Havelock Ellis

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Havelock Ellis.

Henry Havelock Ellis (né le 2 février 1859, mort le 8 juillet 1939) était un médecin et psychologue britannique. Il est avec Albert Moll et Richard von Krafft-Ebing l'un des fondateurs de la sexologie. Ayant lui-même souffert de la morale victorienne, il avait décidé à 16 ans de dédier sa vie à l'étude de la sexualité. Il a entretenu une correspondance amicale avec Sigmund Freud qui lui a d'ailleurs emprunté le terme d'auto-érotisme.

Il est l'auteur d'un ouvrage monumental en huit volumes : Études de psychologie sexuelle qui a provoqué de grands débats très vifs dans toute l'Europe et aux États-Unis et d'un livre d'une sonorité toute particulière sur l'inconscient et le subconscient intitulé Le Monde des Rêves, édité dans les années vingt par le Mercure de France. La première édition est parue aux États-Unis à cause des tracasseries infligées par les lois anglaises. Notons que même aux États-Unis, l'ouvrage était censé n'être vendu qu'aux seul médecins, règles que nombres de lecteurs s'empressèrent de contourner. Ses écrits avaient été considérés comme obscènes en Grande-Bretagne mais, outre-Atlantique, ils arrivèrent à point nommé pour lutter contre le puritanisme ambiant qui était de plus en plus remis en question, notamment par des médecins, des psychologues, des intellectuels et des féministes. À l'instar de Freud qu'il cite abondamment, Ellis avait pris la mesure du rôle de la sexualité dans l'hystérie[1].

Il fut membre de la Fellowship of the New Life.

Éducation, début de carrière[modifier | modifier le code]

Ellis, fils d'Edward Peppen Ellis et de Susannah Mary Wheatley, est né à Croydon, une petite ville au sud de Londres. Il a quatre sœurs, aucune d'entre elles ne se mariera. Son père était un navigateur et sa mère, elle-même fille d'un capitaine, possède de nombreuses relations dans le milieu maritime. A sept ans, son père l'emmène avec lui lors d'un périple durant lequel ils visiteront Sydney, Callao et Anvers. À son retour, Ellis suit des cours dans un collège franco-allemand près de Wimbledon puis à Mitcham.

En avril 1875, Ellis suit à nouveau son père jusqu'en Australie. Peu après son arrivée à Sydney, il obtient une place de professeur dans une école privée. Il se découvre des lacunes en termes de pédagogie et choisit de devenir précepteur pour le compte d'une famille qui vit à quelques kilomètres de Carcoar. Il passe un an là-bas, lit énormément, puis obtient finalement un poste d'enseignant dans une école à Grafton. Le directeur meurt subitement et laisse Ellis à la tête de l'établissement, mais celui-ci est trop jeune et bien trop inexpérimenté pour mener à bien sa mission. À la fin de l'année, il choisit alors de retourner en Australie et, après trois mois où il tente de se perfectionner, Ellis enseigne à mi-temps dans deux écoles : l'une à Sparkes Creek, et l'autre à Junction Creek. Il habite l'école de Sparkes Creeks durant un an, et considère cette expérience comme la plus vivifiante qu'il ait connue.

Mariage[modifier | modifier le code]

En novembre 1891, à l'âge de 32 ans, et toujours vierge, Ellis se marie à une écrivaine anglaise qui milite pour les droits des femmes, Edith Lees. Dès le début, leur mariage tranche avec les normes puisque Edith se proclame ouvertement lesbienne. À la fin de leur lune de miel, celle-ci retourne chez elle à Paddington. Ce « mariage libre » sera le thème central de l'autobiographie d'Ellis, Ma vie. Dans ce livre, Ellis écrit que ses amis se moquaient souvent de sa foi absolue dans sa capacité à donner du plaisir à une femme. Certains racontaient pourtant qu'il était impuissant jusqu'à l'âge de soixante ans. Il se serait ensuite découvert être capable d'avoir une érection en regardant une femme uriner. Ellis appellera cela ondinisme mais, aujourd'hui, ce phénomène est surtout connu sous le nom d'urophilie.

Eugénisme[modifier | modifier le code]

Havelock Ellis devint le vice-président de la Société eugéniste. « Havelock Ellis a mené combat pour l’Eugénisme, pour la sélection en matière de procréation, non pas dans un sens étroit et réglementé, mais comme une conséquence de l’éducation personnelle. Il a enfin opposé avec véhémence la nature à l’artificiel ou plutôt au compliqué de la civilisation, c’est-à-dire qu’il a proclamé la supériorité de l’état de nature sur l’état de civilisation en tant qu’hostile à la nature. »[2][réf. insuffisante].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nathan Hale : Freud et les américains : L'Implantation de la psychanalyse aux États-Unis, Éd.: Les Empêcheurs de penser en rond, 2002, ISBN 2-84671-023-6
  2. E. Armand, Les soixante-dix ans de Havelock Ellis, La Revue Anarchiste n°1 (décembre 1929)