadistes à mettre de côtés leurs rivalités et à s'unir[82]. Certains combattants font dissidence du TTP et rallient l'EI, ils forment le Tehrik el Khilafat et le Jamat-ul Ahrar[7]. Abou Omar Maqbool, porte-parole du TTP fait également allégeance à l'EI, ce qui provoque sa destitution de la part du commandement taliban[7].

Le 10 novembre, Ansar Bait al-Maqdis, le plus important groupe armé djihadiste égyptien, actif dans le Sinaï, annonce prêter allégeance à l'État islamique[83].

Dans un communiqué daté du 13 novembre Abou Bakr al-Baghdadi reconnait les allégeances des groupes d'Égypte, de Libye, d'Algérie, du Yémen et d'Arabie saoudite[7].

Plusieurs autres groupes djihadistes mineurs rallient l'EI : Ansar Dawlat al-Khilafah (au Liban, le 10 juillet 2014), Ansar Dawlat al-islammiyya, au (Yémen, le 3 septembre 2014), le Mouvement pour le Califat et le Jihad, (au Pakistan, le 7 juillet 2014), Jamaah Ansharut Tauhid et son chef Abou Baker Ba'asyir (en Indonésie, en juillet 2014, mais une partie du mouvement fait scission en réaction), Jund al-Khilafah (en Égypte, le 23 septembre 2014), le bataillon al-Tawheed, en Afghanistan, en septembre 2014), Ansar al-Khilafah (aux Philippines, le 12 août 2014), al-I'tisam du Coran et de la Sounna (au Soudan), Ansar al-Tawheed (en Inde) et la Brigade de l'Islam dans le Khorosan (en Afghanistan)[84],[7].

Selon Henry Laurens, historien du monde arabe au Collège de France, ce califat est de l'ordre de l’« invention de la tradition » au sens où il « est aussi imaginaire que la façon dont Hollywood représente le Moyen Âge [...] on est en plein imaginaire de seconde zone [...] puisque ça n'a rien à voir avec la réalité historique du califat »[85].

En octobre 2014, une centaine d'érudits musulmans écrivent une lettre ouverte à Abou Bakr al-Baghdadi et accusent son organisation d'avoir « sali l'islam »[86].

Expansion territoriale[modifier | modifier le code]

Expansion territoriale de l'État islamique en Syrie[modifier | modifier le code]

L'État islamique appelle tous les autres mouvements djihadistes à lui prêter allégeance. L'État islamique fait aussi de la ville de Mossoul (est de l'Irak) une sorte de capitale religieuse et intellectuelle, alors que la ville de Racca (chef-lieu de province dans le centre de la Syrie) devient sa capitale politique et militaire implantée au sein des territoires syriens nouvellement conquis[87] :

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En juillet 2014, en Syrie, l'État islamique contrôle principalement la campagne orientale du gouvernorat d'Alep[88], le gouvernorat de Racca et celui de Deir ez-Zor[89],[90], ainsi qu'une partie de celui d'Hassaké[91]. L'organisation a ensuite consolidé ses annexions et s'est étendue vers le sud en direction de la frontière jordano-irakienne et vers le nord sur une partie du Kurdistan syrien (en direction de la frontière turque)[92]

Expansion territoriale de l'État islamique en Irak[modifier | modifier le code]

En début du mois d'août, en Irak, les djihadistes de l'État islamique avancent rapidement vers le nord-est et occupent les provinces pétrolières et gazières de Ninawa, de Salah ad-Din et d'Al-Anbar. Ils s'emparent ensuite de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak (près de Mossoul). En urgence, le Conseil de sécurité de l'ONU est alors mis en alerte par les pays occidentaux qui désirent aider les chrétiens irakiens et préserver certains intérêts économiques.

L'éventualité d'une partition à terme de l'Irak est évoquée. Michael Hayden, directeur de la NSA de 1999 à 2005, puis de la CIA de 2006 à 2009, déclare ainsi le 30 juin 2014 : « Avec la conquête par les insurgés de la majeure partie du territoire sunnite, l’Irak a déjà pratiquement cessé d’exister. La partition est inévitable »[93]. Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien, envisage pour sa part de soumettre à référendum l'indépendance de la région[94]

À la mi-septembre 2014, après quelques envois d'aides humanitaires, une alliance américano-française bombarde par les airs, des véhicules et sites de l'État islamique. Sur l'impulsion officielle du ministre Laurent Fabius, l'État islamique est délégitimé par l'emploi de l’appellation arabe « Daesh »[95].

Pour contrer les bombardements occidentaux, les djihadistes d'État islamique se redéploient périodiquement. Ils laissent la gestion administrative et policière des villages et villes prises à des personnalités locales et à des administrateurs civils formés et compétents. Alors que les militaires djihadistes nomadisent aux frontières d'un territoire conquis étendu à la taille du Royaume-Uni (environ 25% de la Syrie, pour 45 000 km2 et 40 % de l'Irak, pour 170 000 km2). Leurs camps d'entrainement se déplacent sans cesse. Ils ont aussi évacué les dépôts d'armes de certaines de leurs bases militaires, notamment dans la province d'Idleb (nord-ouest de la Syrie), selon l'OSDH[96].

En fin de septembre 2014, près de 12 000 combattants étrangers venus de 74 pays (dont 3 000 européens) auraient rejoint en Irak et en Syrie, l'État islamique et plusieurs organisations extrémistes. Selon le Centre international d'Étude de la radicalisation (basé à Londres), cela représente la plus forte mobilisation étrangère depuis la guerre d'Afghanistan (années 1980). L'État islamique compterait maintenant dans ses rangs entre 30 000 (selon la CIA, au total) et 50 000 membres combattants (selon OSDH, pour la seule Syrie)[97].

Irak[modifier | modifier le code]

Selon The New York Times qui se base sur la Global Terrorism Database, l'État islamique commet en Irak 1 452 attentats de 2004 à 2013, dont 51 en 2004, 58 en 2005, 5 en 2006, 56 en 2007, 62 en 2008, 78 en 2009, 86 en 2010, 34 en 2011, 603 en 2012 et 419 en 2013[98].

L'ambition de l'EII provoque toutefois des tensions et des affrontements avec d'autres groupes armés rebelles comme l'Armée islamique en Irak, la Brigade de la Révolution de 1920 ou Ansar al-Sunnah[99]. Un bref cessez-le-feu annoncé en juin 2007 avec l'Armée islamique en Irak s'est ainsi dissout à la suite d'affrontements dans la région de Samarra (125 km au nord de Bagdad) en octobre et novembre 2007[100]. Plusieurs dirigeants de l'Armée islamique se seraient même alliés avec le Pentagone, en 2007, pour contrer l'influence d'Al-Qaïda en Irak[101]. C'est grâce à ce soutien que la province d'Al-Anbar passe en septembre 2008 sous le contrôle du gouvernement irakien.

Le 18 avril 2010, Abou Omar al-Baghdadi est tué par les forces américaines et irakiennes, ainsi que Abou Hamza al-Mouhajer, l'ancien chef d'Al-Qaïda en Irak devenu par la suite ministre de la guerre de l'EII. Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi prend la tête de l'organisation[55],[102].

Le 31 mars 2014, l'EIIL publie un rapport de 400 pages sur ses opérations en Irak entre novembre 2012 et novembre 2013 : il revendique notamment 1 083 assassinats, 4 465 explosions d'engins piégés, huit villes conquises et plusieurs centaines de prisonniers délivrés[103].

En 2014, l'EIIL, soutenu par des tribus sunnites, s'empare de plusieurs villes stratégiques en Irak — Falloujah[104] est conquise le 4 janvier, puis Mossoul le 9 juin[105], ville de près deux millions d'habitants — et menace Kirkouk[106] riche en gisement pétrolier. Selon le professeur de sciences politiques Aziz Jabr, cette progression rapide pourrait avoir été facilitée par l'infiltration de rebelles au sein des forces armées[107]. La politique sectaire du premier ministre chiite Nouri al-Maliki provoque également l'insurrection de tribus sunnites[108]. Une bonne partie des 500 000 réfugiés civils, ainsi que 10 000 militaires irakiens, trouvent refuge au Kurdistan irakien, dont le territoire reste solidement gardé par les Peshmerga[109],[110].

