Quartier gay
|
|
Cet article est une ébauche concernant l’homosexualité, la bisexualité, ou la transsexualité.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Un quartier gay est un quartier comportant une population lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) significative ou des établissements et commerces destinés principalement à ce public. En Amérique du Nord, l'usage favorise l'appellation village gai, tant en français qu'en anglais (gay village), qui peut désigner un quartier dans une région métropolitaine aussi bien qu'un centre de villégiature où habite ou que fréquente une communauté gaie d'une certaine importance.
Sommaire |
Formes européennes [modifier]
Les quartiers gays ne sont parfois que le centre d’une zone plus étendue, un point visible, dans un ensemble urbain d’itinéraires ou de regroupements plus complexes à analyser[1]. En particulier des parcours sexuels multiformes existent, ils sont souvent historiquement construits dans une logique de discrétion et d’évitement du contrôle social qui diffère de la logique commerciale et sociale ancrée dans le territoire précis qu’est le quartier gay[2]. Des lieux de drague sont parfois identifiés clairement dans certains pays[3]. Les discriminations ont influé l’architecture et le fonctionnement des établissements de ces quartiers : bars sans devantures ou comportant des vitres opaques, partage temporel de l’espace public (ouvertures tardives, nocturnes). De fait, visibilité sociale et invisibilité individuelle façonnent l’espace[4],[5].
Formes nord-américaines [modifier]
Trois modèles d'urbanisation caractérisent les collectivités LGBT en Amérique du Nord. Un premier modèle prévaut dans les plus grandes villes et dans les communautés LGBT les plus anciennes. Il correspond le plus souvent à un quartier dense, central, généralement adjacent au centre-ville, clairement défini et identifiable, généralement connu de la population en général, où la communauté gaie représente une partie incontournable de la population locale et où il est possible de vaquer à ses occupations quotidiennes par des déplacements à pied. Cette forme prévaut à New York, San Francisco, Los Angeles, Chicago, Toronto et Montréal. Le second modèle traduit une forme plus dispersée de la population et des établissements LGBT dans la ville, bien que certains pôles mineurs peuvent se trouver dans un secteur particulier sans toutefois marquer l'identité du quartier comme dans le cas précédent; ce cas s'observe dans les agglomérations de taille moyenne, où la communauté gaie est de taille plus réduite et souvent de formation plus récente en raison des perceptions et attitudes de la population locale qui demeurent moins progressives que dans les grandes métropoles; la vie quotidienne requiert également l'usage d'une automobile. Le troisième modèle est le village ou la petite ville de villégiature où la population est largement ou majoritairement gaie et qui dessert spécifiquement une clientéle LGBT, généralement située à proximité d'une métropole où se trouve un village gai qui pourrait être qualifié d'urbain. Cette troisième forme inclut par exemple Provincetown près de Boston, Fire Island près de New York, Saugatuck et Douglas près de Chicago, la Russian River près de San Francisco, Palm Springs près de Los Angeles. Au Canada, en raison de la courte période estivale et de l'éloignement de la mer des grandes villes, la villégiature gaie se vit dans les terrains de camping, par exemple autour de Montréal. La clientèle LGBT peut provenir d'un peu partout, par exemple en Floride. Certains cas sont particuliers, notamment Fort Lauderdale, laquelle combine les trois modèles.
Villages gais dans le monde [modifier]
Amériques [modifier]
Canada :
États-Unis :
- Palm Springs et Cathedral City (Californie)
- Guerneville et la Russian River (Californie)
- Le Castro, à San Francisco (Californie)
- South of Market ou SoMa, à San Francisco (Californie)
- West Hollywood, dans le comté de Los Angeles (Californie)
- Fort Lauderdale et Wilton Manors (Floride)
- Key West (Floride)
- South Beach à Miami Beach (Floride)
- Boystown et Andersonville, à Chicago (Illinois)
- Provincetown (Massachusetts)
- South End, à Boston (Massachusetts)
- Saugatuck et Douglas (Michigan)
- Chelsea et Greenwich Village, à Manhattan, New York (New York)
- Fire Island et Cherry Grove (New York)
- Dupont Circle, à Washington DC
- Liberty Avenue, à Pittsburgh (Pennsylvanie)
Asie [modifier]
Europe [modifier]
Allemagne :
- Glockenbachviertel, à Munich
- Motzstraße et Kulmer Straße, à Berlin
- Lange Reihe, dans le quartier St. Georg, à Hambourg
Belgique :
- Bruxelles : Rue du Marché au Charbon, Rue des Pierres
Espagne :
- Barcelone : Eixample
- Madrid : Chueca
- San Bartolomé de Tirajana : Playa del Inglés
- Sitges : les plages
Royaume-Uni :
- Soho, à Londres
- Kemptown, à Brighton
- Canal Street, à Manchester
Notes et références [modifier]
- Homosexualité et géographie Baptiste Coulmont Billet publié le 10/12/2006
- La ville et les communautarismes : le cas du Marais, un « ghetto gay » à Paris ? Emmanuel Redoutey Cafés géographique Le Flore, 16 décembre 2003
- Des plots "homozone" dans un parc rotterdamois Laurent Chambon Minorités.org 14 août 2010
- Entre visibilité et invisibilité, les formes spatiales gay dans la ville Marianne Blidon 2004
- Les territoires de l’homosexualité à Bruxelles, visibles et invisibles Chloé DELIGNE Cahiers de géographie du Québec Volume 50, numéro 140, septembre 2006
- My Gay Trip
Bibliographie [modifier]
- Aldrich, Robert, 2004. " Homosexuality and the City: an historical overview", Urban Studies, 41(9), pp. 1719-1737.
