Bisexualité
La bisexualité (mot formé du préfixe bi (deux) et de « sexualité »[1], sur le modèle de homosexualité et hétérosexualité) désigne le fait d'éprouver de l'attirance sexuelle pour les deux sexes, ou plus largement le fait d'entretenir des relations amoureuses, sentimentales ou sexuelles avec des personnes du même sexe et du sexe opposé. La bisexualité ne représente pas nécessairement une tendance à aimer autant un sexe que l'autre, le degré d'attirance envers les deux sexes pouvant très largement varier[2].
La bisexualité a été documentée dans de très nombreuses sociétés par le passé, elle est aussi largement pratiquée par de nombreux animaux, dont les singes les plus proches de l'homme, les bonobos. Au cours du XXe siècle, de nombreuses personnes semblent avoir expérimenté des degrés divers de bisexualité au cours de leur vie (entre 33% et 46% des hommes et 15% à 25 % des femmes dans l'Amérique des années 1950[3]). Certains, comme le pionnier de la psychanalyse Sigmund Freud, ont considéré que la bisexualité était l'orientation sexuelle naturelle de l'être humain[4]. La bisexualité a néanmoins été largement ignorée ou occultée dans les sciences humaines au XIXe et au début du XXe siècle, ou bien désignée improprement sous le terme d'« homosexualité »[5] (qui est l'attirance unique et exclusive d'une personne pour d'autres du même sexe).
[modifier] Origines et usages du mot
[modifier] En biologie
À l'origine, le terme s'appliquait à la biologie, en particulier la botanique française de la fin du XVIIIe siècle, où on utilisait ce terme pour qualifier des plantes ayant des organes des deux sexes (les étamines et les pistils)[6]. Il a ensuite pris le sens d'une prédisposition biopsychologique à la fois féminine et masculine propre à tout être humain[6].
Il ne faut pas confondre la bisexualité avec l’androgynie, c’est-à-dire un être humain dont l'apparence ne permet pas de décider à quel sexe il appartient. Quand une personne est physiquement porteuse des deux sexes, on parle plutôt d'intersexuation (ou anciennement d'hermaphrodisme).
D'après des recherches en embryologie (l'étude des embryons), chaque être humain a un prédisposition à la bisexualité, car nous partageons des caractères sexuels des deux sexes lors de la grossesse[6].
[modifier] En psychanalyse
On distingue la bisexualité comme comportement de la « bisexualité psychique » théorisée notamment par Wilhelm Fliess[8] et Sigmund Freud qui serait le fondement psychique inconscient de tout être humain. Dans Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud avance le concept de bisexualité innée, selon lequel, à la naissance, tout être humain porte en lui des dispositions à la fois féminines et masculines, et doit réprimer l'une ou l'autre au fil de son développement pour s'identifier pleinement à son sexe physique ; l'incapacité à réprimer les tendances relevant du sexe opposé font partie des explications avancées par Freud pour déterminer l'origine de certains troubles de la personnalité de caractère névrotique[6]. En psychanalyse, le concept de « bisexualité psychique » se réfère donc à ce que les études sur le genre ont appelé ensuite l'identité de genre, c'est-à-dire la correspondance entre l'identité intime et sociale d'une personne et son sexe physique (le fait qu'un humain mâle peut se sentir plus ou moins masculin et/ou féminin, par exemple). Cet emploi du terme doit être distingué de l'usage courant du mot pour évoquer une orientation sexuelle, puisqu'à partir de la seconde moitié du XXe siècle les sciences humaines font une distinction nette entre l'identité de genre d'une personne et son orientation sexuelle.
[modifier] Orientation sexuelle ou comportement
Dans son sens actuel, le terme « bisexualité » désigne les conduites et l'attirance sexuelle ou sentimentale pour des personnes de sexe féminin et masculin, soit simultanément soit alternativement. La bisexualité agie est une orientation sexuelle caractérisée par l’amour ou le désir sexuel pour les membres des deux sexes, distincte de l’homosexualité et de l’hétérosexualité, de la pansexualité (ou omnisexualité), ou encore de l’asexualité. Les personnes bisexuelles peuvent avoir des relations simultanées avec les partenaires de sexe masculin et féminin, pratiquer la monogamie en série avec des partenaires de l’un ou l’autre sexe, avoir des relations de plus ou moins de longue durée avec des partenaires d’un seul sexe ou pratiquer la chasteté[9]. La bisexualité se réfère aux désirs et au concept de soi, pas nécessairement au comportement : ainsi, une personne bisexuelle ne peut s'engager que dans des relations hétérosexuelles ou homosexuelles, même si elle éprouve des sentiments pour des personnes des deux sexes[10].
La bisexualité n'est pas une équivalence du type « J'aime autant les femmes que les hommes » ou « J'ai eu 50% de mes relations amoureuses avec des femmes, et 50% avec des hommes. » ; les degrés d'attirance envers les deux sexes peuvent infiniment varier[2].
[modifier] La bisexualité en sexologie
[modifier] La bisexualité dans les comportements érotiques animaux et humains
Pour quelles raisons existe-t-il des activités bisexuelles chez les hominidés ? Dans les années 2000, les recherches en neurosciences ont montré que les êtres humains stimulent leurs zones érogènes car cela procure des récompenses / renforcements dans le cerveau[12]. Ces récompenses, en particulier l'orgasme, sont perçues au niveau de la conscience comme des sensations de plaisirs érotiques et de jouissances. En simplifiant, l'être humain recherche les activités sexuelles car elles procurent des plaisirs érotiques intenses.
Chez l'être humain (et le chimpanzé, le bonobo, l'orang outan et le dauphin), le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction, mais devient un comportement érotique[13]. Au cours de l'évolution, l'importance et l'influence des hormones[14] et des phéromones[15],[16] sur le comportement sexuel a diminué. Au contraire, l'importance des récompenses est devenue majeure[12]. Chez l'être humain, le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche des plaisirs érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes[17].
Pour ces raisons, on observe que quasiment tous les primates ont des activités bisexuelles[18],[19], en particulier les chimpanzés Pan paniscus (bonobo)[20], ainsi que les dauphins[21] ; que dans les sociétés sexuellement libérales les enfants et les adolescents ont des activités bisexuelles[22],[23],[24], et qu'apparemment il existait dans toutes les sociétés anciennes de guerriers, avant l'avènement des religions actuelles qui sont peu favorables à la sexualité, des pratiques bisexuelles généralisées[25]. L'influence majeure du contexte culturel dans l'orientation sexuelle est bien mise en évidence par exemple dans la société grecque de l'Antiquité, où la femme avait une position inférieure à l'homme. L'amour le plus désirable, l'« amour céleste », était homosexuel[26],[27]. L'hétérosexualité était dévalorisée, les épouses servant à avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle au foyer[28].
Toutes ces données suggèrent qu'il existe une tendance significative à la bisexualité chez l'être humain. Alors pour quelles raisons la bisexualité n'est-elle pas généralisée dans les sociétés occidentales actuelles ? Il faut prendre en compte en Occident la grande valorisation culturelle du couple hétérosexuel, une très forte homophobie[29], et surtout un très fort monosexualisme expliquant d'une part le fait que les bisexuels sont souvent rejetés par les hétérosexuels et également par les homosexuels (voyez à Biphobie), et d'autre part que la bisexualité n'existe pas au niveau des pratiques et des valeurs culturelles[30], et qu'il est donc extrêmement difficile de vivre de manière bisexuelle[31]. Néanmoins, malgré la biphobie, l'homophobie et l'hétérocentrisme, on observe quand même qu'entre un tiers et la moitié des personnes occidentales ont eu au moins une expérience bisexuelle[32], mais que vraisemblablement la plupart des personnes, en raison de toutes les difficultés et pressions psychologiques exposées précédemment, se conforment aux pratiques et aux valeurs dominantes.
Pour toutes ces raisons, la bisexualité est biologiquement normale et ne peut être considérée comme un acte contre-nature, une maladie ou un trouble psychologique. Chez l'être humain, le but du comportement érotique est la recherche des plaisirs sexuels, nouveaux, variés et intenses, « peu importe le sexe ou le genre du ou des partenaire(s) »[33].