Dès le 11 juin, Mossoul, l'État islamique en Irak et au Levant rend publique une charte de 16 articles régissant la vie à l'intérieur de la ville. Parmi ces points, il menace ses opposants de « l'exécution, la crucifixion, l'amputation des bras ou (et) des jambes, ou l'exil » (article 5). L'alcool, le tabac et les drogues sont interdits (article 8). Les manifestations publiques, considérées comme contraires à l'islam sont interdites (articles 10). L'EIIL promet également la destruction des statues édifiées avant l'avènement de l'islam (article 13). Les femmes ne peuvent sortir que vêtues d'un niqab et accompagnées d'un membre de leurs familles (article 14). De plus l'EIIL rétablit également le statut de dhimmi pour les chrétiens de Mossoul, ces derniers doivent notamment payer un impôt spécial de 250 dollars par mois[111].

L'EIIL s'empare également de l'ouest de la province de Kirkouk, et du nord de la province de Salah ad-Din. Les insurgés s'emparent également d'Al-Qa'im et de son poste-frontière le 21 juin, puis de Tall Afar le 23[112],[113].

Le 7 août 2014, l'avancée de l'EI menace Erbil, ce qui conduit Barack Obama à décider une intervention aérienne[114],[115]. Au 10 septembre 2014, le département de la défense des États-Unis annonce un total de 154 frappes sur 212 cibles[116]. D'autres pays rejoignent par la suite la coalition et en septembre la France, l'Australie, le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark et la Belgique engagent à leur tour leurs aviations.

Syrie[modifier | modifier le code]

À partir de 2013, l'État islamique en Irak et au Levant intervient dans la guerre civile syrienne. De nombreux combattants d'al-Nosra et la plupart des djihadistes étrangers rallient ce mouvement[55]. Il s'implante surtout dans le nord du pays, en particulier à Jerablus et Racca et dispose de 7 000 hommes[55].

Parmi les combattants étrangers qui rejoignent l'EIIL figurent notamment des hommes du Tehrik-e-Taliban Pakistan. En juillet 2013, ce mouvement annonce l'envoi en Syrie de plusieurs centaines de combattants. Beaucoup rejoignent l'EIIL, d'autres le Front al-Nosra ou bien Jaish al-Islam, une brigade salafiste du Front islamique[117],[118].

Les forces de l'EIIL en Syrie sont commandées par Abou Mohammed Al-Adnani[119]. Un autre chef important, l'Irakien Chaker Wahiyib al-Fahdaoui combat également en Syrie, sa présence étant révélée en août 2013 après la publication d'une vidéo où il exécute à visage découvert trois chauffeurs routiers alaouites[120].

Initialement, l'EIIL jouit d'une certaine popularité, notamment en distribuant de l'aide alimentaire à la population, cependant le groupe se distingue rapidement par sa violence. À plusieurs reprises, des soldats alaouites sont exécutés sur la place publique par les combattants djihadistes[119]. Selon plusieurs observateurs occidentaux, l'EIIL est considéré comme plus extrémiste encore que le Front al-Nosra[56].

Cependant les ambitions de l'EIIL et sa radicalité lui attirent progressivement l'hostilité des autres mouvements rebelles syriens. En novembre 2013, un combattant d'Ahrar al-Sham est décapité par des djihadistes de l'EIIL qui le prennent pour un chiite, le porte-parole du mouvement présente ensuite ses excuses[121]. Mais dans les premiers jours de janvier 2014, la mort de Hussein al-Suleiman, un médecin respecté, et d'un commandant d'Ahrar al-Sham, exécuté par l'EIIL après avoir été torturé, met le feu aux poudres[122],[123]. En réaction, dans les premiers jours de janvier 2014, plusieurs groupes armés attaquent les forces de l'État islamique en Irak et au Levant. Les mouvements qui participent à cette offensive sont : le Front islamique, le plus puissant mouvement rebelle de Syrie, le Front Révolutionnaire syrien qui regroupe plusieurs brigades de l'Armée syrienne libre et l'Armée des Moujahidines[124]. Le Front al-Nosra prend également part à l'offensive, mais initialement de façon moins agressive et appelle à un cessez-le-feu[125],[56].

De son côté Abou Mohammed al-Adnani, chef de l'EIIL en Syrie, appelle ses hommes à anéantir les rebelles et déclare à ces derniers : « Aucun de vous ne survivra, et nous ferons de vous un exemple pour tous ceux qui pensent suivre le même chemin ». Le mouvement se considère désormais également en guerre contre le Conseil national syrien : « Chaque membre de cette entité est une cible légitime pour nous, à moins qu'il ne déclare publiquement son refus de (...) combattre les moudjahidines »[126].

Article détaillé : Offensive de Deir ez-Zor.

En février 2014, l'EIIL est chassé du gouvernorat de Deir ez-Zor par le Front Al-Nosra, le Front islamique et d'autres brigades rebelles[127]. Il reprend cependant l'ouest de la province au début du mois de mai[128]. Vers mi-mai, l'EIIL lance une offensive depuis le gouvernorat de Racca avec 3 000 hommes en vue de s'emparer de la ville de Deir ez-Zor[129].

Le 25 juin 2014, Abou Youssouf al-Masri, commandant du Front al-Nosra à Abou Kamal, fait défection et rallie l'EIIL avec ses hommes[130].

Le 3 juillet 2014, l'État islamique hisse son drapeau sur la ville de Mayadeen. La ville est tombée entre ses mains face à ce qui semble être une débâcle du Front al-Nosra et des autres groupes rebelles de la région de Deir ez-Zor. Cela fait suite à l'allégeance de certaines tribus locales envers l'État islamique. Une partie des rebelles islamistes a suivi, à son tour, ce changement d'allégeance[131].

Le 14 juillet 2014, l'État islamique aurait, selon l'OSDH, pris le contrôle de 95 % à 98 % de la province de Deir ez-Zor, les autres groupes rebelles s'étant retirés ou ayant décidé de faire allégeance ; la partie de la ville de Deir ez-Zor jusqu'alors tenue par les rebelles du Front al-Nosra, environ 50 % de la ville, passe sous le contrôle de l'EI[132].

La nuit du 22 au 23 septembre, soit quelques semaines après les premières frappes en Irak, les forces aériennes américaines, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie des Émirats arabes unis, du Qatar et du Bahreïn interviennent pour la première fois en Syrie et commencent une campagne de bombardements contre l'État islamique[133]. Selon l'OSDH, 70 à 150 djihadistes de l'EI sont tués dans ces frappes et 200 à 300 sont blessés[134].

Armée de l'État islamique[modifier | modifier le code]

Nombre total de combattants[modifier | modifier le code]

En mai 2014, Christophe Ayad, journaliste au Monde, évalue les forces de l'EIIL à environ 10 000 hommes en Irak et 7 000 à 8 000 en Syrie[135].

Début 2014, Charles Lister, chercheur au Brookings Doha Centre, estime que l'EIIL compte de 5 000 à 6 000 combattants en Irak et de 6 000 à 7 000 en Syrie[11].

Selon Romain Caillet, le mouvement compte 8 000 à 10 000 hommes en Irak[136]. Il précise : « En Irak, il s'agit à 90 % d'Irakiens, tandis qu'en Syrie on a 50 % de combattants locaux auxquels s'ajoutent des étrangers venus du Maghreb, du Golfe, de la diaspora tchétchène et des Occidentaux venus d'Europe ou des États-Unis »[137]. Parmi ces djihadistes étrangers se trouvent des personnes venant de pays musulmans (Pakistan, Tchétchénie) ou à majorité musulmane (Indonésie) qui représentent 10 % des combattants en Syrie. Mais on dénombre aussi des djihadistes européens qui viennent surtout de Belgique, de France et du Royaume-Uni (ils sont environ 2000)[138].

En juillet cependant, Romain Caillet revoit ces estimations à la hausse, il déclare « Avant la prise de Mossoul, l'EI comptait environ 20 000 hommes, en Syrie et en Irak. Étant donné qu'il a libéré de nombreux prisonniers et qu'il a bénéficié de ralliements, il a sans doute environ 25 000 hommes à l'heure actuelle »[139].

