Ali Khamenei

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ali Khamenei
علی خامنه‌ای
Image illustrative de l'article Ali Khamenei
Fonctions
2e Guide de la Révolution
de la République islamique d'Iran
En fonction depuis le 4 juin 1989
(25 ans, 2 mois et 16 jours)
Président Hachemi Rafsandjani
Mohammad Khatami
Mahmoud Ahmadinejad
Hassan Rohani
Prédécesseur Rouhollah Khomeini
3e président de la République islamique d'Iran
13 octobre 19813 août 1989
(7 ans, 9 mois et 21 jours)
Élection 2 octobre 1981
Réélection 16 août 1985
Chef de l'État Rouhollah Khomeini
(Guide de la Révolution)
Premier ministre Mir-Hossein Mousavi
Prédécesseur Mohammad Ali Rajai
Successeur Hachemi Rafsandjani
Biographie
Nom de naissance Ali Hossaini Khamenei
Date de naissance 17 juillet 1939 (75 ans)
Lieu de naissance Mashhad (Iran)
Nationalité iranienne
Conjoint Khojaste Bagherzade
(depuis 1964)
Profession Religieux
Résidence Palais de Niavaran, Téhéran

Ali Khamenei
Présidents de la République islamique d'Iran
Guides de la Révolution
de la République islamique d'Iran

Ali Khamenei (né le 17 juillet 1939 à Mashhad) est un ayatollah et l'actuel Guide suprême de la Révolution islamique (Rahbar en persan), ce qui est le poste le plus élevé de la République islamique d'Iran, au-dessus de la charge officielle de Président de la République, qu'il occupa lui-même de 1981 à 1989. Son turban noir indique qu'il est un seyyed, c'est-à-dire qu'il se prétend descendant du prophète Mahomet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années et vie politique[modifier | modifier le code]

Mohammad Ali Rajai visitant Khamenei le 27 juin 1981 à l'hôpital après la tentative d'assassinat de l'OMPI.

Khamenei a étudié la philosophie islamique puis est devenu ayatollah[1]. Ses adversaires ont longtemps raillé ses connaissances religieuses plutôt limitées[1]. Il est l'une des principales figures de la Révolution islamique contre le chah Mohammad Reza Pahlavi. Selon le témoignage de Hossein Boroujerd, le 19 août 1978, il aurait participé à l’incendie volontaire du cinéma Rex, dans la ville d'Abadan, où sont mortes carbonisées plus de 400 personnes. Les mollahs se seraient emparés des prêches pour en accuser le Shah. Le lien entre le Shah et les ouvriers du pétrole se serait alors rompu, la ville et les ouvriers basculant dans l’opposition à la monarchie[2].

Il fut l'un des principaux confidents de l'ayatollah Khomeini. Khamenei est nommé imam de la grande prière du vendredi de Téhéran par l'ayatollah Khomeini en automne 1979, après la démission de l'ayatollah Hossein Ali Montazeri de ce poste.

En juin 1981, l'ayatollah Khamenei échappe à un attentat, préparé par l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. Une bombe cachée dans un magnétophone lors d'une conférence de presse éclate près de lui. Sérieusement blessé, il perd l'usage de sa main droite et d'un bras. Il ne se déplace plus qu'avec une canne, mais il gagne une réputation de miraculé parmi ses fidèles et porte officiellement le titre de « martyr vivant », estimant que « Dieu m'a épargné pour des responsabilités plus lourdes ».

Président de la République islamique d'Iran[modifier | modifier le code]

En 1981, Khamenei, après l'assassinat du président iranien, Mohammed Ali Rajai, est élu président de la République islamique d'Iran, le premier religieux à ce poste.

Khomeini voulait garder les ecclésiastiques à l'écart de la présidence[réf. nécessaire] mais il a échoué de ce point de vue. La présidence de Khamenei a été analysée comme celle où l'Iran a abandonné tous les espoirs de sécularisme, et est devenu bien plus religieux.

Il est réélu pour un deuxième mandat en 1985. Khamenei en tant qu'allié et ami de Khomeini, n'a pas eu de ligne politique en contradiction avec celle de Khomeini, il s'est rarement opposé au guide suprême, à la différence du premier président de l'Iran, Abolhassan Banisadr.

Khamenei sur le front en juin 1981 durant la guerre Iran-Irak.

Lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), Khamenei a refusé obstinément toute une série de cessez-le-feu, en partageant l'intransigeance martiale de son mentor.

À partir d'août 1988 et jusqu'en février 1989, sous la présidence de Khamenei, a lieu le « massacre des prisons » au cours duquel sont perpétrées des exécutions massives de prisonniers politiques. Selon Amnesty International, "il s'est agi de la plus importante vague d'homicides depuis celles qui avaient eu lieu lors de la première et de la deuxième année ayant suivi la révolution iranienne en 1979. Au total, entre 4 500 et 5 000 prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes, auraient été tués"[3].