[modifier] Les échelles de mesure de la sexualité humaine
[modifier] L'échelle de Kinsey
Plusieurs sexologues ont conçu des échelles de mesure de la sexualité qui visent à rendre possible une étude des comportements sexuels humains plus précise que les catégories tranchées d'hétérosexualité, d'homosexualité ou de bisexualité. Le premier et le plus connu des chercheurs à réaliser une étude ce genre est le sexologue américain Alfred Kinsey : dans deux études connues sous le nom de rapports Kinsey (Sexual Behavior in the Human Male en 1948 et Sexual Behavior in the Human Female en 1953), il emploie une échelle qui, en se fondant sur les témoignages des personnes interrogées sur leurs pratiques sexuelles, les classe non pas en deux ou trois catégories tranchées, mais en sept catégories qui vont de l'hétérosexualité exclusive (degré 0) jusqu'à l'homosexualité exclusive (degré 6). Les degrés intermédiaires, de 1 à 5 dans le tableau ci-dessous, correspondent à des comportements bisexuels[34]. Les rapports Kinsey font beaucoup de bruit à leur parution, car ils montrent que les personnes ayant eu des rapports sexuels avec des personnes des deux sexes sont beaucoup plus nombreuses que ce que l'on croyait jusqu'alors. Par la suite, l'échelle de Kinsey est souvent évoquée pour réfuter la conception traditionnelle binaire de la vie sexuelle en hétérosexualité et homosexualité[35].
| Valeur | Explication |
|---|---|
| 0 | Exclusivement hétérosexuel(le) |
| 1 | Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuelle |
| 2 | Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le) |
| 3 | Bisexuel sans préférence |
| 4 | Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel(le) |
| 5 | Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuelle |
| 6 | Exclusivement homosexuel(le) |
[modifier] La grille d'orientation sexuelle de Klein
Dans les années 1970, un autre sexologue américain, Fritz Klein, élabore un autre instrument d'étude du comportement sexuel, encore plus précis, afin de prendre en compte la grande variété des témoignages qu'il recueille au cours d'un forum sur la bisexualité qu'il crée et anime à New York. Il publie pour la première fois cet outil, la grille d'orientation sexuelle de Klein, dans son ouvrage The Bisexual Option en 1978. La grille d'orientation sexuelle de Klein n'est pas une échelle de mesure, mais un modèle de formulaire pour interroger les personnes sur leur sexualité. Elle prend en compte non pas seulement les pratiques sexuelles, mais aussi les sentiments de la personne ou encore ses fantasmes. Elle fait par ailleurs le distinguo entre la vie passée de la personne, sa vie présente et son idéal de vie. Pour chacune de ses réponses, la personne peut répondre par des chiffres allant de 1 (le même sexe seulement) jusqu'à 7 (l'autre sexe seulement). Les pratiques, le vécu, les désirs et les sentiments des personnes interrogées sont ainsi pris en compte de manière plus nuancée, ce qui aboutit à un profil d'orientation sexuelle composé de 21 critères différents[36].
[modifier] Études et statistiques sexologiques sur la bisexualité dans le monde
Le chercheur ayant le plus travaillé statistiquement sur la bisexualité est Alfred Kinsey. Dans une étude menée en 1948, il a découvert que 46% des sujets masculins interrogés (5300 personnes) avaient eu une expérience sexuelle avec une une femme et un homme, ou que ces personnes avaient déjà sexuellement « réagi » à des personnes des deux sexes[37].
Dans les années 2000, une étude menée par Lisa M. Diamond, chercheuse en psychologie à l'université d'Utah aux États-Unis, qui a suivi un groupe de 79 femmes non hétérosexuelles pendant dix ans[38], a montré l'existence d'une orientation bisexuelle pérenne chez les femmes, la pérennité de l'orientation bisexuelle (92 %) sur dix ans étant supérieure à celle de l'orientation lesbienne (66 %).
Il est difficile de mesurer et d'estimer de façon fiable le nombre de bisexuels, en effet, de nombreux bisexuels ne se définissent pas comme tels, mais comme hétérosexuels ou homosexuels, deux catégories mieux acceptées socialement aujourd'hui[39]. Il arrive que des femmes ou des hommes, en difficulté dans leur vie amoureuse ou frappés par la monotonie du mariage, se découvrent bisexuel(le)s, mais la réalité quantitative de ce phénomène est encore peu connue[39].
Lors d'une enquête sur l'orientation sexuelle en France menée par l'IFOP début 2011[40], 3 % des personnes interrogées se déclaraient bisexuelles. Extrapolé à l'échelle du pays, ce pourcentage donne environ 1,48 millions de personnes bisexuelles en France[40]. Parmi les personnes qui se déclarent bisexuelles ou homosexuelles, l'enquête constate une légère surreprésentation des hommes sur les femmes, ainsi qu'une légère surreprésentation des personnes âgées de moins de 50 ans, peut-être en raison de la libération des mœurs après 1960[40]. Il n'y a en revanche aucune différence entre les bisexuels, les hétérosexuels et les homosexuels en termes de répartition géographique ou de milieu social[40]. Les bisexuels sont légèrement plus nombreux que les homosexuels à vivre en couple (55 % contre 46 %) ; ils sont aussi plus nombreux à avoir des enfants à la maison (24 % contre 14 %)[40].
[modifier] Une histoire universelle
Il est important de garder à l'esprit que les termes d’hétérosexualité, d'homosexualité, de bisexualité, et plus généralement les notions mêmes de sexualité et d'orientation sexuelle sont des concepts relativement récents à l'échelle de l'Histoire (ils ont été introduits par la médecine et la psychologie au XIXe siècle.). Ils ne sont donc pas forcément adaptées dans des contextes historiques plus anciens, puisque les sociétés anciennes ne réfléchissaient pas dans les mêmes termes et n'utilisaient pas (ou pas exactement) les mêmes catégories de pensée. Il n'est cependant pas absurde de supposer que, de tout temps, il a existé des personnes éprouvant des attirances que nous appellerions aujourd'hui hétérosexuelles, homosexuelles ou bisexuelles, mais ces attirances ne s'inscrivaient pas dans les mêmes cadres sociaux (libertés, contraintes, modes de sociabilité, etc.) : elles ne prenaient donc pas les mêmes formes et ne donnaient pas lieu à l'élaboration d'identités individuelles (« je suis gay », « je suis bi ») comme c'est le cas à partir de la fin du XXe siècle[42].
Les temps anciens ne peuvent pas, et n'ont jamais pu se caractériser pas par une « homosexualité » généralisée, contrairement à ce qui a été souvent affirmé, pour une raison bien simple : les relations entre personnes du même sexe n'étaient en aucun cas exclusives des relations hétérosexuelles, et surtout les hommes et les femmes qui entretenaient ce genre de relations étaient le plus souvent mariés et avaient des enfants, ce qui permettait aux peuples de se reproduire jusqu'à aujourd'hui.
Si l'on tente d'observer les comportements bisexuels et leur acceptation ou leur rejet dans les différentes sociétés à travers l'Histoire, il apparaît que la bisexualité a une histoire universelle[43]. Dans la plupart des sociétés connues, les gens ont montré des degrés variables de bisexualité, et ce sans que ce comportement ait été jugé anormal. La plupart des relations bisexuelles étaient attachées soit à une période de la vie (comme pour le shudo dans le Japon pré-moderne), soit à un troisième genre (comme pour les Deux-Esprits nord-amérindiens ou les bacchás d'Asie centrale). Ce sont plutôt les comportements hétérosexuels et homosexuels masculins, bien qu'également présents, qui semblent constituer des exceptions partout, sauf dans les sociétés influencées par les religions abrahamiques (judaïsme, islam et certaines églises du christianisme), où les comportements bisexuels et homosexuels sont fortement réprimés et l'hétérosexualité encouragée. La majeure partie de ce que l’on appelle homosexualité dans les cultures anciennes est en fait une forme de bisexualité, dans la mesure où les pratiques et relations homosexuelles sont très rarement conçues comme excluant toute relation hétérosexuelle (au contraire de la catégorisation actuelle, dans laquelle une personne homosexuelle est attirée exclusivement par les personnes du même sexe).
L'histoire de la bisexualité féminine est plus difficile à établir, dans la mesure où les sociétés les mieux connues étaient généralement patriarcales et où les sources diverses nous renseignent plutôt sur les relations entre hommes.
La plupart des peuples anciens étant anthropothéistes, il peut aussi être intéressant d'étudier le comportement sexuel de leurs dieux, afin d'étudier indirectement les pratiques de chaque peuple (le meilleur exemple étant le cas grec).
Dans la Grèce antique, il semble que les hommes avaient successivement des comportements majoritairement hétérosexuels, et de temps en temps homosexuels et bisexuels. L'homosexualité était associée à l'adolescence, suivie par une phase de bisexualité caractérisée par des relations pédérastiques, puis l'homme adulte se mariait, enfantait et adoptait un comportement principalement hétérosexuel. Une des illustrations en est celle d'Alexandre le Grand, qui eut beaucoup de femmes, mais entretenait aussi des relations avec au moins deux hommes, dont son ami proche Héphaestion. Mais les comportements bisexuels étaient également courants chez les empereurs romains et chinois, ou encore chez les shogun japonais.
