Bisexualité

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Androgynie, Bigamie, Homosexualité ni Pansexualité.

La bisexualité désigne le fait d'éprouver de l'attirance sexuelle pour les deux sexes, ou plus largement le fait d'entretenir des relations amoureuses, sentimentales ou sexuelles avec des personnes du même sexe et du sexe opposé. La bisexualité ne représente pas nécessairement une tendance à aimer autant un sexe que l'autre, le degré d'attirance envers les deux sexes pouvant très largement varier.

Si le mot bisexualité n'a été forgé qu'au début du XXe siècle, la bisexualité a une histoire bien plus ancienne ; dans le règne animal, nombre d'animaux évolués, en particulier les dauphins ou les bonobos (les singes les plus proches génétiquement de l'Homme) sont activement bisexuels.

Les recherches et études sexologiques ont constamment révélé qu'une part conséquente - ou même parfois une courte majorité - des membres des sociétés occidentales contemporaines ont eu au moins une expérience bisexuelle. Néanmoins, la perception binaire de la sexualité humaine généralisée dans la culture populaire et présente dans certains travaux universitaires (à savoir la conception selon laquelle on ne peut être qu'hétérosexuel ou homosexuel) a conduit à une occultation méthodique de la bisexualité comme phénomène spécifique, en particulier dans les sciences humaines du XIXe et XXe siècles. Lorsque cette occultation est intégrée, elle conduit des personnes de fait bisexuelles à se présenter comme hétérosexuelles ou homosexuelles, participant de ce fait à une invisibilité de la bisexualité dans la société en général - et même parfois au sein des mouvements LGBT (ainsi, seule une part marginale de la population étudiée dans des recherches sexologiques se déclare bisexuelle).

Toutefois, de par les approches psychanalystes de la sexualité humaine (notamment celles de Freud avec le concept de « bisexualité innée »), et l'histoire mondiale de la bisexualité, un débat contemporain s'est initié de savoir si la bisexualité ne serait pas l'orientation sexuelle naturelle de l'être humain.

Sommaire

Origines et usages du mot [modifier]

Le mot « bisexualité », (formé du préfixe « bi » (« deux ») et de « sexualité »[1], sur le modèle de « homosexualité » et « hétérosexualité »), désigne actuellement le fait d'entretenir (simultanément ou successivement) des relations amoureuses, sentimentales ou sexuelles avec des personnes du même sexe et du sexe opposé[2],[3] ou la capacité à ressentir une attraction physique, romantique ou amoureuse pour des personnes des deux sexes[3],[4],[5].

En biologie [modifier]

À l'origine, le terme s'appliquait à la biologie, en particulier dans la botanique française de la fin du XVIIIe siècle, où on utilisait ce terme pour qualifier des plantes ayant des organes des deux sexes (les étamines et les pistils)[6],[MS 1]. Il a ensuite pris le sens d'une prédisposition biopsychologique à la fois féminine et masculine propre à tout être humain[6].

Il ne faut pas confondre la bisexualité avec l’androgynie, c’est-à-dire le cas d'un être humain dont l'apparence ne permet pas de décider à quel sexe il appartient. Quand une personne est physiquement porteuse des deux sexes, on parle plutôt d'« intersexuation[5] » (ou anciennement d'hermaphrodisme).

D'après des recherches en embryologie, tous les êtres humains partagent des caractères sexuels des deux sexes durant une partie de la grossesse. Cet état peut se considérer non seulement comme de l'intersexuation temporaire, mais aussi comme une disposition de chaque être humain à la bisexualité[6].

En psychanalyse [modifier]

L'un des patients de Freud, « l'homme aux loups », avec son épouse dans les années 1910. Freud déduit de son étude que son refoulement de sa bisexualité est la cause de plusieurs de ses névroses[7].

On distingue la bisexualité comme comportement de la « bisexualité psychique » théorisée notamment par Wilhelm Fliess[8] et Sigmund Freud qui serait le fondement psychique inconscient de tout être humain. Dans Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud avance le concept de « bisexualité innée », selon lequel, à la naissance, tout être humain porte en lui des dispositions à la fois féminines et masculines, et doit réprimer l'une ou l'autre au fil de son développement pour s'identifier pleinement à son sexe physique ; l'incapacité à réprimer les tendances relevant du sexe opposé fait partie des explications avancées par Freud pour déterminer l'origine de certains troubles de la personnalité de caractère névrotique[6]. Il écrit également, s'appuyant sur l'exemple de la bisexualité grecque antique : « l'objet sexuel [des deux sexes] est alors une sorte de réflexion de la nature bisexuelle du sujet lui-même[MS 2]. »

Freud écrit également que tous les êtres « peuvent prendre comme objets sexuels des personnes du même sexe, comme de l'autre sexe ... Ils répartissent leur libido d'une manière soit manifeste, soit latente, sur des objets des deux sexes[9]. » De même, dans Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, Freud estime que non seulement chacun est capable de faire un « choix » homosexuel, mais « l'a accompli à un moment donné de sa vie, puis, ou bien s'y tient encore dans son inconscient, ou bien s'en défend par une énergique attitude contraire[10]. »

Cependant, Freud n'estime pas que toute personne est nécessairement bisexuelle, mais que nous naissons tous bisexuels pour peut-être, par la suite, évoluer vers une autre orientation sexuelle[3]. Ainsi, l'approche complexe de Freud sur la bisexualité se retrouve grandement simplifiée chez un autre psychanalyste du début du XXe siècle, qui se réclame pourtant de ses idées. Dans Bi-Sexual Love (1920) Wilhem Stekel affirme que tout être humain est par essence bisexuel, et que l'hétérosexualité et l'homosexualité sont toutes deux contre-nature[MS 3]. Il estime également que toute personne, même celles qui se déclarent homosexuelles, ressentent des attirances hétérosexuelles ; et que l'on devient monogame par obligation sociale[MS 4].

En psychanalyse, le concept de « bisexualité psychique » se réfère donc à ce que les études sur le genre ont appelé ensuite l'« identité de genre », c'est-à-dire la correspondance entre l'identité intime et sociale d'une personne et son sexe physique (le fait qu'un humain mâle peut se sentir plus ou moins masculin et/ou féminin, par exemple). Cet emploi du terme doit être distingué de l'usage courant du mot pour évoquer une orientation sexuelle, puisqu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle les sciences humaines font une distinction nette entre l'identité de genre d'une personne et son orientation sexuelle[11].

Orientation sexuelle ou comportement [modifier]

Le sens moderne de bisexualité comme attirance romantique ou sexuelle pour des personnes des deux sexes se retrouve dès le début du XXesiècle, notamment dans Studies in the Psychology of Sex, Volume II: Sexual Inversion (1915) de Henry Havelock Ellis, qui parle également d'« hermaphrodisme psychosexuel »[MS 5]. Ainsi, dans son sens moderne, la bisexualité est une orientation sexuelle caractérisée par l’amour ou le désir sexuel pour les membres des deux sexes, distincte de l’homosexualité et de l’hétérosexualité, de la pansexualité (ou omnisexualité), ou encore de l’asexualité. Les personnes bisexuelles peuvent avoir des relations simultanées avec les partenaires de sexe masculin et féminin, pratiquer la monogamie en série avec des partenaires de l’un ou l’autre sexe, avoir des relations de plus ou moins de longue durée avec des partenaires d’un seul sexe ou pratiquer la chasteté[3],[4],[12]. La bisexualité se réfère aux désirs et au concept de soi, pas nécessairement au comportement : ainsi, une personne bisexuelle peut ne s'engager que dans des relations hétérosexuelles ou homosexuelles, même si elle éprouve des sentiments pour des personnes des deux sexes[13].

La bisexualité n'est pas une équivalence du type « J'aime autant les femmes que les hommes » ou « J'ai eu 50 % de mes relations amoureuses avec des femmes, et 50 % avec des hommes. ». En effet, les degrés d'attirance envers les deux sexes peuvent infiniment varier[5],[14], conduisant à une diversité extraordinaire d'expériences[15]. La bisexualité peut aussi se voir comme une sexualité « fluide » qui change au cours du temps[2].

La bisexualité en sexologie [modifier]

La bisexualité dans les comportements érotiques animaux et humains [modifier]

Articles détaillés : Comportement érotique et Bisexualité animale.
Les bonobos, les singes les plus proches génétiquement de l'espèce humaine[16], sont activement bisexuels[16].

Dans les années 2000, les recherches en neurosciences ont montré que les êtres humains stimulent leurs zones érogènes car cela procure des récompenses / renforcements dans le cerveau[17]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances. En simplifiant, l'être humain recherche les activités sexuelles car elles procurent des plaisirs érotiques intenses[17].

Chez l'être humain (mais aussi chez le chimpanzé, le bonobo, l'orang outan et le dauphin), le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction mais devient un comportement érotique[18]. Au cours de l'évolution, l'importance et l'influence des hormones[19] et des phéromones[20],[21] sur le comportement sexuel a diminué. Au contraire, l'importance des récompenses est devenue majeure[17]. Chez l'être humain, le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche des plaisirs érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes[22] ; cette recherche des plaisirs sexuels, nouveaux, variés et intenses, se fait « peu importe le sexe ou le genre du ou des partenaire(s)[23]. »

Pour ces raisons, on observe que quasiment tous les primates ont des activités bisexuelles[24],[25], en particulier les chimpanzés Pan paniscus (bonobo)[26], ainsi que les dauphins[27] ; que dans les sociétés sexuellement libérales les enfants et les adolescents ont des activités bisexuelles[28],[29],[30], et qu'apparemment il existait dans toutes les sociétés anciennes de guerriers, avant l'avènement des religions actuelles qui sont peu favorables à la sexualité, des pratiques bisexuelles généralisées[31]. L'influence majeure du contexte culturel dans l'orientation sexuelle est bien mise en évidence par exemple dans la société grecque de l'Antiquité, où la femme avait une position inférieure à l'homme. L'amour le plus désirable, l'« amour céleste », était homosexuel[32],[33]. Les rapports hétérosexuels servaient à avoir une descendance légitime ; les épouses étaient supposées tenir le rôle de gardienne fidèle au foyer[34].

