Transphobie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Militante Transsexuelle à une manifestation contre la transphobie à Paris en France, 1er octobre 2005

Sur les autres projets Wikimedia :

Manifestation contre la transphobie à Paris en France, 1er octobre 2005
Dr. Camille Cabral, une activiste des Transgenres à une manifestation contre la transphobie à Paris en France, 1er octobre 2005
Des activistes des Transgenres à la Gay Pride à Paris en France, juin 2005

La transphobie est l'aversion envers le transsexualisme ou la transidentité et envers les personnes transsexuelles ou transgenres relativement à leur identité sexuelle.

La transphobie peut se manifester sous forme de violences physiques (agressions, crime de haine, viols, ou meurtres), ou par un comportement discriminatoire ou intolérant (discrimination à l'embauche, au logement, ou encore à l'accès aux traitements médicaux).

En 2009, le comité IDAHOT qui coordonne la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie a lancé une campagne qui avait pour mot d'ordre : "Refusons la transphobie, Respectons l'identité de genre". Le texte a été signé par plusieurs Prix Nobel[1], et par 300 associations issues de 75 pays à travers le monde[2].

Violences physiques[modifier | modifier le code]

En 2000, la Commission contre les crimes de haine par homophobie recensait à peu près quinze assassinats de transsexuels par mois au Mexique[3].

Des transsexuelles sont arrêtées arbitrairement au Venezuela en 2002, alors que par ailleurs d'autres transsexuels sont assassinés[4].

Amnesty International dénonce en 2005 des violences policières exercées sur des transsexuels aux États-Unis d'Amérique[5].

Au Portugal en 2006, une transsexuelle brésilienne fut torturée et violée, puis abandonnée dans un puits, où elle mourut[6]. La non-incrimination de meurtre a provoqué plusieurs réactions de la part des organisations homosexuelles, relayées par les médias[7].

Et au Danemark en 2012, une femme transsexuelle d'origine guatémaltèque venue pour trouver l'asile fut placée en institution mâle et violée. Les autorités danoises n’admettent pas le droit de l'asile en raison de l'identité sexuelle et elle est maintenant en danger de déportation[8].

Les violences sont souvent liées aux discriminations dont sont victimes les transsexuels : sans emploi ou en situation précaire, invisibles, vulnérables, les travailleurs du sexe contre leur volonté, leur vulnérabilité en fait des cibles faciles pour les actes de violence. Cela est particulièrement vrai dans les prisons[9].

Discriminations[modifier | modifier le code]

Il est parfois difficile pour des transsexuel/les de trouver un emploi lorsque le sexe donné par leurs papiers d'identité ou leur carte de sécurité sociale ne correspond pas à leur apparence[10]. Les personnes en transition peuvent susciter le rejet lors de toutes sortes de démarches. Si des lois contre la discrimination sont passées dans la Communauté européenne, dans plusieurs pays, de tels dispositifs législatifs n'existent pas.

Les discriminations sont liées aux préjugés sur les transsexuels, qui subissent notamment l'homophobie par confusion entre transsexualisme et homosexualité. Elles peuvent aussi consister en un refus de prendre en compte l'identité de genre véritable de ces personnes, même au sein des minorités sexuelles ou dans les milieux militants. Des féministes non-mixtes ont ainsi exclu des femmes parce qu'elles étaient de sexe masculin à la naissance[11]. De même, des transsexuels et des transgenres ont pu subir un rejet de la part d'homosexuels qui ne les considéraient pas comme des hommes ou des femmes à part entière (qu'ils soient MtF ou FtM).

En France, un rapport de la Haute Autorité de santé de 2010[12] relève que la situation des transsexuels est « confuse », « inégalitaire », comprenant des « risques d’arbitraire », et « manquant d’un cadre juridique minimum »[13]. Depuis le 6 août 2012, l'identité sexuelle est reconnue comme critère de discrimination par la législation française[14]. La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme a publié le 27 juin 2013 un avis proposant notamment la déjudiciarisation partielle de la procédure de changement d'état-civil, la déconnexion entre la procédure médicale et judiciaire ainsi que le remplacement du terme "identité sexuelle" par "identité de genre"[15].

Transphobie psychiatrique[modifier | modifier le code]

Dans leur appréhension de la transidentité, certains psychiatres qualifient la transidentité au mieux de syndrome (tel qu'énoncé par le sexologue Harry Benjamin) ou encore de psychose[16], une généralisation souvent vue comme insultante et pathologisante[17].

Dans les années 1980, certains psychanalystes assimilaient l'opération de changement de sexe à une simple castration et allaient jusqu'à parler d'"eunuques". Ils en concluaient que les transsexuels étaient des "monstres" après leur opération, et qu'ils devaient être psychotiques pour la désirer.

Des personnes transidentitaires peuvent aussi se voir refuser un traitement hormonal lorsque leur demande ne correspond pas à la vision que leur médecin a de la transidentité[18],[9].

Nombre de personnes transidentitaires contestent le protocole officiel, créé par les Dr Cordier, Gallarda et Mme Chiland (psychologue). Selon eux, les équipes officielles sont transphobes. Plusieurs transsexuel(le)s réclament la dé-psychiatrisation du "transsexualisme"[19]. Ils refusent aussi la stérilisation obligatoire pour changer d'identité[20].

Les Principes de Jogjakarta aussi refusent la classification psychiatrique sur la transidentité[21] et ses "Annotations de jurisprudence sur les Principes de Jogjakarta" dénoncent que la diagnose comme maladie mentale de l'identité sexuelle différente de son sexe biologique ait causé les maltraitances médicales y compris l'électroconvulsivothérapie[22].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viviane K. Namaste, Invisible Lives, The Erasure of Transsexual and Transgendered People, Chicago, Chicago University Press, 2000.
  • Pat Califia, Le Mouvement transgenre, changer de sexe (1997), Paris, EPEL « les grands classiques de l’érotologie », 2003.
  • Marie-Hélène Bourcier, Sexpolitiques, La Fabrique, 2005.
  • Transgender Rights, University of Minnesota Press, 2006.
  • Alexandra Augst-Merelle et Stéphanie Nicot, Changer de sexe : Identités transsexuelles, préface de Martin Winckler, Le Cavalier bleu, 2006.


Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]