[modifier] Europe
[modifier] Grèce antique
En Grèce antique, la bisexualité était omniprésente et socialement valorisée[44]. La pratique de la pédérastie s'inscrit dans une conception de la vie sentimentale et sexuelle qui tient d'une bisexualité successive[45]. Dans un premier temps, à partir de la puberté, le jeune homme est en âge d'être courtisé par des hommes d'âge mûr, et de lier avec l'un d'eux une relation pédérastique dans laquelle il est l'éromène (« l'aimé »). Ce type de relation n'empêche nullement le jeune homme de commencer à être également attiré par des jeunes gens de son âge, qu'il s'agisse de jeunes garçons ou de jeunes filles. Lorsque le jeune homme achève sa puberté, et qu'il commence à avoir de la barbe, il est tenu d'abandonner progressivement son rôle d'éromène, et songe à se marier. Une fois adulte, l'homme mûr peut avoir des relations homosexuelles, mais cette fois en tant qu'éraste (« amant »), avec des hommes plus jeunes qu'il courtise comme lui-même a été courtisé pendant son adolescence.
Le modèle social fait donc coïncider les âges de la vie avec des rôles différents dans la relation. L'homme adulte a le droit d'avoir des relations homosexuelles avec des jeunes gens, tant qu'il les courtise dans les règles, mais il est mal vu d'en venir à dédaigner toute relation avec les femmes : l'homosexualité telle qu'on la conçoit de nos jours, c'est-à-dire une attirance entièrement tournée vers les personnes du même sexe, n'était donc pas acceptée. De plus, s'il est normal pour un jeune homme d'être passif dans la relation, un homme adulte doit tenir le rôle actif : il était parfois mal vu qu'un adulte continue à tenir un rôle passif dans une relation.
Les formes de ce type de relation, et leur admission ou leur rejet par la société, sont très variables selon les cités grecques et selon les auteurs qui abordent le sujet. Ainsi Platon défend-il une conception entièrement éducative de la relation pédérastique, en en rejetant la composante sexuelle. Il faut garder une certaine distance envers ces textes, puisqu'il est très possible que certains auteurs aient tenté de minimiser cet aspect ou au contraire de l'exalter. Les sources montrent en tout cas clairement l'existence de ces relations, qu'il s'agisse des relations très codifiées de la pédérastie ou au contraire de la prostitution.
Quoi qu'il en soit, les amours homosexuels comme hétérosexuels sont abondamment évoquées par les arts grecs antiques, aussi bien la céramique que la littérature. Un thème répandu est la comparaison de l'amour des filles et de l'amour des garçons, que l'on trouve dans le Dialogue sur l'amour de Plutarque[46], dans les Amours du pseudo-Lucien ou encore dans le roman grec Leucippé et Clitophon d'Achille Tatius[47].
Plutarque affirme que « celui qui aime la beauté humaine sera favorablement et équitablement disposé envers les deux sexes, au lieu de supposer que les hommes et les femmes diffèrent sous le rapport de l'amour comme sous celui du vêtement[48]. »
La Sparte ancienne a toléré les relations de même sexe parmi leurs troupes si longtemps que les hommes avaient aussi des femmes et produisait des enfants. Le spartiate a pensé que les relations physiques entre le plus vieil et plus jeunes soldats solidifieraient la loyauté de combat et encouragent des tactiques héroiques car les hommes rivalisaient pour impressionner leurs amants. Une fois le plus jeune soldat a passé un certain âge, la relation a été supposée devenir asexuelle, mais ce n'est pas certain que cela ait été strictement respecté.
La bisexualité féminine est moins bien documentée. La poétesse Sappho, connue pour ses amours lesbiennes, évoque en réalité dans ses poèmes des attirances pour des personnes des deux sexes (que ces attirances soient ou non autobiographiques). On trouve également l'évocation de relations entre femmes dans certaines séquences des Dialogues des courtisanes (attribués à Lucien).
La bisexualité universelle des Grecs est aussi représentée dans leurs mythes, où de très nombreux dieux sont biesexuels : Zeus et Ganymède, déjà mentionnés, mais aussi Poséidon et Pélops, Hercule et Hylas, Apollon avec Hyacinthe et Cyparisse ...
[modifier] Rome antique
La bisexualité est l'orientation sexuelle « normale » chez les Romains[50],[51]. Leur règle de comportement moral suppose qu'un homme libre doit être actif, c'est-à-dire être celui qui pénètre : la passivité chez un citoyen libre est infamante, et fait perdre tout honneur à celui qui s'est fait pénétrer.
En conséquence, on ne peut pénétrer, en dehors de sa femme, aucune femme libre, célibataire ou mariée, et aucun homme libre : si deux hommes libres ont des rapports, l'homme passif est, en théorie, sévèrement puni. Si un adulte a des rapports avec un jeune citoyen non pubère, il est également puni. Les esclaves et tous ceux qui ne sont pas Romains, hommes et femmes, enfants, adolescents ou adultes, sont à la disposition de leurs maîtres, le paterfamilias pouvant avoir des relations sexuelles aves eux, sans que personne n'y trouve à redire[52]. Le philosophe Sénèque résume ce principe en ces termes : « La passivité sexuelle chez un homme libre est un crime, chez un esclave, une obligation, chez l'affranchi, un service[51] ». Ainsi l'orateur Cicéron a une femme (et un fils), mais lui préfère les charmes de son jeune esclave-secrétaire favori[51].
Les empereurs romains s'engageaient très souvent dans des relations bisexuelles : un exemple bien connu est celui de l'empereur Hadrien, qui, bien qu'étant marié à l'impératrice Sabine, aimait d'un amour fou le bel éphèbe Antinoüs.
De même, l'empereur Néron s'est marié avec un eunuque, Sporus, après son premier mariage avec Claudia Octavia.
[modifier] Les Vikings
Chez les Vikings, le code moral veut que toute personne (femme ou homme) se marie et ait des enfants, peu importe l'orientation sexuelle, afin de permettre la reproduction de guerriers[53]. En revanche, les Vikings font preuve d'une relative tolérance lorsqu'un homme marié s'engage dans une relation avec un autre homme, pour peu qu'il adopte le rôle actif : comme chez les Romains, l'homme qui se fait pénétrer est considéré comme féminin et faible[53]. En revanche, l'ensemble des hommes devaient sacrifier à des pratiques bisexuelles puisqu'une des obligations morales régissant ces peuples était de violer les soldats vaincus afin de les humilier[53]. Des prostitués masculins ayant des hommes comme clients existaient aussi, et ils occupaient une position sociale très basse[53].
La bisexualité est aussi présente dans leurs mythes : le dieu Loki est bisexuel[53].
L'attitude des peuples de Scandinavie devient beaucoup plus hétéronormée après leur évangélisation[53].
[modifier] Reste de l'Europe
Des comportements bisexuels sont rapportés chez les peuples Celtes à l'Antiquité, Athénée écrivant par exemple que les Celtes avaient des femmes très belles, mais aimaient aussi inviter des amoureux à dormir sur leur peaux de bêtes[55].
Dans l'Europe médiévale, la bisexualité était selon les époques et les lieux soit acceptée soit moquée. Il est difficile pour un historien de quantifier ces phénomènes, le puritanisme et la censure de l'époque s'exerçant. On peut néanmoins étudier ce qui se passait pour les personnages dont la vie est la plus documentée, à savoir les Rois et leurs entourages dans les cours[56].
Le cas le plus célèbre de réprobation est sans doute celui du roi de France Henri III, qui était marié à Louise de Lorraine-Vaudémont. Il avait aussi pour maîtresses Louise de La Béraudière du Rouhet et Marie de Clèves. Comme il était aussi entouré d'hommes courtisants, les mignons, certains opposants politiques en ont profité pour fabriquer une sorte de « légende rose » sur ce Roi, prétendant qu'il était homosexuel, une fausse réputation qui lui colle encore à la peau aujourd'hui[57]. Cette mystification s'appuyait sur quelques faits réels, à savoir que le Roi aimait se laver (les codes de virilité de l'époque étaient plutôt à une odeur de sueur ou de poudre à feu ...) et bien s'habiller[58]. Le fait qu'il soit le dernier de la lignée des Valois n'est certainement pas étranger à la haine qu'il a suscité : les Bourbons lui succédant étaient prêts à tout pour le discréditer aux yeux du peuple et des élites, et à asseoir leur légitimité[58]. L'exemple de Louis XIV peut être donné, lui qui appréciait aussi beaucoup les vêtements d’apparat, le parfum, le maquillage ; descendant d'une longue lignée de rois, personne n'a jamais remis en cause sa virilité ou sa sexualité[59].
La bisexualité est documentée chez de nombreuses autres hautes personnalité de cette époque : on peut mentionner le monarque anglais Richard Cœur de Lion qui a une affaire amoureuse avec son homologue français Philippe Auguste[56].