Début juillet 2014, le journal britannique The Daily Telegraph indique que selon Hisham al-Hashimi, un analyste irakien ayant eu accès à des documents de l'État islamique saisis par les forces de sécurités irakiennes, environ 25 000 combattants auraient prêté allégeance en Irak à l'État islamique[12].

En août 2014, Yves Boyer, professeur de relations internationales à l'École polytechnique et directeur-adjoint à la FRS, estime entre 20 000 et 30 000 le nombre des combattants de l'EI[140].

Le 19 août 2014, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que les effectifs de l'État islamique sont désormais de 50 000 hommes en Syrie. Parmi ceux-ci 20 000 sont étrangers et 6 000 ont été recrutés pour le seul mois de juillet[14].

Vers le milieu de l'année 2014, la CIA estime les forces de l'EI à 20 000 à 31 000 combattants en Syrie et en Irak[13].

Armements[modifier | modifier le code]

L'organisation aurait récupéré 3 000 Humvee

Selon le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, l'EI disposerait de 3 000 Humvee, 50 chars lourds, 150 blindés légers et 60 000 armes individuelles[141]

Une analyse du New York Times indique que la Chine, la Russie, l'ex-Union soviétique, les États-Unis et la Serbie auraient fourni plus de 80 % des armes, sur la base d'un échantillon constitué de 1700 cartouches et balles réunies par les enquêteurs de l'organisation de contrôle des armes Conflict Armament Research[142].

Le 17 octobre 2014, l'OSDH affirme que l'État islamique dispose de trois avions de chasse en Syrie pilotés par des transfuges de l'armée irakienne. Deux de ces appareils ont été capturés lors de la bataille de Tabqa, ils seraient probablement de type MiG-21 ou MiG-23[143]. Des témoins ont affirmé avoir vu des avions volant à basse altitude afin d’éviter les détections radars prés de Jarrah[144].

Combattants étrangers[modifier | modifier le code]

L'EI compte de nombreux combattants étrangers, pour le Département d'État des États-Unis, 12 000 volontaires venus de 50 pays ont combattu au sein du mouvement de 2011 à 2014, dont une centaine d'Américains. En août 2014, l'OSDH indique que les combattants étrangers qu'il évalue à 20 000 viennent principalement des pays du Golfe, de Tchétchénie, d'Europe ou même de Chine[145].

Selon Khalid Mahmoud, membre travailliste du Parlement britannique, en août 2014, au moins 1 500 musulmans britanniques ont été recrutés pour combattre en Syrie et en Irak depuis le début de la guerre civile syrienne en mars 2011, tandis que seulement 600 musulmans font partie de l'armée du Royaume-Uni[146],[147]. À cette date cependant, les estimations du gouvernement du Royaume-Uni sur le nombre de sujets britanniques combattants en Irak et en Syrie sont de 400 à 500[148].

En août 2014, selon le Ministère français de l'Intérieur, 800 hommes de nationalité française combattent au sein de l'EI en Syrie et en Irak. Fabrice Balanche, géographe à l'Université Lumière Lyon-II, estime alors que ce nombre est sous-évalué et que l'EI compte 1 000 djihadistes français en 2013, puis 2 000 l'année suivante[145]. Cependant pour Romain Caillet, l'estimation de Fabrice Balanche ne repose « sur aucun travail sérieux »[149]. En novembre 2014, selon le procureur de la République de Paris, François Molins, 1 132 Français sont impliqués dans les filières jihadistes, dont 376 présents dans la région. Parmi eux se trouvent une part importante de convertis (20 %) dont Maxime Hauchard impliqué dans la décapitation de prisonniers syriens en novembre 2014[150].

Selon des données compilées par l'hebdomadaire britannique The Economist, en mai 2014, l'État islamique compte en Syrie environ 12 000 volontaires venus du monde musulman, dont 3 000 Tunisiens, 2 500 Saoudiens, 2 089 Jordaniens, 1 500 Marocains, 890 Libanais, 550 Libyens, 400 Turcs, 358 Égyptiens, 247 Irakiens, 186 Tchétchènes, 114 Palestiniens et 71 Koweïtiens. Plus 3 000 autres combattants viennent de l'Occident dont 700 Français, 400 Britanniques, 270 Allemands, 250 Belges, 250 Australiens, 120 Néerlandais, 100 Danois, 70 Américains, 60 Autrichiens, 50 Norvégiens, 30 Irlandais 30 Suédois et 30 Arabes israéliens[151]. Ces estimations sont cependant faites avant la proclamation du califat ; par la suite, les effectifs de l'État islamique augmentent sensiblement[152],[153].

En octobre 2014, l'historien Mairbek Vatchagaev, estime que le nombre des combattants tchétchènes de l'EI tourne autour de 1 500[154]. Si leur nombre est incertain, les analystes s'accordent sur le fait que les Tchétchènes font office de combattants d'élite pour l'EI[155].

The Washington Post estime en octobre 2014 que l'EI compte environ 16 000 combattants non-Syriens et qu'environ 1 000 volontaires étrangers entrent chaque mois en Syrie pour se joindre aux djihadistes[156]. À la même période, l'ONU considère que l'EI compte 15 000 combattants étrangers originaires de 80 pays[157].

Parmi les étrangers ayant combattu au sein de l'État islamique figurerait le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, auteur de la tuerie du Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014. Il aurait également été en garde des otages en Syrie et est accusé d'actes de torture[158],[159],[160].

Une partie de recrutement s'effectuerait en centre de détention, notamment par l'intermédiaire de l'association Sanâbil[161].

C'est pour lutter contre le départ de près de 1 000 ressortissants français que le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve présente un projet de loi « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme »[162]. Le rapporteur de ce projet de loi est le député socialiste des Hauts-de-Seine Sébastien Pietrasanta[163].

En Belgique, l'organisation islamiste dissoute, Sharia4Belgium est suspectée d'être le « plus gros fournisseur » de djihadistes pour le front syrien. Les autorités belges estiment que « sur les trois cents à quatre cents Belges partis faire la guerre sainte, dix pour cent étaient membres ou gravitaient autour de Sharia4Belgium »[164].

Enfants soldats[modifier | modifier le code]

Selon Slate, l'EI forme des enfants d'a peine 6 ans à des fins militaires. L'organisation, a mis sur pieds un système qui permet de recruter et d'endoctriner les enfants. Les enfants sont soit enlevés soit rejoignent "consciemment" l'organisation, ils rejoignent après des camps d'entrainement où ils sont endoctrinés et sont formés aux maniement des armes. Les enfants servent ensuite de fantassins, de "mouchards", de kamikazes et on se sert de leurs sang pour des transfusions[165]. Selon, l'ONU, l'EI utilise des enfants dans les attentats-suicide[166].

Organisation[modifier | modifier le code]

Abou Bakr al-Baghdadi en 2005, photographié par les Américains lors de sa détention à camp Bucca.

Les documents analysés par Hisham al-Hashimi ont également permis une meilleure connaissance de l'organisation interne du groupe[167]. Autour d'Abou Bakr al-Baghdadi, sept hommes composent le « gouvernement » de l'État islamique en Iraq et au Levant :

  • Abou Abdul Kadr (Shawkat Hazem al-Farhat), chargé de l'encadrement ;
  • Abou Mohamed (Bashar Ismail al-Hamdani), chargé des prisonniers ;
  • Abou Louay/Abou Ali (Abdul Wahid Khutnayer Ahmad), chargé de la sécurité ;
  • Abou Salah (Muafaq Mustafa Mohammed al-Karmoush), chargé des finances des provinces irakiennes ;
  • Abou Hajar al-Assafi (Mohammed Hamid al-Duleimi), chargé de la coordination entre les provinces et courrier ;
  • Abou Kassem (Abdullah Ahmed al-Meshedani), chargé de l'accueil des combattants arabes et étrangers, notamment de leur logement, et peut-être du transport des kamikazes ;
  • Abou Abdul Rahman al-Bilawi (Adnan Ismail Najem Bilawi), ancien capitaine de l'armée irakienne sous Saddam Hussein, chef du conseil militaire pour les provinces irakiennes ; tué le 5 juin 2014 à Mossoul. Abou Omar al-Chichani lui succède en tant que commandant de toute l'armée de l'État islamique[168],[169].

