Chimpanzé

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Pan

Les chimpanzés[1] (Pan) forment un genre de grands singes apparentés à l'humain, membres de la famille des Hominidés et de l'ordre des primates. Ce genre comprend deux espèces actuelles, ayant 99,6 % de patrimoine génétique commun[2] : le Chimpanzé commun (Pan troglodytes) et le Bonobo ou Chimpanzé nain (Pan paniscus).

Ces anthropoïdes d'Afrique équatoriale sont les animaux les plus proches de l'humain physiquement et génétiquement. La répartition géographique du chimpanzé commun s'étend de la Sierra Leone et de la Guinée aux lacs Tanganyika et Victoria. Reconnu tardivement comme espèce à part entière, le bonobo ne se trouve que dans le bassin oriental du fleuve Congo, en République démocratique du Congo.

Les deux espèces présentent des traits physiques, affectifs, mentaux, de même que des comportements relationnels et sociaux, voire moraux et spirituels, particulièrement remarquables pour l'être humain dans leur similitude ou parfois leur différence. Pour cette raison, elles sont des sujets privilégiés d'étude scientifique avec en arrière-plan l'énigme de la nature humaine et son histoire évolutive.

Le terme chimpanzé vient d'une langue congolaise, le kikongo[3], et signifie faux-homme[4],[5].

Le chimpanzé et surtout le bonobo sont gravement menacés d'extinction du fait essentiellement de l'activité humaine : destruction de leur habitat, chasse, guerre.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition géographique du genre Pan :
  •      Pan troglodytes verus (chimpanzé commun)
  •      Pan troglodytes ellioti (chimpanzé commun)
  •      Pan troglodytes troglodytes (chimpanzé commun)
  •      Pan troglodytes schweinfurthii (chimpanzé commun)
  •      Pan paniscus (bonobo)

On rencontre les chimpanzés dans 21 pays africains[6].

Phylogénie et évolution[modifier | modifier le code]

La classification phylogénétique permet aujourd'hui de positionner de façon très précise le genre Pan au sein des huit genres non-éteints de singes qui forment la super-famille des Hominoïdes :

Chronologiquement, la séparation des différents genres de Singes, dont le genre Pan, s'est faite par des successions d'embranchements binaires (bifurcations), le dernier en date pour les Hominoïdés ("Grands Singes") ayant été la bifurcation des Homininés en Hominines et Panines (par fusion des deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun aux humains, aux chimpanzés et aux bonobos en la paire de chromosomes {2} du genre Homo qui a par suite 46 chromosomes, le genre Pan ayant conservé les deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun et donc 48 chromosomes), il y a moins de 6,3 millions d'années selon des travaux récents menés sous la direction de David Reich de la Harvard Medical School à Boston et publiés dans la revue Nature en 2006[7].

Toutefois, ces travaux indiquent également que cette séparation ne semble pas avoir été brutale mais au contraire progressive, car la comparaison des chromosomes X de l'Homo sapiens et du chimpanzé montre des similitudes qui semblent refléter une longue "ré-hybridation" entre des Hominines et des Panines ; par suite, bien qu'un métissage entre l'Homo sapiens et le chimpanzé actuels soit difficilement possible, un métissage significatif entre au moins une espèce de chimpanzé d'une part, des espèces d'australopithèques et probablement des espèces d'Hommes (Homo habilis) d'autre part, conduisant à des échanges de gènes entre les deux tribus (98,7 % des gènes sont communs entre les hommes modernes et les chimpanzés/bonodos modernes[2]), a dû exister pendant peut-être quatre millions d'années selon les auteurs[7]. Ce métissage sporadique entre chimpanzés, australopithèques et humains se serait interrompu il y a deux millions d'années, coïncidant avec les premières migrations de Homo habilis hors du domaine naturel des chimpanzés. Actuellement, la comparaison génétique de l'homme et du chimpanzé montre des chromosomes sexuels X, et Y très voisins, treize autres paires de chromosomes {3, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 14, 16, 19, 20, 21, 22} qui semblent quasiment identiques entre les deux espèces, ainsi que six paires qui sont restées proches car les changements intervenus (insertions {1}, inversions {4, 5, 17} et délétions {13, 18}) sont relativement simples et facilement identifiables ; à l'opposé, deux paires de chromosomes {9, 15} ont été plus profondément différenciées à la suite de mutations complexes probablement échelonnées dans le temps au sein des tribus Hominines et/ou Panines.[réf. souhaitée]

Deux espèces sont reconnues, le chimpanzé commun comptant quatre sous-espèces[8] :

Comparaison génétique entre humains et chimpanzés[modifier | modifier le code]

La comparaison génétique entre humains et chimpanzés permet de démontrer l'étroite parenté entre l'espèce humaine moderne actuelle et l'espèce la plus proche : les chimpanzés.