En 1989, il déclare « inconditionnelle et permanente » la fatwa de Khomeini contre Salman Rushdie. En fait, le 17 février 1989, trois jours après la fatwa de l'ayatollah Khomeini, Ali Khamenei avait semblé indiquer que « le peuple islamique accorderait son pardon si l'auteur des Versets sataniques revenait sur ses erreurs ». Salman Rushdie répondit « qu'il regrettait le choc moral qu'il avait fait subir aux adeptes sincères de l'islam ». Cependant, dès le 19 février, Khamenei enfonça le clou : « Même si Salman Rushdie se repent au point de devenir l'homme le plus pieux de notre temps, l'obligation subsiste, pour chaque musulman, de l'envoyer en enfer, à n'importe quel prix, et même en faisant le sacrifice de sa vie. »[réf. nécessaire]. Il a stigmatisé l'écrivain comme « un apostat dont le sang pourrait être versé impunément », en janvier 2005[4].

Il a aussi soutenu, dans les années 1990, le GIA algérien pour son activisme terroriste[réf. nécessaire].

Guide suprême de la révolution islamique[modifier | modifier le code]

À la mort de Khomeini, Khamenei est élu guide suprême par l'Assemblée des experts, sous l'influence de Hachemi Rafsandjani, 4 juin 1989. À son poste, la plupart des observateurs le considèrent comme un "dur" du régime, gardien intransigeant des principes et des valeurs de la révolution islamique de 1979. Désigné par un collège de 80 religieux, après un changement de constitution, il s'adjuge le contrôle total des relations extérieures, la défense, les services de sécurité, la justice et pèse fortement sur les médias. Dès la fin 1989, c'est lui qui choisit le futur secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour le représenter à Beyrouth.

Khamenei avec le président russe Vladimir Poutine à Téhéran le 17 octobre 2007.

Durant la présidence du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005), Ali Khamenei freine souvent la politique d’ouverture de la société et des institutions voulue par le président. Et même avec le président Mahmoud Ahmadinejad, il n'hésite pas à user de son veto contre les décrets lui déplaisant. Au printemps 2006, il a ainsi bloqué un décret autorisant l'entrée des femmes iraniennes dans les stades. Plus globalement, il a affirmé à de nombreuses reprises sa vision sociale discriminatoire envers les femmes. « L’homme est fait pour entrer sur les terrains économiques et financiers… Mais la femme […] doit accoucher, allaiter, elle a un physique fragile, elle est moralement sensible, elle est affective, ne peut entrer dans tous les domaines […], cela crée des restrictions pour les femmes… L’homme, plus fort, est privilégié[5]

Lors de la crise internationale liée aux caricatures de Mahomet, l'ayatollah Khamenei dénonce le 7 février 2006, à Téhéran, la publication de caricatures du prophète de l'islam, dans la presse européenne comme étant une « conspiration sioniste »[6].

En juin 2009, Ali Khamenei soutient le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, réélu dans des conditions contestées par une partie de la société iranienne.

Ali Khamenei a qualifié Israël de « tumeur cancéreuse » en 2009 et en 2012, précisant la seconde fois qu'elle devait être supprimée, et a assuré le soutien de l'Iran à tout groupe qui combattrait ce pays[7],[8].

Selon Reuters, au fil du temps, Khamenei se serait constitué un empire industriel et commercial d'une valeur de 95 milliards de dollars américains, qui constituerait la composante économique de son pouvoir, les deux autres étant le pouvoir politique et le pouvoir militaire[9].

Fin novembre 2013, il déclare qu'« Israël est voué à la disparition »[10], en juillet 2014 il explique souhaiter cette disparition grâce à un référendum auquel participeraient à la fois les Arabes et les Juifs qui vivent en Israël en précisant pour la première fois « La seule solution, c'est l'anéantissement de l'Etat d'Israël, mais cela ne veut pas dire la destruction des Juifs de cette région »[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Chronologies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georges Malbrunot, « Ali Khamenei, l'énigme iranienne », Le Figaro,‎ 29 juin 2009 (consulté le 30 mars 2010)
  2. « Behind The Islamic Revolution’s Curtains - Confessions of Hossein Boroujerdi » (ISBN 3-935249-66-7)
  3. http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE13/118/2008/fr/33b9dd6d-6ea9-11dd-8e5e-43ea85d15a69/mde131182008fra.html
  4. http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,3473096,00-rushdie-anobli-teheran-convoque-ambassadeur-britannique-.html
  5. http://www.ncr-iran.org/fr/content/view/236/57/
  6. Le Nouvel Observateur, le 7 février 2006.
  7. « Les grandes puissances nucléaires unies face à l'Iran », Le Figaro, 6 mars 2009
  8. « Iran : arrivée de Haniyeh (PM du Hamas) », Le Figaro, 10 février 2012
  9. Exclusive: Reuters investigates business empire of Iran's supreme leader, Steve Stecklow, Babak Dehghanpisheh et Yeganeh Torbati, Reuters, 11 novembre 2013
  10. « Pour Khamenei, "Israël est voué à la disparition" », in Le Figaro, jeudi 21 novembre 2013, page 8.
  11. Ali Khamenei veut la fin de l'Etat d'Israël... par référendum Reuters, le jeudi 24 juillet 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :