Zeus

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L'une des premières représentations de Zeus trônant, coupe laconienne du Peintre de Naucratis, v. 560 av. J.-C., musée du Louvre (E 668)

Zeus (en grec ancien Ζεύς / Zeús) est le dieu suprême dans la mythologie grecque. Fils de Cronos et de Rhéa, marié à sa sœur Héra, il a engendré, avec cette déesse et avec d'autres, plusieurs dieux et déesses et, avec des mortelles, de nombreux héros. La théogonie la plus consistante est celle d'Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.), un contemporain d’Homère.

Mythologie[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Tétradrachme royaume Seleucide représentant Zeus

Le nom Zeus (nominatif : Ζεύς / Zeús ; vocatif : Ζεῦ / Zeû ; accusatif : Δία / Día ; génitif : Διός / Diós ; datif : Διί / Dií) repose sur le thème *dy-ēu-, issu de la racine indo-européenne *dei- qui signifie « briller ». Elle est également à l'origine du sanskrit द्याउः / dyāuḥ, signifiant « ciel lumineux », et du latin diēs, signifiant « jour » [1]. En grec ancien, on la retrouve dans les mots ἔνδιος / éndios et εὐδία / eudía qui désignent respectivement le midi (l'apogée de la journée) et le beau temps.

Ce nom entre dans la composition de nombreux mots : le nom des Dioscures (Διόσκουροι / Dióskouroi, les « jeunes de Zeus »), la cité de Dioscourias, etc. Les Grecs juraient souvent par le nom de Zeus, via les expressions Μὰ τὸν Δία / Mà tòn Día et Nὴ τὸν Δία / Nề tòn Día.

Enfance[modifier | modifier le code]

Rhéa, Amalthée allaitant et la danse des Curètes (dessin d'un bas-relief d'autel romain)
Rhéa présentant une pierre emmaillotée à Cronos (dessin du bas-relief d'un autel romain)

Zeus est selon Hésiode le dernier-né des six enfants du Titan Cronos et de sa sœur Rhéa[2]. Cette descendance sera considérée comme la branche olympienne par opposition à celle des Titans. Cronos, craignant la prédiction de ses parents, Ouranos et Gaïa, qu’il engendrerait un rival qui régnerait à sa place, avalait ses enfants dès leur naissance. Pour qu'un de ses fils échappe à ce sort, Rhéa, sur le conseil de Gaïa, substituera au dernier-né une pierre emmaillotée. Emporté en Crète, il fut élevé par les nymphes du mont Ida[3], allaité grâce à la chèvre Amalthée dans une grotte secrète de Lyctos. Ses cris qui auraient pu trahir sa présence furent couverts par le fracas des armes que les Courètes[4] entrechoquaient dans leurs danses guerrières.

Le culte d’un Zeus « Krêtagénês » (né en Crète) dans une grotte de cette montagne remonte à l’époque dite minoenne (2000-2500 avant J.-C.).

Avènement[modifier | modifier le code]

Zeus recevant l'hommage des dieux de l'Olympe (dessin d'un bas-relief)

Ses premiers gestes d’adulte seront d’évincer le titan cruel qui l’a engendré : Cronos, géant monstrueux et primitif comme Ouranos, avide de pouvoir sans partage, le père provoquant des avortements à coups de pied et le fils engloutissant à son repas ses nouveau-nés. Si Ouranos fut neutralisé par son propre fils qui l’émascula au moment d’une étreinte avec Gaïa, Zeus va entreprendre à son tour d’abattre la puissance de Cronos. Courtisant la Titanide Métis, qui devait devenir sa première épouse, il la persuade de faire absorber à son père une boisson émétique. Cronos va ainsi rejeter tous les enfants engloutis[5]. Zeus retrouve ses sœurs : Hestia, leur aînée, qui restera vierge, Déméter et Héra, qui seront ses épouses successives. Héra restera sa dernière épouse, maintes fois bafouée ; ils s'aimèrent pour la première fois « à l'insu de leurs parents[6] ».

La Titanomachie[modifier | modifier le code]

Avec l’aide de ses frères et de divinités ralliées à sa cause, Zeus entreprend de renverser les Titans : le rejoignent des enfants de la déesse Styx, son alliée des Enfers, certains fils de Gaïa délivrés pour l’occasion du Tartare: les trois Géants, les Cyclopes : Argès, l’Éclair, Brontès, le Tonnerre, et Stéropès, la Foudre, tous trois forgerons des armes jupitériennes ; trois des Géants, nés du « sang » de l’émasculation de leur père Ouranos : Briarée et ses deux frères Cottos et Gyès ; appelés les Hécatonchires, « géants aux-cent-bras »[7], ceux-là mêmes qui, après la victoire de Zeus, retiendront éternellement les Titans derrière les portes de bronze dans les ténèbres insondables au-dessous de l’Hadès[8]. Toutes les Titanides et certains Titans, dont Japet et Océan, qui sera le géniteur de tous les dieux et déesses aquatiques, resteront en retrait de cette guerre qui durera « dix grandes années divines ».

Une fois la guerre contre les Titans terminée, Zeus et ses deux frères aînés Poséidon et Hadès se partageront l'univers, le premier s'appropriant le Ciel, le second, la Mer, le troisième, le monde souterrain.

La Théomachie olympienne[modifier | modifier le code]

La Gigantomachie[modifier | modifier le code]

Gaïa, après avoir ruminé sa haine, avait incité à la guerre ses enfants, les Géants (Gigantès ou Gegeneïs, nés de la Terre) pour détrôner Zeus et délivrer les Titans du Tartare. Ces monstres étaient à la fois immunisés contre les coups des divinités et immortels sur leur terre natale[9]. Zeus dut engendrer avec Alcmène, sa dernière maîtresse mortelle connue, un héros à la force sans égale : Héraclès dont les flèches, empoisonnées au sang funeste de l’Hydre de Lerne, feront merveille.

Les frères Otos et Éphialtès, Géants facétieux, entreprirent d’atteindre le ciel et d’y menacer les dieux. Ils empileront sur l’Olympe les montagnes Pélion et Ossa mais seront détournés de leur intention par leur père Poséidon avant que ne les frappe la foudre de Zeus. Dans une autre version, ils sont rapidement vaincus et enfermés dans le Tartare par Apollon, sa sœur Artémis et leur père Zeus.

Le complot d’Héra[modifier | modifier le code]

Aidée d’Apollon et d’Athéna, elle réussit à enchaîner Zeus, mais Briarée alerté par Thétis vint délivrer le dieu. Cet épisode est raconté par Homère dans l’Iliade [I, 396], mais il rend compte d’un événement isolé et difficile à situer dans l’ensemble. Pourtant, il commence à éclairer la situation paradoxale d’un Zeus maître de l’harmonie du monde, mais aussi, en vertu des lois qu’il se doit d’imposer, d’un tyran implacable. L’opposition qui lui sera faite, loin de le détrôner, fera quelques brèches dans son invulnérabilité et contribuera fortement à recentrer la mythologie sur l’Humanité, nouveau théâtre et centre d’intérêt des actions divines.

Le rival Prométhée[modifier | modifier le code]

  • On fera épouser à Épiméthée, frère de Prométhée, la belle Pandore créée par Zeus, symbole (non sans quelque misogynie) de la légèreté humaine qui ne voit que l’immédiat. Pandore, dont le nom signifie ironiquement « tous les dons » (alors qu’elle va transmettre à sa race tous les maux) est d’abord une création vengeresse de Zeus, mécontent du résultat précédemment obtenu et, depuis le début, réticent à la création personnelle de Prométhée. La privation préalable de la « nourriture facile » et la confiscation du feu précieux, obligeront les hommes à travailler plus dur. On retrouve le symbolisme de l’Éden perdu.
  • Prométhée enchaîné[10] : on a épilogué beaucoup sur la symbolique du dieu dévoué au genre humain mais déchu, supplicié et lié à son rocher de douleur. Prométhée est une figure allégorique du panthéon. Il représente sans doute la créature opportuniste, roublarde, rebelle et débrouillarde dont l’idéal est de devenir une force à l’égale des dieux et que Zeus est contraint désormais de prendre à un certain niveau de considération.

Le combat contre Typhon[modifier | modifier le code]

Zeus combattant Typhon, hydrie chalcidienne à figures noires, v. 550 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen

Ce fut le plus terrible combat que Zeus eut à engager. Ce monstre immortel aux cent têtes de dragon, menaça l'Olympe avant que les traits de foudre de Zeus ne le fissent reculer et rejoindre les Titans dans les profondeurs du Tartare, d’où il souffle, depuis, sa rage en ouragans dévastateurs. Cette version simple par Hésiode est, du point de vue de la continuité du récit, la plus satisfaisante.

Pourtant, la naissance de ce monstre a été l’occasion de faire de Zeus, dans un curieux épisode mouvementé et décrit avec des variantes selon les auteurs[11], un personnage faible et même désemparé, mettant en péril, par son état d’impuissance — laissé à terre, pantin désarticulé, sans les tendons de ses quatre membres, qu’il devait finalement recouvrer — la cohésion même de l’univers. Cet épisode montre des analogies avec la lutte de Baal et de Çéphôn de la fable phénicienne ; on a pensé aussi à le rapprocher de la légende du « Seth » égyptien poursuivant Osiris. C’est un exemple où chez les Grecs la théogonie rejoint précisément la cosmogonie. Par ailleurs, le mythe de Typhon, génie maléfique et indestructible, resurgira plus tard dans d’autres religions pour incarner Satan.

Épouses[modifier | modifier le code]

La polygamie successive de Zeus discorde avec la monogamie des mœurs grecques[réf. nécessaire]. Les alliances de Zeus furent d’abord nécessaires pour étoffer le Panthéon et assurer la diversité des fonctions et des attributions divines[réf. souhaitée]. La multiplicité de ses mariages peut aussi s'interpréter comme une preuve de puissance[réf. souhaitée].

  • Les trois filles et les trois fils de Cronos, Zeus, Poséidon et Hadès forment la lignée directe des « grands Olympiens ». En seconde génération, seuls quatre enfants « légitimes » de Zeus sont majoritairement admis : les fils d'Héra, Héphaïstos et Arès, et les jumeaux de Léto : Apollon et Artémis. Les trois derniers, Aphrodite, Dionysos et Athéna, ont en commun des naissances difficiles à établir, étant donné les divergences chez les auteurs. Ils ont été incorporés à la théogonie grecque mais leur origine lointaine est sans nul doute tirée de traditions étrangères au monde hellénique. Seule la portée incontournable de leur symbolisme les a fait se rattacher aux grands Olympiens. Athéna poliade est d’abord la divinité antique protectrice de la cité éponyme. Dionysos, dieu thrace ou phrygien, avait légué un culte orgiastique très populaire quoique peu apprécié des aristocraties grecques. Aphrodite est une ancienne divinité érotique originaire du Proche-Orient dont la célébration fut transmise par les populations de Chypre et de Cythère.
  • Métis, une Océanide : sa maternité fut assombrie par la prédiction de Gaïa qui avertit Zeus qu’une fille qui naîtrait aurait autant de sagesse que son père et qu’un fils qui suivrait le détrônerait. Zeus avale son épouse enceinte, mais, selon une version plausible, sous la forme d’une mouche où se cachait Métis, prompte au déguisement. Sa fille Athéna, une fois formée dans son ventre, ressortit adulte et toute armée de sa tête, ouverte par la hache d’Héphaïstos.
  • Thémis, une Titanide : elle enfanta de Zeus les trois Heures[12], et les Moires (ou Parques, chez les Latins). Selon une autre version, Thémis serait l’épouse régulière du Titan Japet avec qui elle aurait eu Prométhée. Elle serait donc bigame dans ce cas, mais une version usuelle indique que l’épouse et mère véritable est l’Océanide Clymène. Thémis avait un don de voyance qui servit plus tard à Zeus à éviter d’engendrer le fils qui l’aurait supplanté ; et à Atlas qui sut qu’un fils de Zeus, Héraclès, viendrait voler les pommes d’or des Hespérides. Elle présida un temps l’Oracle de Delphes.
La naissance des trois Moires[13] reste une interrogation : Hésiode les donne comme les filles du couple royal elles aidèrent Zeus dans son combat contre les Titans — mais sont aussi désignées comme les filles de Nyx, créature divine née du Chaos qui les engendra sans principe mâle. Cette naissance spécifique résout l’ambiguïté de Zeus, dieu des destinées mais obéissant à la volonté du destin dont il ne doit, pas plus qu’aucun autre dieu, changer le terme. Les deux illustres chantres, Homère et Virgile, le peignent toujours comme le simple exécuteur du destin, une balance d’or dans ses mains, accréditant ainsi une force indépendante à laquelle se soumettent les dieux de l’Olympe.
  • Eurynomé, une Océanide : de qui Zeus engendra, les trois Charites (ou Grâces), pour les plus connues. Ces filles n’eurent aucun rôle majeur. Leur parenté, leur nombre et leurs noms diffèrent parfois.
  • Déméter, une Olympienne, sœur de Zeus : déesse d’une grande importance mais dont les relations avec cet époux épisodique sont limitées. On la connaît surtout par ses démêlés pour secourir leur fille Perséphone, victime de toutes sortes d’aventures fâcheuses, fille qu’on fait naître par ailleurs de Styx, une déesse infernale. Déméter, divinité de la « terre fertile », trouva facilement son équivalent dans les traditions étrangères : Cérès chez les Romains et Cybèle chez les Phrygiens, pour les plus connues.
  • Léto, une Titanide : elle donne des jumeaux à Zeus : un garçon, Apollon et une fille Artémis. Leur naissance donna cours à des versions fort différentes. Mais c’est sans doute la plus belle progéniture du maître des dieux. Mais des enfants terribles et qui avaient, entre autres, la particularité d’annoncer la mort aux humains, chacun aux personnes de son sexe : « les douces flèches de la Mort » chantait Homère.
  • Dioné, une déesse « primitive » : amante de Zeus, son rôle semble lié aux oracles. Homère en fait une Océanide, mère d’Amphitrite et d’Aphrodite. La paternité de Zeus concernant Aphrodite est reconnue par l’aède mais déniée par Hésiode qui la fait naître de la semence d’Ouranos répandue sur la mer (elle est alors connue comme la déesse « anadyomène », née de l’écume).
Mais plus sûrement, le nom de Dioné étant une forme féminine de Zeus[14], quelques auteurs penchent pour une « déesse–mère » de tradition évidemment méditerranéenne, un pendant du dieu patriarcal; ou alors pour un avatar de la femme de Zeus, à laquelle Héra aurait été peu à peu assimilée.
  • Maïa, une Pléiade : elle est mentionnée puisque d’essence divine mais elle aurait été plutôt un amour passager de Zeus déjà marié à Héra. Cette dernière, toujours prompte à sanctionner durement les incartades de son époux, n’en eut cependant aucun ombrage et fut même bienveillante à son égard. De l’union naquit Hermès, fidèle factotum de son père et grand amoureux comme lui[15].
  • Thétis, une Néréide, sœur d’Eurynomé : la tentation tourna court puisque Zeus tomba sous le coup d’une des prédictions de Gaïa, qui restera une véritable malédiction familiale: le fils qui naîtrait de cette liaison supplanterait son père. Elle fut mariée par précaution au mortel Pélée.
  • Héra, elle-même sœur de Zeus : elle est donnée comme l’épouse définitive et « officielle » du dieu. Mais il apparaît souvent au détour des récits que les deux époux se fréquentaient de longue date. Ils eurent Arès, Hébé et Ilithye[16] et la tradition n’oublie pas leur fils Héphaïstos qu’Hésiode veut faire naître d’Héra sans principe mâle (capacité normalement réservée aux dieux primitifs, tels Gaïa ou Tartare).
Héra, intransigeante sur les liens du mariage, est le modèle de l’épouse fidèle et protectrice de la femme. Son irascibilité, sa jalousie et sa rancune seront des sujets perpétuels d’ennui pour le maître des dieux qui s’enflamme à la vue de toute nymphe quelque peu désirable ou toute autre belle créature céleste ou terrestre dont la déesse devient invariablement la persécutrice. Les deux sommités olympiennes formeront l’image du couple exemplaire sinon dans la fidélité, du moins dans la stabilité. Leur liaison amoureuse a été largement exaltée par les auteurs grecs depuis leurs fiançailles jusqu’à leur lune de miel[17].
Héra qui a eu un culte distinct de Zeus est montrée dans la mythologie d’un caractère très contrasté. Tantôt victime de la colère vengeresse de son époux: Zeus la pend aux nues par les pieds avec une enclume attachée à chaque poignet pour la châtier de ses vexations à l‘égard de son fils Héraclès, elle peut aussi lui opposer une forte résistance et jusqu’à la traîtrise, puisque, selon un récit, elle n’aurait pas hésité, sans l’intervention de Thétis, à neutraliser son pouvoir. À tel point que l’Iliade lui a attribué l’enfantement de Typhon, considéré généralement comme une créature du Tartare. Si certaines contrées honorèrent son culte : l’Élide, Argos ou Samos, sous un tempérament belliqueux, elle personnifie, plus habituellement, de sa beauté digne et sévère attestée par la statuaire, les principes moraux de la famille: union légitime, fidélité conjugale (du moins en ce qui la concerne), maternité, enfantement et éducation des enfants[18].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Zeus, en reléguant les Titans dans les bas-fonds du Panthéon, des créatures frustes et malfaisantes, débute la grande mythologie olympienne et préfigure la maturité de la culture grecque, car Zeus et ses congénères vont vivre désormais intensément à travers des récits imaginatifs, une littérature de haute volée et un goût artistique prodigieux. Les Titans vaincus tomberont dans l’oubli et resteront à jamais sans culte pour les honorer. Il n’est guère de contrées préhelléniques qui ne fassent référence de près ou de loin à un maître-dieu, d’une stature similaire à celle de Zeus.

Le dieu du ciel[modifier | modifier le code]

Zeus tenant le foudre et un aigle (?), amphore du Peintre de Berlin, 480-470 av. J.-C., musée du Louvre

Zeus Upatos, Upsistos (très-haut, suprême)

Zeus, maître de la destinée, est parfois représenté ou décrit avec une balance où s’estime le sort octroyé à chacun. En dépit de ceux qu’il aimerait favoriser, même si les péripéties peuvent en être modifiées, il ne change pas le destin mais le réalise[19]. Il a reçu, au cours du partage du monde, la sphère céleste, la partie la plus considérable, la plus imposante et la plus mystérieuse aux yeux du genre humain. Le Ciel est un poste privilégié : Zeus observe les actions des hommes, peut intervenir et les corriger. Hésiode écrivait : « L’œil de Zeus voit tout, connaît tout ». Ce domaine inaccessible aux hommes va paradoxalement le rapprocher d’eux. Maître d’en haut, ce dieu commande à toute la machinerie atmosphérique. Il est le maître du temps météorologique : orages, tonnerres, pluies, neige, grêles, foudre[20], bourrasques, trombes, nébulosités… mais aussi les canicules et les sécheresses. Le dieu peut se montrer dans « son mauvais jour » : Zeus Terpichéraunos (qui aime manier la foudre); Zeus Néphélégèrétès (qui accumule les nuages) ; Zeus Maïmaktès (qui souffle la tempête)… Le bien-être de l’humanité dépend de ses volontés, de ses caprices ou de ses colères.

Les montagnes dont le sommet tutoie les nuages et les éclairs vont être le truchement sacré et privilégié entre Zeus et les hommes : l’Olympe principalement (la plus haute : environ 2 900 m), mais aussi le Parnès (en Attique, Zeus Ombrios, le dieu des pluies) ; le Pélion (en Thessalie, Zeus Akraïos, le dieu du sommet) ; le Lykaion (en Arcadie, aujourd’hui : Diaphorti, Zeus Lykaïos)… C’est de ces hauteurs terrestres qu’il descend parfois vers les Hommes et c’est tout naturellement qu’Iris dont l’arc coloré joignait la terre aux cieux fut sa messagère. La vallée de Tempée, creusée par les eaux du Pénée entre l’Olympe et l’Ossa [21] est attribuée au bras puissant de Zeus qui sépara la montagne. Cet événement était fêté pendant les Pélôria (Zeus Pélôrios, tout-puissant) devenue une grande fête de la moisson. La richesse et la fertilité de la terre sont en son pouvoir.

  • Zeus est tout autant le dieu Chthonios, c’est-à-dire le dieu souterrain, car du ventre de la terre sortent les cultures. On constate une fois de plus l’extrême prépondérance de Zeus : Hadès, son frère, qui en est le dieu légitime est souvent supplanté dans ce rôle[22]. Ce frère mal aimé, essentiellement rattaché aux forces obscures des bas-fonds de la terre, autrement dit le monde des morts, sera craint et ne sera jamais populaire.

Pour les moissons : à Athènes, c’est Zeus qu’on célébrait pendant les Bouphonia (sacrifices de bœufs) et les Pandia (fête des plantations) pour s’attirer la faveur de Zeus Épikarpios (dieu qui donne des fruits) et, en automne, on fêtait régulièrement le Zeus Géôrgos (dieu cultivateur). Zeus fut sans doute l’amalgame des multiples divinités de la terre.