Toutes ces données suggèrent qu'il existe une tendance significative à la bisexualité chez l'être humain qui entre en conflit avec la réalité, à savoir que la pratique n'est pas généralisée. Il faut prendre en compte en Occident la grande valorisation culturelle du couple hétérosexuel, une très forte homophobie[35], et surtout un très fort monosexualisme expliquant d'une part le fait que les bisexuels sont souvent rejetés par les hétérosexuels et également par les homosexuels (c'est la biphobie), et d'autre part que la bisexualité n'existe pas au niveau des pratiques et des valeurs culturelles[36]. Il est donc extrêmement difficile de vivre de manière bisexuelle[37] ; beaucoup de bisexuels dissimulent en conséquence leur véritable orientation sexuelle[MS 6].

Néanmoins, malgré la biphobie, l'homophobie et l'hétérocentrisme, on observe toutefois qu'entre un tiers et la moitié des personnes occidentales ont eu au moins une expérience bisexuelle[38], mais que vraisemblablement la plupart des personnes, en raison de toutes les difficultés et pressions psychologiques exposées précédemment, se conforment aux pratiques et aux valeurs dominantes.

Les échelles de mesure de la sexualité humaine [modifier]

L'échelle de Kinsey [modifier]

Plusieurs sexologues ont conçu des échelles de mesure de la sexualité qui visent à rendre possible une étude des comportements sexuels humains plus précise que les catégories tranchées d'hétérosexualité, d'homosexualité ou de bisexualité. Le premier et le plus connu des chercheurs à réaliser une étude ce genre est le sexologue américain Alfred Kinsey : dans deux études connues sous le nom de rapports Kinsey (Sexual Behavior in the Human Male en 1948 et Sexual Behavior in the Human Female en 1953), il emploie une échelle qui, en se fondant sur les témoignages des personnes interrogées sur leurs pratiques sexuelles, les classe non pas en deux ou trois catégories tranchées, mais en sept catégories qui vont de l'hétérosexualité exclusive (degré 0) jusqu'à l'homosexualité exclusive (degré 6). Les degrés intermédiaires, de 1 à 5 dans le tableau ci-dessous, correspondent à des comportements bisexuels[39]. Les rapports Kinsey font beaucoup de bruit à leur parution, car ils montrent que les personnes ayant eu des rapports sexuels avec des personnes des deux sexes sont beaucoup plus nombreuses que ce que l'on croyait jusqu'alors. Par la suite, l'échelle de Kinsey est souvent évoquée pour réfuter la conception traditionnelle binaire de la vie sexuelle en hétérosexualité et homosexualité[40].

Valeur Explication
0 Exclusivement hétérosexuel(le)
1 Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuelle
2 Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)
3 Bisexuel sans préférence
4 Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel(le)
5 Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuelle
6 Exclusivement homosexuel(le)

La grille d'orientation sexuelle de Klein [modifier]

Dans les années 1970, un sexologue américain, Fritz Klein, élabore un autre instrument d'étude du comportement sexuel, encore plus précis, afin de prendre en compte la grande variété des témoignages qu'il recueille au cours d'un forum sur la bisexualité qu'il crée et anime à New York. Il publie pour la première fois cet outil, la grille d'orientation sexuelle de Klein, dans son ouvrage The Bisexual Option en 1978[12]. La grille d'orientation sexuelle de Klein n'est pas une échelle de mesure, mais un modèle de formulaire pour interroger les personnes sur leur sexualité. Elle prend en compte non pas seulement les pratiques sexuelles, mais aussi les sentiments de la personne ou encore ses fantasmes ; elle fait par ailleurs le distinguo entre la vie passée de la personne, sa vie présente et son idéal de vie[12]. Pour chacune de ses réponses, la personne peut répondre par des chiffres allant de 1 (le même sexe seulement) jusqu'à 7 (l'autre sexe seulement). Les pratiques, le vécu, les désirs et les sentiments des personnes interrogées sont ainsi pris en compte de manière plus nuancée, ce qui aboutit à un profil d'orientation sexuelle composé de 21 critères différents[41].

Études et statistiques sexologiques sur la bisexualité dans le monde [modifier]

Le chercheur ayant le plus travaillé statistiquement sur la bisexualité est Alfred Kinsey. Dans une étude menée en 1948, il a découvert que 46 % des sujets masculins interrogés (5 300 personnes) et de 6 à 14 % des femmes avaient eu une expérience sexuelle avec une femme et un homme, ou que ces personnes avaient déjà sexuellement « réagi » à des personnes des deux sexes[42].

Shere Hite est l'auteure d'une étude sur la sexualité masculine, Le Rapport Hite sur les hommes. Elle découvre dans ses recherches que 43% des hommes sondés ont eu, durant leur enfance ou leur adolescence, des rapports sexuels avec d'autres garçons, sans que cela ne les empêche de mener ou de développer plus tard dans leur vie une sexualité hétérosexuelle[43].

Il est difficile de mesurer et d'estimer de façon fiable le nombre de bisexuels, en effet, de nombreux bisexuels ne se définissent pas comme tels, mais comme hétérosexuels ou homosexuels, deux catégories mieux acceptées socialement aujourd'hui[44]. Il arrive que des femmes ou des hommes, en difficulté dans leur vie amoureuse ou frappés par la monotonie du mariage, se découvrent bisexuel(le)s, mais la réalité quantitative de ce phénomène est encore peu connue[44].

Dans les années 2000, une étude menée par Lisa M. Diamond, chercheuse en psychologie à l'université d'Utah aux États-Unis, qui a suivi un groupe de 79 femmes non hétérosexuelles pendant dix ans, a montré l'existence d'une orientation bisexuelle pérenne chez les femmes, la pérennité de l'orientation bisexuelle (92 %) sur dix ans étant supérieure à celle de l'orientation lesbienne (66 %)[45]. Par ailleurs, une étude américaine publiée en 2000 a montré que la définition que les personnes non hétérosexuelles ont de leur propre sexualité est mouvante : des personnes se déclarant précédemment homosexuelles ou lesbiennes peuvent, à la suite de nouvelles expériences, se qualifier de bisexuelles[12].

D'après des études américaines récentes, les personnes s'identifiant comme bisexuelles seraient le groupe le plus nombreux parmi les « LGB » (personnes qui s'identifient comme homosexuelles, bisexuelles et lesbiennes)[2], sachant que nombre de personnes ayant entretenu des relations avec des personnes de même sexe ne s'identifient pas comme « LGB »[2].

Néanmoins, l'une des difficultés à quantifier précisément l'ampleur de la bisexualité est que de nombreuses personnes de fait bisexuelles, pour des raisons diverses, ne se définissent pas ainsi mais comme hétérosexuelles ou homosexuelles[2],[3],[46],[MS 7]. Si les personnes de fait bisexuelles apparaissent comme une minorité importante de la population (jusqu'à plus de 40% des hommes dans plusieurs études), très peu sont celles qui se présentent comme telles dans les études récentes, conduisant à des proportions de bisexuels « auto-identifiés » de l'ordre de seulement quelques points de pourcentage, et posant une claire distinction entre pratique et identité bisexuelle[2],[47]. Ainsi par exemple, lors d'une enquête sur l'orientation sexuelle en France menée par l'IFOP début 2011[48], seules 3 % des personnes interrogées se déclaraient bisexuelles. Extrapolé à l'échelle du pays, ce pourcentage donne environ 1,48 millions de personnes se déclarant bisexuelles en France[48].

L'enquête indique aussi que parmi les personnes qui se déclarent bisexuelles ou homosexuelles, l'enquête constate une légère surreprésentation des hommes sur les femmes, ainsi qu'une légère surreprésentation des personnes âgées de moins de 50 ans, peut-être en raison de la libération des mœurs après 1960[48]. Il n'y a en revanche aucune différence entre les bisexuels, les hétérosexuels et les homosexuels en termes de répartition géographique ou de milieu social[48]. Les bisexuels déclarés sont légèrement plus nombreux que les homosexuels à vivre en couple (55 % contre 46 %) ; ils sont aussi plus nombreux à avoir des enfants à la maison (24 % contre 14 %)[48].

La remise en cause de l'alternative hétérosexualité-homosexualité [modifier]

L'échelle de Kinsey est une contribution remarquable de l'approche de la bisexualité humaine[MS 8]. Elle montre que le désir ou les expériences amoureuses ou sexuelles ne sont pas nécessairement polarisées selon un unique axe hétérosexualité (0) - homosexualité (6). Si le degré d'attirance pour un sexe ou l'autre peut varier (1,2,3,4,5), on parlera de « bisexualité » dès lors qu'il y a attirance pour les deux sexes, même si l'un prédomine sur l'autre[3],[4],[49].

Certaines études sexologiques ont depuis longtemps remarqué que le diptyque hétérosexualité-homosexualité était trop pauvre pour décrire convenablement la réalité des comportements sexuels, et leur fluidité dans le temps[15]. L'alternative hétérosexualité-homosexualité reste pourtant, malgré sa sursimplification des comportement sexuels, encore largement dominante, en particulier dans la culture et la recherche anglo-saxonne[MS 9].

Or des chercheurs, dès les années 1970, ont estimé que « l'étude longitudinale de la vie sexuelle des êtres humains [...] permet de comprendre le flux et le reflux des expériences homosexuelles et hétérosexuelles et de remettre en question l'opinion commune selon laquelle on est soit homosexuel soit hétérosexuel[50]. » La bisexualité rompt l'aternative hétérosexualité-homosexualité, qui reste, malgré les recherches et les études qui démontrent son invalidité, toujours la référence de pensée pour une majorité de personnes[3].

L'échelle de Kinsey a d'ailleurs été créée par le chercheur américain Alfred Kinsey et ses collègues, pour modéliser le fait que les résultats des études et recherches sexologiques ont montré qu'il n'y avait pas de séparation nette et tranchée entre comportement sexuel homosexuel et hétérosexuel[51]. L'échelle de Kinsey permet ainsi de reconnaître pleinement la complexité et la fluidité des comportements sexuels humains ; elle montre aussi que l'identification personnelle n'est pas nécessairement corrélée aux pratiques sexuelles : on peut se considérer homosexuel ou hétérosexuel, et avoir un comportement sexuel bisexuel[52]. Ainsi, d'après une étude française conduite en 1993, 96,6% des hommes interrogés ayant eu des relations sexuelles homosexuelles ont aussi entretenu des relations hétérosexuelles[53]. Des études américaines ou danoises donnent des chiffres tout aussi considérables (de 90 à 96 %), ce qui montre que l'homosexualité n'est que très marginale parmi les personnes s'engageant dans des relations avec des personnes de même sexe[53].