Deux adjoints se partagent les affaires syriennes et irakiennes :

  • Abou Ali al-Anbari, ancien général de l'armée de Saddam Hussein sans doute originaire de Mossoul, chargé des opérations en Syrie ;
  • Abou Muslim Al-Turkmani (Fadel Ahmad Abdullah al-Hiyali), chargé de la gestion des provinces irakiennes, sous l'autorité duquel se trouvent les six gouverneurs :
    • Abou Nabil (Wissam Abed Zaid al-Zubeidi), gouverneur de la province de Salah ad-Din ;
    • Abou Fatma (Nena Abed Naif al-Jubouri), gouverneur de la province de Kirkouk ;
    • Abou Fatma (Ahmed Mohsin Khalal al-Jihaishi), gouverneur de l'Euphrate central et méridional ;
    • Abou Jurnas (Rathwan Talib Hussein Ismail al-Hamduni), gouverneur des zones frontalières ;
    • Abou Abdul Salem/Abou Mohammed al-Sweidawi (Adnan Latif Hamid al-Sweidawi), ancien lieutenant-colonel de l'armée de Saddam Hussein, gouverneur de la province d'Anbar et membre du conseil militaire ;
    • Abou Maysara (Ahmed Abdul Kader al-Jazza), gouverneur de la province de Bagdad.

Existe également un conseil de guerre, composé de trois membres :

  • Abou Shema (Fares Reif al-Naima), chargé des magasins ;
  • Abou Suja (Abdul Rahman al-Afari), originaire de Tall Afar, chargé des affaires des martyrs et des femmes ;
  • Abou Kifah (Khairy Abed Mahmoud al-Taey), chargé des attentats par engin explosif improvisé (EEI/IED).

Financement et soutiens[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2013, lors de la guerre civile syrienne, l'EIIL bénéficie du soutien financier de l'Arabie saoudite, et d'autres pays du Golfe, mais ce soutien cesse en janvier 2014 lorsque l'EIIL entre en guerre contre les autres groupes rebelles syriens du Front islamique, du Front al-Nosra et de l'Armée syrienne libre, qui sont également financés par les pays du Golfe[170]. En mars 2014, l'Arabie saoudite classe l'État islamique comme « organisation terroriste »[171].

Depuis, l'EIIL n'est soutenu par aucun État de cette région ; le groupe reçoit une aide financière de la part de riches donateurs individuels, pour la plupart originaires des pays du Golfe. L'organisation aurait également mis en place des collectes caritatives dont elle détournerait les fonds[172]. Elle contrôle des puits de pétrole en Syrie et organise des trafics d'armes et de carburant. Ses combattants lèvent des impôts dans les zones placées sous leur contrôle et pratiquent occasionnellement vols, kidnappings et extorsions de fonds. Selon le Council on Foreign Relations et le Washington Post, l'EIIL récoltait en un mois 8 millions de dollars, soit près de 100 millions de dollars par an[11]. Selon une étude de Iraqoilreport publiée le 9 juillet 2014, l'État islamique gagnerait 1 à 3 million de dollars par jour rien qu'avec la contrebande de pétrole[173],[171]. Le cabinet américain IHS estime quant à lui que la production de pétrole rapporte à l'EI 800 millions de dollars par an, soit l'équivalent de 2 millions de dollars par jour[174]. Ce pétrole, vendu bon marché, est racheté principalement par la Turquie, mais aussi parfois par la Syrie ou par les Kurdes[175]. Début septembre 2014 l'ambassadrice de l'Union européenne en Irak, Jana Hybaskova, a affirmé devant des députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, que « malheureusement, des États membres de l'UE achètent ce pétrole ». Cette affirmation est contestée bien que le fait que du pétrole de l'EI se retrouve en Europe via des réseaux parallèles turcs ne soit pas impossible[176].

Selon The Guardian et The New York Times, l'EI pratique également le trafic d'œuvres d'art. Les pillages dans la région d'al-Nabuk lui auraient rapporté à eux seuls l'équivalent de 28 millions d'euros[171].

La Turquie est également accusée par certains mouvements politiques et des journalistes de soutenir l'État islamique : de 2012 à septembre 2014, « la Turquie a mené une politique de soutien aux groupes qui combattaient les Kurdes et le régime de Bachar Al-Assad, dont plusieurs organisations djihadistes. Elle les laissait notamment transiter par son territoire, qui leur sert également de base de repli, et en facilitant le passage d'armes et d'équipements. Pour de nombreux observateurs, cette dynamique permissive a directement favorisé l'essor de l'EI sur ce territoire[177] » ; selon Daniel Pipes, journaliste américain pour le Washington Times « les Turcs ont offert bien plus qu'un passage aisé de la frontière : ils ont fourni le gros des fonds, de la logistique, de l'entraînement et des armes de l'EIIL. Les Turcs résidant non loin de la frontière syrienne parlent d'ambulances turques se rendant dans les zones de combats entre les Kurdes et l'EIIL pour évacuer les blessés de l'EIIL vers des hôpitaux turcs »[178]. En Turquie, le Parti républicain du peuple accuse également le gouvernement de soutenir l'EI[179]. Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan nie cependant toute alliance avec les groupes armés islamistes en Syrie et en Irak[180].

Pour Mathieu Guidère, aucun État ne soutient l'État islamique, il affirme en juin 2014 que « personne ne laissera les jihadistes » constituer un État islamique à cheval sur l'Irak et la Syrie, « ni l'Iran, ni la Turquie, ni la Syrie ne laisseront faire »[181].

Le 10 juin 2014, après la prise de Mossoul, l'EIIL s'empare des réserves d'argent liquide des banques de la ville, soit 425 millions de dollars[182]. Selon Mathieu Guidère, cet argent représenterait la capacité d'accueil du système bancaire local et non pas la somme saisie par des djihadistes : « l'argent n'est pas directement dans leurs mains, mais dans celles de leurs alliés de la tribu des Shammar, dont est issu le gouverneur de la banque centrale de Mossoul » qui a assuré ne pas détenir le tiers de cette somme[172]. D'autres banques irakiennes sont pillées et, en juin 2014, l'EIIL dispose d'un capital de plus de 2,3 milliards de dollars, ce qui en fait le groupe terroriste le plus riche au monde[136]. Il dépasse les Talibans afghans (400 millions de dollars), le Hezbollah (entre 200 et 500 millions de dollars) et les FARC (entre 80 et 350 millions de dollars)[183].

Selon un rapport publié par Reuters en novembre 2014, les ressources dans les territoires contrôlés par l'EI lui ont rapporté 2,906 milliards de dollars : 38% de ces revenus viennent du commerce du pétrole, 17% du gaz naturel, 12% des impôts, 10% de la production de phosphate, 10% de la vente de ciment, 7% de l'agriculture, 4% des rançons et 2% de donations privées[184].

Selon le journal Al-Monitor, l'État islamique pratiquerait également le trafic d'organes[185].

Structure de l'« État »[modifier | modifier le code]

Progressivement, alors que l'organisation occupe « un territoire grand comme la Jordanie » et poursuit sa progression militaire dans le Kurdistan syrien, les djihadistes jettent les bases institutionnelles « d'un véritable État »[186], avec des structures de gouvernement et de personnalités dirigeantes bien définies.

D'un point de vue politique, le « califat » fondé par l'État islamique est dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi, qui s'est attribué le titre de « calife Ibrahim ».

« [Chef] religieux et politique du territoire de l’EI », al-Baghdadi est à la fois à la tête du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. Il est secondé par deux anciens généraux irakiens : « Abu Muslim al-Turkmani, qui régit les opérations en territoire irakien, et Abu Ali al-Anbari, qui s’occupe du territoire syrien ». Le pouvoir exécutif comprend également un « cabinet », qui « conseille al-Baghdadi à propos des décisions de l’État » dont la composition reste méconnue.

Pour l'exercice du pouvoir judiciaire, le calife est appuyé par un « conseil consultatif »[187].