Un dieu justicier et protecteur[modifier | modifier le code]

Zeus Pátêr (πατήρ άνδρῶν τε θεῶν τε[23])

Dans Les Travaux et les Jours, Hésiode s’adresse à Zeus afin qu’il replace les lois dans l’équité. Le premier acte du dieu est de neutraliser ses encombrants ancêtres préolympiens, de libérer les innocents suppliciés et de rétablir sa fratrie légitime. Sûr de sa force et de son bon droit, il sera désormais « le père des dieux et des hommes ». Homère avait, à juste titre, fait de Zeus, dans l’Iliade, l’aîné de la famille. Car c’est bien en véritable grand frère qu’il va exercer son autorité. Plus tard, sa nombreuse progéniture, divine ou mortelle, renforcera ce caractère de patriarche de la famille. De par son aspect de dieu-père d’inspiration indo-européenne mais immergé dans une société méditerranéenne où prédominent les déesses-mères, Zeus est, selon Louis Séchan, « pour l’essentiel, la grande divinité des immigrants hellènes ». Homère, en mêlant les dieux aux affaires des hommes, va contribuer puissamment à « humaniser » les divinités et ainsi renforcer les liens entre eux. Hérodote faisait déjà la différence entre la divinité « à forme humaine » des Asiatiques (ανθρωποειδείς) et la divinité « à nature humaine » des Grecs (ανθρωπουφυείς)[24].

Il est le grand protecteur des liens du mariage (Zeus Téléïos, dieu qui accomplit) ; du foyer domestique (Zeus Ktêsios, dieu domestique) ; de la propriété familiale (Zeus Herkéios, dieu de la clôture)[25] ; de la famille ou droit du sang (Zeus Sunaïmos, dieu de la race) ; de la sécurité de la cité (Zeus Polioûkos, dieu qui protège la ville)[26]. Il est le dieu bienveillant des rois — ils sont souvent issus de héros — et le dieu de toutes les royautés car elles émanent du pouvoir divin : sur terre, les souverains sont l’équivalent des dieux et Homère ne craint pas de les qualifier de « dioguénès » et de « diotréphès » (né de Zeus et nourri par Zeus). Il est encore le garant des libertés civiques (Zeus Éleuthérios, dieu libérateur)[27] ; des pactes et des serments (Zeus Orkios, dieu des serments), etc.

Un dieu bienfaiteur et sauveur[modifier | modifier le code]

Zeus Sôtêr

Il n’y a pas d’autres dieux qui soient autant invoqués par les Grecs pour le secours et la sauvegarde. À l’esprit des grands capitaines, pas de décisions importantes sans le consulter. On lui sacrifie après un voyage et on l’invoque avant d’entreprendre : Zeus Alexikakos, qui écarte les maux. De nombreux ports ont un temple dédié à Zeus Sôtêr (dieu salvateur). Les Athéniens célèbrent, le dernier jour de l’année, la fête des Disotéria. On l’invoque pour se faire pardonner en offrant des sacrifices à Zeus Meïlikios[28]. Zeus est surtout un dieu purificateur et cela donne lieu à des fêtes importantes à Athènes : les Diasia (fêtes de Zeus, « dios »). En automne, une période de sacrifices d’ovins à Zeus Phratrios durait de 3 à 4 jours, à Athènes et dans les grandes cités : c’étaient les Apaturies (Apatouria) ou fêtes des phratries. Les sacrifices sont en effet un moyen d’atteindre le dieu et d’obtenir la purification et la réconciliation. Tout criminel ne doit pas être puni avant d’être purifié car il s’est souillé aux yeux de Zeus et porte atteinte aux lois divines et non plus aux lois des hommes qui ne réclament que vengeance[29].

Zeus est par nécessité un dieu qui délivre des présages et il se montre attentif aux suppliques (Zeus Hikésios, dieu des suppliants) et, selon Hésiode, le recours suprême des opprimés[30]. Zeus communique ses intentions par des moyens variés : ornithomancie (vol des oiseaux), oniromancie, bruits (les klèdonès), extase, tirage au sort (les Klèroï ; latin : sortes), et nombre de manifestations atmosphériques. Trois principaux sanctuaires lui furent consacrés pour entendre ses oracles.

Dieux similaires[modifier | modifier le code]

Les dieux Indra chez les hindous, Jupiter dans la mythologie romaine, Odin et Thor chez les Scandinaves, Teutatès chez les Gaulois occupent une place similaire. Ils ont également des traits communs ; notamment, ils portent le foudre, faisceau de dards de feu en zigzags terminés par une flèche.

Les sanctuaires[modifier | modifier le code]