D'autres relations, d'amitié cette fois-ci, son rapportées à propos de deux monarques européens bisexuels, le grand Tsar réformateur Pierre Ier de Russie et Guillaume III d'Orange-Nassau[60], ce qui montre que la bisexualité n'était pas si mal vue à l'époque, malgré les interdictions religieuses.
Dans la Renaissance, en particulier italienne (avec des villes du nord de l'Italie comme Venise), le « crime » de sodomie était largement pratiqué, malgrè l'Inquisition et ses punitions corporelles[61]. L'Église fut cependant vite débordée, puisque près de la moitié des hommes de la ville de Florence furent mis en examen par la justice pour sodomie[62]. Une bisexualité sucessive était considérée alors comme faisant intégralement partie du processus de croissance et de maturité des hommes[62]. En revanche, contrairement à ce qui se passait en Grèce ou dans la Rome antiques, une fois mariés, les hommes abandonnaient quasiment tous les relations avec d'autres hommes une fois mariés[62].
On a aussi pu parler de « libertins » au XVIIIe siècle, pour désigner les personnes entretenant ce type de relations[63]. Comme elles contestaient aussi souvent le pouvoir de l'Église et les « bonnes mœurs » de l'époque, le pouvoir religieux leur mena une guerre sans merci[64].
[modifier] Asie
[modifier] Chine
Dans la Chine impériale, les comportements bisexuels sont reportés depuis le XVI e siècle avant Jésus-Christ[65]. Quasiment tous les empereurs chinois, de toutes les dynasties, avaient des amants masculins, en addittion de leurs concubines et épouses[65]. L'attitude était alors à la tolérance, tant que les hommes remplissaient leurs devoirs matrimoniaux et avaient des enfants[65] ; on ne croyait pas à cette époque que la bisexualité menaçait les valeurs familiales[65]. Il existait aussi à cette époque des prostitués masculins, acceptés par la société sous l'influence du néo-confucianisme d'auteurs comme Wang Yangming, qui voyait les besoins sexuels comme naturels[65].
L'illégalité des rapports entre personnes du même sexe est venue assez tardivement dans l'histoire de la Chine : la première fois que la bisexualité fut pénalement condamnée fut en 1740[65] ; l'imposition du régime communiste fut la période la plus difficile pour les bisexuels, la « Révolution Culturelle » de Mao leur livrant une guerre sans merci[65]. La situation s'est depuis très légèrement adoucie[65], mais elle reste très loin des critères d'acceptation occidentaux.
[modifier] Japon
La pratique du shudō était un moyen de former et d'éduquer les jeunes nobles ou les apprentis samouraïs[66]. Un homme et un apprenti adolescent se juraient amour éternel et fidélité[66]. Cette pratique était similaire à celle de la Grèce antique : elle nouait des relations de nature pédérastique, elle servait à l'instruction, et la relation était supposée devenir platonique une fois le jeune devenu adulte[66]. Les garçons de 13 à 19 ans étaient jugés aptes à être aimés[67]. Comme en Grèce antique, cette pratique n'empêchait nullement des relations avec des femmes[66].
Dans le Japon médiéval, les aristocrates avaient très couramment des pratiques bisexuelles[68]. Nombreux sont les aristocrates qui fréquentaient des théâtres où se produisaient des jeunes hommes ; l'amour dévorant qu'ils leur portaient les poussait à se ruiner pour disposer de leur compagnie[67], l'hétérosexualité devenant alors la norme.
De plus, quasiment tous les empereurs japonais ont eu des amants masculins en plus de leurs femmes et concubines[69].
Comme dans de nombreuses autres régions du monde, ces pratiques se sont arrêtées peu après que les premiers contacts du Japon avec l'Occident[67].
[modifier] Monde arabo-musulman
Selon le juriste musulman Ibrahim al- Bajuri, lors de la conquête musulmane du Moyen-Orient, de nombreux soldats arabes, loin de leurs femmes, se sont alors contenté d'hommes qu'ils trouvaient dans les territoires conquis[70].
Après la conquête, la bisexualité dans le monde arabe s'exprimait d'une manière à peu près équivalente à celle de la Grèce antique : un homme marié courtisait de jeunes garçons[71], sans que cela ne paraisse étrange au reste de la société[71]. La désaprobation venait surtout des épouses, jalouses du fait que leurs maris puissent désirer d'autres personnes qu'elles[71].
Ces pratiques étaient si courantes au XVIIIesiècle que l'orientaliste français Volney, visitant l'Égypte dans les années 1780, s'étonna du fait que les hommes s'adonnaient au « vice des Grecs » alors qu'ils avaient déjà des femmes[72].
Les garçons courtisés pouvaient s'engager dans des relations avec des filles ou des femmes plus mûres qu'eux[73].
Dans l'Afghanistan des années 2010, survivent encore des pratiques bisexuelles ancestrales, qui ont profondément interpellé, si ce n'est choqué, les soldats américains et britanniques patrouillant dans ces zones dans le cadre de la guerre contre le terrorisme[74]. En effet, dans certaines zones tribales, beaucoup d'hommes entretiennent des relations de type pédérastiques avec de jeunes hommes (le plus souvent de 9 à 15 ans[75]), vu qu'aucune relation avec des femmes non mariées est autorisée[74]. Ainsi, de très nombreux hommes s'y adonnent avant leur mariage. Un des dictons les plus répandus de cette partie du monde y est d'ailleurs : « Les femmes sont pour les enfants, les garçons sont pour le plaisir[74]. » Les hommes disposant de suffisamment d'argent et de pouvoir peuvent se permettre d'entretenir ainsi plusieurs garçons, une tradition culturellement acceptée qui ne choque absolument personne[74]. Un tel homme est appelé un bacha bazi, est est souvent vu comme haut dans l'échelle sociale : si quelqu'un veut montrer qu'il a de l'importance, il doit avoir un garçon à lui[75].
Il y a eu des frictions diplomatiques entre le président Karzaï et les États-Unis, car peut-être deux de ses six frères seraient des bacha bazi[75]. De même, des éditorialistes américains se sont demandés avec colère si c'était pour protéger des « dizaines de milliers de pédophiles » que des centaines de soldats de l'OTAN se battaient et mourraient[75]. L'ONU a appelé le gouvernement à mettre fin à ces pratiques[76].
[modifier] Amériques
[modifier] Amérique du Nord
Les berdaches étaient une forme de transgenres : des hommes s'habillaient et se comportaient comme des femmes, ou vice-versa. Eux n'étaient pas nécessairement bisexuels, mais ils étaient souvent mariés à des hommes qui l'étaient (ils avaient souvent déjà une ou plusieurs épouses[77]).
[modifier] Amérique du Sud
Dans l'Amérique précolombienne, les Indiens étaient très largement bisexuels, ce qui choqua énormément les conquistadors espagnols et portugais, habitués à la norme hétérosexuelle que véhiculait l'Église catholique. L'envoyé Francisco Lopez de Gourara (XVIe siècle), décrit ainsi dans sa correspondance les habitants de l'île d'Hispaniola (Saint-Domingue) : « Ils s'unissent facilement aux femmes, bien qu'ils soient grandement sodomites[78]. »
Chez les Mayas, cela faisait partie de leurs coutumes que d'avoir eu, au long de leur existence, des relations avec des hommes et des femmes[43], tout au moins pour les hommes. En effet, au début de l'adolescence, le garçon se retrouvait être l'amant d'un adolescent plus âgé que lui, qui se mariait ensuite à une femme lorsqu'il atteignait une vintaine d'années[43]. Le jeune garçon aimé se retrouvait plus tard à aimer à son tour un garçon plus jeune, et ainsi se poursuivait indéfiniment le cycle[43].
La bisexualité est documentée dans de nombreuses autres peuplades indigènes : la période de l'adolescence est la plus associée à celle des relations entre personnes du même sexe, bien que des hommes mariés et ayant des enfants puissent aussi s'engager dans de telles relations[79].
Une autre pratique courante est d'élever un garçon comme une femme pour ensuite le donner en mariage à un homme ayant déjà plusieurs épouses[79]. Ces « hommes-épouses » étaient généralement plus appréciés que les femmes épouses[79].
[modifier] Afrique
Les études sur ce type de sexualité sont très rares en Afrique, par tabou le plus souvent[80]. Des chercheurs occidentaux ont néanmoins révélé qu'il existaient de très nombreuses pratiques de type bisexuelles dans la période pré-coloniale[80], mais qu'elles ont été abandonnées, dénigrées puis criminalisées par les africains eux-mêmes après que des influences étrangères aient imposé les « normes » sexuelles hétéronormées du Christianisme ou de l'Islam[81]. Ainsi, les pratiques étant jugées « amorales » ou « contre-nature » par les nouveaux-venus seront systématiquement tues ou effacées des mémoires ; dès le XVIIIe siècle, on croyait ainsi que seule l'hétérosexualité existait en Afrique[80]. La croyance que « l'homosexualité [prise au sens large d'attirance pour des personnes du même sexe] n'a jamais existé en Afrique », est ainsi un mythe qui perdure encore aujourd'hui[82]. Certains en sont même allé jusqu'à prétendre que ces pratiques seraient exclusivement occidentales, et qu'elles auraient été « importées » par les colons, alors que c'est précisément le contraire[80].