Il n'y a pas de pouvoir législatif, au sens d'institutions politiques établies discutant et votant des lois (Assemblée, Sénat, Parlement), l'État islamique considérant que « la loi islamique est la seule loi applicable »[187].

Au plan administratif, l’État islamique dispose de réelles « structures [administratives et] bureaucratiques ». Il se divise en « sept vilayets, ou provinces », sorte de « comités locaux »[186], avec à leur tête des gouverneurs. S'appuyant à leur tour sur des dirigeants locaux, et sur « les populations sunnites délaissées par le gouvernement précédent d'al-Maliki »[186], ils assurent le maintien des services publics et de l'ordre quotidien (« bureau de poste, […] contraventions de stationnement »…). Ainsi, selon le Huffington Post, si l'État islamique ne peut être considéré comme un « État légitime », « [avec] son nombre de conseils en charge des finances, des stratégies média et de l’action militaire, c’est une société civile semi-fonctionnelle qui impose des lois brutales et sévères à toute la population »[187].

Du point de vue de ses structures budgétaires, les ressources de l'organisation étant devenues progressivement indissociables des territoires et des populations qu'elle contrôle, on peut parler de revenus et de trésorerie proto-étatiques. En pratique, l’État islamique dispose sur son territoire « de leviers financiers récurrents »[186] ne dépendant que de lui, « avec la prise de contrôle de puits de pétrole, de succursales de la Banque centrale, de villes importantes comme Mossoul, forte d'un million d'habitants, et aussi et surtout en commençant à prélever des impôts, en l’occurrence des taxes sur les minorités chrétiennes »[186].

En dépit de ces structures institutionnelles, du strict point de vue du droit international, l’État relevant de l'organisation EIIL « reste en gestation ». Bien qu'il contrôle ou revendique un territoire précis correspondant à la zone de peuplement sunnite d'Irak et de Syrie, il lui manque « des frontières reconnues par l'ONU et la communauté internationale, [...] la possibilité de frapper monnaie, [...] et le pouvoir de délivrer des papiers d'identité. »[186]

Population[modifier | modifier le code]

Au début du mois de septembre 2014, après les grandes offensives de l'été à Samara, Mossoul et Deir ez-Zor, le spécialiste des questions liées au terrorisme Jean-Charles Brisard considérait que l’État islamique avait « environ huit millions d’habitants sous son contrôle. »[188]

Après sa progression en territoire kurde et dans le sud de la Syrie, au début du mois d'octobre 2014, en Syrie, l’État islamique contrôlait presque entièrement les gouvernorats à majorité sunnite de Racca et Deir ez-Zor, une grande partie du gouvernorat d'Alep, et il progressait dans celui d'Hassaké, notamment autour de la zone frontière du Kurdistan. En Irak, pour la même période, l’État islamique contrôlait presque entièrement les provinces à majorité sunnite d'Al-Anbar, de Salah ad-Din et de Ninive.

Si l'on se base sur le recensement syrien de 2010, et si l'on considère que le gouvernorat de Racca était peuplé avant le début de la guerre civile syrienne de 921 000 habitants, celui de Deir ez-Zor de 2 200 000 habitants, celui d'Alep de 6 100 000 habitants et celui d'Hassaké 3 477 000 habitants, on peut estimer, en pondérant ces chiffres avec les trois millions de réfugiés et de déplacés dus aux combats[189], que l’État islamique exerce son contrôle sur un territoire peuplé d'environ 5 millions de personnes sur le sol syrien.

En Irak, si l'on se base sur les recensements de 1999, 2003 et sur les estimations de 2008, et si l'on considère que, la province d'Al-Anbar était peuplée de 1 432 717 habitants, celle de Salah ad-Din de 1 146 500 habitants (2003) et celle de Ninive de 4 000 000 habitants (2008), on peut estimer, en pondérant ces chiffres avec les départs de centaines de milliers de réfugiés et de déplacés dus aux combats[190], que l’État islamique exerce son contrôle sur une région peuplée de 5 à 6 500 000 personnes sur le sol irakien.

À l'automne 2014, l'État islamique exercerait donc son autorité sur environ 10 millions de personnes, sur des territoires ruraux et urbains à majorité sunnite d'Irak et de Syrie.

La population du gouvernorat de Racca — centre de décision du califat autoproclamé, l'un des deux gouvernorats de Syrie presque entièrement contrôlé par l'EI — est, selon les dernières données, l'une des plus pauvre de Syrie. Elle compte un tiers d'analphabètes, un taux de fécondité de 8 enfants par femme et plus de 50% de sa population active travaille dans l'agriculture[191].

Politique de l'État islamique[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

L'État islamique prétend être un État théocratique prônant un régime basé sur une interprétation rigoureuse de la charia, la loi islamique. Il est dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi qui s'est proclamé « calife » et appelle tous les sunnites à lui prêter allégeance. L'EI rejette la démocratie, la laïcité et le nationalisme, qualifiés d'« ordures de l'Occident »[69]. Depuis le départ des Américains d'Irak, l'EI considère l'Iran comme son principal ennemi et se montre particulièrement hostile aux chiites[55].

Le 11 juin 2014, à Mossoul, l'État islamique en Irak et au Levant rend publique une charte de 16 articles régissant la vie à l'intérieur de la ville. Parmi ces points, il menace ses opposants de « l'Homicide, la crucifixion, l'amputation des bras ou (et) des jambes, ou l'exil » (article 5). L'alcool, le tabac et les drogues sont interdits (article 8). Toutes les manifestations publiques, considérées comme contraires à l'islam, sont interdites (article 10). L'EIIL promet également la destruction des statues édifiées avant l'avènement de l'islam (article 13). Les femmes ne peuvent sortir que vêtues d'un niqab et accompagnées d'un membre de leur famille (article 14)[192].

L'EI entend aussi imposer ses vues en matière d'enseignement. Dans les territoires qu'il contrôle, il a déjà interdit des cours d'histoire, de philosophie et de chimie. L'enseignement des théories de Charles Darwin est prohibé et sous prétexte « d'éliminer l'ignorance » la biologie moderne est bannie des salles de classe au profit des « sciences religieuses »[193].

Auprès des populations, l'EI prend le relais des services publics et des États absents ou défaillants, distribue de la nourriture aux habitants, des mesures sont prises pour faire vendre le pain à prix modique et l'eau est fournie gratuitement aux agriculteurs[191].

En novembre 2014, le groupe annonce qu'il va frapper de la monnaie sous forme de pièce d'or, d'argent et de cuivre[194].

Rapports avec l'extérieur[modifier | modifier le code]

Dans un message publié le 22 septembre 2014, Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole de l'État islamique appelle au meurtre des citoyens des pays de la Coalition : « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen — en particulier les méchants et sales Français — ou un Australien ou un Canadien, ou tout (...) citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l'État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n'importe quelle manière. Si vous ne pouvez pas trouver d'engin explosif ou de munitions, alors isolez l'Américain infidèle, le Français infidèle, ou n'importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierres, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le[195],[196]. »

Reporters sans frontières recense, dans un bilan dressé jeudi 23 octobre, deux journalistes étrangers, huit journalistes syriens et deux irakiens tués par le groupe djihadiste. À ceux-là s'ajoutent un journaliste étranger détenu en otage, neuf journalistes irakiens enlevés en Irak par l'EI et près de vingt journalistes syriens portés disparus ou enlevés par différents groupes armés, dont l'organisation EI en Syrie. A Mossoul, « les journalistes auraient reçu l'ordre de l'EI de ne plus couvrir les événements au risque d'être tués », selon le groupe de médias Syria Deeply, l'EI a défini onze règles non négociables pour les journalistes souhaitant couvrir ses activités dans la province syrienne de Deir Ezzor, notamment de prêter allégeance au calife Abu Bakral-Baghdadi, de ne rien publier sans validation du bureau de presse de l'organisation ; les contrevenants risquant d'être tués. Reporters sans frontières voit les régions détenues par l'EI comme des « trous noirs de l'information » qui rendent difficile l'établissement de données sûres et exhaustives[197].