Ruines du temple de Zeus Dodonaios à Dodone
Jupiter-dodonéen
  • Le site de Dodone : en Thesprôtie[31], au pied du mont Taumaros, le plus ancien puisqu’il remonterait aux Pélasges[32] et le plus mythique car il est mentionné par Sophocle et consulté chez Homère dans ses deux récits. Des prêtresses rendaient des oracles par « dendromancie » : écoute des rumeurs du feuillage d’un chêne sacré ou de plusieurs, amplifié parfois par des chaudrons d’airain résonnants[33]. Il est probable qu’il y eut plusieurs modes divinatoires comme l’extase ou le vol de colombes sacrées, et que d’autres bruits furent consultés. À la même époque ou sans doute plus ancienne, il y eut une sorte de prophètes, les « Selles[34] », qui vivaient à même le sol comme des mendiants. On a voulu y voir l’origine tellurique de la mantique dodonéenne[35]. Le sanctuaire était primitivement consacré à Dioné[36], déesse rattachée à Naïos, avatar certain de Zeus. Des fêtes, appelées Naïa, composées de concours gymniques et artistiques (musique et théâtre), étaient données dans la vallée.
  • Le site de Delphes, où officie « l’Apollon de Delphes », prophète de son père Zeus. Site sauvage de Phocide, au fond d’une gorge entre le mont Cirphis et le Parnasse d’où sourdent les eaux de la Fontaine de Castalie, et éclairé par les Phaedriades, roches claires qui reflètent le soleil. Les oracles étaient rendus[37] au tout début du printemps[38] par une prêtresse inspirée au cours de transes, la Pythie, qui se prononçait hissée sur un trépied. Il est toujours demeuré le plus prestigieux sanctuaire grec et l’amphictyonie rassemblait dans la meilleure entente Doriens, Ioniens, Athéniens, Spartiates, Corinthiens et Thébains.
Jupiter-Ammon, aux cornes de bélier
Jupiter foudroyant
  • L’Oracle de Libye
Hérodote a décrit le lieu où s’élevait un sanctuaire dédié au dieu Amon (pour les Égyptiens) ou Zeus Ammon (pour les Grecs) et coulaient des sources dont la Fontaine du Soleil qui servait aux lustrations. On y entretenait grâce à la fraîcheur des lieux « un printemps perpétuel ». Les oracles y étaient rendus par des prêtres qui devaient interpréter les signes envoyés par le dieu.
Pindare, le plus grand poète lyrique grec qui a beaucoup célébré Apollon, a toujours placé Zeus au-dessus de tous les autres. Le poète mystique thébain écartait tous les récits qui ne donnaient pas une idée assez digne de la puissance divine, et ses conceptions religieuses d’une haute valeur morale ont été bien plus élevées que celles d’Homère. Sa vénération pour le maître des dieux était si grande que son dieu tout-puissant semble « se rapprocher du dieu suprême d'une religion monothéiste[39] ». Pindare, respectueux des divinités les plus anciennes vouait un culte particulier au Zeus-Ammon libyen. Il lui avait, dit-on, non seulement consacré des hymnes mais aussi érigé une chapelle.
Les auteurs anciens (Plutarque, Diodore de Sicile, Strabon, Macrobe, etc.) se rejoignent sur le culte de Jupiter entretenu à Thèbes (dite aussi Diospolis-Magna) et coïncidant avec celui d’Amon qui est à l’origine le dieu roi en Égypte. Ce Jupiter (Zeus Kératophoros) est représenté avec le front armé des cornes d’un bélier (rarement avec la tête entière), autre animal mythique égyptien qui représente la force génératrice de la Nature[40]. Le bélier était le premier des douze signes célestes, système où Jupiter représentait pour l’Oracle de Claros, le Soleil du printemps.
L’Oracle de Libye eut une réputation qui s’étendit bien au-delà de la contrée. Il avait eu la faveur des Lacédémoniens qui lui avaient fait élever un temple « dans les sables » de Libye, aujourd’hui l’oasis de Siwa, à quelque 250 km de la côte libyenne qui fait face à la Crète. Le culte de Jupiter-Ammon, que les Éléens honoraient déjà dans la plus haute Antiquité, selon Pausanias (livre sur la Laconie), se rencontrait également en Éthiopie et s’était, à partir de là, établi jusqu’en Crète qui fut la terre d’introduction en Grèce de ce dieu libyen qui y renaîtra en un Jupiter foudroyant. Son culte gagnera la Laconie, l’Arcadie et l’Élide. Le culte de Jupiter-Ammon a ainsi été commun aux trois pays du nord-est africain. Selon Diodore de Sicile et Eusthate, une procession avec la statue d’Ammon enchâssée à la tête d’un cortège des images des autres dieux, partait chaque année de Diospolis, en Haute-Égypte, pénétrait en Éthiopie, puis en Libye, et revenait après un périple de douze jours[41]. L’Ammon crétois et le Zeus grec furent peu à peu confondus en une même déité.

Une mythologie unifiée[modifier | modifier le code]

L'importance de Zeus dans tous les domaines deviendra si constante qu’elle s'érigera au-dessus de tous les autres cultes. Eschyle écrivait : « Zeus est l’éther, Zeus est la terre, Zeus est le ciel, oui, Zeus est tout ce qu’il y a au-dessus de tout. » Si certaines divinités furent adorées plus particulièrement dans certaines régions, Zeus est toujours demeuré le dieu universel honoré partout. Il fut véritablement le trait d’union panhellénique. Les épithètes (ou « épiclèses ») que reçut ce dieu paternel sont innombrables. Beaucoup de dieux de l’Olympe dans l’entourage de Zeus sont des personnifications de notions morales : justice, sagesse, beauté, destin, vengeance, etc., ou les instruments de lois divines : les trinités (Moires, Érinyes, Gorgones, etc. ; M. Grant rappelait que des philosophes tels Xénophane (VIe siècle) ou le pieux Socrate — qui fut pourtant condamné à mort pour impiété — se sont indignés de certains récits qui faisaient des dieux des personnages caricaturaux, sans morale et sans mœurs.

« Ce qui unit tous les Grecs, même sang et même langue, sanctuaires et sacrifices communs, semblables mœurs et coutumes, cela, les Athéniens ne sauraient le trahir... » Telle fut la réponse des Athéniens à l’inquiétude de leurs alliés spartiates, la veille de la bataille de Platées, en 479 av. J.-C[42].

Amours[modifier | modifier le code]

Zeus est célèbre pour ses innombrables aventures avec des mortel(le)s, des déesses et des nymphes : Danaé, Alcmène, Sémélé, Léto, Europe, Ganymède, etc. Il est le père de nombreux dieux : Arès, Athéna, Dionysos, Hermès, Apollon, Aphrodite et Artémis ; de nombreux héros : Héraclès, Persée, Castor et Pollux, etc.

Ces nombreuses infidélités de Zeus à sa troisième femme, Héra, — après Métis et Thémis —, sont la cause de fréquentes disputes entre les divins époux. De plus, la déesse se montrant d'un caractère très vindicatif, elle poursuivait souvent de sa vengeance les maîtresses (Io, Léto, etc.) ou même les enfants (Héraclès) de son mari.