Par exemple, l'anthropologue allemand Kurt Falk estimait dans les années 1920 que parmi les tribus indigènes qu'il avait étudié en Afrique de l'Ouest, les hommes étaient quasiment tous bisexuels[82], avançant le chiffre d'une prévalence de 90%[83].
Comme illustration, on peut citer la tribu des Gangellas dans ce qui est aujourd'hui l'Angola : un adolescent de 18 ans pouvait publiquement déclarer son amour pour un autre, plus jeune, et vivre avec lui (des présents étaient accordés en échange aux parents)[80]. Le plus âgé se mariait ensuite avec une femme, et pouvait avoir des relations sexuelles avec son épouse et son amant jusqu'à ce que le plus jeune soit suffisamment âgé à son tour pour désirer se marier[80].
Plus largement, on peut parler de pratique de type pédérastiques entre des hommes et des adolescents, des relations sexuelles entre des hommes et des femmes mariés, mais l'interdiction ou la condamnation morale de relations sexuelles entre deux hommes d'âge mûr[80].
[modifier] Océanie
Dans de nombreuses sociétés océaniennes traditionnelles, la bisexualité était largement pratiquée, l'homosexualité (dans son sens strict d'attirance unique et exclusive des personnes de son propre sexe) étant beaucoup plus rare[84].
La bisexualité peut aussi être ritualisé ou socialement codifiée : c'est le cas des tribus mélanésiennes, où les jeunes garçons doivent quitter leurs familles pour vivre avec leurs amants masculins, eux-mêmes étant mariés, auxquels ils pratiquent des fellations (le liquide séminal est considéré comme participant, de même que le lait maternel, à la croissance)[68]. Une fois devenu grand, le jeune homme se marie est prend à son tour un garçon chez lui.
Dans certaines tribus, des règles précises dictent ce comportement : un homme marié ne doit pas s'engager dans des relations avec un membre de son clan (clan qui peut compter de nombreuses familles) car cela est considéré comme de l'inceste et est puni[85].
Dans la tribu des Nambas, le fait d'avoir plusieurs femmes et garçons est un attribut de pouvoir et de prestige social[86]. Les jeunes hommes apparaissent comme un propriété, et peuvent même être prêtés, voire vendus pour un certain laps de temps à d'autres hommes par leurs « maris »[86].
[modifier] La bisexualité de nos jours
Il existe de nombreuses manifestations contemporaines de bisexualité. Malgré cela, la bisexualité reste un des plus importants tabous modernes[89]. Cela tient pour partie du fait que des millions de personnes sont aujourd'hui de fait bisexuelles (s'engageant dans des relations avec des hommes ou des femmes, ou se sentant ou s'étant sentis attirées pour des personnes des deux sexes), mais ne l'assument pas ou le cachent volontairement, ce qui prévient l'émergence d'une véritable visibilité de la bisexualité[34].
Si la tendance en Occident est à l'acceptation, la bisexualité est encore largement confondue avec l'homosexualité (cf. l'exemple ci-contre de Jóhanna Sigurðardóttir).
[modifier] Concepts annexes et néologismes contemporains
[modifier] Bicuriosité
« Bicurieux » est un adjectif s'appliquant à quelqu'un se définissant comme hétérosexuel(le) ou homosexuel(le), mais qui montre un certain intérêt, ou entretient des fantasmes d'avoir une liaison avec une personne du sexe qu'ils ne favorisent pas d'habitude, tout n'assumant pas ou en rejetant l'étiquette de bisexuel(le).
[modifier] Bisexuel chic
Ce terme décrit les personnes s'engageant dans des relations de séduction avec des hommes et des femmes pour faire parler de soi dans une perspective de glamour. Ce serait la chanteuse américaine Madonna qui aurait inventé la première ce concept, avec le clip de sa chanson « Justify My Love » en 1990, dans lequel elle embrassait tour à tour un homme et une femme[91]. Le terme est souvent appliqué aux stars depuis le baiser Madonna-Britney Spears en 2003[91], baiser qui choqua l'audience[92]. Depuis, de très nombreuses femmes célèbres, comme Fergie, Kylie Minogue, Drew Barrymore, Megan Fox ou encore Katy Perry ont par la suite utilisé le bisexuel chic.
Le bisexuel chic masculin est plus rare de nos jours, mais été largement présent dans les années 1980 avec des personnalités comme David Bowie, Mick Jagger, Marlon Brando et Lou Reed[91].
L'instrumentalisation qui est ainsi faite de la bisexualité est rejetée par les associations bisexuelles comme participant à la diffusion de clichés sur la bisexualité[91]. Le fait de l'utiliser pour promouvoir sa carrière pour les femmes d'Hollywood est aussi critiqué[91].
Peut-être conséquence de cette médiatisation, une étude a montré que 40% des jeunes femmes suisses se considérant comme hétérosexuelles ont déjà embrassé une autre femme[91].
[modifier] Gay for pay
Ce terme anglophone s'applique aux personnes se définissant comme hétérosexuelles mais qui s'engagent dans des relations sexuelles avec des personnes du même sexe qu'eux contre de l'argent. Il est fréquent dans l'industrie pornographique (avec l'exemple du triolisme) ou chez les prostituées et gigolos.
[modifier] Hétéroflexibilité
Ce terme américain, souvent utilisé par dérision ou pour nier sa bisexualité (du type « Je ne suis pas gay, je suis hétéroflexible ![93] ») désigne un individu majoritairement hétérosexuel mais qui profiterait d'une occasion donnée pour s'engager dans une relation avec une personne de son sexe (le cas typique étant lors d'une fête arrosée[93]).
[modifier] Lesbian until graduation
Ce terme anglophone décrit les femmes étudiantes à l'université s'engageant durant leurs études dans des relations avec d'autres femmes, pour adopter une fois diplômées une attitude strictement hétérosexuelle, se mariant par exemple quelques années après avec des hommes[94].
[modifier] L'homophobie comme non acceptation de sa propre bisexualité
Dans une étude menée en 1996, Henry Adams, professeur émérite de psychologie à l'Université de Géorgie, a fait regarder des hommes se déclarant hétérosexuels et homophobes des films pornographiques gays, et a constaté que selon des capteurs placés sur leurs pénis, 80% d'entre eux avaient été excités par cette vision[95] ; ce qui fait d'eux de facto des bisexuels[96]. Cette étude a contribué à populariser l'idée selon laquelle la plupart des homophobes sont des hommes n'assumant ou n'acceptant pas leurs propres attirances pour les autres hommes[97].
[modifier] Viols dans les prisons
Une des manifestations les moins plaisantes de la bisexualité de nos jours est le viol dans les prisons, conséquence manifeste du phénomène précédent. Les prisonniers sont habituellement séparés selon leur sexe, et de nombreux cas de viols d'hommes par d'autres hommes ont été reportés. L'ONG Human Rights Watch, qui a consacré un rapport sur ce phénomène dans les prisons américaines, note que « l'hypothèse du "prédateur homosexuel" est sans fondement[98]. » Selon ses observations, les violeurs s'identifient d'abord comme hétérosexuels[98], et s'engagent pour leur quasi totalité dans des rapports sexuels hétérosexuels lors qu'ils sont en liberté[98].
[modifier] L'émergence des communautés bisexuelles aux XXe et XXIe siècles
[modifier] Causes du militantisme bisexuel
Les homosexuels ont parfois adopté l’étiquette « bisexuel(le) » de façon à garder le privilège de l’hétérosexualité. En découle l’idée reçue que tous ceux qui s’identifient comme bisexuel(le)s sont en réalité des gays ou lesbiennes ayant peur de l’admettre[34]. Cette idée fausse explique cependant un des adages de la culture gay : « Bi maintenant, gay plus tard ». Beaucoup de bisexuels ne se sentent de véritable place ni dans la communauté gay ni dans le monde hétérosexuel, parce qu’ils ont tendance à rester invisibles au public (vivant sans attirer de l’attention des sociétés homosexuelles et hétérosexuelles)[34]. La communauté bisexuelle se forme notamment pour lutter contre cette occultation de la bisexualité.