- Bell, David and Jayne, Mark, 2004. City of quarters. urban villages in the contemporary city, Aldershot: Ashgate.
- Bell, David and Valentine, Gill, eds, 1995. Mapping desire: geographies of sexualities, London: Routledge.
- Blidon, Marianne, 2010, « Quartier gay et idéal républicain à la française, un débat mal posé », in David Risse (dir.), "Homosexualités et politique en Europe. Quelques cas: France, Belgique, Suisse, Pays-Bas et Espagne", Bulletin d'histoire politique, UQAM, vol. 18, n°2, pp. 33-42.
- Blidon, Marianne, 2008, « Les commerces gays entre logique économique et logique communautaire », in Le choix de l'homosexualité, Perreau B. (dir.), Epel, Paris, 2007, pp. 151-166.
- Castells, Manuel, 1983. The City and the Grassroots: A Cross-Cultural Theory of Urban Social Movements, Berkeley, Los Angeles: University of California Press.
- Cattan, Nadine et Leroy, Stéphane, 2010. "La ville négociée: les homosexuel(le)s dans l'espace public parisien", Cahiers de Géographie du Québec, 54, 151, pp. 9-24.
- D’Emilio, John, 1992. Making Trouble: Essays on Gay History, Politics, and the University, New York, London: Routledge.
- Deligne, Chloé, Gabiam, Koessan, Van Criekingen, Mathieu et Decroly, Jean-Michel, 2006. "Les territoires de l’homosexualité à Bruxelles : visibles et invisibles", Cahiers de géographie du Québec, 140, pp. 135-150.
- Escoffier, Jeffrey, 1998. American Homo: Community and Perversity, Berkeley, Los Angeles, London: University of California Press.
- Florida, Richard, 2002. The Rise of the Creative Class: And How It's Transforming Work, Leisure, Community and Everyday Life, New York: Perseus Books Group.
- Forest, Benjamin, 1995. “West Hollywood as Symbol: The Significance of Place in the Construction of a Gay Identity”, Environment and Planning D: Society and Space, 13, pp. 133-157.
- Giraud, Colin, 2009. "Les commerces gays et le processus de gentrification", Métropoles, 5.
- Kenney, Moira Rachel, 1998. “Remember, Stonewall was a Riot: Understanding Gay and Lesbian Experience in the City”, Chapter 5, in Leoni Sandercock (ed). Making the Invisible Visible, Berkeley, Los Angeles, London: University of California Press, pp. 120-132.
- Lauria, Mickey and Lawrence, Knopp, 1985. “Toward an Analysis of the Role of Gay Communities in the Urban Rennaisance”, Urban Geography, 6(2), pp. 152-169.
- Leroy, Stéphane, 2005. "Le Paris gay. Eléments pour une géographie de l'homosexualité", Annales de Géographie, 646, pp. 579-601.
- Leroy, Stéphane, 2009. "La possibilité d'une ville. Comprendre les spatialités homosexuelles en milieu urbain", Espaces et sociétés, 139, pp. 159-174.
- Levine, Martin P., 1979. “Gay Ghetto”,in: Martin Levine (ed) Gay Men: The Sociology of Male Homosexuality, New York, Hagerstown, San Francisco, London: Harper & Row, pp. 182-204
- Ray, Brian and Damaris, Rose, 2000. “Cities of the Everyday: Socio-Spatial Perspectives on Gender, Difference, and Diversity”, in Trudi Bunting and Pierre Filion (eds). Canadian Cities in Transition: The Twenty-First Century., 2e éd., Oxford: Oxford University Press, pp. 507-512.
- Redoutey Emmanuel, "Le Marais à Paris, un quartier gay ?", Urbanisme n°337, juillet 2004, pp. 20-23.
- Redoutey Emmanuel, "Géographie de l'homosexualité à Paris. 1984-2000", Urbanisme n°325, Corps et sexualités, juillet 2002, pp. 59-63.
- Remiggi, Frank W., 2000. "Homosexualité et espace urbain : une analyse critique du cas de Montréal", Téoros, 19(2), pp. 28-35.
- Sibalis, Michael, 2004, "Urban space and homosexuality: the example of the Marais, Paris' "Gay Ghetto" ", Urban Studies, 41 (9), 1739-1758.