Barrage de Tabqa

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Barrage de Tabqa
Image illustrative de l'article Barrage de Tabqa
Le barrage de Tabqa est au centre de la photo, le lac al-Assad à droite et le barrage d’al-Baath à gauche. Le nord est en bas et à droite de l'image.
Géographie
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Subdivision Ar-Raqqa
Coordonnées 35° 51′ 27″ N 38° 33′ 35″ E / 35.85761, 38.55961 ()35° 51′ 27″ Nord 38° 33′ 35″ Est / 35.85761, 38.55961 ()  
Cours d'eau Euphrate
Objectifs et impacts
Vocation Irrigation et énergie
Date de mise en service 1976
Barrage
Type Poids
Hauteur du barrage (lit de rivière) 60 m
Longueur du barrage 4 500 m
Réservoir
Altitude du réservoir 307 m
Volume du réservoir 11,9 Mm3
Surface du réservoir 12 000 ha
Centrale hydroélectrique
Nombre de turbines 8
Type de turbines Turbine Kaplan
Puissance installée 800 MW
Production annuelle 5 600 GWh/an
Irrigation
Surface irriguée environ 100 000 ha

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Barrage de Tabqa

Sur l’Euphrate, le barrage de Tabqa[1] également nommé barrage de Thawra[2] « barrage de la révolution » ou simplement barrage de l'Euphrate est un barrage de Syrie. Prévu pour irriguer 640 000 hectares, divers problèmes n'ont permis d'irriguer que 100 à 150 000 hectares.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le lac généré par cette retenue est nommé lac al-Assad.

Le barrage de Tabqa est situé au nord-est de la Syrie, à 147 km à l’est d’Alep, sur la vallée moyenne de l’Euphrate.

Il a été construit entre mars 1968 et juillet 1973.

Deux documents en français datant de la fin de l’époque de ces travaux apportent nombre d’informations relatives aux conditions et aux éléments liés à la construction du barrage.

Le premier d’entre eux[3] est une synthèse effectuée par un géographe français, spécialiste du Moyen-Orient arabe, peu après la mise en eau du barrage qui indique les différents éléments du projet et les différents projets l’ayant précédé depuis 1927, avant de préciser les données techniques relatives au barrage (barrage-poids comportant une, digue de 4 500 m haute de 60 m au-dessus du fleuve situé à cet endroit à 307 m au-dessus du niveau de la mer). Cette digue a une largeur de 512 m à la base et de 19 m à son sommet. L’article indique également les caractéristiques du lac « El-Assad », réservoir de retenue devant couvrir 640 km² (640 000 ha) sur une longueur de 80 km et les compare avec celles du haut barrage d’Assouan et du lac Nasser. Enfin, une note, située à l’extrême fin de l’article fait mention de différentes contributions (française, suisse, hollandaise, belge) à l’exploration archéologique du site avant la mise en eau du barrage, consécutives à un appel de l’UNESCO.

Le deuxième document[4] est l’œuvre du Dr Afif Bahnassi, alors « Directeur Général des Antiquités et des Musées » de Syrie et spécialiste de l’art islamique. Les informations présentes dans ce document recoupent largement et précisent parfois (distance du barrage par rapport à Alep) celles contenues dans le document précédent. En ce qui concerne les divers monuments et sites objets de travaux avant la mise en eau du barrage, il accorde une importance particulière à la consolidation du site de Qal'at Ja'bar, citadelle du XIe siècle destinée à devenir une île du lac Assad, et au transfert des minarets de Tell Meskene et Tell Abu Hureyra avant de donner des informations très précises sur les fouilles de sauvetage évoquées dans la note du document précédent citée supra. En ce qui concerne les fouilles de sauvetage entreprises, il met en exergue les fouilles effectuées à Tell Mureybet en 1972-1973 « par la mission française conduite par Monsieur J. Caucin » (i.e. Jacques Cauvin) mais ne fait pas mention de celles conduites à la même époque sur le site prénéolithique de Tell Abu Hureyra par une équipe d’archéologues britanniques dont les résultats publiés en 1979 et 1987 dans Scientific American-Pour la Science permettront de reconsidérer profondément les conditions du processus de néolithisation dans la région.

Un troisième document[5] du géographe et géo-politologue français Georges Mutin, spécialiste des problèmes de l’eau dans le monde arabe, et beaucoup plus récent (2003), replace le barrage de Tabqa dans le contexte général de l’aménagement du bassin de l’Euphrate et du Tigre et des travaux réalisés en ce domaine par la Syrie, la Turquie et l’Irak depuis les années 1960.

Le barrage d'al-Baath[6] en aval du barrage de Tabqa sert à la régularisation du débit du fleuve. Le barrage de Tichrin[7], plus récent (terminé en 1999), en amont du lac Assad sert essentiellement à la production d'électricité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tabqa, en [arabe] : al-tabqa, الطبقة est l'ancien nom du site sur lequel la ville nouvelle de Al-Thawra a été construite (c.f. « Al Thawra (Tabaqa) », sur Ministry of Tourism - Syria).
  2. barrage de Thawra, en arabe : sudd al-ṯawra, سد الثورة.
  3. André Bourgey, « Le barrage de Tabqa et l’aménagement du bassin de l’Euphrate en Syrie », Revue de géographie de Lyon, vol. 49, no 4,‎ 1974, p. 343-354 (lire en ligne)
  4. Afif Bahnassi, « Le sauvetage des vestiges de la zone de submersion du barrage de Tabqa sur l’Euphrate », Monumentum, vol. 17,‎ 1978, p. 57-70 (lire en ligne)
  5. Georges Mutin, « Le Tigre et l’Euphrate de la discorde », VertigO, vol. 4, no 3,‎ décembre 2003 (lire en ligne)
  6. Al-Baath en arabe : ba ʿaṯ, بعث « renouveau », c'est aussi le nom du parti au pouvoir en Syrie.
  7. Tichrin, en arabe : tišrīn, تشرين « octobre », sans doute par référence à la guerre d'octobre 1973, c'est aussi le titre du journal du nom du parti Ba`ath ; en arabe : jarīda tišrīn, جريدة تشرين.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]