Le mot « biphobie » est un néologisme[99] caractérisant une personne pensant que la bisexualité n'existe pas, ayant de nombreux préjugés contre ces personnes, c'est-à-dire croyant qu'on ne peut être qu'hétérosexuel ou homosexuel, ou possédant des clichés défavorables sur la bisexualité, comme par exemple le fait qu'être bisexuel rendrait infidèle ou instable. Le modèle binaire, monosexualiste, qui ne reconnaît que l'hétérosexualité et l'homosexualité reste encore prépondérant. Dans les années 2000, dans les sociétés occidentales, la bisexualité est beaucoup mieux acceptée chez les femmes que chez les hommes[100] ; les bisexuelles sont d'autant plus libres de parler ouvertement de leur sexualité que les bisexuels[100].
Il existe aussi de nombreux clichés et préjugés sur les bisexuels ou la bisexualité en général : ainsi on pense souvent que les bisexuels s'engagent dans des relations sexuelles avec de très nombreuses personnes[101], qu'ils ont des mœurs légères, ou encore qu'ils sont infidèles. Une autre forme de biphobie est de penser, ce qui arrive notamment dans la communauté homosexuelle, que la bisexualité ne serait qu'une « phase transitoire » entre l'hétérosexualité à l'homosexualité, et que les bisexuels ne seraient que des homosexuels ne s'assumant pas[102].
[modifier] Aux États-Unis
En 1987, un groupe de militants bisexuels fonde le North American Bisexual Network (NABN) après une manifestation à Washington ; il devient en 1991 le BiNet USA[103]. Plusieurs autres associations de bisexuels fleurissent également dans différentes parties des États-Unis. De 1990 à 2002, le magazine Anything That Moves (« Tout ce qui bouge ») contribue à lutter contre la biphobie et à donner une meilleure visibilité aux bisexuels au sein des mouvements LGBT. Le sexologue et psychiatre Fritz Klein entretient également une activité de militant : il crée en 1998 l'American Institute of Bisexuality, qui a pour but de favoriser les études portant sur la bisexualité, mais aussi de mieux diffuser les connaissances à ce sujet et donc de lutter contre les clichés.
[modifier] En Grande-Bretagne
Une communauté bisexuelle active émerge en Grande-Bretagne au cours des années 1980-1990. En 1994, un rassemblement de militants bisexuels débouche sur l'institution de conférences nationales annuelles sur la bisexualité, qui se transforment quelques années plus tard en une importante convention, la BiCon[104]. À partir de 1995, un fanzine mensuel, Bi Community News, diffuse l'actualité de la communauté. Il existe plusieurs associations et groupes de bisexuels, comme le Bisexual Index, fondé lors d'une BiCon en 2007[105],[104].
[modifier] En France
En France, la première association nationale de bisexuels, Bi'Cause, est créée en 1997 à Paris par un groupe de femmes lassées d'être confrontées à la biphobie au sein de la communauté lesbienne[106]. Elle célèbre la Journée de la bisexualité à partir de 2009[107]. En 2007 est créé à Strasbourg Ambivalence, groupe de soutien pour personnes bisexuelles et de lutte contre la biphobie[108].
[modifier] Ailleurs dans le monde
Le nombre d'associations bisexuelles dans le monde s'accroît énormément au cours des années 1990. L'édition 2001 du Bisexual Resource Guide, un document produit par le Bisexual Resource Center et qui contient un annuaire des associations bisexuelles dans le monde, répertorie 2134 organisations bisexuelles dans 68 pays (incluant des pays aussi divers que le Botswana, la Colombie, les îles Fidji, la Hongrie, la Lituanie, la Namibie, Singapour, la Corée du sud ou l'Uruguay)[109].
[modifier] Symboles bisexuels
[modifier] Le drapeau de la fierté bisexuelle
Pour plus de visibilité et pour créer un symbole pour le rassemblement de la communauté bisexuelle, Michael Page a créé le drapeau de la fierté bisexuelle en 1998, sur le modèle du drapeau arc-en-ciel, afin d'accroître la visibilité des bisexuels au sein et en dehors de la communauté LGBT[110].
Le drapeau bisexuel a une raie rose en haut pour l’homosexualité, une raie bleue en bas pour l’hétérosexualité et violette au milieu pour représenter la bisexualité, le violet étant la combinaison du rouge et du bleu[110]. Cette dernière est plus petite que les autres, figurant ainsi la non-visibilité des bisexuel(le)s dans la société.
[modifier] Autres symboles
Le « double croissant » bisexuel représente deux lunes opposées et tangentes en un point. Utilisé essentiellement en Allemagne, il a été conçu en 1998 par Vivian Wagner avec l'assistance d'une équipe, afin d'offrir un autre symbole que le triangle rose, peu apprécié à cause de son lien avec la déportation des homosexuels sous le régime nazi[111].
[modifier] Journée internationale de la bisexualité
La journée de la bisexualité a été créée en 1999. Elle est célébrée le 23 septembre par les bisexuels du monde entier à chaque année. Elle donne lieu à diverses initiatives militantes de communication auprès du grand public et de lutte contre la biphobie.
[modifier] Représentations de la bisexualité dans les arts
[modifier] Cinéma : filmographie chronologique
- 1964 Passion (Manji) de Yasuzo Masumura.
- 1971 Un dimanche comme les autres de John Schlesinger.
- 1974 Je, tu, il, elle de Chantal Akerman.
- 1975 La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller.
- 1975 The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman.
- 1979 La Confusion des sentiments d'Étienne Périer.
- 1983 Les Prédateurs de Tony Scott.
- 1983 Le Quatrième Homme de Paul Verhoeven.
- 1988 Adieu, je t'aime de Claude Bernard-Aubert.
- 1990 Henry et June de Philip Kaufman.
- 1991 My Own Private Idaho de Gus van Sant.
- 1992 Les Nuits fauves de Cyril Collard.
- 1992 Basic Instinct de Paul Verhoeven.
- 1993 Deux Garçons, une fille, trois possibilités d'Andrew Fleming.
- 1996 Crash de David Cronenberg.
- 1997 Nettoyage à sec d'Anne Fontaine.
- 1997 Nowhere de Gregg Araki.
- 1998 Velvet Goldmine de Todd Haynes.
- 1998 Des chambres et des couloirs de Rose Troche.
- 2000 La Confusion des genres de Ilan Duran Cohen.
- 2000 Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche.
- 2000 In extremis d'Étienne Faure.
- 2002 Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc.
- 2002 Frida de Julie Taymor.
- 2003 Alexandre d'Oliver Stone.
- 2004 Éros thérapie, comédie de Danièle Dubroux.
- 2004 Grande École, comédie dramatique de Robert Salis.
- 2005 Both de Lisset Barcellos, prix du meilleur long métrage de fiction du 28e festival international du film de femmes de Créteil, 2006.
- 2005 C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée.
- 2005 Crustacés et Coquillages, comédie d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau.
- 2005 Le Secret de Brokeback Mountain, comédie dramatique de Ang Lee.
- 2005 Rent, comédie musicale de Chris Colombus.
- 2006 I Don't Want to Sleep Alone de Tsai Ming-liang.
- 2006 La Tourneuse de pages de Denis Dercourt avec Catherine Frot.
- 2006 L'Homme de sa vie de Zabou Breitman.
- 2006 Shortbus, comédie dramatique de John Cameron Mitchell.
- 2007 Les Chansons d'amour de Christophe Honoré.
- 2007 Les Témoins d'André Téchiné.
- 2007 Queen Size Bed de Emilio Martinez Lazaro.
- 2007 Puccini et moi de Maria Maggenti.
- 2008 Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen.
- 2010 Kaboom de Gregg Araki, première Queer Palm du Festival de Cannes.
- 2010 Plan B de Marco Berger.
- 2010 Les amours imaginaires de Xavier Dolan.
- 2010 Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet.
[modifier] Théâtre
- Jupe obligatoire, comédie de Nathalie Vierne, 2007[112].
[modifier] Littérature
Dans la littérature, de nombreuses personnes sont connues pour leur bisexualité, qui est selon les cas abordée dans leurs œuvres ou non : citons dans la littérature française Louis Aragon (marié à Elsa Triolet, il s'engage après sa mort dans des relations avec des hommes[113]) ou Paul Verlaine (marié, mais entretenant une célèbre relation avec Arthur Rimbaud), l'académicienne Marguerite Yourcenar[114], (qui écrivit un livre sur l'empereur romain bisexuel Hadrien qui connu un succès mondial, les Mémoires d'Hadrien), Simone de Beauvoir[115] ou encore Colette[44]. Dans la littérature non francophone, on peut mentionner l'Allemand Goethe[116], qui dédiait des poèmes à ses conquêtes masculines[116].