Io et Zeus, par Le Corrège
Avatar Femme/Maîtresse
Amant
Enfants(s)
Apparence d'Amphitryon Alcmène Héraclès
Ananké Les Moires
Satyre Antiope Amphion, Zéthos
Astéria
Calliope Les Corybantes
Apparence d'Artémis Callisto Arcas
Calycé Éthlios, Endymion
Carmé Britomartis
Pluie d'or Danaé Persée
Déméter ou Styx Coré, aussi appelée Perséphone
Cheval Dia Pirithoos
Dino Orséis, Cyllène (?), les naïades (?), Scamandre (?)
Dioné ou Thalassa (?) Aphrodite
Dorippé ou Pyrrha Hellen
Aigle Égine Éaque
Élara Tityos
Électre Dardanos, Émathion, Iasion, Harmonie
Thyia (?) Magnès[43]
Éos Hersé (homonymie)[Laquelle ?]
Éris (?) Até, Tyché et les Lites
Eunomie, Héra, Aphrodite ou Eurynomé Hégémone
Taureau blanc Europe Minos, Rhadamanthe, Sarpédon
Fourmi[44] Euryméduse Myrmidon
Eurynomé Les Charites
Gaïa Tityos, Manès
Aigle Ganymède
Héphaistos Héra Ilithyie, Hébé, Héphaistos, Arès, Ényo (?) et Éris (?)
Himalia Cronios, Spartaios, Cytos
Hybris, Thymbris ou Callisto Pan
Nuage Io Épaphos
Iodamé Thébé
Lamia
Laodamie Sarpédon
Cygne Léda ou Némésis Castor et Pollux, Clytemnestre (?), Hélène
Léto Apollon, Artémis
Maïa Hermès
Méra Locre
Métis Athéna
Mnémosyne Les Muses : Calliope, Clio, Erato, Euterpe, Melpomène, Polymnie, Terpsichore, Thalie, Uranie
Niobé Argos, Pélasgos
Olympias Alexandre le Grand
Pandore Latinus
Serpent Perséphone Zagrée
Plouto Tantale
Podarge Xanthe et Balios
Protogénie Éthlios, Étolos
Séléné Hersé, Pandia, le lion de Némée (?)
Sémélé Dionysos
Taygète Lacédémon
Thalie ou Arémosyne (?) Les jumeaux Paliques
Thémis Les Heures, les Moires, Astrée, Némésis
Thémisto Ister

Épithètes homériques, attributs et sanctuaires[modifier | modifier le code]

  • Épithètes homériques :
    • Zeus Père (Ζεὺς πατήρ / Zeùs patếr),
    • assembleur de nuées (νεφεληγερέτα / nephelêgeréta),
    • (terrible) Cronide ((αἰνός) Κρονίδης / (ainόs) Kronidês),
    • à la voix puissante (εὐρύοπα / eurýopa),
    • père des dieux et des hommes (πατὴρ ἀνδρῶν τε θεῶν τε / patềr andrôn te theôn te),
    • à la nuée noire (κελαινεφής / kelainephếs),
    • repousseur de mal (ἀλεξίκακος / alexíkakos),
    • maître de l'Ida (Ἴδηθεν μεδέων / Ídêthen medéôn),
    • sauveur (σωτήρ / sôtếr),
    • protecteur des assemblées (ἀγοραῖος / agoraîos),
    • protecteur des hôtes et garants des règles de l'hospitalité (ξένιος / xénios),
    • protecteur de la maison ( / herkios),
    • gardien des propriétés ( / kleisos),
    • protecteur du mariage ( / gamelios),
  • Ses attributs : le foudre[45], faisceau de dards de feu en zigzags terminés par une flèche ; l'égide.
  • Ses végétaux favoris : le chêne
  • Ses animaux favoris : l'aigle
  • Sanctuaires : Le sanctuaire d'Élide ; l'oracle de Dodone et sa forêt de chênes en Épire ; le temple de Zeus à Olympie (contient la statue chryséléphantine de Phidias, une des sept merveilles du monde).

Il règne sur le Ciel et a pour symboles l'aigle et le trait de foudre[46].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • George W. Cox, Les dieux antiques, 1880 [trad. S. Mallarmé]
  • Collectif: Revue historique de 1904
  • William Sherwood Fox, Greek and Roman Mythology, 1916
  • Michael Grant & John Hazel, Who’s who in classical mythology, 1973
  • Paul Decharme, Mythologie de la Grèce antique, 1886
  • Louis Séchan, Mythologie et Religion, 1959
  • Anatole Bailly, Dictionnaire Grec-Français, Hachette, 1894-2000