Au niveau chromosomique[modifier | modifier le code]

La séparation de la lignée humaine d'avec les autres genres de singes se serait faite progressivement, la dernière en date ayant été celle d'avec le genre Pan (bifurcation des Homininés en Hominines et Panines, par fusion des deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun aux humains, aux chimpanzés et aux bonobos en la paire de chromosomes {2} du genre Homo qui a par suite 46 chromosomes, le genre Pan ayant conservé les deux paires de chromosomes {2p, 2q} de l'ancêtre commun et donc 48 chromosomes), il y a moins de 6,3 millions d'années selon des travaux récents menés sous la direction de David Reich de la Harvard Medical School à Boston et publiés dans la revue Nature en mai 2006. Toutefois, ces travaux indiquent également que cette séparation ne semble pas avoir été brutale, car la comparaison des chromosomes X de l'homme moderne et du chimpanzé moderne montre des similitudes qui semblent refléter une longue "ré-hybridation" entre le genre Homo et le genre Pan ; par suite, bien qu'un métissage entre l'homme moderne et le chimpanzé moderne soit impossible (en plus des chromosomes sexuels {X, Y} qui sont très voisins, il subsiste 13 autres paires de chromosomes {3, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 14, 16, 19, 20, 21, 22} qui semblent pratiquement identiques entre les deux espèces, ainsi que 6 paires qui sont restées proches à la suite d'insertions {1}, d'inversions {4, 5, 17} et de délétions {13, 18} relativement simples et facilement identifiables, mais deux paires de chromosomes {9, 15} ont été plus profondément différenciées à la suite de mutations complexes probablement échelonnées dans le temps au sein des genres Homo et/ou Pan), un métissage significatif entre au moins une espèce de chimpanzé et des espèces d'australopithèques et probablement des espèces d'hominidés, conduisant à des échanges de gènes entre les deux genres (98,8 % des gènes sont communs entre les hommes modernes et les chimpanzés modernes), a dû exister pendant peut-être 4 millions d'années, durant (?)[réf. nécessaire]

Les chimpanzés et l'homme[modifier | modifier le code]

Le premier chimpanzé arrivé en Europe est celui de la ménagerie du duc d'Orange. Il mourut en 1641 et fut disséqué.

Au cours des siècles suivants, de nombreux animaux sont capturés pour être rapportés en Occident. Doué d'une mimique extrêmement expressive, le chimpanzé est en effet une source de distraction dans les cirques et les jardins zoologiques. Les spectacles les plus appréciés font alors apparaître des animaux dressés et accoutrés dans des vêtements humains jouant des scènes quotidiennes. L'intelligence du chimpanzé le rend en effet capable de maîtriser des tours complexes. Par la suite, on verra plusieurs individus chimpanzés au cinéma, le plus célèbre étant sans doute Cheeta, un chimpanzé qu'on a pu voir régulièrement à l'affiche des films de Tarzan.

Les chimpanzés ont aussi contribué à l'aventure scientifique et technologique du XXe siècle. En 1961, envoyé à bord d'une capsule spatiale américaine en orbite autour de la Terre, le chimpanzé Ham précède de quelques mois le cosmonaute soviétique Youri Gagarine dans l'espace. De par sa proximité génétique avec l'humain, le chimpanzé a aussi souvent été utilisé comme modèle animal dans les domaines médicaux et scientifiques. La prise de conscience publique et l'évolution des pratiques en laboratoires ont toutefois largement réduit son utilisation à des fins d'expérimentation animale. Au XXIe siècle, le chimpanzé reste un animal de prédilection pour la psychologie comparée car en étudiant ses capacités cognitives en lien avec celles des êtres humains, on peut mieux comprendre la spécificité et l'évolution de l'esprit humain[9].

En 1960, Jane Goodall commence son étude sur les chimpanzés en Tanzanie. Cette étude deviendra bientôt le plus long suivi de chimpanzés jamais réalisé et fera l'objet d'une étude en primatologie qui permettra de redéfinir les rapports entre humains et animaux. L’une des plus grandes découvertes a été la mise en exergue de la capacité de fabrication et d’utilisation d'outils par les chimpanzés. Elle allait modifier la limite homme-animal et forcer la science à repenser la définition du propre de l'Homme.