L'étude sexologique Le rapport Hite sur les Hommes note elle aussi que malgré la fluidité sexuelle et l'existence d'expériences homosexuelles et hétérosexuelles chez de nombreux hommes, l'alternative « homosexuel-hétérosexuel » est toujours utilisée comme outil de définition exclusif, sans toute la rigueur nécessaire : « Il n'y a pas de corrélation entre le fait qu'un garçon ait eu ou non une expérience sexuelle avec d'autres garçons et le fait qu'il se considère "homosexuel" ou "hétérosexuel" plus tard dans la vie. Beaucoup d'homosexuels n'ont jamais eu de relations avec d'autres garçons pendant leur jeunesse, et beaucoup d'hétérosexuels en ont eu[54]. » De même, les chercheurs Philip W. Blumstein et Pepper Schwartz, auteurs de Bisexuality: Some Social Psychological Issues (1977) constatent que nombre de personnes qui s'engagent dans ce type de relations enfants ou adolescents et qui mènent par la suite des vies hétérosexuelles ne se considèrent pas comme bisexuels, et voient ces expériences comme de simple jeux sans grande importance dans la définition de leur orientation sexuelle[MS 10].

Quant aux précautions à tenir dans l'usage des mots définissant une pratique sexuelle, un chercheur américain des études de genre estime qu'il n'est pas pertinent d'utiliser le mot « homosexuel » comme un nom pour désigner des personnes, mais qu'il est plus approprié de l'utiliser comme un adjectif à accoler à un acte ou à un comportement donné[55].

D'autres, à l'instar de Jonathan Katz, estiment qu'au nom du continuum de Kinsey et la fréquence des pratiques homosexuelles chez les « hétérosexuels » que c'est le dualisme « homosexuel-hétérosexuel » lui-même qui est à abolir[56].

Historiquement, les études sociologiques et sexologiques n'ont que très tardivement étudié la bisexualité en tant que telle ; sans considération spécifique, elle était auparavant allègrement confondue avec l'homosexualité, aucune différence qualitative n'étant faite entre les personnes uniquement attirées par les personnes de même sexe et les bisexuels[2],[57],[15].

Une tendance naturelle et universelle ? [modifier]

Depuis les travaux de Freud sur la psychologie de la sexualité humaine, le débat de savoir si la bisexualité est une tendance naturelle de la sexualité humaine se trouve dans la culture populaire[58],[59],[60] comme dans la recherche académique[61].

Selon The American Medical Journal, « les êtres humains sont par nature psychiquement bisexuels, c'est-à-dire capable d'aimer des personnes des deux sexes[47]. »

Une des difficultés à quantifier précisément l'ampleur de la bisexualité est que de nombreuses personnes de fait bisexuelles, pour des raisons diverses, ne se définissent pas ainsi mais comme hétérosexuelles ou homosexuelles[2],[3],[46],[MS 11]. En effet, lorsque l'on demande directement par des enquêtes à la population de se définir, très peu sont les personnes se présentant comme bisexuelles[2] ; si, en revanche, on s'intéresse de savoir qui a déjà ressenti une attirance amoureuse ou sexuelle envers plus d'un sexe, on obtient une minorité conséquente (le rapport Kinsey avance le chiffre de 46% de la population masculine[42], le rapport Hite 43%[43]), ou même une majorité de la population[2].

Il y a beaucoup plus de personnes qui ressentent des attractions pour les deux sexes que de personnes qui s'engagent dans des relations avec les deux sexes ; et il y a beaucoup plus de personnes qui s'engagent dans des relations avec les deux sexes que de personnes qui se définissent comme bisexuelles[2].

La bisexualité dans l'histoire [modifier]

Durant le XXe siècle, la bisexualité de certaines personnalités, comme ici l'activiste pour les droits des Afro-Américains, Malcom X, étaient délibérément cachée[62].

Il est important de garder à l'esprit que les termes d’hétérosexualité, d'homosexualité, de bisexualité, et plus généralement les notions mêmes de sexualité et d'orientation sexuelle sont des concepts relativement récents à l'échelle de l'Histoire (ils ont été introduits par la médecine et la psychologie au XIXe siècle). Ils ne sont donc pas forcément adaptées dans des contextes historiques plus anciens, puisque les sociétés anciennes ne réfléchissaient pas dans les mêmes termes et n'utilisaient pas (ou pas exactement) les mêmes catégories de pensée. Il n'est cependant pas absurde de supposer que, de tout temps, il a existé des personnes éprouvant des attirances que nous appellerions aujourd'hui hétérosexuelles, homosexuelles ou bisexuelles, mais ces attirances ne s'inscrivaient pas dans les mêmes cadres sociaux (libertés, contraintes, modes de sociabilité, etc.) : elles ne prenaient donc pas les mêmes formes et ne donnaient pas lieu à l'élaboration d'identités individuelles (« je suis homosexuel », « je suis bisexuel », « je suis hétérosexuel ») comme c'est le cas à partir de la fin du XXe siècle[63].

Néanmoins, l'histoire de la bisexualité est dans sa majorité restée inaperçue et non exploitée dans les travaux universitaires, ou improprement désignée comme celle de l'homosexualité, par occultation de la bisexualité[64]. De la sorte, il est parfois nécessaire de chercher dans les travaux mentionnant l'« homosexualité » de certaines personnes historiques pour déterminer qu'en réalité, elles étaient bisexuelles[64].

Si l'on tente d'observer les comportements bisexuels et leur acceptation ou leur rejet dans les différentes sociétés à travers le temps, il apparaît que la bisexualité a une histoire universelle[65],[66]. Dans la plupart des sociétés connues, les gens ont montré des degrés variables de bisexualité, et ce sans que ce comportement ait été jugé anormal. La plupart des relations bisexuelles étaient attachées soit à une période de la vie (comme pour le shudo dans le Japon pré-moderne), soit à un troisième genre (comme pour les Deux-Esprits nord-amérindiens ou les bacchás d'Asie centrale). Ce sont plutôt les comportements hétérosexuels et homosexuels masculins, bien qu'également présents, qui semblent constituer des exceptions partout, sauf dans les sociétés influencées par les religions abrahamiques (judaïsme, islam et certains courant du christianisme), où les comportements bisexuels et homosexuels sont fortement réprimés. La majeure partie de ce que l’on appelle « homosexualité » dans les cultures anciennes est en fait une forme de bisexualité, dans la mesure où les pratiques et relations homosexuelles sont très rarement conçues comme excluant toute relation hétérosexuelle (au contraire de la catégorisation actuelle, dans laquelle une personne homosexuelle est attirée exclusivement par les personnes du même sexe)[67].

L'histoire de la bisexualité féminine est plus difficile à établir, dans la mesure où les sociétés les mieux connues étaient généralement patriarcales et où les sources diverses nous renseignent plutôt sur les relations entre hommes.

Europe [modifier]

Grèce antique [modifier]

Zeus, le roi des dieux dans la mythologie grecque. Marié à Héra, il séduit de nombreuses autres femmes mais aussi un jeune prince troyen, Ganymède.

En Grèce antique, la bisexualité était omniprésente et socialement valorisée[68]. De très illustres personnes de l'époque, telles que le chef militaire et politique Alexandre le Grand[69],[70], et Socrate, un des plus grands philosophes de la civilisation occidentale, étaient bisexuels[70].

La pratique de la pédérastie s'inscrit dans une conception de la vie sentimentale et sexuelle qui tient d'une bisexualité successive[71]. Dans un premier temps, à partir de la puberté, le jeune homme est en âge d'être courtisé par des hommes d'âge mûr, et de lier avec l'un d'eux une relation pédérastique dans laquelle il est l'éromène (« l'aimé »)[72]. Une fois adulte, l'homme mûr peut avoir des relations homosexuelles, mais cette fois en tant qu'éraste (« amant »), avec des hommes plus jeunes qu'il courtise comme lui-même a été courtisé pendant son adolescence[72].

Le modèle social fait donc coïncider les âges de la vie avec des rôles différents dans la relation. L'homme adulte a le droit d'avoir des relations homosexuelles avec des jeunes gens, tant qu'il les courtise dans les règles, mais il est mal vu d'en venir à dédaigner toute relation avec les femmes : l'homosexualité telle qu'on la conçoit de nos jours, c'est-à-dire une attirance entièrement tournée vers les personnes du même sexe, n'était donc pas acceptée[72],[73],[74].

Quoi qu'il en soit, les amours homosexuelles comme hétérosexuelles sont abondamment évoquées par les arts grecs antiques, aussi bien la céramique que la littérature. Un thème répandu est la comparaison de l'amour des filles et de l'amour des garçons, que l'on trouve dans le Dialogue sur l'amour de Plutarque[75], dans les Amours du pseudo-Lucien ou encore dans le roman grec Leucippé et Clitophon d'Achille Tatius (à la fin du livre II). Plutarque affirme que « celui qui aime la beauté humaine sera favorablement et équitablement disposé envers les deux sexes, au lieu de supposer que les hommes et les femmes diffèrent sous le rapport de l'amour comme sous celui du vêtement[76]. »

À cette époque, les rapports homosexuels entre les hommes était très valorisés : le Bataillon sacré de Thèbes, composé uniquement de soldats amants, était renommé pour sa puissance[69]. Les hommes amants d'autres hommes avaient une réputation de bravoure et de courage[69].

Dans la Sparte antique, « il n'y avait pas concurrence entre les relations homosexuelles et hétérosexuelles[77]. »

La bisexualité féminine est moins bien documentée. La poétesse Sappho, connue pour ses amours lesbiennes, était en réalité engagée dans des relations amoureuses avec des hommes et des femmes ; elle évoque dans ses poèmes des attirances pour des personnes des deux sexes[78]. On trouve également l'évocation de relations entre femmes dans certaines séquences des Dialogues des hétaïres attribués à Lucien[79].