Fin octobre 2014, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, souligne que « En Irak et en Syrie, nous négocions avec toutes les autorités, y compris l’État islamique », affirmant que « l’État islamique n’est pas une organisation avec une direction clairement identifiée qui dispose d’une porte à laquelle on peut frapper [...] en Irak et en Syrie, ces négociations se font en partie avec les tribus qui nous amènent auprès d’interlocuteurs qui sont considérés comme des représentants de l’EI[198] ».

Persécution des minorités[modifier | modifier le code]

Les témoignages permettent d'affirmer que l'organisation « règne par la peur » sur le territoire qu'elle contrôle[199].

Rétablissement du statut de dhimmi[modifier | modifier le code]

L'EI rétablit le statut de dhimmi pour les chrétiens, les juifs et les zoroastriens, qui est un « pacte » de protection qui leur reconnaît des droits et des devoirs spécifiques, différents des musulmans. À Mossoul, la minorité chrétienne doit notamment payer le djizîa, un impôt spécial équivalent à 250 dollars par mois et par personne[200]. Selon le patriarche chaldéen Louis Sako, la population chrétienne de Mossoul au début du mois de juillet de l'année 2014 est de 25 000 personnes[201].

Dans le nord de l'Irak, les chrétiens, les Turkmènes, les Shabaks et les Yézidis sont victimes d'exactions de la part de l'EI. À Mossoul, environ 200 membres des minorités sont enlevés en juin et en juillet et au moins 11 sont assassinés. Selon Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch : « Le simple fait d’être un Turkmène, un Shabak, un Yézidi, ou un chrétien dans la région contrôlée par l’EIIL peut signifier la perte d’un emploi, de la liberté ou même de la vie »[202].

Le 18 juillet à Mossoul, l'EI lance un ultimatum aux habitants chrétiens. Les djihadistes s'adressent à ceux qui refusent de se convertir à l'islam ou de payer le djizîa et leurs ordonnent de quitter la ville avant le lendemain, faute de quoi ils seront mis à mort. Dans un communiqué distribué à Mossoul, l'EI déclare : « Nous leur proposons trois choix : l'islam, la dhimma et, s'ils refusent ces deux choix, il ne reste que le glaive ». Cette annonce provoque l'exode de nombreux chrétiens en direction de Dahuk et Erbil, dans le Kurdistan irakien[201],[203].

Destruction d'édifices religieux[modifier | modifier le code]

Le soir du 17 juillet, l'Archevêché syriaque catholique de Mossoul est incendié par les djihadistes[204].

L'EI commet également des destructions contre des sites religieux considérés comme « hérétiques ». Le 24 juillet, à Mossoul, la tombe du prophète Jonas, construite entre le IVe et le VIIIe siècle, est détruite[205],[206].

Esclavage[modifier | modifier le code]

Environ 2 500 à 7 000 femmes et jeunes filles yézidies sont capturées par l'État islamique lors des massacres de Sinjar[207],[208]. Les Yézidies forment la grande majorité des victimes, mais des femmes issues des communautés shabak, turkmène, chiites, et chrétiennes sont également capturées, bien qu'en plus petit nombre[207]. Selon Myriam Benraad, politologue française spécialiste de l’Irak, « Pour l’État islamique les femmes doivent être assujetties et déshumanisées. Les combattants les considèrent comme des objets commerciaux et sexuels. Ils les capturent, les enferment et en font des butins de guerre. Dans le califat proclamé, la femme n’est pas une citoyenne, mais une esclave domestique et sexuelle à la merci de son mari. »[209]. Selon le témoignage d'une famille habitant Mossoul et réfugiée à Paris, 700 femmes yézidies ont été vendues le 16 août 2014 sur la place publique au prix moyen de 150 dollars[210].

En octobre 2014, dans son magazine de propagande Dabiq, l'EI justifie la mise en esclavage des femmes et des enfants yézidis comme « butins de guerre ». D'après ce texte qui s'appuie sur la loi islamique, les chrétiennes et les juives échappent à ce traitement à condition que leur famille paye la djizîa. Un combattant de l'État islamique déclare à RFI : « Elles sont achetées pour les taches ménagères, elles s’occupent de la maison. [...] Ces femmes ne sont pas des esclaves sexuelles, ce sont des esclaves tout court. Des esclaves avec lesquelles leurs maîtres peuvent avoir des rapports sexuels et si des enfants naissent de ces unions, EI les considère comme musulmans ». Plusieurs femmes yézidies préfèrent se suicider plutôt que de rester à l'état d'esclaves[211]. Nazand Bagikhany, conseiller du gouvernement régional kurde, indique que ces femmes subissent notamment « des viols systématiques et un esclavage sexuel », certaines femmes vendues portaient des étiquettes de prix sur les marchés de Raqqa et de Mossoul[212].

Selon Human Rights Watch « l'organisation islamiste détiendrait au moins 366 personnes mais ce nombre pourrait s'avérer plus de trois fois supérieur ». Elle dénonce les agressions sexuelles dont sont victimes les femmes yézidies achetées et vendues par des djihadistes. Elle estime que « l'enlèvement et les abus systématiques dont font l'objet les civils yézidis peuvent constituer des crimes contre l'humanité »[213], cet avis est officiellement partagé par l'ONU depuis le 21 octobre 2014[214].

Selon un document daté du 16 octobre 2014, présenté par l'agence de presse Iraqi news[215], l'État islamique aurait fixé le prix de vente des femmes yézidis ou chrétiennes, comme esclaves, entre 138 et 35 euros. « Une fillette âgée de 1 à 9 ans coûterait 200 000 dinars (soit 138 euros), une fille de 10 à 20 ans 150 000 dinars (104 euros), une femme entre 20 et 30 ans 100 000 dinars (69 euros), une femme entre 30 et 40 ans 75 000 dinars (52 euros) et une femme âgée de 40 à 50 ans 50 000 dinars (35 euros) ». Le document stipule l'interdiction « d'acheter plus de trois femmes », sauf pour les « Turques, les Syriens ou les Arabes du Golfe »[216].

Le 3 décembre 2014, le « Département des prisonniers et des affaires de la femme » de l'État islamique publie un document expliquant comment traiter une femme esclave sexuelle : « quand la battre, dans quelles circonstances son viol est justifié ou combien elle coûte », selon Metronews. Les « polythéistes, chrétiennes et juives » sont particulièrement concernées, car elles sont « autorisées à devenir esclaves ». Il est ainsi stipulé que ces femmes peuvent être emprisonnées et violées quotidiennement, en précisant que « les filles vierges peuvent être violées immédiatement après avoir été achetées par leur propriétaire », mais que « celles qui ont déjà eu des rapports sexuels doivent avoir leur utérus « purifié » en premier ». Le document affirme également qu'il est « légal d'avoir des relations sexuelles avec une enfant pré-pubère ». Le conseil religieux ayant produit ce texte — le Conseil Shura —, dit se baser sur le Coran pour le justifier, et notamment sur ce passage : « Allah récompense les musulmans qui sont chastes avec leurs femmes et ce qu'ils possèdent », le « ce qu'ils possèdent » signifiant, selon ce conseil, les femmes capturées et mises en esclavage[217].

Massacres et attentats[modifier | modifier le code]

Mouvement particulièrement violent, l'État islamique est responsable de nombreux massacres. Pendant la guerre d'Irak et la guerre civile syrienne, les troupes de l'EI exécutent presque systématiquement les militaires et miliciens des armées irakiennes et syriennes faits prisonniers, ainsi que les rebelles syriens, y compris les combattants du Front al-Nosra ou d'autres groupes djihadistes. Plusieurs massacres sont également commis contre des civils notamment contre les Yézidis ou contre des tribus sunnites hostiles à l'État islamique, comme les Al-Cheitaat ou les Albou Nimr. L'EI fait aussi mettre à mort certains de ses membres ; des combattants auteurs de détournement de fonds ou de vols contre des musulmans[218] et des déserteurs[219]. Les méthodes d'exécutions les plus couramment employées sont les fusillades, les décapitations et les crucifiements. L'EI est accusé par l'ONU, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l'humanité[47],[48],[49].