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Arthur Bernard Cook, Zeus: a Study in Ancient Religion, 3 vol., Cambridge University Press, 1914-1940.
  • (en) Ken Dowden, Zeus, Routledge, New York, 2005 (ISBN 978-0-415-30503-7).
  • (en) Karl Kerényi, Zeus and Hera: Archetypal Image of Father, Husband and Wife, Princeton University Press, Princeton et Londres, 1975.
  • (en) Hugh Lloyd-Jones, The Justice of Zeus, University of California Press, Sather Classical Lectures vol. 41, Berkeley (Californie), Los Angeles et Londres, 1971.
  • Timothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Belin,‎ 2004 [détail de l’édition].
  • (en) Olga A. Zolotnikova, Zeus in Early Greek Mythology and Religion : From prehistoric times to the Early Archaic period, Oxford, Archaeopress, coll. « British Archaeological Reports International Series » (no 2492),‎ 2013 (ISBN 9781407311067, présentation en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4) à l'article Ζεύς.
  2. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], 468.
  3. aujourd'hui mont Psiloriti, en Crète ; selon une autre version, le mont Dikté, aujourd’hui Lasthi.
  4. Jeunes dieux crétois mineurs. Du grec kouroï, « jeunes hommes ». Selon Hésiode, ils étaient les enfants des cinq filles d’Hécatéros et ils finiront foudroyés par Zeus lui-même. Voir l’enlèvement d’Épaphos.
  5. Et même la fameuse pierre qui le sauva et qui fut placée en souvenir au sanctuaire de Delphes. Parfois assimilée à l’« omphalos », une pierre sacrée qui marque en cet endroit le centre de la Terre.
  6. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], XIV, 294
  7. Du grec : hékaton- kheïres (mot à mot : « aux cent mains »). Ils auraient aussi cinquante têtes.
  8. Toute cette parenté de monstres sont parfois nommés les Ouranides.
  9. Identifiée à la région de Palléné, en Thrace.
  10. Mots repris du titre d’une tragédie d’Eschyle, que l’on suppose la seconde partie d’une trilogie, dont l’existence n’a d’ailleurs jamais été formellement établie.
  11. Hérodote (III, 5) ; Apollodore (I, 6, 3) ; Nonnos (poète des Dionysiaques), etc.
  12. Ou les Saisons : il s’agit, en effet, des trois saisons : printemps, été, hiver.
  13. Ou les « Destinées » : Clôtho qui dévide le fil de la vie ; Lakhésis qui le mesure; Atropos qui le coupe.
  14. voir Dodone, au paragraphe des sanctuaires.
  15. On retrouve Maia chez les Italiques qui donnèrent son nom au mois printanier : « maius », mai.
  16. Seul Hésiode fait de cette dernière un enfant du couple car Ilithye apparaît chez Homère comme une divinité multiple.
  17. Homère et Hésiode, bien sûr, mais aussi Euripide, Pausanias, etc.
  18. toutefois elle apparut une fois adepte de l’eugénisme lors de la naissance de son trop laid et difforme Héphaïstos qu’elle rejeta sans pitié.
  19. Fatalisme illustré par le châtiment infligé à Asclépios qui osa ressusciter un mort.
  20. son attribut le plus fréquent : le trait ou les carreaux de foudre, ou l’aigle porte-foudre. Zeus Kéraunios, qui lance la foudre.
  21. en Thessalie; appelée la vallée délicieuse par la douceur et la fraîcheur de son climat (Hérodote,7,173).
  22. Zeus occultera également celui-là même de Dionysos, comme dans le temple de Mégalopolis (Zeus Philios).
  23. C'est-à-dire « père des dieux et des hommes ».
  24. Cité dans la Revue des deux mondes de 1898, p. 60.
  25. L’autel du dieu se plaçait dans la cour de la maison ; l’équivalent des Pénates romains.
  26. Zeus va se substituer à l’ancien culte d’Athéna Poliade, protectrice de la ville d’Athènes.
  27. La fête des Éleuthéria fut instituée pour le remercier après la victoire de Platées. On célébrait alors des jeux commémoratifs (jeux pentétérides, tous les 5 ans).
  28. Mot à mot : « doux comme le miel » et, par extension, de bonne disposition, prêt à pardonner ou à accueillir les sacrifices. Il est honoré sous cette épithète à Athènes et à Sycione qui organisait les Jeux pythiens.
  29. Ainsi le sanguinaire Thésée et les Danaïdes assassines furent d’abord purifiés.
  30. Voir ainsi sa pitié envers Ixion, Apollon, Prométhée, Sarpédon, Hermès, Ariane, etc.
  31. Région sud-ouest de l’Épire (aujourd’hui vallée proche de Ioannina).
  32. Hérodote, II, 50.
  33. Ce culte du chêne, arbre sacré (et nourrissant) était présent un peu partout, tel celui latin de Jupiter Fagutalis.
  34. « Σελλοί » ou « Έλλοί ». Georg Friedrich Creuzer (Religions de l'Antiquité..., 1835) écrit que ce nom de « Helles » « selon toute apparence est la tige primitive des “Hellènes” ».
  35. On pense que leurs prédictions émanaient de l’oniromancie, par « incubition » (latin incumbere, se coucher).
  36. Par étymologie, on a rapproché ce féminin de l’adjectif « dios, diou, dion ; divin, de Zeus ».
  37. Mais ensuite nécessairement interprétés par la cohorte des prêtres.
  38. Au mois delphien de busion (environ mars), qui correspondait au mois attique élaphébolion.
  39. Jacqueline Duchemin, université Paris-X, in EU 2008.
  40. Alexandre, les rois de Syrie et de Cyrénaïque sont parfois représentés sur les monnaies, en tant que rois de Libye, avec des cornes.
  41. Dupuis, Les origines de tous les cultes, 1835.
  42. Hérodote (VIII, 144), cité par Pierre Sineux, auteur de Qu’est-ce qu’un dieu grec ? (Klincksieck, 2006).
  43. Catalogue des femmes [détail des éditions], fr. 7 MW.
  44. Clément d'Alexandrie, Exhortation aux Grecs (Protreptique) [lire en ligne], 39.
  45. L'usage veut que l'attribut de Zeus soit du genre grammatical masculin, comme dans la langue poétique ou vieillie (Trésor informatisé de la langue française
  46. Le foudre est représenté le plus souvent par un faisceau de carreaux (traits d'arbalète) enflammés.