La bisexualité de nature pédéraste des Grecs est aussi représentée dans leurs mythes[80], où de très nombreux dieux sont bisexuels : Zeus, marié à Héra et ayant courtisé le beau mortel Ganymède ; mais aussi Poséidon (marié à Amphitrite), et qui a eu une relation amoureuse avec le mortel Pélops ; le héros divinisé Hercule, marié à Mégare et amant d'Hylas, ou encore Apollon, ayant eu (entre autres) des relations amoureuses avec les nymphes Daphné et Cyrène et avec les mortels Hyacinthe et Cyparisse.

La bisexualité était bien mieux considérée socialement que l'homosexualité : se marier et avoir des enfants est bien vu, alors qu'adopter un comportement efféminé ou se travestir était très mal vu[72].

La bisexualité grecque antique demeure l'un des exemples de pratiques bisexuelles dans l'histoire les mieux connus[81].

Rome antique [modifier]

Dans une société qui ne proscrivait pas la bisexualité mais la passivité sexuelle chez l'homme libre, Jules César a été décrit par Curion l'Ancien comme « le mari de toutes les femmes et l'épouse de tous les maris »[82].
(Marbre d'après l'antique.)

La bisexualité est l'orientation sexuelle « normale » chez les Romains[83],[84]. Leur règle de comportement moral suppose qu'un homme libre doit être actif, c'est-à-dire être celui qui pénètre : la passivité chez un citoyen libre est infamante, et fait perdre tout honneur à celui qui s'est fait pénétrer[84].

En conséquence, on ne peut pénétrer, en dehors de sa femme, aucune femme libre, célibataire ou mariée, et aucun homme libre : si deux hommes libres ont des rapports, l'homme passif est, en théorie, sévèrement puni. Si un adulte a des rapports avec un jeune citoyen non pubère, il est également puni. Les esclaves et tous ceux qui ne sont pas Romains, hommes et femmes, enfants, adolescents ou adultes, sont à la disposition des maîtres[84], le pater familias pouvant avoir des relations sexuelles avec eux sans que personne n'y trouve à redire[85]. Le philosophe Sénèque résume ce principe en ces termes : « La passivité sexuelle chez un homme libre est un crime, chez un esclave, une obligation, chez l'affranchi, un service. » Ainsi l'orateur Cicéron a une femme (et un fils), mais lui préfère les charmes de son jeune esclave et secrétaire favori[84].

Comme dans la Grèce antique, l'homosexualité était très peu présente - et dans tous les cas dévalorisée ; car jamais les relations sentimentales et sexuelles avec les femmes ne devaient cesser ou se subordonner aux rapports homosexuels[74].

Les empereurs romains s'engageaient très souvent dans des relations bisexuelles : un exemple bien connu est celui de l'empereur Hadrien, qui, bien qu'étant marié à l'impératrice Sabine, aimait d'un amour fou le bel éphèbe Antinoüs. De même, l'empereur Néron s'est marié avec un eunuque, Sporus, après son premier mariage avec Claudia Octavia[86].

Les premières lois romaines interdisant la bisexualité ont été adoptées vers le IIIe siècle après J.-C. de par l'influence croissante de la religion chrétienne[73].

Les Vikings [modifier]

Chez les Vikings, le code moral veut que toute personne (femme ou homme) se marie et ait des enfants, peu importe l'orientation sexuelle, afin de permettre la reproduction de guerriers[87]. En revanche, les Vikings font preuve d'une relative tolérance lorsqu'un homme marié s'engage dans une relation avec un autre homme, pour peu qu'il adopte le rôle actif : comme chez les Romains, l'homme qui se fait pénétrer est considéré comme féminin et faible[87]. En revanche, l'ensemble des hommes devaient sacrifier à des pratiques bisexuelles puisqu'une des obligations morales régissant ces peuples était de violer les soldats vaincus afin de les humilier[87]. Des prostitués masculins ayant des hommes comme clients existaient aussi, et ils occupaient une position sociale très basse[87].

La bisexualité est aussi présente dans leurs mythes : le dieu Loki est bisexuel[87].

L'attitude des peuples de Scandinavie devient beaucoup plus hétéronormée après leur évangélisation[87].

Reste de l'Europe [modifier]

Le Roi français Louis XIII, père de Louis XIV, connu pour ses favoris.
L'écrivain irlandais Oscar Wilde, marié, deux enfants, (ici avec son amant Alfred Bruce Douglas) est l'une des plus célèbres illustrations de la bisexualité au XIXe siècle[88],[89].

Des comportements bisexuels sont rapportés chez les peuples Celtes de l'Antiquité. Athénée écrit par exemple que les Celtes avaient des femmes très belles, mais aimaient aussi inviter des amoureux à dormir sur leur peaux de bêtes[90].

Dans l'Europe médiévale, la bisexualité était selon les époques et les lieux soit acceptée soit moquée. Il est difficile pour un historien de quantifier ces phénomènes, le puritanisme et la censure de l'époque s'exerçant. On peut néanmoins étudier ce qui se passait pour les personnages dont la vie est la plus documentée, à savoir les rois et leurs entourages dans les cours[91].

Le cas le plus célèbre de réprobation est sans doute celui du roi de France Henri III, qui était marié à Louise de Lorraine-Vaudémont, et avait pour maîtresses Louise de La Béraudière du Rouhet et Marie de Clèves. Comme il était aussi entouré d'hommes de cour, les « mignons », certains opposants politiques en ont profité pour fabriquer une sorte de « légende rose » sur ce roi, prétendant qu'il était homosexuel, une fausse réputation qui lui colle encore à la peau aujourd'hui. Cette mystification s'appuyait sur quelques faits réels, à savoir que le roi aimait se laver (les codes de virilité de l'époque étaient plutôt à une odeur de sueur ou de poudre à feu) et bien s'habiller[92]. Le fait qu'il soit le dernier de la lignée des Valois n'est certainement pas étranger à la haine qu'il a suscitée : les Bourbons lui succédant étaient prêts à tout pour le discréditer aux yeux du peuple et des élites, et à asseoir leur légitimité. L'exemple de Louis XIV peut être donné, lui qui appréciait aussi beaucoup les vêtements d’apparat, le parfum, le maquillage ; descendant d'une longue lignée de rois, personne n'a jamais remis en cause sa virilité ou sa sexualité[92].

La bisexualité est documentée chez de nombreuses autres hautes personnalités de cette époque : on peut mentionner le monarque anglais Richard Cœur de Lion qui a une affaire amoureuse avec son homologue français Philippe Auguste[91],[93].

De même, au XVIe siècle, le roi Jacques Ier d'Angleterre, marié à la reine Anne de Danemark, avec qui il eut pas moins de huit enfants, avait aussi publiquement des amants masculins[94].

D'autres relations, d'amitié cette fois-ci, sont rapportées à propos de deux monarques européens bisexuels, le grand Tsar réformateur Pierre Ier de Russie et Guillaume III d'Orange-Nassau[95], ce qui montre que la bisexualité n'était pas si mal vue à l'époque, malgré les interdictions religieuses.

À la Renaissance, en particulier italienne (avec des villes du nord de l'Italie comme Venise), le « crime » de sodomie était largement pratiqué, malgré l'Inquisition et ses punitions corporelles[96]. L'Église fut cependant vite débordée, puisque près de la moitié des hommes de la ville de Florence furent mis en examen par la justice pour sodomie[97]. Une fluidité sexuelle dans le temps - d'abord des comportements homosexuels durant la jeunesse, puis principalement hétérosexuels - était considérée alors comme faisant intégralement partie du processus de croissance et de maturité des hommes[97]. En revanche, contrairement à ce qui se passait en Grèce ou dans la Rome antiques, une fois mariés, les hommes abandonnaient quasiment tous les relations avec d'autres hommes[97].

Le libertinage a aussi été historiquement associé à la bisexualité, et ce, dès le XVIIe siècle siècle ; il concernait le plus souvent les grands aristocrates, qui pouvaient de par leur rang se le permettre sans trop de conséquences[98]. L'exemple de Gaston de France, frère du roi français Louis XIII, peut être cité, dont les loisirs allaient des chansons à boire, aux poèmes érotiques, en passant par les « parties de débauche », dans une sorte d'« hédonisme mondain »[98]. Cette appellation de « libertin » s'est poursuivie au XVIIIe siècle, pour désigner les personnes entretenant ce type de relations. Comme elles contestaient aussi souvent le pouvoir de l'Église et les « bonnes mœurs » de l'époque, le pouvoir religieux leur mena une guerre sans merci[99].

Asie [modifier]

Inde [modifier]

Dans l'antique Kama-Sutra indien, des positions sexuelles homosexuelles et lesbiennes sont présentes, tout comme sont montrées des pratiques hétérosexuelles[100]. Par ailleurs, les pratiques sexuelles dans la mythologie hindoue ont été considérées comme manifestant une « bisexualité universelle[100]. »

Chine [modifier]

Dans la Chine impériale, les comportements bisexuels sont reportés depuis le XVIe siècle av. J.-C.. Quasiment tous les empereurs chinois, de toutes les dynasties, avaient des amants masculins, en plus de leurs concubines et épouses officielles. L'attitude était alors à la tolérance, tant que les hommes remplissaient leurs devoirs matrimoniaux et avaient des enfants ; on ne croyait pas à cette époque que la bisexualité menaçait les valeurs familiales. Il existait aussi à cette époque des prostitués masculins, acceptés par la société sous l'influence du néo-confucianisme d'auteurs comme Wang Yangming, qui voyait les besoins sexuels comme naturels[101].

L'illégalité des rapports entre personnes du même sexe est venue assez tardivement dans l'histoire de la Chine : la première fois que la bisexualité a été pénalement condamnée date de 1740. Plus tard, l'imposition du régime communiste fut la période la plus difficile pour la pratique de la bisexualité, la « Révolution Culturelle » de Mao cherchant à tout prix à l'éliminer[101].