Voici une liste non exhaustive et chronologique d'œuvres mentionnant la bisexualité :
- Le Banquet de Platon ;
- Nana (1880) d'Émile Zola ;
- Claudine en ménage (1902) de Colette, elle même bisexuelle ;
- Women in Love (1920) de D. H. Lawrence ;
- Orlando (1928) de Virginia Woolf ;
- Les Chroniques de San Francisco (1978-2007) d'Armistead Maupin ;
- Moins que zéro (1985) de Bret Easton Ellis ;
- Nil rouge (1999) de Gérard Oberlé, Le Cherche midi ;
- Le syndrome de Lazare, (2006), deMichel Canesi et Jamil Rahmani, éditions du Rocher ;
- Paul (2004) de John Flaherty-Cox, éditions Blanche ;
- 3, (2004) de Julie Hilden, Actes Sud ;
- Une éducation libertine (2008) de Jean-Baptiste Del Amo, Gallimard.
[modifier] BD et mangas
- Le bleu est une couleur chaude, dessin et scénario de Julie Maroh, Glénat, 2010.
- Utena la fillette révolutionnaire, manga de Shiho Saito (Shōgakukan, 1996-97, en France chez Pika Édition, anime du groupe Be Papas, Kazé, 1997).
- Indigo blue, dessin et scénario de Ebine Yamaji, Asuka, 2004 (Shodensha Co, 2002).
- Djinn, scénario de Jean Dufaux et dessins de Ana Miralles, Dargaud, depuis 2001.
[modifier] Musique et chansons
- Depuis qu'il vient chez nous, Dalida (1979)[117]
- 3e sexe, Indochine (1985)[118]
- Bi [119], Living Colour, Stain (Album)[120] (1993)
- Coming Clean, Green Day (1994)[réf. nécessaire]
- Underwear, The Magnetic Fields (1999)[121]
- Les hommes que j'aime, La Rue Kétanou (2002).
- Double je, Christophe Willem (2007)[122]
- To bi or not to bi, Ysa Ferrer (2008)[123]
- I Kissed a Girl, Katy Perry (2008)[124]
- Poker Face, Lady Gaga (2008)[125]
- Monster, Lady Gaga, (2009)[126]
[modifier] Séries télévisées
- Bones : le personnage de Angela Montenegro aura une relation avec une femme pendant plusieurs épisodes mais se mariera avec un homme.
- Desperate Housewives : Dans la saison 6, Katherine Mayfair (Dana Delany), l'ex de Mike sort et vit avec Robin, une strip-teaseuse lesbienne.
- Dr House : Dans la saison 4, on découvre que Numéro 13 (Olivia Wilde) est bisexuelle, ce qui provoque beaucoup de plaisanteries de la part du docteur House.
- Doctor Who : la deuxième série, lancée en 2005, aborde régulièrement des thèmes LGBT et laisse entendre la bisexualité de plusieurs personnages. Le personnage de Jack Harkness (John Barrowman), qui joue également dans la série dérivée Torchwood, est même défini comme « omnisexuel » (il a des relations aussi bien avec des humains qu'avec des extra-terrestres de diverses espèces)[127].
- Grey's anatomy : le personnage de Callie Torres (Sara Ramirez) se marie en premier lieu avec un homme dans la saison 3,mais finit par épouser une femme dans la saison 7.
- Newport Beach : Alex Kelly est le premier rôle bisexuel d'Olivia Wilde.
- Plus belle la vie (à partir de 2004) : dans la saison 4, Céline Frémont découvre qu'elle est bisexuelle.
- Skins : le personnage d'Anthony Stonem, éphèbe arrogant et manipulateur. La critique l'a considéré comme « le méchant bisexuel stéréotypé, narcissique, dominateur et sociopathe[128]. » Il trompe souvent sa petite amie, qui en a conscience, notant qu'« il couche avec tout le monde, même des garçons[128]. »
- The L Word : Alice Pieszecki (Leisha Hailey) est, au début, la seule personne du groupe à se dire bisexuelle. Elle sera rejointe, quelques saisons plus tard, par Tina Kennard (Laurel Holloman).
[modifier] Web-séries
Rose By Any Other Name, une web-série réalisée par Kyle Schickner pour FenceSitter Films et lancée en 2009, a pour personnage principal une femme qui s'identifie d'abord comme lesbienne, puis se découvre bisexuelle lorsqu'elle tombe amoureuse d'un homme[129].
[modifier] Notes et références
- Étymologie sur le site du Trésor de la langue française informatisé. Page consultée le 10 octobre 2010.
- (en) Franz Klein, The Bisexual Option, p.20
- Tous bi or not tous bi ?, Doctissimo.
- Toutes bisexuelles ?
- (en)Bisexuality
- Bisexualité, Vulgaris Medical
- L’Homme aux Loups ou le complexe d’Œdipe à l’envers
- Voir une lettre qu'il a addressé à ce sujet à Freud
- (en) Bisexuality The American Institute of Bisexuality
- Qu'est-ce que la bisexualité ? sur bisexualité.info
- (en) Bonobos not all peace and free love, The Guardian
- (en) AGMO Anders Functional and dysfunctional sexual behavior Elsevier 2007.
- Les distinctions entre comportement sexuel, comportement de reproduction et comportement érotique sont expliquées dans les articles Comportement érotique et Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin Johnson et Barry Everitt dans leur ouvrage Reproduction (De Boeck Université 2001), afin de tenir compte des différences comportementales et neurobiologiques du comportement sexuel entre les espèces. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de cette distinction est Functional and dysfunctional sexual behavior du neurobiologiste Anders Agmo.
- BUVAT J. : Hormones et comportement sexuel de l'Homme : données physiologiques et physiopathologiques, Contracept. Fertil. Sex., 24/10:767-778, 1996
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- Eva Cantarella, Selon l'usage, la nature et la loi. La bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991, Introduction.
- (en) James Neill, The Origins and Roles of Same-Sex Relations In Human Societies, p.28
- (en) Fred Klein, The Bisexual Option, p. 144
- Le terme de bisexualité est employé par Eva Cantarella, Selon la nature, l'usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991, qui justifie dans son Introduction l'emploi de ce terme contemporain à propos des sociétés antiques.
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- À la fin du livre II.
- Homosexualité : l'Antiquité grecque et romaine, Sexodoc
- (en) James Neill, The origins and role of same-sex relations in human societies, p.201 lire en ligne
- Sur le sujet, voir Eva Cantarella, Selon la nature, l'usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991, et Pascal Quignard, Le Sexe et l'effroi. Gallimard, 1994
- Homosexualité : l'Antiquité grecque et romaine - Sexodoc
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- Pierre Ier, le bi-tsar
- (en) The Experience of Homosexuality in the Middle Ages, Fordham University, New York
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- François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois, et autres fadaises, p. 256-257
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- (en) Khaleb El-Royuayeb, Before homosexuality in the Arab-islamic world, p.30
- Khaleb el-Royuayeb, Before homosexuality in the Arab-islamic world, 1500-1800, p.32
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- (en) 64TH SESSION OF THE UNITED NATIONS GENERAL ASSEMBLY
- (en) Native American Indian Berdache Tradition
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- L'homosexualité en Afrique : sens et variations d'hirer à nos jours
- Afrique : quand l'homosexualité était rituelle
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- Bisexualité - Psychologies.com
- To be bi, or not to bi, Le Figaro Madame
- Le bi, c'est chic, Le Matin
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- Heteroflexible Urban Dictionnnary
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- S'ils sont effectivement attirés par des femmes comme ils le prétendent.
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- Il figure notamment dans le Dictionnaire de l'homophobie dirigé par Louis-Georges Tin (PUF, 2003).
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- Brett Beemyn, Erich W. Steinman Bisexual men in Culture and Society, p.98
- Émission de radio sur la bisexualité diffusée par Europe 1 (retranscription sur Youtube)
- « A Brief History of the Bisexual Movement », article sur le site de BiNet USA. Page consultée le 1er novembre 2011.
- « Bisexuals: putting the B back in LGBT », article de Marcus Morgan dans le Guardian, 15 février 2010. Page consultée le 2 novembre 2011.
- Page « About Us » sur le site du Bisexual Index. Page consultée le 12 novembre 2011.
- Page « Historique » sur le site de Bi'cause. Page consultée le 6 novembre 2011.
- C'est la première «Journée de la bisexualité» en France, article de Paul Parant sur Tetu.com le 23 septembre 2009. Page consultée le 8 novembre 2011.
- Présentation sur le site de l'association. Page consultée le 10 février 2012.
- Brett Genny Beemyn, article « Bisexual movements » (page 2), sur An Encyclopaedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender and Queer Culture. Page consultée le 11 décembre 2011.
- Homo, bi, trans, les drapeaux du sexe..., Ligne Azur
- (en) « Gay Symbols 5 », article par Matt & Andrej Koymasky sur leur site personnel.
- Représentations au Petit Gymnase, Paris, du 18/09/2007 au 31/12/2007.
