Mossoul

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Mossoul
(ku) Mûsil
(ar) الموصل
Un pont sur le Tigre, à Mossoul.
Un pont sur le Tigre, à Mossoul.
Administration
Pays Drapeau de l'Irak Irak
Province Ninive
Démographie
Population 2 721 096 hab. (2008 estimation)
Géographie
Coordonnées 36° 20′ 14″ N 43° 08′ 09″ E / 36.337253, 43.1359236° 20′ 14″ Nord 43° 08′ 09″ Est / 36.337253, 43.13592  
Altitude 228 m
Localisation

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Sources
« Index Mundi »

Mossoul (en arabe الموصل ʾal mawṣil et en kurde Mûsil) est une ville du nord de l'Irak, chef-lieu de la province de Ninive, en Haute-Mésopotamie. Appartenant de jure à l'Irak, la ville est contrôlée par l'organisation terroriste dite État islamique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Mossoul se trouve sur les rives du Tigre (cinq ponts permettent de franchir le fleuve), à environ 350 km au nord de Bagdad et à une centaine de kilomètres des frontières syrienne et turque.

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville compte environ 1,5 million d'habitants, ce qui en fait la deuxième ville irakienne en termes de population, après Bagdad et avant Bassorah.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Al-Mawssil a été donné par les Arabes lorsqu'ils ont conquis la région de la Haute Mésopotamie au VIIe siècle. Auparavant, la ville se nommait Ninawa, transcrit en Ninive en français. Le nom de Ninawa est mentionné à 34 reprises dans la Bible. Capitale de l'Empire assyrien, Ninive connu son Âge d'Or durant le VIIIe siècle av. J.-C.. L'héritage archéologique de la ville témoigne de la vitalité de la culture assyrienne dont la grande bibliothèque d’Assurbanipal fut l'illustration. Ninive est tombée dans les mains des Chaldéens en l'an 611 av. J.-C., marquant la fin de l'empire assyrien. Aujourd'hui, le nom de Ninive est donné à la fois au site archéologique de la ville et à la province qui s'étend sur une vaste plaine aux alentours de Mossoul. Et puisque, actuellement, la plupart des habitants de Ninive sont arabes, le nom Al-Moussel est retenu et utilisé à la place de Ninive [pas clair].

Mossoul est située sur les ruines de Ninive. C'est la ville qui lui a succédé comme métropole régionale à l'époque chrétienne. Elle est alors d'obédience nestorienne et abrite les tombes de plusieurs évangélisateurs. Prise en 641 par les Arabes, elle devient le principal pôle commercial de la région en raison de son emplacement, au carrefour des routes de caravanes entre la Syrie et la Perse. C'est à cette époque qu'elle devient réputée pour ses tissus fins de coton, les mousselines, ainsi que pour son marbre. Au Xe siècle, l'émirat de Mossoul acquiert une quasi-indépendance avant de devenir au XIe siècle la capitale d'un État seldjoukide. Au XIIIe siècle, elle est conquise et pillée par les Mongols. En 1262, elle passe sous domination perse, puis ottomane.

Promise à la souveraineté française par les accords Sykes-Picot de 1916, ce sont le britanniques qui l'occupent en 1918, puis l'administrent. La France, aux termes de nombreuses tergiversations, renonce à ses droits sur le vilayet et le Royaume-Uni l'intègre ensuite à l'Irak, sur lequel il a alors mandat. La Turquie proteste à l'époque contre cette annexion, mais la Société des Nations confirme l'action britannique en 1925.

Mossoul a ensuite souffert de la guerre Iran-Irak. Le , les troupes américaines ouvrent le feu sur des manifestants dénonçant leur présence en Irak, la fusillade fait au moins dix victimes. C'est également à Mossoul que sont tués en juillet 2003 les deux fils de l'ancien président irakien Saddam Hussein, Oudaï et Qoussaï.

En , Mossoul tombe aux mains des jihadistes de l'État islamique, après quatre jours de combat lors d'une offensive de grande ampleur de ces derniers dans le nord du pays et avec la complicité d'anciens cadres du parti Baas de Saddam Hussein[1],[2]. Selon une ONG, cinq cent mille civils fuient la ville[3].