En Irak, l'EIIL commet régulièrement des attentats contre les populations civiles, essentiellement les chiites. Selon l'ONU, les attentats de l'EIIL font 6 000 morts de mars à novembre 2013[99].

Selon le politologue Ziad Majed, 400 personnes, en majorité des rebelles sunnites, ont été exécutés par l'EIIL en 2013 en Syrie et 1 000 à 1 200 ont été faits prisonniers. L'EIIL détient également plusieurs otages occidentaux, mais ne réclame aucune rançon, son objectif serait plutôt de se prémunir d'éventuelles attaques[122].

En 2014, quelques exécutions par crucifiement ont également été rapportées par des témoins, certaines sont même revendiquées par l'EIIL[220].

Le 10 juin, après sa victoire à la bataille de Mossoul, l'État islamique s'empare de la prison de Badoush et massacre 670 prisonniers chiites[221].

Le 13 juin, l'EIIL revendique le massacre de 1 700 prisonniers chiites de l'armée irakienne à Tikrit[222],[223]. Selon Human Rights Watch, entre 160 et 190 hommes, au moins, y ont été exécutés entre le 11 et le 14 juin. Elle précise cependant que le nombre total des victimes pourrait être beaucoup plus élevé[224],[225]. Le 14 juin, un compte Twitter considéré comme proche de l'EIIL publie des photographies d'exécutions de prisonniers ; elles montrent des dizaines de corps fusillés dans des fosses communes par les rebelles djihadistes, les cadavres ont les mains liés et sont vêtus d'habits civils[226]. Selon Adrien Jaulmes, reporter pour Le Figaro : « Ces séries de photos sont sans doute le premier cas dans l'histoire où un crime de masse est ainsi documenté et mis en scène par ses auteurs, comme s'il s'agissait d'un glorieux fait d'armes »[227].

Selon Human Rights Watch, au moins 40 chiites turkmènes, dont des enfants, ont été massacrés le 16 juin dans quatre localités proches de la ville de Kirkouk[202].

Le soir du 17 juillet, une jeune veuve de 26 ans accusée d'« adultère » est lapidée à Tabqa, près de Racca ; selon l'OSDH, c'est la première exécution de ce type commise en Syrie par l'État islamique. Le lendemain, une deuxième femme subit le même sort à Racca[228],[229]. D'autres exécutions de ce type suivent[230].

Les homosexuels sont également exécutés par lapidation. La première exécution connue a lieu à Mayadin, dans le gouvernorat de Deir ez-Zor le 25 novembre 2014, une seconde suit de lendemain dans la ville de Deir ez-Zor même[231]. Vers début décembre un homme accusé d'homosexualité est jeté du toit d'un immeuble puis lapidé, cette exécution aurait été ordonnée après un jugement du « tribunal islamique de la wilaya Al-Furat », soit dans la région de Boukamal et Al-Qa'im[232],[233].

Le 10 août, le ministre irakien des Droits de l'homme, Mohamed Chia al-Soudani, accuse les djihadistes de l'État islamique d'avoir tué au moins 500 membres de la minorité religieuse yazidie depuis le début de leur offensive dans le nord de l'Irak[234]. Le 15 août, les forces de l'EI attaquent le village de Kocho, majoritairement peuplé de Yézidis, massacrent au moins 81 hommes et capturent les femmes et les enfants[235],[236].

En août 2014, dans le gouvernorat de Deir ez-Zor, en Syrie, les Chaïtat se révoltent contre l'État islamique. Les forces de l'EI répliquent en massacrant en deux semaines 900 à 1 000 membres de cette tribu, dont une grande majorité de civils. 300 personnes sont notamment tuées en une journée à Ghraneidj[237],[238],[239],[240],[241].

Le 19 août, en représailles aux bombardements effectués par les États-Unis en Irak, l'État islamique affirme avoir décapité un otage américain, le journaliste James Foley, enlevé au nord de la Syrie le 22 novembre 2012[242],[243]. Le 2 septembre, l'État islamique revendique l'exécution par décapitation de son deuxième otage américain, également de nationalité israélienne, Steven Sotloff, un journaliste capturé le 4 août 2013 à Alep[244]. Le 13 septembre, l'EI annonce la décapitation d'un troisième otage, David Cawthorne Haines, un travailleur humanitaire britannique enlevé le 12 mars 2013 près d'Atmeh, non loin de la frontière turque[245],[246],[247]. Puis le 3 octobre, Alan Henning, un humanitaire britannique, est exécuté à son tour[248]. Le 16 novembre, l'État islamique annonce l'exécution de Peter Kassig, un humanitaire américain, ancien soldat[249].

Les 27 et 28 août, après la bataille de Tabqa, les djihadistes de l'État islamique exécutent 160 à 200 prisonniers de l'armée syrienne[250].

Le 2 septembre 2014, Amnesty International publie un rapport accusant l'organisation terroriste l'État islamique de mener « une campagne systématique de nettoyage ethnique » dans le nord de l'Irak et également de se livrer à des exécutions de masse. S'appuyant sur des témoignages « horrifiques » de survivants, Amnesty accuse les djihadistes de « crimes de guerre, notamment des exécutions sommaires de masse et des enlèvements visant systématiquement les minorités du Nord irakien, notamment les chrétiens, les Turcomans chiites et les Yazidis ». Dans ce rapport intitulé « Nettoyage ethnique dans des proportions historiques », Amnesty affirme avoir « des preuves que plusieurs tueries de masse, et des centaines, peut-être des milliers d'enlèvements, ont eu lieu en août dans la région de Sinjar »[251].

Le 16 octobre 2014, une vague d'attentats frappe les zones chiites de Bagdad et de ses alentours tuant au moins 50 personnes et en blessant des dizaines d'autres. L'EI a revendiqué l'attaque la plus meurtrière au cours de laquelle deux voitures piégées ont explosé simultanément dans une zone commerciale du quartier de Dolaie faisant 14 morts et 34 blessés. 162 personnes ont été tuées dans des attentats depuis le 12 octobre principalement à Bagdad[252]. À la fin du mois d'octobre, près de Hit, en Irak, les djihadistes exécutent entre 300 et 400 membres de la tribu des Albou Nimr - dont 50 femmes et enfants- qui s'était rebellée contre eux[253],[254].

Le 15 décembre 2014, l'organisation publie des photos d'une exécution de masse de 13 hommes décrits comme des combattants sunnites opposés au djihadistes[255]. L'EI aurait également exécuté 150 femmes qui auraient refusé de se marier avec des combattants à Falloujah[256].

Selon l'OSDH, l'État islamique exécute au moins 1 429 personnes en Syrie entre le 29 juin et début novembre 2014, dont 879 civils (principalement 700 membres de la tribu des Al Cheitaat), 483 soldats du régime syrien, 63 rebelles syriens et combattants du Front al-Nosra[257],[258].

Controverse sur le nom de l'État islamique[modifier | modifier le code]

À partir de l'été 2014, certains États refusent de qualifier le mouvement d'« État islamique », lui déniant ainsi la dénomination d'État et tout caractère islamique. Les États-Unis continuent d'utiliser les acronymes ISIS ou ISIL. En septembre, le gouvernement français adopte le terme de « Daech » ou « Daesh » pour qualifier l'EI[259],[260],[261].