Jane Goodall donna une autre dimension à ses recherches en attribuant des noms aux individus qu'elle suivait plutôt que des numéros, elle mit également en valeur les relations durables qui étaient établies au sein d'une même famille. Elle insista sur le fait que les chimpanzés ont une personnalité, et ressentent des émotions. Jane Goodall fut aussi l'une des premières personnalités à s'engager dans la protection des espèces chimpanzés en créant l'Institut Jane Goodall, qui dispose d'un bureau à Paris depuis maintenant plus de dix ans.

Les populations de chimpanzés ont été divisées par un facteur 10 au cours du XXe siècle[6]. Aujourd'hui, classés comme des espèces en danger par la CITES, le chimpanzé commun et, surtout, le chimpanzé nain vivant en milieu naturel sont sous le coup de diverses menaces dont les principales sont la destruction de leur écosystème et le braconnage pour la viande de brousse et la capture (qui passe souvent par la mise à mort des adultes pour récupérer les petits destinés à être revendus comme animaux de compagnie).

Chimpanzé et fiction[modifier | modifier le code]

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Distribution de nourriture aux chimpanzés du Limbe Wildlife Centre au Cameroun.

Il est très convoité pour son pelage et pour son nez. Certains[Qui ?] croient qu'il peut guérir des maladies[Lesquelles ?]. Comme les autres genres de primates anthropoïdes, les chimpanzés sont menacés par le développement des activités humaines (déforestation, trafic, consommation) et par des maladies comme la fièvre d'Ebola.

Partout en Afrique les populations sont en régression :
La population totale initiale de chimpanzés se montait à plusieurs millions d'individus. Elle est passée de 2 millions au début du XXe siècle à 1 million en 1960 pour tomber à 300 000 dans les années 1980, et moins de 150 000 dans les années 2000. 90 % de la population des chimpanzé a disparu au cours des 50 dernières années[10].

Les estimations actuelles[Quand ?] sont les suivantes :

Autrefois présents dans vingt-cinq pays d'Afrique, ces singes ont disparu de quatre d'entre eux (Gambie, Burkina Faso, Bénin, Togo) et sont en danger partout ailleurs. La déforestation les condamne à survivre dans des îlots isolés. De plus, la chasse devient massive car cette viande de brousse est très prisée des citadins.

Fondé en 1977, en Californie, par le Dr Goodall, l’Institut Jane Goodall inscrit son action dans une démarche globale de protection de la biodiversité, d’aide à la gestion durable et équitable des ressources naturelles, et d’éducation des plus jeunes.

Depuis l’Institut Jane Goodall protège les chimpanzés sauvages, gère des réserves naturelles et a créé des refuges en Afrique pour protéger nos plus proches cousins. Ces refuges accueillent majoritairement des orphelins dont les mères ont été victimes de la chasse. Sans les refuges de l'Institut, ils seraient condamnés.

Pour préserver la faune et lutter contre les menaces (trafics, chasse, déforestation, épidémies) qui pèsent sur l’avenir des grands singes, l’Institut développe, depuis sa création, des programmes innovants : Roots & Shoots pour l’éducation des plus jeunes (il encourage les jeunes à s'impliquer dans des projets visant à prendre davantage soin des animaux, de l'environnement et de la communauté humaine), Tacare pour aider au développement durable des populations et lutter contre les maladies, ChimpanZoo pour étudier et améliorer les conditions de vie des chimpanzés en captivité.

L'Institut Jane Goodall France a été créé en 2004.

Depuis 2001, les chimpanzés font l'objet d'un programme de protection (Grasp : (en) Great Apes Survival Project) dans le cadre du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier,‎ 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne), entrée N°4889
  2. a et b Chloé Durand-Parenti, « Les secrets de l'ADN du bonobo dévoilés », Le Point,‎ 18 juin 2012 (lire en ligne)
  3. (en) « chimpanzee », sur oxforddictionaries.com
  4. Nathalie Schwarz-Revol, Le Requiem des primates, Publibook, 2011, p. 57
  5. Définitions lexicographiques et étymologiques de « chimpanzé » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  6. a et b (en) « State of the Wild Chimpanzee », sur janegoodall.org
  7. a et b (en) Nick Patterson, Daniel J. Richter, Sante Gnerre, Eric S. Lander et David Reich, « Genetic evidence for complex speciation of humans and chimpanzees », Nature, vol. 441, no 7097,‎ 29 juin 2006, p. 1103-1108
  8. Mammal Species of the World
  9. Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé : essai sur l'être humain, la morale et l'art, Paris, Belin,‎ 2009 (ISBN 978-2-7011-4698-0)
  10. Rebecca Kormos, Chimpanzés d'Afrique de l'Ouest : État de conservation de l'espèce et plan d'action, UICN,‎ 2004, 237 p.