La situation s'est depuis très légèrement adoucie[101], mais elle reste très loin des critères d'acceptation occidentaux.

Japon [modifier]

Article détaillé : Shudō.
Un Shudō : l'homme embrasse une femme, alors qu'il couvre les yeux de son compagnon.

La pratique du shudō était un moyen de former et d'éduquer les jeunes nobles ou les apprentis samouraïs. Un homme et un apprenti adolescent se juraient amour éternel et fidélité[102]. Cette pratique était similaire à celle de la Grèce antique : elle nouait des relations de nature pédérastique, elle servait à l'instruction, et la relation était supposée devenir platonique une fois le jeune devenu adulte[102]. Les garçons de 13 à 19 ans étaient jugés aptes à être aimés[103]. Comme en Grèce antique, cette pratique n'empêchait nullement des relations avec des femmes[102].

Dans le Japon médiéval, les aristocrates avaient très couramment des pratiques bisexuelles[104]. Nombreux sont les aristocrates qui fréquentaient des théâtres où se produisaient des jeunes hommes ; l'amour dévorant qu'ils leur portaient les poussait à se ruiner pour disposer de leur compagnie[103], l'hétérosexualité devenant alors la norme.

De plus, quasiment tous les empereurs japonais ont eu des amants masculins en plus de leurs femmes et concubines[105].

Comme dans de nombreuses autres régions du monde, ces pratiques se sont arrêtées peu après les premiers contacts du Japon avec l'Occident[103].

Monde arabo-musulman [modifier]

Garçon dansant. Bien que la loi islamique prohibe les relations entre individus du même sexe, de nombreux hommes puissants les exploitent pour satisfaire leurs plaisirs sexuels, et en font un symbole de leur pouvoir.

Selon le juriste musulman Ibrahim al-Bajuri, lors de la conquête musulmane du Moyen-Orient, de nombreux soldats arabes, loin de leurs femmes, se sont alors contentés d'hommes qu'ils trouvaient dans les territoires conquis[106].

La bisexualité est aussi bien documentée durant la période musulmane de l'histoire espagnole[107] : en particulier, à cette époque, l'islam était religieusement et sexuellement beaucoup plus tolérant que ne l'était le christianisme[107]. Bien que le Coran prohibe les rapports amoureux et sexuels entre personnes de même sexe, la société et les dirigeants n'avaient alors pas même la volonté de faire appliquer cette règle religieuse[107]. Il existe des exemples de dirigeants ouvertement bisexuels à cette époque ; maintenant des relations homosexuelles comme une vie de famille : c'est le cas d'Abd al-Rahman III[107] (père de Al-Hakam II). La bisexualité s'exprimait aussi librement à travers les arts, notamment la poésie : le poète Ibn Quzman mentionne dans ses vers son mode de vie ouvertement bisexuel[107]. Ce cas n'est pas isolé, d'autres poèmes à cette époque traitent des joies égales de l'amour, tant homosexuel qu'hétérosexuel[107]. Il semble qu'à cette époque, ce soit une pratique homosexuelle de type pédérastique qui ait été privilégiée[107].

Après la conquête, la bisexualité dans le monde arabe s'exprimait d'une manière à peu près équivalente à celle de la Grèce antique : un homme marié courtisait de jeunes garçons, sans que cela ne paraisse étrange au reste de la société. La désapprobation venait surtout des épouses, jalouses du fait que leurs maris puissent désirer d'autres personnes qu'elles[108].

Ces pratiques étaient si courantes au XVIIIe siècle que l'orientaliste français Volney, visitant l'Égypte dans les années 1780, s'étonna du fait que les hommes s'adonnaient au « vice des Grecs » alors qu'ils avaient déjà des femmes. Les garçons courtisés pouvaient s'engager dans des relations avec des filles ou des femmes plus mûres qu'eux[109].

On sait également que la bisexualité masculine est généralisée au début du XXe siècle dans l'Empire ottoman, le turc Mustafa Kemal Atatürk, révéré comme le « fondateur de la Turquie moderne », étant d'après le biographe Patrick Balfour Kinross[110] symptomatique d'une « fin de siècle Ottoamane bisexuelle[111]. »

Dans l'Afghanistan des années 2010, survivent encore des pratiques bisexuelles ancestrales, qui ont profondément interpellé, si ce n'est choqué, les soldats américains et britanniques patrouillant dans ces zones dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. En effet, dans certaines zones tribales, beaucoup d'hommes entretiennent des relations de type pédérastiques avec de jeunes hommes (le plus souvent de 9 à 15 ans), étant donné qu'aucune relation avec des femmes non mariées n'est autorisée. Ainsi, de très nombreux hommes s'y adonnent avant leur mariage. Un des dictons les plus répandus de cette partie du monde y est d'ailleurs : « Les femmes sont pour les enfants, les garçons sont pour le plaisir. » Les hommes disposant de suffisamment d'argent et de pouvoir peuvent se permettre d'entretenir ainsi plusieurs garçons, une tradition culturellement acceptée qui ne choque absolument personne. Un tel homme est appelé un bacha bazi, et est souvent vu comme haut dans l'échelle sociale : si quelqu'un veut montrer qu'il a de l'importance, il doit avoir un garçon à lui[112],[113].

Il y a eu des frictions diplomatiques entre le président Karzaï et les États-Unis, car peut-être deux de ses six frères seraient des bacha bazi[112]. De même, des éditorialistes américains se sont demandés avec colère si c'était pour protéger des « dizaines de milliers de pédophiles » que des centaines de soldats de l'OTAN se battaient et mouraient[112]. L'ONU a appelé le gouvernement à mettre fin à ces pratiques[114].

Amériques [modifier]

Les conquistadors espagnols et portugais punissaient sévèrement les Indiens lorsqu'ils s'adonnaient à des relations homosexuelles. Ici, Vasco Nunez de Balboa envoie ses chiens dévorer des indigènes.

Amérique du Nord [modifier]

Les berdaches étaient une forme de transgenres : des hommes s'habillaient et se comportaient comme des femmes, ou vice-versa. Eux n'étaient pas nécessairement bisexuels, mais ils étaient souvent mariés à des hommes qui l'étaient (ils avaient souvent déjà une ou plusieurs épouses[115]).

Amérique du Sud [modifier]

Dans l'Amérique précolombienne, les Indiens étaient très largement bisexuels, ce qui choqua énormément les conquistadors espagnols et portugais, habitués à la norme hétérosexuelle que véhiculait l'Église catholique. L'envoyé Francisco López de Gómara (XVIe siècle), décrit ainsi dans sa correspondance les habitants de l'île d’Hispaniola (Saint-Domingue) : « Ils s'unissent facilement aux femmes, bien qu'ils soient grandement sodomites »[116].

Chez les Mayas, cela faisait partie de leurs coutumes que d'avoir eu, au long de leur existence, des relations avec des hommes et des femmes, tout au moins pour les hommes. En effet, au début de l'adolescence, le garçon se retrouvait être l'amant d'un adolescent plus âgé que lui, qui se mariait ensuite à une femme lorsqu'il atteignait une vingtaine d'années. Le jeune garçon aimé se retrouvait plus tard à aimer à son tour un garçon plus jeune, et ainsi se poursuivait indéfiniment le cycle[65]. Ainsi les hommes mayas connaissaient une fluidité sexuelle dans le temps, la jeunesse étant associée à des relations homosexuelles, avant de laisser place à un mode de vie hétérosexuel dans le mariage[117].

La bisexualité est documentée dans de nombreuses autres peuplades indigènes : la période de l'adolescence est la plus associée à celle des relations entre personnes du même sexe, bien que des hommes mariés et ayant des enfants puissent aussi s'engager dans de telles relations[118].

Une autre pratique courante est d'élever un garçon comme une femme pour ensuite le donner en mariage à un homme ayant déjà plusieurs épouses. Ces « hommes-épouses » étaient généralement plus appréciés que les femmes épouses[118].

Afrique [modifier]

Ayant totalement oublié leurs pratiques sexuelles pré-coloniales, la grande majorité des États africains actuels condamnent fortement les relations entre personnes de même sexe : les sanctions allant de la prison (orange) à la peine de mort (rouge). Seule l'Afrique du Sud autorise, en 2012, le mariage homosexuel.

Les études sur ce type de sexualité sont très rares en Afrique, par tabou le plus souvent. Des chercheurs occidentaux ont néanmoins révélé qu'il existaient de très nombreuses pratiques de type bisexuelles dans la période pré-coloniale, mais qu'elles ont été abandonnées[119], dénigrées puis criminalisées par les africains eux-mêmes après que des influences étrangères aient imposé les « normes » sexuelles hétéronormées du Christianisme ou de l'Islam[120]. Ainsi, les pratiques étant jugées « amorales » ou « contre-nature » par les nouveaux-venus seront systématiquement tues ou effacées des mémoires ; dès le XVIIIe siècle, on croyait ainsi que seule l'hétérosexualité existait en Afrique. La croyance que « l'homosexualité [prise au sens large d'attirance pour des personnes du même sexe] n'a jamais existé en Afrique », est ainsi un mythe qui perdure encore aujourd'hui[121]. Certains en sont même allé jusqu'à prétendre que ces pratiques seraient exclusivement occidentales, et qu'elles auraient été « importées » par les colons, alors que c'est précisément le contraire[119].

Par exemple, l'anthropologue allemand Kurt Falk estimait dans les années 1920 que parmi les tribus indigènes qu'il avait étudiées en Afrique de l'Ouest, les hommes étaient quasiment tous bisexuels[121], avançant le chiffre d'une prévalence de 90 %[122].

Comme illustration, on peut citer la tribu des Gangellas dans ce qui est aujourd'hui l'Angola : un adolescent de 18 ans pouvait publiquement déclarer son amour pour un autre, plus jeune, et vivre avec lui (des présents étaient accordés en échange aux parents). Le plus âgé se mariait ensuite avec une femme, et pouvait avoir des relations sexuelles avec son épouse et son amant jusqu'à ce que le plus jeune soit suffisamment âgé à son tour pour désirer se marier. Plus largement, on peut parler de pratique de type pédérastiques entre des hommes et des adolescents, des relations sexuelles entre des hommes et des femmes mariés, mais l'interdiction ou la condamnation morale de relations sexuelles entre deux hommes d'âge mûr[119].