Après avoir vu leurs maisons marquées de la lettre de l'alphabet arabe ن, signifiant Nazrani (Nazaréen), les chrétiens de Mossoul doivent choisir entre se convertir, payer un impôt de capitation (jizya) aux islamistes ou quitter la ville ; ils fuient en masse, se faisant par ailleurs souvent racketter leurs biens[4].

Le 24 juillet 2014, les jihadistes de l'État islamique ont procédé à la destruction à l'explosif de la mosquée du prophète Jonas, qui contenait la tombe de ce prophète ainsi que d'autres restes archéologiques datant du VIIIe siècle av. J.-C. et de l'antique Ninive. Ce même jour, ils ont également procédé à la destruction d'une autre mosquée proche[5].

En février 2015, les jihadistes détruisent à la masse et au marteau-piqueur, des statues et des fresques assyriennes et parthes du musée de Mossoul[6], dans le même temps la bibliothèque de la ville est volontairement incendiée, environ 8 000 ouvrages anciens partent alors en fumée[7].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Son nom arabe Mossoul ou Al-Moussel vient d'un ancien pont de bateaux sur le Tigre et provient du verbe arabe waSala signifiant « relier »[8].

On appelle aussi cette ville du nom de Oumou Rabïain qui veut dire littéralement « mère de deux printemps » parce qu’elle bénéficie en automne d'une deuxième saison printanière.

De Mossoul dérive le nom de mousseline, désignant d'abord une étoffe fine et transparente originaire de cette ville, terme qui, par analogie, passa en cuisine pour qualifier une préparation légère à laquelle est généralement ajoutée de la crème fouettée.

Économie[modifier | modifier le code]

D'importants gisements de pétrole à proximité assurent une bonne partie de son activité (raffineries). C'est également le principal marché agricole de la région (céréales, plantes textiles, fruits).

Personnalités liées à Mossoul[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Offensive sans précédent des djihadistes en Irak, lemonde.fr, 10 juin 2014
  2. À Mossoul, une alliance contre nature entre le Baas et les djihadistes, orientxxi.info, 12 juin 2014
  3. Après la prise de Mossoul par les djihadistes, l'Irak est au bord de l'implosion, Cécile Hennion, lemonde.fr, 11 juin 2014
  4. Laurence Desjoyaux, « Le rideau tombe sur Mossoul », lavie.fr, 18 juillet 2014.
  5. (en) « Les militants de l'EIIL ont fait exploser la tombe de Jonas », The Guardian,‎ (consulté le 25 juillet 2014)
  6. « Mossoul : l’EI démolit des statues vieilles de plus de 2000 ans », sur France 24,‎
  7. « L'Etat islamique brûle 8.000 livres rares à Mossoul », Le Nouvel observateur,‎ (lire en ligne)
  8. Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1994 (ISBN 285036195X), p. 326

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Habibollah Atarodi, Great powers, oil and the Kurds in Mosul : (Southern Kurdistan/Northern Iraq), 1910-1925, University Press of America, Lanham, MA, 2003, 233 p. (ISBN 0-7618-2536-3)
  • Percy Kemp, Territoires d'Islam : le monde vu de Mossoul au XVIIIe siècle, Sindbad, Paris, 1982, 184 p. (ISBN 9782727400752) (texte remanié d'une thèse de 3e cycle)
  • (en) Dina Rizk Khoury, State and provincial society in the Ottoman empire : Mosul, 1540-1834, Cambridge University Press, Cambridge, New York, 1997 (rééd. 2002), 253 p. (ISBN 978-0-521-89430-2)
  • Louis Le Fur, « L'affaire de Mossoul », in Revue générale de droit international public, A. Pedone, Paris, 1927, 85 p.
  • Jean-Marie Mérigoux, Va à Ninive ! : un dialogue avec l'Irak, Mossoul et les villages chrétiens, pages d'histoire dominicaine, Cerf, Paris, 2000, 482 p. (ISBN 2-204-06522-6)
  • Jean Richard, « La confrérie des Mosserins d'Acre et les marchands de Mossoul au XIIIe siècle », in Orient syrien, 1966, vol. XI, fascicule 4, p. 451-460
  • (en) Sarah D. Shields, An economic history of nineteenth-century Mosul, University of Chicago, Illinois, 1986, 230 p. (thèse)
  • (en) Sarah D. Shields, Mosul before Iraq: like bees making five-sided cells, State University of New York Press, Albany, NY, 2000, 278 p. (ISBN 0-7914-4488-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]