- Louis Aragon Homosexuels et bisexuels célèbres
- Présentation de Vous, Marguerite Yourcenar La passion et ses masques, un livre de Michèle Sarde
- (en) Academic tug-of-love over De Beauvoir legacy, The Guardian
- Goethe : un diable d'homme, Homosexuels et bisexuels célèbres
- La chanson exprime les doutes d'une femme dont le mari, après des années de mariage heureux, semble soudain troublé par un homme : « Quand nous faisons l'amour / Dis-moi à qui tu penses / Il y a sous nos caresses / Des points de suspension / Dieu que tu as changé / Depuis qu'il vient chez nous / Toi l'invulnérable et tendre / Qui ne jurait que par moi / Parfois j'ai peur de comprendre / Ce qui se révèle en toi ».
- Le thème principal de la chanson est l'ambiguïté de genre, puisqu'il est question de garçons habillés de façon féminine et vice-versa, mais le refrain inclut la phrase : « et j'aime cette fille aux cheveux longs / et ce garçon qui pourrait dire non. »
- http://en.wikipedia.org/wiki/Bi_%28song%29
- http://en.wikipedia.org/wiki/Stain_%28album%29
- Les paroles commencent par A pretty girl in her underwear / If there's anything better in this world who cares (« Une jolie fille en sous-vêtements / S'il y a quelque chose de mieux au monde, qui s'en soucie ? ») et se poursuivent par A pretty boy in his underwear / If there's a better reason to jump for joy who cares (« Un joli garçon en sous-vêtements / S'il y a une meilleure raison de bondir vers le plaisir, qui s'en soucie ? »).
- Des paroles de cette chanson sont : « Faudrait savoir ce que tu veux/ C'est comme ça, qu'est-ce que j'y peux ? /À qui la faute, je suis l'un et l'autre / Double je(u) »
- Ysa Ferrer a écrit la chanson en hommage à la communauté bi, comme elle l'explique dans une interview sur le site Cité Gay le 1er février 2008 : « Tof : Pourquoi as-tu voulu parler de ce sujet là en particulier ? – Ysa Ferrer : Je trouve qu'en France on est vraiment très loin du top de la tolérance et quand je vais sur des sites où on parle de Bi, je m'aperçois que c'est un sujet encore totalement tabou chez les gens. A mon sens c'est vraiment LA communauté qui est le moins représentée. Et j'ai été particulièrement sensible au fait qu'ils parlent d'eux-mêmes comme étant « le peuple de l'Invisible » . Je trouve ça monstrueux de vivre comme ça ! Apparemment aujourd'hui on peut être homo ou lesbienne, mais les bi n'ont pas le droit d'exister. »
- Katy Perry a indiqué que cette chanson lui avait été inspirée par ses attirances pour des femmes, mais elle ne se définit pas comme lesbienne : (en) « Katy Perry: The New Gay Interview », 10 juin 2008, sur le site de culture LGBT The New Gay.
- (en) Lady Gaga admits her hit song 'Poker Face' is about her bisexuality
- Dans la chanson, Lady Gaga se fait séduire par un homme ; elle le mentionne ensuite à sa copine
- « Going to the obvious, he’s -- in terms of wording from this day and age -- he’s bisexual, but in the realm of the show, we call him omnisexual, because on the show, [the characters] also have sex with aliens who take human form, and sex with male-male, women-women, all sorts of combinations. », interview de Russell T. Davies dans « Spike from 'Buffy' and 'Torchwood's Captain Jack Harkness - Yowza! », article de Maureen Ryan sur le blog The Watcher du Chicago Tribune le 14 juillet 2007. Page consultée le 28 mai 2011.
- (en) From Minority to Mainstream: Channel 4’s Queer Television
- (en) Letter From Out Bisexual Director Kyle Schickner of FenceSitter Films about new Web TV Series Rose By Any Other Name, blog Binet USA News and Opinions, 18 octobre 2009.
[modifier] Annexes
[modifier] Bibliographie
[modifier] Sur la bisexualité aujourd'hui
- (en) Coll. (Jonathan Alexander, dir.), Bisexuality and Transgenderism: Intersexions of the Others, New York, Harrington Park Press, 2004.
- (en) Coll. (Jonathan Alexander, dir.), Journal of Bisexuality, publication académique de l'American Institute of Bisexuality (4 numéros par an), Routledge, 2000-aujourd'hui.
- (en) Coll. (BI Academic Intervention), The Bisexual Imaginary: Representation, Identity and Desire, Londres et Washington, Cassel, 1997.
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- (en) Coll. (Robyn Ochs et Sarah E. Rowley, dir.), Getting Bi: Voices of Bisexuals Around the World, Bisexual Resource Center, 2005 (2e éd. 2009).
- (fr) Coll. (Jean-Bertrand Pontalis dir.), Bisexualité et différence des sexes, Gallimard (Folio Essais no 359), 2000 (ISBN 2070411869)
- (fr) Christian David, Bisexualité psychique, Payot-poche, 1992 (ISBN 2228883999)
- (fr) Samuel Demers, Polyvalente Hyacinthe, Delorme, 2007.
- (fr) Catherie Deschamps, Bisexualité et bisexuels. De l'invisibilité à l'idéologie de la diversité : histoire d'un rapport ambivalent à la domination, doctorat d'anthropologie sociale, Paris, EHESS et ENS, 1999.
- (fr) Catherine Deschamps, Le Miroir bisexuel, une socio-anthropologie de l’invisible, Balland Modernes, 2002 (Livre tiré de la thèse de doctorat de l'auteure).
- (fr) Pierre Des Esseintes, Osez... la bisexualité, Édition La Musardine 2006.
- (en) Edith A. Firestein (dir.), Becoming Visible. Counseling Bisexuals Across the Lifespan, New York-Chihester, Columbia University Press, 2007.
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- (fr) Jean-Luc Hennig, Bi, Gallimard, 1996.
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- (fr) Karl Mengel, Pour et contre la bisexualité, éd. La Musardine, coll., L'attrape corps, 2009.
- (fr) Régis Revenin, « Hétérosexualité ? Homosexualité ? Mouvance des identités et des pratiques sexuelles chez les adolescents masculins dans la France des Trente Glorieuses », dans Catherine Deschamps, Laurent Gaissad et Christelle Taraud (dir.), Hétéros : discours, lieux, pratiques, Paris, Éditions EPEL, 2009, p. 193-204.
- (fr) Charlotte Wolff, Bisexualité, Stock, 1977.
[modifier] Sur la bisexualité dans l'histoire
- (en) Steven Angelides, A History of Bisexuality, Chicago, University of Chicago Press, 2001.
- (fr) Claude Aron, La bisexualité et l'ordre de la nature, Odile Jacob, 1996.
- (fr) Eva Cantarella, Selon la nature, l'usage et la loi : La Bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991.
- (fr) Marie Delcourt, Hermaphrodite : mythes et rites de la bisexualité dans l'antiquité, PUF, 1958.
- (de) Marjorie Garber, Die Vielfalt des Begehrens. Bisexualität von der Antike bis heute, Francfort, 2000.
- (fr) Michel Larivière, Homosexuels et bisexuels célèbres, Delétraz Editions, 1997.
- (en) Paula C. Rust (dir.), Bisexuality in the United States: a social science reader, Columbia University Press, 2000.
- (en) Merl Storr (dir.), Bisexuality: A Critical Reader, Routledge, 1999.
[modifier] Documentaires télévisuels
- (fr) La bisexualité : Tout un art ? réalisé par Laure Michel et Eric Wastiaux, première diffusion sur Arte le jeudi 18 décembre 2008.
- (en) Bi the Way, de Brittany Blockman, Josephine Decker et Martha Shane, diffusé pour la première fois sur la chaîne Logo en août 2009. Site officiel Regarder en ligne sur le site de la chaîne Logo
[modifier] Émission de radio
- (fr) « Tous bi ? » sujet de l'émission « Et si c'était ça le bonheur ? », Faustine Bollaert, diffusée sur Europe 1 le 2 octobre 2009.
[modifier] Articles connexes
- Bi'Cause : association française créée par et pour les bisexuel(le)s, ayant pour objectif de promouvoir l’émergence d’une identité bisexuelle.
- Bisexualité animale
- Comportement érotique
- Lesbianisme
- Journée de la Bisexualité
- Bisexualité innée
[modifier] Liens externes
- La bisexualité existe! Critique d'une étude de la Northwestern University d'Illinois
- Catégorie Gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres de l’annuaire dmoz
- Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels de l'association Bi'Cause
- Bisexualite.info, portail francophone d'information et de discussion sur la bisexualité
- (en) Site de l'American Institute of Bisexuality
- Manifeste pour une bisexualité radicale par Daniel Welzer Lang
- "Le B de LGBT"