Océanie [modifier]

Dans de nombreuses sociétés océaniennes traditionnelles, la bisexualité était largement pratiquée, l'homosexualité (dans son sens strict d'attirance unique et exclusive des personnes de son propre sexe) étant beaucoup plus rare[123].

La bisexualité peut aussi être ritualisée ou socialement codifiée : c'est le cas des tribus mélanésiennes, où les jeunes garçons doivent quitter leurs familles pour vivre avec leurs amants masculins, eux-mêmes étant mariés, auxquels ils pratiquent des fellations (le liquide séminal est considéré comme participant, de même que le lait maternel, à la croissance)[104]. Une fois devenu grand, le jeune homme se marie est prend à son tour un garçon chez lui. Ainsi il y a fluidité sexuelle dans le temps : initiation sexuelle homosexuelle durant la jeunesse puis comportement hétérosexuel reproductif[MS 12].

Dans certaines tribus, des règles précises dictent ce comportement : un homme marié ne doit pas s'engager dans des relations avec un membre de son clan (qui peut compter de nombreuses familles) car cela est considéré comme de l'inceste et est puni[124].

Dans la tribu des Nambas, le fait d'avoir plusieurs femmes et garçons est un attribut de pouvoir et de prestige social[125]. Les jeunes hommes apparaissent comme un propriété, et peuvent même être prêtés, voire vendus pour un certain laps de temps à d'autres hommes par leurs « maris »[125].

La bisexualité de nos jours [modifier]

Il existe de nombreuses manifestations contemporaines de bisexualité. Malgré cela, la bisexualité reste un des plus importants tabous modernes[126]. Cela tient pour partie du fait que des millions de personnes sont aujourd'hui de fait bisexuelles (s'engageant dans des relations avec des hommes ou des femmes, ou se sentant ou s'étant sentis attirées pour des personnes des deux sexes), mais ne l'assument pas ou le cachent volontairement, ce qui prévient l'émergence d'une véritable visibilité de la bisexualité[39].

Si la tendance en Occident est à l'acceptation, la bisexualité est encore largement confondue avec l'homosexualité, comme le démontre l'exemple de Jóhanna Sigurðardóttir. Premier ministre de l'Islande, elle a été présentée par les médias comme la première chef d'État lesbienne du fait de son mariage avec une femme[127], alors qu'elle avait précédemment été mariée à un homme et qu'elle a eu des enfants avec lui[128].

Concepts annexes et néologismes contemporains [modifier]

Bicuriosité [modifier]

Article détaillé : Bicurieux.
Ouvertement bisexuelle[129], Madonna a embrassé sur scène Britney Spears en 2003, un geste vu comme un exemple typique de « bisexuel chic »[130].

« Bicurieux » est un adjectif s'appliquant à quelqu'un se définissant comme hétérosexuel(le) ou homosexuel(le), mais qui montre un certain intérêt, ou entretient des fantasmes d'avoir une liaison avec une personne du sexe qu'ils ne favorisent pas d'habitude, tout en n'assumant pas ou en rejetant l'étiquette de bisexuel(le)[131].

Bisexuel chic [modifier]

Ce terme décrit les personnes s'engageant dans des relations de séduction avec des hommes et des femmes pour faire parler de soi dans une perspective de glamour. Ce serait la chanteuse américaine Madonna qui aurait inventé la première ce concept, avec le clip de sa chanson Justify My Love en 1990, dans lequel elle embrassait tour à tour un homme et une femme[130]. Le terme est souvent appliqué aux stars depuis le baiser de Madonna et Britney Spears en 2003[130], baiser qui choqua l'audience[132]. Depuis, de très nombreuses femmes célèbres, comme Fergie, Kylie Minogue, Drew Barrymore, Megan Fox, Katy Perry ou encore Ke$ha[133] ont par la suite utilisé le « bisexuel chic ».

Le bisexuel chic masculin est plus rare de nos jours, mais était largement présent dans les années 1980 avec des personnalités comme David Bowie, Mick Jagger, Marlon Brando et Lou Reed[130].

L'instrumentalisation qui est ainsi faite de la bisexualité est rejetée par les associations bisexuelles comme participant à la diffusion de clichés sur la bisexualité[130]. Le fait de l'utiliser pour promouvoir sa carrière pour les femmes d'Hollywood est aussi critiqué[130].

Peut-être conséquence de cette médiatisation, une étude a montré que 40 % des jeunes femmes suisses se considérant comme hétérosexuelles ont déjà embrassé une autre femme[130].

Down low [modifier]

Au début du XXe siècle, on désigne sous le terme de Down low le mode de vie propre à certains Afro-Américains qui entretiennent des relations homosexuelles cachées tout en préservant une vie publique hétérosexuelle, maintenant par exemple souvent des relations amoureuses et sexuelles avec des leurs épouses ou petites amies[134].

Fluidité sexuelle [modifier]

L'expression « fluidité sexuelle » renvoie à la variation des comportement sexuels dans le temps, en particulier le passage d'une sexualité primordialement hétérosexuelle à un comportement homosexuel et inversement[2].

Gay for pay [modifier]

Ce terme anglophone s'applique aux personnes se définissant comme hétérosexuelles mais qui s'engagent dans des relations sexuelles avec des personnes du même sexe contre de l'argent. Il est fréquent dans l'industrie pornographique (avec l'exemple du triolisme) ou chez les prostituées et gigolos[135].

Hétéroflexibilité [modifier]

Ce terme américain, souvent utilisé par dérision ou pour nier sa bisexualité (du type « Je ne suis pas gay, je suis hétéroflexible[136] ! ») désigne un individu majoritairement hétérosexuel mais qui profiterait d'une occasion donnée pour s'engager dans une relation avec une personne de son sexe (le cas typique étant lors d'une fête arrosée)[136].

Lesbian until graduation [modifier]

Ce terme anglophone décrit les femmes étudiantes à l'université s'engageant durant leurs études dans des relations avec d'autres femmes, pour adopter une fois diplômées une attitude strictement hétérosexuelle, se mariant par exemple quelques années après avec des hommes[137].

Hédonisme [modifier]

La bisexualité est souvent associée à l'hédonisme, et à certains environnements libéraux ou libertins comme la sexualité de groupe ou les ménages à trois[MS 13].

L'homophobie comme non acceptation de sa propre bisexualité [modifier]

Article détaillé : Homophobie.

Dans une étude menée en 1996, Henry Adams, professeur émérite de psychologie à l'université de Géorgie, a fait regarder à des hommes se déclarant hétérosexuels et homophobes des films pornographiques gays, et a constaté que selon des capteurs placés sur leurs pénis, 80 % d'entre eux avaient été excités par cette vision[138] ; ce qui fait d'eux de facto des bisexuels. Cette étude a contribué à populariser l'idée selon laquelle la plupart des homophobes sont des hommes n'assumant ou n'acceptant pas leurs propres attirances pour les autres hommes[139].

Plus d'un quart des hommes se déclarant hétérosexuels et non homophobes ont été excités par la vision de ces vidéos[140].

Un article de The Economist, rédigé par un journaliste spécialement dépêché en Amérique Latine, connue pour sa culture bisexuelle masculine généralisée et sa très forte homophobie culturelle, constate que « L'Amérique Latine a une longue histoire d'ambivalence et d'hypocrisie sur l'homosexualité[141]. » La culture latinoaméricaine, très machiste, accepte que des hommes aient des relations sexuelles avec d'autres hommes, mais seulement s'ils tiennent le rôle actif[141],[MS 14] ; les hommes en question, qui s'engagent dans des relations sexuelles avec des hommes et des femmes se voient comme « hétérosexuels »[MS 15]. Seuls sont stigmatisés les hommes efféminés, ceux qui sont supposés être passifs dans la relation[141].

Une anthropologiste norvégienne écrit sur ce phénomène : « Le mépris pour l'homosexuel efféminé est précisément ce qui rend acceptable la bisexualité pour les hommes masculins, et c'est pourquoi l'homophobie, le machisme et une bisexualité masculine généralisée forment un ensemble parfaitement cohérent[141]. »

Vie carcérale [modifier]

Une des manifestations les moins plaisantes de la bisexualité de nos jours est le viol dans les prisons, conséquence manifeste du phénomène précédent. Les prisonniers sont habituellement séparés selon leur sexe, et de nombreux cas de viols d'hommes par d'autres hommes ont été reportés. L'ONG Human Rights Watch, qui a consacré un rapport sur ce phénomène dans les prisons américaines, note que « l'hypothèse du « prédateur homosexuel » est sans fondement. » Selon ses observations, les violeurs s'identifient d'abord comme hétérosexuels, et s'engagent pour leur quasi totalité dans des rapports sexuels hétérosexuels lorsqu'ils sont en liberté[142].

En ce qui concerne les femmes emprisonnées, nombre d'entre elles s'engagent dans des relations homosexuelles en prison, un comportement manifestement important pour leur bien-être psychique ; une fois libérées, elles reviennent la plupart du temps à la vie hétérosexuelle qu'elles avaient mené jusqu'à leur incarcération[MS 16].

Vie de famille [modifier]

Article connexe : Mixed-orientation marriage.

La majorité des couples homosexuels ont eu des enfants d'une précédente union hétérosexuelle[143].

Par ailleurs, un certain nombre de couples hétérosexuels mariés sont composés d'un ou de plusieurs conjoints bisexuels. Aux États-Unis, dans les années 1990, on estime entre 1,7 million et 3,4 millions les femmes mariées à des hommes activement bisexuels (un rapport sexuel homosexuel durant les cinq précédentes années)[94]. La très grande majorité d'entre eux aiment leurs femmes, et certains se considèrent comme des hétérosexuels qui ont quelques désirs homosexuels, qu'ils espèrent pouvoir maîtriser en s'engageant dans une vie maritale et de famille[94]. Les mariages peuvent parfois échouer du fait de l'orientation sexuelle différentes des conjoints, qui peut ne pas être révélée dès le début de la vie de famille[94].