Mathieu Guidère déclare en août : « Cet État islamique n’est pas un État et il n’est pas islamique. Pour des médias et des politiques, continuer à l’appeler ainsi revient à participer à une vaste usurpation d’identité. La seule manière à laquelle je puisse penser pour désigner, correctement, objectivement, ce groupe serait juste l’organisation al-Baghdadi[262]. »

Cependant pour le chercheur Romain Caillet : « L'acronyme Daech est un terme impropre et péjoratif, utilisé par les opposants à l'État islamique. L'expression a été popularisée par le média Al Arabiya. La chaîne qatarie Al Jazeera n'utilise d'ailleurs plus ce terme. Si, en langue arabe, il peut y avoir une légitimité à l'employer, son utilisation en français est clairement idéologique[259]. »

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 18 septembre à l'Assemblée nationale : « Je vous demande de ne plus utiliser le terme d'État islamique, car cela occasionne une confusion entre islam, islamistes et musulmans. Il s'agit de ce que les Arabes appellent Daesh et que j'appellerai pour ma part les égorgeurs de Daesh ». Michèle Léridon, la directrice de l'information de l'Agence France-Presse (AFP) a expliqué sur son blog que son agence de presse « n'utilise plus “État islamique” car il ne s'agit pas d'un véritable État, avec des frontières et une reconnaissance internationale. Mais aussi parce que les valeurs dont se réclame cette organisation ne sont en rien islamiques ». Wassim Nasr, journaliste spécialiste des questions djihadistes à France 24 estime que « l'emploi de l'acronyme arabe “Daesh” pour désigner l'État islamique risque d’être contre-productif et se retourner contre ses inventeurs. Ceci notamment du fait qu'il se rapproche trop phonétiquement du terme de “Daes” qui désigne “celui (personne ou entité) qui foule ou écrase de son pied” ». Le journal français Le Point a décidé pour sa part de parler d'« organisation État islamique » mais pas de « Daesh » afin de ne pas ne pas « servir la propagande des djihadistes tout en conservant notre objectivité de journaliste »[263].

À partir de septembre 2014, le mensuel français Le Monde diplomatique décide d'adopter la dénomination d'Organisation de l’État islamique (OEI), « parce que l’on n’a pas affaire à un État »[264].

Réception dans l'opinion internationale[modifier | modifier le code]

En juillet 2014, un sondage est effectué à la demande de l'agence de presse officielle russe Rossiya Segodnya par ICM Research (en) au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. La question suivante est posée à 3 007 personnes, dont 1 000 au Royaume-Uni, 1 006 en France, 1 001 en Allemagne : « De ce que vous connaissez, dites-nous si vous avez une opinion très favorable, assez favorable, assez défavorable ou très défavorable de l’État islamique en Irak et au Levant, aussi connu sous le nom d'Isis »[265].

  • Au Royaume-Uni, 2 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion très favorable de l'EI, 5 % assez favorable, 20 % assez défavorable, 44 % très opposée, 29 % ne connaissent pas le groupe[265].
  • En France, 3 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion très favorable de l'EI, 13 % assez favorable, 31 % assez défavorable, 31 % très opposée, 23 % ne connaissent pas le groupe[265]. En outre, selon ce même sondage, 27 % des 18-24 ans ont une opinion favorable (c.à.d. très favorable ou assez favorable) de l'EI[266].
  • En Allemagne, 0 % des personnes interrogées déclarent avoir une opinion très favorable de l'EI, 2 % assez favorable, 28 % assez défavorable, 54 % très opposée, 16 % ne connaissent pas le groupe[265].

Yuri Rubinsky, directeur du Centre d'études françaises à l'Institut de l'Europe (Académie des sciences de Russie), considère que ces chiffres sont directement liés à la présence de populations d'origine maghrébine et moyen-orientale dans ces pays, particulièrement en France, qui compte la plus forte population musulmane d'Europe[267].

En octobre 2014, un sondage mené au Royaume-Uni auprès de 2 000 personnes, leur demande de classer sur une échelle allant de 1 à 10 différents pays ou organisations terroristes, en fonction des sentiments « chaleureux et favorables » qu'elles leur portent. Ce sondage révèle que 14 % des adultes de moins de 25 ans et 12 % des adultes de moins de 35 ans, ont des « sentiments chaleureux » à l'égard de l'État islamique, en lui attribuant une note entre 6 et 10. Dans cette même tranche d'âge des 18-34 ans, 5,2 % lui donnent la note 9 ou 10. Bien que 88 % de la population globale lui donnent une faible note, les universitaires préviennent que l'État islamique surfe sur une vague de sentiments anti-politiques auprès des jeunes adultes britanniques de moins de 35 ans, qui admirent le « courage des djihadistes »[268].

En décembre 2014, sont publiés les résultats d'une étude réalisée par l'université de Milan, entre le 1er juillet et le 22 octobre 2014. Cette étude analyse le contenu de plus de deux millions de messages arabophones, postés sur les réseaux sociaux, blogs et forums, à travers le monde. La Belgique serait ainsi le pays européen d'où se déploierait sur Internet la plus importante propagande en faveur de l'État islamique, avec 31 % de messages favorables à cette organisation. Parmi les autres pays étudiés, seuls le Pakistan et le Qatar présentent un pourcentage plus élevé, avec respectivement 35,1 % et 47,6 %. La France compte quant à elle 20 % de messages favorables à l'État islamique, tandis que la Syrie en compte 7,6 % et l'Irak 19,7 %[269].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Mathieu Guidère, linguiste et spécialiste du Proche Orient, le Levant désigne la Syrie et le Liban durant l'occupation coloniale française et dénote d'une vision ethnocentriste.

Références[modifier | modifier le code]

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  238. « Syrie : l'EI a tué plus de 700 membres d'une tribu en 2 semaines », lepoint.fr, 16 août 2014.
  239. « L'État islamique a exécuté 700 membres d'une tribu syrienne », tempsreel.nouvelobs.com, 17 août 2014.
  240. Le Point : Syrie : les charniers de l'"État islamique"
  241. OSDH : A mass grave found in the countryside of Deir Ezzor
  242. « L'État islamique affirme avoir décapité un journaliste américain », France Info, 19 août 2014.
  243. « Le journaliste américain enlevé en Syrie tué par les jihadistes », Libération, 19 août 2014.
  244. Le Nouvel Observateur avec AFP: SYRIE. L'État islamique revendique la décapitation d'un deuxième otage américain
  245. Le Monde : « L'État Islamique annonce la mort de l'otage britannique David Haines »
  246. Le Nouvel Observateur : Qui est David Haines, l'otage britannique menacé par l'État islamique ?
  247. Le Figaro : « David Haines, un touche-à-tout qui a passé 15 ans sur le front de l'action humanitaire »
  248. Le Monde : L'otage britannique Alan Henning décapité par l'État islamique
  249. L'Obs avec AFP : L'État islamique affirme avoir assassiné l'otage américain Peter Kassig
  250. « L'État islamique exécute 160 soldats syriens », Libération, 28 août 2014.
  251. Amnesty international dénonce un «nettoyage ethnique» en Irak, Le Figaro, 2 septembre 2014.
  252. La Presse.ca Des attentats font au moins 50 morts à Bagdad
  253. Paris Match : EN IRAK, L'ETAT ISLAMIQUE CONTINUE LES MASSACRES
  254. Le Monde avec AFP, AP et Reuters ; Irak : l'État islamique massacre des centaines de membres d'une tribu sunnite
  255. Irak : Daech publie des photos d'une nouvelle exécution de masse
  256. Irak : Daech aurait exécuté 150 femmes qui refusaient de se marier
  257. Le Monde.fr avec AFP : Syrie : l'EI aurait exécuté 1 500 personnes en cinq mois selon une ONG
  258. Belga : L'EI a exécuté 1.500 personnes en Syrie au cours des cinq derniers mois
  259. a et b Gaël Cogné, « Comment faut-il appeler les jihadistes en Irak ? », francetvinfo.fr, 11 septembre 2014.
  260. Cécile Mimaut, « Daesh ou État islamique ? Questions sur un vocable », franceinfo.fr, 15 septembre 2014.
  261. Régis Soubrouillard, « Fabius lance la guerre des mots », marianne.net, 15 septembre 2014.
  262. Titouan Lemoine, « Etat islamique» : la mégalomanie d'un homme », geopolis.francetvinfo.fr, 27 août 2014.
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  264. Philippe Leymarie, « Face à l’OEI, les contorsions allemandes », Défense en ligne, Les blogs du Diplo, 24 septembre 2014.
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  267. (en) « Europeans Forgot 2003 Invasion of Iraq - Analyst », sur RIA Novosti.ru,‎ 15 août 2014 (consulté le 20 août 2014).
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Hanne et Thomas Flichy de la Neuville, L'État islamique, anatomie du nouveau califat, Bernard Giovanangeli éditeur, 2014.
  • Peter Harling, « Etat islamique, un monstre providentiel : De l’Egypte à l’Irak, le chaos s’installe là où les Etats se retirent », Le Monde diplomatique,‎ septembre 2014 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]