L'émergence des communautés bisexuelles aux XXe et XXIe siècles [modifier]

Causes du militantisme bisexuel [modifier]

Les homosexuels ont parfois adopté l’étiquette « bisexuel(le) » de façon à garder le privilège de l’hétérosexualité. En découle l’idée reçue que tous ceux qui s’identifient comme bisexuel(le)s sont en réalité des gays ou lesbiennes ayant peur de l’admettre[39]. Cette idée fausse explique cependant un des adages de la culture gay : « Bi maintenant, gay plus tard ». Beaucoup de bisexuels ne se sentent de véritable place ni dans la communauté gay ni dans le monde hétérosexuel, parce qu’ils ont tendance à rester invisibles au public[3] (vivant sans attirer de l’attention des sociétés homosexuelles et hétérosexuelles)[39]. La communauté bisexuelle se forme notamment pour lutter contre cette occultation de la bisexualité[3].

Le mot « biphobie » est un néologisme[144] caractérisant une personne pensant que la bisexualité n'existe pas, ayant de nombreux préjugés contre ces personnes, c'est-à-dire croyant qu'on ne peut être qu'hétérosexuel ou homosexuel, ou possédant des clichés défavorables sur la bisexualité, comme le fait qu'être bisexuel rendrait infidèle ou instable[2]. Le modèle binaire, monosexualiste, qui ne reconnaît que l'hétérosexualité et l'homosexualité reste encore prépondérant. Dans les années 2000, au sein des sociétés occidentales, la bisexualité est beaucoup mieux acceptée chez les femmes que chez les hommes[145] ; les bisexuelles sont d'autant plus libres de parler ouvertement de leur sexualité que les bisexuels[145].

Il existe aussi de nombreux clichés et préjugés sur les bisexuels ou la bisexualité en général : ainsi on pense souvent que les bisexuels s'engagent dans des relations sexuelles avec de très nombreuses personnes[146], qu'ils ont des mœurs légères, ou encore qu'ils sont infidèles. Une autre forme de biphobie est de penser, ce qui arrive notamment dans la communauté homosexuelle, que la bisexualité ne serait qu'une « phase transitoire » entre l'hétérosexualité à l'homosexualité, et que les bisexuels ne seraient que des homosexuels ne s'assumant pas[2],[147]. Même la communauté scientifique, en particulier les psychiatres, véhiculait de telles conceptions biphobiques durant les années 1970 et 1980[MS 17].

Aux États-Unis [modifier]

Groupes de militants bisexuels, pansexuels et queer lors de la National Equality March de Washington, D.C., aux États-Unis, en 2009.

Le militantisme bisexuel aux États-Unis commence à partir des années 1980, avec des pionniers comme l'écrivaine Lani Ka'ahumanu, l'une des premières personnalités à faire son coming out bisexuel public dans une revue homosexuelle de San Francisco, qui co-fonde par la suite le groupe BiPOL et devient une porte-parole régulière des revendications bisexuelles, féministes et queer[148],[149].

En 1987, un groupe de militants bisexuels fonde le North American Bisexual Network (NABN) après une manifestation à Washington ; il devient en 1991 le BiNet USA[150]. Plusieurs autres associations de bisexuels fleurissent également dans différentes parties des États-Unis. De 1990 à 2002, le magazine Anything That Moves (« Tout ce qui bouge ») contribue à lutter contre la biphobie et à donner une meilleure visibilité aux bisexuels au sein des mouvements LGBT.[réf. souhaitée] Le sexologue et psychiatre Fritz Klein entretient également une activité de militant : il crée en 1998 l'American Institute of Bisexuality, qui a pour but de favoriser les études portant sur la bisexualité, mais aussi de mieux diffuser les connaissances à ce sujet et donc de lutter contre les clichés[151].

En Grande-Bretagne [modifier]

Une communauté bisexuelle active émerge en Grande-Bretagne au cours des années 1980-1990. En 1994, un rassemblement de militants bisexuels débouche sur l'institution de conférences nationales annuelles sur la bisexualité, qui se transforment quelques années plus tard en une importante convention, la BiCon[152]. À partir de 1995, un fanzine mensuel, Bi Community News, diffuse l'actualité de la communauté. Il existe plusieurs associations et groupes de bisexuels, comme le Bisexual Index, fondé lors d'une BiCon en 2007[153],[152].

En France [modifier]

En France, la première association nationale de bisexuels, Bi'Cause, est créée en 1997 à Paris par un groupe de femmes lassées d'être confrontées à la biphobie au sein de la communauté lesbienne[154]. Elle célèbre la Journée de la bisexualité à partir de 2009[155].

En 2007 est créé à Strasbourg Ambivalence, groupe de soutien pour personnes bisexuelles et de lutte contre la biphobie[156].

Ailleurs dans le monde [modifier]

Le nombre d'associations bisexuelles dans le monde s'accroît énormément au cours des années 1990. L'édition 2001 du Bisexual Resource Guide, un document produit par le Bisexual Resource Center et qui contient un annuaire des associations bisexuelles dans le monde, répertorie 2134 organisations bisexuelles dans 68 pays (incluant des pays aussi divers que le Botswana, la Colombie, les îles Fidji, la Hongrie, la Lituanie, la Namibie, Singapour, la Corée du Sud ou l'Uruguay)[157].

Symboles et visibilité [modifier]

Une « communauté invisible » [modifier]

De par les phénomènes de biphobie et d'occultation de la bisexualité, la bisexualité est très peu étudiée pour elle-même, au point que l'on a pu parler de « communauté invisible[2]. » L'absence de véritables moyens d'identification et de reconnaissance de la bisexualité peut également être une cause de l'invisibilité de la bisexualité[81].

La bisexualité apparaît comme particulièrement peu visible à côté de l'homosexualité[158], bien qu'elle soit statistiquement bien plus courante[158]. Kenji Yoshino, un universitaire américain enseignant à Yale estime que si la bisexualité est si peu visible, c'est parce que les communautés homosexuelle et hétérosexuelle ont toutes deux un intérêt à ce que la bisexualité soit effacée de la société[158]. Le même argumentaire est repris par Marjorie Graber, auteure de Vice versa: Bisexuality and the Eroticism of Everyday Life[159]. La communauté bisexuelle tend toutefois à se former pour lutter contre cet effacement[158].

Le drapeau de la fierté bisexuelle [modifier]

Le drapeau de la fierté bisexuelle créé par Michael Page en 1998.

Pour plus de visibilité, et pour donner un symbole au rassemblement de la communauté bisexuelle, Michael Page a créé le « drapeau de la fierté bisexuelle » en 1998, sur le modèle du drapeau arc-en-ciel, afin d'accroître la visibilité des bisexuels au sein et en dehors de la communauté LGBT[160].

Le drapeau bisexuel affiche une bande rose en haut pour l’homosexualité, une bande bleue en bas pour l’hétérosexualité et une bande violette au milieu pour représenter la bisexualité, le violet étant la combinaison du rouge et du bleu[160]. Cette dernière est plus petite que les autres, figurant ainsi la non-visibilité des bisexuels dans la société.

Autres symboles [modifier]

Le « double croissant » bisexuel représente deux lunes opposées et tangentes en un point. Utilisé essentiellement en Allemagne, il a été conçu en 1998 par Vivian Wagner avec l'assistance d'une équipe, afin d'offrir un autre symbole que le triangle rose, peu apprécié à cause de son lien avec la déportation des homosexuels sous le régime nazi[161].

Journée internationale de la bisexualité [modifier]

Article détaillé : Journée de la bisexualité.

La journée de la bisexualité a été créée en 1999 ; elle est célébrée le 23 septembre par les bisexuels du monde entier à chaque année[162]. Elle donne lieu à diverses initiatives militantes de communication auprès du grand public et de lutte contre la biphobie.

Représentations de la bisexualité dans les arts [modifier]

Cinéma [modifier]

Le célèbre acteur américain James Dean, icône de la jeunesse occidentale des années 1950, véhiculant une image de rébellion et de non-conformisme, est aussi une icône bisexuelle[163].
Marlon Brando, acteur et sex symbol américain, a dévoilé sa bisexualité dans une interview en 1976, et il est estimé avoir été à l'origine, avec d'autres, du « bisexuel chic[164]. »
De nombreuses femmes bisexuelles célèbres, comme l'actrice américaine Angelina Jolie, ont pu utiliser leur orientation sexuelle comme une opportunité marketing, ce que d'aucuns ont pu qualifier de « mode »[165], une conception biphobique[3].

Le premier film à dépeindre la bisexualité semble être A Florida Enchantment, un film américain de 1914[166]. Holywood, consacrée dès cette époque comme capitale de l'industrie cinématographique du monde, véhiculait une mauvaise réputation, les employés de ce secteur - en particulier les acteurs - souffrant d'une image de débauchés (consommation de drogues, grande liberté sexuelle ...) ; le secteur a donc voulu s'auto-réguler. En 1934, le Hays Code fut créé : il prohibait toute représentation de scènes ou de personnages bisexuels ou homosexuels[166]. Ainsi, durant les années 1930 et 1940, la bisexualité disparut du cinéma américain. Après la Seconde Guerre mondiale, des réalisateurs audacieux commencèrent à passer outre cette règle, qui se révela obsolète et fut complètement abandonnées dans les années 1960[166]. L'abandon du Hays Code ne s'est pourtant pas immédiatement traduite par une représentation positive de la bisexualité : dans Inside Daisy Clover (1966), le protagoniste, bisexuel, renvoie une image d'égoïsme et d'amoralisme[166]. Dans Basic Instinct (1982), Sharon Stone joue une femme fatale bisexuelle et assassine, un film qui sera froidement accueilli par les mouvements LGBT, qui lui reprochait son assimilation de la bisexualité avec le crime[166].

La bisexualité de certaines figures historiques aussi diverses que James Dean, Montgomery Clift, Judy Garland, Janis Joplin, Oscar Wilde ou encore Frida Kahlo a pu être représentée dans des films biographiques[167].

Voici une liste indicative de films abordant le thème de la bisexualité :

Théâtre [modifier]

Littérature [modifier]

William Shakespeare, l'un des plus grands dramaturges de la littérature occidentale, était bisexuel[169]. Marié, et ayant eu plusieurs enfants, il adressait des sonnets enflammés à un homme, le fair Lord. La bisexualité de Shakespeare a été constamment et délibérément cachée par les différents universitaires qui ont étudié son œuvre durant les quatre derniers siècles[170].

Comme dans de nombreux autres domaines, la bisexualité a été largement occultée en tant que telle dans les œuvres littéraires au cours des siècles[171].

Néanmoins, de nombreux auteurs sont connus pour leur bisexualité, qui est selon les cas abordée dans leurs œuvres ou non : citons dans la littérature française Louis Aragon (marié à Elsa Triolet, il s'engage après sa mort dans des relations avec des hommes[172],[173]) ou Paul Verlaine[88] (marié, mais entretenant une célèbre relation avec Arthur Rimbaud), l'académicienne Marguerite Yourcenar[174], (qui écrivit un livre sur l'empereur romain bisexuel Hadrien qui connu un succès mondial, les Mémoires d'Hadrien), Simone de Beauvoir[175] ou encore Colette[68]. Dans la littérature non francophone, on peut mentionner l'Allemand Goethe, qui dédiait des poèmes à ses conquêtes masculines[176].

Reflétant la bisexualité généralisée des sociétés grecques et romaines antiques, la bisexualité est un thème très couramment abordé dans la littérature grecque antique et romaine[171] ; que ce soit des discussions philosophiques (Le Banquet par exemple), ou des romans (le Satyricon par exemple) ; Eva Cantarella, auteur de Selon la nature, l'usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique remarque que la bisexualité est fréquemment abordée dans les œuvres d'Homère, d'Anacreon, et de Pindare du côté grec, et par Plutarque, Ciceron, et Catullus, chez les Romains[171].

La bisexualité fait généralement partie de la littérature libertine, celle qui postule que chaque désir sexuel doit être mené à son terme sans se préoccuper de la désapprobation morale de la société : ainsi, par exemple, dans Les liaisons dangereuses (1782) de Choderlos de Laclos, l'auteur fait apparaître un des principaux personnages, la Marquise de Merteuil, redoutable séductrice ayant eu un nombre incalculable d'amants, comme attirée par une jeune femme d'une quinzaine d'années, Cécile de Volanges[177] ; de même le personnage du Chevalier dans La Philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade, s'engage dans des expériences homosexuelles lorsqu'elles lui sont proposées par Dolmancé, tout en précisant que « tout cela ce sont des extravagances que je ne préférerai jamais au plaisir des femmes[178]. » Plus récemment, le thème de la bisexualité et du libertinage ont été abordés par Jean-Baptiste Del Amo avec Une éducation libertine (2008)[179].

Voici une liste non exhaustive et chronologique d'œuvres mentionnant la bisexualité :

BD et mangas [modifier]

Musique et chansons [modifier]

La chanteuse américaine bisexuelle Lady Gaga a évoqué sa sexualité dans plusieurs chansons, et a milité pour les droits des personnes LGBT, notamment le retrait de Don't ask, don't tell.

Un certain nombre de chanteurs ont révélé au grand public leur bisexualité : David Bowie en est l'un des exemples, dès les années 1970. Plus récemment, Brian Molko (Placebo) s'est aussi déclaré bisexuel[180]. On sait également qu'une personnalité « rebelle » comme Janis Joplin est bisexuelle[181]. Bessie Smith, chanteuse afro-américaine, très populaire dans les années 1920 et grande inspiration de cette dernière, est également bisexuelle[84].

Le monde du rap américain, longtemps parmi les plus homophobes et biphobes (discriminations qui se manifestent, entre autres, dans les paroles des chansons)[182], voit peu à peu les choses évoluer : alors que Nicki Minaj a déjà dévoilé sa bicuriosité, la rappeuse Azealia Banks a ouvertement révélé sa bisexualité dans une interview au New York Times en 2012[182]. La même année, Frank Ocean a décidé de publiquement reconnaître sa bisexualité (il a écrit une lettre publique dans laquelle il a déclaré que son premier amour de jeunesse était un jeune homme de son âge[183]), un geste qui pourrait faire évoluer la mentalité du milieux vers davantage de tolérance[184].

Le thème de la bisexualité a été abordée dans les chansons suivantes :

Séries télévisées [modifier]

Web-séries [modifier]

Rose By Any Other Name, une web-série réalisée par Kyle Schickner pour FenceSitter Films et lancée en 2009, a pour personnage principal une femme qui s'identifie d'abord comme lesbienne, puis se découvre bisexuelle lorsqu'elle tombe amoureuse d'un homme[196].

Annexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Sur la bisexualité aujourd'hui [modifier]

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Sur la bisexualité dans l'histoire [modifier]

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Documentaires télévisuels [modifier]

Émission de radio [modifier]

Articles connexes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes [modifier]

Notes et références [modifier]

  • (en) Merl Storr, Bisexuality: A Critical Reader, Routledge, 1999  (lire en ligne)
  1. p.15
  2. p.24
  3. p.28
  4. p.28
  5. p.15
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Autres références [modifier]

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  7. L’Homme aux Loups ou le complexe d’Œdipe à l’envers
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  67. Élisabeth Badinter conste dans XY, De l'identité masculine (1992) que de très nombreuses civilisations passées ont pratiqué un certaine « pédagogie » homosexuelle, et que les rapports amoureux et sexuels entre les hommes étaient nécessaires à la constitution de la pleine virilité. Elle insiste toutefois sur le fait que ce comportement sexuel homosexuel est une étape vers un comportement hétérosexuel nécessaire à assurer la reproduction sexuée, afin de permettre la survie de la société en question (p.130-131).
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  71. Le terme de « bisexualité » est employé par Eva Cantarella, dans Selon la nature, l'usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991. Elle justifie dans son introduction l'emploi de ce terme contemporain à propos des sociétés antiques.
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  176. Goethe : un diable d'homme, Homosexuels et bisexuels célèbres
  177. Dans une de ses lettres au Vicomte de Valmont, la marquise écrit au sujet de l'adolescente : « Je lui conseillai de se coucher, ce qu'elle accepta ; je lui servis de Femme de chambre, elle n'avait point fait de toilette, et bientôt ses cheveux épars tombèrent sur ses épaules et sur sa gorge entièrement découvertes ; je l'embrassai ; elle se laissa aller dans mes bras [...] Dieu ! Qu'elle était belle ! Si Magdeleine était ainsi, elle dut être bien plus dangereuse pénitente que pécheresse. » (lettre 63)
  178. La Philosophie dans le boudoir, Premier dialogue (consulter sur WIkisource)
  179. Deux jeunes écrivains toulousains dans la course aux prix littéraires, La Dépêche.fr, 18 Juillet 2008
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  185. La chanson exprime les doutes d'une femme dont le mari, après des années de mariage heureux, semble soudain troublé par un homme : « Quand nous faisons l'amour / Dis-moi à qui tu penses / Il y a sous nos caresses / Des points de suspension / Dieu que tu as changé / Depuis qu'il vient chez nous / Toi l'invulnérable et tendre / Qui ne jurait que par moi / Parfois j'ai peur de comprendre / Ce qui se révèle en toi ».
  186. Le thème principal de la chanson est l'ambiguïté de genre, puisqu'il est question de garçons habillés de façon féminine et vice-versa, mais le refrain inclut la phrase : « et j'aime cette fille aux cheveux longs / et ce garçon qui pourrait dire non. »
  187. (en) Judy Wieder, Coming Clean, advocate.com
  188. Les paroles commencent par A pretty girl in her underwear / If there's anything better in this world who cares (« Une jolie fille en sous-vêtements / S'il y a quelque chose de mieux au monde, qui s'en soucie ? ») et se poursuivent par A pretty boy in his underwear / If there's a better reason to jump for joy who cares (« Un joli garçon en sous-vêtements / S'il y a une meilleure raison de bondir vers le plaisir, qui s'en soucie ? »).
  189. Des paroles de cette chanson sont : « Faudrait savoir ce que tu veux/ C'est comme ça, qu'est-ce que j'y peux ? /À qui la faute, je suis l'un et l'autre / Double je(u) »
  190. Ysa Ferrer a écrit la chanson en hommage à la communauté bisexuelle, comme elle l'explique dans une interview sur le site Cité Gay le 1er février 2008 : « Tof : Pourquoi as-tu voulu parler de ce sujet là en particulier ? – Ysa Ferrer : Je trouve qu'en France on est vraiment très loin du top de la tolérance et quand je vais sur des sites où on parle de Bi, je m'aperçois que c'est un sujet encore totalement tabou chez les gens. À mon sens c'est vraiment LA communauté qui est le moins représentée. Et j'ai été particulièrement sensible au fait qu'ils parlent d'eux-mêmes comme étant « le peuple de l'Invisible » . Je trouve ça monstrueux de vivre comme ça ! Apparemment aujourd'hui on peut être homo ou lesbienne, mais les bi n'ont pas le droit d'exister. »
  191. Katy Perry a indiqué que cette chanson lui avait été inspirée par ses attirances pour des femmes, mais elle ne se définit pas comme lesbienne : (en) « Katy Perry: The New Gay Interview », 10 juin 2008, sur le site de culture LGBT The New Gay.
  192. (en) Lady Gaga admits her hit song 'Poker Face' is about her bisexuality
  193. Dans la chanson, Lady Gaga se fait séduire par un homme ; elle le mentionne ensuite à sa copine
  194. (en) « Going to the obvious, he’s -- in terms of wording from this day and age -- he’s bisexual, but in the realm of the show, we call him omnisexual, because on the show, [the characters] also have sex with aliens who take human form, and sex with male-male, women-women, all sorts of combinations. », interview de Russell T. Davies dans « Spike from 'Buffy' and 'Torchwood's Captain Jack Harkness - Yowza! », article de Maureen Ryan sur le blog The Watcher du Chicago Tribune, 14 Juillet 2007
  195. a et b (en) From Minority to Mainstream: Channel 4’s Queer Television
  196. (en) Letter From Out Bisexual Director Kyle Schickner of FenceSitter Films about new Web TV Series Rose By Any Other Name, blog Binet USA News and Opinions, 18 octobre 2009